Comment les chats peuvent-ils parfois survivre à de terribles chutes?


Les chats en cas de chute ont une capacité de survivre. D’après des calculs en physique, un chat qui tombe de 6 étages seraient un gros risque pour lui, mais plus haut, il a des chances de survivre
Nuage

 

Comment les chats peuvent-ils parfois survivre à de terribles chutes?

 

Chat | via Maxpixel CC License by

Chat | via Maxpixel CC License by

Repéré par Vincent Manilève

Repéré sur WIRED

Les chats sont décidément bien fascinants, et paradoxaux. En effet, il est acquis qu’ils peuvent survivre à des chutes depuis des fenêtres ou des balcons, à condition que ces derniers ne tombent pas du cinquième étage. Mais saviez-vous que les félins peuvent également espérer survivre à des chutes depuis des étages très élevés, par exemple du neuvième ou du dixième étage?

Sur Wired, un spécialiste de la physique a étudié cet étrange phénomène et explique que tout dépend de la résistance à l’air et du poids apparent lié à la force de gravité.

«Quand un objet tombe, note Wired, il y a essentiellement deux forces qui agissent dessus. Il y a la force de gravité qui dépend du champ gravitationnel (9,8 N/kg sur Terre) et de la masse de l’objet. L’autre force est la force de résistance de l’air.»

Cette dernière augmente avec la vitesse de l’objet car elle pousse dans la direction inverse du déplacement de l’objet.

Dix-huit mètres, la hauteur de la mort

Le spécialiste de Wired a alors utilisé un calcul numérique pour appliquer ces règles de physique à la chute d’un chat et faire dans un premier temps une estimation de sa vitesse à plusieurs étapes du déplacement.

 «Durant chacune de ces étapes, les forces sont plus ou moins constantes, donc le mouvement peut-être calculé. Plus l’écart entre chaque étape sera petit, et meilleur sera le calcul. Néanmoins, plus il y a d’étapes et plus vous aurez besoin de faire des calculs.»

D’où l’importance de l’ordinateur pour analyser une chute de chat et nous apprendre qu’il lui faudrait un peu plus de cinq secondes pour faire une chute de cent mètres.

Après avoir détaillé ses calculs, il a défini deux critères importants pour savoir quand est-ce qu’un chat peut espérer survivre ou non à ces longues chutes.

«D’abord, la vitesse d’impact. Les vitesses d’impact élevées sont mauvaises parce que le chat va arriver plus vite au sol. Ensuite, il y a le poids apparent à l’impact. Les poids apparents moins élevés sont mauvais parce que le chat sera en position d’atterrir sur ses pattes au lieu de s’étendre et de se détendre.»

Pour qu’un chat puisse éventuellement survive à une chute, il faut donc trouver la hauteur à laquelle la vitesse d’impact sera la plus faible et le poids apparent le plus élevé. Grâce à des calculs, Wired a donc mis en place un taux de survie en fonction de la hauteur de la chute. Résultat, le risque le plus élevé se situe à 18 mètres de hauteur, soit six étages environ. Au-delà, il est intéressant de noter que les chances de survie repartent à la hausse. En théorie en tout cas. 

http://www.slate.fr

Publicités

Pourquoi nous prenons du poids avec l’âge


Ceux qui ont 40 et plus, peuvent remarquer qu’ils ont pris ont pris du poids. Plusieurs causes en sont responsables, la sédentarité, mauvaises alimentations …, mais aussi la perte de masse musculaire. Il est possible quand même d’améliorer cette masse avec de l’exercice et une bonne alimentation. Et oui, on ne s’en sort pas, il faut bouger
Nuage

 

Pourquoi nous prenons du poids avec l’âge

 

© thinkstock.

Et comment faire pour l’éviter.

Beaucoup d’entre nous s’en sont rendus compte: au fil des années, nos kilos en trop deviennent de plus en plus difficiles à perdre, et ce, malgré un régime alimentaire identique. Pire, nous aurions même tendance à grossir davantage. Mais savez-vous pourquoi, en prenant de l’âge, nous sommes plus susceptibles de grossir?

Selon le Dr. Caroline Apovian, directrice du Centre de nutrition et de gestion du poids au Boston Medical Center, il y a plusieurs explications possibles à ce phénomène, parmi lesquelles un changement dans les hormones, un mode de vie plus sédentaire, une augmentation du stress et une diminution du sommeil en raison de responsabilités supplémentaires qui pèsent sur nous.

Mais la principale raison, c’est que nous perdons, en vieillissant, une partie de notre masse musculaire:

« L’une des raisons majeures du gain de poids en prenant de l’âge est que nous éprouvons tous une perte musculaire », a ainsi déclaré le Dr. Apovian, dans des propos rapportés par Redbook.

« Plus nous avons une importante masse musculaire, plus nous brûlons les calories. Or, notre masse musculaire commence naturellement à diminuer vers l’âge de 30 ans et ce processus, appelé ‘sarcopénie’, s’accélère vers l’âge de 40 ans. À moins que quelque chose ne soit fait pour protéger activement cette masse musculaire, nos corps auront besoin de moins de calories, nos métabolismes ralentiront et le muscle perdu sera remplacé par la graisse », a-t-elle ajouté.

Le mieux à faire, pour ralentir au maximum ce processus, est de faire du sport, de bien dormir et de suivre un régime alimentaire riche en protéines.

http://www.7sur7.be/

Combiner repas protéiné et boisson sucrée fait prendre plus de poids


Manger un hamburger avec un soda bien sucré contient des protéines, des lipides et des glucides, ce mélange semble affecter notre énergie et devient un obstacle sur la perte de la graisse et fait brûler moins de calories. De plus, cela incite à manger plus tard des mets plus salés
Nuage

 

Combiner repas protéiné et boisson sucrée fait prendre plus de poids

 

Plus le repas est protéiné, plus la combinaison avec une boisson sucrée est susceptible de faire prendre du poids. RelaxNews  /  StudioThreeDots / Istock.com

Selon une étude américaine publiée dans BMC Nutrition, le fait de boire une boisson sucrée type soda tout en prenant un repas riche en protéines diminuerait de 8% la combustion des graisses et ferait donc brûler moins de calories.

Consommer une boisson sucrée type sodas ou « energy drinks » tout en prenant un repas riche en protéines rend l’organisme moins performant pour brûler des calories, se traduisant par un stockage plus important des graisses, indique une étude du Human Nutrition Research Center de Grand Forks aux Etats-Unis menée auprès de 27 adultes en bonne santé, âgés en moyenne de 23 ans.

Malgré le petit panel exploré, l’étude montre des résultats significatifs après avoir placé les participants dans une chambre calorimétrique permettant de mesurer les substrats énergétiques (protéines, lipides, glucides) dépensés et le nombre de calories brûler toutes les minutes pendant 24 heures.

D’après les observations, environ un tiers des calories supplémentaires fournies par les boissons sucrées n’ont pas été dépensées.

Dans le détail, selon que le repas est composé à 15 ou 30% de protéines, chacun contenant 500 calories et 17 grammes de graisses, l’oxydation des graisses a été diminuée respectivement de 7,2 grammes et 12,6 grammes en moyenne.

Autrement dit, plus le repas est protéiné, plus la dépense énergétique est perturbée et diminuée. 

L’étude montre également que cette combinaison augmente l’envie de manger des aliments savoureux et salés jusqu’à 4 heures après le repas. 

Pour consulter l’étude : https://bmcnutr.biomedcentral.com/articles/10.1186/s40795-017-0170-2

http://www.ladepeche.fr/

Non, ce n’est pas vous qui n’avez pas tenu votre régime: c’est le régime qui ne tient pas


Nous sommes polluées avec toutes sortes de régimes miracles qui ne remplient à long terme leurs promesses.Et cela, Mieux vaut bannir les régimes, opter pour une alimentation plus équilibrée si possible fait maison avec de l’exercice, cela sera surement plus positif et le cerveau s’adaptera beaucoup mieux a une hygiène de vie plus sain
Nuage
 

 

Non, ce n’est pas vous qui n’avez pas tenu votre régime: c’est le régime qui ne tient pas

Près d’un tiers de la population a déjà effectué un régime amaigrissant | jeff_golden via Flickr CC License by

Près d’un tiers de la population a déjà effectué un régime amaigrissant | jeff_golden via Flickr CC License by

Daphnée Leportois

C’est (neuro)scientifiquement et cognitivement prouvé. Les régimes ne peuvent pas fonctionner.

Avec l’arrivée des beaux jours et des vacances d’été, les articles consacrés aux kilos à perdre pour pouvoir rentrer dans le maillot de bain sont légion. Un duo régime-corps «de rêve» qui n’a rien d’étonnant. Comme le relevait en 2014 un article scientifique sur la perception des régimes, la pression sociale à exhiber un corps mince pousse à vouloir maigrir. C’est ce dont témoigne Léa, 27 ans:

«Chez moi, le régime est extrêmement lié aux autres, à leurs regards. Depuis que j’ai l’âge de m’en souvenir, j’entends la même chose: “tu es super jolie, c’est dommage que tu aies ces kilos en trop” ou alors sa variante policée, “tu es belle quand même”. Lorsque l’on émet un “avis” sur mon physique, il est automatiquement lié à mes kilos, toujours. Même les hommes qui m’ont aimée et à qui j’ai plu. J’ai toujours entendu “moi, j’aime bien tes rondeurs” ou “ça ne me dérange pas, je préfère ça”, ce qui sous-entend que j’ai une particularité.»

Et elle n’est pas la seule. Ainsi, en 2012, 51% des femmes et 40% des hommes se trouvaient trop gro(se)s et 70% des femmes et 52% des hommes souhaitaient peser moins, révélait l’enquête NutriNet-Santé. Sans forcément avoir une surcharge pondérale, puisque 58% des femmes et 27% des hommes de poids normal souhaitaient peser moins. Or 75% de ces femmes et 45% de ces hommes qui se trouvaient trop gro(se)s et 67% de ces femmes et 39% de ces hommes qui souhaitaient peser moins avaient fait au moins un régime dans leur vie. Le problème, avec ces régimes, c’est qu’ils ne fonctionnent pas.

«L’impression d’être au régime toute ma vie»

«Toute ma vie, la plus grande peur de mes parents était que je sois grosse. Spoiler: quasi trente-deux ans plus tard, je le suis, raconte Éléonore. Des petites privations aux régimes drastiques, j’ai tout fait. À à peine 10 ans, dans mon journal intime, j’écrivais mes résolutions pour l’année suivante. La première sur la liste: faire un régime et perdre 5 kg. À l’adolescence, j’étais obsédée par la balance. Si je dépassais les 55 kg, mon monde s’écroulait. Mais, dès que je descendais à 53 en me privant, je remontais à 57 en mangeant normalement. Et ça a continué comme ça toute ma vie. Plus je faisais attention, plus je me privais, et plus je grossissais.»

 En toute logique, l’échec de ces régimes devrait conduire à la diminution de leur nombre. Dans les faits, c’est l’inverse qui se produit.

Plus je faisais attention, plus je me privais, et plus je grossissais Éléonore, 31 ans

Près d’un tiers de la population a déjà effectué un régime amaigrissant, détaille la docteure Chantal Julia, chercheuse en épidémiologie nutritionnelle. Très exactement 26,7% des 48.435 individus ayant répondu aux questionnaires dédiés de l’étude NutriNet-Santé en 2012 ont déclaré avoir effectué au moins un régime dans les trois années précédentes.

Or, «la probabilité de faire un régime est associée au fait d’en avoir déjà fait un avant».

 La preuve: plus d’une femme sur quatre et d’un homme sur sept ont suivi plus de cinq régimes au cours de leur vie.

Et ce, en les jugeant en fin de compte infructueux: «plus de deux tiers des Nutrinautes ayant suivi plus de cinq régimes au cours de leur vie les jugent inefficaces».

«J’ai eu l’impression d’être au régime toute ma vie, complète Éléonore. Ça a commencé assez jeune, en CE2: un médecin qui faisait la visite médicale à l’école a noté sur mon carnet de santé que j’avais un problème de poids (il avait écrit un truc du genre “prépondérance abdominale à surveiller”). J’avais même pas 9 ans, un petit bidon d’enfant, mais moi j’ai entendu “t’as du bide, t’es grosse” et mes parents aussi. Donc à partir de ce moment-là, pour moi, il y avait deux façons de manger: faire un régime et maigrir, manger normalement et grossir.»

Rien à voir avec la volonté

Ce paradoxe s’explique.

«Si le régime ne fonctionne pas, on considère que c’est de la faute de la personne qui l’a suivi, on se dit “c’est moi qui ai craqué”. Il y a peu de remise en question du principe lui-même du régime, qui pourtant est à l’origine de l’échec», pointe Chantal Julia.

En atteste l’expérience de Léa: «J’ai automatiquement repris tout ce que j’avais perdu, et plus, après chaque régime. C’est terrible, parce qu’on ressent un tel sentiment d’échec ensuite. À son niveau, d’abord, parce qu’on se sent faible. Et puis aux yeux des autres qui se faisaient un plaisir de te dire tout le temps “c’est fou, comme tu as maigri, ça te va bien”. Quand tu regrossis, personne ne te le dit mais qu’est-ce que ça se lit dans les yeux des gens…»

Alors que les fiascos des régimes n’ont rien à voir avec un manque de détermination, abonde Michel Desmurget, directeur de recherche à l’Inserm spécialisé en neurosciences cognitives et auteur de l’ouvrage L’anti-régime – Maigrir pour de bon (Belin, 2015):

«Les gens croient toujours que c’est une question de volonté. Mais la volonté va se fracasser sur la physiologie. C’est un défaut de la structure du régime. Le coupable, c’est celui qui a prescrit le régime en sachant très bien qu’il ne fonctionne pas sur le long terme.»

 Pas étonnant, comme le fait remarquer Chantal Julia dans l’article cité plus haut sur la perception des régimes, que les régimes dits «commerciaux» n’acceptent pas d’être évalués selon des méthodes scientifiques et préfèrent s’appuyer sur des données empiriques pour établir leur efficacité.

J’ai automatiquement repris tout ce que j’avais perdu, et plus, après chaque régime. C’est terrible, parce qu’on ressent un tel sentiment d’échec Léa, 27 ans

Alerte, réserves de graisse attaquées

Comme l’écrit dans son ouvrage Ville affamée – Comment l’alimentation façonne nos vies (2016, éditions Rue de l’échiquier) Carolyn Steel, «nous devons tous manger. D’une façon ou d’une autre, nous devrions tous être des experts en la matière –mais le sommes-nous? Notre environnement évolue plus vite que la capacité de nos corps à s’adapter: nous menons, pour la plupart, des vies sédentaires dans des bâtiments surchauffés, et pourtant nos appétits semblent se caler sur tout ce que l’industrie agroalimentaire peut nous balancer. Plusieurs études ont confirmé que notre instinct de survie est toujours intact, nous poussant à continuer à manger tout ce qu’on nous met sous le nez, que nous ayons faim ou non. Par conséquent, plus on nous propose de nourriture, plus nous avons tendance à manger. Autrement dit, les offres “Maxi format” et “1 acheté = 1 gratuit” séduisent ces parties de nos cerveaux qui n’ont pas évolué depuis le temps où nous vivions dans les déserts glacés et chassions le mammouth laineux».

Le problème se situe là, confirme Michel Desmurget.

«Depuis des milliers d’années, le corps humain a plus souvent souffert de la famine que l’inverse. Il a donc développé une armée de défenses pour se protéger de la famine tandis qu’il n’y a pas de capteurs pour dire que nos artères sont en train de se boucher. Pour le cerveau, ce qui pose problème, ce n’est pas l’excès de graisse. La seule chose qui le terrifie, c’est de voir ses réserves de graisse attaquées.»

Quand c’est le cas, il va résister. Et c’est ce qui va engendrer les difficultés pendant et surtout après le régime.

Le corps humain a plus souvent souffert de la famine que l’inverse. Il a donc développé une armée de défenses pour s’en protéger Michel Desmurget, directeur de recherche à l’Inserm spécialisé en neurosciences cognitives

Déséquilibre à long terme

C’est d’abord le système hormonal qui va être déséquilibré. La ghréline, l’hormone de la faim, et la leptine, l’hormone de la satiété, vont être détraquées.

«On va observer une diminution jusqu’à 95% de la concentration de la leptine dans le flux sanguin, poursuit le docteur en neurosciences. Même en mangeant comme un goret, on aura toujours faim et on ne sera jamais à satiété.»

Et ce mécanisme est détérioré sur la durée.

Une étude menée sur les participants de l’émission de téléréalité The Biggest Loser et dont les résultats sont parus dans la revue Obesityindique ainsi que, «tant que le poids initial n’a pas été restauré, le système ne lâche pas: le niveau de leptine est toujours déprécié, c’est un mécanisme sur le long terme», résume Michel Desmurget.

D’autres changements s’opèrent, toujours dans cette optique de protection de nos réserves de graisses:

«Les signaux des capteurs d’étirement se trouvant dans l’estomac, qui disent qu’il est plus ou moins plein, vont être tempérés.»

En outre, le corps va chercher à s’économiser, à faire la même chose, mais avec moins.

«Admettons que vous ayez besoin de 1.200 calories pour fonctionner. Après un régime, le corps aura serré les boulons, vous en aurez besoin de 800.»

De quoi forcément reprendre des kilos une fois le régime terminé et une alimentation normale reprise. D’autant que, ces rouages-là, qui fonctionnent sans relâche, vous n’avez absolument aucune prise dessus.

Calories approximatives

On pourrait se dire qu’il convient de compter les calories, comme l’a fait Henri, 28 ans, ou le fait encore Thaïs, 35 ans, tous deux à l’aide de l’application MyFitnessPal.

Il suffit de rentrer sa taille, son poids, ses habitudes de déplacement et l’application recommande un nombre idéal de calories par jour pour parvenir à son objectif de perte de poids. Après tout, si le cerveau inconscient nous fait trop manger, pourquoi ne pas l’aider à compter un poids d’équilibre, définie comme «la valeur de consigne défendue par le système de régulation corporel» par le nutritionniste Jean-Philippe Zermati, président d’honneur du Groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids (Gros)?

Sauf que ce n’est pas si simple et même «forcément perdu d’avance».

La restriction calorique et la frustration alimentaire ne sont pas tenables à long terme Dr Chantal Julia, chercheuse en épidémiologie nutritionnelle

Avant tout, parce que «personne n’est capable de déterminer ses dépenses caloriques de tous les jours et de ne pas manger plus que ce qu’il convient, assène le spécialiste. Même une application, qui travaille à partir de bases de données et de la composition des aliments. Tout cela est bien trop approximatif. Il y a par exemple une différence entre une tranche de jambon de Paris et de jambon de Bayonne, et cela dépend aussi du boucher. Sans compter qu’il faudrait peser au gramme près.»

C’est ce qu’a fait à quatre reprises Léa:

«Je pesais chacun des aliments car j’avais des programmes très précis: tant de grammes de féculents, tant de grammes de pain, tant de viande blanche, légumes à volonté… Donc je me promenais partout avec ma mini-balance de cuisine.»

Obsessions

Mais ce n’est pas la solution miracle. Au contraire.

 «La restriction calorique et la frustration alimentaire ne sont pas tenables à long terme», insiste la docteure Chantal Julia. Tout simplement parce que, «à partir du moment où le régime génère une frustration, il peut créer des compulsions alimentaires et davantage de rebond pondéral».

«Chaque fois qu’on m’a demandé de maigrir, j’ai grossi», écrit d’ailleurs la journaliste Gabrielle Deydier dans son livre On ne naît pas grosse. «Je réagis violemment à ces injonctions, je me braque, transforme la souffrance en frénésie alimentaire.»

C’est bien ce qu’exprime aussi Thaïs:

«Ce que je déteste le plus dans les régimes, c’est la manière dont ça me rend obsédée de bouffe. Tu dois passer ta journée à réfléchir à ce que tu vas bouffer, comment, etc.»

Si Henri dit ne pas s’être senti affecté par la nourriture des autres, il avoue en être venu à se dire «si je bois une deuxième pinte, il ne va pas falloir que je mange ce soir».

Un raisonnement qu’il admet ne pas être des plus logiques après coup, et montre que dans les moments de détente le régime vient se rappeler à vos bons souvenirs.

L’alimentation occupe le champ mental, pas seulement trois fois par jour pendant les repas mais aussi pendant les courses, à chaque fois que l’on passe devant de la nourriture… Le cerveau n’est pas conçu pour: s’il fait ça, c’est au détriment d’autre chose Jean-Philippe Zermati, président d’honneur du Groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids (Gros)

Le régime, comme le décrit Carolyn Steel dans son ouvrage, est un «acte qui, quel que soit son effet sur notre tour de taille, ne contribue guère à développer une attitude mentale positive. Il n’y a rien de mieux pour nous réduire à un état d’isolement sinistre et faire de la nourriture une obsession».

Cette obsession gargantuesque est due à un changement de fonctionnement cérébral, précise Michel Desmurget:

«Le cerveau va devenir hyper attentif à la nourriture. En temps normal, la conscience ne reçoit qu’une partie infime de ce que nous percevons. Le reste est filtré. Au régime, le cerveau fait remonter à la conscience, de manière exacerbée, toutes les infos relatives à la nourriture.» Résultat: «Vous voyez de la bouffe partout!»

Et non seulement la nourriture envahit tous vos sens mais les mécanismes inhibiteurs inconscients («ceux qui vous empêchent, quand vous voyez un morceau de chocolat, de vous jeter dessus comme un mort de faim», image le neuroscientifique) vont s’affaisser progressivement.

Et avec eux toute résistance à la tentation. Vous pourrez continuer de vouloir suivre votre régime mais, au bout d’un moment, cette volonté intellectualisée sera mise à genoux par le cerveau lui-même.

Puisque, pour lui, c’est la famine qui guette et donc «c’est une question de survie». «Quand elle s’oppose à la physiologie, la volonté ne gagne jamais», ponctue-t-il.

Épuisement

Sans compter que cet effort mental est épuisant. Quand on demande si le régime a compliqué la vie (courses, préparation des repas, repas avec des proches, repas pris à l’extérieur…) des Nutrinautes, ils répondent à 15,6% «oui, beaucoup» et à 21,3% «moyennement» pour les régimes restrictifs comme Dukan ou Atkins.

Certes, «pendant le régime, étrangement, j’avais l’impression d’avoir une meilleure relation à la nourriture, tempère Léa. J’étais tellement fière de réussir à le faire et de voir les résultats sur moi que j’avais l’impression de sortir victorieuse de chaque repas. C’était presque un jeu amusant: comment j’allais faire pour manger équilibré même en situation de tentation, trouver des stratagèmes pour avoir l’impression de manger un truc qui me plaît. Mais il y a toujours un moment, à la fin, où cet état de grâce vole en éclats et c’est là que mon rapport à la nourriture redevient très conflictuel.»

Rien d’étonnant pour Jean-Philippe Zermati:

«L’alimentation occupe le champ mental, pas seulement trois fois par jour pendant les repas mais aussi pendant les courses, à chaque fois que l’on passe devant de la nourriture puisque l’on se demande si l’on peut ou pas, et dans quelle quantité. Le cerveau n’est pas conçu pour: s’il fait ça, c’est au détriment d’autre chose. Il y a donc une usure du contrôle: même pas besoin de facteur déclenchant, on s’arrête par épuisement.»

Comme le récapitule Thaïs, «c’est vraiment une perte de temps de cerveau disponible».

Le régime est un acte qui ne contribue guère à développer une attitude mentale positive. Il n’y a rien de mieux pour nous réduire à un état d’isolement sinistre Carolyn Steel, auteure de Ville affamée – Comment l’alimentation façonne nos vies

Frustrations

Et peser chaque aliment que l’on va ingérer ou réfléchir à son apport calorique met de côté deux choses essentielles, pointe Jean-Philippe Zermati.

La première, c’est «la fonction réconfortante et régulatrice de la nourriture».

Mettre du contrôle là-dessus (même préventif en cas de non-problème de poids) est problématique. Cela engendre des frustrations. Ainsi, 17,4% des Nutrinautes ayant suivi un régime restrictif se sont déclarés beaucoup ou énormément frustrés quant au choix des aliments (et 19,4% moyennement).

Lesquelles frustrations peuvent entraîner des compulsions. Mais aussi un état émotionnel fragile.

«Je me pesais tous les matins. Et ça conditionnait mon humeur du jour. Voir 200 grammes en moins, c’était fou! Mais quand c’était 400 grammes en plus, j’étais dégoûté, pas fier de moi et me remettais en question…» illustre Henri.

«Si vous avez un coup de fatigue et mangez du chocolat, cela fera quelques calories en plus. Mais au repas d’après, il suffit de faire quelques calories en moins pour que ça passe comme une lettre à la Poste», poursuit le nutritionniste.

Attention, cela ne vaut que si, au lieu d’être focalisé sur les apports caloriques et l’envie de contrôle du poids vous êtes à l’écoute de votre corps et de la sensation de satiété (et encore faut-il que celle-ci n’ait pas été détraquée précédemment).

C’est pour cela que, «si vous avez un poids cliniquement normal, ne changez rien», s’exclame Michel Desmurget.

En revanche, si effectivement vous prenez progressivement du poids et devez en perdre, ne sautez en aucun cas sur le régime.

«Tout ce qui est transitoire est lié à l’échec», argue-t-il.

Sans être dans le contrôle absolu, qui vient pervertir jusqu’au cerveau et conduit justement à une perte de contrôle et une prise de poids, il s’agit de piéger son cerveau, d’éviter qu’il se mette en mode famine. Et pour cela, seuls des petits changements non frustrants et tenables à long terme sont envisageables. Pas que des restrictions minimales (même si supprimer deux carrés de chocolat par jour, c’est perdre 4 kg en un an, 6 en deux ans et 8 en quatre ans). Mais aussi le fait de se servir dans une petite assiette au lieu d’une grande pour influer sur le sentiment de satiété ou de manger à table plutôt que devant son ordinateur ou la télé pour davantage prêter attention au plaisir de ce que vous mangez.

C’est bien pour cela que Henri a simplement décidé de prendre le temps de cuisiner:

«Ce n’est pas une corvée, c’est vraiment une récupération active.»

Idem pour Éléonore:

«Aujourd’hui, il faut que je perde du poids. Et j’ai, pour la première fois, je pense, une approche saine de cette question. Je ne me dis pas “je vais me mettre au régime”, mais “je vais adopter un régime alimentaire plus sain, cuisiner et me faire plaisir, découvrir de nouveaux produits ainsi qu’une façon différente de me nourrir”.»

http://www.slate.fr

Ne plus rire des gros


Avez-vous déjà remarqué quand on veut faire une satire sur la paresse, l’inaction, le mangeur d’aliments gras, on met des personnes obèses en scène. Il y a beaucoup de préjugés face au surpoids. Cela devient de la discrimination, qui n’aide en rien ces personnes. Cette discrimination se poursuit même pour la recherche d’emploi, face au médecin, etc. Ce texte est long, mais cela vaut la peine de le lire jusqu’au bout, pour changer notre attitude face à l’obésité
Nuage

 

Ne plus rire des gros

 

Fainéants. Pas intelligents. Sans volonté. Laids. Les obèses... (photo masterfile)

Fainéants. Pas intelligents. Sans volonté. Laids. Les obèses sont victimes de préjugés qui leur font mal.

PHOTO MASTERFILE

MARIE ALLARD
La Presse

Fainéants. Pas intelligents. Sans volonté. Laids. Les obèses sont victimes de préjugés qui leur font mal. Cette grossophobie est l’une des dernières discriminations tolérées ouvertement. Quand cessera-t-on de confondre lutte contre l’obésité et lutte contre les obèses?

À bas la grossophobie

«Même si je m’injecte du gâteau, il faut quand même que tu me traites comme un humain», dit Gabrielle Lisa Collard.

La jeune femme, qui ne s’injecte évidemment pas de gâteau, n’en peut plus que les gros (un terme qu’elle utilise) soient jugés. Stigmatisés. Considérés comme des citoyens de seconde zone.

«Les gens pensent que les gros sont moins intelligents, sales, lents», regrette la vive Montréalaise, auteure du blogue taille plus Dix octobre.

À Paris, Daria Marx se décrit aussi comme «une femme grosse» et «une militante féministe et anti-grossophobie». Grosso quoi? «

La grossophobie regroupe l’ensemble des discriminations faites aux personnes grosses», explique-t-elle.

Étymologiquement, la grossophobie est la peur des gros. Et la crainte d’être contaminé par «l’épidémie d’obésité» dénoncée par l’Organisation mondiale de la santé.

«Dans les sociétés occidentales postindustrielles, il existe une vision hyper individualiste qui valorise l’idée qu’une personne peut être en plein contrôle de son existence», avance Audrey Rousseau, candidate au doctorat en sociologie à l’Université d’Ottawa.

Le gros, supposé sans volonté, est incompatible avec le culte de la performance. Donc, indésirable. On confond lutte contre l’obésité et lutte contre les obèses.

Hausse de la discrimination

En 1995-1996, 7 % des adultes américains rapportaient avoir été victimes de discrimination liée au poids. En 2004-2006, ce taux avait grimpé à 12 %, selon le Yale Rudd Center for Food Policy & Obesity.

La discrimination en raison du poids «a maintenant une prévalence semblable à la discrimination raciale aux États-Unis», d’après une étude parue en 2010 dans l’American Journal of Public Health.

«Aujourd’hui, plus personne ne pense à faire une blague sur la couleur de la peau, l’orientation sexuelle ou la religion, mais on continue à faire des blagues sur les gros et les grosses», constate Julie Noreau, une ex-obèse.

Elle-même a souvent entendu des gens imiter le «Bip! Bip! Bip!» d’un camion qui recule quand elle faisait un pas en arrière.

«Pourquoi c’est accepté?», demande-t-elle.

«Vu que c’est de « notre faute » si on est gros, c’est encore fair game dans l’esprit des gens, croit Gabrielle Lisa Collard. Le commun des mortels pense qu’un gros est forcément responsable de son poids. Soit de l’avoir pris, soit de ne pas être capable de le perdre. Ce n’est pas si simple que ça. Mais les gens ne le savent pas. Ils ne savent pas que les régimes ne fonctionnent pas. Des gros, comme des gens pas gros, pensent comme ça. Ils se sentent super coupables s’ils perdent du poids et le regagnent. Pourtant, ça arrive dans 95 % des cas.»

À force de régimes, le métabolisme s’ajuste à la baisse et brûle de moins en moins de calories. C’est un cercle vicieux, méconnu des gens qui ont toujours été minces.

«Les préjugés envers les personnes en surpoids sont tellement internalisés qu’on ne se rend parfois pas compte qu’on en a, observe Andrée-Ann Dufour Bouchard, chef de projet chez ÉquiLibre, un organisme qui vient en aide aux personnes préoccupées par leur poids. Ça touche tout le monde: les jeunes, les adultes, les professionnels de la santé, les obèses eux-mêmes. C’est omniprésent.»

Et ça s’apprend tôt. À 11 mois, les bébés préfèrent regarder des photos de gens obèses plutôt que de poids normal. Mais dès 2 ans et 8 mois, c’est le contraire, selon une étude parue dans le Journal of Experimental Child Psychology en 2016. C’est corrélé aux préjugés anti-gros des mères: plus elles en ont, plus les enfants détournent le regard des obèses.

Effets négatifs

Et si les commentaires désagréables et les regards désobligeants aidaient les gros à enfin maigrir?

«Au contraire, c’est bien documenté que la stigmatisation est associée à plein d’impacts négatifs sur la santé physique et mentale», dit Andrée-Ann Dufour Bouchard.

Dépression, honte, arrêt du sport, isolement, régimes draconiens et troubles du comportement alimentaire s’ensuivent.

«Si la stigmatisation poussait les gens à « se prendre en mains », il y aurait moins de personnes en surpoids, fait valoir la nutritionniste d’ÉquiLibre. Ça n’a pas fonctionné du tout.»

En effet: le taux d’obésité est passé de 14 % à 18,2 % chez les adultes entre 2003 et 2013-2014, selon l’Institut de la statistique du Québec.

La solution? Mieux informer et éduquer.

«Il faut aussi arrêter de penser qu’être gros et être en santé, c’est mutuellement exclusif, martèle Gabrielle Lisa Collard. Tu peux être les deux.»

 Elle-même dit bien manger et faire du sport régulièrement.

«Non, j’suis pas faible, écrit-elle sur son blogue. T’essaieras pour le fun de faire 30 minutes de vinyasa yoga par jour avec l’équivalent en poids de Vin Diesel accroché à ton cul.»

Même constat chez Julie Noreau, qui a perdu du poids mais ne correspond pas «aux standards habituels» de minceur.

«Est-ce que je m’entraîne? Est-ce que je mange bien? Est-ce que je fais attention à moi? Oui, dit-elle. C’est ça, être en forme. Être en forme, ce n’est pas un chiffre sur une balance.»

Étymologiquement, la grossophobie est la peur des gros.... (photo masterfile) - image 2.0

Étymologiquement, la grossophobie est la peur des gros. Et la crainte d’être contaminé par «l’épidémie d’obésité» dénoncée par l’Organisation mondiale de la santé.

PHOTO MASTERFILE

Lourdes conséquences

La discrimination basée sur le poids touche plusieurs sphères de la vie des personnes obèses. Quelques exemples.

Travail

Les femmes obèses rapportent huit fois plus souvent que les femmes de poids normal avoir été discriminées à l’embauche en raison de leur apparence physique, selon le 9e Baromètre du Défenseur des droits de la France et de l’Organisation internationale du travail, paru en 2016. Les hommes obèses? Trois fois plus souvent. Même pour être bénévole, il faut combattre les préjugés. Julie Noreau, une enseignante, s’est fait demander son poids quand elle a voulu se joindre à un organisme qui aide les enfants.

«Les responsables m’ont dit qu’ils cherchaient des personnes qui avaient de bonnes habitudes de vie, se souvient-elle. Ça m’avait complètement démolie.»

Santé

Près de 70 % des femmes en surpoids ou obèses ont vécu de la stigmatisation de la part de médecins, selon une étude citée par le Rudd Center for Food Policy & Obesity de l’Université Yale.

«Tu consultes parce que tu as mal à une épaule et tu te fais dire de perdre 40 livres, illustre Gabrielle Lisa Collard. Le reste de tes problèmes de santé est complètement ignoré.»

Sur le blogue Dix octobre, une jeune femme ronde raconte avoir consulté à 12 ans pour des douleurs à la jambe gauche. Par deux fois, un médecin lui a dit de faire de l’exercice et de perdre du poids. Diagnostic final? Elle avait une tumeur cancéreuse. C’est vrai, l’obésité – surtout viscérale – augmente le risque de développer plusieurs problèmes de santé. Mais il ne faut pas occulter le reste. Ni pousser les obèses à fuir les médecins.

Chirurgie bariatrique

Un obèse qui consulte un médecin pour une bronchite ou une otite peut se faire conseiller une… intervention chirurgicale bariatrique pour maigrir.

«La pression est folle, dit Gabrielle Lisa Collard. Je me suis fait offrir une chirurgie bariatrique plein de fois, même si je n’ai pas de problèmes de santé ni de mobilité. J’ai l’impression que dans 50 ans, collectivement, on ne va pas être super fiers d’avoir coupé des morceaux d’estomac aux gens au lieu de les encourager à s’aimer assez pour aller faire une marche, manger une poire et être heureux. Réduire la surface d’une personne, ça ne traite pas l’intérieur.»

Image

«Les photos utilisées pour illustrer des statistiques sur l’obésité, c’est toujours quelqu’un assis sur un divan ou mangeant un gros hamburger», dénonce Andrée-Ann Dufour Bouchard, de l’organisme ÉquiLibre.

L’image donnée des personnes en surpoids est rarement positive.

«La représentation des gros, c’est quelqu’un qui passe à travers une chaise, qui fait des bruits de pets ou qui braille dans un gâteau, regrette Gabrielle Lisa Collard. Forcément, t’es gros, t’es sale et tu manges du poulet frit dans un seau.»

Fainéants. Pas intelligents. Sans volonté.... (Photo fournie par l’éditeur) - image 3.0

Agrandir

PHOTO FOURNIE PAR L’ÉDITEUR

Gabrielle n’est pas née grosse

Septembre 2016. Dans une auberge de jeunesse de Paris, Gabrielle Deydier dort nue, une serviette autour du ventre. À deux heures du matin, une Américaine tire le rideau de son lit-cabine et pointe son téléphone sur elle, lampe de poche allumée.

«Biggie sur YouTube! hurle-t-elle. Biggie, biggie, biggie

La direction de l’auberge a mis l’Américaine dehors et surclassé Gabrielle Deydier, qui pèse 150 kg, dans une chambre individuelle. L’anecdote, suintant la haine, est racontée dans l’introduction d’On ne naît pas grosse, le livre qu’elle fait paraître le 15 juin aux Éditions Goutte d’Or.

On ne naît pas femme, on le devient, selon la thèse de Simone de Beauvoir. Les inégalités entre les hommes et les femmes sont culturellement construites, pas naturelles. De même, les gros ne naissent pas inférieurs, écrit Gabrielle Deydier, qui s’est lancée dans une double investigation, à la fois sur le rapport de la société avec la femme grosse et sur l’origine de sa propre obésité. Une enquête fouillée et troublante.

Erreur médicale

À 17 ans, Gabrielle Deydier pesait 65 kg. Sa mère la jugeant grosse, elle s’est rendue chez un nutritionniste endocrinologue, qui lui a diagnostiqué une maladie des glandes surrénales. Il lui a prescrit des hormones, des médicaments, un régime hypocalorique, des coupe-faim et des boissons diurétiques. Des furoncles sont apparus sur son visage. Le régime strict l’a poussée à vider les placards la nuit. Peu après Noël, la jeune Française pesait 120 kg et s’isolait. Son poids avait doublé en moins d’un an.

Ce n’est qu’à presque 24 ans que Gabrielle Deydier apprendra qu’elle ne souffre pas d’une maladie des glandes surrénales, mais d’ovaires micropolykystiques. Il lui faudra attendre bien plus longtemps avant d’avouer qu’elle alterne des phases de jeûne prolongé avec de l’hyperphagie, alors qu’elle absorbe de grandes quantités de nourriture sans se faire vomir.

«À aucun moment, je ne veux qu’on croie que je glorifie l’obésité, dit Gabrielle Deydier, jointe par téléphone à Paris. Mais il faut accepter les gens.»

Ce n’est pas toujours le cas. Les jeunes obèses en Suède, au Royaume-Uni et aux États-Unis sont payés 18 % de moins que les personnes de poids normal, selon l’étude Fat Doesn’t Pay, citée par l’auteure.

«Plusieurs fois, en entretien d’embauche, on m’a dit que je ne correspondais pas à l’image de dynamisme de l’entreprise. Les gens n’ont pas de filtre quand ils s’adressent aux gros. Et comme les personnes grosses ne se plaignent pas…»

Femmes sous bistouri

Plutôt que de se plaindre, les obèses subissent des interventions chirurgicales bariatriques, sans suivi suffisant. Cela revient à coudre les lèvres d’une personne qui n’arrive pas à arrêter de fumer, selon Gabrielle Deydier.

«Sur 10 personnes qui se font opérer, 8 sont des femmes, observe-t-elle. Alors que la proportion d’hommes et de femmes chez les obèses est quasiment équivalente.»

L’obésité ne fait qu’amplifier «les complexes que ressentent, en fait, presque toutes les femmes», analyse l’auteure.

Elle souhaite qu’on éduque les gens.

 «Comme on fait des campagnes contre le racisme, il faut expliquer que ce n’est pas en s’en prenant au petit gros dans la classe, au travail ou dans le métro qu’on va régler quoi que ce soit», fait-elle valoir.

«L’obésité, c’est une maladie qui peut avoir des conséquences dramatiques, convient Gabrielle Deydier. Mais est-ce que lutter contre l’obésité, c’est lutter contre les obèses? Il se trouve que moi, ma maladie se voit. Est-ce une raison pour que je ne sois pas socialisée?»

______________________________________________

On ne naît pas grosse. Gabrielle Deydier. Éditions Goutte d’Or.

Les croyances erronées à propos de l’obésité font mal, en contribuant à la stigmatisation des personnes en surpoids.

PHOTO MASTERFILE

Cinq mythes à combattre

Les croyances erronées à propos de l’obésité font mal, en contribuant à la stigmatisation des personnes en surpoids. Voici cinq mythes déconstruits par Jean-Philippe Chaput, professeur-chercheur en pédiatrie à l’Université d’Ottawa et au Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario.

Manger trop et ne pas bouger assez, voilà les causes de l’obésité

«L’obésité est une problématique vraiment complexe», dit Jean-Philippe Chaput.

De nombreux autres facteurs peuvent expliquer l’excès de poids: le manque de sommeil, le stress, les perturbateurs endocriniens, les troubles alimentaires, les médicaments, etc.

«Au congrès du Réseau canadien en obésité, à Banff en avril, des gens obèses ont dit avoir vécu beaucoup de problèmes de santé mentale, d’abus et de discrimination», illustre le chercheur.

Dans ces circonstances, trop manger et être inactif peuvent être des symptômes d’autres maux, plutôt que des causes.

Les gros ne sont pas en santé, les minces le sont

«On met trop l’accent sur le poids, qui est un indicateur de la santé parmi d’autres, note M. Chaput. Bien manger, bien dormir, gérer notre stress, bouger, réduire le temps passé devant un écran, ne pas fumer : tout cela fait en sorte qu’on est en bonne santé, sans égard à notre poids.»

«On pense que tous les obèses sont malades, mais environ un tiers des gens obèses sont en bonne santé, affirme le chercheur. Et environ un tiers des gens minces sont en mauvaise santé et devraient changer leurs comportements. Comme on se base toujours sur l’indice de masse corporelle (IMC), on surtraite les gens obèses et on sous-traite des gens minces. Le meilleur poids, c’est celui qu’on a avec les meilleures habitudes de vie possible.»

Les obèses sont paresseux

«Il y a une épidémie d’inactivité physique au Canada, rappelle M. Chaput. Tout le monde ne bouge pas assez, autant les minces que les personnes en surplus de poids.»

À peine 10 % des jeunes Canadiens font une heure d’activité physique d’intensité moyenne à vigoureuse par jour, comme recommandé.

Seuls de 15 % à 20 % des adultes font les 30 minutes par jour d’activité d’intensité moyenne à vigoureuse suggérées.

«Il n’y a pas de grosses différences selon le poids corporel», souligne M. Chaput.

La santé de bien des Canadiens – pas seulement des obèses – est menacée par cette inactivité.

Les régimes fonctionnent

«À peu près 95 % des gens qui font une diète reprennent le poids perdu», affirme M. Chaput. Ceux qui réussissent à maintenir leur perte de poids pendant cinq ans «se pèsent tous les jours, bougent 90 minutes par jour et restreignent leur alimentation au maximum», décrit le chercheur.

Perdre du poids à long terme est difficile, parce que le métabolisme diminue après un régime. Au repos, le corps brûle moins de calories qu’avant. Quant aux cellules graisseuses, elles envoient plus de signaux de faim au cerveau.

«C’est pour ça qu’il n’y a présentement pas de bon traitement pour l’obésité, souligne M. Chaput. Même avec la chirurgie bariatrique, on voit des regains de poids. Le meilleur traitement, c’est la prévention.»

La perte de poids n’a pas d’effets indésirables

Une importante perte de poids peut causer une rémission du diabète, soulager les articulations, améliorer l’estime de soi, etc.

«Mais ça entraîne aussi des effets secondaires», indique M. Chaput.

L’appétit augmente, le métabolisme diminue et la tendance vers l’hypoglycémie s’accentue. Des taux plus élevés de polluants organiques persistants se retrouvent dans le sang.

«On voit aussi beaucoup de dépressions chez les gens qui ont eu des chirurgies bariatriques», ajoute le chercheur.

Maigrir n’est pas une solution magique.

http://www.lapresse.ca

Comment le cerveau influence notre poids


Le poids, pour plusieurs, c’est un sérieux problème, surtout quand le médecin s’y met ! Les diètes ne sont efficaces que pour quelque temps. Et le cerveau n’aime pas vraiment quand l’alimentation devient une obsession. Reste qu’un repas équilibré et de l’exercice, le cerveau décidera en bout de ligne
Nuage

 

Comment le cerveau influence notre poids

 

Comment le cerveau influence notre poids

Le 19 avril 2017.

Perdre du poids pour entrer dans son maillot de bain est devenue une priorité pour certains d’entre nous. Mais avant de nous lancer dans un régime trop sévère, il est important de comprendre le rôle du cerveau dans la perte de poids.

S’affamer ne sert à rien

Et si perdre du poids était indépendant de notre volonté ? Cette idée peut vous paraître absurde pourtant c’est ce qu’avance la neurobiologiste américaine Sandra Aamodt, auteur du livre Pourquoi les régimes font grossir, dans les colonnes du Figaro.

« Notre cerveau décide de notre poids, pas nous », avance-t-elle.

En clair, ce n’est pas en vous affamant que vous arriverez à maigrir.

Pour parvenir à cette conclusion, Sandra Aamodt s’est imposée une discipline particulière pendant un an : elle n’a pas fait de régime, ne s’est pas pesée et a pratiqué une activité physique tous les jours. Au terme de cette expérimentation, elle a pu constater que son poids s’était stabilisé. Pour comprendre les mécanismes de son propre organisme, la neurobiologiste a parcouru de nombreuses études sur la question.

Les régimes ne sont pas efficaces à long terme

Elle en est arrivée à la conclusion que faire des régimes ne pourra jamais être efficace à long terme. Seule une activité physique régulière peut nous faire perdre du poids.

« Pour le cerveau, il n’y a pas de surpoids, juste un poids stable à défendre », explique-t-elle dans le quotidien. « De nombreuses personnes considérées en surcharge d’après leur IMC sont en fait au poids que leur commande leur cerveau. Et tenteront vainement de maigrir. »

Selon ses travaux, 80 % des personnes qui ont réussi à perdre du poids le reprennent dans les années qui suivent. Pour perdre du poids, il ne faut pas faire de la nourriture une obsession. Il faut manger équilibré et éviter les excès. Si on pratique une activité physique régulière, ces excès exceptionnels pourront être gommés. Si vous ne parvenez pas à atteindre le poids que vous souhaitez et que vous avez une vie saine, ne soyez pas inquiet, c’est que votre cerveau en a décidé autrement. 

http://www.passeportsante.net

Vos cheveux révèlent des détails intimes sur vous


Nos cheveux sont de vrais colporteurs. Ils peuvent donner des informations, comme les drogues, le sexe d’une personne,les habitudes alimentaires, même son poids. Il serait utile pour la police scientifique, mais la quantité de cheveux pour le moment n’est pas suffisante sur les scènes de crime
Nuage

 

Vos cheveux révèlent des détails intimes sur vous

 

Cheveux | Daniel Christensen via Wikimédia CC License by

Cheveux | Daniel Christensen via Wikimédia CC License by

Repéré par Vincent Manilève —

Repéré sur Inverse, YouTube

Des chercheurs ont montré qu’on peut en apprendre beaucoup sur vos habitudes alimentaires et connaître votre sexe grâce à une mèche.

Jusqu’à aujourd’hui, on savait que les cheveux pouvaient en dire long sur notre consommation de drogue. Un test pouvait en effet révéler si une personne avait eu une consommation de produits illicites ces trois derniers mois.

Aujourd’hui, nous apprend le site Inverse, des chercheurs ont découvert que notre tignasse avait encore beaucoup d’autres secrets à révéler sur notre poids, nos habitudes alimentaires et même notre sexe. Lors du 253e National meeting and exposition of the American chemical society, des chercheurs de l’université de West Virginia ont ainsi expliqué que ces caractéristiques sont écrites au niveau des atomes.

La technique de l’équipe de scientifiques consiste, écrit Inverse, à «examiner les différences dans les ratios d’isotopes contenus dans les cheveux», et le site rappelle que «les isotopes sont les atomes d’un élément, comme le carbone ou le nitrogène, qui peuvent avoir des nombres variés de neutrons. Ces atomes se lient pour former des acides aminés, qui forment alors de la kératine [le constituant principal des cheveux, à hauteur de 95%, NDLR]».

Les différences dans les ratios permettent alors de connaître ce qu’une personne mange ou même son genre.

Utilisation judiciaire

«Avec cette approche, explique l’American chemical society dans une vidéo sur YouTube, l’équipe a pu identifier quinze mesures de ratios d’isotopes qui peuvent potentiellement apporter des informations cruciales à propos de certains aspects du mode de vie des individus.»

Elle a ainsi testé des échantillons de cheveux venant de 20 femmes différentes. Avec leur analyse, ils ont pu trouver l’indice de masse corporelle avec environ 80% de précision. Sur un autre panel, composé d’hommes et de femmes, le pourcentage est monté à 90%.

«La composition des acides aminés des cheveux humains est différente s’il s’agit d’un homme ou d’une femme, et pas seulement par la quantité d’acides aminés, mais également leur ratio d’isotope», a expliqué le professeur Glen Jackson à Inverse.

Il a bon espoir, qu’un jour, cette méthode puisse être utilisée par la police scientifique. Après tout, nos cheveux livrent des éléments que ne peut pas donner l’ADN. Mais pour l’instant, la technique nécessite un nombre important de cheveux, une ressource rarement présente sur les scènes de crime. 

http://www.slate.fr/