Plantes et champignons pour dépolluer le sol


Utiliser des saules et des pleurotes pour décontaminer le sol industriel. Une approche naturelle qui serait moins chère que les moyens actuels ..
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Plantes et champignons pour dépolluer le sol

 

Des champignons utilisés pour la décontamination des sols

Des champignons utilisés pour la décontamination des sols   Photo : Maxime Fortin Faubert

Maxime Fortin Faubert combine deux approches pour décontaminer les sols de friches industrielles, pollués aux hydrocarbures et aux métaux lourds : la phytoremédiation, utilisant les plantes, et la mycoremédiation, utilisant les champignons.

L’étudiant au doctorat à l’Institut de recherche en biologie végétale de l’Université de Montréal teste l’efficacité de saules et de pleurotes sur un ancien terrain industriel de la région de Montréal qui contient des résidus pétrochimiques.

Il s’agit d’une méthode moins dispendieuse que les approches traditionnelles, qui consistent essentiellement à déplacer la matière contaminée, explique-t-il.

 

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Cultiver des champignons grâce aux déchets de cuisine en plein coeur de Montréal


Voilà une entreprise située à Montréal qui gagne à se faire connaître. Une femme à démarrer une culture de champignons en plein coeur de la ville. Elle recueille du marc à café et des résidus produits par la fermentation des céréales et dans des serres contrôlées, elle réussit à récolter 200 kilogrammes de pleurotes par semaine
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Cultiver des champignons grâce aux déchets de cuisine en plein coeur de Montréal

 

Les pleurotes poussent dans seaux troués.

Les pleurotes poussent dans seaux troués. Photo : Radio-Canada

Le reportage d’Olivier Bachand

À Montréal, deux jeunes femmes ont décidé de se lancer dans la culture de champignons en serre, dans l’arrondissement d’Hochelaga-Maisonneuve. Pour les faire pousser, elles utilisent des déchets de cuisine récupérés chez certains restaurateurs des environs. Portrait d’une entreprise qui exploite le concept d’économie circulaire.

De l’extérieur, l’entrepôt de la rue Moreau qui abrite l’entreprise Blanc de gris est plutôt banal.

C’est en ouvrant la porte que l’on découvre des installations plutôt inusitées : six serres dans lesquelles poussent des pleurotes.

Ce rêve un peu fou, devenu réalité il y a un an et demi, c’est celui de Dominique Lynch-Gauthier.

La jeune femme d’une trentaine d’années se met à rire quand on lui demande si elle avait envisagé une carrière dans la culture des champignons.

« Jamais! Non, jamais de la vie je n’aurais imaginé ça… Mais je suis contente, je suis heureuse, je ne regrette pas! »

Les pleurotes de Blanc de gris poussent dans seaux troués en plusieurs endroits sur les côtés et empilés les uns sur les autres.

Des champignons sont à divers stades de croissance dans quelque 1200 récipients, ce qui permet d’en récolter environ 200 kilogrammes par semaine.

Température, humidité, tout doit être réglé au quart de tour pour obtenir un produit de qualité.

Quelque 200 kg de champignons sont récoltés chaque semaine.

Quelque 200 kg de champignons sont récoltés chaque semaine. Photo : Radio-Canada

« Moi, je trouve ça beau, gris, un peu acier, un peu bleuté, la marge, quand elle est intacte… Souvent, c’est ça qui va se casser facilement, et puis les lamelles bien blanches aussi », explique Dominique, tout en montrant un pleurote fraîchement cueilli.

Elle a entraîné dans l’aventure son amie Lysiane Roy-Maheu, qui s’occupe davantage du volet ventes et marketing de l’entreprise.

Lysiane Roy-Maheu et Dominique Lynch-Gauthier ont créé l'entreprise Blanc de gris.

Lysiane Roy-Maheu et Dominique Lynch-Gauthier ont créé l’entreprise Blanc de gris. Photo : Radio-Canada

Cette dernière a été attirée par l’aspect environnemental du projet.

« C’est vraiment le fait d’aller dans le concept d’économie circulaire, donc de reprendre des résidus qui sont voués à l’enfouissement pour en faire de la nourriture », explique-t-elle.

L’économie circulaire

Blanc de gris applique le concept d’économie circulaire en fabriquant le substrat utilisé pour faire pousser les champignons à partir de déchets de cuisine.

L’entreprise s’approvisionne en marc de café dans plusieurs restaurants et récolte aussi des drêches de brasserie, c’est-à-dire des résidus produits par la fermentation des céréales, auprès d’un bar du secteur.

Par exemple, quand Lysiane va livrer des champignons au restaurant Au Petit Extra, dans Ville-Marie, elle ne repart pas les mains vides.

« Ils gardent le marc de café et quand je viens livrer les champignons, je repars avec le marc de café. C’est un bel échange… Moi, ça sert à faire pousser mes champignons par la suite. »

Quant au kilogramme de pleurotes livré, il va finir dans les assiettes des clients. Le chef du restaurant, Julien Laporte, a été conquis par le produit.

Une trentaine de restaurateurs achètent des champignons de cette petite entreprise montréalaise.

Une trentaine de restaurateurs achètent des champignons de cette petite entreprise montréalaise. Photo : Radio-Canada

« On a goûté ses champignons, qu’on a trouvés quand même exceptionnels. Ça n’a rien à voir avec le pleurote qu’on peut acheter en épicerie. C’est un champignon qui est plus croquant, qui a un goût de noisette », dit-il.

L’entreprise, qui fournit actuellement des pleurotes à une trentaine de restaurateurs, espère faire grimper sa clientèle.

Elle est aussi en train de mettre au point de nouveaux produits, comme des champignons marinés, pour les particuliers.

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Des champignons mangeurs de couches-culottes


Une méthode pour recycler des couches-culottes qui donneraient de bons résultats avec des champignons qui en fin du processus, seraient comestibles pour l’être humain. Mais, c’est un peu compliqué et ce ne sont pas tous les couches qui pourraient être recyclées
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Des champignons mangeurs de couches-culottes

 

Jusqu'à 8.000 couches-culottes sont utilisées par enfant au cours de leur jeune âge, indique l'Agence de protection de l'environnement des États-Unis. Des chercheurs ont trouvé un moyen de les recycler à l'aide de champignons « couchophages », comme on peut le voir sur cette photo. © Investigación y Desarrollo Jusqu’à 8.000 couches-culottes sont utilisées par enfant au cours de leur jeune âge, indique l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis. Des chercheurs ont trouvé un moyen de les recycler à l’aide de champignons « couchophages », comme on peut le voir sur cette photo. © Investigación y Desarrollo

Par Andréa Haug, Futura-Sciences

Fabriquées avec certains des matériaux les plus indestructibles sur Terre, les couches jetables sont une sérieuse cause de pollution de la nature. Aussi, un groupe de chercheurs expérimente un processus naturel de dégradation des vêtements souillés qui consiste à cultiver des champignons capables de réduire de 80 % le poids et le volume des couches-culottes.

Nom de code : Pleurote en forme d’huître (Pleurotus ostreatus). Mission : biodégrader des couches-culottes jetables. L’objectif est en passe d’être atteint, déclare une équipe de hercheurs de l’université autonome métropolitain d’Azcapotzalco, au Mexique. En effet, les scientifiques ont fait pousser avec succès le pleurote sur un substrat à base de couches usagées.

Pour autant, la méthode n’est pas des plus simples : pour développer le champignon, les chercheurs ont utilisé des couches qui ne contenaient que des déchets liquides. Après avoir stérilisé les vêtements dans un autoclave, ils ont ensuite broyé les restes de couches. Comme les pleurotes ont besoin, pour croître, d’une substance ligneuse, la lignine, les chercheurs ont mélangé au substrat stérilisé des marcs de raisin, de café ou d’ananas qui en sont naturellement pourvus.

Des spores de pleurote du commerce ont ensuite été semées sur le mélange de couches et de lignine. Le tout a été conservé pendant trois semaines dans un sac de plastique, à une température et à un taux d’humidité contrôlés, et dans l’obscurité totale avant d’être exposé à la lumière.

Résultat, après 3 mois : il ne reste que 20 % du volume et du poids du « terreau » ; un kilogramme pouvant produire 200 à 300 grammes de champignons nourris à la cellulose originellement contenue dans les couches.

Pour les scientifiques, les pleurotes en forme d’huître cultivés au cours de leur expérience ne sont pas destinés à la commercialisation, mais pourraient être utilisés comme supplément alimentaire du bétail. © Jean-Pol Grandmont, Wikimedia Commons, cc by sa 3.0
Pour les scientifiques, les pleurotes en forme d’huître cultivés au cours de leur expérience ne sont pas destinés à la commercialisation, mais pourraient être utilisés comme supplément alimentaire du bétail. © Jean-Pol Grandmont, Wikimedia Commons, cc by sa 3.0

Des pleurotes sains, énergétiques et goûteux

Heureux de leur récolte, les chercheurs ont consommé le champignon, sachant que la stérilisation supprimait tout contact avec d’éventuels contaminants ou parasites. En outre, les champignons présentaient la même quantité de protéines, de lipides, de vitamines et de minéraux que de la levure commerciale.

Les couches-culottes contiennent tout de même des matériaux non biodégradables : du polyéthylène ou du polypropylène imperméabilisant sur la face externe ainsi qu’un gel super-absorbant, du polyacrylate de sodium, sur la face interne.

Selon les auteurs de l’étude, ces matériaux synthétiques aideraient la croissance des champignons, en leur fournissant notamment des poches d’air et de l’espace pour se développer. Ils indiquent que les matières en plastique peuvent être recyclées ultérieurement et proposent que les restes du gel super-absorbant soient ajoutés aux sols qui retiennent mal l’humidité, ce qui, en bonus, permettrait des économies d’irrigation.

http://www.futura-sciences.com