L’anxiété: quand trop est pire que pas assez


L’anxiété est importante pour notre survie. Elle permet d’aiguiser nos sens pour réagir en cas de danger. Cependant, il arrive que l’anxiété devienne un handicap sérieux qui demande l’aide médicale.
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L’anxiété: quand trop est pire que pas assez

 

Toute cette mise en alerte de nos systèmes sensoriels et moteurs est essentielle à notre protection. Une personne moins consciente du danger pourrait devenir une victime.

KAIPONG VIA GETTY IMAGES

Lorsque l’anxiété hypothèque trop la qualité de vie, il faut songer à consulter.

Jacques Beaulieu
Communicateur scientifique

Toute cette mise en alerte de nos systèmes sensoriels et moteurs est essentielle à notre protection. Une personne moins consciente du danger pourrait devenir une victime.

L’anxiété est une attitude développée durant l’évolution humaine pour assurer la survie de l’humanité. Une certaine anxiété va éveiller nos sens et les placer dans un état d’alerte bien souvent salutaire.

Par exemple, lorsque nous circulons aux abords de routes achalandées, nos sens doivent rester en éveil afin de percevoir les sons des automobiles qui viennent dans toutes les directions. Nos yeux sont aussi sollicités, afin de bien identifier la menace éventuelle d’un véhicule qui passerait trop près et risquerait de vous happer. Nos nerfs sensitifs percevront plus efficacement les vibrations du sol vous annonçant la venue d’un véhicule et sa distance.

Toute cette mise en alerte de nos systèmes sensoriels et moteurs est essentielle à notre protection. Une personne moins consciente du danger pourrait devenir une victime. Par exemple, un enfant qui joue au ballon. Son ballon rebondit vers la rue et, ne pensant qu’à le récupérer, il s’élance sans attention à sa poursuite et se fait frapper. Une certaine anxiété est donc salutaire.

Quand trop, c’est trop

Mais trop d’anxiété ou une anxiété sans raison valable sont tout aussi dommageables. Si quelqu’un en arrive à avoir tellement peur de traverser une rue qu’il ne sort plus, il y a un problème. L’évaluation du danger (traverser une rue) est ici exagérée et la conséquence (rester à la maison) est démesurée par rapport à la menace réelle.

Une anxiété mal évaluée peut donner naissance à bien des désordres de comportement. Nous en examinerons ici certains.

1- L’attaque de panique

Calmement assis dans votre fauteuil en train de lire, le téléphone sonne. Soudainement, votre cœur se met à battre rapidement, vous suez, vous tremblez, vous avez l’impression d’être à court de souffle, vous vous sentez très inconfortable et nauséeux.

Ces symptômes peuvent être ceux d’une attaque de panique. Certains éprouveront aussi l’impression d’être surexcités, instables, illuminés ou sur le point de s’évanouir. Pour d’autres, l’anxiété est telle qu’ils en éprouvent la peur de mourir, de devenir fou ou de perdre le contrôle.

Comme vous voyez, la liste des symptômes possibles est longue. Comme notre but n’est pas ici de porter un diagnostic, nous l’avons volontairement écourtée. Et il y a un danger à s’autodiagnostiquer. Ainsi, la première énumération des symptômes (accélération du rythme cardiaque, se sentir à bout de souffle, inconfortable et nauséeux) pourrait aussi convenir à un début de crise cardiaque.

Avant de conclure à la crise de panique, le spécialiste aura évalué toutes ces possibilités.

2- L’agoraphobie

Agoraphobie vient de deux mots en langue grecque antique: Agora qui était une place publique importante à Athènes en Grèce et phobia, qui signifie peur. L’agoraphobie est donc la peur de se retrouver dans une place publique.

La personne atteinte ressentira une peur de se trouver dans un endroit public quelconque ou peur de ne pouvoir s’en retirer à sa guise. Par exemple, elle pourra se sentir très mal à l’idée d’aller au cinéma, une salle où, en principe, on doit attendre la fin du film pour sortir.

3- Les attaques de paniques sans agoraphobie

Certaines personnes peuvent ressentir des attaques de panique sans pour autant avoir des problèmes d’agoraphobie. Un téléphone qui sonne, quelqu’un qui frappe à la porte ou simplement la peur de subir une attaque de panique représentent des facteurs qui, chez certains, vont provoquer le déclenchement de la crise.

4- Les attaques de paniques avec agoraphobie

D’autres personnes souffrant d’agoraphobie connaîtront une attaque de panique dans un lieu public. La crainte de revivre une telle attaque dans des circonstances semblables contribuera à augmenter leur agoraphobie.

Lorsque cette dernière devient un frein à une vie normale, il convient de consulter. La bonne nouvelle: ça se traite et les résultats sont des plus encourageants. Du tiers à la moitié des personnes qui ressentent des désordres liés à la panique vont aussi souffrir d’agoraphobie.

5- Les phobies spécifiques

Ici, sont inclues toutes les phobies (peur) des animaux (peur des chiens, des chats, etc.), des insectes (ex.: peur des araignées ou arachnophobie), peur du sang ou des blessures, peur du tonnerre, des éclairs, peur des hauteurs, peur de certains endroits spécifiques: ponts, tunnels, ascenseurs, avions, etc.

La phobie peut se manifester en présence de l’élément stressant, comme en présence du chien, pour quelqu’un qui a cette phobie. Mais elle peut tout aussi bien se présenter dès que la personne pensera qu’elle sera éventuellement en présence du chien.

Ainsi, certaines personnes en viendront à ne plus sortir de peur de rencontrer un chien, une araignée, un chat, ou autre.

6- Les phobies sociales

Ces phobies se caractérisent lorsqu’une personne craint de se voir ridiculiser en public. Ceux qui sont atteints de cette phobie craignent par-dessus tout d’être jugés par les autres comme étant faibles, anxieux, fous ou stupides. Ils craindront qu’on voie leurs mains trembler.

Souvent ces gens refuseront de manger, de boire, de parler dans un endroit public par crainte de se voir jugés par les gens autour d’eux.

7- Les troubles obsessifs compulsifs (TOC)

Les TOC sont de mieux en mieux connus. Plusieurs exemples peuvent illustrer ce trouble. Il pourra s’agir de l’obsession d’avoir les mains propres. Ou celle de s’assurer d’avoir éteint toutes les lumières avant de quitter la maison.

Certaines personnes pourront refaire 10 fois, 20 fois le tour complet de la maison avant d’accepter tant bien que mal de partir. Les obsessions les plus répandues sont celles reliées à l’hygiène (peur d’être contaminé), les doutes répétitifs (peur d’avoir oublié de verrouiller les portes, fermer les lumières, peur d’avoir heurter un piéton lors d’une balade en auto, etc.), le besoin d’un ordre rigoureux (les objets doivent être placés de telle ou telle façon), la peur de perdre le contrôle et se mettre à hurler des insanités dans des lieux publics, la peur de fixer son esprit dans des images de pornographie.

Pour éviter ces situations, certains développeront des rituels comme se mettre à compter à rebours de 200 à 100 par saut de 3, répéter mentalement des suites de mots du dictionnaire, etc. Les troubles obsessifs compulsifs peuvent devenir un handicap grave à une vie normale. La personne atteinte se doit de consulter. Ici encore, les thérapies offrent de bons résultats.

8- Les stress post-traumatiques

L’image classique du stress post-traumatique est le soldat de retour d’une guerre sanglante et meurtrière. Lorsqu’il rencontre un stimulus semblable à celui vécu en guerre, il se retrouve sous le choc comme s’il se retrouvait dans sa tranchée voyant ses copains mourir.

Par exemple, le son d’une sirène pourra le replonger dans le même état de détresse psychologique qu’il vivait en temps de guerre. D’autres circonstances peuvent donner lieu à des chocs post-traumatiques.

Par exemple, une personne qui a vécu un arrêt cardiaque pourra vivre une grande anxiété ou une crise de panique si un stimulus lui rappelle un événement se rapprochant de la crise cardiaque. Le stress post-traumatique peut se manifester immédiatement après le traumatisme, il peut s’étendre sur une longue période après le traumatisme ou encore il peut apparaître beaucoup plus longtemps après le traumatisme. Ici encore, lorsqu’il hypothèque trop la qualité de vie, il faut songer à consulter.

En somme, lorsque l’anxiété semble un problème, mieux vaut consulter.


Ce texte a été extrait et adapté du livre Stress et anxiété, votre guide de survie, par Claude Bélanger et Jacques Beaulieu, éditions La Semaine

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Néophobie alimentaire: terrorisés de goûter


Parmi les troubles alimentaires, la néophobie alimentaire, cette phobie est très peu connu et ceux qui en souffre sont souvent mal jugé pour le refus de manger certains aliments. Il semble que les aliments les plus redoutés soient les fruits, légumes et viandes. Imaginez le stress dans des restaurants ou à un repas de famille. Il y a plusieurs thérapies qui peuvent aider à élargir leur choix d’aliments.
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Néophobie alimentaire: terrorisés de goûter

Notre alimentation n'a jamais été aussi variée. Les médias ne cessent de nous... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

MARIE-EVE FOURNIER
La Presse

Notre alimentation n’a jamais été aussi variée. Les médias ne cessent de nous faire découvrir de nouveaux ingrédients. Les foodies courent les restaurants pour tester leur menu. À l’opposé, des personnes ne mangent que deux ou trois fruits, car elles ont peur de goûter aux autres. D’autres évitent des catégories entières d’aliments. Incursion dans le monde intime et méconnu des adultes souffrant du trouble de l’alimentation sélective et évitante.

Plus que des caprices

Des pommes et des bananes. Des petits pois, du brocoli et des pommes de terre. Du poulet et du boeuf. Deux fromages. Des féculents. Aucun condiment. Aucune sauce. Aucun fruit de mer. Des oeufs, seulement s’ils sont cuits d’une certaine manière. Voilà de quoi se compose essentiellement l’alimentation de Julie Dawson. Qui, pourtant, n’est pas difficile. Ni capricieuse.

Pourquoi ne mange-t-elle pas de fraises, de bacon, de sauce BBQ? Elle n’y a jamais goûté. Et l’idée de le faire l’effraie, comme d’autres ont peur des araignées, des foules ou de l’avion. Sa phobie porte un nom: néophobie alimentaire, un trouble qui touche une bonne proportion d’enfants d’âge préscolaire et certains adultes. Une réalité méconnue, taboue, peu documentée.

«Ce n’est pas juste « je n’aime pas ça, ça me lève le coeur ». Ça va beaucoup plus loin que ça. […] Ce n’est pas que tu ne veux pas goûter. C’est que tu n’es pas capable de le faire. Il se passe quelque chose dans ton corps», explique la psychologue Chantal Bournival, directrice de la Clinique des troubles de l’alimentation. La personne peut paniquer, recracher, vomir…

Malgré les préjugés et l’incompréhension, Julie Dawson a accepté de témoigner pour venir en aide à d’autres néophobes en démystifiant ce trouble. Car s’il existe de nombreux écrits sur les enfants qui refusent de goûter les légumes, la science n’a rien à dire ou presque sur les plus grands.

En fait, la recherche sur le sujet est tellement embryonnaire que le taux de prévalence chez l’adulte, même approximatif, est inconnu, rapporte la Dre Mimi Israël, spécialiste de la question à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas. Le trouble de la restriction ou évitement de l’ingestion d’aliments (une nomenclature qui regroupe divers troubles, dont la néophobie) n’est entré dans la bible des troubles mentaux, le fameux DSM-5, qu’en 2013.

Incompréhension de l’entourage

«Les amis que j’ai depuis longtemps et ma famille comprennent, confie Julie Dawson. Mais si je rencontre quelqu’un de nouveau, c’est dur d’expliquer pourquoi je ne mange pas quelque chose. Ça me fait toujours angoisser.»

Ainsi, au lieu d’admettre qu’elle n’a jamais goûté à un aliment, elle dit qu’elle ne l’aime pas, pour simplifier.

Malgré tout, on lui pose parfois des questions aux réponses évidentes.

«Mon père me demande encore si je veux du ketchup! Je ne sais pas s’il oublie ou s’il a espoir», raconte la femme de 40 ans qui a déjà goûté au condiment une fois «par accident dans un hamburger».

La psychologue Chantal Bournival constate qu’il y a «beaucoup d’incompréhension chez l’adulte», et précise que la néophobie peut engendrer des tensions dans les couples – lorsque vient le temps d’aller souper dans la belle-famille, par exemple – ainsi qu’à l’arrivée d’un enfant. Les néophobes pourront se faire accuser d’être responsables de la néophobie de leur progéniture pourtant normale dans leur développement. Ils vont aussi se mettre beaucoup de pression pour que leur enfant mange de tout.

«C’est très complexe, plus chez l’adulte que chez l’enfant. Et ça provoque de l’isolement social. La personne se sent jugée, ce qui crée de l’anxiété à manger avec d’autres personnes.»

«C’est pire de manger chez des gens qu’au restaurant, où on peut faire un choix», poursuit la psychologue, en ajoutant que le trouble provoque aussi des carences nutritionnelles.

Hypersensibilité aux odeurs et aux textures

Louise Nadeau n’est pas très attirée par les fruits, elle non plus. Elle mange des fraises, des framboises, des pêches. Pas de porc, d’agneau, de veau, de gibier, d’abats, de fruits de mer. Le boeuf ne doit présenter aucun gras, aucun os, idem pour le blanc de poulet.

«Tout le monde est pâmé sur les sushis. Moi, vous ne réussirez jamais à me faire manger ça. Je ferais une syncope. Pourquoi ? Je ne le sais pas», explique la femme de 60 ans qui n’a pris conscience de son trouble que l’an dernier, et qui rêve de «retrouver sa liberté alimentaire».

Louise Nadeau refuse divers aliments en raison de leur texture ou de leur température, ce qu’on appelle le trouble de l’alimentation sélective (TAS).

«Je ne peux pas manger de pain avec des graines. Je ne peux pas mélanger le mou et le dur.» La crème glacée, c’est non. «Je n’aime pas le froid.» La variété d’une seule marque de yogourt passe le test. «Du grec, ce serait impossible: c’est granuleux!»

«Le pire, c’est la pomme»

Robin Belley est encore plus sensible à l’acidité des fruits. Il n’en a jamais mangé un seul. Même bébé, sa mère ne réussissait pas à lui en faire manger en purée.

«Je criais, je pleurais, je vomissais, je ne voulais rien savoir», relate-t-il.

Adulte, il a réussi à intégrer le jus d’orange à son alimentation. Mais c’est tout.

Quel fruit le rebute le plus?

«Le pire, c’est la pomme. Je ne suis pas capable. Mais je ne sais pas pourquoi, je n’ai pas investigué.»

 Il n’est pas dégoûté, mais les fruits lui font faire «des faces». C’est comme si sa langue était trop sensible, le goût trop intense pour être supportable, décrit-il.

Les odeurs (poissons, fromages, oeufs) et des aversions provoquées par un événement anxiogène sont également à l’origine de certains TAS, explique Chantal Bournival, qui précise que deux troubles – néophobie et TAS – se confondent facilement et que plusieurs personnes souffrent des deux à la fois.

«Moi, je me considère comme quelqu’un de joyeux, qui aime la vie et qui est ouvert d’esprit. Et je me retrouve avec un secret comme celui-là… Ça clashe!», lance Louise Nadeau.

L’angoisse au menu

À l’université où Julie Dawson travaille, ses collègues sont des foodies qui se précipitent chaque jour de paie dans un resto à la recherche d’expériences culinaires excitantes. Julie les accompagne «pour parler», pour faire partie du groupe. Mais chaque fois, «c’est difficile».

«Mes amis ne me jugent pas. Mais ils me poussent un peu. L’autre jour, j’ai pris un taco. Seulement la coquille et le boeuf dedans.»

Lorsque nous lui avons parlé, ses collègues venaient de lui apprendre que leur prochaine destination était le LOV, un resto végétarien à la mode à Montréal.

«Je vais prendre des frites et manger autre chose en revenant au bureau», prévoyait-elle.

Car évidemment, elle regarde toujours les menus d’avance pour voir si elle pourra commander quelque chose (en demandant un changement, généralement) ou si elle devra s’organiser en mangeant avant ou après. Un comportement que la psychologue Chantal Bournival voit chez tous ses patients néophobes ou souffrant d’un TAS.

«En regardant d’avance le menu, je sais ce que je vais manger. J’ai l’air relaxe et personne ne se doute de rien», explique Louise Nadeau, atteinte de néophobie alimentaire.

La Dre Israël, qui a traité depuis cinq ans une cinquantaine de cas extrêmes (des personnes présentant un important sous-poids et des carences nutritionnelles), dit que ses patients «ne vont jamais au restaurant» tant cela les angoisse.

Le confort italien

Comme bien d’autres néophobes, Julie Dawson ne fréquenterait dans un monde idéal que les restaurants italiens.

«La vie serait plus simple s’il y avait juste des restaurants italiens et du blanc de poulet», concède Louise Nadeau, qui se limite généralement à manger de la soupe ou des salades au resto.

Évidemment, pour un néophobe, les repas chez les connaissances ou la famille éloignée, ainsi que les cocktails dînatoires avec de petites bouchées composées de plusieurs ingrédients (fruits de mer, poisson, fromages, sauces) et les buffets gastronomiques sont de véritables sources de stress. Et de mise en place de stratégies: manger avant ou après, prétendre ne pas avoir faim, se bourrer de pain en cachette, s’inventer des allergies, etc.

«On a un problème si l’anxiété est assez présente pour être en anticipation», note la Dre Israël.

Et les voyages?

Tandis que Mme Nadeau s’empêche de voyager à certains endroits comme le Mexique et l’Asie parce qu’elle sait qu’elle n’aimera pas la nourriture, Julie Dawson, elle, ne s’en priverait pas même si son niveau d’angoisse «serait très élevé».

«En France, il y a des Subway et des McDo partout. Je ne suis pas foodie, alors je me fiche de ce que je mange. Je veux juste trouver quelque chose pour survivre.»

La question des voyages lui rappelle une anecdote survenue en Australie.

«Je mange des Cheerios ordinaire tous les matins. Mais en Australie, ça goûtait un peu différent, un peu plus le miel. Je ne pouvais pas en manger.»

Louise Nadeau est encore marquée par un repas en France.

«À Lyon, quand j’ai vu la carte d’un restaurant gastronomique avec du cerveau, de la langue et des rognons, je ne pouvais pas croire que des humains mangeaient ça!»

Qu’est-ce qu’un bon resto?

«Un resto qui sert quelque chose que j’aime», répond Julie Dawson.

Merci à Anderson Cooper

Le journaliste vedette de CNN Anderson Cooper a beaucoup contribué à faire connaître la néophobie alimentaire chez l’adulte en abordant le sujet sur diverses tribunes. Il a déjà dit à un magazine qu’en voyage, il commande sa nourriture dans le menu pour enfants des hôtels puisqu’il a «le palais d’un jeune de 7 ans». Il a aussi révélé à Jerry Seinfeld qu’il n’avait jamais goûté à une gaufre, même s’il aime les crêpes.

Des féculents du matin au soir

Certains blogues tenus par des néophobes et des études menées sur des enfants rapportent que ce sont les fruits qui provoquent le plus d’angoisse. Viendraient ensuite les légumes et les viandes. Ainsi, certaines personnes racontent n’avoir mangé que des féculents toute leur vie.

La Dre Mimi Israël, de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, ne peut dire si ce palmarès est véridique ou pas, faute d’études sérieuses sur le sujet. De son côté, la psychologue Chantal Bournival a déjà effectivement rencontré des patients qui ne mangent que des féculents et constate dans sa pratique que les fruits, les légumes et la viande sont les trois catégories d’aliments les plus souvent rejetées par ses patients. C’est le cas de l’auteure du site phobie-alimentaire.fr, Marie Perchey, une jeune femme de 29 ans qui travaille à Paris. Pendant 20 ans, raconte-t-elle, elle n’a mangé pratiquement que des frites, du riz, des pâtes au beurre, des pommes de terre, du pain et des bananes. Elle a réussi à varier son alimentation au moyen de diverses stratégies qu’elle détaille et explique sur son site rempli de références intéressantes.

Les caractéristiques du trouble de la restriction ou évitement de l’ingestion d’aliments selon le DSM-5

– Perte de poids importante

– Carences nutritionnelles importantes

– Dépendance envers les suppléments nutritionnels

– Perturbation du fonctionnement psychosocial (incapacité à manger avec d’autres, anxiété à aller au restaurant ou chez des amis)

– Aucune volonté de perdre du poids, aucun lien avec l’image corporelle

Les problèmes nutritionnels ne s’expliquent pas par un accès insuffisant aux aliments ou une pratique culturelle (tel le jeûne religieux)

Il n’est pas nécessaire d’avoir tous les symptômes pour avoir un diagnostic. La perturbation du fonctionnement psychosocial, par exemple, suffit, note la Dre Mimi Israël.

Source: Programme canadien de surveillance pédiatrique

Les solutions

Il y a de l’espoir pour les adultes qui rêvent de varier leur alimentation et d’être capables de manger n’importe quels entrée et plat principal au restaurant.

La thérapie cognitivo-comportementale

Cette thérapie expose graduellement la personne à ce qui lui fait peur. Ce traitement permet d’obtenir «de bons résultats», dit la psychologue Chantal Bournival. On commence par faire la pyramide des aliments angoissants en plaçant les plus phobiques au sommet. Et on apprivoise d’abord ceux à la base.

«Certaines personnes ne peuvent même pas s’imaginer ouvrir un pot de yogourt, alors on ne leur en donnera pas une bouchée!», dit Mme Bournival.

L’exposition progressive peut commencer par le fait de regarder une image de l’aliment, l’entrer dans la pièce, le toucher, le couper et finalement y goûter. Souvent, le thérapeute mange l’aliment avec le patient.

L’enchaînement alimentaire

Cette méthode consiste à essayer de nouveaux aliments similaires à ceux qui sont déjà aimés. Par exemple, une personne qui mange des pâtes et des pommes de terre bouillies pourrait tester les gnocchis. Les pépites de poulet pourraient mener aux poitrines de poulet, la trempette au yogourt. Le rapprochement avec les aliments jugés sûrs peut se faire en se basant sur la couleur, la texture, la forme ou l’odeur. Pensez aussi à piger dans le même groupe alimentaire. Il peut être astucieux de tester l’aliment sous différentes formes et textures : râpé, en tranches, en cubes, bouilli, grillé.

Le pairage des aliments

Cette technique consiste à s’habituer à un aliment non toléré en l’associant à un autre qui est aimé. Par exemple, une personne qui n’aime pas le fromage pourrait en mettre un peu sur du pain.

«Il faut éviter l’évitement, explique la Dre Mimi Israël, de l’Institut Douglas. Il faut réentraîner le cerveau à ne pas avoir peur en lui montrant qu’il n’y aura pas les conséquences désagréables auxquelles il croit.»

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Souffrez-vous d’orthorexie?


Parmi les troubles alimentaires, il y a orthorexie. C’est un trouble que la personne veut tout contrôler son alimentation autant le gras, le sucre, sel, le cholestérol, les oméga, les additifs … Bref, c’est une personne qui se culpabilise si elle s’écarte d’une alimentation plus saine que saine.
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Souffrez-vous d’orthorexie?

 

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Les personnes en viennent à penser que si elles ne mangent pas correctement, elles sont responsables de leur cancer, de leur diabète ou de n’importe laquelle des maladies qui pourraient les frapper.

C’est à croire qu’il faut s’inscrire au doctorat en biochimie avant de se permettre de manger correctement.

Bien des gens connaissent ce qu’est l’anorexie, cette pathologie qui pousse les personnes qui en sont atteintes à refuser de se nourrir. L’orthorexie est un autre trouble de l’alimentation. Les personnes qui en souffrent développent une phobie à l’idée de manger de mauvais aliments. Orthorexie vient de deux mots grecs: ortho, qui signifie «correctement», et orexie, pour «appétit».

À leur décharge, il faut avouer que les tendances actuelles en matière d’alimentation deviennent de plus en plus complexes. Biologiques, antioxydants, radicaux libres, prébiotiques, probiotiques, polyphénols, acide gras monoinsaturé, acide gras trans, cholestérol, oméga 3, 6 ou 9, et la liste de ces termes pourrait s’allonger encore et encore. C’est à croire qu’il faut s’inscrire au doctorat en biochimie avant de se permettre de manger correctement.

Correctement, c’est justement la deuxième partie du problème. Les personnes en viennent à penser que si elles ne mangent pas correctement, elles sont responsables de leur cancer, de leur diabète ou de n’importe laquelle des maladies qui pourraient les frapper. Cette réflexion peut mener soit à une culpabilisation excessive ou encore, comme nous l’avons souligné, à une véritable phobie de manger des aliments qui contiendraient, du cholestérol, des gras trans, trop de sucre, des additifs, etc.

Lorsque l’orthorexique flanche et consomme un aliment qu’il croit dangereux, il culpabilise et se punit en durcissant encore ses règles alimentaires.

    Les orthorexiques s’informent sur tout ce qui se dit en alimentation et se croient de véritables experts en nutrition. Ils en arrivent à inventer leurs propres règles qu’ils appliqueront à la lettre. Pour les orthorexiques, les autres (comprendre tous les gens qui n’affichent pas la même rigueur) sont au mieux des ignorants et au pire des inconséquents auxquels ils prodigueront conseils et recommandations à satiété. Lorsque l’orthorexique flanche et consomme un aliment qu’il croit dangereux, il culpabilise et se punit en durcissant encore ses règles alimentaires.

    Par contre, tant qu’il ne commet pas le moindre écart, il est fier comme un paon

    « Quelqu’un qui passe ses journées à manger du tofu et des biscuits à la quinoa se sent parfois aussi méritant que s’il avait consacré sa vie à aider les sans-abris », disait le Dr Steve Bratman qui a décrit pour la première fois le phénomène de l’orthorexie en 1997.

    Ayant lui-même souffert de ce problème, il en était rendu à refuser de manger une salade s’il s’était écoulé plus d’un quart d’heure entre la cueillette et le moment où elle se présentait dans son assiette. Il finit par sombrer dans une dépression profonde. Une fois guéri, il réalisa qu’il valait mieux manger à l’occasion une pointe de pizza avec des amis que de consommer constamment seul des germes de plantes dans le fond de sa cuisine. L’isolement et la dépression guettent en effet ces fanatiques de la nourriture santé. Le Dr Bratman a mis au point un test simple pour détecter si vous êtes atteints d’orthorexie:

  • Passez-vous plus de 3 heures par jour à penser à votre régime alimentaire ?

  • Planifiez-vous vos repas plusieurs jours à l’avance ?

  • La valeur nutritionnelle de votre repas est-elle, à vos yeux, plus importante que le plaisir de le déguster ?

  • La qualité de votre vie s’est-elle dégradée, alors que la qualité de votre nourriture s’est améliorée ?

  • Êtes-vous récemment devenu plus exigeant(e) avec vous-même ?

  • Votre amour-propre est-il renforcé par votre volonté de manger sainement ?

  • Avez-vous renoncé à des aliments que vous aimiez au profit d’aliments «sains» ?

  • Votre régime alimentaire gêne-t-il vos sorties, vous éloignant de votre famille et de vos amis ?

  • Éprouvez-vous un sentiment de culpabilité dès que vous vous écartez de votre régime ?

  • Vous sentez-vous en paix avec vous-même et pensez-vous bien vous contrôler lorsque vous mangez sain ?

    En répondant oui à 4 questions et plus ci-dessus, vous révélez qu’en ce qui concerne votre alimentation, mieux vaudrait avoir une attitude plus détendue. En répondant oui à toutes les questions, vous montrez que vous êtes complètement obsédé par le fait de manger sain.

L’alimentation n’est pas un dogme qui définit le nombre de litres de thé vert qu’on doit consommer à la semaine.

En alimentation, le laisser-aller total, la malbouffe et la surconsommation ont conduit à des excès dont nous ne subissons que trop les ravages aujourd’hui. Mais il est souhaitable d’éviter de sombrer dans l’autre extrême et devenir orthorexique. L’alimentation n’est pas un dogme qui définit le nombre de litres de thé vert qu’on doit consommer à la semaine. Elle est un besoin vital et aussi un plaisir social et ça, c’est le bon sens. In medio stat vertu, disait l’adage romain, ce qui signifie que la vertu se situe au centre, à égale distance de deux attitudes excessives.

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La phobie du «surtourisme» se propage


Le surtourisme est un problème que plusieurs résidants des villes les plus visitées ressentent par la présence d’un trop grand nombre de visiteurs en plus de mettre en danger leur patrimoine. Je crois que les compagnies de voyages et les touristes ont des responsabilités de respecter les choix des habitants. Déjà que mettre un quotta de visiteurs me semble une bonne idée
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La phobie du «surtourisme» se propage

 

Les touristes sont légion à Venise.... (Photo MIGUEL MEDINA, AP)

Les touristes sont légion à Venise.

PHOTO MIGUEL MEDINA, AP

 

PAN PYLAS
Agence France-Presse
Londres

Venise prévoit envoyer les gigantesques navires de croisière ailleurs. Barcelone serre la vis aux locations d’appartements.

Les deux villes se trouvent sur les lignes de front des efforts pour combattre le «surtourisme», un phénomène qui bouscule les communautés, met en danger des édifices irremplaçables et nuit au plaisir aussi bien des visiteurs que des résidants.

La phobie des touristes se propage de plus en plus, surtout dans ces destinations européennes où les touristes s’agglomèrent tous en même temps. La colère a même donné naissance à des slogans comme «Touristes rentrez chez vous» et «Les touristes sont des terroristes».

«Le réveil est brutal», a récemment déclaré Taleb Rifai, le secrétaire général de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), une agence onusienne. M. Rifai prenait à ce moment la parole devant des ministres et responsables de l’industrie touristique réunis à Londres.

L’exaspération risque d’augmenter en même temps que le nombre de touristes. L’OMT prédit 1,8 milliard de voyages en 2030, comparativement à 1,2 milliard en 2016. Ajoutons cinq milliards de voyages domestiques, et ça donne plusieurs touristes. Les billets d’avion abordables alimentent le phénomène, tout comme une explosion de déplacements internationaux provenant de pays comme la Chine.

Le tourisme est pourtant la source première de prospérité et d’emplois de plusieurs destinations. Le tourisme génère 10 % du PIB mondial, déversant des fonds dans les coffres de pays qui en ont grandement besoin, comme la Grèce.

Mais le tourisme peut aussi nuire à la qualité de vie des résidants: les plages sont envahies, le coût du logement explose et les rues médiévales de villes européennes sont bloquées. On se demande aussi, à plus long terme, quels seront les impacts sur l’environnement, et même s’il sera possible de continuer à vivre et à travailler dans ces villes.

La gestion du tourisme retient donc de plus en plus l’attention. M. Rifai nie que la croissance soit «l’ennemie»: remonter le pont-levis, croit-il, serait irresponsable quand on sait que le tourisme engendre 10 % des emplois de la planète. Il suggère plutôt de trouver comment encadrer le tourisme de manière «durable et responsable», pour que les communautés locales continuent à en profiter.

Les efforts pour gérer le «surtourisme» sont de plus en plus originaux et commencent à exploiter les nouvelles technologies. Des applications, par exemple, invitent les touristes à visiter les sites les plus populaires quand ils sont moins achalandés. Et si ses détracteurs accusent Airbnb d’avoir délogé les résidants, ses partisans prétendent plutôt qu’il soulage la pression en répartissant les visiteurs dans toute la ville.

Dans certains cas, des quotas touristiques semblent inévitables. Aux îles Galapagos, par exemple, l’Équateur plafonne à 100 000 le nombre de visites annuelles. La ville croate de Dubrovnik, où le tourisme a bondi en raison de la série «Games of Throne», envisage de limiter à 4000 le nombre de visites quotidiennes de sa portion médiévale.

D’autres stratégies incluent la promotion des visites en basse saison, le développement de nouvelles destinations et un ajustement des campagnes de publicité. Prague propose des visites à pied loin des sites habituels et Londres met de l’avant des quartiers comme Greenwich et Richmond.

«Il n’y a pas de solution unique pour tout le monde, chaque destination est différente», admet Gloria Guevara, la présidente du Conseil mondial du voyage et du tourisme.

Barcelone, qui est devenue un mastodonte du tourisme après les Jeux olympiques de 1992, a mis en place des mesures pour trouver l’équilibre entre les besoins des résidants et des touristes. La ville a sévi contre les locations illégales et créé un conseil touristique composé de représentants des résidants, des entreprises, des syndicats et du gouvernement. En entendant tous les intéressés, espère-t-on à Barcelone, on pourra réduire les pressions touristiques sur certains sites et améliorer les relations entre résidants et visiteurs.

«Les entreprises ne veulent pas s’installer là où leurs clients (les touristes) sont traités comme de la vermine, et certains propos que nous avons entendus ressemblaient d’après moi à un discours haineux», déplore Tim Fairhurst, un dirigeant de l’Association européenne du tourisme.

Venise a été le théâtre d’une situation similaire quand la ville a été envahie par les visiteurs, dont certains qui irritent les résidants en allant tous au même endroit en même temps.

«Le problème en ce moment est la concentration intolérable d’humains dans ces petits espaces, qui sont quand même des artères dans une ville où on habite», dit Jonathan Keates, le président du fonds Venise en péril.

On a récemment présenté un plan qui empêcherait les gigantesques navires de croisière de s’approcher de la célèbre piazza San Marco. Plusieurs doutent que ça suffise, et on évoque une hausse des taxes imposées aux touristes, des billets qui donneraient accès aux sites à un moment précis et même l’installation de tourniquets.

Mais tous ont un rôle à jouer, y compris les touristes eux-mêmes.

Venise a récemment déployé l’initiative «Enjoy Respect Venice» pour contrôler, mettre à l’amende et discipliner les visiteurs qui sautent dans les canaux de la ville ou mangent assis sur les marches des églises.

 Ces nouvelles mesures, selon M. Keates, encadrent ceux «qui traitent l’endroit comme une longue plage au lieu d’une ville viable».

M. Fairhust dit que des «mesures simples» peuvent avoir un impact, comme une modification des heures d’ouverture ou une augmentation des places de stationnement.

«Il y a plusieurs façons inefficaces dont nous utilisons nos villes, et on pourrait faire mieux avec une approche à long terme plus holistique», croit-il.

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La peur des serpents et des araignées serait inscrite dans notre ADN


Il semble que depuis des millénaires, l’être humain a toujours eu une peur innée des serpents et des araignées. Déjà, les jeunes bébés ont réagi à des photos de ces animaux. Bien que cela soit inné, en grandissant beaucoup apprennent à ne plus en avoir peur, surtout si les parents n’alimentent cette peur
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La peur des serpents et des araignées serait inscrite dans notre ADN

 

© thinkstock.

Sarah Winkel

Ne luttez plus contre votre phobie. Selon une récente étude publiée dans la revue Frontiers in Psychology, la peur des serpents et des araignées serait innée.

Dilatation des pupilles en millimètres selon le temps en secondes. À partir de 5 secondes, l’image disparaît pour être remplacée par un écran blanc. © Max Planck Institute for Human Cognitive and Brain Sciences (MPI CBS).

Si le simple fait de penser à une araignée, ou de voir un serpent filer entre vos pieds vous effraie, ce n’est sans doute qu’une question de génétique. La peur de ces petites bêtes serait en effet ancrée dans le cerveau humain dès le plus jeune âge.

Quatre chercheurs de l’institut Max Planck de Leipzig, en Allemagne, de la faculté de psychologie de Vienne, en Autriche et du département de psychologie d’Uppsala, en Suède, ont travaillé avec 32 bébés de six mois afin de déterminer si la peur des araignées et des serpent était innée ou acquise. Etonnement, ils ont observé des signes de stress face à ces animaux.

Lors de leur expérience, les scientifiques ont montré aux nourrissons des images d’araignées, de serpents, mais aussi de fleurs et de poissons, toutes de la même taille et de la même couleur. Face aux images de serpents et d’araignées, les pupilles des bébés s’élargissaient significativement – signe de l’activation du système noradrénergique du cerveau lié au stress et à la vigilance.

« Cette réaction de stress héritée nous prédispose à percevoir ces animaux comme dangereux ou dégoûtants. Quand ce phénomène est accompagné d’autres facteurs plus éloignés, il peut vite se transformer en une vraie peur voire une phobie », explique Stephanie Hoel, l’une des auteurs de cette étude.

L’appréhension innée ressentie face à ces animaux pourrait donc ensuite être accentuée par la phobie d’un parent.

Une peur vieille de plusieurs millénaires

La peur de ces animaux en particulier se serait transmise au fil des millénaires, les serpents et les araignées vivant aux côtés des Hommes depuis toujours. En effet, de précédentes études ont prouvé que les enfants ne présentent aucun mécanisme de réaction automatique face à des images d’animaux dangereux plus « récents », comme les rhinocéros ou les ours, ou à des objets (couteaux, seringues). La preuve que le cerveau humain n’a pas encore intégré ces éléments comme étant dangereux.

« Pour les risques modernes comme les couteaux, les seringues ou les prises, c’est le même problème. Ces objets n’existent que depuis peu de temps, et il n’y a pas encore eu assez de temps pour établir des mécanismes de réaction dans le cerveau depuis la naissance », explique-t-on dans l’étude.

La peur instinctive des araignées et des serpents découlerait donc de celle de nos ancêtres.

http://www.7sur7.be/

Souffrez-vous de décidophobie ?


Décidophobie, je crois qu’il est facile de comprendre que c’est la peur de prendre des décisions. Justement, c’est le cas d’une personne qui est proche de moi, et c’est vraiment handicapant comme situation
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Souffrez-vous de décidophobie ?

Souffrez-vous de décidophobie ?

Souffrez-vous de décidophobie ?

La phobie des décisions peut pousser les personnes qui en souffrent à s’isoler et à négliger leur vie par peur de faire des mauvais choix. Des solutions efficaces existent.

Hésiter lorsqu’on réfléchit au menu du déjeuner, aux chaussures à assortir à sa tenue, ou au film à voir au cinéma, fait partie des moments d’indécision classiques qui peuvent concerner n’importe quelle personne. Mais quand ce comportement se transforme en peur terrifiante à l’idée de prendre une décision, les experts parlent de décidophobie. Les personnes qui en souffrent sont paralysées par cette phobie, qui peut gâcher leur quotidien. Voici quelques signes qui peuvent vous alerter :

Prendre une décision vous fait paniquer

Le premier symptôme associé à la décidophobie est strictement lié à l’anxiété. Un sentiment de panique, des nausées, des vertiges, la bouche sèche, le souffle coupé, la transpiration, etc. font partie des manifestations de cette phobie. La qualité de vie est souvent affectée et la personne peut finir par s’isoler et négliger sa santé, ses finances et sa vie émotionnelle par peur de faire de mauvais choix.

D’autres personnes prennent des décisions pour vous

Pour les personnes concernées, la moindre décision est un véritable fardeau qui les remplit de stress. Même le simple fait de choisir leurs vêtements le matin peut sembler une tâche insurmontable. Ils ont donc tendance à demander à d’autres personnes de prendre ces décisions pour eux, ce qui peut aboutir à des relations de codépendance, explique le site Hello Giggles.

Vous préférez ne pas décider

Choisir de ne pas prendre une décision peut sembler être une solution efficace, mais laisser tomber quelque chose est déjà un choix en soi. Pour éviter que la situation ne stagne trop longtemps, les personnes atteintes de décidophobie peuvent demander de l’aide à un professionnel de santé. Des traitements médicaux peuvent réduire l’anxiété, et une thérapie classique ou cognitivo-comportementale peut aider à surmonter la phobie pour de bon.

http://www.santemagazine.fr/

Le Saviez-Vous ► 20 superstitions étranges à travers le monde


 

Il y a beaucoup de superstitions dont on ne sait même pas l’existence, ou bien qu’on a entendu vaguement parler. Celle de l’araignée, l’auteur a beaucoup d’humour en ce qui attrait aux pluies extrêmes qu’à connu le Québec. Bref, les superstitions ne peuvent avoir aucune influence sur nous, sauf si on lui donne de l’importance
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20 superstitions étranges à travers le monde

Qui ne voudrait pas attirer la chance et repousser les malheurs ? Qui ne voudrait pas prédire le beau temps et s’assurer une vie prospère ? À vous de décider de vous fier – ou non – à ces 20 superstitions étranges.

PAR NADINE DESCHENEAUX

1. Casser de la vaisselle en morceaux

Superstitions: casser une assiette pour la chance

photosync/shutterstock

L’une des superstitions étranges serait de casser un verre blanc signe que la chance vous attend… Avant de partir de chez vous pour une longue période – les vacances, par exemple –, il serait aussi avisé de briser une assiette sur le sol et d’observer une minute de silence pour vous prémunir contre les malheurs. Et vous pouvez aussi garder votre vaisselle brisée durant l’année et la distribuer sur l’entrée des maisons de personnes que vous aimez, le 31 décembre au soir, pour leur porter chance durant la nouvelle année. Alors si vous trouvez des morceaux de vaisselle sur votre porche le matin du jour de l’An ce n’est pas que vos voisins ont trop fêté, mais que quelqu’un vous veut du bien !

2. Ne jamais laisser tomber le portefeuille

Si vous ne voulez pas perdre de l’argent, vous devriez éviter de laisser votre portefeuille ou même votre sacoche toucher le sol. Cette superstition venue du Brésil attirerait les malheurs financiers !

3. Les ciseaux devins…

Échapper des ciseaux alors que vous êtes enceinte vous révélera le sexe de votre bébé : vite, décorez pour une chambre d’une fillette ! Laisser des ciseaux ouverts entraînera de grandes dépenses, gare à votre portefeuille. Et s’ils tombent et se plantent eux-mêmes dans le sol, un décès suivra… Mais, les Égyptiens les glissent sous les oreillers de ceux qui font des cauchemars pour qu’ils retrouvent un sommeil paisible.

4. La crotte de chien… synonyme de chance

Superstitions: la crotte de chien signe de chance

Africa Studio/Shutterstock

Malgré ce qu’on peut en penser, marcher dans une crotte de chien pourrait vous sourire. Si vous écrabouillez la crotte du pied gauche, c’est gagnant : cela vous porte chance. Mais si vous y mettez le pied droit, gare au malheur qui plane.

5. Un nouveau balai dans une nouvelle maison

Vous déménagez? Vite, jetez votre vieux balai et achetez-en un nouveau. Il éloignera les esprits malicieux de votre nouveau chez vous ! Mais toutefois, ne vous avisez jamais de balayer la nuit : cela pourrait soit réveiller les âmes des personnes décédées dans votre maison, déclencher une dispute ou même attirer la pauvreté.

6. Se couper les ongles au mauvais moment

Superstitions: se couper les ongles la nuit

iordani/Shutterstock

Au Japon, se couper les ongles la nuit porte malheur et jusqu’à prédire que vous ne serez pas avec vos parents lors de leur mort tandis qu’en Inde, ce geste ferait en sorte que vous pourriez perdre des objets minuscules, mais de grandes valeurs par la suite. Un autre moment à éviter pour vous couper les ongles : le mardi. Malchance à prévoir !

7. Rencontrer une mante religieuse

Superstitions: la mante religieuse pour retrouver son chemin

Yzoa/shutterstock

Plus besoin de votre GPS ! En effet, si vous êtes perdu, mais avez la chance de rencontrer au même moment (!!) une mante religieuse, vous pourrez retrouver votre route. Vous n’avez qu’à suivre la route qu’elle vous indique avec ses deux pattes d’avant. Bonne chance !

8. La visite de sorcières

Si dans votre prochain voyage au Vermont vous remarquez des fenêtres inclinées sur les parois, en hauteur, des maisons, c’est que ses habitants voulaient éviter que des sorcières ne visitent leur demeure. Aussi, la superstition des chats noirs porteurs de malheur vient aussi du fait qu’ils étaient les animaux de compagnie des sorcières.

9. Pleurer avant son mariage

En Chine, une promise doit pleurer tous les jours du mois qui précède son mariage… et au moins une heure chaque fois ! Ensuite, plus la date approche, la mère et la grand-mère doivent se joindre au concert de pleurs ! Ouf ! Et, ici, dans un baptême, un bébé qui pleure devrait ravir les invités même si ses pleurs leur transpercent les oreilles. Un enfant qui ne pleure pas voudrait dire qu’il ne vivrait pas longtemps !

10. Une araignée dans les vêtements

Une araignée dans les vêtements que vous souhaitez mettre ce matin ? Ne hurlez pas : vous aurez une rentrée d’argent ! Même chose si une araignée a décidé de se laisser descendre de son fils juste au-dessus de vous ! Si les araignées s’activent sur leurs toiles, c’est qu’il fera chaud dans les prochains jours ! En Finlande, si vous tuez une araignée, il pleuvra le lendemain. Selon nos observations, probablement, que beaucoup de Québécois auraient tué des araignées ce printemps !

11. Se cacher le nombril lors d’orages

Pendant un orage où le tonnerre gronde et les éclairs traversent le ciel, les Japonais demandent aux enfants de se cacher le nombril. Autrement, le dieu du tonnerre lui-même – Raiden – pourrait venir le voler. Aussi, selon la journée qu’a lieu l’orage, sa signification n’est pas la même. Un jeudi, c’est signe de prospérité alors qu’un samedi laisse présager la maladie ou même la mort. Et pour la foudre, si vous avez peur… dormez ! Une superstition veut qu’un éclair ne tombe jamais sur quelqu’un qui dort.

12. Laisser fonctionner un ventilateur

Superstitions: Corée, le danger du ventilateur

Take Photo/Shutterstock

La « fan death » est une croyance répandue en Corée. Il ne faut pas laisser en marche un ventilateur dans une pièce dont vous avez fermé la porte pendant que vous dormez. Selon eux, vous risquez de ne jamais vous réveiller. Les ventilateurs qui sont vendus dans le pays seraient désormais munis d’une minuterie les empêchant de fonctionner toute une nuit.

13. Une mouche dans son verre

Lors de votre prochaine soirée sur une terrasse, ne pestez pas si vous retrouvez une mouche dans votre verre. Considérez-vous chanceux ! C’est le signe que le destin a choisi de vous envoyer pour vous dire que les prochains temps seront prospères ! Qui l’eut cru !

14. S’allumer une cigarette avec une bougie

Allumer une cigarette à partir d’une bougie causerait la mort d’un marin, selon une superstition venue de Lituanie. Laisser une bougie s’éteindre toute seule dans une pièce vide porterait malheur de même de ne jamais la laisser se consumer totalement si on ne veut pas attirer la malchance sur un être aimé.

15. Une technique pour soigner un mal de tête

Des superstitions pour soulager le mal de tête

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Soyez bien préparé pour soigner votre prochain mal de tête. Selon une croyance américaine, vous devez appuyer votre pouce sur votre palais. Vous pouvez aussi décrire votre mal en détail sur un bout de papier et le brûler ensuite.

16. Le comportements des oiseaux

Observer les oiseaux peut être révélateur de grandes informations… pas toujours des plus fiables, mais sûrement amusantes. Ils volent bas près d’un cours d’eau ? Il pleuvra bientôt. Les espèces migratrices reviennent plus tôt que prévu ? Le prochain hiver sera pénible. Vous quittez votre maison et un oiseau vous frôle ? Vous recevrez des nouvelles réjouissantes avant votre retour à la maison. Un oiseau qui vole de gauche à droite annonce de bonnes choses, mais en sens contraire, c’est mauvais signe !

17. Les superstitions associées au mariage

Certaines superstitions ont la vie dure, mais ont tout de même subi quelques transformations au fil des ans. À l’origine, on lançait du riz à la sortie des mariés sur le perron de l’église pour couvrir de chance la fertilité du couple. Puis, cette superstition s’est métamorphosée et on lance plutôt des pétales de rose, des confettis et aussi des bulles de savon. Toutefois, d’autres superstitions sont demeurées. Si la mariée ne veut pas pleurer durant son mariage, elle doit éviter de porter des perles.

Pour mettre toutes les chances d’un mariage heureux, la mariée doit porter 4 objets : un neuf, un vieux, un emprunté et un bleu. Pour marcher vers l’autel, il serait préférable de partir du pied droit. Afin d’attirer la richesse et éloigner les soucis financiers, il faudrait coudre une pièce de monnaie au jupon de la robe de mariée ou la mettre au fond du soulier du marié. Même le mois du mariage est lourd de superstition et de présages pour la vie à venir si on en croit ce calendrier particulier.

18. Les chiffres malchanceux et chanceux

Les superstitions entourant le chiffre treize

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Le 13 porterait malchance ! Tellement que bien des ascenseurs n’arrêtent pas au 13e étage, ils passent directement du 12e au 14e étage. Bien des hôtels n’ont pas de chambre contenant le chiffre 13. Un soulagement pour ceux qui souffrent de triskaïdékaphobie : la phobie du chiffre 13. En Asie, l’équivalent de ce chiffre malchanceux est le 4 qui se prononce comme le mot « mort ». Pour contrecarrer la malchance, il faut miser sur le 7 et le 8, considérés comme les chiffres chanceux !

19. Les superstitions liés à la météo

La température et ses superstitions

BBA Photography/Shutterstock

Les superstitions météorologiques vous encouragent à essayer le temps qu’il fera demain ou la saison prochaine ! Un chat qui se lave en passant sa patte par-dessus son oreille annoncerait la pluie, mais laver de l’argent avec l’eau de pluie vous prémunit contre le vol. La pluie durant un enterrement assure le bon voyage de l’âme et pendant un mariage, elle annoncerait une vie heureuse. Pour attirer la chance, oubliez les trèfles à quatre feuilles impossibles à trouver et lavez-vous les mains avec la rosée du matin. Quand l’eau dans une source est bien froide, il fera chaud dans les prochains jours.

20. Les superstitions à table

Trinquer sans regarder les autres dans les yeux vous accablerait d’années de mauvais sexe. Renverser du sel porte malheur, mais en lancer une pincée par-dessus son épaule permet de conjurer le mauvais sort et, au Danemark, en échapper par terre est chanceux. Croiser des couteaux serait signe d’un malheur à venir de même que si vous coupez les deux croûtes d’un même pain (à l’origine, on disait que vous vouliez faire entrer le diable chez vous !).

http://selection.readersdigest.ca

La trypophobie, la peur des trous


La trypophobie, la peur des trous seraient plus fréquentes que l’on pense, dans la vidéo, si vous souffrez de cette phobie, vous aurez sans doute des symptômes. Pour le moment, les causes de cette phobie n’est reposés que sur des hypothèses
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La trypophobie, la peur des trous

 

fleur de lotus

La tête de la fleur de lotus renferme les graines de la plante dans de petites cavités. Ce type d’image provoque une forte réaction chez les trypophobes, ou « phobiques des trous »

Une phobie étonnante livre ses secrets : la peur des trous

Si vous vous sentez mal à l’aise devant cette photo de fleur de lotus, vous êtes peut-être trypophobe. Comprenez : effrayé par les trous. Au point d’en avoir, comme certaines personnes, la migraine, des démangeaisons, des nausées, voire des attaques de panique. Les trypophobes sont plus nombreux qu’on ne le croit, et des groupes Facebook comportant jusqu’à 6000 adhérents échangent quotidiennement sur leur peur des trous.

Pour évaluer votre trypophobie, vous pouvez par exemple visionner cette vidéo montrant divers types de trous plus ou moins repoussants :

 

Des chercheurs de l’Université de l’Essex en Angleterre ont présenté cette vidéo à des centaines de personnes pour savoir si elles avaient cette phobie des trous. Et le résultat déjoue nos attentes : 11 pour cent des hommes et 18 pour cent des femmes présentent des réactions de type démangeaisons, maux de tête ou tremblements devant ces images. L’image la plus classiquement utilisée est celle d’une tête de fleur de lotus contenant les graines de la plante, mais les trypophobes n’aiment pas les trous dans les mousses de shampooing ou à l’intérieur de barres chocolatées.

D’où vient cette phobie ? Un des membres de l’équipe a eu une intuition en voyant l’image d’un poulpe bleu annelé:

Evidemment, ce poulpe a l’air troué. Le poulpe bleu annelé est un des céphalopodes les plus venimeux. Et de fait, en examinant des dizaines d’animaux fortement venimeux (serpents et araignées), les scientifiques de l’équipe ont constaté qu’ils présentent souvent des motifs visuels ressemblant à des trous, soit circulaires, soit sous forme de bandes dont les bords présentent des caractéristiques de contraste très particulières, qu’on ne trouve qu’au bord des trous. En voyant ces motifs, notre œil a l’impression d’être au bord du trou, il panique et croit voir une bête venimeuse.

Voilà donc une hypothèse intéressante pouvant expliquer l’origine de la trypophobie :il s’agirait initialement d’un réflexe de fuite devant des animaux venimeux, qui se serait ancré dans les structures nerveuses de nos ancêtres. Mais évidemment, de nos jours, on croise plus rarement un pouple annelé ou un serpent corail au bureau. On s’affole alors pour un trou de boulon ou un plafond alvéolé. Autres temps, autres moeurs…

http://cerveauetpsycho.fr/

La longue épreuve des sinistrés


L’eau qui a inondé les rues voisines et une partie de ma rue a baissé ce matin et en revenant à la maison ce soir, même chose. Sans avoir été évacuée, j’ai trouvé la fin de semaine stressante et épuisante, pourtant, je n’ai rien perdu. Alors, je peux imaginer ceux qui ont dû tout laisser derrière eux. Le retour sera tout aussi difficile, sinon plus avec tout ce qu’il faudra faire pour reprendre une vie normale. Et l’aide qu’il soit physiologique, physique ou même administrative, il y a de l’aide qu’il ne faut pas hésiter de demander
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La longue épreuve des sinistrés

 

Deux hommes accompagnés d'un chien surveillent l'eau qui commence à inonder leur maison.

Des résidents surveillent la montée des eaux à l’île Mercier, au Québec, le 5 mai 2017. Photo : La Presse canadienne

La plupart des sinistrés des inondations passeront à travers les difficultés qui les attendent, malgré le stress et l’épuisement. Toutefois, un faible pourcentage souffrira de troubles psychologiques plus graves.

Un texte de Danielle Beaudoin

Quand l’eau va se retirer et que les sinistrés vont rentrer chez eux, tout ne sera pas réglé, loin de là.

« Ce qui est particulier des inondations, ou de ces catastrophes naturelles là, c’est que ça ne finira pas lorsque l’eau va partir; ça commence. C’est un travail de longue haleine », rappelle Christophe Fortin, professeur de psychologie à l’Université d’Ottawa et psychologue attaché à l’Institut en santé mentale de Montréal (CIUSSS-EMTL).

L’expert souligne que la majorité des gens touchés par les inondations n’auront pas de séquelles sur le plan psychologique. Les sinistrés subissent bien sûr un stress énorme, et il est normal qu’ils vivent de l’anxiété, qu’ils dorment mal, qu’ils soient en colère, frustrés ou qu’ils se sentent impuissants. Ces réactions devraient disparaître avec le temps. Toutefois, 10 % des sinistrés auront des séquelles psychologiques, selon Christophe Fortin.

Les gens qui vont développer un trouble du stress post-traumatique à la suite d’un événement comme l’inondation, ça va être extrêmement limité, mais ça va nous exposer à toutes sortes d’autres problématiques, notamment l’anxiété, la difficulté de sommeil et la dépression. Christophe Fortin, psychologue

Des sinistrés vont même développer des phobies spécifiques à l’eau, aux inondations ou à la pluie, ajoute l’expert.

Certaines personnes qui avaient des vulnérabilités x et y, peut-être parce qu’ils avaient déjà vécu des inondations, peut-être parce qu’eux-mêmes étaient déjà fatigués, qu’il y avait déjà un problème de santé mentale; ces gens-là vont avoir besoin d’aide. Christophe Fortin, psychologue

Brigitte Saint-Germain, porte-parole de l’Armée du salut, en sait quelque chose. Elle et d’autres bénévoles sont sur le terrain à Rigaud, une des zones touchées par les inondations. Le week-end dernier, elle a accompagné des policiers chez des résidents qui refusaient de quitter leur demeure. Elle a notamment rencontré une dame seule, dans la cinquantaine, veuve depuis moins d’un an. L’eau était sur le point de s’infiltrer dans la maison, mais la femme refusait de partir.

Il a fallu qu’on fasse appel aux policiers pour la sortir. Elle pleurait beaucoup, elle était presque désorganisée, elle était sur le terrain, elle ne savait pas trop où s’en aller. Brigitte Saint-Germain, de l’Armée du salut

L'arrondissent de Pierrefonds-Roxboro est celui où le plus de résidences ont été évacuées en raison des inondations.

L’arrondissent de Pierrefonds-Roxboro est celui où le plus de résidences ont été évacuées en raison des inondations. Photo : Radio-Canada/Julie Marceau

« Qui veut aller loin ménage sa monture »

Christophe Fortin met les sinistrés en garde contre l’épuisement physique et psychologique. Cette phase survient après quelques jours d’efforts soutenus et de grand stress.

Selon les ressources dont les individus disposent, on va entrer dans la phase d’épuisement. Physique, psychologique, parce que les gens vont perdre beaucoup de choses. De la valeur, des biens, des choses qui sont irremplaçables, comme l’album de photos de la famille. Christophe Fortin, psychologue

Le psychologue conseille par exemple aux familles sinistrées de surveiller les réactions à court et à moyen terme de leurs proches. Est-ce que votre conjoint s’absente du travail trop souvent? A-t-il changé ses habitudes? Si vous remarquez des changements inquiétants, conseillez-lui de demander de l’aide. Quant aux proches des sinistrés, n’hésitez pas à prendre régulièrement des nouvelles d’eux, pour voir s’ils ont besoin d’aide.

Autre conseil de l’expert : il faut respecter ses limites.

« Souvent, lorsqu’on est dans une phase de résistance, on est sur l’adrénaline, on se dit : “C’est beau; il me reste de l’énergie pour faire face à la situation”. Mais malheureusement les gens dépassent les limites, les gens s’épuisent, et après ça, il reste moins de ressources pour faire face à ce qui va suivre. »

Si on est absolument pressé de retrouver son nid dans l’état où on l’avait laissé avant les inondations […], si on se lance à corps perdu dans les travaux, c’est évident que les gens vont s’épuiser. Comme le dit si bien l’adage, « qui veut aller loin ménage sa monture ».Christophe Fortin, psychologue

Des équipes d’intervention psychosociale sur le terrain

Les établissements de santé des zones inondées ont dépêché des équipes sur le terrain : psychologues, travailleurs sociaux, infirmiers et autres professionnels. Par exemple, dans les secteurs de Rigaud et de Vaudreuil-Dorion, une vingtaine d’intervenants psychosociaux sont là jour et nuit pour aider les sinistrés.

« On est sur le terrain depuis le 20 avril », précise Johanne Girard, gestionnaire à l’accueil psychosocial au CISSS de la Montérégie-Ouest.

Les intervenants travaillent de concert avec la Croix-Rouge, qui fournit repas et logement aux personnes évacuées.

Les intervenants se tiennent dans les centres d’accueil pour les sinistrés, et ils sillonnent les rues pour parler aux gens.

« Des gens qui peuvent être désemparés, anxieux, et on doit les accompagner là-dedans et faire en sorte de normaliser leurs émotions aussi par rapport à ce qu’ils vivent », explique Johanne Girard.

Leur dire qu’on est là, et que s’ils ont besoin de plus de soutien, de plus de rencontres, on les met en contact avec mon équipe psychosociale; pour que ces gens-là puissent voir un intervenant plus à long terme avec des sessions, deux, trois, quatre, cinq rencontres. Johanne Girard, du CISSS de la Montérégie-Ouest

Ces services psychosociaux seront offerts aux sinistrés de toutes les régions touchées par les inondations aussi longtemps que cela sera nécessaire, promet Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Santé publique et responsable de la Montérégie, dans une entrevue à RDI diffusée le 9 mai. Ce soutien sera encore plus important une fois que les gens seront retournés chez eux, rappelle la ministre.

Mme Charlebois souligne que les équipes psychosociales sont là non seulement pour réconforter les gens, mais aussi pour les aider à faire des démarches administratives.

« Il ne faut pas hésiter à consulter. Les services psychosociaux; le mot psycho fait peur un peu. Ce n’est pas juste pour voir dans votre tête, c’est aussi pour vous aider à bien compléter tout ce que vous avez à compléter comme document, voir c’est quoi votre urgence. »

Les sinistrés peuvent aussi en tout temps contacter le 811. On les écoutera et, au besoin, ils seront dirigés vers des psychologues ou d’autres professionnels.

L’entreprise canadienne en ressources humaines Morneau Sheppell a aussi mis sur pied une ligne d’écoute téléphonique pour tous ceux qui ont besoin d’un soutien émotionnel. Elle met gratuitement à la disposition des sinistrés les services de ses psychologues.

« On a des professionnels qui sont habitués à entendre. Ils vont les écouter, ils vont tenter de les diriger vers les services publics, parce qu’on a l’information, et ceux qui sont extrêmement stressés ou qui auraient des difficultés, les rediriger vers les hôpitaux ou leurs médecins », explique Sylvain Authier, vice-président pour le Québec et l’Atlantique chez Morneau Sheppell.

Il ajoute que ces consultations au téléphone permettent aux gens de ventiler un peu, de prendre du recul, et de voir que c’est normal d’être tendu ou de pleurer dans de telles situations.

On sait que le stress post-traumatique ça existe, et il important pour nous que les gens nomment ce qu’ils vivent, pour ne pas se retrouver avec des cauchemars pendant des années, des difficultés qui peuvent prendre quelquefois plusieurs années à apparaître, et dont l’événement déclencheur était évidemment les inondations. Sylvain Authier, de Morneau Sheppell

L’entreprise a fait la même chose l’an dernier lors des feux de forêt à Fort McMurray, et elle a reçu de très nombreux appels des sinistrés.

http://ici.radio-canada.ca/