Température record → Les producteurs de pommes inquiets


Le beau temps que nous vivons au Québec est exceptionnelle … On se souviendra longtemps de cette fin d’hiver et début de printemps 2012 mais ce beau temps peut provoquer des problèmes, comme pour le sirop d’érable, les inondations et ici, les pommiers pourraient ne pas fleurir
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Température record → Les producteurs de pommes inquiets

 

Température record - Les producteurs de pommes inquiets

Le pomiculteur et cidriculteur Michel Jodoin nous fait prendre la mesure de ce qui s’en vient si la chaleur perdure.

© André Corbeij / Agence QMI

 

ROUGEMONT – «C’est du jamais vu! Mon père et son père n’ont rien vu de tel de toute leur vie.»

C’est Michel Jodoin qui s’exclame ainsi à propos de la vague de chaleur qui sévit ces jours-ci au Québec.

«Regardez ici, les feuilles vertes commencent à sortir des bourgeons, a-t-il dit. C’est pas bon car les pommiers vont fleurir trop tôt. Si on connaît ensuite une période de gel pendant que les pommiers sont en fleurs, ce sera foutu pour la saison. Il n’y aura pas de pommes. Présentement, ça ne regarde pas bien. Comme mon père le dit : p’tite saison de sucre, petite saison de pommes.»

Selon M. Jodoin, seul un refroidissement de la température dans les prochains jours pourrait ralentir le processus de floraison hâtif.

Ce pomiculteur, qui produit du cidre, avoue que de se plaindre de la belle température peut paraître bête pour certains, mais pour son entreprise ça pourrait devenir une catastrophe.

«Je vends mon cidre sur les terrasses à Montréal comme jamais, a-t-il indiqué. Je n’ai pas à me plaindre de ce côté. Mais j’imagine mal une saison où les pommiers fleurissent un mois avant leur temps et une prochaine saison sans récolte de pommes. C’est toute une industrie qui va en souffrir.»

La vigne en état d’alerte

On cultive aussi la vigne à Rougemont. Chez Francis Lavoie, du vignoble du même nom, l’inquiétude est aussi bien présente. M. Lavoie nous confiait que la vague de chaleur lui rappelle celle de 2010, à la différence que celle-ci s’était présentée en avril et n’avait pas compromis la récolte du fruit.

«C’est exceptionnel cette chaleur en mars, a dit M. Lavoie. On demeure sur le qui-vive et on ne peut qu’espérer que dame Nature ne nous fera pas trop de mal. On n’a pas le contrôle là-dessus.»

Ce dernier possède 72 000 plants de vigne et 17 000 pommiers. La vigne connaît plusieurs stades de bourgeonnement. Un débourrage hâtif du bourgeon le fragilisera. Exposé au froid, il mourra.

«Si la température ne baisse pas d’ici une semaine, nous sommes cuits», a conclu M. Lavoie.

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