Les écoles invitées à ne pas crier aux poux


Étant donné que l’incubation des lentes de poux est de 7 à 12 jours et que les symptômes apparaissent beaucoup plus tard, il y a de fort risques que la contamination de poux à l’école où à la garderie. Quand on reçoit une lettre d’alerte aux poux, j’ai des souvenirs d’enfance, une famille dont un des membres que je me souviens encore de son nom était stigmatiser par les autres élèves, les enfants disait qu’il ne fallait pas toucher à ce gars, ni boire au même abreuvoir que lui au risque d’attraper des poux. Cela l’a suivi tout son primaire et je ne sais même pas s’il a vraiment été infesté de poux durant ses années. C’est vrai que c’est toute une histoire si un enfant à des poux, mais cela n’est pas une question d’hygiène, cela peut arriver à tous
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Les écoles invitées à ne pas crier aux poux

 

Le ministère de la Santé recommande de ne... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE)

Le ministère de la Santé recommande de ne pas avertir les parents que des poux ont été constatés en classe avant que l’infestation ne touche 10% du groupe.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

LOUISE LEDUC
La Presse

Si quelqu’un dans la classe ou dans le groupe de garderie de votre enfant a des poux, devriez-vous être mis au courant? Selon le ministère de la Santé, pas avant que l’infestation ne touche 10% du groupe.

En ce début d’année, une présentation faite à la Commission scolaire de Laval ces derniers jours a fait sourciller des membres du personnel.

Quand des poux sont constatés dans une classe, non, il ne faut pas d’emblée alerter tous les parents et, non, l’enfant ne doit pas être renvoyé à la maison pour qu’il y fasse un traitement.

Vérification faite, aussi bien à la Commission scolaire de Montréal qu’à la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (la Commission scolaire de Laval n’a pas rappelé La Presse), on s’en remet en cette rentrée aux lignes directrices pour le contrôle de la pédiculose du cuir chevelu édictées il y a quelques mois par le ministère de la Santé.

Le document gouvernemental ne pourrait pas faire un tour plus complet de la question. Plus de 80 pages bien comptées.

Selon le Ministère, sous la barre d’une réelle éclosion touchant 10% des enfants d’un groupe, les autres parents ne devraient pas être prévenus parce que l’envoi de lettres fait «monter considérablement le niveau d’anxiété et de stigmatisation» et «engendre des traitements prophylactiques inappropriés».

«Politiques sans lentes» à éviter

Les écoles doivent aussi s’abstenir de mettre en place des «politiques sans lentes» visant à exclure les enfants infestés d’un milieu jusqu’à ce que plus aucune lente ne soit trouvée sur leur cuir chevelu.

De telles politiques, est-il écrit, sont inefficaces et elles entraînent «la perte de plusieurs jours de classe pour les élèves, un isolement et une détresse sociale accrue», en plus de susciter «l’embarras, la honte et la stigmatisation ainsi qu’une diminution de l’estime de soi» chez les enfants.

«Par ailleurs, certains parents d’enfants qui avaient des lentes (fréquemment mortes) ont été accusés à tort de négligence et des enfants ont été victimes de ségrégation.»

Les autorités de santé publique font d’ailleurs remarquer que «la majorité des personnes infestées sont contagieuses plusieurs semaines avant que le diagnostic ne soit établi».

Il n’est donc pas indiqué de retirer une personne infestée jusqu’au début de son traitement.

Fait à noter, à divers endroits dans le document, on laisse la porte ouverte à des aménagements et on s’en remet au bon sens des responsables des écoles.

Ainsi, il pourrait y avoir retrait d’une personne infectée, «avec discernement et pendant une courte période», dans des situations particulières telles qu’une infestation massive (des centaines de poux et des lentes vivantes) et persistante.

«Des mesures individualisées permettant de traiter une telle infestation tout en respectant la dignité et les droits fondamentaux de la personne atteinte devraient être mises en place», est-il aussi écrit.

Parce que les poux, ça arrive même dans les meilleures familles!

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LES POUX EN QUATRE QUESTIONS :

– Les personnes aux cheveux longs sont-elles plus vulnérables?

On dit souvent que les personnes aux cheveux longs de même que celles aux cheveux bruns ou roux ont «des têtes à poux». Sans exclure cette possibilité, le ministère de la Santé relève que «le risque associé à ces caractéristiques soulève encore la controverse». Cependant, «les personnes à peau noire par rapport aux personnes à peau blanche semblent moins touchées par les poux».

– À quel âge est-on le plus à risque ? 

Tous les groupes d’âge sont touchés, mais le groupe des 3 à 11 ans est celui pour lequel le risque est le plus élevé, «avec un pic autour de 8-9 ans».

– Quelle est la période d’incubation?

On estime que la période d’incubation est de 7 à 12 jours. L’ennui, c’est que «l’infestation est souvent asymptomatique» et que l’apparition des symptômes survient après plusieurs semaines. Les enfants sont contagieux «jusqu’à l’élimination des poux et des lentes viables».

– Faut-il vaporiser toute la maison avec un insecticide?

Surtout pas. «Cette mesure est inefficace» et «peut représenter un risque important pour la santé des personnes et des animaux exposés à un produit potentiellement toxique». Inutile aussi de laver la maison au grand complet, mais les peignes et brosses doivent être trempés dans de l’eau chaude à environ 65 °C (150 °F) ou dans un produit contre les poux (non dilué) de 5 à 10 minutes. Les chapeaux, les casquettes et les vêtements doivent être séchés à l’air chaud pendant 20 minutes, nettoyés à sec ou entreposés dans un sac de plastique fermé hermétiquement pendant 10 jours. Et évidemment, il faut aussi s’attaquer aux draps et aux taies d’oreiller.

http://www.lapresse.ca/

Les poux, au-delà des idées fausses


Bientôt la rentrée scolaire, signe que les vacances achèvent. Les enfants, petits et grands retourneront sur les bancs d’écoles et certains apporteront avec eux des petits indésirables qui voudront visiter d’autres têtes pour agrandir leurs petites familles de poux.
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Les poux, au-delà des idées fausses

 

Les poux, au-delà des idées fausses

    Les poux aiment les rentrées scolaires car ils ont une prédilection pour les périodes de collectivités.

    Attraper des poux n’est pas grave, la pédiculose du cuir chevelu qui en découle est une affection bénigne, mais elle entraîne des nuisances cutanées, elle est très contagieuse et souvent chargée d’une grande émotion…

     

    Que faut-il savoir sur la contamination par les poux ?

  • La contamination se fait par contact direct avec un sujet porteur de poux.

  • La transmission indirecte, comme l’échange de bonnet ou de cagoule est parfaitement possible, mais rare.

  • De même, les poux sautent rarement d’une tête à une autre, contrairement aux puces.

  • Les poux résistent à l’eau et au savon.

    Héberger ou non des poux n’est donc pas une question d’hygiène.

    Ils peuvent infecter n’importe qui, quels que soient son milieu ou son hygiène personnelle.

    Il suffit d’un contact physique direct avec une personne parasitée.

  • Le seul facteur de risque est donc la collectivité, la cohabitation.

    C’est d’ailleurs pourquoi les poux affectent peu les adultes, et surtout les enfants.

    De la même façon, si les filles sont plus souvent touchées, c’est que leurs jeux impliquent plus fréquemment des contacts de tête à tête.

    Il suffit d’un seul porteur de poux pour infester une classe entière, un groupe d’enfants en vacances ou une famille.

    Comment savoir si un enfant a des poux ?

  • Repérer le premier signe d’alerte : des démangeaisons répétées du cuir chevelu, particulièrement au niveau de la nuque, des tempes et autour des oreilles.

  • Examiner attentivement le cuir chevelu, notamment à l’endroit des démangeaisons et repérer les lentes et les poux adultes.

    Seule la présence de lentes vivantes assure d’une contamination.

    Elles sont de couleur caramel et brillantes, tandis que les lentes mortes sont blanches et situées plus loin du cuir chevelu.

    Les poux adultes vivants sont plus difficiles à voir. On peut alors utiliser un peigne à poux sur cheveux humides.

    Comment réagir si votre enfant a des poux ?

  • Parlez-en à votre médecin ou pharmacien afin d’entreprendre très rapidement un traitement.

  • Changez les draps et lavez les bonnets, cagoules, capuches et brosses par précaution.

  • Inspectez la tête des frères et sœurs, et des adultes aussi.

  • Avertissez l’école, la garderie, le centre aéré, les clubs de sports, les parents des copains/copines.

  • Expliquez à l’enfant ce que sont les poux et dites lui que ce n’est pas grave du tout, qu’il n’y a aucune honte, qu’il ne s’agit pas d’une question de propreté et qu’il n’est coupable de rien.

    Quels sont les traitements contre les poux ?

    Il y a quelques années (avant 2010), les traitements étaient majoritairement des insecticides : pyrétrines naturelles (origine végétale, issues des feuilles du chrysanthème), pyrétrinoïdes synthétiques (perméthrine, phénothrine, dépallétrine), malathion (composé organophosphoré) et lindane (composé organochloré).

    Certains avaient les inconvénients d’entraîner des effets secondaires (les insecticides étant toxiques pour le système nerveux des insectes, ils peuvent l’être aussi pour les enfants) et d’accroître la résistance des poux.

    Aujourd’hui, les nouveaux produits ne contiennent pas d’insecticides.

    Ils tuent les poux en bouchant leurs orifices respiratoires et excrétoires. Ils ne sont donc pas nocifs pour les enfants et peuvent même être utilisés chez les très jeunes enfants.

    Ils ne générent pas non plus de résistance, comme avec les insecticides.

    Souvent, une seule application est nécessaire, si vous utilisez aussi un peigne anti-poux et que vous appliquez les mesures d’hygiène nécessaires.

    A savoir : si votre enfant présente des croûtes jaunâtres, ou si l’infection par les poux persiste, prenez rendez-vous avec le médecin.

    Quelles sont les mesures d’hygiène à prendre contre les poux ?

    Il est inutile de traiter toute la maison. Mais il convient :

  • De laver les vêtements qui peuvent le permettre à 50 degrés. N’oubliez pas les bonnets, manteaux et écharpes.

  • La literie doit aussi être lavée (ne pas traiter la literie avec un insecticide, en spray, qui pourrait provoquer des irritations ou des allergies).

  • Pour les vêtements fragiles, le nettoyage à sec est une solution. Il est aussi possible de les enfermer pendant 2 semaines dans un sac plastique.

  • Il convient d’aspirer aussi les sols et les endroits de collectivité (canapés, fauteuils etc…).

  • Les brosses et peignes doivent être lavés à 50 degrés et laissés de côté pendant 2 jours.

Il est inutile de déscolariser votre enfant s’il a des poux.

Isabelle Eustache

Sources : Guide « Alerte aux poux », Dr Patrick Emschwiller, Editions Willer & Associés.

http://www.e-sante.fr/