Cœur prélevé sans raison


Perdre un être cher est douloureux et quand une autopsie est demandé, ce n’est pas toujours de gaieté de coeur. Même si la loi n’est pas très clair sur le prélèvement des organes pour comprendre les causes d’un décès, il me semble qu’il y a eu un grand manque de compassion et de déontologie .. Il est vrai que cela ne ferait pas revenir leur fille, mais moralement il aurait été mieux d’aviser des actes fait pendant l’autopsie
Nuage

 

AUTOPSIE

Cœur prélevé sans raison

 

Un père veut intenter des poursuites contre le coroner responsable

 

Un père part en cavale contre le coroner qui a fait l’autopsie de sa fille puisqu’il aurait prélevé son cœur sans autorisation et sans aucune raison scientifique valable.

« Si on avait cru que le prélèvement pouvait aider la science, on aurait accepté. Mais, c’était par pur plaisir scientifique, plaide Abasse Asgaraly, dont la fille est décédée. C’est un acte barbare et criminel. »

Adeline Asgaraly est décédée le 22 juin 2010, dans son appartement de Montréal. Souffrant d’anorexie depuis plusieurs années, la femme de 32 ans ne pesait que 25 kilogrammes à son décès.

À sa mort, une enquête a été confiée au coroner Paul G. Dionne. Dès le lendemain du décès, Abasse Asgaraly dit avoir informé le Bureau du coroner du désir de la famille de rapatrier le corps en France, d’où la jeune femme est originaire.

Ainsi, le 5 juillet 2010, Adeline Asgaraly a été inhumée dans un cimetière, en banlieue de Paris.

Or, à ce moment, la famille n’avait pas été informée du prélèvement du cœur. Ce n’est qu’en décembre 2010 qu’Abasse Asgaraly l’a appris en téléphonant au Bureau du coroner.

« J’ai eu un choc »

« Je voulais une copie du rapport, et on m’a dit qu’ils attendaient les résultats d’analyses du cœur, raconte-t-il. Quand j’ai raccroché, j’ai eu un choc. Je venais de me rendre compte de la monstruosité de l’acte. »

Le 11 avril 2011, le cœur de la défunte a finalement été rapatrié en France. Le corps d’Adeline a été exhumé, puis inhumé une deuxième fois.

Choqué de la situation, Abasse Asgaraly a déposé une plainte auprès du Conseil de discipline du Collège des médecins du Québec.

Le 31 juillet dernier, le tribunal a rejeté sa plainte puisque le Collège n’a pas juridiction sur les coroners. Toutefois, le Conseil de discipline a déploré l’attitude du Dr Dionne durant l’audition.

« Aucune empathie »

On peut lire dans le document que le coroner n’a manifesté « aucune empathie pour la douleur de ce dernier (M. Asgaraly) et a été à la rigueur provocant par son attitude, ce qui est tout de même incompréhensible et inadmissible pour un médecin qui comparait devant ses pairs. »

De son côté, l’avocat du Dr Dionne, Gilles Gareau, a plaidé que le coroner a le « pouvoir décisionnel d’ordonner une expertise sur un défunt lorsqu’il le juge à propos », sans devoir obtenir d’autorisation.

Par ailleurs, le Bureau du coroner a répondu par écrit à une plainte de M. Asgaraly contre le Dr Dionne, le 23 mai dernier.

Dans le document, on indique que la Loi sur la recherche des causes et des circonstances des décès laisse peu de place au coroner en chef à sévir à l’endroit d’un coroner récalcitrant. Or, « le coroner en chef a estimé qu’un rappel écrit au coroner Paul G. Dionne, de ses devoirs et obligations en déontologie, était approprié. »

De son côté, M. Asgaraly n’a pas l’intention d’abandonner le dossier. Il envisage d’intenter des poursuites criminelles contre le Dr Dionne.

« Je le fais en la mémoire de ma fille, mais aussi pour éviter que d’autres parents aient à vivre la même chose, explique M. Asgaraly. Il ne devrait pas y avoir de prélèvement sans l’accord de la famille. »

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