Parler du réchauffement pourrait être perçu comme partisan par Élections Canada


Ça sent les élections au Canada ! C’est pour bientôt. Sur tout les partis politiques au Canada, un seul ne croit pas aux changements climatiques, L’avertissement d’élection Canada est inadmissible à mon avis, et probablement sera mal comprise. Il sera interdit de discuter sur les changements climatiques pour les organismes oeuvrant pour l’environnement dont la facture coûterait plus de 500 $ pour cause de partisannerie. On ne va pas loin avec ce montant. Donc cette partisannerie serait être contre le parti Populaire de Maxime Bernier. C’est justement un moment important pour parler de l’environnement et de l’urgence d’agir pour diminuer un temps soit peu l’impact sur les changements climatiques, même si parfois, ou souvent, nous avons l’impression que c’est un coup d’épée dans l’eau.
Nuage


Parler du réchauffement pourrait être perçu comme partisan par Élections Canada

PHOTO JASON FRANSON, PC

(Ottawa) Élections Canada aurait mis en garde certains organismes de bienfaisance œuvrant dans le secteur de l’environnement que le fait de discuter des dangers du changement climatique au cours de la prochaine campagne électorale fédérale pourrait être considéré comme une activité partisane.

LA PRESSE CANADIENNE

Tim Grey, directeur général du groupe Environmental Defence, a raconté qu’un responsable d’Élections Canada avait lancé cet avertissement lors d’une session de formation sur les lois électorales donnée aux groupes de défense de l’environnement, plus tôt cet été.

Le responsable aurait alors dit que le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, doutait de la véracité des changements climatiques. En conséquence, tout groupe qui parlerait du réchauffement de la planète, et même de l’urgence de lutter contre les changements climatiques, pourrait être considéré comme partisan, même s’il ne mentionne pas M. Bernier ou son parti.

Un porte-parole d’Élections Canada a confirmé que cela pourrait être le genre de conseil que l’agence peut donner.

Toute activité partisane — y compris la publicité, les sondages ou toute activité de campagne coûtant au moins 500 $ — nécessite de s’inscrire à titre de tiers auprès d’Élections Canada. M. Gray craint que cela compromette le statut fiscal des organismes.

Selon lui, il est « décourageant » que des groupes comme le sien soient forcés de se taire sur les changements climatiques au cours de la campagne électorale « parce qu’un parti a choisi de nier l’existence de ce fait fondamental ».

« De toute évidence, le changement climatique est réel, rappelle M. Gray. Presque toutes les institutions crédibles de la planète nous disent de faire quelque chose à ce sujet. »

L’automne dernier, le groupe d’experts des Nations Unies sur les changements climatiques, composé de centaines de scientifiques du monde entier, a déclaré que si on n’agissait pas plus vite pour réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre, les conséquences pour la planète seraient irréversibles et catastrophiques.

Cinq des six partis politiques ayant une chance de remporter au moins un siège au cours des prochaines élections s’accordent pour dire que les changements climatiques sont réels et qu’ils sont causés par les humains. Seul M. Berner prétend que les changements climatiques font partie d’un cycle naturel de la Terre et qu’il n’y a pas d’urgence en la matière.

En conséquence, Élections Canada dit que tout tiers donnant des renseignements sur le caractère nuisible du dioxyde de carbone ou qu’il est temps d’agir contre le réchauffement climatique pourrait être considéré comme des adversaires indirects de Maxime Bernier et de son parti. Des activités peuvent être jugées comme partisanes par Élections Canada, même si elles ne mentionnent pas nommément un parti ou un candidat.

M. Gray reproche à Élections Canada d’étouffer la discussion sur les changements climatiques à un moment crucial.

« A ce stade, à moins d’obtenir de plus amples précisions, nous cesserons de faire référence aux changements climatiques sur l’internet dès le déclenchement des élections. On sent être aspiré dans un espace où nous serons considérés comme une entité partisane parce que nous avons affirmé sur Facebook que les changements climatiques sont réels. Cela me semble ridicule. »

Cela ne signifie pas que M. Gray cessera de donner des entrevues sur le sujet pendant la campagne, annonce-t-il. L’avertissement d’Élections Canada aura plus une incidence sur d’autres activités du groupe dont la facture s’élèverait à plus de 500 $ comme une campagne de publicité sur Facebook.

En 2012, le précédent gouvernement conservateur avait lancé un programme de 13 millions visant à vérifier si des organismes de bienfaisance abusaient de leur statut fiscal en organisant des activités partisanes. Les vérifications ont porté sur une vingtaine de groupes environnementaux, sociaux et religieux qui auraient outrepassé une règle limitant à 10 % de leur financement les sommes consacrées aux activités politiques.

Les libéraux avaient promis de mettre fin à ce qu’ils appelaient « une chasse aux sorcières » contre tout groupe de la société civile s’opposant aux politiques gouvernementales. Si une nouvelle loi adoptée l’an dernier a levé la limite de 10 %, la règle sur le caractère non partisan des activités est toutefois demeurée en place.

Selon Catherine Abreu, la directrice générale du Réseau Action-Climat, l’avertissement d’Élections Canada est « choquant ».

« Le changement climatique est un fait scientifique, a-t-elle déclaré. Ce n’est pas une opinion. »

L’avertissement « contribue à la confusion actuelle » sur ce que les organismes de bienfaisance peuvent ou ne peuvent pas faire pour protéger l’environnement, et aidera les groupes pro-pétroliers qui veulent faire taire leurs opposants, a ajouté Mme Abreu.

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Mensonges, trumperies et politique


Je crois que je n’ai jamais mis autant d’article sur la politique que cette année. Un exemple est donné sur l’article présent en janvier 2016 que je me souviens d’avoir sursauté avec de tel propos à cette époque. Ce que je ne comprends pas comment des Américains peut soutenir un tel candidat qui profère autant de mensonge. Je comprends par contre, que le choix n’est pas vraiment extraordinaire, mais entre deux maux, on choisit le moins pire
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Mensonges, trumperies et politique

 

Donald Trump lors d'un discours à Sandown, au New Hampshire.

Donald Trump lors d’un discours à Sandown, au New Hampshire.    PHOTO : MIKE SEGAR / REUTERS

Il y a quelques années, les médias percevaient Donald Trump comme un personnage excentrique et divertissant. Mais les derniers mois nous ont fait découvrir toute autre chose.

Un texte de Alain Crevier

Trump peut intimider. Il peut aussi se montrer insultant et parfois grossier. Mais ce qui pique la curiosité, c’est l’idée que les faits et la vérité ne semblent plus avoir d’importance pour le clan Trump.

« Si la vérité fonctionnait, les politiciens utiliseraient la vérité. Le problème, c’est que le mensonge, ça marche », raconte le sénateur André Pratte.

En 1997, alors qu’il était journaliste au quotidien La Presse, il a publié Le syndrome de Pinocchio, un petit essai qui a eu l’effet d’une bombe au Québec. Il y est question de mensonges et de politique.

Vingt ans plus tard, on y trouve un écho extraordinaire à notre époque.

Dans le cas de Trump, il dit tellement des énormités, c’est évident. Quand il dit que le taux de chômage est de 40 %, alors que c’est 5 %, on se dit que les gens vont réagir. Mais son public à lui ne réagit pas. Il n’y a rien qui puisse convaincre ces gens-là que Trump ne dit pas la vérité.

André Pratte, sénateur

L’exemple le plus éloquent de cette partisanerie extrême, c’est un discours de Trump dans lequel il dit qu’il pourrait abattre quelqu’un dans la foule et ne perdrait pas un seul vote (23 janvier 2016).

Mais comment peut-on expliquer une telle partisanerie?

« Pour moi, c’est comme une espèce de processus de radicalisation », dit la commentatrice politique Marie Grégoire.

Elle a en tête ces grands rassemblements où Trump a fait expulser des manifestants, où des coups ont été portés. Et Donald Trump ajoutait : « Je lui casserais la figure », sous les applaudissements de ses partisans (22 février 2016).

« Les fans de Donald Trump sont devenus ses protecteurs. C’est l’armée de Donald Trump, ajoute Marie Grégoire. Ils sont là, dans la rue. Les femmes disent :  » Pas de problème.  »  » Tu sais, il est comme il est. « ,  » Je l’aime comme ça.  » »

On dit que le mensonge et les demi-vérités ont toujours été présents en politique. Mais à ce point? Assez troublant, dit Monique Jérôme-Forget qui a siégé à l’Assemblée nationale pendant 11 ans.

C’est troublant de voir que 40 % de la population américaine appuie cet homme-là. C’est quand même notre voisin immédiat, et de voir un tel niveau d’ignorance, de supporter, pardonnez-moi mon langage, un bouffon – moi, j’appelle ça un bouffon -, c’est troublant.Monique Jérôme-Forget

Voici qui en dit long sur notre époque, sur notre rapport parfois tordu avec la vérité.

Le sénateur André Pratte croit qu’au fond la vérité ne fait pas notre affaire.

« Parce que la vérité, c’est complexe, dit-il. Et si on avait, devant nous, des gens qui nous disaient toute la complexité des problèmes, on serait obligé d’admettre que ces problèmes ne sont pas faciles à régler. Et je ne suis pas sûr qu’on veuille entendre ça. »

Que la vérité soit complexe, c’est une chose. Mais faire fi des faits, c’en est une autre. Par exemple, que doit-on penser lorsque Donald Trump dit que les fondateurs du groupe armé État islamique, ce sont Barack Obama et Hillary Clinton? Est-ce un mensonge?

« On est à l’époque de la bullshit », croit le journaliste et politologue Antoine Robitaille. « Le menteur, il sait qu’il y a une réalité, qu’il y a une vérité, et il sait qu’il dit un mensonge. Le baratineur, il se fout de la vérité parce qu’il dit que ça n’existe pas, précise M. Robitaille. Tout étant relatif. Ce qui est important, c’est la manière dont les gens ressentent les choses. »

Autrement dit, ce ne sont pas les faits, la vérité ou la réalité qui guident les gens, mais leurs sentiments. Par exemple, le sentiment de se sentir menacé est plus important que toutes les statistiques qui démontrent qu’il n’y a pas de danger. C’est ainsi qu’on s’approche des partisans de Trump.

La vérité, les faits, les découvertes de la science ou de certains experts, ça importe peu pour ce type de politicien là. Je pense que c’est contre ça qu’il faut lutter aujourd’hui. Antoine Robitaille, politologue, Le Devoir

D’ailleurs, avec cette interminable campagne électorale américaine, jamais n’avait-on vu autant de médias s’adonner à des vérifications de faits.

« Malgré la quantité inouïe d’informations qui est à la portée maintenant des gens qui peuvent vérifier à la minute près ce qui est dit, le mensonge est plus sophistiqué aujourd’hui et plus énorme aujourd’hui qu’il ne l’a jamais été », rappelle Antoine Robitaille.

Et M. Robitaille d’ajouter : « Bien là, il faut relire Machiavel. Quand on lit Machiavel, on comprend qu’il y a très longtemps qu’on discute des manières de gagner. Peut-être, parfois, la fin justifie-t-elle les moyens pour plusieurs acteurs politiques. »

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