Quel est le lien entre pollution et maladie d’Alzheimer ?


Les fines particules qui polluent l’atmosphère qui proviennent des gaz d’échappement de la circulation, de la fumée et de la poussière pourraient avoir une influence sur le déclin cognitif
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Quel est le lien entre pollution et maladie d’Alzheimer ?

pollution alzheimer

| Johannes Eisele

Thomas Boisson

Au cours des dernières années, de nombreux progrès ont été réalisés concernant la maladie d’Alzheimer. Les neuroscientifiques ont notamment mis en évidence divers facteurs contribuant à l’apparition et l’évolution de la maladie.

Récemment, une nouvelle étude a découvert un nouveau facteur associé au déclin cognitif et à la perte de mémoire : la pollution aux particules fines. Celle-ci entraînerait des modifications cérébrales à long terme, altérant les fonctions cognitives.

Selon les chercheurs de l’USC, les femmes de 70 et 80 ans qui ont été exposées à des niveaux plus élevés de pollution atmosphérique ont connu des baisses plus importantes de la mémoire et une atrophie cérébrale semblable à celle d’Alzheimer, comparées à leurs homologues qui respiraient de l’air plus pur. L’étude a été publiée dans la revue Brain.

« C’est la première étude qui montre réellement, dans un modèle statistique, que la pollution atmosphérique était associée à des changements dans le cerveau des personnes, et que ces changements étaient alors liés à une diminution des performances de la mémoire » déclare Andrew Petkus, neurologue à la Keck School of Medicine à l’USC.

« Nous espérons que, grâce à une meilleure compréhension des changements cérébraux sous-jacents causés par la pollution atmosphérique, les chercheurs seront en mesure de développer des interventions pour aider les personnes présentant un déclin cognitif ou risquant d’en développer un ».

Un lien entre pollution aux particules fines et maladie d’Alzheimer

Les particules fines, également appelées particules PM2.5, ont environ 1/30 de la largeur d’un cheveu humain. Elles proviennent des gaz d’échappement de la circulation, de la fumée et de la poussière. Leur petite taille leur permet de rester en suspension dans l’air, de pénétrer dans les bâtiments, de se faire inhaler facilement, et de s’accumuler dans le cerveau. La pollution par les particules fines est associée à l’asthme, aux maladies cardiovasculaires, aux maladies du poumon et aux décès prématurés.

Des recherches antérieures ont suggéré que l’exposition à la pollution par des particules fines augmente le risque de maladie d’Alzheimer et de démences associées. Toutefois, les scientifiques ne savaient pas si les PM2.5 altèrent la structure du cerveau et accélèrent le déclin de la mémoire.

Pour cette étude, les chercheurs ont utilisé les données de 998 femmes âgées de 73 à 87 ans, ayant subi jusqu’à deux examens du cerveau à cinq ans d’intervalle, dans le cadre de la Women’s Health Initiative. La Women’s Health Initiative a été lancée en 1993 par les Instituts nationaux de la santé. Plus de 160’000 femmes ont été recrutées pour traiter des questions relatives aux maladies cardiaques, au cancer et à l’ostéoporose.

https://trustmyscience.com/e

Réduire la pollution de l’air ferait autant gagner en espérance de vie que si on éradiquait les cancers du sein et du poumon


Il est trop tard pour faire marche arrière pour les changements climatiques. Cependant, ne rien faire est inacceptable. Ce que nous faire, ce sont des efforts pour ralentir l’inévitable et il y a plusieurs changements que nous pouvons faire et le faire maintenant.
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Réduire la pollution de l’air ferait autant gagner en espérance de vie que si on éradiquait les cancers du sein et du poumon

Les particules fines constituent le cinquième facteur de risque de mortalité en 2015 | KE ATLAS via Unsplash CC License by

Les particules fines constituent le cinquième facteur de risque de mortalité en 2015 | KE ATLAS via Unsplash CC License by

Repéré par Victor Métais

Pour cela, il faudrait agir sur les particules fines.

Repéré sur Quartz

Grandes responsables de la pollution de l’air: les PM2,5, comprenez matières particulières dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres ou, plus couramment, «particules fines». Elles proviennent entre autres des gaz d’échappement, des centrales thermiques, de l’industrie, des feux de forêt…

Selon un rapport publié le 22 août dernier par le journal Environmental Science & Technology Letters, cette forme de pollution réduirait l’espérance de vie mondiale d’une année. Et nous ne sommes pas tous égaux: les habitants des grandes métropoles d’Asie et d’Afrique verraient leur espérance de vie chuter de durées allant de un an et deux mois à un an et onze mois.

Si on parvenait à réduire cette pollution aux niveaux recommandés par l’Organisation Mondiale de la Santé –95% de la population mondiale est exposée à des taux dépassant ces recommandations– on gagnerait, en terme d’espérance de vie, autant que si on éradiquait les cancers du sein et du poumon

4,2 millions de décès par an

Pour arriver à ce résultat, une équipe de chercheurs de plusieurs universités américaines et britanniques –Université du Texas, université de la Colombie-Britannique, université Brigham Young et Imperial College London– a combiné un milliard de données sur la santé et la mortalité des individus de 165 pays dans le rapport «Global Burden of Disease».

Chaque année, l’exposition aux particules fines entraîne 4,2 millions de décès et la perte de 103 millions d’années d’espérance de vie à l’échelle mondiale. Les calculs dévoilent qu’en 1990, 3,5 millions de personnes sont décédées à cause des particules fines, soit 700.000 de moins qu’en 2015.

Ce phénomène est expliqué par «le vieillissement de la population et la hausse de la pollution de l’air dans les pays les moins avancées et les pays en développement.»

http://www.slate.fr/