Les chats ne jouent pas avec vos nerfs… mais leurs parasites le peuvent!


La toxoplasma gondii, est un parasite transmit par une bactérie qui se trouve dans les excréments de chat, litière et aussi dans le sol. On sait que la femme enceinte doit éviter de s’occuper la litière pour éviter de le transmettre au foetus. On sait aussi que beaucoup peuvent être affectées par la toxoplasmose sans le savoir. Ce que les scientifiques cherchent sont les mutations qui peuvent affecter les maladies neurologiques et pourraient avoir un lien avec des maladies tel que Parkinson, Alzheimer, épilepsie et autre surtout si la personne est prédisposée au développement de ces maladies
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Les chats ne jouent pas avec vos nerfs… mais leurs parasites le peuvent!

 

Un chat étendu par terre

. Photo : iStock

Toxoplasma gondii, un parasite principalement répandu par les chats, est particulièrement connu pour les risques qu’il entraîne chez les fœtus humains. Toutefois, une étude récente laisse à penser qu’il pourrait aussi avoir un impact sur plusieurs autres désordres neurologiques.

Un texte de Renaud Manuguerra-Gagné

Toxoplasma gondii est un parasite microscopique formé d’une seule cellule qui peut contaminer presque tous les animaux à sang chaud. Chez l’humain, l’infection donne une maladie qui s’appelle la toxoplasmose.

On l’attrape en entrant en contact avec les excréments de chat, principalement en nettoyant la litière, mais aussi par la contamination de nourriture ou simplement à l’extérieur, dans la terre.

Au moins 2 milliards d’êtres humains sont porteurs de ce parasite, ce qui en fait l’un des plus répandus au monde.

Généralement, les personnes en bonne santé ne savent même pas qu’elles sont infectées. Le système immunitaire développe rapidement des anticorps capables de contrôler le parasite, qui restera alors en dormance, principalement dans nos muscles ou nos nerfs.

Par contre, pour les personnes qui ont un système immunitaire affaibli ou chez les femmes enceintes, on peut retrouver des formes plus actives qui pourraient causer des symptômes semblables à une grippe et, dans les pires cas, des dommages neurologiques pour le fœtus.

Cela fait toutefois plusieurs années que T. gondii est suspecté d’avoir un rôle à jouer dans certains changements de comportement et même dans des problèmes neurologiques.

Des études ont relié ce parasite à différents cas de psychose ou de schizophrénie. Aucun lien direct n’a été observé jusqu’à maintenant et ces études montraient surtout divers degrés de corrélation. Par exemple, certains patients schizophrènes ont plus d’anticorps contre la toxoplasmose que le reste de la population.

Une équipe de chercheurs a donc voulu évaluer les effets biologiques du parasite sur le cerveau humain. Leurs travaux, publiés dans la revue Scientific Reports, montrent que la toxoplasmose pourrait prédisposer à certains problèmes neurologiques ou les amplifier.

Un tissu infecté par le parasite Toxoplasma gondii

Un tissu infecté par le parasite Toxoplasma gondii   Photo : University of Chicago Medical Center/David Ferguson

Manipuler le cerveau à ses fins

Pour comprendre comment, il faut faire un détour par le mode de reproduction du parasite.

Le seul endroit où il peut se reproduire de façon sexuée est dans l’intestin du chat. Une fois qu’il en est éjecté, son principal objectif est d’y retourner pour compléter son cycle de vie. Et l’un des moyens employés pour y parvenir est la souris.

Quand une souris est contaminée, le parasite va se rendre dans son cerveau et changer un détail : il élimine la peur des souris face à l’odeur d’urine de chat.

La souris va alors entrer dans le territoire du chat sans crainte et, bien sûr, se faire manger, ce qui complétera le cycle.

De l’interférence neurologique

Heureusement pour nous, les humains qui l’attrapent ne vont pas essayer de se faire manger par des lions!

Pour mieux comprendre les effets à long terme de ce parasite chez l’humain, les chercheurs ont utilisé les données médicales d’une base de données américaine, la National Collaborative Chicago-Based, Congenital Toxoplasmosis Study, qui suit plus de 246 enfants nés avec la toxoplasmose depuis 1981.

Les chercheurs ont remarqué que le parasite en dormance entraîne un certain degré d’inflammation et produit des molécules qui ne sont pas dans le cerveau en temps normal.

Ces particules vont influencer le fonctionnement des cellules nerveuses. Elles peuvent jouer sur leur rythme de division, leur durée de vie ou la composition des molécules produites dans le cerveau.

Ils ont aussi trouvé que le fonctionnement de milliers de gènes était altéré chez les personnes infectées. Parmi eux se trouvaient des marqueurs importants pour la maladie de Parkinson et l’alzheimer, mais aussi pour plusieurs désordres neuromusculaires, l’épilepsie et même le cancer.

Toutefois, il est important de spécifier qu’en aucun cas les chercheurs n’affirment que le parasite cause toutes ces maladies directement.

Par contre, chez les personnes qui ont des prédispositions pour le développement de ces maladies, telles que certaines mutations génétiques ou un mauvais état de santé, la présence du parasite pourrait avoir un impact négatif ou favoriser la progression de ces maladies neurologiques.

Avant toute chose, il faudra confirmer cette observation par d’autres études, ciblant cette fois des maladies précises.

Ce qui est toutefois intéressant, c’est que cette observation ouvre la porte à d’autres études sur l’impact à long terme que peuvent avoir les maladies chroniques sur les problèmes neurologiques.

http://ici.radio-canada.ca/n

Une pompe à médicaments dans le cerveau


Des progrès dans la recherche pour aider les épileptiques qui doivent vivre avec des risques de faire des crises à tous moments. L’étape en laboratoire donne, semble-t-il de très bon résultat, maintenant, il reste les essais sur l’être humain
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Une pompe à médicaments dans le cerveau

 

vue d'artiste de la nanopompe cérébrale

La micropompe est un ruban 20 fois plus fin qu’un cheveux (en violet), sur lequel sont fixées des molécules de médicaments. On relâche ces dernières en appliquant un courant électrique.

© Adam Williamson, Christophe Bernard, ID Labs, Arab4D

Propos recueillis par Guillaume Jacquemont

Une équipe internationale a développé une micropompe implantable dans le cerveau, qui pourrait délivrer des médicaments de façon ciblée. Grâce à ce dispositif, les chercheurs ont déjà réussi à stopper des crises d’épilepsie in vitro. Entretien avec Christophe Bernard, qui a dirigé son développement.

Contre quelles maladies cette micropompe pourrait-elle être utilisée ?

Christophe Bernard : Nous avons travaillé sur l’épilepsie, où une petite zone du cerveau, nommée foyer épileptique, déclenche des crises. Mais on pourrait l’utiliser contre n’importe quelle pathologie touchant le cerveau : Alzheimer, Parkinson… Dans cette dernière maladie, par exemple, un neurotransmetteur nommé dopamine, essentiel au contrôle des mouvements, manque dans certaines zones cérébrales. En ajouter de façon ciblée atténuerait les symptômes.

Quels avantages présente ce dispositif ?

C. B. : Il résoudrait deux grands types de problèmes posés par les méthodes actuelles, qui consistent pour la plupart à avaler des médicaments. Premièrement, il permettrait de contourner la barrière hémato-encéphalique, couche de cellules et de protéines qui isole la circulation sanguine du reste du cerveau et bloque de nombreuses substances actives. Deuxièmement, la micropompe limiterait les effets secondaires, en évitant que les médicaments se propagent ailleurs dans l’organisme.

En quoi consiste cette micropompe ?

C. B. : Il s’agit d’un petit ruban poreux incrusté de charges négatives, qui attirent des molécules positives. La plupart des molécules, en particulier les médicaments, ont une charge électrique. On peut donc les « stocker » sur ce ruban. Quand on veut les libérer, on fait passer un courant grâce à une pile (qu’on peut greffer ailleurs, par exemple sous la clavicule) : ce courant engendre des champs électriques qui éjectent les molécules. Notons que le ruban, 20 fois plus fin qu’un cheveu, est en carbone, un matériau bien accepté par l’organisme.

Le médicament ne s’épuise-t-il pas rapidement, ce qui exigerait des interventions chirurgicales fréquentes ?

C. B. : Non, pour deux raisons. D’abord, la quantité à relâcher est très faible. Quand on avale un médicament, la molécule active y est peu concentrée et elle se dilue encore dans l’organisme. Ce n’est pas le cas de notre dispositif, qui largue des molécules actives pures directement sur la cible. Ensuite, on envisage de ne livrer le médicament qu’aux moments précis où on en a besoin, par exemple lors des crises pour l’épilepsie. Des dispositifs sont à l’essai chez l’homme pour anticiper le déclenchement de ces crises. Il s’agit d’électrodes implantées dans le cerveau, que l’on pourrait coupler à notre micropompe. Celle-ci durerait toute la vie du patient.

Où en êtes-vous du développement ?

C. B. : Nous avons obtenu un premier succès in vitro sur des tranches de cerveaux de souris. Nous rendons certaines zones hyperactives pour imiter une crise d’épilepsie, puis nous les calmons en injectant un neurotransmetteur inhibiteur (du GABA) avec notre micropompe. Nous avons commencé des tests in vivo chez la souris, mais il est difficile de prévoir quand nous passerons à l’homme, car les autorisations sont longues à obtenir. Il serait intéressant d’aller vite : quelque 30 % des épileptiques (soit environ 150 000 patients en France) résistent aux traitements actuels et ce dispositif pourrait leur apporter une solution. On peut parfois retirer le foyer épileptique par une opération chirurgicale, mais seulement pour une infime partie de ces patients.

http://www.pourlascience.fr/