s secrets des papyrus calcinés d’Herculanum bientôt révélés par les rayons X ?


Les chercheurs croient être en mesure de décrypter les papyrus d’Herculanum qui est carbonisé et impossible de le dérouler sans le détruire. C’est grâce à la tomographie par rayons X, en fournissant des images exploitables avec l’intelligence artificielle qui pourraient permettre de lire les textes de ces papyrus. C’est donc une histoire à suivre.
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Les secrets des papyrus calcinés d’Herculanum bientôt révélés par les rayons X ?


Laurent Sacco

Journaliste


Une équipe internationale veut utiliser une technique issue de l’apprentissage automatique pour décrypter des images 3D par rayons X afin de tenter de percer les secrets des célèbres papyrus d’Herculanum. Ces papyrus pourraient révéler des ouvrages philosophiques inédits datant de l’Antiquité gréco-romaine.

Bien des textes, ou fragments de textes, datant de l’Antiquité gréco-romaine nous sont parvenus. Ils sont disponibles en langue grecque et avec leurs traductions comme jamais grâce au Web, qui constitue pour nous un outil qui aurait rendu profondément jaloux les lettrés, philosophes et savants de la bibliothèque d’Alexandrie s’ils en avaient connu l’existence. Nous pouvons ainsi lire le Banquet de Platon, des fragments de l’œuvre d’Archytas de Tarente ou encore les fameux écrits en mathématique, mécanique et astronomie d’Archimède.

Par contre, nous savons que de nombreux textes ne sont pas passés à la postérité, les traités d’Héraclite et Démocrite par exemple ou bien encore la majorité des tragédies de Sophocle (seulement 7 sur plus d’une centaine nous sont parvenues). On ne sait pas très bien pourquoi mais on peut suspecter que, parfois, leur contenu n’était pas du goût des autorités monothéistes du début de notre ère.

Toutefois, il existe une unique bibliothèque datant de l’Antiquité qui nous est parvenue dans laquelle on espère trouver des trésors peut-être insoupçonnés. Il s’agit d’un ensemble de près de 1.800 papyrus que l’on a commencé à découvrir entre 1752 et 1754, lors des fouilles du site d’Herculanum, près de Naples. Mais, comme l’expliquait plus en détail Futura dans le précédent article ci-dessous, ces papyrus qui faisaient partie de la bibliothèque de Lucius Calpurnius Piso Caesoninus, le beau-père de Jules César, ont été carbonisés lors de l’éruption du Vésuve en 79 après Jésus-Christ.

Une partie de l'alphabet reconstitué depuis l'un des rouleaux de papyrus. Les lettres trouvées grâce à la tomographie X en contraste de phase sont sur la première et deuxième ligne. Sur la troisième ligne se trouvent les lettres obtenues par infrarouge à partir d'un autre papyrus. La comparaison des deux alphabets a permis l'identification du style d'écriture du rouleau. La quatrième ligne présente les caractères grecs en majuscules d'impression. © CNRS-IRHT UPR 841, ESRF, CNR-IMM Unité de Naples

Une partie de l’alphabet reconstitué depuis l’un des rouleaux de papyrus. Les lettres trouvées grâce à la tomographie X en contraste de phase sont sur la première et deuxième ligne. Sur la troisième ligne se trouvent les lettres obtenues par infrarouge à partir d’un autre papyrus. La comparaison des deux alphabets a permis l’identification du style d’écriture du rouleau. La quatrième ligne présente les caractères grecs en majuscules d’impression. © CNRS-IRHT UPR 841, ESRF, CNR-IMM Unité de Naples

On a tenté de dérouler ces papyrus mais ils sont tellement fragiles que les opérations généralement effectuées avant le XXIe siècle conduisaient plutôt à leur destruction, même s’il a toutefois été possible de découvrir que certains de ces rouleaux contenaient des textes de Philodème de Gadara, un philosophe épicurien (cela n’était guère surprenant, Pison, le nom parfois donné au beau-père de Jules César, était un protecteur des arts et de la philosophie). Nous disposons heureusement maintenant d’un puissant moyen d’investigation non invasif, à savoir les lignes de lumière des synchrotrons sous forme de rayons X qui permettent de faire de la tomographie avec des objets précieux dans le domaine de l’archéologie et de la paléontologie, en plus de permettre de faire de la cristallographie pour des matériaux savants et des molécules biologiques d’intérêts.

L’équipe internationale engagée dans cette entreprise, et qui comprenait des chercheurs du CNRS (Institut de recherche et d’histoire des textes) et du CNR italien, avait en particulier réussi à identifier des lettres grecques.

On espère aller plus loin aujourd’hui en utilisant des techniques d’analyse des données issues des développements fulgurants de l’apprentissage automatique (en anglais machine learning, littéralement « apprentissage machine »). C’est ce que se propose de faire avec des collègues le professeur Brent Seales, directeur de la « Digital Restoration Initiative » de l’université du Kentucky (États-Unis), un programme de recherche consacré au développement d’outils logiciels permettant la récupération de textes fragiles et illisibles.

Une présentation de la saga associée au décryptage des papyrus d’Herculanum avec des rayons X. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l’écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © VisCenter

Le problème avec les papyrus d’Herculanum, c’est que certains ont été écrits en utilisant une encre non-métallique et donc basée sur le carbone, de sorte qu’il est très difficile de faire la différence entre les caractères couchés sur le papyrus carbonisé et ce papyrus lui-même. Toutefois, les chercheurs pensent que des algorithmes issus de l’apprentissage automatique peuvent voir des différences sur des images que ne remarquerait pas un observateur humain.

Il faut toutefois de nouvelles données plus précises à exploiter et c’est pour cela que plusieurs des papyrus offerts en 1802 par le roi de Naples à Napoléon Bonaparte, et qui sont conservés à la bibliothèque de l’Institut de France à Paris, ont franchi la Manche pour être étudiés avec les rayons X fournis cette fois-ci par le synchrotron Diamond Light Source situé dans l’Oxfordshire au Royaume-Uni. Des images en 3D à très haute résolution sont rendues possibles, comme jamais pour ces papyrus, avec la ligne de lumière I12 de ce synchrotron.

Comme l’explique dans un communiqué de l’AFP Michel Zink, secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et Belles lettres, on sait que certains des papyrus « contiennent pour l’essentiel des écrits grecs, chez une personne intéressée par la philosophie épicurienne… Contrairement à la philosophie stoïcienne, dont les textes, jugés compatibles avec le christianisme, ont été recopiés au Moyen Âge, l’épicurisme n’était pas en odeur de sainteté, et ses textes ont rarement été conservés… C’est pourquoi ces rouleaux présentent, sur le fond, une telle importance » conclut Michel Zink, car « on peut espérer réussir à lire des phrases entières, et peut-être un jour, un texte entier ».

On pourrait peut-être alors découvrir des informations fascinantes dans la droite ligne des idées de Michel Serres exposées dans son fameux ouvrage La Naissance de la physique dans le texte de Lucrèce.

CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Les célèbres papyrus d’Herculanum ont été retrouvés dans l’une des villas d’Herculanum, préservée pour les générations futures en même temps que Pompéi en 79 après J.-C. lors des éruptions du Vésuve. Ces papyrus faisaient partie de la bibliothèque de Lucius Calpurnius Piso Caesoninus, encore appelé Pison, beau-père de Jules César et protecteur des arts et de la philosophie.

  • Sa bibliothèque, la seule de l’Antiquité qui nous soit parvenue complète, contenait notamment des textes rédigés en grec exposant les idées de Philodème de Gadara, un philosophe épicurien. Les papyrus sont hélas carbonisés et presque indéroulables sans les détruire.

  • Heureusement, des techniques non invasives utilisant la tomographie par rayons X, fournissant des images exploitables avec l’IA moderne, peuvent donner accès aux textes conservés dans ces papyrus, révélant potentiellement des surprises.

https://www.futura-sciences.com/

Le Saviez-Vous ► Un papy­rus antique qui vous apprend à jeter des sorts


On sait que dans les temps anciens, on avait recours à des formules magiques, des sortilèges (quoique cela existe encore aujourd’hui) Il n’est donc pas surprenant que dans l’Égypte ancienne avait des papyrus de ce genre.
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Un papy­rus antique qui vous apprend à jeter des sorts

 

Egyptian-papyrus Crédits : Univer­sité d’Ox­ford/Fonda­tion pour l’ex­plo­ra­tion de l’Égypte

par  Nicolas Prouillac et Arthur Scheuer

 

Formules magiques et sorti­lèges antiques… Ce papy­rus égyp­tien est un véri­table mode d’em­ploi pour apprenti sorcier. 

Datant du IIIe siècle avant J.-C., ce papy­rus décrit deux sorts, traduits du grec ancien (une langue très utili­sée à l’époque en Égypte) par Franco Malto­mini, cher­cheur à l’uni­ver­sité d’Udine en Italie.

Le premier permet de faire « brûler le cœur » d’une femme jusqu’à ce qu’elle tombe amou­reuse de vous. Le second sert, lui, à subju­guer un homme pour pouvoir le mani­pu­ler à loisir. Pour parve­nir au résul­tat escompté, la procé­dure était toute­fois assez contrai­gnante. Il faillait, pour le premier, brûler des offrandes et inscrire le sorti­lège sur les murs des bains publics.

« Je vous implore, la terre et l’eau, par le démon qui vit en votre sein et j’im­plore l’ave­nir qui sommeille dans ce bain pour que, comme vous qui embra­sez et brûlez et enflam­mez, brûle celle (la femme visée par le sort), que (le nom de la mère de la victime) a porté, jusqu’à ce qu’elle vienne à moi… »

Pour réali­ser le second sort, en revanche, il fallait plus simple­ment graver sur une petite plaque de cuivre une série de mots magiques. Le précieux docu­ment fait partie des centaines de milliers de papy­rus décou­verts par les archéo­logues Bernard Gren­fell et Arthur Hunt en 1896, et sur la traduc­tion desquels les scien­ti­fiques travaillent depuis plus d’un siècle. Son auteur demeure inconnu, mais le texte fait réfé­rence à des dieux gnos­tiques (une ancienne reli­gion qui emprunte certains éléments à la chré­tienté), ce qui nous renseigne sur ses croyances. Au verso du papy­rus, on découvre égale­ment une longue liste d’in­gré­dients utili­sés contre les migraines, la lèpre, mais aussi pour « augmen­ter le plai­sir ».

Source : Live Science Au XVe siècle av. J.-C., les Égyp­tiens bravaient la mer Rouge en quête de la terre des dieux.

https://www.ulyces.co/

Un chercheur français a décodé un sortilège d’amour inscrit sur un papyrus égyptien


Un vieux papyrus écrit par des chrétiens égyptiens donnait les directives pour un sortilège d’amour. Probablement que cela était pour rendre accessible une femme déjà mariée ou que la famille de cette dernière était un obstacle
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Un chercheur français a décodé un sortilège d’amour inscrit sur un papyrus égyptien

 

par  Laura Boudoux

 

C’est un sortilège d’amour magique que contient ce papyrus vieux d’au moins 1 300 ans, rapporte Live Science. 

Korshi Dosoo, chercheur de l’université de Strasbourg, a déchiffré le message qui met en scène deux créatures ressemblant à des oiseaux et dessinée par des Coptes. Probablement utilisé lors de rituels, le papyrus montre que la créature ailée de gauche place son bec dans celui de l’oiseau de droite, qui semble avoir « un clou » au-dessus de la tête. Un bras entoure également le couple, aussi connecté par ce que Korshi Dosoo estime être « une chaîne, un lien, ou un pénis ». La créature de droite possède enfin deux oreilles – ou deux cornes – potentiellement présentes pour montrer qu’il s’agit d’une femelle.

Un texte, partiellement endommagé et rédigé suivant l’alphabet grec, encadre le dessin. Il y est fait mention du Christ, d’Adam, ou encore d’Ahitophel, un conseiller du roi David qui finit par le trahir dans l’Ancien Testament. Korshi Dosoo estime que cette page devait probablement appartenir au grimoire d’un sorcier. Il pense ainsi que le papyrus était probablement utilisé dans des cas de triangle amoureux, ou lorsqu’un homme ne parvenait pas à épouser celle qu’il aimait. 

« Les textes chrétiens d’Égypte qui mentionnent les sorts d’amour sous-entendent souvent que le problème n’est pas que la femme n’aime pas l’homme, mais qu’il n’a pas accès à elle parce qu’elle est protégée et isolée par sa famille, ou déjà mariée à quelqu’un d’autre », explique Korshi Dosoo.

La découverte de l’universitaire français est considérable. Elle démontre en effet qu’alors que l’Égypte était majoritairement musulmane et chrétienne, les croyances autour de la magie et des sorts persistaient. « Cette image mettait probablement en valeur l’aspect performant du sort. Le client trouvait certainement que ces étranges dessins étaient un supplément important à l’atmosphère créée par le rituel », analyse Korshi Dosoo. L’histoire ne dit pas si le sortilège d’amour donnait des résultats…

Source : Live Sciences

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Égypte: 17 momies découvertes dans des catacombes


L’Égypte ne cesse de déterrer des sarcophages, des cercueils encore et encore, l’histoire de ce pays ne cesse de rajouter des nouvelles anciennes de leur histoire
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Égypte: 17 momies découvertes dans des catacombes

 

AFPQC  |  Par Agence France-Presse

Des archéologues en Egypte ont retrouvé 17 momies dans des catacombes dans la province de Minya, une découverte « sans précédent » pour cette région du centre du pays, au coeur d’un site archéologique désertique.

Les autorités égyptiennes qui cherchent à relancer l’activité touristique au pays des Pharaons, ont multiplié ces derniers mois les annonces concernant la découverte de nouveaux vestiges archéologiques.

« Nous avons retrouvé des catacombes, qui contenaient un certain nombre de momies », a indiqué samedi lors d’une conférence de presse Salah al-Khouli, à la tête de l’équipe d’archéologues de l’université du Caire responsable de cette découverte.

Cette « cachette de momies non-royales », un dédale de corridors souterrains, abritait « 17 momies et un certain nombre de sarcophages », sculptés dans de la pierre ou de l’argile, selon un communiqué du ministère des Antiquités, distribué lors de la conférence de presse, dans la région désertique de Touna-el-Gabal, dans la province de Minya, à quelque 200 km au sud du Caire.

Les archéologues ont également découvert des « cercueils d’animaux » et « deux papyrus écrits en démotique », une forme d’écriture hiéroglyphique simplifiée utilisée au cours des dernières dynasties pharaoniques en Egypte et jusqu’au début de l’époque romaine.

Les momies découvertes pourraient dater de la basse époque (712–332 B.C avant J.-C.), selon le communiqué, mais la porte-parole du ministère Nevine al-Aref a précisé qu’elles pourraient également remonter à l’ère ptolémaïque.

La dynastie ptolémaïque (330 à 30 avant J.-C. environ), d’origine grecque, fut la dernière dynastie pharaonique avant que l’Egypte ne passe sous domination romaine.

Sur le site, des amphores et d’autres récipients en argile exhumés lors des excavations étaient exposés dans un petit cabinet de bois et de verre, a constaté un journaliste de l’AFP.

« C’est la première nécropole humaine trouvée dans le centre de l’Egypte avec un tel nombre de momies », a souligné M. Khouli. « Cela pourrait indiquer la présence d’une nécropole bien plus importante », a-t-il souligné.

Présence gréco-romaine

« C’est une découverte qui remonte à la période gréco-romaine », a indiqué pour sa part Mohamed Hamza, directeur du département des fouilles archéologiques au sein de l’université du Caire, qui se réjouit d’une découverte « sans précédent ».

Il précise que le site archéologique de Touna el-Gabal abrite des vestiges datant de cette époque, « entre le III ème siècle avant J.-C. et le III ème siècle après J.-C. ».

Par ailleurs, le ministère annonce également dans son communiqué la découverte sur un site voisin « de maisons funéraires romaines sculptées dans l’argile, dans lesquelles ont été retrouvées des pièces de monnaie, des lampes, et d’autres objets domestiques ».

L’Egypte a récemment donné son feu vert à plusieurs projets archéologiques dans l’espoir de faire de nouvelles découvertes, au moment où le secteur touristique, pilier de l’économie, peine à véritablement décoller, après des attentats meurtriers ces dernières années.

A la mi-avril, le ministère avait annoncé la découverte de huit momies dans la tombe d’un magistrat de la 18e dynastie (1550–1295 avant J.-C.), près de la ville de Louxor, dans le Sud égyptien.

« Les antiquités, c’est le +soft power+ qui distingue l’Egypte », a lancé lors de la conférence de presse le ministre Khaled al-Anani. « Toute information concernant les antiquités va attirer le monde entier et améliorer l’image du pays », a-t-il souligné.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Le Saviez-Vous ► Vivre en Égypte à l’époque des pyramides


L’Égypte ancienne fait toujours des adeptes pour son histoire, l’héritage de ce vieux pays qui a laissé des traces malgré les millénaires que se sont écoulés. Un papyrus découvert en 2011 qui laisse des indices sur la façon qu’on vécut les travailleurs lors de la construction de la pyramide Chéops.
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Vivre en Égypte à l’époque des pyramides


(Source)

Les plus anciens papyrus de l’Égypte ancienne, datant de l’époque du pharaon Chéops, qui a fait construire la Grande Pyramide. Intéressons-nous à ces documents uniques et à travers eux brièvement à la vie en Égypte à cette époque!

Les papyrus et leur découverte:


Photo:
©Pierre Tallet

L’égyptologue français Pierre Tallet, de l’Université Paris-Sorbonne, a suivi les notes d’un voyageur britannique du XIXe siècle et celles de deux pilotes d’avion des années 1950 afin d’arriver sur le site de Ouadi el-Jarf, près de la Mer Rouge. Lors des premières fouilles en 2011, il y a découvert une trentaine de grottes scellées dans les falaises, réalisant en cours de fouilles qu’il s’agissait d’anciens entrepôts d’un port aujourd’hui disparu. Ces installations dataient de 4600 ans, soit de l’époque de l’Ancien Empire!


(Source)

En 2013, coup de théâtre! Lui et son équipe ont mis au jour quelque chose de rare pour cette époque de l’Égypte ancienne: des papyrus en relativement bon état de conservation. Jetés arbitrairement jadis, il s’agissait de documents de comptabilité datant essentiellement de la Ve dynastie (2498-2345 av. J.-C.), dont certains mentionnaient le chantier de construction de la pyramide Chéops. 


Photo:
©Amr Nabil

Non seulement certains de ces documents racontent-ils le travail dans les carrières de calcaire destiné à la Grande Pyramide, mais ils sont pour le moment les plus anciens documents écrits sur papyrus jamais découverts! Parmi ces précieux documents figure le journal de bord d’un inspecteur de l’État pharaonique du nom de Merer, qui décrit les travaux de chaque jour. 


Photo:
©Amr Nabil

Ces précieux documents, en cours d’étude et de déchiffrement, sont exceptionnellement exposés pour deux semaines au musée du Caire.

Vivre à l’époque de Chéops:


Photo:
Seule statuette connue de Chéops

L’époque de celle des bâtisseurs des pyramides s’est étendue de 2686 à 2345 av. J.-C. environ. D’un monde agricole et minier, l’Égypte se transforma alors en un royaume placé sous le signe des constructions, des essais, des erreurs et des innovations. Une vingtaine de pharaons convertirent de simples paysans en des tailleurs de pierre et des constructeurs de machine d’éternité pour leurs souverains, soit les pyramides. 


Photo: Vue du village des travailleurs du plateau de Gizeh ©Evelyne Ferron

À cette époque, l’Égypte était parvenue à développer un bon système administratif régenté par le pharaon et son vizir, basés dans la capitale qu’était Memphis. Le pays fut divisé en zones administrative appelées des nomes et gérées par des nomarques, soit des fonctionnaires chargés de faire le lien entre l’État et leur région.


Photo:
Statue d’un nomarque de la 6ème dynastie, MET

L’économie reposait sur l’extraction de l’or, associé aux dieux, mais aussi et surtout à l’agriculture favorisée par les crues annuelles du Nil. C’est à l’époque des pyramides que furent développées de meilleures techniques d’irrigation qui permirent, par le biais de canaux, de détourner l’eau du fleuve vers l’intérieur des terres afin d’aller chercher le maximum d’espaces cultivables dans une région autrement désertique.


(Source)

Si l’État avait besoin de paysans pour faire fonctionner l’économie agricole et dégager des surplus de céréales pouvant être échangés contre d’autres produits comme le bois par le biais des routes caravanières, il mobilisa à cette époque une importante force de travail pour les chantiers de construction des pyramides et des temples funéraires de pharaons comme Snéfrou, Chéops ou Céphren. Les ouvriers logeaient sur le site et étaient rémunérés entre autres en vêtements, en nourriture et en bière, qui calorique, désaltérait et nourrissait les travailleurs pendant la journée.


Photo: Le revêtement calcaire mentionné dans les papyrus découverts en 2013. Il en reste un petit morceau sur le sommet de la pyramide de Céphren. ©Evelyne Ferron

La pyramide de Chéops prit environ vingt ans à construire et a nécessité le déplacement estimé de 100 000 blocs de pierre par jour. Les plus imposants ont pu peser jusqu’à 16 tonnes! Les papyrus récemment découverts nous ouvrent une petite fenêtre sur la gestion du travail quotidien dans les carrières de pierres, qui n’étaient pas situées près du chantier de construction même.

La suite de leur étude nous permettra de mieux comprendre comment le travail des ouvriers était organisé et supervisé afin d’arriver au résultat qui impressionne encore autant aujourd’hui!

Evenlyne Ferron, s^pécialiste en histoire ancienne

 

http://www.historiatv.com/

Le Saviez-Vous ► Il était une fois la maladie: la gonorrhée et la méthode du bon docteur Oselbiah


Les ITSS (infections transmissibles sexuellement et par le sang) qu’il y a quelques années, nous les appelons MTS ont toujours fait de grands ravages, et les thérapies d’autrefois étaient assez drastiques enfin pour les hommes. Aujourd’hui, nous avons les antibiotiques, mais ces infections deviennent plus résistantes. Alors que l’éducation sexuelle ne semble pas toucher les jeunes, comment réduire ces infections ? Sûrement pas le traitement du Dr Oselbiah au XIIIe siècle
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Il était une fois la maladie: la gonorrhée et la méthode du bon docteur Oselbiah

 

Jacques Beaulieu

La gonorrhée ou les malheurs de Pantagruel

«Peu de temps après, le bon Pantagruel tomba malade, et feut tant prins de l’estomach qu’il ne pouvoyt boyre ni manger; et, parce qu’un malheur ne vient jamais seul, lui vint une pisse chaulde, qui le tourmenta plus que ne penseriez. Mais les medicins le secoururent tres bien; et avecques force drogues lenitives et diurecticques, le feirent pisser son malheur.» (Œuvre de Rabelais, François Rabelais, Charles Esmangart, Éloi Johanneau, Tome 4, Chez Dalibon, Libraire, Paris, 1873, p.144-145)

Ce bon Pantagruel, un gourmand, gourmet et fêtard invétéré, était donc bien puni, mais il ne fut ni le premier, ni le dernier dans l’histoire humaine à avoir subi la blenhorragie, la gonorrhée ou, plus familièrement nommée la pisse-chaude ou encore : la chtouille, altération de jetouille, signifiant rejeter des humeurs, les écoulements étant un des symptômes de la maladie.

L’antiquité

Il est difficile de dater avec précision les premières observations de cette maladie. Des papyrus égyptiens écrits vers 1350 avant Jésus-Christ, font état d’une maladie provoquant l’érection du pénis que les médecins traitaient avec des injections dans l’urètre. On retrouve aussi plusieurs passages bibliques qui citent une maladie avec érection et écoulement purulent. Vers 1200 avant Jésus-Christ, les textes citent une maladie qui se répandit alors que des Juifs, avant l’entrée dans la terre promise, avaient eu des relations sexuelles avec d’autres peuplades sémitiques. La maladie provoquait des écoulements génitaux et il ne faisait pas l’ombre d’un doute pour les médecins de l’époque qu’elle était hautement contagieuse. Une mesure fut alors décidée et appliquée : l’éradication de tous ceux qui en étaient atteints. Dans le livre du Lévitique, on retrouve cette description :

Tout homme qui a une gonorrhée est par là même impur. C’est à cause de sa gonorrhée qu’il est impur : que sa chair laisse couler son flux, ou qu’elle le retienne, il est impur. (Lévitique 15 : 2,3).

D’ailleurs, toujours dans le courant biblique, le terme gonorrhée aurait été souvent écrit : gomorrhée en relation avec les villes pécheresses Sodome et Gomorrhe.

Le terme gonorrhée viendrait du grec antique : gonos (signifiant semence séminale) et rhéon signifiant couler. Hippocrate croyait avoir trouvé le remède idéal pour guérir la maladie. Selon l’illustre médecin, la maladie était le fait des camosités (terme imprécis s’il en est un pour désigner tout autant des granulomes inflammatoires, des polypes, des tumeurs ou encore des rétrécissements). Et pour la guérir, il écrivit :

«ceux qui ont des tubercules ou des camosités dans l’urètre en guériront par la suppuration et l’écoulement du pus.» (HIPPOCRATE: Œuvres complètes d’Hippocrate. Commentées et recueillies par E. Littré, 10 vol. Paris, J.B. Baillière et Fils, (1836-1861) Epid., III, 7; Morb., II, 51; Aph., IV, 82.).

Le remède ne devait pas être tellement efficace.

Quelques siècles plus tard, ce sera le médecin grec Arétée de Cappadoce qui décrivit ainsi la maladie :

« Cette maladie parce qu’elle est honteuse en elle-même, qu’elle est dangereuse en ce qu’elle conduit au marasme, nuisible à la société en ce qu’elle s’oppose à la propagation de l’espèce humaine, et qu’elle est sous tous ces rapports la source d’une infinité de maux, exige de prompts secours. »

D’ailleurs à ce dernier sujet, Arétée suggérait comme remèdes des astringents, un refroidissement des lombes tout en réchauffant les parties génitales en les enveloppant de laines surges (laines non lavées avant ou après la tonte). On pourra aussi verser de l’huile de rose ou d’aneth sur les parties génitales ou encore les recouvrir de cataplasmes de farine d’orge, de semence d’erysinum officinal (une plante) ajouté à du nitre et du miel. Et pour conclure, Arétée écrivait :

« Si le malade veut s’abstenir des plaisirs vénériens et faire un fréquent usage des bains froids, il y a tout lieu d’espérer qu’il recouvrera sa virilité. »

La gonorrhée au Moyen-âge

Les médecins Rhazès, un illustre médecin Perse dont les diagnostics rigoureux étaient fondés sur l’interrogatoire du patient, et Avicennes écrivirent de nombreux textes sur la gonorrhée au Xe siècle de notre ère. Plusieurs hypothèses circulèrent quant aux causes de la maladie.

«Le docteur Abu Oselbiah attribue la maladie à des rapports sexuels impurs avec un animal. Il citait aussi son traitement de prédilection pour guérir la maladie. Il s’agissait d’un coup de poing vigoureux sur le pénis posé sur une pierre.»

La médecine du docteur Oselbiah

Un autre médecin arabe du XIIIe siècle, le docteur Abu Oselbiah attribue la maladie à des rapports sexuels impurs avec un animal. Il citait aussi son traitement de prédilection pour guérir la maladie. Il s’agissait d’un coup de poing vigoureux sur le pénis posé sur une pierre. L’histoire ne commente pas à savoir quelle était l’étendue de sa clientèle mâle… (Androutsos G., Vladimiros L., De la gonorrhée à la blennorragie : Les grandes étapes historiques, Andrologie 2007, 17, No2 143-151)

Puis, paradoxalement pendant plus de six siècles, s’établit un débat où la confusion entre gonorrhée et syphilis fut maître. Les historiens ne s’entendent pas sur l’origine de cet imbroglio. Mais il n’empêche qu’alors plusieurs savants croyaient qu’il ne s’agissait que d’une seule et même maladie tandis que d’autres affirmaient qu’il s’agissait plutôt de deux maladies distinctes. Si plusieurs clamaient haut et fort que syphilis, vérole et gonorrhée n’étaient que des manifestations différentes d’une seule et même maladie, d’autres tentaient des explications tout autant dénuées de fondement réussissant même à en ajouter à la confusion existante. Ainsi le médecin italien Antonio Musa Brassavola, le premier chirurgien connu dans l’histoire pour avoir pratiqué une trachéotomie avec succès et médecin personnel du roi, écrivit que la gonorrhée était la première phase de la syphilis tout en reconnaissant qu’il existait une forme non syphilitique de la gonorrhée. De quoi en perdre son latin même s’il l’avait écrit dans son livre intitulé : Examen simplicium medicamentorum…

Quant au terme blennorragie, il vient du médecin autrichien François-Xavier Swediaur qui publia au début du XIXe siècle : Traité des maladies syphilitiques vénériennes.

Et la vérité s’imposa

C’est un jeune médecin chercheur allemand, à peine âgé de 24 ans qui identifia enfin le coupable qu’il nomma : micrococcus. Albert Neisser avait alors pu l’observer grâce au nouveau microscope de Carl Zeiss. C’est un confrère, non moins connu : Paul Ehrlich qui donna le nom de gonocoque à la bactérie découverte par Neisser.

L’arrivée de la pénicilline allait enfin apporter une thérapie efficace contre la gonorrhée. Mais le gonocoque a plus d’un tour dans son sac. Et son incidence dans la population varie un peu à la façon d’un yoyo. Ainsi après une hausse marquée à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, une lente baisse s’effectue au cours des 15 années qui suivirent. Puis avec les années 1960 et la remontée de l’amour libre, une nouvelle hausse se dessine. L’arrivée du SIDA et les mesures d’informations sur ce qu’on appelait alors les MTS (aujourd’hui les ITSS) la fin de la récréation était sonnée engendrant une nouvelle réduction de cas. La fin des années 1990 voit se propager une nouvelle augmentation due cette fois à l’émergence de plus en plus fréquente de gonocoques résistants aux antibiotiques. Entre 1997 et 2007 au Québec, les cas ont grimpé de 485 à 2 460; une augmentation de plus de 400%. La gonorrhée touche surtout les jeunes de 20 à 29 ans. Il faudra peut-être investir dans la recherche sur de nouveaux antibiotiques ou souhaiter qu’on ne soit pas forcés de revenir aux méthodes du bon docteur Oselbiah!


http://quebec.huffingtonpost.ca/

Le Saviez-Vous ► Certains Romains n’étaient pas fans du premier livre


Quand l’écriture est apparu, le besoin de laisser des écrits s’est fait sentir. On commença sur la pierre, sur tesson de poterie, et même sur des os, puis le papyrus … Jusqu’au e-book aujourd’hui.
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Certains Romains n’étaient pas fans du premier livre

 

Codex Sancti Paschalis | Christopher John via Flickr CC License by

Codex Sancti Paschalis | Christopher John via Flickr CC License by

Repéré par Camille Malnory

A l’heure du débat ebook-papier, rappelons que le tout premier livre n’a pas fait consensus dans l’ancienne Rome.

Ebook ou livre papier ? La bataille du support numérique contre le bon vieux livre relié est toujours d’actualité et les deux camps ont leurs ardents défenseurs. D’un côté, ceux qui arguent que l’ebook est une révolution du monde du livre: il est pratique, léger et on peut en avoir plein à porter de mains sur une tablette. De l’autre, ceux pour qui le livre doit rester en papier, parce qu’il sent bon, qu’il décore les appartements et que les pages qui craquent quand on les tourne font partie du plaisir de la lecture. Si le marché numérique est encore plutôt confidentiel –l’ebook représentait 2.3% du chiffre d’affaires des éditeurs en 2014–, ne doutons pas que notre façon de lire changera dans les années à venir.

Le bouquin n’en est cependant pas à son premier débat. Il y a près de 2000 ans, une nouvelle forme de livre faisait son apparition et provoquait lui aussi des débats, comme le rappelle la BBC.

Au premier siècle de notre ère, les Romains étaient déjà familiers avec l’écriture, et donc avec la lecture. Les monuments étaient gravés de lettre capitales, les citoyens lettrés écrivaient sur des tablettes de cire et les bibliothèques regorgeaient d’ouvrages de philosophie et d’art. Sauf que le livre n’était ni carré, ni relié, ni même en papier. Il s’agissait de rouleaux de papyrus faisant en général trois mètre de long. Compliqué alors de le lire debout, la meilleure technique à l’époque consistait à s’asseoir derrière un bureau. Autre défaut du papyrus: la matière est fragile, se déchire et résiste très mal à l’humidité et aux variations de température.

Le premier livre après le papyrus

Et puis vient le codex, grande révolution dans l’histoire du livre, qui pallie à tous les défauts du rouleau de papyrus: petit, relié, protégé par une couverture et fait en parchemin, beaucoup plus solide. Le poète Martial (environ 40 ap. JC-100 ap. JC) est le premier à l’évoquer dans ses Épigrammes (écrits entre 84 et 86 après JC):

«Toi, qui aspire à ce que mes petits livres puissent être partout avec toi et qui veut avoir des compagnons pour un long voyage, achète ceux-ci, avec de petites pages en parchemin: donne tes rouleaux aux grands auteurs –une seule main peut me tenir.»

Si on ne connaît toujours pas la vraie origine du codex, reste qu’il a été un immense pas en avant pour le livre. Mais les Romains se déchirent à cause de lui. D’un côté, les païens et les Juifs veulent conserver leur bon vieux rouleau de papyrus, qu’ils ont l’habitude d’utiliser. De l’autre, les Chrétiens s’enthousiasment pour ce nouveau support pratique. On connaît la suite: les païens et les rouleaux de papyrus se sont lentement éteints jusqu’au VIe siècle. Le codex et plus tard le livre tel qu’on le connaît ont donc fait leur chemin dans nos sociétés.

Aujourd’hui, l’ebook est-il le nouveau codex, le support qui va faire disparaître le papier, comme cela a été le cas pour le rouleau de papyrus? On ne le sait pas encore. Pour le moment, on retourne à la lecture de Guerre et Paix… sur papier.

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