Le Saviez-Vous ► Un changement climatique était à l’origine de la peste noire


L’histoire nous raconte quelques conséquences des changements climatiques. Bien que ces changements font parti de la vie de la Terre, nous avons une bonne part de responsabilité par la vitesse que ces changements s’effectuent présentement. Les pandémies de la peste noire seraient donc une conséquence de ces changements. On peut prétendre savoir que cela risque de se reproduire.
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Un changement climatique était à l’origine de la peste noire

 

«Le Triomphe de la Mort» par Pieter Brueghel l'Ancien, 1562 | Museo del Prado via Wikimedia Commons License by

«Le Triomphe de la Mort» par Pieter Brueghel l’Ancien, 1562 | Museo del Prado via Wikimedia Commons License by

Pauline Guéna et Nonfiction

L’histoire nous apprend que le réchauffement de la planète pourrait bien nous réserver une mauvaise surprise.

Depuis quelques étés, la montée annuelle des températures est l’occasion d’observer le dégel du permafrost, cette couche de sous-sol gelée qui borde le cercle polaire. En théorie, le permafrost reste gelé toute l’année, mais avec le réchauffement climatique, des parties assez importantes sont en train de se réveiller. Et avec elles toutes sortes de gaz et de matière organique qui étaient restées piégées dans la glace, notamment beaucoup de gaz à effet de serre et… des paléo-virus.

Les paléo-virus, un nom qui ferait rêver les scénaristes d’Hollywod, sont des virus du passé: on les croyait éteints, mais ils reviennent lorsque des cadavres d’animaux pris dans les glaces dégèlent –des corps de rennes, mais aussi plus récemment de mammouths.

Ce scénario catastrophe combine donc transformation climatique et risque épidémiologique. Hollywood en rêvait, l’histoire l’a fait: c’est ainsi qu’avait commencé la peste noire qui a frappé l’Europe en 1347.

La peste noire, hécatombe mondiale

La peste noire est connue pour avoir balayé l’Europe au XIVe siècle. Elle frappe des sociétés qui ont connu une forte croissance démographique dans les quatre siècles précédents, et réduit en quelques décennies la population européenne du tiers, peut-être de la moitié, selon les espaces.

Dans le Décaméron, Boccace dépeint des sociétés désorganisées. Des personnes se cloîtrent chez elles, d’autres folâtrent dans les rues et à la taverne, persuadées que rire est le meilleur remède.

Pendant ce temps, «les gardiens et les ministres de la loi étaient tous morts, malades, ou si démunis d’auxiliaires que toute activité leur était interdite. N’importe qui avait donc licence d’agir au gré de son caprice».

Comme toujours, les sources littéraires nous poussent à exagérer les pertes, à insister sur la catastrophe et non sur les structures qui restent en place. Et pourtant, en Occident, il faudra attendre le XVIIe siècle pour que la population redevienne aussi nombreuse qu’avant la peste noire.

Hors de l’Europe, le tableau n’est pas très différent: la peste est une pandémie. Elle atteint toute l’Eurasie ou presque, et ravage aussi bien l’Occident que la Chine des Song. Après le premier choc, au milieu du XIVe siècle, elle perdure dans certaines régions, réapparaît par vagues, s’intensifie en été.

Les estimations démographiques pour le Moyen Âge relèvent toujours un peu du jeu de devinette –et celles à l’échelle mondiale davantage encore. On peut néanmoins donner des ordres de grandeur: en 1300, la population de l’Eurasie serait supérieure à 300 millions d’habitantes et habitants; trois siècles plus tard, en 1600, on l’estime en dessous de 170 millions. Et cette chute massive est entièrement liée à la peste.

Les gerbilles mordent, la caravane passe

Des spécialistes de l’histoire et du climat ont travaillé ensemble à résoudre la question de l’origine de l’épidémie. Elles et ils ont abouti à un scénario plausible, assez largement accepté.

Il faut partir du VIe siècle après Jésus-Christ, lors de la dernière grande peste mondiale, que l’on appelle la peste de Justinien, du nom de l’empereur romain qui régnait à cette époque.

Après des ravages dont on ne connaît pas vraiment l’ampleur, la peste finit par s’éteindre à peu près partout, sauf dans une région d’Asie centrale, sans doute sur un plateau du Tibet, où ne survivent que les microbes qui touchent les gerbilles. Les gerbilles, eh oui, et non les rats, que l’on accuse à tort! C’est tout de suite plus mignon, n’est-ce pas?

Gravure de gerbilles du XIXe siècle | John Gerrard Keulemans via Wikimedia Commons

Ces régions sont peu peuplées, par les animaux comme par les êtres humains; la peste reste endiguée. Même au XIIIe siècle, lorsque les Mongols conquièrent une large partie de l’Asie centrale et que les caravanes se mettent en place sur la route de la soie, la peste ne pose pas de problème. À l’époque de Marco Polo, on traverse les plateaux tibétains, mais on ne s’y arrête pas assez longtemps pour que le virus passe de l’animal à l’homme.

Une propagation express au petit âge glaciaire

Mais à la toute fin du XIIIe siècle et dans les premières décennies du XIVe siècle, le climat vient s’en mêler. Ces années correspondent au début du petit âge glaciaire, un refroidissement important qui touche l’Europe occidentale.

Partout, les phénomènes climatiques se réorganisent: moins de mousson en Asie du Sud-Est, plus d’humidité et de chaleur en Asie centrale. Les gerbilles prolifèrent, puis descendent vers les plaines, où elles croisent les caravanes.

Les microbes se propagent alors rapidement, peut-être d’abord à d’autres animaux, avant finalement de toucher notre espèce. Lorsque la peste arrive sur la mer Noire en 1347, elle se transmet désormais entre êtres humains. L’arrivée en Occident n’est que l’une des extrémités du parcours: alors que les Génois chargent quelques rats infectés sur leurs navires à Caffa en Crimée, les microbes sont déjà en train de se diffuser vers la Syrie et l’Irak, en suivant prioritairement les routes marchandes.

Le scénario de la peste est complexe; le climat ne joue que le rôle d’élément déclencheur. Les nouveaux circuits d’échange à l’échelle de l’Eurasie expliquent la rapidité de la diffusion. Les formes de gestion locale et d’endiguement de la contagion entrent aussi en compte, mais seulement de manière partielle.

Il s’agit d’une histoire large, dont les sociétés humaines ne sont que l’un des nombreux acteurs. C’est pourquoi on est encore loin de comprendre tous les mécanismes de la pandémie du XIVe siècle. Une seule est sûre: on comprend mieux la situation du XIVe siècle que les risques du XXIe siècle.

Cet article a été initialement publié dans le livre Actuel Moyen Âge, publié aux éditions Arkhê en novembre 2017.

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Nos chiens à l’origine de la prochaine pandémie de grippe ?


Il y a des animaux connu qui peuvent transmettre la grippe aux humains. Aux États-Unis, il y a une épidémie de grippe canine. Mieux vaut prendre des précautions quand toutou présente des symptômes de la grippe, car ils croient qu’ils pourront être le prochain vecteur de la transmission du virus vers les humains.
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Nos chiens à l’origine de la prochaine pandémie de grippe ?

 

Nathalie Mayer
Journaliste

 

Une étude montre que nos chiens sont porteurs d’une variété étonnante de virus de la grippe. Aucun cas de transmission à l’Homme n’a toutefois été rapporté. Mais pour combien de temps encore ?

Aux États-Unis, les cas de grippe se multiplient. Les cliniques vétérinaires ne désemplissent plus. Les cliniques vétérinaires ? Oui, car il s’agit là d’une épidémie de grippe canine. Et, à en croire des chercheurs de l’Icahn School of Medicine (New York, États-Unis), mieux vaut la prendre au sérieux. Nos chiens, en effet, pourraient constituer les réservoirs d’une future pandémie humaine.

Rappelons que le virus de la grippe est capable de franchir la barrière des espèces, les hôtes principaux étant les oiseaux et les porcs. Au cours du processus, des recombinaisons virales donnent naissance à de nouvelles variétés de virus. Puis, ces variétés nous atteignent et créent des pandémies, car, sans exposition préalable, notre système immunitaire se trouve démuni.

Aux États-Unis, une épidémie de grippe H3N2 fait rage dans la population canine. À tel point que les vétérinaires mettent en garde. Comme chez les humains, le virus pourrait être fatal aux chiens les plus faibles. © ulkas, Fotolia

Aux États-Unis, une épidémie de grippe H3N2 fait rage dans la population canine. À tel point que les vétérinaires mettent en garde. Comme chez les humains, le virus pourrait être fatal aux chiens les plus faibles. © ulkas, Fotolia

De dangereuses recombinaisons de virus

Les chercheurs américains se sont penchés sur les génomes de virus de la grippe prélevés sur des chiens en Chine ; ces virus contenaient notamment des segments de la souche H1N1 responsable de la pandémie de 2009. Mais ils ont surtout découvert plusieurs nouvelles souches de la grippe issues de réassortiments de gènes et laissant craindre la possibilité d’une transmission à l’Homme.

« L’histoire que nous avons déjà écrite avec le porc, une dizaine d’années avant la pandémie de 2009, semble vouloir se répéter », prévient Adolfo Garcia-Sastre, l’auteur principal de l’étude.

Ainsi, en attendant d’en savoir plus, les chercheurs appellent à prendre toutes les précautions utiles dès l’apparition de symptômes chez nos chiens (traitement, mise en quarantaine, etc.) et même avant (vaccination).

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La Maladie X, le prochain fléau mondial?


L’Organisation Mondiale de la Santé vient de mettre une nouvelle maladie potentiellement désastreuse pour aller jusqu’à une pandémie. Cette nouvelle maladie n’existe pas encore, c’est pourquoi l’OMS l’appelle la « Maladie X » Cela parait curieux voir loufoque, pourtant avec l’expérience du virus Ebola, les autorités de la santé n’étaient pas près à cette épidémie qui a fait des milliers de morts. C’est ce qu’ils veulent éviter pour appréhender dès qu’un signe d’une maladie inconnue
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La Maladie X, le prochain fléau mondial?

 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) vient d’ajouter la mystérieuse «Maladie X» –«Disease X en anglais»– à son plan d’action prioritaire de recherche et développement contre les maladies.

Une nouvelle menace appelée « maladie X » a été ajoutée à la liste des maladies de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Elle pourrait causer une épidémie planétaire, même si elle n’existe pas encore.

«L’histoire démontre que la prochaine grande pandémie sera quelque chose qu’on n’a jamais vu avant», alerte John-Arme Rottingen, directeur général du Conseil norvégien de la recherche et conseiller scientifique à l’OMS dans une interview au Telegraph.

Chaque année, l’OMS tient une réunion de scientifiques chevronnés afin d’établir une liste des maladies qui pourraient potentiellement causer un danger international. Lors de ce rassemblement, la Maladie X a été ajoutée à cette liste.

Il s’agit d’un pathogène encore inconnu qui pourrait, potentiellement, provoquer la prochaine grande pandémie mondiale. L’OMS a placé cette maladie dans son plan d’action prioritaire de recherche et développement. D’autres maladies –tristement connues– comme le virus Ebola ou Zika figurent dans ce plan d’action.

Les chercheurs à l’OMS ne savent pas encore comment ni quand pourrait se déclarer cette mystérieuse Maladie X, ni quels en seront les effets. Alors pourquoi se soucier d’une maladie qui n’existe pas encore? Pour être mieux préparé à toute éventualité. Le but des recherches prévues par l’OMS est de créer un nouveau système qui détectera et contrôlera toutes maladies ou pathogènes inconnus.

Ainsi, Forbes explique que la Maladie X englobe le fait de savoir qu’un prochain danger épidémique pourrait avoir lieu dans le futur. Les anciens plans d’action de l’OMS visaient à traiter et contrôler des maladies spécifiques. Problème: les solutions trouvées restaient et restent limitées à cette même maladie et ne peuvent pas être appliquées à d’autres pathogènes, surtout pas à des pathogènes inconnus.

Mieux vaut prévenir que guérir

«Nous voulons être sûrs d’être prêt à toute éventualité. Nous voulons créer des systèmes “prêts à l’emploi” qui s’adapteraient à n’importe quels types de maladies et qui nous permettraient de créer des contre-mesures le plus rapidement possible», a confié John-Arme Rottingen.

En 2014, personne ne pouvait prédire que le virus Ebola allait emporter 11.000 personnes en Afrique de l’Ouest. Cette épidémie a échappé à tout contrôle à cause d’un système de santé défaillant. Si le virus avait été détecté et maîtrisé dès les premières déclarations, sa propagation aurait été ralentie et les conséquences auraient sans doute été moins désastreuses. Le proverbe «mieux vaut prévenir que guérir» n’a jamais semblé aussi approprié.

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Le Saviez-Vous ► Pourquoi la grippe espagnole a été aussi virulente


Pourquoi la grippe a été appelé la grippe espagnole, alors qu’elle a probablement commencé en Chine. Cette grippe à tuer a elle seule plus de personnes à travers le monde que la Première Guerre mondiale. Elle s’est étendue comme une vrai trainée de poudre pour arriver à ses fins
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Pourquoi la grippe espagnole a été aussi virulente

 

Les soldats d’un camp militaire  du Kansas, aux États-Unis, ont été les premiers touchés par la vague pandémique initiale, au printemps-été 1918.

Les soldats d’un camp militaire du Kansas, aux États-Unis, ont été les premiers touchés par la vague pandémique initiale, au printemps-été 1918.

SCIENCE SOURCE/AKG IMAGES

Par Hugo Jalinière

Le virus avait une rapidité de reproduction dans l’organisme 10.000 fois supérieure à celle d’agents pathogènes de même type. Il a provoqué entre 40 et 100 millions de décès entre 1918 et 1919.

HÉCATOMBE. Entre 1918 et 1919, la grippe dite espagnole a touché un tiers de la population mondiale, alors estimée à 1,9 milliard d’individus, et induit entre 40 et 100 millions de décès selon les estimations ; davantage donc que les 20 millions de morts de la Première Guerre mondiale. Et contrairement aux grippes saisonnières « classiques » dont l’essentiel des victimes se compte parmi les personnes fragiles (enfants de moins de 2 ans, personnes âgées ou immunodéprimées), la mortalité s’est concentrée à 80 % sur de jeunes adultes (20 à 40 ans). Des hommes jeunes et en bonne santé mourraient d’infection pulmonaire en moins d’une semaine. Une particularité restée mystérieuse jusqu’à ce que la séquence génomique complète du virus soit révélée en 2005 à partir de l’ARN viral retrouvé dans les poumons d’un corps conservé dans le sol gelé de l’Alaska.

La grippe espagnole était chinoise

En 2007, des chercheurs reproduisent ainsi l’agent pathogène en laboratoire pour étudier sa dynamique dans l’organisme de macaques… foudroyés en quelques jours. L’expérience révèle que la rapidité de reproduction du virus dans l’organisme (virulence) est 10.000 fois supérieure à celle de virus grippaux du même type (H1N1). En quelques jours, tout l’arbre respiratoire des singes est littéralement submergé, bronches et poumons compris, alors qu’une grippe se cantonne généralement au nez et à la gorge. Reste un mystère, l’origine de cette grippe qui n’avait rien d’ »espagnole » :

« C’est un surnom donné par les journaux britanniques car c’est en Espagne, où le roi a été malade, que la presse en a parlé en premier », explique Patrick Zylberman, professeur émérite d’histoire de la santé à l’École des hautes études en santé publique.

La souche pourrait être née en Chine, à la faveur de contacts étroits entre la population et les oiseaux, réservoirs naturels des virus grippaux. En 2014, à partir d’une analyse phylogénétique du génome reconstitué en 2005, des chercheurs de l’université de l’Arizona (États-Unis) établissent qu’elle serait née d’une recombinaison entre une souche humaine H1N8 circulant entre 1900 et 1917 et les gènes d’un virus aviaire de type N1.

 « Mais cela reste une hypothèse, prévient Patrick Zylberman, car tous les chercheurs travaillent à partir d’échantillons de la seconde vague pandémique (automne 1918-fin de l’hiver 1919). On n’a aucune trace du virus qui a sévi au printemps-été 1918. Il manque donc une pièce importante au puzzle. »

Les chercheurs savent en revanche que cette première vague, moins létale, a touché un camp militaire dans le sud du Kansas, où des soldats du corps expéditionnaire américain se préparaient à rejoindre l’Europe en guerre.

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Cent ans après 1918, la grippe nargue la science


On sait qu’il est difficile de créer un vaccin contre la grippe pour l’hiver suivant, car le virus à la fâcheuse tendance de muter. On ne sait pas l’origine de la grippe, mais celle de 1918, la grippe espagnole est fut la pandémie qui a tuer plus de 50 millions de personnes à travers le monde en seulement 1 an. Sans compter que parmi les pandémies, des virus peuvent être transportés par les oiseaux, les porcs qui possédaient des éléments génétiques du fameux virus de 1918. Il est donc important de trouver LE virus qui pourraient protéger de la grippe tout en reconnaissant les mutations
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Cent ans après 1918, la grippe nargue la science

 

Jim Barber/shutterstock.com

Par Lauran Neergaard
The Associated Press

WASHINGTON — Les descriptions donnent froid dans le dos.

Des victimes en parfaite santé le matin mourraient le même soir. Les visages viraient au bleu pendant que les patients crachaient du sang. Les cadavres étaient plus nombreux que les cercueils.

Cent ans après une des épidémies les plus catastrophiques de l’histoire, les scientifiques réévaluent leurs stratégies pour empêcher une nouvelle super grippe comme celle de 1918 de balayer la planète, faisant des dizaines de millions de morts.

Il est impossible de prédire quelle souche d’un virus passé maître dans l’art de la métamorphose provoquera la prochaine pandémie ou si la médecine moderne sera alors en mesure de limiter les dégâts. Les chercheurs ont toutefois confiance de pouvoir bientôt compter sur des vaccins plus efficaces pour se protéger de la simple grippe hivernale ou d’une éventuelle pandémie.

«Il faut faire mieux et par mieux, on entend un vaccin universel contre la grippe. Un vaccin qui vous protégerait essentiellement contre toutes, ou la plupart, des souches de grippe», a dit le docteur Anthony Fauci, des Instituts nationaux de la santé (NIH).

Les laboratoires américains cherchent ce super vaccin qui remplacerait la vaccination annuelle par une seule injection tous les cinq ou dix ans — ou, possiblement, une vaccination à l’enfance bonne pour le reste de vos jours.

Le docteur Fauci a annoncé que le développement d’un vaccin universel contre la grippe serait la priorité de l’Institut des allergies et des maladies infectieuses, qui dépend des NIH. Il a rassemblé plus de 150 experts l’été dernier pour tracer la voie à suivre. Quelques candidats font l’objet de premiers essais cliniques.

Ça reste un défi de taille. Même après un siècle de recherches scientifiques, la capacité du virus de la grippe à constamment se réinventer lui permet encore et toujours de contourner nos meilleures défenses.

Au nombre des nouvelles stratégies: les chercheurs dissèquent le camouflage qui permet à la grippe d’échapper au système immunitaire, identifiant les rares éléments qui ne changent pas d’année en année, de souche en souche.

«Nous avons réalisé des progrès considérables pour comprendre comment mieux nous protéger. Maintenant il faut que ça porte fruit», a expliqué Ian Wilson, un spécialiste de la grippe à l’Institut de recherche Scripps de La Jolla, en Californie.

Le triste anniversaire du centenaire de la pandémie de 1918 met le tout en lumière.

Aucun vaccin contre la grippe n’existait à ce moment et le premier n’arriverait que des décennies plus tard. La vaccination est la meilleure protection aujourd’hui, mais même dans les meilleurs scénarios, le vaccin saisonnier n’est efficace qu’à 60%. La protection a plongé à 19% il y a quelques années quand l’évolution du virus a déjoué la science.

Quand une souche complètement nouvelle apparaît, il faut des mois avant de disposer d’un vaccin. Les premières doses sont arrivées trop tard quand cela s’est produit pour la dernière fois, en 2009; heureusement, la pandémie a alors été modeste.

À défaut d’une meilleure option, le docteur Fauci dit que les États-Unis s’intéressent maintenant aux souches animales de la grippe qui pourraient éventuellement faire le saut chez l’humain. La menace la plus pressante aujourd’hui est celle d’une grippe aviaire qui a infecté plus de 1500 personnes en Chine depuis 2013. Une mutation survenue l’an dernier a rendu obsolètes des millions de doses d’un vaccin stockées aux États-Unis.

La mère de toutes les pandémies

Le docteur Jeffery Taubenberger, des NIH, estime que la pandémie de 1918 était la mère de toutes les pandémies, et il est bien placé pour le savoir.

Alors pathologiste pour l’armée américaine, il a dirigé l’équipe qui a identifié et reconstitué le virus disparu de 1918 à partir d’éléments génétiques trouvés dans les résultats d’autopsies de soldats de la Première Guerre mondiale et dans une victime enterrée dans le pergélisol de l’Alaska.

Ce qu’on a alors appelé (incorrectement) la grippe espagnole a transformé la planète en «zone d’abattage», selon l’auteur John M. Barry. Les historiens croient que la pandémie a éclaté au Kansas au début de 1918. À l’hiver 1919, le virus avait infecté le tiers de l’humanité et tué au moins 50 millions de personnes. En comparaison, le sida a fait 35 millions de morts en 40 ans.

Trois autres pandémies de grippe ont déferlé depuis cette époque: en 1957, en 1968 et en 2009. Elles se sont répandues largement, mais n’ont pas été aussi mortelles. Les recherches du docteur Taubenberger démontrent que les trois dernières pandémies ont été causées par des virus transportés par les oiseaux ou les porcs, et auxquels se sont greffés des éléments génétiques du virus de 1918.

«Cette ligne du temps sur cent ans montre comment nous nous sommes adaptés au virus et comment il s’est adapté à nous, a dit le docteur Barney Graham, le directeur adjoint du Centre de recherches sur les vaccins dLa quête d’un nouveau vaccines NIH. Ça nous enseigne qu’on ne peut pas continuer à inventer des vaccins en nous inspirant du passé.»

 

Tout commence avec deux protéines, l’hémagglutinine et la neuraminidase, qui recouvrent la surface du virus. Le «H» permet au virus de s’accrocher aux cellules respiratoires et de les infecter; le «N» permet ensuite au virus de se propager.

Ces lettres forment aussi le nom des virus de la grippe de souche A, la famille la plus dangereuse. Avec 18 variétés d’hémagglutinine et 11 de neuraminidase, les combinaisons sont multiples. La pandémie de 1918 a été causée par la souche H1N1, et des variantes plus faibles du H1N1 circulent toujours. Cet hiver, la souche H3N2, une descendante de la pandémie de 1968, est celle qui incommode le plus de gens.

Les chercheurs ont découvert en 2009 que les cellules immunitaires attaquent parfois, et en faible nombre, des portions de l’hémagglutinine qui ne subissent aucune mutation. Ces anticorps étaient aussi capables de bloquer différentes souches de la grippe, a dit le docteur Wilson.

Les scientifiques essaient maintenant de stimuler la production de ces anticorps. Au Centre de recherches sur les vaccins, on essaie d’entraîner le système immunitaire à reconnaître et attaquer ces portions immuables en les jumelant à des nanoparticules qu’il identifie aisément. À New York, les chercheurs de la faculté de médecine Icahn de Mount Sinai modifient l’hémagglutinine pour attirer l’attention du système immunitaire.

L’équipe du docteur Wilson tente aussi de développer une version orale des anticorps antigrippe.

«Si une pandémie éclate et qu’il n’y a pas assez de temps pour développer un vaccin, on voudra bloquer l’infection si c’est possible», explique-t-il.

L’approche du docteur Tautenberger est complètement différente: il combine des éléments provenant de quatre hémagglutinines pour obtenir une réaction immunitaire face aux souches similaires.

Des mystères insolubles

Certains mystères interfèrent toujours avec la recherche.

Les chercheurs pensent maintenant que la réaction d’un individu au vaccin est influencée par son exposition antérieure au virus de la grippe.

«On identifie peut-être le mieux la première grippe à laquelle on est exposé», explique l’immunologiste Adrian McDermott, des NIH.

Une fois exposé à cette première souche de la grippe, le système immunitaire réagirait peut-être moins efficacement en présence des autres souches.

«Dans notre domaine on croit ultimement que le meilleur vaccin universel contre la grippe fonctionnera le mieux si on l’administre à un enfant», a dit le docteur Fauci.

Malgré tout, personne ne connaît l’origine exacte de la grippe qui a terrifié la planète en 1918; on sait seulement qu’une hémagglutinine de type aviaire l’a rendue aussi mortelle.

Ce virus chinois de la grippe aviaire H7N9 «m’inquiète beaucoup», confie le docteur Tautenberger.

«Pour un virus comme celui de la grippe qui est un maître de l’adaptation et de la mutation et de l’évolution face à de nouvelles circonstances, il est d’une importance cruciale de comprendre comment tout ça se produit dans la nature. Comment est-ce qu’un virus aviaire s’adapte à un mammifère?», demande-t-il.

Pendant que les chercheurs pourchassent ces réponses, «il serait ridicule» d’essayer de prédire à quoi ressemblera la prochaine pandémie. «Il faut seulement être prêts», a dit le docteur Fauci.

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Le Saviez-Vous ► Non, la peste n’est pas une maladie du passé


Nous entendons rarement parler de la peste qui a fait temps de mort à travers le monde, souvent, c’est l’histoire de la maladie, pourtant la peste existe toujours surtout dans les pays plus pauvres. En plus, la maladie qui se transmet généralement par les puces à évoluer pour la transmission, par des animaux que des humains mange. La peste peut-elle revenir en force ? Avec les changements climatiques, la mondialisation et un vaccin indisponible, les risques augmentent
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Non, la peste n’est pas une maladie du passé

2017, la peste a fait plus de cinquante morts à Madagascar, pour un demi-millier de personnes touchées. Cette maladie, que l’on sait très bien combattre, sévit toujours, notamment dans des pays d’Afrique, et est considérée comme une maladie réémergente dans le monde par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). C’est ce que montrait nettement une étude parue en 2013 sur la période 2000-2009.

Article d’Agnès Roux

Avec l’amélioration des connaissances et les progrès de la médecine, certaines maladies ont peu à peu disparu de nos vies. La variole par exemple, qui était autrefois un fléau redoutable, est aujourd’hui complètement éradiquée. Cependant, les épidémies de choléra et de polio qui frappent régulièrement certains pays nous rappellent que les maladies oubliées dans le monde occidental ne font pas toujours partie du passé.

Décrite depuis l’Antiquité et rendue tristement célèbre par ses vagues meurtrières sans pareilles, la peste est la grande maladie des livres d’histoire. Dans l’imaginaire collectif, cette maladie infectieuse est synonyme de fléau. Au Moyen Âge, elle terrifia par sa virulence et sa contagiosité, notamment lors de l’épisode de la peste noire qui extermina entre 30 et 50 % de la population européenne, ce qui correspond à plus de 25 millions d’êtres humains. La dernière pandémie, appelée peste de Chine, a pris naissance à la fin du XIXe siècle en Chine et s’est répandue dans le monde entier tuant plus de 10 millions de personnes.

Représentation d'un médecin de peste portant un masque de protection. © Wikimedia Commons, DP

Représentation d’un médecin de peste portant un masque de protection. © Wikimedia Commons, DP

La peste et ses vagues meurtrières

C’est au cours de cet épisode meurtrier qu’Alexandre Yersin, un jeune médecin d’origine suisse, a isolé le bacille de la peste (appelé ensuite Yersinia pestis), sur des cadavres d’Hommes et de rongeurs. Véhiculée par des puces de rats et d’autres rongeurs, la bactérie est transmise à l’Homme par les morsures d’insectes infectés. La suite n’est pas rassurante : après une semaine d’incubation, de nombreux symptômes comme une forte fièvre, des frissons et des vertiges apparaissent. En l’absence de traitement, la peste bubonique emporte 60 à 70 % des malades. Les formes les plus graves de la maladie, à savoir la peste pulmonaire et la peste septicémique, sont quant à elles presque systématiquement fatales.

Heureusement, au XXe siècle, la découverte des antibiotiques et les mesures de santé publique ont fait énormément reculer les épidémies. En France, les derniers cas de peste remontent à 1945. Or, la maladie sévit encore dans certains pays pauvres d’Afrique, d’Amérique et d’Asie. Selon l’Institut de veille sanitaire (InVS), près de 40.000 cas de peste auraient été recensés dans plus de 25 pays entre 1989 et 2003. La maladie est donc loin d’avoir disparu. À l’heure actuelle, il existe un vaccin, mais son utilisation est délicate et entraîne de lourds effets secondaires. Pour ces raisons, il n’est pas encore disponible au public.

L’agent de la peste, Yersinia pestis, observé en microscopie à fluorescence. © hukuzatuna, Flickr, cc by nc nd 2.0

L’agent de la peste, Yersinia pestis, observé en microscopie à fluorescence. © hukuzatuna, Flickr, cc by nc nd 2.0

La peste : une maladie loin d’avoir disparu

Dans une étude publiée récemment dans The American Journal of Tropical Medicine and Hygiene, Thomas Butler, chercheur de la Ross University School of Medicine située dans les Caraïbes, a rassemblé les données recueillies sur la peste entre 2000 et 2009. Ses résultats démontrent une fois de plus qu’elle est loin d’être une maladie du passé.

La République démocratique du Congo figure au triste premier rang des pays les plus touchés avec 10.581 cas recensés. Selon l’auteur, la guerre civile, les déplacements de populations et les conditions de vie difficiles ont probablement favorisé les contacts entre les rongeurs porteurs de la peste et l’Homme. Avec 7.182 cas, l’île de Madagascar prend la deuxième place de ce classement lugubre, et devance la Zambie qui compte quant à elle 1.309 malades. Au total, 21.725 personnes ont été frappées par la peste et 1.612 en sont mortes au cours des dix années concernées par l’étude. Avec plus de 97 % des cas, l’Afrique est de loin le continent le plus touché par cette maladie infectieuse.

Des recherches sont encore nécessaires

Au cours de cette étude, l’auteur montre également que l’agent de la peste a plus d’un tour dans son sac pour infecter l’être humain. La plupart du temps, ce sont les puces qui transmettent le germe infectieux, mais d’autres stratégies semblent exister. Ainsi, en 2007, en Afghanistan, 66 personnes sont tombées malades et 17 sont mortes suite à l’ingestion d’un chameau contaminé. Plus récemment au Kirghizistan, un jeune homme de 15 ans est mort de la peste après avoir mangé une marmotte malade.

Selon l’auteur, l’augmentation des températures, la mondialisation des échanges, l’absence de vaccin et la résistance aux antibiotiques de l’agent de la peste sont autant de facteurs qui contribuent à la diffusion de cette maladie. Il paraît donc indispensable de continuer les recherches sur le sujet afin de mieux guérir les malades et peut être un jour d’éradiquer ce mal pernicieux.

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La peste serait arrivée en Europe il y a 5.000 ans


La Peste noire a décimé au milieu du XIVe siècle au moins 30 millions de personnes soit entre un tiers et la moitié de la population européenne. Les chercheurs ont pu étudier les dents de plusieurs ossements et dents pour découvrir son origine et la migration et donc la propagation de cette cruelle maladie
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La peste serait arrivée en Europe il y a 5.000 ans

Source AFP

La Peste noire a décimé au milieu du XIVe siècle au moins 30 millions de personnes soit entre un tiers et la moitié de la population européenne. © thinkstock.

Des nomades des steppes eurasiennes auraient apporté la peste en Europe entre la fin du Néolithique il y a 4.800 ans et le début de l’âge du bronze il y a 3.700 ans, révèle une étude scientifique publiée mercredi dans Current Biology.

Des spécimens de cette bactérie ont été retrouvés sur des dents et des ossements humains datant de cette période, ont expliqué des chercheurs qui ont procédé à un séquençage de génomes de la bactérie responsable de l’infection. Une analyse des formes anciennes de la peste devrait permettre de mieux comprendre son évolution dans le temps et déterminer comment l’infection est devenue plus virulente.

Les chercheurs ont analysé plus de 500 dents et ossements retrouvés en Allemagne, Russie, Hongrie, Croatie, Lituanie, Estonie et Lettonie pour y traquer la présence de la bactérie Yersinia pestis, responsable de la peste.

La population européenne décimée

Cet agent infectieux a provoqué des pandémies majeures dont la fameuse Peste noire, qui a décimé au milieu du XIVe siècle au moins 30 millions de personnes soit entre un tiers et la moitié de la population européenne. Les scientifiques ont pu retrouver l’ADN complet de la bactérie sur les restes de six individus. Le séquençage de ces six premiers génomes européens de la bactérie Yersinia pestis leur a permis de déterminer que la peste est probablement arrivée en Europe centrale approximativement à la même époque que les nomades des steppes d’Eurasie, entre la fin du Néolithique, il y a 4.800 ans et le début de l’âge du bronze il y a 3.700 ans.

Les différents génomes de cette bactérie, découverts dans différentes parties de l’Europe, sont assez similaires.

« Cela laisse penser que la peste est entrée en Europe, soit à de multiples reprises pendant cette période, en provenant du même réservoir infectieux local, ou en une seule fois à la fin du Néolithique », explique Aida Andrades Valtueña de l’Institut Max Planck sur la science de l’histoire Humaine, co-auteure de l’étude.

Renouvellement génétique majeur

Des mouvements migratoires importants ont commencé en Europe il y a environ 4.800 ans lorsque des populations sont venues des steppes pontiques de la mer Caspienne. Cela conforte l’hypothèse selon laquelle la peste s’est bien propagée sur le continent européen avec les migrations de ces populations, explique Alexander Herbig de l’Institut Max Planck, autre co-auteur de l’étude. Les échantillons complets d’ADN de la bactérie de la peste retrouvés sur des dents et ossements confirment aussi que des changements génétiques liés à sa virulence étaient en cours pendant cette période, pointent ces scientifiques.

Mais davantage de recherches seront nécessaires pour confirmer dans quelle mesure ces évolutions génétiques affectaient déjà la sévérité de l’infection, relèvent-ils. Selon ces chercheurs, il est possible que la bactérie Yersinia pestis ait déjà été capable de provoquer des épidémies étendues.

« La menace présentée par la peste pourrait avoir été une des raisons de ces mouvements migratoires entre la fin du Néolithique et le début de l’âge de bronze », suppute Johannes Krause, directeur du Departement d’archéogénétique de l’Institut Max Planck, qui a dirigé cette étude.

Les nomades des steppes de la mer Caspienne sont peut-être partis pour échapper à la peste, précise-t-il.

En outre, l’introduction de la maladie en Europe a peut-être joué un rôle majeur dans le renouvellement génétique des populations européennes, avance le chercheur.

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Le Saviez-Vous ► La tragique grippe espagnole


Quand j’étais jeune, on m’a raconté que des victimes de la grippe espagnole avaient été enterrées vivantes. On avait découvert que des tombes avaient été grattées par l’intérieur. Quoiqu’il en soit, ce fut une pandémie catastrophique et avec la Première Guerre mondiale, il eut des millions de morts à travers le monde
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La tragique grippe espagnole


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La saison du rhume et de la grippe bat son plein et peut-être avez-vous été affectés par leurs divers symptômes cette année. Sauf exceptions, la majorité des gens atteints par le rhume ou même le virus de l’influenza survivent à la maladie. À divers moments de l’Histoire toutefois, certains virus venant notamment des animaux ont provoqué des pandémies, les humains n’ayant développé aucun anticorps contre ces nouvelles souches de grippe. À cet égard, la grippe espagnole de 1918-1919 est probablement celle qui a le plus marqué les esprits…

Les débuts de la pandémie :


Hôpital d’urgence au Kansas
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Si nous ignorons les origines de cette grippe, nous savons qu’elle a commencé avec une première vague, peu mortelle, au cours du printemps 1918 en Europe, suivie d’une deuxième vague à l’automne, cette fois-ci dévastatrice et qui a rapidement affecté l’Amérique, l’Asie et puis le monde entier. Peu de régions ont été épargnées, pas même certains villages isolés de l’Alaska!


Affiche de la santé publique en Alberta
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Pourquoi a-t-elle rapidement été surnommée la grippe espagnole? L’Espagne est un des pays d’Europe qui a été lourdement affecté dès les débuts de la pandémie et qui, en tant que pays neutre pendant la 1ère guerre mondiale, a commencé à couvrir le phénomène dans les journaux. Il faut dire que même le roi Alphonse XIII a lutté contre la maladie!

Des soins limités :


Bouteille de Quinine
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Comme cette forme virale était nouvelle et qu’il n’existait à l’époque aucun vaccin pour la vaincre, la grippe espagnole se répandit rapidement et prit les médecins par surprise. Les gens étaient rapidement incapacités par des fièvres importantes, provoquant souvent des délires et qui affaiblissaient le cœur. Des études récentes réalisées sur des corps de l’époque, notamment en Alaska, démontrent aussi que cette forme spécifique de grippe s’attaquait rapidement aux poumons et plusieurs personnes décédèrent ainsi de pneumonie. Dans les journaux et par le bouche à oreille, on proposait comme remèdes des moyens plus ou moins efficaces comme la quinine, surtout utilisée pour lutter contre les effets du paludisme, l’huile de ricin, ou même du gin ou du rhum. 


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L’alcool semblait effectivement un aussi bon moyen qu’un autre pour soulager les symptômes et pour la seule ville de Paris, les autorités avaient décidé de mettre 500 hectolitres de rhum à la disposition des pharmaciens pour qu’il soit vendu sur ordonnance dès le mois d’octobre 1918. Les origines de la maladie commencèrent aussi à alimenter la machine à rumeurs. Bacilles allemands introduits dans la nourriture? Gaz toxiques? Vers la fin de la 1ère guerre mondiale, il était facile d’accuser les pays voisins comme étant responsables d’une propagation aussi rapide d’une maladie.

Une hécatombe mondiale :


Cimetière de la grippe espagnole en Arizona
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Bien qu’établir des chiffres fiables pour cette époque soit difficile en raison d’un manque d’archives médicales, on estime généralement qu’entre l’automne 1918 et l’été 1919, de 20 à 50 millions de personnes périrent des suites de la pandémie dont 675 000 aux États-Unis seulement et environ 14 000 personnes au Québec. Alors que généralement la grippe affecte plus durement les personnes âgées, les jeunes enfants et les femmes enceintes, cette grippe tua surtout les jeunes adultes et laissa de ce fait de nombreux enfants orphelins. 


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Quarantaines, masques, limitations des événements publics, fermeture des tramways et des lieux de divertissements, rien ne put arrêter cette maladie qu’on finit par surnommer «La grande tueuse». En plus des nombreux morts liés à la Première Guerre mondiale, la fin des années 1910 a été une hécatombe sans précédent qui finit par nuire à l’économie de plusieurs villes, puisque la force de travail avait été fortement diminuée. Pendant l’épidémie de grippe, tant de gens étaient malades que le personnel manquait pour faire fonctionner les trains, les banques, les services postaux ou même pour s’assurer des récoltes dans les champs!

Mais cette catastrophe fit prendre conscience de l’importance de l’hygiène publique et de la communication lors de telles épidémies. Et elle fit réaliser l’importance des infirmières, qui ont joué un rôle majeur dans le soin des malades à cette époque.

Spécialisée en histoire ancienne, Evelyne Ferron

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Les zombies ne mettraient que 100 jours pour anéantir l’humanité


Cela parait un peu bizarre d’étudier les risques propagation des morts-vivants. En fait, ce n’est pas vraiment le fait que les sujets soient des zombies, mais plutôt pour les possibilités d’un virus qui aurait des résultats pires que la peste noire au 14e siècle
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Les zombies ne mettraient que 100 jours pour anéantir l’humanité

 

Par Nathalie Mayer, Futura

Publié le 09/01/2017

Un modèle mathématique nous révèle aujourd’hui que des zombies seraient capables de faire disparaître l’humanité en seulement 100 jours. Mais une riposte des vivants pourrait en venir à bout après de nombreuses années de lutte. L’étude n’est pas fantaisiste et utilise des outils clés pour prédire l’extension d’une épidémie.

Dans la série à succès The Walking Dead, des êtres humains tentent de survivre à une épidémie qui a transformé la quasi-totalité de la population en morts-vivants. Et ils y parviennent… tant bien que mal. Pas très réaliste, répond une étude menée par des étudiants de l’université de Leicester (Royaume-Uni). Selon eux, il ne faudrait guère plus d’une centaine de jours à une horde de zombies pour anéantir l’humanité.

Si le sujet peut faire sourire, l’étude n’en reste pas moins très sérieuse. Car elle repose sur une application du modèle SIR, un modèle mathématique utilisé pour étudier la propagation des épidémies. C’est en effet par le biais d’un virus que les hommes sont susceptibles d’être transformés en zombies.

Le parallèle entre une invasion de zombies et une épidémie mortelle est régulièrement fait par des organismes très sérieux, tels The Lancet, un journal médical britannique, ou encore le Centre de contrôle et de prévention des maladies d’outre-Manche. Objectif : se préparer à la survenue de pandémie bien réelle. © Ahmadreza89, Pixabay, CC0 Public Domain

Le parallèle entre une invasion de zombies et une épidémie mortelle est régulièrement fait par des organismes très sérieux, tels The Lancet, un journal médical britannique, ou encore le Centre de contrôle et de prévention des maladies d’outre-Manche. Objectif : se préparer à la survenue de pandémie bien réelle. © Ahmadreza89, Pixabay, CC0 Public Domain

Les vivants finalement plus forts que les morts-vivants ?

Les étudiants de Leicester sont partis d’un seul humain infecté. Ils ont ensuite estimé que chaque zombie pourrait survivre quelque 20 jours et aurait 90 % de chances d’infecter un autre humain par jour. Ce qui, ils le reconnaissent, rendrait le virus zombie deux fois plus virulent que celui de la peste noire qui a dévasté l’Europe au 14e siècle. En seulement 20 jours, la planète se trouverait en situation de pandémie. Et après une centaine de jours, on ne compterait plus que 181 êtres humains encore vivants.

Dans un scénario plus optimiste, les étudiants britanniques ont accordé à l’humanité quelques capacités de réaction. Ils ont estimé que chaque être vivant aurait 10 % de chance de tuer un zombie par jour. Et ils ont compté sur la fécondité de l’espèce humaine. Résultat : même en accordant une espérance de « vie » d’un an aux morts-vivants, il suffirait à l’humanité de 10.000 jours pour reprendre le dessus, soit, tout de même, 27 ans.

http://www.futura-sciences.com/

Votre date de naissance peut-elle prédire si vous aurez une sale grippe cette année?


L’an dernier, on parlait que le mois de naissance pouvait dire  les personnes qui seraient plus susceptibles d’être plus résistant au virus de la grippe. Maintenant, on parle d’année de la naissance et qui me semble plus logique tout dépendant du virus dominant et ces informations pourraient mieux cibler les personnes à risque
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Votre date de naissance peut-elle prédire si vous aurez une sale grippe cette année?

 

Un aide soignant en Inde s'apprête à traiter un patient atteint de la grippe, le 23 janvier 2015.AFP PHOTO / Sam PANTHAKY
SAM PANTHAKY / AFP

Un aide soignant en Inde s’apprête à traiter un patient atteint de la grippe, le 23 janvier 2015.AFP PHOTO / Sam PANTHAKY SAM PANTHAKY / AFP

Repéré par Slate.fr

«Ce n’est pas l’âge, c’est l’année de naissance qui compte.»

Da la génération à laquelle vous appartenez, et même de votre année de naissance, dépend peut-être votre vulnérabilité face à un virus saisonnier. C’est ce qu’explique une étude relayée par le Guardian; Michael Worobey, directeur du département de «Biologie de l’environnement et de l’évolution» de l’ Université d’Arizona, et l’un des auteurs de l’étude, explique:

«Ce n’est pas l’âge, c’est l’année de naissance qui compte.»

Le premier virus grippal auquel nous sommes soumis, dans notre enfance (la plupart des individus sont atteints par la grippe avant 5 ans) laisse sur notre système immunitaire une empreinte définitive, nous offrant aussi une robuste protection face aux virus similaires, et une protection bien plus faible face aux virus plus éloignés.

Car il existe différents types de virus grippaux (A, B, et C) qui circulent dans toutes les régions du monde et ils évoluent chaque année «notamment les virus de type A et B qui provoquent l’essentiel de l’épidémie annuelle», comme le note Sciences et Avenir.

Le site de l’insitut Pasteur explique les différents modes de changements du virus grippal: le premier mécanisme est le glissement antigénique: c’est-à-dire les mutations de gènes codant pour des protéines de surface, qui provoquent des modifications mineures du virus:

«dans ce cas, le nouveau variant reste très proche du précédent: si une personne a déjà attrapé une grippe précédemment, l’immunité qu’elle a acquise à cette occasion la protège contre lui». 

Mais l’accumulation des modifications peut générer une moindre reconnaissance du nouveau virus par les systèmes immunitaires.

A l’origine des pandémies, on constate un deuxième phénomène de variation, pour les virus de type A:

«on parle de « cassures » dans le matériel génétique des virus. Celles-ci entrainent des changements radicaux des protéines antigéniques du virus, avec le remplacement d’une protéine par une autre, et donnent naissance à un nouveau virus, totalement différent de celui à partir duquel il est né». 

Evolution du vaccin

Le Guardian précise que cette possibilité de découvrir quelle génération est plus vulnérable à quelle évolution du virus grippal en fonction des précédentes mutations, pourrait avoir un impact sur les vaccins:

«A l’avenir, les vaccins pourraient cibler des personnes de tel ou tel âge, qui seront les plus susceptibles d’en profiter, et lors de pandémies, quand les médicaments viennent à manquer, ce sont les groupes d’âges les plus vulnérables qui pourraient être traités en priorité». 

Les virus grippaux de type A ont évolué en deux branchés identifiées comme celles de type 1 et 2. 

«Jusqu’à 1968 tous les virus en circulation appartenaient à la branche de type 1; entre 1968 et 1979, c’est le type 2 qui a dominé.»

Depuis, les deux circulent, mais l’un des deux types domine chaque année. Grâce à d’importantes bases de données épidémiologiques, les chercheurs ont suivi la susceptibilité de vulnérabilité à chacun des deux types, pour chaque naissance depuis 1918 .

http://www.slate.fr/