On aurait découvert les plus anciens outils au monde


Quand l’être humain a commencé a fabriquer des outils, il a considérablement changé sa destinée. Mais depuis quand il a eu cette faculté de tailler la pierre pour la fabrication des outils dont il a besoin ? On vient de reculer encore dans l’histoire de l’humanité dans ce domaine
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On aurait découvert les plus anciens outils au monde

 

Le lac Turkana, au Kenya, photographié depuis la Station spatiale internationale par l'astronaute italienne Samantha Cristoforetti. C'est dans cette région que les outils ont été découverts. © ESA/NASA/SIPA

Le lac Turkana, au Kenya, photographié depuis la Station spatiale internationale par l’astronaute italienne Samantha Cristoforetti. C’est dans cette région que les outils ont été découverts. © ESA/NASA/SIPA

Par Rachel Mulot

Plus vieux que le genre humain lui-même, ces outils sont datés de 3,3 millions d’années et ont été mis au jour au Kenya.

ÉCLATS ET ENCLUMES. Les plus anciennes pierres taillées, exhumées à l’est du Kenya, auraient 3,3 millions d’années (voir notre carte plus bas) ! C’est ce que viennent d’annoncer des chercheurs new-yorkais lors du dernier meeting annuel de la société de paléoanthropologie, qui se tenait du 14 au 15 avril 2015 à San Francisco (Etats-Unis). Soit 700 000 ans de plus que les plus anciens outils connus à ce jour… Et leur découverte suggère que des ancêtres des hominidés façonnaient déjà des outils des centaines de milliers d’années avant que le genre Homo ne s’épanouisse. Car une découverte récente a eu beau vieillir le genre humain de 400.000 ans, le tout premier des Homo n’aurait que 2,8 millions d’années.

Les chercheurs auraient mis au jour plus d’une centaine d’éclats, de « cœurs » (ou blocs initiaux ) et d’ « enclumes » qui pourraient être la signature d’un atelier très archaïque de taille d’outils préhistoriques. Le tout reposait dans des sédiments datés de 3,3 millions d’années grâce aux techniques éprouvées du paléomagnétisme.

Comment ont été faits ces « premiers outils sculptures » ?

À partir d’une pierre, les hominidés débitent grossièrement des éclats qui leur serviront à couper, râcler, etc. Ils sculptent aussi de gros galets sur lesquels ils aménagent différents types de tranchants. Ce type primitif d’outils, connus sous le nom de « choppers », se retrouvent en Asie comme en Afrique et au Moyen-Orient. (Voir à ce sujet les dessins d’Eric Boeda dans Sciences et Avenir de Janvier 2008).

Les plus anciennes pierres taillées connues jusqu’à présent venaient de Gona en Ethiopie et étaient datées de 2,6 millions d’années. On parle à leur sujet  de « galets aménagés » ou encore d’industrie « Olduwayenne », parce qu’elles été trouvées pour la première fois, dès les années 1960, dans la gorge d’Olduvaï en Tanzanie. A l’époque, les chercheurs les attribuaient à l’Homo habilis (l’homme habile). Depuis, les spécialistes sont nombreux à penser que d’autres hominidés que nos ancêtres directs Homo auraient pu façonner des outils à leur main. En 2010, le site d’El Dikka, en Ethiopie, a ainsi livré des os vieux de 3,4 millions d’années – l’âge de Lucy et de sa famille australopithèque – portant des entailles de coupe, possiblement laissées par des outils, mais la découverte reste très discutée, comme l’explique le journaliste Michael Balter, qui a suivi la conférence de paléoanthropologie de San Francisco pour le site d’actualités de la revue américaine Science.

Fabriqué par le Kenyanthrope ?

Cette fois, c’est le site de Lomekwi, à l’est du lac Turkana, au Kenya, qui a livré de multiples outils  » intentionnellement façonnés « , a expliqué Sonia Harmand de l’université Stony Brook à New York devant un parterre de paléoanthropologues. Or, ces trésors d’artefacts – « qui ne peuvent en aucun cas être le résultat de fractures accidentelles de la roche » selon la chercheuse ont été trouvés à quelque pas du site qui avait déjà livré le curieux Kenyanthrope Platyops. Un ancêtre possible de l’homme, doté d’une drôle de face plate et vieux de 3,2 millions à 3,5 millions d’années.

De là à imaginer que c’est cet hominidé qui a fabriqué les plus anciens outils au monde, il n’y a qu’un pas… La controverse ne fait sans doute que commencer. La découverte de Sonia Harmand, d’Hélène Roche (CNRS) et de leurs collègues devra faire l’objet d’une publication dans une revue de science spécialisée afin de pouvoir être discutée par les spécialistes du monde entier.

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Little Foot aurait 3,67 millions d’années


Dans quel coin du monde que tout a commencé pour l’homme, la découverte d’ossements donnent des indices, mais ce n’est qu’avec le perfectionnement des techniques de datation que les chercheurs peuvent mettre des suppositions. Reste à savoir si un jour, la certitude sera sans équivoque
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Little Foot aurait 3,67 millions d’années

 

Depuis la découverte de Little Foot («Petit pied»)... (Photo LAURENT BRUXELLES, archives AFP)

Depuis la découverte de Little Foot («Petit pied») en 1997 dans une grotte du site de Sterkfontein, au nord-ouest de Johannesburg, la bataille fait rage entre les experts pour déterminer l’âge de ce fossile d’australopithèque le plus complet jamais trouvé.

PHOTO LAURENT BRUXELLES, ARCHIVES AFP

PASCALE MOLLARD-CHENEBENOIT
Agence France-Presse
PARIS

L’australopithèque Little Foot, découvert il y a près de vingt ans en Afrique du Sud, serait âgé de 3,67 millions d’années, révèle une équipe de chercheurs qui a réalisé une nouvelle datation de ce célèbre fossile.

Cet âge fait du petit «homme singe» sud-africain un contemporain de la fameuse Lucy, australopithèque trouvée en Éthiopie en 1974 et dont l’âge présumé serait de plus de 3 millions d’années.

«Cela remet l’Afrique du Sud dans la course de l’évolution humaine», alors que depuis plusieurs décennies, l’Afrique de l’Est tenait la corde, a déclaré à l’AFP Laurent Bruxelles, chercheur à l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) en France.

«Avec un âge de 3,67 millions d’années, Little Foot arrive largement avant Homo Habilis, notre ancêtre direct, apparu il y a environ 2,5 millions d’années», souligne Laurent Bruxelles. «Dans ce cas, rien ne s’oppose à ce que cet australopithèque sud-africain soit à l’origine de l’humanité». «Tout reste possible», a souligné M. Bruxelles qui a participé à l’étude.

La marge d’erreur de la nouvelle datation est de plus ou moins 160 000 ans, précisent les scientifiques qui ont utilisé la datation par isotopes cosmogéniques (générés par les rayonnements cosmiques qui bombardent la Terre) dans une version améliorée et publient leur étude mercredi dans la revue britannique Nature.

Depuis la découverte de Little Foot («Petit pied») en 1997 dans une grotte du site de Sterkfontein, au nord-ouest de Johannesburg, la bataille fait rage entre les experts pour déterminer l’âge de ce fossile d’australopithèque le plus complet jamais trouvé.

Quatre millions d’années? 3,3 millions? Ou seulement 2,2 millions? L’enjeu est de taille.

La nouvelle datation a été établie par une équipe internationale, qui comprend notamment le découvreur de Little Foot, Ronald Clarke.

«Datation solide»

En 1994, il trouve dans une boîte d’ossements divers provenant de déblais miniers de la grotte de Silberberg, quatre petits os provenant du pied d’un hominidé très ancien qu’il baptise «Little Foot». Trois ans plus tard, le paléoanthropologue de l’Université sud-africaine de Witwatersrand trouve dans une autre boîte des os de pied provenant du même pré homme et un morceau de tibia.

Avec ces indices, son équipe retrouve dans la grotte le squelette quasi entier de Little Foot enserré dans une gangue calcaire. Il gît à 25 mètres de profondeur. Selon les chercheurs, il a sans doute fait une chute mortelle dans le gouffre.

Treize années ont été nécessaires pour dégager Little Foot. Ce fossile serait un représentant de l’espèce Australopithecus prometheus.

Rapidement, Ronald Clarke attribue un âge de 3,3 millions d’années à Little Foot en se basant sur la morphologie de l’hominidé et sur une première datation des coulées stalagmitiques de la grotte.

Puis en 2003, le géologue Darryl Granger suggère une datation des sédiments entourant le fossile d’environ 4 millions d’années, en utilisant la datation par isotopes cosmogéniques. Elle décrypte le vieillissement d’isotopes de l’aluminium et du béryllium. «Mais la marge d’erreur était de plus ou moins un million d’années», explique M. Bruxelles.

Trois ans plus tard, une étude britannique sème le trouble: Little Foot n’aurait que 2,2 millions d’années, selon l’analyse de sédiments entourant le squelette.

Ronald Clarke ne parvient pas à y croire et il demande en 2006 à Laurent Bruxelles, spécialiste des cavités en milieu calcaire, de démêler la succession de strates qui entourent le fossile. La grotte a subi des inondations, des effondrements et des dynamitages par les mineurs.

Le géomorphologue de l’Inrap remet de l’ordre dans tout cela. Il établit que les dépôts calcaires datés de 2,2 millions d’années sont postérieurs à Little Foot. Les études repartent sur de nouvelles bases.

Darryl Granger, de l’Université Purdue de l’Indiana, refait des analyses, en se basant sur la même méthode de datation cosmogénique, mais améliorée. Une autre innovation, utilisant un aimant, permet d’affiner encore la datation.

«Les résultats sont étonnants», souligne l’Université de Witwatersrand de Johannesburg.

 Sur les onze échantillons récoltés au cours de la dernière décennie, neuf se trouvent sur une unique courbe, apportant ainsi «une datation solide au dépôt», pointe l’université.

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Le «boucher de Caroline», l’ancêtre des crocodiles, mesurait près de 3 mètres


Heureusement que ce cousin du crocodile qui a existé bien avant les dinosaures ont disparus, Ils se déplaçait sur la terre ferme probablement sur ses deux pattes. Éviter un crocodile sur le bord des marais est une chose, mais sur la terre ferme, cela ne devait pas être aussi évident
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Le «boucher de Caroline», l’ancêtre des crocodiles, mesurait près de 3 mètres

 

 

Reconstitution de Carnufex carolinensis / Jorge Gonzales

Reconstitution de Carnufex carolinensis / Jorge Gonzales

Repéré par Claire Levenson

Avant leRepéré par Claire Levensons dinosaures, Carnufex carolinensis chassait debout et se nourrissait de mammifères.

Des paléontologues viennent de découvrir un des plus anciens cousins des crocodiles.

Il y a environ 230 millions d’années dans l’actuelle Caroline du Nord aux Etats-Unis, on pouvait en effet rencontrer des reptiles de 2,75 mètres de long qui marchaient sur deux pattes et se nourrissaient de mammifères, rapporte The Verge. 

Les chercheurs, qui ont publié leurs résultats dans la revue Scientific Reports, ont affectueusement baptisé cette créature le «Boucher de Caroline», ou Carnufex carolinensis. Le fossile de l’animal avait été découvert il y a dix ans en Caroline du Nord, mais les os n’avaient pas été analysés jusqu’ici.

«C’est un des plus vieux et des plus gros membres des crocodylomorphes –le groupe auquel appartiennent aussi les crocodiles– que nous ayions jamais vu. Sa taille était vraiment surprenante», a expliqué au Washington Post la paléontologue Lindsay Zanno, de la North Carolina State University.

Ce crocodile géant a vécu pendant la période du Trias, avant l’ère des dinosaures, et était donc en son temps le prédateur dominant, avant de disparaître avec l’arrivée des dinosaures. Seuls ses cousins plus petits ont survécu: au temps des dinosaures, ils ont endossé le rôle de charognards.

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Le Saviez-Vous ► Au début, il y avait la Pangée


La théorie d’un seul continent : Pangée a maintenant 100 ans. À l’époque, cela expliquait bien des choses, mais elle fut quand même rejeté par les géologues et réhabilita 30 ans plus tard
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Au début, il y avait la Pangée

 

pangee

Les frontières internationales et les littoraux actuels sont superposés sur la Pangée d’il y a 250 millions d’années. Certaines zones du monde moderne ne sont pas visibles car leur croûte continentale s’est formée plus tard. Crédit: JEROME N. COOKSON, ÉQUIPE DU NGM. SOURCE : RON BLAKEY, COLORADO PLATEAU GEOSYSTEMS

Par Karen de Seve

On fête cette année le centenaire d’une découverte fondamentale. Dès sa sortie de l’imprimerie en 1915, le livre d’Alfred Wegener, La Genèse des continents et des océans, fit l’effet d’une bombe dans le domaine des sciences de la terre. Le météorologue allemand était le premier à croiser des données multidisciplinaires pour étayer une théorie alors controversée sur la dérive des continents.

En 1910, en examinant un atlas du monde, il s’était demandé si les contours des continents s’imbriquaient par pure coïncidence. Il les avait ensuite assemblés pour former un seul «continent primordial» qu’il baptisa Pangée, « toute la terre » en grec. Il théorisa que cette immense masse avait cessé d’exister il y a entre 250 et 200 millions d’années, au moment où les continents actuels commencèrent à se fracturer et à s’éloigner.

Aux yeux des biologistes, cela expliquait la présence d’espèces animales et végétales apparentées sur des terres séparées par des océans. Pour les paléontologues, cette théorie concordait avec la découverte de fossiles de mosasaures à la fois au Brésil et en Afrique du Sud. Aux géologues, Wegener montra des formations terrestres similaires sur des continents séparés ; il suggéra, entre autres, que la chaîne de montagnes appelée « ceinture plissée du Cap », en Afrique du Sud, était autrefois accolée à la Sierra de la Ventana, en Argentine.

Les travaux de Wegener furent rejetés par les grands géologues de l’époque, qui lui reprochaient de ne pas avoir expliqué le mécanisme exact ayant présidé à ce mouvement dérivant. Wegener leur concédait ce point, écrivant en 1929 que « le Newton de la théorie de la dérive n’est pas encore né ». Il s’éteignit l’année suivante, à l’âge de 50 ans. Il fallut attendre encore trente ans – quand les géophysiciens conclurent que la dérive des continents avait été provoquée par la tectonique des plaques – pour que la théorie Wegener l’emporte.

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La mâchoire qui refait notre histoire


Ce n’est pas à tous les jours qu’on peut trouver une mâchoire de 2,8 millions d’années. Ce mandibule découverte en Afrique va probablement occuper les scientifiques sur les changements de l’être humain à travers l’histoire.
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La mâchoire qui refait notre histoire

 

Une mandibule vieille de 2,8 millions d'années 

Photo :  Brian Villmoare

Ce n’est qu’un morceau de mâchoire avec cinq dents, mais il en dit long sur l’histoire de l’humanité. C’est que cette mandibule mise au jour en Éthiopie date de 2,8 millions d’années. Elle devient ainsi le plus ancien fossile du genre Homo jamais découvert et repousse par le fait même l’origine des humains de 400 000 ans.

Cette découverte bouleverse nos connaissances sur l’émergence du genre Homo, estiment les paléontologues dont les travaux sont publiés dans les revues Science et Nature.

Cette mâchoire inférieure contribue à réduire le fossé dans l’évolution entre l’Australopithèque (Lucy datant de 3,2 millions d’années) et les premières espèces du genre Homo comme l’Homo erectusbou l’Homo habilis.

« Ce fossile est un excellent exemple d’une transition des espèces dans une période clé de l’évolution humaine. » Auteurs

L’os de 8 centimètres de long a été trouvé en 2013 dans une zone de fouille appelée Ledi-Geraru dans la région Afar en Éthiopie par une équipe internationale menée notamment par Kaye Reed, de l’Université d’Arizona, et Brian Villmoare, de l’Université du Nevada.

Les scientifiques cherchent depuis des années des fossiles en Afrique afin de trouver des indices des origines de la lignée Homo, mais sans grand succès puisqu’ils ont découvert très peu de fossiles de la période jugée critique allant de moins 3 millions d’années à moins 2,5 millions d’années.

Actuellement, les experts ne sont pas d’accord sur la période de l’origine de la lignée Homo qui a abouti à l’émergence des humains modernes, l’Homo Sapiens, il y a environ 200 000 ans.

Le nouveau fossile apporte des indices importants sur les changements intervenus dans la mâchoire et les dents chez le genre Homo seulement 200 000 ans après la dernière trace connue de l’Australopithecus, à savoir Lucy. Son fossile a été découvert en Éthiopie en 1974 pas très loin de Ledi-Geraru.

« Des fossiles de la lignée Homo de plus de 2 millions d’années sont très rares et le fait d’avoir un éclairage sur les toutes premières phases de l’évolution de notre lignée est particulièrement emballant. » — Brian Villmoare

Ces chercheurs notent qu’ils ne sont pas en mesure de dire avec cette seule mâchoire s’il s’agit ou non d’une nouvelle espèce du genre Homo qui aurait abouti en évoluant à l’Homo sapiens.

Changement climatique

Des travaux complémentaires publiés dans Science portant sur la géologie et le climat dans la même région d’Éthiopie, où a été trouvé le fossile de Ledi-Gerbera, montrent qu’un changement climatique a rendu l’environnement plus aride il y a 2,8 millions d’années.

Les scientifiques ont découvert des fossiles de mammifères contemporains montrant qu’il y avait dans cet environnement surtout des espèces vivant dans des habitats dominés par de petits arbustes et la savane où les arbres étaient rares, alors qu’à l’époque de Lucy, qui était encore un grand singe, la végétation était plus verdoyante avec des forêts.

« Nous pouvons voir des indications de sécheresse dans la faune dominante dans l’environnement de Ledi-Geraru. » — Pr Kaye Reed, Université d’Arizona

Il est cependant encore trop tôt pour dire si le changement climatique est à l’origine de l’émergence du genre Homo. Il faudra examiner un plus grand nombre de fossiles d’hominidés pour en arriver à cette conclusion.

L’hypothèse du changement climatique ayant conduit à l’extinction des espèces antérieures à celles du genre Homo et à l’émergence de ce dernier est souvent avancée par les scientifiques.

Avec la disparition des arbres, les singes ont dû s’adapter à un nouvel environnement. Leur cerveau est devenu plus gros, ce qui leur a permis de fabriquer des outils pour survivre et de moins dépendre de mâchoires puissantes et de grosses dents, estiment les scientifiques.

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Un « dragon » chinois découvert par des chercheurs de l’Université de l’Alberta


Comment un tel dinosaure au cou si long a pu survivre ! Il semble que l’Asie d’avant et d’aujourd’hui a toujours eu une faune particulière
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Un « dragon » chinois découvert par des chercheurs de l’Université de l’Alberta

 

Le Qijianglong, qui aurait vécu il y a 160 millions d'années, possédait un cou extrêmement long, relativement léger et peu mobile. Représentation d'un artiste.Le Qijianglong, qui aurait vécu il y a 160 millions d’années, possédait un cou extrêmement long, relativement léger et peu mobile. Représentation d’un artiste. Photo :  Lida Xing

Une équipe de paléontologues de l’Université de l’Alberta a mis au jour en Chine un fossile de dinosaure qui possédait un cou faisant près de la moitié de la longueur totale de son corps.

L’étude menée par le paléontologue Philip J. Currie, le candidat au doctorat Tetsuto Miyashita et l’étudiante Lida Xing a été publiée dans la revue Journal of Vertebrate Paleontology.

Le dinosaure qui devait mesurer 15 mètres a vécu il y a environ 160 millions d’années. Il a été nommé Qijianglong, ce qui signifie « le dragon de Qijiang », en référence à la ville du sud de la Chine près de laquelle la découverte a été faite.

« Les anciens mythes relativement aux dragons viennent de la Chine. Je me demande s’il y a très longtemps, un Chinois n’a pas trouvé un squelette de dinosaure à long cou comme le Qijianglong et n’a pas imaginé une créature mythique. »— Tetsuto Miyashita, candidat au doctorat en sciences biologiques de l’Université de l’Alberta.

Les paléontologues ont été surpris de constater que le dinosaure possédait un cou unique. Les vertèbres étaient remplies d’air, ce qui permettait au cou d’être relativement léger compte tenu de sa taille gigantesque. Également, les jointures entre les vertèbres s’imbriquaient les unes dans les autres, de sorte que l’animal devait surtout bouger son cou de haut en bas, un peu comme une grue de construction.

Le Qijianglong fait partie de la famille des Mamenchisauridae qui se trouvaient uniquement en Asie. Tetsuto Miyashita affirme que cette découverte montre aux scientifiques que les espèces qui présentaient des caractéristiques extrêmes survivaient mieux isolées du reste du monde.

Il précise que les raisons qui expliquent cette isolation sur un seul continent ne sont pas encore connues, mais que les dinosaures pourraient avoir été bloqués par une barrière physique comme une mer qui n’existerait plus aujourd’hui. Une fois que cette barrière physique eût disparu, l’espèce a peut-être perdu son combat pour la survie en raison de la compétition d’espèces invasives, croit Tetsuto Miyashita.

Le squelette fossilisé du Qijianglong se trouve maintenant dans un musée de la ville de Qijian.

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La majorité des oiseaux apparus après les dinosaures


Grâce à l’informatique, il a été plus facile de mieux comprendre ce qui s’est passé chez les oiseaux avant et après la disparition des dinosaures
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La majorité des oiseaux apparus après les dinosaures

 

La vaste majorité des 10 000 espèces d’oiseaux est apparue après l’extinction des dinosaures et non des millions d’années auparavant, affirment 200 scientifiques de vingt pays, qui ont réalisé 28 études génomiques qui apportent également un nouvel éclairage sur leur évolution et sur celle des humains.

Leurs travaux ont ainsi permis de séquencer le génome de 48 grandes espèces aviaires (autruche, canard, faucon, perroquet, ibis, aigle, etc.).

Ainsi, ces recherches démontrent que seules quelques espèces d’oiseaux ont survécu à l’extinction des dinosaures, il y a 66 millions d’années. Elles ont ensuite, comme d’autres animaux, connu un « big bang », c’est-à-dire une évolution accélérée permettant l’émergence en moins de 15 millions d’années d’une diversité aviaire spectaculaire.

Cette nouvelle connaissance contredit l’hypothèse avancée jusqu’à présent selon laquelle les oiseaux dits modernes étaient apparus de 10 à 80 millions d’années avant la disparition des dinosaures.

Voici quelques autres faits établis par ces études :

  • L’ancêtre commun aux oiseaux, aux crocodiles (leur plus proche cousin vivant) et aux dinosaures sont les archosauriens.

  • Le poulet partage plus de similarités dans ses chromosomes avec les dinosaures que les autres oiseaux.

  • Certaines espèces d’oiseaux possèdent les mêmes gènes que les humains pour l’apprentissage des sons.

  • Les oiseaux ayant survécu aux dinosaures ont perdu leurs dents il y a environ 116 millions d’années avec des mutations sur les cinq gènes codant la production d’émail et d’ivoire.

  • Les oiseaux aquatiques ont trois origines distinctes.

  • L’ancêtre commun des oiseaux terrestres (perroquet, pivert, chouette, aigle, faucon, etc.) était un grand prédateur.

  • Malgré la diversité biologique des oiseaux, leur génome contient moins de gènes (14 000 environ) que d’autres grandes familles animales.

  • Le génome des oiseaux a perdu des milliers de gènes au début de leur évolution peu après avoir divergé des autres reptiles.

Selon le Pr Guojie Zhang, de la National Genebank en Chine, un grand nombre de ces gènes ont des fonctions essentielles chez les humains comme dans la reproduction, la formation du squelette et des poumons.

« La perte de ces gènes clés pourrait avoir eu un effet important sur l’évolution d’un grand nombre de caractéristiques des oiseaux. Ceci est intéressant, car on s’attend généralement à ce que l’innovation en matière d’évolution résulte de la création de nouveaux matériaux génétiques, pas d’une perte… » — Pr Guojie Zhang, de la National Genebank

Après cette perte de gènes tôt dans leur évolution, la structure génomique aviaire est restée remarquablement stable pendant plus de 100 millions d’années, ont conclu les chercheurs.

Dans le même temps, les mammifères ont évolué de manière beaucoup plus importante.

La masse des données produites par ce séquençage des génomes de 48 espèces a requis 300 années de temps de calcul ordinateur, et certaines analyses ont nécessité des super ordinateurs.

Le détail de ces études est publié dans la revue Science.

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