Le Saviez-Vous ► Que mangeaient les Hommes préhistoriques ?


Les hommes préhistoriques n’étaient pas végétariens, ils mangeaient beaucoup de viande, par contre, ils se nourrissaient aussi de pollen, et autres végétaux.
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Que mangeaient les Hommes préhistoriques ?

Mammouth

Les mammouths constituaient une part importante de l’alimentation des hommes préhistoriques de la culture du Gravettien.

VHB / SCIENCE PHOTO LIBRARY

Les chercheurs ont reconstitué le régime alimentaire des hommes préhistoriques grâce à l’analyse de restes trouvés près des foyers.

« Les hommes du Paléolithique étaient plus carnivores que nous, explique le paléoanthropologue Antoine Balzeau. Cependant, on a trouvé des pollens, des restes de végétaux et des pierres chauffées indiquant qu’ils mangeaient des plantes, et pas seulement crues. Pour les faire cuire à l’eau, comme ils n’avaient pas de récipients allant au feu, ils plongeaient des pierres brûlantes dans le liquide pour le réchauffer. »

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Ces yeux de mouche parfai­te­ment conser­vés sont vieux de 54 millions d’an­nées


Trouvé des yeux de mouche vieux de 54 millions d’années et très bien conservés est vraiment assez surprenant.

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Ces yeux de mouche parfai­te­ment conser­vés sont vieux de 54 millions d’an­nées


Crédits : Johan Lind­gren

par  Nicolas Pujos

Le cher­cheur suédois Johan Lind­gren a décou­vert des yeux de mouche fossi­li­sés parfai­te­ment conser­vés, vieux de 54 millions d’an­nées, comme le révé­lait la revue Nature le 14 août.

Les travaux publiés dans la revue scien­ti­fique par ce paléon­to­logue de l’uni­ver­sité Lund, en Suède, sont le résul­tat d’une conser­va­tion excep­tion­nelle, comme l’ex­plique Lind­gren.

« Pour que des détails aussi déli­cats soient conser­vés dans des archives fossiles, des condi­tions de conser­va­tion excep­tion­nelles sont néces­saires. »

Pour les cher­cheurs, la décou­verte de ces yeux fossi­li­sés est essen­tielle car ces derniers sont les organes visuels les plus répan­dus dans le règne animal, et notam­ment chez les arthro­podes dont les insectes et les crus­ta­cés.

Les paléon­to­logues ont décou­vert des traces d’un pigment appelé eumé­la­nine dans les yeux fossi­li­sés, ce qui est suscep­tible de boule­ver­ser le stade actuel de la recherche scien­ti­fique.

« Nous devons rééva­luer ce que nous pensons savoir sur les proprié­tés optiques des yeux trilo­bites », a déclaré Lind­gren. « C’est impor­tant car les trilo­bites sont parmi les premiers orga­nismes connus pour la complexité des yeux et leur fonc­tion est extrê­me­ment impor­tant pour évaluer l’évo­lu­tion des yeux compo­sés. »

Source : Nature

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Le plus grand perroquet du monde mesurait un mètre de haut


Les paléontologues ont examiné un fossile d’un oiseau qu’ils ont trouvé en 2008. Aujourd’hui, ils ont découvert que l’os appartenait à un perroquet qui aurait existé, il y a 19 millions d’années. Sa grandeur est étonnante avec ces 1 mètres qui fait de lui le plus grand perroquet du monde.
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Le plus grand perroquet du monde mesurait un mètre de haut


Bien que grandement menacé, le kakapo est aujourd’hui le plus grand perroquet vivant. Mais Hercule, ce perroquet que des chercheurs ont identifié en Nouvelle-Zélande grâce à des os fossilisés, mesurait, semble-t-il, près de deux fois plus que le kakapo.

Une étude publiée par une équipe internationale de paléontologues révèle que les restes d’un perroquet géant ont été découverts fossilisés près de St Bathans au centre de l’Île-du-Sud de la Nouvelle-Zélande, une zone de fouilles riche en fossiles du Miocène, une ère remontant entre 5 et 23 millions d’années. « Hercule » — comme ils l’ont baptisé — mesurait près d’un mètre, pesait jusqu’à sept kilogrammes et vivait voilà 19 millions d’années. 

« Nous pensons qu’il était incapable de voler », a expliqué mercredi à l’AFP Paul Scofield, conservateur en chef au Musée de Canterbury.

Les scientifiques se sont fondés sur l’étude des os d’une patte, retrouvés en 2008. À l’époque, personne ne savait trop à quoi correspondait cette trouvaille, restée onze ans durant à prendre la poussière sur une étagère avant que des scientifiques ne s’y intéressent à nouveau cette année.

« L’idée qu’il puisse s’agir d’un perroquet géant ne nous avait pas effleurés, a poursuivi M. Scofield, nous pensions à une sorte d’aigle, jusqu’à ce que nous les examinions à nouveau ».

Le perroquet a reçu le nom d’Heracles inexpectatus en référence à sa taille, mais également au caractère inattendu de sa découverte. 

« Hercule, le plus grand perroquet connu, disposait sans aucun doute d’un bec énorme qui pouvait ouvrir en deux tout ce qu’il voulait et il a fort bien pu se régaler d’autre chose que de la nourriture habituelle des perroquets, peut être même d’autres perroquets », a expliqué Mike Archer, du Centre de recherches de paléontologie de l’Université de Nouvelle-Galles-du-Sud.

En haut, un os fossilisé de Hercule, le perroquet géant de Nouvelle-Zélande. En bas, les os d’une patte de kakapo. © Flinders University

En haut, un os fossilisé de Hercule, le perroquet géant de Nouvelle-Zélande. En bas, les os d’une patte de kakapo. © Flinders University

    D’autres espèces inattendues à découvrir

    La Nouvelle-Zélande est connue pour ses oiseaux non volants aux dimensions imposantes comme le moa (Dinornis), disparu à la fin du XVIIIe siècle et qui mesurait jusqu’à 3,6 m de haut. 

    « Mais jusqu’à présent, personne n’avait découvert la trace d’un perroquet géant disparu, nulle part », a souligné Trevor Worthy, professeur associé à l’université Flinders (Australie). L’oiseau faisait à peu près deux fois la taille du kakapo, une espèce menacée de disparition qui était jusqu’alors le plus gros perroquet connu.“

    Chaque année nous apporte des révélations.

    « Nous fouillons ces dépôts fossiles depuis vingt ans et chaque année nous apporte des révélations sur de nouveaux oiseaux ou d’autres animaux, a-t-il ajouté. Il y a sans aucun doute encore bien davantage d’espèces inattendues à découvrir. »

    L’an dernier, les scientifiques avaient découvert les restes fossilisés d’une chauve-souris qui vivait il y a 16 à 19 millions d’années. L’animal, qui faisait trois fois la taille d’une chauve-souris contemporaine et pesait 40 grammes, avait la particularité de voler, mais aussi de parcourir le sol à quatre pattes.

    CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Des os fossilisés d’un perroquet géant ont été retrouvés en Nouvelle-Zélande.

  • Baptisé Heracles inexpectatus, l’oiseau mesurait un mètre de haut, pesait jusqu’à sept kilogrammes et vivait il y a 19 millions d’années.

  • Des caractéristiques qui le propulsent au rang de plus grand perroquet du monde, devant le kakapo.

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Le plus petit singe fossile n’était pas plus gros qu’un hamster


C’est une preuve de patience ! Tamiser 1 tonne de sédiments pour trouver des fossiles, dont une dent. Cette molaire appartenant à un singe qui était vraiment petit, il devait peser environ 200 gramme, et serait âgé de 17 à 19 millions d’années.

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Le plus petit singe fossile n’était pas plus gros qu’un hamster

Rivière sédimentaire Alto Madre de Dios

Le long du fleuve Alto Madre de Dios des sédiments ont livré des dizaines de fossiles permettant de dresser une image de l’Amazonie, il y a 18 millions d’années.

WOUT SALENBIEN, UNIVERSITÉ DUKE

Par Joël Ignasse

Une équipe de scientifiques péruviens et américains a découvert les restes du plus petit singe fossile, âgé de 18 millions d’années.

Une toute petite dent. Grosse comme le double d’une tête d’épingle. C’est l’unique fossile retrouvé par des paléontologues péruviens et américains dans des dépôts sédimentaires issus des bords du fleuve Río Alto Madre de Dios, au Pérou. Elle a suffi à établir l’existence d’une nouvelle espèce de singe qui vivait dans les environs, il y a 17 à 19 millions d’années.

Une dent découverte dans 1 tonne de sédiments

La dent en question a été dénichée, cachée dans presque 1 tonne de sédiments extraits des bords du fleuve et ramenés par les scientifiques. Après avoir laissé trempé le matériau composé de blocs de grès et de graviers, ils ont tamisé l’ensemble à la recherche d’os, de dents et de mâchoires fossiles. Une démarche fructueuse puisqu’ils ont récupéré des centaines de fossiles de rongeurs, de chauves-souris et d’autres animaux. Mais le trésor, c’était cette minuscule dent. Il s’agit d’une molaire supérieure attribuée à une nouvelle espèce de singe baptisée Parvimico materdei.

Scanner 3D de la dent retrouvée. Crédit : 3D scan by Duke SMIF

L’examen de cette dent a permis d’en savoir plus sur son porteur, un animal qui devait peser au plus 200 grammes. C’était sans doute un croqueur d’insectes et de fruits. C’est le plus petit fossile connu de singe mais il devait être un poil plus gros que le ouistiti pygmée, Callithrix pygmaea, un primate qui vit aussi, de nos jours, en Amazonie. Il fait l’objet d’une publication dans la revue Journal of Human Evolution.

Les mystérieux singes du Nouveau Monde

C’est un nouveau représentant des singes du nouveau monde qui a été découvert et qui plus est pour une période où les fossiles sont pratiquement absents. En effet, les fossiles de singes d’Amérique du Sud, âgés de 31 à 13 millions d’années, se comptent sur les doigts de la main. Les singes du Nouveau Monde, ou platyrhiniens, se distinguent des espèces africaines par un certain nombre de caractéristiques dont un pouce moins opposable et une queue préhensible. On compte parmi les espèces actuelles les plus connues : le ouistiti, le tamarin ou le singe hurleur.

Les ancêtres de ces singes sont arrivés en provenance d’Afrique, il y a un peu moins de 40 millions d’années. Probablement à bord de radeaux de végétation, des amas d’arbres et d’herbes sèches qui voguent au gré des courants. Ils se sont rapidement diversifiés pour former près de 150 espèces différentes mais la manière dont cette radiation évolutive s’est produite est encore mystérieuse, en raison notamment de cette lacune de 15 millions d’années dans le registre fossile. La découverte de Parvimico contribuera sans doute à lever une partie des interrogations. Et d’autres nouveaux fossiles sont sans doute à venir, l’équipe est effet repartie pour une nouvelle campagne de fouille. Cette fois dans des sédiments datés de 30 millions d’années.

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Une nouvelle espèce de lézard découverte dans l’estomac d’un dinosaure !


Un microraptor zhaoianus est de la même famille que le vélociraptor a été découvert en Chine avec le contenu de son estomac presqu’intact. Il s’agit d’un lézard qui était inconnu des scientifiques. Avec d’autres découvertes du même genre, ils ont pu découvrir le régime alimentaire de ces dinosaures.
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Une nouvelle espèce de lézard découverte dans l’estomac d’un dinosaure !

Fossile de microraptor avec un lézard

Un fossile de microraptor découvert avec un fossile ingéré de lézard.

JINGMAI O’CONNOR

Par Joël Ignasse

La découverte de ce lézard permet de mieux comprendre le régime alimentaire de ces petits dinosaures.

Microraptor zhaoianus est un petit dinosaure à plumes qui appartient à la famille des Dromaeosauridae qui compte dans ces membres le célèbre vélociraptor et d’autres microraptors connus pour leur capacité au vol. Un de ces fossiles a été retrouvé dans la province du Liaoning au nord-est de la Chine avec une proie presque entière dans son estomac.

Un représentant de la faune de Jehol

La proie en question est un lézard qui a été baptisé Indrasaurus wangi et il est le représentant d’une espèce inconnue jusqu’alors. Il possède un type de dents encore jamais observé chez les fossiles de reptiles découverts dans la même zone et qui, avec de nombreux autres animaux, forment la faune de Jehol. Depuis deux décennies, les paléontologues extraient en effet des roches du Liaoning des dizaines de fossiles de reptiles donc mais aussi de mammifères, d’oiseaux et de dinosaures à plumes. La plupart de ces spécimens appartiennent au Crétacé inférieur, il y a plus de 100 à 130 millions d’années. Toutefois dans ces mêmes sites, les paléontologues ont aussi retrouvé des fossiles datés d’environ 160 millions d’années, une période correspondant au Jurassique. 

Des dinosaures au régime alimentaire varié

Il s’agit du quatrième cas documenté d’un microraptor retrouvé avec le contenu de son estomac. On sait maintenant que ce dinosaure se nourrissait de mammifères, de poissons, d’oiseaux et de lézards. Ce qui conforte l’idée que c’était un prédateur opportuniste, estiment ses découvreurs dans la revue Current Biology. Le lézard a été retrouvé presque complet avec son squelette bien conservé, ce qui indique qu’il a été avalé entier, la tête la première. Une technique qu’utilisent de nos jours les oiseaux carnivores et certains reptiles. Dans la faune de Jehol, d’autres animaux ont été retrouvés avec le contenu de leur bol alimentaire. En tout, les scientifiques dénombrent une vingtaine de fossiles qui permettent de dresser un premier aperçu des interactions trophiques de l’époque. Dans la majorité des cas, ce sont les poissons qui semblent constituer la proie préférentielle.

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Exceptionnel : une tête de loup préhistorique de 40.000 ans retrouvée en Sibérie


Dans le pergélisol en Russie, des habitants on trouver une tête de loup qui daterait de 40 000 ans. C’est le premier loup trouvé aussi vieux, même si le corps est incomplet, la tête est particulièrement très bien conservé. Tout y est, la fourrure, les muscles, les crocs, tissus, et même le cerveau.
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Exceptionnel : une tête de loup préhistorique de 40.000 ans retrouvée en Sibérie

Tête coupée d’un loup du Pléistocène retrouvée sur les rives de la Tirekhtyakh River, dans la République de Sakha, dans le nord-est de la Sibérie. © Albert Protopopov

Tête coupée d’un loup du Pléistocène retrouvée sur les rives de la Tirekhtyakh River, dans la République de Sakha, dans le nord-est de la Sibérie. © Albert Protopopov


Floriane Boyer
Rédactrice

Une tête de loup préhistorique coupée a été retrouvée en Sibérie, parfaitement préservée dans le pergélisol arctique depuis plus de 40.000 ans, rapporte le Siberian Times.

La tête de 40 cm de long appartenait à un adulte âgé de deux à quatre ans. Elle porte encore de la fourrure, des muscles, des crocs et d’autres tissus. Elle contient même encore le cerveau de l’animal. C’est la première fois que la dépouille, certes incomplète, d’un loup du Pléistocène (période précédant l’Holocène) arrivé à maturité nous parvient dans un tel état de conservation, selon Albert Protopopov de l’Académie des sciences de Sakha, située dans le nord-est de la Sibérie.

La découverte extraordinaire a été faite par hasard en été 2018, au bord d’une rivière, par un habitant de la région. Elle a été dévoilée lors de l’inauguration d’une exposition au National Museum of Emerging Science and Innovation, à Tokyo, sur les mammouths et autres animaux préhistoriques ayant traversé le temps momifiés dans le sol gelé de Sibérie. Les paléontologues japonais et russes vont comparer ces restes de loup préhistorique aux spécimens modernes pour reconstituer son apparence, son anatomie, son évolution et son mode de vie, tandis que des chercheurs du Muséum d’histoire naturelle suédois analyseront son ADN, d’après le Siberian Times.

Tête incroyablement bien préservée d’un loup du Pléistocène datant de plus de 40.000 ans. Elle a traversé les âges, préservée dans le sous-sol gelé de Sibérie. © NAO Foundation, Cave Lion Research Project. Photo by Naoki Suzuki (Jikei University School of Medicine, Tokyo)

Tête incroyablement bien préservée d’un loup du Pléistocène datant de plus de 40.000 ans. Elle a traversé les âges, préservée dans le sous-sol gelé de Sibérie. © NAO Foundation, Cave Lion Research Project. Photo by Naoki Suzuki (Jikei University School of Medicine, Tokyo)

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Une momie d’Équateur, clé pour savoir comment une maladie a atteint l’Europe


La momie de Guano, n’a rien de conventionnelle. Elle a été retrouvée dans les murs d’un couvent franciscain. Il ne portait pas l’habit d’un moine franciscain et il est très bien conservé. Cette momie pourrait raconter l’histoire d’une maladie originaire d’Amérique et elle est maintenant partout dans le monde, la polyarthrite rhumatoïde.
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Une momie d’Équateur, clé pour savoir comment une maladie a atteint l’Europe

 

 

PAOLA LOPEZ
Agence France-Presse
Quito

Le docteur Philippe Charlier pointe la fistule au menton qui aurait provoqué la mort de la personne.

PHOTO RODRIGO BUENDIA, AFP

Sa peau ressemble à du carton, ses mains sont percées de trous. Ce corps momifié datant du XVIe siècle, découvert en Équateur, serait la clé pour retracer l’histoire d’une douloureuse maladie des articulations, qui s’est répandue depuis l’Amérique en Europe.

« C’est une momie extrêmement importante pour l’histoire des maladies », a précisé à l’AFP le médecin légiste, anthropologue et paléontologiste Philippe Charlier, directeur du département de la recherche et de l’enseignement du musée du Quai Branly à Paris.

L’expert français s’est rendu à Quito pour analyser les restes de ce « patient », au laboratoire de l’Institut national du patrimoine culturel. Le corps momifié présente des marques permettant de tracer l’origine de la polyarthrite rhumatoïde, et sa traversée jusqu’en Europe.

Selon l’INPC, il s’agirait d’un moine d’origine espagnole. Mais des études en cours pour déterminer son identité pourraient donner un autre résultat.

La sépulture de la momie, identifiée par l’institut comme celle du frère Lazaro de la Cruz de Santofimia, était inhabituelle : elle a été découverte entre les murs du couvent de l’Assomption à Guano, dans la province de Chimborazo (centre andin).

Une tombe atypique

A la différence d’autres corps enterrés dans des églises, en position horizontale dans des cercueils, la momie de Guano était dressée, sans autre protection que les murs de pierre, avec auprès d’elle un rat naturellement momifié aussi.

Conservé dans une atmosphère froide et sèche, le corps n’a pas été altéré par les mouches et les larves, ce qui a permis la préservation des tissus portant les marques de la polyarthrite rhumatoïde.

Cette maladie inflammatoire des articulations, propre au continent américain, intéresse le Dr Charlier, qui a par ailleurs étudié les restes de Hitler, Descartes, Robespierre et du premier homme de Cro-Magnon.

« C’est une maladie fréquente maintenant, mais son foyer d’origine est en Amérique, avant l’arrivée de Christophe Colomb », a expliqué mercredi cet expert, ajoutant que « la momie de Guano, c’est peut-être le chaînon manquant […] qui va nous permettre de comprendre comment cette maladie, qui était américaine à l’origine, est devenue ensuite une maladie mondiale par hybridation, par la confrontation entre deux mondes ».

Un moine franciscain ?

Un tremblement de terre, survenu dans le centre andin de l’Équateur en 1949, avait mis à jour l’étrange sépulture du présumé moine franciscain et gardien du couvent de 1560 à 1565, selon l’Université San Francisco de Quito, qui participe aux recherches.

« La momie de Guano rentre dans ce cadre des momies atypiques et des morts atypiques, et des sépultures atypiques » du fait de la position dans laquelle elle a été découverte et du fait de l’absence d’éléments chrétiens tel qu’un chapelet, et d’un cercueil, selon le Dr Charlier.

Les recherches n’ont pas encore permis de définir la date de la mort, mais ont déterminé sa cause la plus probable : une fistule au menton qui a dégénéré en abcès, puis en septicémie ou en encéphalite.

Il reste aussi à confirmer l’identité de la momie par l’étude des registres de l’ordre franciscain.

Les textiles recouvrant le corps pourraient fournir une piste.

« Ce qu’il a sur lui, n’est pas du tout le vêtement d’un frère franciscain. Un frère franciscain a une robe de bure, généralement de couleur brun foncé, et pas des vêtements de qualité comme on peut en voir sur ce monsieur là », a précisé l’expert français.

Philippe Charlier a pu étudier la momie durant deux jours. Pour son transfert depuis Guano, les techniciens de l’INPC avaient fabriqué sur mesure un cercueil en éponge, dont le corps n’a été retiré que sous le regard attentif du médecin légiste, arrivé mardi à Quito. 

Il a prélevé des échantillons d’os et de tissus secs afin de procéder à des analyses génétiques et au carbone 14.

« Les morts sont aussi vivants que nous. Nous, on est des futurs morts. Donc pour moi, c’est une chaîne, une chaîne continue. Et il n’y a aucun caractère morbide : je ne travaille pas sur les morts parce que la mort m’intéresse, je travaille sur les morts parce qu’ils ont beaucoup de choses à nous raconter », a-t-il souligné.

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