Exceptionnel : une tête de loup préhistorique de 40.000 ans retrouvée en Sibérie


Dans le pergélisol en Russie, des habitants on trouver une tête de loup qui daterait de 40 000 ans. C’est le premier loup trouvé aussi vieux, même si le corps est incomplet, la tête est particulièrement très bien conservé. Tout y est, la fourrure, les muscles, les crocs, tissus, et même le cerveau.
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Exceptionnel : une tête de loup préhistorique de 40.000 ans retrouvée en Sibérie

Tête coupée d’un loup du Pléistocène retrouvée sur les rives de la Tirekhtyakh River, dans la République de Sakha, dans le nord-est de la Sibérie. © Albert Protopopov

Tête coupée d’un loup du Pléistocène retrouvée sur les rives de la Tirekhtyakh River, dans la République de Sakha, dans le nord-est de la Sibérie. © Albert Protopopov


Floriane Boyer
Rédactrice

Une tête de loup préhistorique coupée a été retrouvée en Sibérie, parfaitement préservée dans le pergélisol arctique depuis plus de 40.000 ans, rapporte le Siberian Times.

La tête de 40 cm de long appartenait à un adulte âgé de deux à quatre ans. Elle porte encore de la fourrure, des muscles, des crocs et d’autres tissus. Elle contient même encore le cerveau de l’animal. C’est la première fois que la dépouille, certes incomplète, d’un loup du Pléistocène (période précédant l’Holocène) arrivé à maturité nous parvient dans un tel état de conservation, selon Albert Protopopov de l’Académie des sciences de Sakha, située dans le nord-est de la Sibérie.

La découverte extraordinaire a été faite par hasard en été 2018, au bord d’une rivière, par un habitant de la région. Elle a été dévoilée lors de l’inauguration d’une exposition au National Museum of Emerging Science and Innovation, à Tokyo, sur les mammouths et autres animaux préhistoriques ayant traversé le temps momifiés dans le sol gelé de Sibérie. Les paléontologues japonais et russes vont comparer ces restes de loup préhistorique aux spécimens modernes pour reconstituer son apparence, son anatomie, son évolution et son mode de vie, tandis que des chercheurs du Muséum d’histoire naturelle suédois analyseront son ADN, d’après le Siberian Times.

Tête incroyablement bien préservée d’un loup du Pléistocène datant de plus de 40.000 ans. Elle a traversé les âges, préservée dans le sous-sol gelé de Sibérie. © NAO Foundation, Cave Lion Research Project. Photo by Naoki Suzuki (Jikei University School of Medicine, Tokyo)

Tête incroyablement bien préservée d’un loup du Pléistocène datant de plus de 40.000 ans. Elle a traversé les âges, préservée dans le sous-sol gelé de Sibérie. © NAO Foundation, Cave Lion Research Project. Photo by Naoki Suzuki (Jikei University School of Medicine, Tokyo)

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Une momie d’Équateur, clé pour savoir comment une maladie a atteint l’Europe


La momie de Guano, n’a rien de conventionnelle. Elle a été retrouvée dans les murs d’un couvent franciscain. Il ne portait pas l’habit d’un moine franciscain et il est très bien conservé. Cette momie pourrait raconter l’histoire d’une maladie originaire d’Amérique et elle est maintenant partout dans le monde, la polyarthrite rhumatoïde.
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Une momie d’Équateur, clé pour savoir comment une maladie a atteint l’Europe

 

 

PAOLA LOPEZ
Agence France-Presse
Quito

Le docteur Philippe Charlier pointe la fistule au menton qui aurait provoqué la mort de la personne.

PHOTO RODRIGO BUENDIA, AFP

Sa peau ressemble à du carton, ses mains sont percées de trous. Ce corps momifié datant du XVIe siècle, découvert en Équateur, serait la clé pour retracer l’histoire d’une douloureuse maladie des articulations, qui s’est répandue depuis l’Amérique en Europe.

« C’est une momie extrêmement importante pour l’histoire des maladies », a précisé à l’AFP le médecin légiste, anthropologue et paléontologiste Philippe Charlier, directeur du département de la recherche et de l’enseignement du musée du Quai Branly à Paris.

L’expert français s’est rendu à Quito pour analyser les restes de ce « patient », au laboratoire de l’Institut national du patrimoine culturel. Le corps momifié présente des marques permettant de tracer l’origine de la polyarthrite rhumatoïde, et sa traversée jusqu’en Europe.

Selon l’INPC, il s’agirait d’un moine d’origine espagnole. Mais des études en cours pour déterminer son identité pourraient donner un autre résultat.

La sépulture de la momie, identifiée par l’institut comme celle du frère Lazaro de la Cruz de Santofimia, était inhabituelle : elle a été découverte entre les murs du couvent de l’Assomption à Guano, dans la province de Chimborazo (centre andin).

Une tombe atypique

A la différence d’autres corps enterrés dans des églises, en position horizontale dans des cercueils, la momie de Guano était dressée, sans autre protection que les murs de pierre, avec auprès d’elle un rat naturellement momifié aussi.

Conservé dans une atmosphère froide et sèche, le corps n’a pas été altéré par les mouches et les larves, ce qui a permis la préservation des tissus portant les marques de la polyarthrite rhumatoïde.

Cette maladie inflammatoire des articulations, propre au continent américain, intéresse le Dr Charlier, qui a par ailleurs étudié les restes de Hitler, Descartes, Robespierre et du premier homme de Cro-Magnon.

« C’est une maladie fréquente maintenant, mais son foyer d’origine est en Amérique, avant l’arrivée de Christophe Colomb », a expliqué mercredi cet expert, ajoutant que « la momie de Guano, c’est peut-être le chaînon manquant […] qui va nous permettre de comprendre comment cette maladie, qui était américaine à l’origine, est devenue ensuite une maladie mondiale par hybridation, par la confrontation entre deux mondes ».

Un moine franciscain ?

Un tremblement de terre, survenu dans le centre andin de l’Équateur en 1949, avait mis à jour l’étrange sépulture du présumé moine franciscain et gardien du couvent de 1560 à 1565, selon l’Université San Francisco de Quito, qui participe aux recherches.

« La momie de Guano rentre dans ce cadre des momies atypiques et des morts atypiques, et des sépultures atypiques » du fait de la position dans laquelle elle a été découverte et du fait de l’absence d’éléments chrétiens tel qu’un chapelet, et d’un cercueil, selon le Dr Charlier.

Les recherches n’ont pas encore permis de définir la date de la mort, mais ont déterminé sa cause la plus probable : une fistule au menton qui a dégénéré en abcès, puis en septicémie ou en encéphalite.

Il reste aussi à confirmer l’identité de la momie par l’étude des registres de l’ordre franciscain.

Les textiles recouvrant le corps pourraient fournir une piste.

« Ce qu’il a sur lui, n’est pas du tout le vêtement d’un frère franciscain. Un frère franciscain a une robe de bure, généralement de couleur brun foncé, et pas des vêtements de qualité comme on peut en voir sur ce monsieur là », a précisé l’expert français.

Philippe Charlier a pu étudier la momie durant deux jours. Pour son transfert depuis Guano, les techniciens de l’INPC avaient fabriqué sur mesure un cercueil en éponge, dont le corps n’a été retiré que sous le regard attentif du médecin légiste, arrivé mardi à Quito. 

Il a prélevé des échantillons d’os et de tissus secs afin de procéder à des analyses génétiques et au carbone 14.

« Les morts sont aussi vivants que nous. Nous, on est des futurs morts. Donc pour moi, c’est une chaîne, une chaîne continue. Et il n’y a aucun caractère morbide : je ne travaille pas sur les morts parce que la mort m’intéresse, je travaille sur les morts parce qu’ils ont beaucoup de choses à nous raconter », a-t-il souligné.

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Les dépouilles d’étranges créa­tures ont été retrou­vées sous la glace d’un lac perdu de l’An­tar­c­tique


Lors d’un forage plusieurs mètres sous la glace en Antarctique, petites bêtes marines et terrestres ont été découverte. On ne sait pas encore l’âge exacte de ce petit monde qui ont été gelée depuis des millénaires. Ces chercheurs ne seront pas au chomage en tentant d’identifier leur trouvaille
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Les dépouilles d’étranges créa­tures ont été retrou­vées sous la glace d’un lac perdu de l’An­tar­c­tique

 

Credits : Billy Collins/SALSA

par  Ulyces 

Des scien­ti­fiques améri­cains ont mis à jour les carcasses de minus­cules créa­tures, enfouies à plus de 1 065 mètres sous la glace. Décou­vert acci­den­tel­le­ment en 2007, le lac Mercer, en Antar­c­tique, est une vaste éten­due d’eau sous-glaciaire, que les scien­ti­fiques n’avaient jamais explo­rée jusqu’en décembre 2018, rapporte la revue spécia­li­sée Nature.

Pour la première fois de l’his­toire, les cher­cheurs du projet Salsa (Subgla­cial Antar­c­tic Lakes Scien­ti­fic Access) sont parve­nus à étudier le lac, et ont détecté, à l’aide d’une foreuse à haute pres­sion, des restes de minus­cules crus­ta­cés, à plus d’un kilo­mètre de profon­deur.

Cette décou­verte était « tota­le­ment inat­ten­due », a fait savoir David Harwood, l’un des micro-paléon­to­logues présent lors de l’ex­pé­di­tion.

Une trou­vaille d’au­tant plus surpre­nante que certains spéci­mens sont visi­ble­ment des terriens. Le tardi­grade à huit pattes iden­ti­fiée en décembre ressemble ainsi à certaines espèces connues pour habi­ter les sols humides. Les cher­cheurs pensent donc que ces créa­tures vivaient dans les étangs et les ruis­seaux des montagnes trans-antar­c­tiques, à envi­ron 50 kilo­mètres du lac Mercer. Lorsque le climat s’est fait plus froid, la glace aurait envahi et recou­vert ces zones de vie.

Credits : Bob Zook and John Winans/SALSA

Les spéci­mens obser­vés, dont certains sont plus petits qu’une « graine de coque­li­cot », ont certai­ne­ment été trans­por­tés dans le lac Mercer après leur mort, il y a des milliers, ou des dizaines de milliers d’an­nées. Dans les mois à venir, l’équipe du projet SALSA devrait pouvoir déter­mi­ner l’âge des carcasses, grâce à la data­tion au radio­car­bone. Elle tentera égale­ment de séquen­cer des frag­ments d’ADN prove­nant de ces restes, afin de déter­mi­ner si les crus­ta­cés appar­tiennent à des espèces marines ou d’eau douce.

Credits : Kathy Kasic/SALSA

Sources : Daily Mail / Nature

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Un plésiosaure vivait en Antarctique il y a 150 millions d’années


Avec l’archéologie, il arrive souvent que les découvertes reculent de plusieurs milliers voir millions d’années la présence d’animaux de la préhistoire. C’est ce qui est arrivé avec le plésiosaure trouver en Antarctique. À l’époque de la dérive des continents, alors que l’Antarctique était relié à l’Afrique
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Un plésiosaure vivait en Antarctique il y a 150 millions d’années

 

Représentation artistique des restes fossilisés découverts en Antarctique.

Représentation artistique des restes fossilisés découverts en Antarctique.   Photo : Conicet

Les restes fossilisés d’un reptile marin carnivore qui vivait il y a 150 millions d’années en Antarctique ont été mis au jour par une équipe de paléontologues argentins.

Les ossements ont été découverts dans un nouveau gisement paléontologique situé à 113 kilomètres au sud-ouest de la station de recherche argentine de Marambio.

À cet endroit, nous avons trouvé une grande diversité de [fossiles] de poissons et de mollusques, mais nous ne pensions pas trouver un plésiosaure aussi ancien. Soledad Cavalli, Centre national d’études scientifiques et techniques d’Argentine associé à l’Université de La Matanza

La taille du reptile pourrait atteindre 12 mètres. Il avait un long cou et quatre nageoires.

Cette découverte repousse de 80 millions d’années la présence de plésiosaures en Antarctique.

À ce moment de l’ère jurassique, la température des océans était beaucoup plus élevée qu’aujourd’hui et la carte du monde était fort différente. La dérive des continents était bien enclenchée. En fait, l’Antarctique venait de se séparer de l’Afrique après avoir fait partie d’une grande plateforme commune avec l’Australie, l’Inde, Madagascar, l’Afrique et l’Amérique du Sud.

Selon le paléontologue José O’Gorman, ce plésiosaure, en plus d’être le premier du genre découvert en Antarctique qui y vivait durant cette ère, apporte une preuve concrète de la dispersion de ces reptiles au moyen d’un passage qui existait entre l’Afrique et l’Antarctique.

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Le Wakaleo schouteni, une nouvelle espèce de lions marsupiaux


Quand on pense lion, on ne pense pas généralement à des marsupiaux. Encore moins avec une poche comme les kangourous. Pourtant, ce lion pas très gros a existé il y a de 18 millions d’années, peut-être même jusqu’ à 23 millions d’années.
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Le Wakaleo schouteni, une nouvelle espèce de lions marsupiaux

Représentation artistique d'un Wakaleo schouteni dans son milieu naturel.

Représentation artistique d’un Wakaleo schouteni dans son milieu naturel.   Photo : Peter Schouten

Les restes fossilisés d’un crâne découverts dans le nord-est de l’Australie appartiennent à une nouvelle espèce animale de la famille aujourd’hui disparue des lions marsupiaux, ont établi des paléontologues australiens.

Un texte d’Alain Labelle

La bête a été nommée Wakaleo schouteni par les paléontologues de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud.

Elle avait la taille d’un chien et pesait environ 23 kg, ce qui équivaut au cinquième du poids de la plus grosse espèce connue de lions marsupiaux, le Thylacoleo carnifex, qui pouvait peser jusqu’à 130 kg.

Il y a au moins 18 millions d’années, peut-être même jusqu’ à 23 millions d’années, le Wakaleo schouteni vivait dans des forêts chaudes et humides. Ses membres antérieurs robustes laissent à penser qu’il pouvait chasser des opossums, des lézards et d’autres petites proies.

C’est la dixième espèce de la famille des Thylacoleonidae identifiée à ce jour, et l’une des plus anciennes. Ces carnivores, dont la taille variait entre celle du raton laveur et celle du léopard, transportaient leurs petits dans une poche comme le font les kangourous et les koalas.

L’identification de cette espèce met en évidence un niveau de diversité des lions marsupiaux assez inattendu. Anna Gillespie, Université de Nouvelle-Galles-du-Sud

Cette famille comprend aujourd’hui des espèces carnivores d’Australie. Selon les paléontologues, deux de ces espèces de lions étaient déjà présentes sur le territoire australien dans l’Oligocène il y a 25 millions d’années.

Outre le Wakaleo schouteni, il y avait aussi le Wakaleo pitikantensis, identifié en 1961, qui était légèrement plus petit.

Le saviez-vous?

Les lions actuels ont évolué différemment dans l’arbre généalogique des mammifères. Les lions marsupiaux d’Australie ont été classés comme félins en raison de la taille et du découpage des dents de la première espèce identifiée, Thylacoleo carnifex, en 1859, et qui a disparu il y a 30 000 ans.

Des dents bien distinctes

Contrairement à d’autres prédateurs à dents pointues, les lions marsupiaux ont développé une dentition permettant de trancher à l’horizontale : une dent du bas s’étirait le long de la mâchoire de chaque côté, et son bord tranchant pouvait atteindre l’équivalent de quatre dents normales.

« Une dent supérieure s’étendait également, ce qui donnait à ce lion marsupial une morsure semblable à celle d’un coupe-boulon », explique la paléontologue Anna Gillespie.

L’espèce nouvellement identifiée vivait avant l’apparition de cette caractéristique dentaire particulière. Elle possédait le même nombre de dents que les premiers marsupiaux, et une dent légèrement allongée s’alignait devant les molaires.

Les espèces qui viendront après le Wakaleo schouteni seront plus imposantes et leurs dents seront encore plus longues et plus coupantes.

W. schouteni pousse l’histoire des lions marsupiaux plus profondément dans le temps. Anna Gillespie, paléontologue

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Quand Léonard de Vinci décodait les fossiles


Léonard de Vinci, en plus d’être peintre de grand talent, excellait dans d’autres domaines. Entre autres, il s’intéressait un peu aux fossiles. D’après un des croquis des fossiles marins, il viendrait changer une théorie sur les soins parentaux sur les oeufs des nouveaux nés. Ces soins auraient commencé 200 millions d’années plus tôt
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Quand Léonard de Vinci décodait les fossiles

 

 

Par Delphine Bossy, Futura

 

Un tableau de Léonard de Vinci, Salvator Mundi, s’est vendu aux enchères à un prix record de 382 millions euros le 15 novembre 2017. Mais Léonard de Vinci n’était pas que peintre, c’était aussi un inventeur de génie qui s’intéressait à différents domaines scientifiques. En travaillant brièvement sur des fossiles, il a même soulevé un grand mystère, comme nous l’évoquions dans Futura en 2012. Certains croquis du peintre sont les premières preuves d’observation de terriers hexagonaux fossilisés datant du Cambrien. Une théorie suggère qu’il s’agirait du plus ancien réseau de nids observé, mettant en lumière les premiers signes de soins parentaux.

Article de Delphine Bossy paru le 22 novembre 2012

Le soin parental est un signe de l’évolution. Les plus vieilles traces de comportement parental animal remontent à plus de 200 millions d’années. Défini pour la première fois en 1936, le soin parental caractérise l’ensemble des activités suivantes : l’édification du nid, l’incubation, les conduites alimentaires, la protection contre les prédateurs et l’apprentissage. S’il n’y a, à ce jour, aucune trace antérieure à 280 millions d’années, les paléontologues définissent souvent le Jurassique comme l’ère d’évolution des soins parentaux.

Léonard de Vinci pourrait bien avoir ébranlé cette hypothèse. Il y a 500 ans, l’artiste s’était sommairement intéressé aux fossiles. Une attention qui aura par inadvertance pointé un mystère encore non résolu. La coupable ? Une page manuscrite couverte de croquis de fossiles marins et, entre eux, un schéma de réseau hexagonal. Les paléontologues pensent que le dessin, première trace d’observation de ce type de fossile, représenterait un réseau de protection des œufs d’une espèce animale inconnue datant du début du Cambrien (soit de 542 millions d’années).

 

Le croquis du réseau hexagonal de Léonard de Vinci au milieu d'autres croquis de fossiles marins pourrait bien représenter le fossile du Paleodictyon, issu des sédiments marins du début du Cambrien. © Baucon, 2010

Le croquis du réseau hexagonal de Léonard de Vinci au milieu d’autres croquis de fossiles marins pourrait bien représenter le fossile du Paleodictyon, issu des sédiments marins du début du Cambrien. © Baucon, 2010

Les paléontologues supposent que le fossile appelé Paleodictyon est l’empreinte de terriers creusés par un animal dont l’identité est complètement inconnue. Vivant dans les sédiments du plancher océanique, l’animal n’a jamais été observé fossilisé. En effet, seuls certains exemples de terriers hexagonaux ont été retrouvés et datent du Cambrien. D’après le chercheur Mark McMenamin, cette géométrie pourrait montrer que les organismes ont commencé à s’occuper de leurs nouveau-nés des millions d’années plus tôt qu’on le pensait.

Les soins parentaux dès le début du Cambrien

Le chercheur base sa théorie sur des terriers fossiles trouvés dans l’État du Nevada aux États-Unis et au Mexique. Datés du début du Cambrien, c’est-à-dire la période où les organismes ont commencé à apparaître et à se diversifier, les fossiles ressemblent donc à des terriers hexagonaux d’une dizaine de micromètres de diamètre formant un essaim d’environ 2 cm. En regardant en détail la structure, Mark McMenamin a remarqué que l’essaim était entrecoupé de boulettes organiques de 250 à 500 micromètres, trop larges pour avoir été générées par l’espèce qui aurait aménagé ces hexagones. 

Le Paleodictyon est un réseau de terriers fossilisés provenant des sédiments du plancher des océans du début du Cambrien, voilà 542 millions d'années. D'après Mark McMenamin, ces terriers seraient des nids, ce qui signifierait que les soins parentaux des adultes sur leurs œufs et nouveau-nés auraient commencé 200 millions d'années plus tôt qu'on pensait. La pièce de monnaie de 24 mm (quarter dollar) donne la comparaison de taille. © Rona Peter & Seilacher Adolf, Wikipédia, DP

Le Paleodictyon est un réseau de terriers fossilisés provenant des sédiments du plancher des océans du début du Cambrien, voilà 542 millions d’années. D’après Mark McMenamin, ces terriers seraient des nids, ce qui signifierait que les soins parentaux des adultes sur leurs œufs et nouveau-nés auraient commencé 200 millions d’années plus tôt qu’on pensait. La pièce de monnaie de 24 mm (quarter dollar) donne la comparaison de taille. © Rona Peter & Seilacher Adolf, Wikipédia, DP

La théorie du chercheur est qu’une espèce adulte inconnue a déposé les boulettes pour former un essaim autour du nid de ses œufs.

« Les nouveau-nés se sont nourris de ces pelotes organiques décomposées par les bactéries. »

 Ainsi, malgré leur complexité, Mark McMenamin pense que les terriers sont créés par les nouveau-nés. L’idée est que le nouveau-né se nourrit, grossit et quitte le nid lorsqu’il n’y a plus de nourriture. Le chercheur a en effet remarqué que les nids au centre étaient plus petits qu’en périphérie de l’essaim. Ceci suggère que les terriers sont occupés assez brièvement, et que le juvénile se développe au fur et à mesure.

Toutefois, cette théorie ne fait pas l’unanimité.

« L’idée est certes spectaculaire mais McMenamin est connu pour de telles idées », déclare Gabriela Mangano, spécialiste canadienne des terriers du Cambrien.

Mark McMenamin devrait construire une image 3D des structures hexagonales pour déterminer si ces terriers sont réellement des nids : c’est l’avis de Duncan McIlroy.

« Je chercherais une structure faisant partie d’un grand réseau permanent créé par l’adulte », explique-t-il.

Ainsi, si les Paleodictyons pouvaient bien être des nids, ce qui serait une grande découverte, il sera difficile de le prouver sans trouver d’œufs fossilisés à l’intérieur. 

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Des centaines d’œufs de ptérosaures découverts en Chine


Le ptérosaure n’était pas un dinosaure même s’il a vécu parmi eux, mais bien un reptile. La découverte des oeufs se rajoutent à ceux qui ont été découverts en 2014. Grâce à cela, on peut penser sans trop se tromper, que les ptérosaures vivaient en colonies et devaient s’occuper de leurs oeufs et de les nourrir après l’éclosion
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Des centaines d’œufs de ptérosaures découverts en Chine

 

 

Laurent Sacco
Journaliste

 

Les ptérosaures, ces reptiles volants qui n’étaient pas des dinosaures mais qui les côtoyaient, livrent peu à peu leurs secrets aux paléontologues. La découverte de centaines d’œufs de ptérosaures en Chine nous indique que ces créatures devaient bien s’occuper de leurs petits.

Non, les ptérosaures, qui évoluaient dans les airs, n’étaient pas des dinosaures (pas plus que les plésiosaures, qui vivaient dans les mers). La confusion provient du fait que ces reptiles vivant au temps des dinosaures pouvaient être géants ; les dinosaures n’étaient pourtant pas tous de grande taille ! Quoi qu’il en soit, les ptérosaures n’en restent pas moins fascinants et ils font partie des animaux emblématiques de l’âge des « terribles lézards », comme le prouvent des films comme Jurassic Park et Jurassic World.

Un article récemment publié dans Science nous en apprend davantage sur les ptérosaures du . Bien que le premier ptérosaure fossile ait été décrit par le naturaliste italien Cosimo Collini en 1784 et qu’il fut trouvé dans des dépôts calcaires du Jurassique, près de Solnhofen, en Allemagne, ces reptiles volants sont apparus au Trias, il y a au moins 230 millions d’années.

Les ptérosaures étudiés dans cet article sont des fossiles datant de 120 millions d’années et qui ont été retrouvés non loin de la dépression de Tourfan, plus précisément dans le bassin de Turpan-Hami, dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang (plus rarement appelée également Turkestan oriental), au nord-ouest de la Chine.

Une vidéo de présentation du monde fascinant des ptérosaures. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur la roue dentée à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © American Museum of Natural History

215 œufs et 16 embryons de ptérosaures

Quelques restes fossilisés d’œufs de ptérosaures avaient déjà été trouvés dans cette région ; ils appartenaient à l’espèce connue sous le nom de Hamipterus tianshanensis. L’étude de ces œufs avait alors permis d’en apprendre un peu plus sur les ptérosaures, mais, jusqu’à présent, dans le monde entier, de tels œufs, et parfois les embryons à l’intérieur, restaient rares.

Or, voilà que des paléontologues chinois annoncent qu’ils ont identifié 215 œufs de Hamipterus tianshanensis dans un bloc de grès de 3,28 m2 qui en contient peut-être 300. Surtout, pas moins de 16 embryons ont été retrouvés dans ces œufs, notamment grâce à la tomographie à rayons X

 

Les restes fossilisés d'œufs de ptérosaures chinois avec quelques os d'adultes. © Wang et al., Science

Les restes fossilisés d’œufs de ptérosaures chinois avec quelques os d’adultes. © Wang et al., Science

Des nouveau-nés incapables de voler ?

Des restes de ptérosaures adultes ont aussi été trouvés mais leurs os, tout comme les œufs, sont orientés de façon très désordonnée. Cela indique que ce nid a subi un transport, suggérant un enfouissement rapide à l’occasion d’une inondation lors d’un orage dans un environnement fluvio-lacustre.

La surface externe des œufs retrouvés présente des fissures et des craquelures ; tous sont partiellement déformés, ce qui indique une nature souple. La plupart d’entre eux sont complets. De petites fissures résultant de l’enfouissement expliquent pourquoi ces œufs ont été si bien conservés : cela leur a permis d’être rapidement emplis de sédiments fins.

Bien que les experts s’affrontent à ce sujet, l’étude des os trouvés dans les embryons à différents stades de leur croissance suggère que les nouveau-nés étaient tout juste capables de marcher, mais certainement pas de voler, ni de se nourrir seuls. Si tel était bien le cas, des adultes devaient donc s’occuper d’eux au début de leur vie.

POUR EN SAVOIR PLUS

Des œufs fossiles dévoilent la vie grégaire des ptérosaures

 

Article de Jean-Luc Goudet publié le 07/06/2014

En Chine, des chercheurs ont découvert cinq œufs remarquablement conservés, « en trois dimensions », dans une zone comprenant des dizaines de squelettes de ptérosaures datant du Crétacé. Conclusion : ces maîtres du ciel nichaient en colonie.

En général, quand des paléontologues découvrent des œufs fossiles, ils sont complètement aplatis. Mais les cinq exemplaires qu’ont exhumés au nord-ouest de la Chine Xiaolin Wang et ses collègues sur un site connu depuis 2005 (le bassin Turpan-Hami) avaient, eux, conservé un peu de leur forme. Ils ont été découverts au milieu de « douzaines, sinon de centaines » d’ossements appartenant à des ptérosaures. Ce grand groupe de vertébrés volants (qui ne sont pas des dinosaures) a sillonné les airs entre 230 et 65 millions d’années avant notre ère. Leur envergure variait de 12 cm pour les plus petits à 12 m pour le géant Quetzalcoaltus.

Les œufs de ptérosaures retrouvés sont déformés mais pas briser ce qui s'explique par le fait qu'il devait être souple au moment où ils ont été enfouis. © Wang et al., Science

Les œufs de ptérosaures retrouvés sont déformés mais pas briser ce qui s’explique par le fait qu’il devait être souple au moment où ils ont été enfouis. © Wang et al., Science

Tous ceux présents à Turpan-Hami appartiennent à une même espèce, jamais décrite auparavant et rangée dans un nouveau genre, Hamipterus tianshanensis, par les auteurs de l’étude parue dans Current Biology. Ils vivaient au bord d’un lac il y a 120 millions d’années, au Crétacé inférieur, et leur crâne arborait une crête osseuse sur l’avant de la tête, comme d’autres ptérosaures. Cet apanage est connu comme constituant un caractère sexuel secondaire chez les ptérosaures, présent chez les mâles. Les chercheurs, qui ont pu examiner 40 individus, ont vu une crête sur tous les squelettes. Mais ils en observent deux types, différant par la taille et la forme, et en concluent que les femelles en possédaient une également. Il est donc possible de déterminer le sexe d’un individu.

Les œufs, retrouvés dans un état exceptionnel, ont pu être étudiés au microscope électronique. Ovoïdes et longs d’environ 6 cm, ils étaient souples, avec une membrane épaisse, ressemblant à celle des œufs de serpent actuels, et pourtant entourée d’une très fine coquille externe calcaire de 60 micromètres. Ces ptérosaures devaient les enfouir dans le sable pour les protéger. Leur présence au sein d’ossements nombreux démontre, expliquent les auteurs, que les adultes nichaient ensemble, en groupes importants. De quoi préciser le mode de vie des ptérosaures, qui ont si longtemps dominé le ciel.

CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Les ptérosaures étaient un groupe de reptiles volants très diversifié, présent sur toute la planète au temps des dinosaures (mais ils n’étaient pas eux-mêmes des dinosaures, pas plus que les grands reptiles marins de l’époque, d’ailleurs).
  • On connaît encore peu de chose sur l’éthologie de ces animaux mais la découverte en Chine de 16 embryons dans un nid fossile contenant au moins 215 œufs nous donne peut-être quelques indications.
  • Il est possible qu’au moins dans le cas de l’espèce ayant pondu ces œufs, à savoir Hamipterus tianshanensis, les adultes aient été obligés de s’occuper des petits juste après leur naissance.

 

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