Un poulain de 40.000 ans incroyablement conservé découvert en Sibérie


40 000 ans, c’est vieux pour un poulain qui a resurgit du passé en Russie. Pris dans le permafrost, il a été très bien conservé ainsi que le sol qui a fait parti de son environnement. Ce coin de la Russie est une mine d’or pour des recherches de fossiles pour les paléontologues, mais aussi malheureusement pour le trafic d’ivoire de mammouths.
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Un poulain de 40.000 ans incroyablement conservé découvert en Sibérie

 

Poulain en Sibérie

Les restes d’un poulain vieux de 40.000 ans ont été trouvés en Sibérie (photo d’illustration)

© MICHAEL PROBST/AP/SIPA

Par Anne-Sophie Tassart

Des chercheurs russes et japonais ont mis la main sur un poulain ayant vécu il y a plus de 40.000 ans qui a été conservé par le permafrost sibérien.

Une équipe de chercheurs de l’université Fédérale du Nord-est (Russie) et de l’université Kindai (Japon) a découvert un spécimen animal incroyablement conservé dans le permafrost sibérien, dans le cratère de Batagaï. Selon un article du Siberian Times paru en août 2018, il s’agit d’un poulain que le gel a étonnamment préservé. L’animal serait mort à l’âge de 3 mois durant le Paléolithique, il y a de cela plus de 40.000 ans.

« Le poulain a des poils brun foncé, une queue et une crinière ainsi que des organes internes complètement préservés », a déclaré au média local Semyon Grigoryev, le directeur du Mammoth Museum, situé en Sibérie à Iakoutsk.

Aucune trace de blessure n’aurait pour le moment été relevé. En plus de l’animal, des éléments du sol ont également été piégés par le permafrost. Leur analyse devrait permettre de découvrir dans quel environnement évoluait le mammifère.

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Les falaises de permafrost du cratère de Batagaï cachent de nombreux fossiles et font ainsi le bonheur des paléontologues mais aussi des trafiquants d’ivoires. Ces derniers récupèrent les défenses de mammouths qui apparaissent lors des éboulements. Ce site à la forme de têtard serait dû à un effondrement à la fin des années 90 suite aux activités minières.

Cratère de Batagaï © Google Maps

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L’évolution humaine a été accélérée par… l’alcool


Il y a environ 10 millions d’années qu’une mutation de nos ancêtres, on permit de métaboliser l’alcool. Au début, ce fut une découverte par la fermentation des fruits, pour en venir à domestiquer la vigne qui serait apparue entre 10 000 et 5 000 ans avant J.C. Malheureusement, beaucoup ne connaisse pas la modération et des conséquences apparaissent sur le corps par l’excès d’alcool.
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L’évolution humaine a été accélérée par… l’alcool

 

Vénus de Laussel

La corne que tient la célèbre Vénus de Laussel (Dordogne), sculptée dans la pierre il y a 25.000 ans serait une corne à boire. Ce qui ferait de ce bas relief la plus ancienne scène de libation connue

©AISA/LEEMAGE POUR SCIENCES ET AVENIR

Par Rachel Mulot

Il y a 10 millions d’années, une mutation apparue chez l’ancêtre de l’homme, lui a permis de métaboliser l’alcool éthylique 40 fois plus vite.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’ivresse a précédé la culture du raisin et du blé et même… l’apparition d’Homo sapiens. Nos très lointains aïeux avaient déjà, en effet, un vrai penchant pour l’alcool, comme le rapporte une nouvelle étude.

« Il y a dix millions d’années, une mutation est survenue chez l’ancêtre africain des humains et des grands singes. Elle lui a permis de métaboliser l’éthanol — ou alcool éthylique— quarante fois plus rapidement ! », a ainsi calculé le généticien Matthew Carrigan, du Santa Fe College (Gainesville, États-Unis).

Une mutation qui a eu lieu au moment où ces primates arboricoles et frugivores étaient contraints de descendre des arbres nourriciers, ceux-ci se raréfiant en raison d’un assèchement climatique.

« Ils ont alors commencé à se nourrir de fruits tombés au sol… qui étaient parfois fermentés », poursuit l’expert.

Et ils y ont pris goût! D’autant que l’ingestion d’éthanol a bien des avantages : elle ralentit le métabolisme, facilite la digestion et favorise le stockage des graisses.

Il fallait toutefois à nos lointains ancêtres dégrader rapidement l’éthanol « pour éviter de succomber trop vite à l’ébriété,poursuit Matthew Carrigan. Car dégringoler, ivre, des arbres ou s’assoupir dans un environnement où rôdaient les prédateurs leur aurait été fatal ».

Des cuites à l’hydromel

Les animaux tiennent en effet plus ou moins bien l’alcool : ainsi, les rouges-gorges tombent vite de leur perchoir alors que les musaraignes d’Asie (Ptilocercus lowii) peuvent « siffler » toute la nuit du nectar de palme à 3,8 % d’alcool sans montrer le moindre signe d’ébriété ». Ces travaux confortent l’ »hypothèse des singes ivres » (2004) de Robert Dudley, selon laquelle notre espèce serait génétiquement prédisposée à être attirée par l’alcool et ses abus.

Selon le biologiste californien, « nos ancêtres auraient notamment recherché très tôt ses effets sur l’humeur », ce qui aurait favorisé leur caractère aventureux. Mais, sans les abeilles, les Homo auraient sans doute dû se contenter de marmelades de fruits pourrissants comme source unique et régulière d’éthanol ! Celles-ci leur ont en effet fourni le premier breuvage alcoolisé au monde, entièrement naturel, selon Roger Morse, professeur à l’université Cornell (États-Unis).

Cet apiculteur, aujourd’hui décédé, aimait à imaginer un tronc empli de miel et de cire tombé au sol puis détrempé par les pluies. Une fois le miel dilué à 70 % d’eau, les levures auraient lancé la fermentation, produisant un hydromel.

« Et un hominidé, par l’odeur alléché, aurait pu y goûter et partager sa découverte avec les siens, ouvrant la voie aux premières libations », renchérit Patrick McGovern, professeur d’archéologie biomoléculaire à l’université de Pennsylvanie (États-Unis) et spécialiste réputé des breuvages anciens, qu’il se fait une joie de reconstituer (lire S. et A. n° 830, avril 2016).

La rencontre entre l’homme et la vigne (Vitis vinifera) intervient quant à elle plus tard, en Eurasie, il y a 2 millions d’années, lorsque Homo erectus quitte son berceau africain et découvre cette liane grimpante. Il en goûte les fruits du côté d’Israël et de la Palestine, de l’Anatolie, du Caucase et de l’Iran. Puis en cueille les grappes dans toute l’Europe il y a 500.000 ans, comme le montre la découverte de pépins sur des sites archéologiques français notamment.

« En revanche, il est difficile de savoir quand nos ancêtres ont commencé à conserver ou fabriquer des breuvages enivrants », souligne Patrick McGovern.

Les outres de peau, les bols de bois ou les paniers tressés se conservent mal… Et aucune pierre creusée n’a livré de traces chimiques d’alcool.

« Il fallait boire rapidement le nectar avant qu’il ne tourne au vinaigre »

Une chose est sûre, les hommes du paléolithique avaient peu de contrôle sur le processus de fermentation, leurs récipients n’étant pas hermétiques. Néanmoins, la purée ou mixture finale pourrait avoir été intéressante et aromatique.

« Une fois connus les délices de ce breuvage, des bandes de nomades sont certainement retournées année après année vers les vignes ! imagine Patrick McGovern. Le calendrier d’élaboration était limité à l’automne. Il fallait boire rapidement le nectar, avant qu’il ne tourne au vinaigre. » 

La domestication de la vigne serait, elle, survenue entre 10 000 et 5000 avant J.-C.

« Elle a probablement eu lieu au sud-est de l’Anatolie, entre le Tigre et l’Euphrate, dans le Croissant fertile, considéré comme le berceau de la civilisation », précise dans une étude le généticien suisse José Vouillamoz.

C’est dans cette région que furent également domestiquées, entre -12.000 et -10.000 ans, les huit plantes fondatrices de l’agriculture, dont l’amidonnier (ancêtre du blé), le petit épeautre, l’orge, le pois chiche et le lin.

« Si les hommes ont domestiqué les céréales, c’est peut-être d’abord pour faire une soupe épaisse de bière nutritive et euphorisante, plus facile à fabriquer que du pain ! », osent Patrick McGovern et Robert Dudley.

À les en croire, ce serait pour trinquer ensemble que les hommes se seraient sédentarisés puis organisés en société.

Il faut toutefois attendre l’invention de la poterie, et plus précisément 7000 ans avant J.-C., pour trouver « la trace du premier breuvage à fermentation contrôlée », dans la Chine du néolithique.

Les vases de Jiahu, un site du Henan, ont révélé en 2003 des résidus de raisins sauvages, de baies d’aubépine, de riz et de miel.

« Une sorte de grog au parfum de chrysanthème! », évoque Patrick McGovern.

Et, pour transformer l’amidon en sucre et déclencher la fermentation, les humains auraient trouvé l’astuce : mastiquer les céréales, une enzyme spécifique étant présente dans la salive. Quant aux tout premiers crus, ils ont été identifiés dans des céramiques d’Iran datées de 5400 ans avant J.-C., trahis par la présence de résine de térébinthe, un agent conservateur.

« Les plantes psychoactives et les boissons alcoolisées avaient aussi un rôle sacré »

Au fil des siècles, l’alcool aurait ainsi joué un rôle majeur, allant peut-être jusqu’à participer à l’invention de l’écriture et la fondation des villes! Sur le site de Tell Bazi, au nord de la Syrie, vieux de 3400 ans, chaque maison possédait en effet sa « microbrasserie » : de gigantesques jarres d’argile (200 litres) ont conservé la trace d’orge et d’oxalate, un dépôt chimique produit par la céréale en présence d’eau.

Pour l’archéologue allemande Adelheid Otto, de l’université Ludwig-Maximilians de Munich, « les nutriments essentiels, notamment les vitamines, fournis par la fermentation des céréales ont permis aux Mésopotamiens d’avoir une croissance physique correcte alors que leur régime alimentaire à base de pain et de gruau était déficient ». 

Selon l’archéologue Elisa Guerra Doce, spécialiste de l’ébriété dans les périodes préhistoriques à l’université de Valladolid (Espagne), les boissons alcoolisées n’ont pas eu qu’une fonction hédoniste.

« Les plantes psychoactives et les boissons alcoolisées avaient aussi un rôle sacré. La plupart des traces matérielles proviennent de tombes de membres de l’élite et de sites cérémoniels, ce qui indique que la consommation de produits psychoactifs pouvait être socialement contrôlée en Eurasie préhistorique. » 

Ce que reconnaît Patrick McGovern : « Communiquer avec les dieux ou les ancêtres implique presque toujours l’usage d’une boisson alcoolisée, que ce soit le vin de l’eucharistie, la bière offerte à la déesse sumérienne Ninkasi, le “grog” viking ou l’élixir des tribus amazoniennes ou africaines. » 

Elles ont aussi servi à traiter la douleur et les infections.

« Ce lubrifiant social, ce stimulant qui altère la pensée » comme le qualifie le spécialiste aurait aussi et surtout participé à la création, à la musique et aux arts.

Revers de la médaille : la soif de l’homme pour l’alcool — avec son cortège d’excès et de maladies — a été largement aussi forte que l’attrait pour ses bienfaits.

« Si l’on ne se lasse pas de raconter l’histoire de ces breuvages, conclut Patrick McGovern, mieux vaut les savourer avec modération. » 

Santé !

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Ces outils vieux de 90 000 ans n’ont pas été fabriqués par des Homo sapiens


Les homos sapiens fabriquaient des outils que les archéologues ont trouvé dans plusieurs sites. Dernièrement en Espagne, ils ont trouvé des outils en bois qui daterait 90 000 qui ne peuvent pas avoir été faites par les hommes modernes, mais bien par les hommes du Neandertal. Il faut vraiment un terrain soit propice pour conserver aussi longtemps des outils en bois aussi bien conservés
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Ces outils vieux de 90 000 ans n’ont pas été fabriqués par des Homo sapiens

 

Rios-Garaizar et al./PLOS One

par Brice Louvet

Des fouilles archéologiques dans le nord de l’Espagne révélaient il y a quelques semaines deux outils en bois vieux d’environ 90 000 ans. Chose intéressante : ces outils n’ont pas été fabriqués et utilisés par Homo sapiens, mais par nos cousins ​​plus âgés, les Néandertaliens.

Le site d’Aranbaltza, en Espagne, fut occupé par plusieurs générations néandertaliennes au cours des millénaires, selon des chercheurs du Centre espagnol de recherche sur l’évolution humaine (CENIEH). Dans les sédiments étaient retrouvés il y a quelques semaines deux nouveaux outils en bois, datés à environ 90 000 ans (Paléolithique moyen), époque à laquelle les Néandertaliens habitaient l’Europe. Ces outils sont très rares. Le bois est en effet une matière organique qui se décompose, ainsi les outils en bois liés aux débuts de l’histoire humaine sont souvent perdus.

Ces outils ne peuvent se préserver que dans des environnements très spécifiques – tels que les sédiments gorgés d’eau d’Aranbaltza. Un seul des deux outils récupérés a pour l’heure fait l’objet d’une analyse et d’une étude, et il a été pris en charge par une équipe du CENIEH dirigée par l’archéologue Joseba Rios-Garaizar. L’usure de sa pointe produite par des contraintes mécaniques répétées indique qu’elle a été utilisée pour déterrer de la nourriture comme les tubercules et les palourdes, pour creuser à la recherche de pierres ou encore pour faire des fosses pour les incendies, notent les chercheurs.

« Les quelques preuves directes et indirectes disponibles suggèrent que le bois a joué un rôle important dans les adaptations technologiques de Néandertal », peut-on lire dans l’article.

Le bois fournit en effet assez de plasticité pour former une gamme variée d’outils impossibles à obtenir avec la pierre, et très difficiles à créer à partir d’os, qui ont des tailles limitées et qui sont plus difficiles à travailler. D’après les analyses, cet outil aurait été produit à partir d’un tronc d’if coupé en deux de façon longitudinale.

L’une de ces moitiés semble avoir été carbonisée et durcie en utilisant le feu, et raclée avec un outil en pierre pour obtenir la forme pointue de l’outil d’excavation, pense l’équipe. Bien que les instruments en bois utilisés par les Néandertaliens soient rares, ils ne sont pas entièrement inconnus. Des armes en bois datant d’il y a 300 000 ans ont été découvertes en Allemagne en 1995. Un article publié plus tôt cette année suggérait également la présence d’outils en Toscane, en Italie, remontant à 171 000 ans.

S’ils ne sont pas aussi anciens, ces nouveaux outils contribuent néanmoins à la théorie selon laquelle l’utilisation d’outils en bois était répandue dans toute l’Europe paléolithique.

« Le paléolithique moyen précoce et tardif de la région se caractérise par une grande variabilité comportementale », expliquent les chercheurs, notant à titre d’exemples, « le transport sur de longues distances des matières premières lithiques [l’ensemble des objets en pierre transformés intentionnellement par les humains], l’utilisation de technologies de chasse complexes, le contrôle et l’utilisation du feu, l’utilisation d’outils osseux et un certain degré d’exploitation des ressources marines ».

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans la revue PLOS One.

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Au Pays basque espagnol, les incroyables bisons d’Aitzbitarte


Une autre grotte avec des gravures au temps de la préhistoire à été découverte, cette fois-ci en Espagne. Des animaux ont été gravé  au doigt avec l’aide de silex, il y a plus de 14, 000 ans
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Au Pays basque espagnol, les incroyables bisons d’Aitzbitarte

 

bison

Des œuvres d’art paléolithique inédites découvertes au Pays basque, espagnol. Parmi elles, ce bison tracé dans l’argile.

CRÉDITS: DIEGO GARATE / GIPUZKOA

Bernadette Arnaud

Spécialiste archéologie, anthropologie et histoire au magazine Sciences et Avenir

D’exceptionnelles figures vieilles de 14.000 ans ont été découvertes dans une grotte au Pays basque espagnol.

PRÉHISTOIRE. Du jamais vu en Espagne ! Vieilles de 14.000 ans, une quinzaine d’exceptionnelles figures animales ont été fortuitement découvertes dans la grotte paléolithique d’Aitzbitarte IV, près de la ville d’Errenteria, dans la province autonome de Gipuzkoa, au Pays basque espagnol. Chevaux, bisons et cervidés ont été gravés au doigt ou incisés à l’aide de silex sur des parois d’argile. Effectuée début avril, cette découverte n’a été révélée qu’à la mi-juillet.

“Il s’agit de trouvailles sans précédent pour l’Espagne et la région cantabrique”, explique à Sciences et Avenir le préhistorien espagnol de Bilbao, Diego Garate Maidagan, également rattaché au laboratoire TRACES-UMR 5608 de l’université de Toulouse-Le Mirail.

Figure de bison d’époque magdalénienne mise au jour dans la grotte d’Aitzbitarte. © Diego Garate / Guipuzkoa

Présent sur les lieux, l’expert reste admiratif du modelage de ces œuvres très bien conservées — selon une technique jusqu’alors inconnue dans ces régions — destinée à restituer les volumes et accroître le réalisme. Outre ces représentations, dont le nombre pourrait encore augmenter car des galeries restent à explorer, figurent également une empreinte de main et deux “vulves”.

Numérisation d’une des figures de « vulve ». © Diego Garate / Gipuzkoa

Ces dernières sont des allégories du sexe féminin, dont l’une atteint plus de un mètre. Il s’agit d’un thème relativement abondant à l’époque magdalénienne, la dernière phase du paléolithique supérieur (-17 000/-12 000 ans) à laquelle ont été reliées ces œuvres préhistoriques.

“Ces créations se trouvaient dans une zone d’accès très difficile, nécessitant le passage d’un profond puits vertical”, poursuit Diego Garate.

C’est en effet à une équipe de spéléologues que l’on doit cette découverte, l’inaccessibilité étant sans doute à l’origine de leur parfaite “congélation” pendant des dizaines de milliers d’années.

Les spéléologues à l’origine de la découverte des figures d’art pariétal d’Aitzbitarte © Diego Garate /Gipuzkoa

Les grottes d’Aitzbitarte, constituées d’un ensemble d’une trentaine de cavités naturelles situées dans un massif karstique (calcaire), sont pourtant connues et étudiées depuis 1892, mais elles n’avaient pas révélé tous leurs secrets.

“Dès 2015, nous avions toutefois commencé à rencontrer des vestiges d’ocre rouge datant du gravétien et du magdalénien, mais rien d’aussi inédit dans toute la péninsule ibérique que ces figures tracées dans l’argile fraîche”, précise l’archéologue.

Reste à organiser l’étude de ces très fragiles vestiges, que le moindre contact pourrait altérer. L’utilisation d’un drone a été évoquée.

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Le sosie de l’oiseau de Twitter gravé sur un silex il y a 35 000 ans


L’oiseau de Twitter aurait un jumeau vieux de plus 35 000 ans. À cette époque très lointaine le copyright n’existait pas …
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Le sosie de l’oiseau de Twitter gravé sur un silex il y a 35 000 ans

 

Une gravure retrouvée en Dordogne fait penser à l'oiseau de Twitter. - AFP PHOTO / INRAP / BOURGUIGNON - ORTEGA

Une gravure retrouvée en Dordogne fait penser à l’oiseau de Twitter. AFP PHOTO / INRAP / BOURGUIGNON – ORTEGA

Le petit oiseau bleu emblématique de Twitter a un ancêtre vieux de… 35 000 ans.  Des archéologues ont effet mis au jour en Dordogne la gravure d’un petit oiseau sur un morceau de silex, étrangement similaire au logo du réseau social.

 

Un art « ludique »

L’œuvre a vraisemblablement été sculptée par un Aurignacien durant la période du Paléolithique supérieur, sur le site de la doline de Cantalouette, près de Bergerac.

« L’œuvre diffère fondamentalement des autres expressions artistiques contemporaines comme celles de la grotte Chauvet car elle n’est pas faite pour perdurer », a expliqué l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) qui a fait analyser la gravure de 5 centimètres sur 5 en Espagne.

Selon les experts, cela montre que les créations artistiques de l’époque n’étaient « pas exclusivement liées au renforcement des réseaux sociaux et aux croyances mais (étaient) aussi des expressions créatives éphémères voire ludiques ».

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Embuscade au Paléolithique tardif


La guerre ne date pas d’hier, on pense avoir trouvé une scène qui répond a tous les critères d’une guerre il y a près de 10 000 ans
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Embuscade au Paléolithique tardif

 

Le crâne fracturé par un coup porté à la tête de l’une des victimes du massacre de Nataruk.

Marta Mirazón Lahr

François Savatier

 

Il y a quelque 10 000 ans, un clan de chasseurs-cueilleurs a été massacré au Kenya. La preuve que la guerre existait déjà avant le néolithique ?

« Les preuves de violences entre groupes de chasseurs cueilleurs préhistoriques sont extrêmement rares », souligne Marta Mirazón Lahr, de l’Université de Cambridge.

Avec Aurélien Mounier, de la même université, et une équipe internationale, cette paléoanthropologue vient de documenter un exemple impressionnant d’une telle violence : à Nataruk, à une trentaine de kilomètres à l’ouest du lac Turkana au Kenya, pas moins de 27 hommes, femmes et enfants sont morts sous les coups il y a quelque 10 000 ans. Parmi eux, douze sont tombés dans l’eau de la rive vaseuse du lac Turkana, qui s’étendait alors jusque-là. Phénomène rarissime en Afrique, leurs squelettes ont été rapidement recouverts de sédiments et ont été conservés. Ils apportent un riche témoignage sur la violence intergroupe au Paléolithique.

Le massacre de Nataruk aurait eu lieu il y a entre 9 500 et 10 500 ans, comme l’indiquent les datations d’échantillons de sédiments prélevés au contact des restes humains par le radiocarbone et par luminescence stimulée optiquement (OSL). À l’époque, le grand lac du nord du Kenya était plus étendu. Le clan était peut-être en train de longer une rive vaseuse ou de traverser une étendue d’eau peu profonde quand le massacre s’est produit. Pour la plupart des préhistoriens, le Néolithique n’avait pas encore commencé en Afrique (même si certains soutiennent le contraire), tandis qu’au Levant, les Natoufiens étaient déjà à un stade prénéolithique. Ainsi, pour l’équipe de Marta Mirazón Lahr, les individus massacrés à Nataruk faisaient partie d’un clan de chasseurs-cueilleurs paléolithiques probablement nomades.

A priori, le massacre de Nataruk pourrait aussi être la conséquence d’une dissension au sein du clan. Toutefois, les chercheurs ont exclu cette hypothèse, car le grand nombre de lésions osseuses dues à des flèches montre que, dans une première phase de l’attaque, les agresseurs étaient à distance. Pour eux, le massacre de Nataruk résulte d’une agression par un autre clan de chasseurs-cueilleurs, venu sans doute piller le clan attaqué.

Les chercheurs ignorent si parmi les morts se trouvent des attaquants. Toutefois, si l’on suppose que les attaquants ont emporté leurs morts et que les 12 squelettes retrouvés en connexion anatomique appartiennent aux attaqués, on peut imaginer qu’après une préparation de l’attaque à l’arme de jet, les assaillants ont mené un rapide et violent assaut à l’arme contondante, en visant en priorité les genoux, les mains et la tête.

Un homme a par exemple a été frappé à deux reprises sur la tête : un premier coup l’a atteint au-dessus de l’œil, puis un deuxième porté sur le côté gauche a enfoncé la paroi crânienne. Le crâne d’un autre a été percé par une petite pointe d’obsidienne (une pointe de flèche ou de sagaie ?), mais les chercheurs estiment que sa mort résulte plutôt du puissant coup qu’il a reçu sur la face. Six des défunts sont des enfants.

Une femme en fin de grossesse était probablement assise par terre pieds et poings liés quand elle a été tuée. Pourquoi ? La comparaison avec les guerres tribales dont ont été témoins des Européens suggère une interprétation possible. Les enfants assez jeunes pour pouvoir s’adapter à un nouveau clan et les jeunes femmes en âge de se reproduire ont pu être épargnés et intégrés au clan attaquant. Après avoir vaincu leurs adversaires, les attaquants les auraient garotté afin d’opérer un tri. Les individus non sélectionnés, les mains toujours liées, auraient été systématiquement mis à mort et leurs corps abandonnés sur place. Peut-être trop blessée ou rejetée pour quelque raison, la malheureuse jeune femme enceinte aurait fait partie des mis à mort.

Quoi qu’il en soit, aucune tentative n’a été faite pour prélever des scalps et d’autres trophées humains. Aucun respect n’a été témoigné aux morts, qui sont restés jusqu’à aujourd’hui dans la position dans laquelle ils sont tombés. De fait, les chercheurs ont retrouvé 764 artefacts lithiques (pour la plupart, des éclats), dont 35 outils de pierre façonnés, qui correspondent sans doute au matériel transporté par le groupe.

Peut-on conclure que le massacre de Nataruk résulte d’une véritable action de guerre ? Oui ! Une guerre est une action collective et organisée menée par un groupe humain pour s’assurer la prééminence sur un autre. Nataruk répond à tous ces critères. Or on pensait généralement que la guerre était une invention du Néolithique. En constituant des réserves, les paysans néolithiques ont en effet commencé à accumuler des richesses enviables, qui pouvaient inciter leurs voisins dans le besoin ou mû par une volonté de puissance à venir les piller par la force. En outre, la principale richesse des paysans est la terre, que l’on peut aussi conquérir.

Cette  logique simple est convaincante, et, du reste, elle nous est encore familière. Mais elle s’applique aussi aux chasseurs-cueilleurs paléolithiques, dès lors que quelque chose représentait une richesse qu’un autre groupe pouvait convoiter. Une observation faite à Nataruk va dans ce sens : les chercheurs ont retrouvé des tessons de poterie. L’usage de la poterie, sans doute accompagné de celui de la vannerie, suggère une économie comportant du stockage, donc la constitution de richesses. Or, comme l’a souligné l’anthropologue social Alain Testart (1945-2013), quand des chasseurs-cueilleurs trouvent sur un territoire des ressources régulières et périodiquement assurées (une cueillette saisonnière surabondante, par exemple), ils passent souvent de la prédation nomade à une prédation semi nomade accompagnée de stockage et d’une semi sédentarité. Ils deviennent donc territoriaux eux aussi. Les clans qui se sont affrontés à Nataruk pourraient donc fort bien avoir été des chasseurs-cueilleurs-stockeurs, c’est-à-dire des presque paysans… et donc quasiment des Néolithiques.

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Pendant le Paléolithique, on fabriquait déjà de la farine


Les hommes de la préhistoire avaient une alimentation plus variée que l’on pourrait penser, Dans certaines régions du moins, ils savaient transformer les céréales en farine ce qui serait donc contraire au soi-disant régime paléo
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Pendant le Paléolithique, on fabriquait déjà de la farine

 

Avena sativa | Matt Lavin via Flickr CC License by

Avena sativa | Matt Lavin via Flickr CC License by

Repéré par Lucie de la Héronnière

À en croire les dernières découvertes, l’actuel «régime paléo», sans produits transformés notamment, est basé sur des affirmations quelque peu floues.

Les hommes préhistoriques mangeaient du porridge. Ou presque: des chercheurs de l’université de Florence ont trouvé des résidus d’avoine sur un outil qui s’avère avoir servi de broyeur et datant du Paléolithique. Cette pierre, d’un brun pâle et de la taille d’une main, vieille de 32.000 ans, a été découverte en 1989 dans le sud de l’Italie, dans un site appelé Grotta Paglicci. Il y a deux ans, une équipe a décidé d’étudier de nouveau cet outil, en utilisant des techniques plus modernes.

Les résultats de l’analyse, publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, sont clairs: dans les échantillons relevés, les chercheurs ont identifié jusqu’à 250 résidus d’amidon par centimètre carré, qui correspondent principalement à de l’avoine, d’une espèce sauvage (l’agriculture est née plus tard, il y a environ 10.000 ans) appelée avena barbata ou avoine barbue. Le côté arrondi de la pierre a certainement été utilisé comme un pilon, pour broyer les aliments contre une autre pierre, pour obtenir une sorte de farine, sûrement pas très fine… L’outil aurait aussi traité des glands, et un cousin du millet.

«Oatcake» ou bouillie?

Comme les résidus d’avoine étaient gonflés, les chercheurs affirment que la chaleur a sans doute été utilisée pour rendre le processus de moûture plus facile. Il est possible que les grains n’aient pas eu le temps de sécher à l’air libre, et aient été séchés sur un feu. Ensuite, comment les humains du Paléolithique mangeaient-ils cette avoine moulue?

«Ils ont vraisemblablement mélangé la farine avec de l’eau et l’ont cuit»,explique Marta Mariotti Lippi, professeur de botanique qui a dirigé la recherche, à NPR.

On ne saura pas si le résultat ressemblait plus à une sorte de «oatcake» (un gâteau sec aux flocons d’avoine) ou à de la bouillie: Marta Mariotti Lippi préfère rester prudente sur ces hypothèses, et ne pas tirer de conclusions générales sur le régime alimentaire des habitants du site (et encore moins sur celui des humains du Paléolithique, très vaste période), en soulignant aussi que lorsque l’on étudie ces outils, on ne tombe pas sur les plantes les plus communément transformées, mais celles qui ont été transformées le plus récemment.

Ainsi, nos ancêtres transformaient plus la nourriture que nous le pensions jusqu’à présent. Les habitants de Grotta Paglicci, à l’époque duGravettien, sont, selon les conclusions de l’étude,

«les plus anciens chasseurs-cueilleurs capable de transformer les plantes pour obtenir de la farine. Ils ont aussi développé des technologies ciblées pour le traitement complexe des plantes avant de les moudre. La présente étude témoigne pour la première fois, à notre connaissance, de la performance d’un traitement thermique préalable, qui a pu être crucial, dans une période caractérisée par un climat plus froid que celui que nous connaissons.»

«Régime paléo» pas très paléo

Comme l’explique bien Quartz, cette découverte montre aussi que la mode du «régime paléo», déjà contrée par d’autres arguments, est fondé sur des bases quelque peu floues. En effet, ce régime préconise d’imiter les chasseurs-cueilleurs du Paléolithique, en mangeant des fruits, des légumes, des graines et des protéines animales (viande, poisson, œufs), mais pas de céréales, et surtout zéro produit transformé.

Mais cela revient à ériger un modèle-type d’alimentation, pour une période de près de 3 millions d’années, englobant des époques et des milieux extrêmement différents… Certains mangeurs bien particuliers du Paléolithique ont ainsi moulu de l’avoine –certes, sauvage– et donc transformé une céréale pour leur dîner, certains autres étaient bien sûr loin de cette pratique.

Selon les chercheurs de Florence, «le “régime naturel” de nos ancêtres n’était peut-être pas aussi simple et basique que nous l’avons supposé précédemment».

Quand NPR l’interroge sur l’actuel «régime paléo», Maria Mariotti Lippi répond que «nous avons vraiment trop peu de données pour parler d’un régime, mais ils ont certainement utilisé des céréales».

http://www.slate.fr/