Au Pays basque espagnol, les incroyables bisons d’Aitzbitarte


Une autre grotte avec des gravures au temps de la préhistoire à été découverte, cette fois-ci en Espagne. Des animaux ont été gravé  au doigt avec l’aide de silex, il y a plus de 14, 000 ans
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Au Pays basque espagnol, les incroyables bisons d’Aitzbitarte

 

bison

Des œuvres d’art paléolithique inédites découvertes au Pays basque, espagnol. Parmi elles, ce bison tracé dans l’argile.

CRÉDITS: DIEGO GARATE / GIPUZKOA

Bernadette Arnaud

Spécialiste archéologie, anthropologie et histoire au magazine Sciences et Avenir

D’exceptionnelles figures vieilles de 14.000 ans ont été découvertes dans une grotte au Pays basque espagnol.

PRÉHISTOIRE. Du jamais vu en Espagne ! Vieilles de 14.000 ans, une quinzaine d’exceptionnelles figures animales ont été fortuitement découvertes dans la grotte paléolithique d’Aitzbitarte IV, près de la ville d’Errenteria, dans la province autonome de Gipuzkoa, au Pays basque espagnol. Chevaux, bisons et cervidés ont été gravés au doigt ou incisés à l’aide de silex sur des parois d’argile. Effectuée début avril, cette découverte n’a été révélée qu’à la mi-juillet.

“Il s’agit de trouvailles sans précédent pour l’Espagne et la région cantabrique”, explique à Sciences et Avenir le préhistorien espagnol de Bilbao, Diego Garate Maidagan, également rattaché au laboratoire TRACES-UMR 5608 de l’université de Toulouse-Le Mirail.

Figure de bison d’époque magdalénienne mise au jour dans la grotte d’Aitzbitarte. © Diego Garate / Guipuzkoa

Présent sur les lieux, l’expert reste admiratif du modelage de ces œuvres très bien conservées — selon une technique jusqu’alors inconnue dans ces régions — destinée à restituer les volumes et accroître le réalisme. Outre ces représentations, dont le nombre pourrait encore augmenter car des galeries restent à explorer, figurent également une empreinte de main et deux “vulves”.

Numérisation d’une des figures de « vulve ». © Diego Garate / Gipuzkoa

Ces dernières sont des allégories du sexe féminin, dont l’une atteint plus de un mètre. Il s’agit d’un thème relativement abondant à l’époque magdalénienne, la dernière phase du paléolithique supérieur (-17 000/-12 000 ans) à laquelle ont été reliées ces œuvres préhistoriques.

“Ces créations se trouvaient dans une zone d’accès très difficile, nécessitant le passage d’un profond puits vertical”, poursuit Diego Garate.

C’est en effet à une équipe de spéléologues que l’on doit cette découverte, l’inaccessibilité étant sans doute à l’origine de leur parfaite “congélation” pendant des dizaines de milliers d’années.

Les spéléologues à l’origine de la découverte des figures d’art pariétal d’Aitzbitarte © Diego Garate /Gipuzkoa

Les grottes d’Aitzbitarte, constituées d’un ensemble d’une trentaine de cavités naturelles situées dans un massif karstique (calcaire), sont pourtant connues et étudiées depuis 1892, mais elles n’avaient pas révélé tous leurs secrets.

“Dès 2015, nous avions toutefois commencé à rencontrer des vestiges d’ocre rouge datant du gravétien et du magdalénien, mais rien d’aussi inédit dans toute la péninsule ibérique que ces figures tracées dans l’argile fraîche”, précise l’archéologue.

Reste à organiser l’étude de ces très fragiles vestiges, que le moindre contact pourrait altérer. L’utilisation d’un drone a été évoquée.

https://www.sciencesetavenir.fr

Le sosie de l’oiseau de Twitter gravé sur un silex il y a 35 000 ans


L’oiseau de Twitter aurait un jumeau vieux de plus 35 000 ans. À cette époque très lointaine le copyright n’existait pas …
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Le sosie de l’oiseau de Twitter gravé sur un silex il y a 35 000 ans

 

Une gravure retrouvée en Dordogne fait penser à l'oiseau de Twitter. - AFP PHOTO / INRAP / BOURGUIGNON - ORTEGA

Une gravure retrouvée en Dordogne fait penser à l’oiseau de Twitter. AFP PHOTO / INRAP / BOURGUIGNON – ORTEGA

Le petit oiseau bleu emblématique de Twitter a un ancêtre vieux de… 35 000 ans.  Des archéologues ont effet mis au jour en Dordogne la gravure d’un petit oiseau sur un morceau de silex, étrangement similaire au logo du réseau social.

 

Un art « ludique »

L’œuvre a vraisemblablement été sculptée par un Aurignacien durant la période du Paléolithique supérieur, sur le site de la doline de Cantalouette, près de Bergerac.

« L’œuvre diffère fondamentalement des autres expressions artistiques contemporaines comme celles de la grotte Chauvet car elle n’est pas faite pour perdurer », a expliqué l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) qui a fait analyser la gravure de 5 centimètres sur 5 en Espagne.

Selon les experts, cela montre que les créations artistiques de l’époque n’étaient « pas exclusivement liées au renforcement des réseaux sociaux et aux croyances mais (étaient) aussi des expressions créatives éphémères voire ludiques ».

http://www.ladepeche.fr/

 

Embuscade au Paléolithique tardif


La guerre ne date pas d’hier, on pense avoir trouvé une scène qui répond a tous les critères d’une guerre il y a près de 10 000 ans
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Embuscade au Paléolithique tardif

 

Le crâne fracturé par un coup porté à la tête de l’une des victimes du massacre de Nataruk.

Marta Mirazón Lahr

François Savatier

 

Il y a quelque 10 000 ans, un clan de chasseurs-cueilleurs a été massacré au Kenya. La preuve que la guerre existait déjà avant le néolithique ?

« Les preuves de violences entre groupes de chasseurs cueilleurs préhistoriques sont extrêmement rares », souligne Marta Mirazón Lahr, de l’Université de Cambridge.

Avec Aurélien Mounier, de la même université, et une équipe internationale, cette paléoanthropologue vient de documenter un exemple impressionnant d’une telle violence : à Nataruk, à une trentaine de kilomètres à l’ouest du lac Turkana au Kenya, pas moins de 27 hommes, femmes et enfants sont morts sous les coups il y a quelque 10 000 ans. Parmi eux, douze sont tombés dans l’eau de la rive vaseuse du lac Turkana, qui s’étendait alors jusque-là. Phénomène rarissime en Afrique, leurs squelettes ont été rapidement recouverts de sédiments et ont été conservés. Ils apportent un riche témoignage sur la violence intergroupe au Paléolithique.

Le massacre de Nataruk aurait eu lieu il y a entre 9 500 et 10 500 ans, comme l’indiquent les datations d’échantillons de sédiments prélevés au contact des restes humains par le radiocarbone et par luminescence stimulée optiquement (OSL). À l’époque, le grand lac du nord du Kenya était plus étendu. Le clan était peut-être en train de longer une rive vaseuse ou de traverser une étendue d’eau peu profonde quand le massacre s’est produit. Pour la plupart des préhistoriens, le Néolithique n’avait pas encore commencé en Afrique (même si certains soutiennent le contraire), tandis qu’au Levant, les Natoufiens étaient déjà à un stade prénéolithique. Ainsi, pour l’équipe de Marta Mirazón Lahr, les individus massacrés à Nataruk faisaient partie d’un clan de chasseurs-cueilleurs paléolithiques probablement nomades.

A priori, le massacre de Nataruk pourrait aussi être la conséquence d’une dissension au sein du clan. Toutefois, les chercheurs ont exclu cette hypothèse, car le grand nombre de lésions osseuses dues à des flèches montre que, dans une première phase de l’attaque, les agresseurs étaient à distance. Pour eux, le massacre de Nataruk résulte d’une agression par un autre clan de chasseurs-cueilleurs, venu sans doute piller le clan attaqué.

Les chercheurs ignorent si parmi les morts se trouvent des attaquants. Toutefois, si l’on suppose que les attaquants ont emporté leurs morts et que les 12 squelettes retrouvés en connexion anatomique appartiennent aux attaqués, on peut imaginer qu’après une préparation de l’attaque à l’arme de jet, les assaillants ont mené un rapide et violent assaut à l’arme contondante, en visant en priorité les genoux, les mains et la tête.

Un homme a par exemple a été frappé à deux reprises sur la tête : un premier coup l’a atteint au-dessus de l’œil, puis un deuxième porté sur le côté gauche a enfoncé la paroi crânienne. Le crâne d’un autre a été percé par une petite pointe d’obsidienne (une pointe de flèche ou de sagaie ?), mais les chercheurs estiment que sa mort résulte plutôt du puissant coup qu’il a reçu sur la face. Six des défunts sont des enfants.

Une femme en fin de grossesse était probablement assise par terre pieds et poings liés quand elle a été tuée. Pourquoi ? La comparaison avec les guerres tribales dont ont été témoins des Européens suggère une interprétation possible. Les enfants assez jeunes pour pouvoir s’adapter à un nouveau clan et les jeunes femmes en âge de se reproduire ont pu être épargnés et intégrés au clan attaquant. Après avoir vaincu leurs adversaires, les attaquants les auraient garotté afin d’opérer un tri. Les individus non sélectionnés, les mains toujours liées, auraient été systématiquement mis à mort et leurs corps abandonnés sur place. Peut-être trop blessée ou rejetée pour quelque raison, la malheureuse jeune femme enceinte aurait fait partie des mis à mort.

Quoi qu’il en soit, aucune tentative n’a été faite pour prélever des scalps et d’autres trophées humains. Aucun respect n’a été témoigné aux morts, qui sont restés jusqu’à aujourd’hui dans la position dans laquelle ils sont tombés. De fait, les chercheurs ont retrouvé 764 artefacts lithiques (pour la plupart, des éclats), dont 35 outils de pierre façonnés, qui correspondent sans doute au matériel transporté par le groupe.

Peut-on conclure que le massacre de Nataruk résulte d’une véritable action de guerre ? Oui ! Une guerre est une action collective et organisée menée par un groupe humain pour s’assurer la prééminence sur un autre. Nataruk répond à tous ces critères. Or on pensait généralement que la guerre était une invention du Néolithique. En constituant des réserves, les paysans néolithiques ont en effet commencé à accumuler des richesses enviables, qui pouvaient inciter leurs voisins dans le besoin ou mû par une volonté de puissance à venir les piller par la force. En outre, la principale richesse des paysans est la terre, que l’on peut aussi conquérir.

Cette  logique simple est convaincante, et, du reste, elle nous est encore familière. Mais elle s’applique aussi aux chasseurs-cueilleurs paléolithiques, dès lors que quelque chose représentait une richesse qu’un autre groupe pouvait convoiter. Une observation faite à Nataruk va dans ce sens : les chercheurs ont retrouvé des tessons de poterie. L’usage de la poterie, sans doute accompagné de celui de la vannerie, suggère une économie comportant du stockage, donc la constitution de richesses. Or, comme l’a souligné l’anthropologue social Alain Testart (1945-2013), quand des chasseurs-cueilleurs trouvent sur un territoire des ressources régulières et périodiquement assurées (une cueillette saisonnière surabondante, par exemple), ils passent souvent de la prédation nomade à une prédation semi nomade accompagnée de stockage et d’une semi sédentarité. Ils deviennent donc territoriaux eux aussi. Les clans qui se sont affrontés à Nataruk pourraient donc fort bien avoir été des chasseurs-cueilleurs-stockeurs, c’est-à-dire des presque paysans… et donc quasiment des Néolithiques.

http://www.pourlascience.fr/

Pendant le Paléolithique, on fabriquait déjà de la farine


Les hommes de la préhistoire avaient une alimentation plus variée que l’on pourrait penser, Dans certaines régions du moins, ils savaient transformer les céréales en farine ce qui serait donc contraire au soi-disant régime paléo
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Pendant le Paléolithique, on fabriquait déjà de la farine

 

Avena sativa | Matt Lavin via Flickr CC License by

Avena sativa | Matt Lavin via Flickr CC License by

Repéré par Lucie de la Héronnière

À en croire les dernières découvertes, l’actuel «régime paléo», sans produits transformés notamment, est basé sur des affirmations quelque peu floues.

Les hommes préhistoriques mangeaient du porridge. Ou presque: des chercheurs de l’université de Florence ont trouvé des résidus d’avoine sur un outil qui s’avère avoir servi de broyeur et datant du Paléolithique. Cette pierre, d’un brun pâle et de la taille d’une main, vieille de 32.000 ans, a été découverte en 1989 dans le sud de l’Italie, dans un site appelé Grotta Paglicci. Il y a deux ans, une équipe a décidé d’étudier de nouveau cet outil, en utilisant des techniques plus modernes.

Les résultats de l’analyse, publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, sont clairs: dans les échantillons relevés, les chercheurs ont identifié jusqu’à 250 résidus d’amidon par centimètre carré, qui correspondent principalement à de l’avoine, d’une espèce sauvage (l’agriculture est née plus tard, il y a environ 10.000 ans) appelée avena barbata ou avoine barbue. Le côté arrondi de la pierre a certainement été utilisé comme un pilon, pour broyer les aliments contre une autre pierre, pour obtenir une sorte de farine, sûrement pas très fine… L’outil aurait aussi traité des glands, et un cousin du millet.

«Oatcake» ou bouillie?

Comme les résidus d’avoine étaient gonflés, les chercheurs affirment que la chaleur a sans doute été utilisée pour rendre le processus de moûture plus facile. Il est possible que les grains n’aient pas eu le temps de sécher à l’air libre, et aient été séchés sur un feu. Ensuite, comment les humains du Paléolithique mangeaient-ils cette avoine moulue?

«Ils ont vraisemblablement mélangé la farine avec de l’eau et l’ont cuit»,explique Marta Mariotti Lippi, professeur de botanique qui a dirigé la recherche, à NPR.

On ne saura pas si le résultat ressemblait plus à une sorte de «oatcake» (un gâteau sec aux flocons d’avoine) ou à de la bouillie: Marta Mariotti Lippi préfère rester prudente sur ces hypothèses, et ne pas tirer de conclusions générales sur le régime alimentaire des habitants du site (et encore moins sur celui des humains du Paléolithique, très vaste période), en soulignant aussi que lorsque l’on étudie ces outils, on ne tombe pas sur les plantes les plus communément transformées, mais celles qui ont été transformées le plus récemment.

Ainsi, nos ancêtres transformaient plus la nourriture que nous le pensions jusqu’à présent. Les habitants de Grotta Paglicci, à l’époque duGravettien, sont, selon les conclusions de l’étude,

«les plus anciens chasseurs-cueilleurs capable de transformer les plantes pour obtenir de la farine. Ils ont aussi développé des technologies ciblées pour le traitement complexe des plantes avant de les moudre. La présente étude témoigne pour la première fois, à notre connaissance, de la performance d’un traitement thermique préalable, qui a pu être crucial, dans une période caractérisée par un climat plus froid que celui que nous connaissons.»

«Régime paléo» pas très paléo

Comme l’explique bien Quartz, cette découverte montre aussi que la mode du «régime paléo», déjà contrée par d’autres arguments, est fondé sur des bases quelque peu floues. En effet, ce régime préconise d’imiter les chasseurs-cueilleurs du Paléolithique, en mangeant des fruits, des légumes, des graines et des protéines animales (viande, poisson, œufs), mais pas de céréales, et surtout zéro produit transformé.

Mais cela revient à ériger un modèle-type d’alimentation, pour une période de près de 3 millions d’années, englobant des époques et des milieux extrêmement différents… Certains mangeurs bien particuliers du Paléolithique ont ainsi moulu de l’avoine –certes, sauvage– et donc transformé une céréale pour leur dîner, certains autres étaient bien sûr loin de cette pratique.

Selon les chercheurs de Florence, «le “régime naturel” de nos ancêtres n’était peut-être pas aussi simple et basique que nous l’avons supposé précédemment».

Quand NPR l’interroge sur l’actuel «régime paléo», Maria Mariotti Lippi répond que «nous avons vraiment trop peu de données pour parler d’un régime, mais ils ont certainement utilisé des céréales».

http://www.slate.fr/

Une tombe préhistorique fleurie


Mettre des fleurs sur les tombes est un rituel qui existe depuis longtemps, mais au temps de la préhistoire, aucune preuve à pu être trouvé de ce rituel ou offrande. Sauf, une femme qui a eu droit à des fleurs sur sa tombe
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Une tombe préhistorique fleurie

 

Grain de pollen fossilisé retrouvé sur la tombe de la Dame Rouge. ournal of Archaeological Science/UPV

Grain de pollen fossilisé retrouvé sur la tombe de la Dame Rouge. ournal of Archaeological Science/UPV

Par Joël Ignasse

Du pollen découvert sur une sépulture du Paléolithique indique que des fleurs y ont été déposées. Offrande rituelle ou nécessité plus triviale ? Le mystère demeure.

RED LADY. En 2010, dans la grotte d’El Mirón, a été découvert la sépulture d’une femme âgée de 30 à 40 ans, enterrée il y a plus de 16 000 ans. Ces os étaient recouverts d’ocre et devaient apparaître rouge vif à l’époque, ce qui lui a valu son surnom de Red Lady. En outre, l’analyse de pollens retrouvés sur la tombe révèle qu’ils proviennent de fleurs déposées intentionnellement.

Un traitement à part

La dame rouge était une Homo Sapiens, une humaine moderne, appartenant à la culture magdalénienne, dont le nom fait écho à l’Abri de la Madeleine, en Dordogne, où de nombreux restes du paléolithique ont été découverts. Des experts de l’université de Pais Vasco ont étudié les pollens retrouvés sur la tombe, dans la grotte et autour de l’abri. En ce qui concerne la sépulture, leur analyse a montré qu’ils appartenaient pour la plupart à une seule famille de plantes: une variété de chénopodiacées (apparentée aux bettes, aux épinards ou aux salicornes) qui donnent des fleurs blanches à jaunâtres. Aucune trace en revanche de ce pollen dans les mêmes niveaux archéologiques ailleurs, dans la grotte, ni dans le paysage végétal autour de la cavité. Ce qui laisse supposer que des fleurs entières ont été déposées intentionnellement sur la tombe. Reste à comprendre pourquoi un tel geste.

« Il n’est pas possible de dire si ces plantes ont été placées là comme offrande rituelle pour la personne décédée ou si cela a été fait dans un but plus simple comme par exemple pour masquer les odeurs liées à l’inhumation », explique José Iriarte qui a participé à l’étude publiée dans leJournal of Archaeological Science.

Quoi qu’il en soit, la Dame Rouge a bénéficié d’un traitement à part. Les sépultures datant de cette période sont rares mais aucune ne semble montrer une telle sophistication dans le rituel funéraire. Elle devait, sans doute, incarner un personnage d’importance dans sa communauté mais son rôle ne sera probablement jamais connu.

http://www.sciencesetavenir.fr/

Paléo, le nouvel avenir?


Je pense que quelque fois, on ressent les chaines que l’on s’est créées avec la technologie et de la surconsommation et on peut ressentir ce besoin de se détacher pour rendre la vie plus simple et intéressante Ce mode de vie paléo est intéressant sans pour autant suivre a la lettre
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Paléo, le nouvel avenir?

 

Le paléo serait-il une recherche de paradis perdu,... (Photo Masterfile)

Le paléo serait-il une recherche de paradis perdu, teintée du mythe du «bon sauvage» et alimentée par une forme de paranoïa à l’encontre de l’industrie agroalimentaire?

PHOTO MASTERFILE

IRIS GAGNON-PARADIS
La Presse

Est-ce une réaction à l’omniprésence de la technologie, à la sédentarisation de l’homme moderne, à une société dénaturalisée, en perte de repères? Toujours est-il que l’attrait pour un mode de vie dit «paléolithique», qui retourne aux sources de l’humanité, gagne en popularité en Occident. Portrait d’un phénomène.

Le régime paléo est à la mode. Les livres sur le sujet se multiplient et plusieurs stars hollywoodiennes, comme Matthew McConaughey et Jessica Biel, l’ont adopté, sans compter qu’il gagne sans cesse des adeptes chez les sportifs, notamment chez les mordus de Crossfit. Beaucoup plus qu’un régime pour certains, le paléo est un mode de vie qui invite à se reconnecter avec ses racines primitives… pour mieux assurer notre avenir.

À l’ère technologique, il peut sembler incongru de voir des gens s’enthousiasmer pour un mode de vie qui trouve ses origines il y a quelques… millions d’années. Mais pour ses défenseurs, c’est en regardant vers le passé, chez l’homme paléolithique, que l’homme d’aujourd’hui pourra trouver une piste de solution aux affections modernes que sont l’obésité, le diabète et les inflammations chroniques, entre autres. Cette forme de «primitivisme» est-elle symptomatique d’une société en perte de repères?

Élisabeth Abergel est professeure agréée au département de sociologie de l’UQAM. Selon elle, la popularité du régime paléo participe à une certaine remise en question des préceptes qui régissent notre société moderne:

«Encore plus que du primitivisme, j’y vois là un mélange entre un type de conscience environnementale et un désir de contrôler ses aliments et son corps. J’y vois aussi un besoin de se prémunir contre un monde de plus en plus industrialisé, pollué, toxique, plein de risques.»

Pour la sociologue, le mouvement paléo s’inscrit dans un renouveau de type «foodie»:

«Éviter les aliments transformés, réduire ses calories pour vivre plus longtemps, les régimes crudivores… Tout cela s’inscrit dans une réaction à l’agriculture intensive industrialisée et productiviste qui rend les gens et la planète malades. On vise donc un style de vie local et le plus près possible de la nature… ou du moins de ce qu’il en reste! C’est un peu revenir au mythe du « bon Sauvage ».»

Ainsi, si plusieurs sont attirés par la promesse de perte de poids, pour la plupart des adeptes, l’alimentation paléo va bien au-delà d’une modification de son régime alimentaire. Pour eux, à l’origine, l’homme est un animal diurne qui est fait pour courir, chasser, grimper, ramper, transporter des charges, marcher… en interaction avec son environnement naturel.

La «paléo-fitness»

C’est cette prémisse qui a mené Erwan Le Corre, Français d’origine désormais installé à Santa Fe, au Nouveau-Mexique, à créer en 2009 MovNat (pour «Natural Movement»), une forme d’entraînement souvent associée à la «paléo-fitness», un terme encore mal défini. Son idée est simple : bouger comme nos ancêtres le faisaient.

«Tout petit, j’ai grandi près de la forêt et mon père m’amenait souvent grimper aux arbres, sauter de rocher en rocher… J’ai donc appris le mouvement de façon très intuitive, raconte-t-il. En vieillissant, je me suis toujours intéressé à des pratiques sportives ou physiques qui avaient un sens pratique, comme l’escalade et les sports de combat», explique celui qui, dans sa vingtaine, a pratiqué à Paris le parkour (un sport «extrême» qui vise le déplacement libre et efficace dans le milieu urbain par divers moyens: course, sauts, équilibre, escalade, etc.).

Pour M. Le Corre, il est aberrant que ces mouvements si naturels que sont sauter d’un point à l’autre, grimper à un arbre ou même combattre et se défendre soient devenus, avec le temps, étrangers à l’homme.

La base de sa méthode repose essentiellement sur l’apprentissage de mouvements «pratiques et adaptables».

Pratiques: sprint pour échapper à un prédateur… ou attraper le bus. Adaptables: où le mouvement demande à l’esprit d’être en éveil pour s’adapter à l’environnement et à la situation, comme garder l’équilibre sur un billot de bois pour traverser une rivière (réelle ou imaginée, si on s’entraîne à l’intérieur).

Les formations MovNat peuvent donc se dérouler à l’intérieur, dans un environnement sécurisé, mais aussi, évidemment, à l’extérieur.

MovNat organise également des retraites en pleine nature. Julien Smith, Montréalais auteur de best-sellers en marketing (dont Trust Agents) et paléo plus ou moins strict depuis quatre ans, a participé à deux de ces retraites en Virginie-Occidentale et en Thaïlande.

Si l’idée d’aller se mouvoir pieds nus dans les bois, de grimper des arbres et de déplacer des roches et des branches peut sembler un peu «grano», pour le jeune homme, il s’agit plutôt d’une réflexion pragmatique:

«Je ne suis pas un hippie, lance-t-il avec sa coupe de cheveux impec et ses tatouages. Pour moi, c’est une approche naturelle qui a du sens, car elle rend les gens plus forts et habiles. La plupart des personnes, malheureusement, ignorent leur corps et ne savent pas faire de l’exercice même si elles vont au gym.»

David Salmon, qui a fondé Toronto MovNat en 2012 après avoir suivi sa certification auprès d’Erwan Le Corre, a été séduit par cette approche du mouvement:

«En tant qu’entraîneur personnel professionnel, j’ai toujours été intéressé par les exercices fonctionnels, à l’opposé d’un entraînement qui ne servirait qu’à donner de gros muscles. MovNat nous apprend à être confortables dans n’importe quelle position et à mieux exécuter des mouvements qui serviront dans la vie de tous les jours», résume-t-il, ajoutant qu’il a vu les effets concrets de son entraînement le jour où il a… déménagé.

Pour M. Salmon, qui mange aussi paléo, «MovNat considère l’exercice et le mouvement de la même façon que le régime paléo s’attarde à la nutrition : en retournant à nos racines et en se basant sur ce que nous sommes naturellement sensés faire.»

Une approche évolutionniste qui, pour lui comme pour plusieurs autres, fait tout simplement appel au gros bon sens.

MovNat et Toronto MovNat donneront des formations à Montréal au printemps. Plus d’info auwww.movnat.com et www.torontomovnat.com.

Une journée 100% paléo

Nous avons demandé à Guillaume Lacerte, qui mange paléo depuis 2009, de partager avec nous une journée typique dans sa vie.

Déjeuner: OEufs brouillés dans l’huile de noix de coco, une orange, une grappe de raisins, une poignée d’amandes.

Lunch: Salade de thon avec laitue, tomates, concombre, avocat, poivron rouge, épices et vinaigrette d’huile d’olive et de vinaigre balsamique.

Souper: Rôti de palette avec os mijoté avec des oignons, des carottes, de la courge et des épices.

Collations:  Environ 30 g de chocolat noir 85 % et un ou deux fruits.

Boissons: Eau, café noir, thé, tisane.

Petit guide du paléo

> Recommandé:

Viandes et poissons (idéalement faibles en gras, biologiques ou élevés sans hormones ni antibiotiques)

OEufs

Légumes et fruits

Noix et graines

Huiles naturelles (noix de coco, olive, noisette)

Épices

Tisane et thé

Beaucoup d’eau

> À éviter:

Tous les produits transformés

Céréales et grains

Légumineuses

Produits laitiers

Sel

Sucres raffinés

Huiles hydrogénées

Gras trans

Alcool

> Zone grise (selon le niveau de restriction)

Pomme de terre et autres légumes-racines

Arachides

Soya

Café

Chocolat noir

Suppléments de vitamine D

http://www.lapresse.ca/

Etricourt-Manancourt : 300 000 ans d’histoire mis au grand jour


De très belles découvertes archéologique sont en court en Europe, laissant entrevoir les ancêtres européens étaient présent il y a 300 000 ans. Des restes  d’outils ont été découverts et ce dans différents cycles climatiques visibles a l’oeil nu
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Etricourt-Manancourt : 300 000 ans d’histoire mis au grand jour

 

Photobiface

Ensemble de quatre bifaces trouvés dans le niveau acheuléen, datant d’au moins 300 000 ans. © David Hérisson, Inrap

Les archéologues de l’Inrap ont mit au grand jour plusieurs occupations préhistoriques, dont la plus ancienne remonte à 300 000 ans. Une découverte exceptionnelle qui nous informe sur les premiers peuplements européens.

À Etricourt, les signes des premières cultures européennes remontent à la surface. Pendant plusieurs mois, les équipes de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) se sont appliquées à fouiller les 17 hectares d’un site, qui a révélé des traces de nos ancêtres paléolithiques.

La chasse aux trésors débute en 2010. Sur prescription de l’État (Drac Picardie), l’emplacement du futur bassin de rétention du canal Seine-Nord Europe fait l’objet d’un diagnostic. Dès les premiers coups de pelle, un niveau paléolithique est mis en évidence. Deux ans plus tard, une fouille de 3200 m2 est conduite pendant 4 mois. Le chantier donne des résultats spectaculaires : le site dévoile cinq niveaux, qui s’échelonnent entre 300 000 et 80 000 ans.

Des couleurs, des climats

Trois grands cycles climatiques, dans lesquels se succèdent ères glaciaires et interglaciaires, ont pu être observés. Plus la couleur du sol est foncée, plus la période est liée à un épisode climatique chaud ou tempéré.

Dans le niveau archéologique le plus ancien (300 000 ans), des centaines de silex ont étés découverts. Parmi eux, des bifaces : outils phares de l’époque qui servaient très probablement à la découpe de la viande. Une étude tracéologique devra confirmer cette hypothèse dans les mois à venir. Quant aux restes organiques (os et bois) de ces civilisations lointaines , l’acidité des sols semble en avoir effacé les dernières traces …

L’étude complète du gisement pourrait permettre de découvrir de nouveaux éléments, qui aideraient à la reconstitution du mode de vie de ces hommes de Néandertal.

La fouille est en cours.

Sylvia Guirand

http://www.nationalgeographic.fr/

Le plus vieil hameçon du monde découvert au Timor oriental


L’homme du passé a commencé il y a bien longtemps a varier son menu, la pèche était une des activités qu’ils ont développé avec les moyens que la nature leur a fourni pour aller de plus en plus profondément dans la mer ..
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Le plus vieil hameçon du monde découvert au Timor oriental

L'hameçon a été mis au jour dans la grotte de Jerimalai, au Timor oriental, en même temps que plus de 38 000 arêtes appartenant à 2 843 poissons issus de la pêche, et vieux de 42 000 ans.

L’hameçon a été mis au jour dans la grotte de Jerimalai, au Timor oriental, en même temps que plus de 38 000 arêtes appartenant à 2 843 poissons issus de la pêche, et vieux de 42 000 ans.

Photo: AP/Australian National University

Agence France-Presse
Sydney

Des archéologues australiens ont découvert au Timor oriental le plus vieil hameçon connu au monde, ainsi que des fossiles prouvant que les hommes préhistoriques maîtrisaient la pêche en eau profonde, révèle une étude parue vendredi dans la revue Science.

Taillé dans un coquillage il y a entre 16 000 et 23 000 ans, l’hameçon «atteste que nos ancêtres étaient de bons artisans et de bons pêcheurs», selon le professeur Sue O’Connor, de l’Australian National University.

Il ne semble cependant pas conçu pour la pêche pélagique, et les méthodes employées au paléolithique pour capturer des poissons en eau profonde demeurent inconnues.

Outre le recours au filet, «il est possible que des hameçons d’un autre type aient été fabriqués à la même époque», a expliqué Sue O’Connor.

L’hameçon a été mis au jour dans la grotte de Jerimalai, au Timor oriental, en même temps que plus de 38 000 arêtes appartenant à 2 843 poissons issus de la pêche, et vieux de 42 000 ans.

Parmi les poissons découverts figurent des espèces vivant en eau profonde.

Pour Sue O’Connor, «le site nous enseigne que les premiers hommes modernes sur cette île d’Asie du Sud-Est avaient des compétences maritimes très avancées».

«Ils étaient passés maîtres dans l’art de capturer des proies qui sont difficiles, même de nos jours, comme le thon», a-t-elle dit.

La grotte de Jerimalai est la preuve de présence humaine la plus ancienne dans les îles de cette région, situées sur les «routes» de migration nord-sud empruntées par les premiers hommes ayant peuplé l’Australie.

http://www.cyberpresse.ca