Une mystérieuse pluie rouge sang sur une ville de Sibérie


 

Découvrir en sortant que les rues sont d’un rouge sang après la pluie, on veut des réponses. Les citoyens ont eu leur réponse dans des circonstances qui réunissent une usine, grand ménage, oxyde de fer, vent et pluie
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Une mystérieuse pluie rouge sang sur une ville de Sibérie

Crédits : Facebook

par  Mehdi Karam

Mais que s’est-il passé à Norilsk ? Le 3 juillet, cette ville industrielle s’est transformée en décor de film d’horreur grandeur nature.

En effet, il y est tombé une pluie couleur sang, qui a tout tâché sur son passage et donné aux rues des allures de boucheries à ciel ouvert. Le Siberian Times se questionne alors : s’agit-il de la peste noire ? De l’Apocalypse ? En réalité, il existerait une explication rationnelle à ce phénomène angoissant.

Tout d’abord, cette pluie, qui n’a touché qu’une partie de la ville, n’est pas toxique. Du moins, c’est ce qu’ont assuré les dirigeants de l’usine Nornickel, qui se trouvent en plein milieu du périmètre ayant vécu le bain de sang. De ce fait, tout s’explique. Une source de l’entreprise spécialisée dans la production de nickel a expliqué qu’une opération de nettoyage était en cours autour du complexe industriel. Ce ménage de printemps impliquait de se débarrasser de tout l’oxyde de fer qui recouvre les plans de l’usine.

Alors que ce matériau rougeâtre a été « rassemblé et préparé pour être éjecté » sur le toit de l’usine, un coup de vent l’aurait fait voler jusqu’au parking de l’établissement, où l’oxyde de fer s’est collé aux voitures. La pluie aurait terminé le boulot. Voilà pour l’explication rationnelle. Du moins, Norilsk n’est pas une ville classique. Inaugurée à la fin des années 1920, il s’agit de la ville la plus septentrionale du monde. Elle est couverte de neige jusqu’à 270 jours par an et, de par sa localisation, offrait jadis aux Soviétiques un laboratoire de choix pour mener leurs expérimentations secrètes…

Source : Siberian Times

http://www.ulyces.co/

On sait enfin d’où vient le «sang» de ce glacier de l’Antarctique


Depuis des décennies, les scientifiques, ont cherché comment la cascade de sang se formait sur le glacier Taylor en Antarctique. Il a fallu comprendre ce qui se passait en dessous du glacier, et avec les changements climatiques, il y aura de plus en plus de cette couleur qui s’échappera du glacier
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On sait enfin d’où vient le «sang» de ce glacier de l’Antarctique

 

Blood Falls | National Science Foundation/Peter Rejcek via Wikimédia CC License by

Blood Falls | National Science Foundation/Peter Rejcek via Wikimédia CC License by

Repéré par Vincent Manilève

Repéré sur Popular Science

Et ces «Cascades de sang» pourraient devenir plus fréquentes sur les glaciers.

 

En 1911, le géoscientifique britannique Thomas Griffith Taylor découvre un endroit très spécial de l’Antarctique. De temps en temps, de l’eau rouge s’écoule le long du glacier, sans que personne ne puisse expliquer ce phénomène. Avec les années, on a compris que la couleur était due au contact entre l’oxyde de fer présent dans l’eau et l’oxygène de l’air. Un cas classique de rouille, mais qui a valu au glacier Taylor le surnom de Blood Falls, «Cascades de sang». 

Mais, à l’exception de spéculation en 2015, personne n’avait encore réussi à déterminer avec précision d’où venait cette eau particulièrement riche en fer. C’est chose fait désormais, comme le raconte le site Popular Science, qui relaie une étude publiée dans le Journal of Glaciology où des chercheurs du Colorado College et de l’université d’Alaska Fairbanks expliquent que part d’un réservoir d’eau salée située sous le glacier.

Jessica Badgeley, du Colorado College, a expliqué à Popular Science: «Nous savions qu’il y avait un écoulement d’eau salée qui créait la cascade, et que l’étude de 2015 montrait presque déjà que cette eau salée venait de sous le glacier. Le mystère qui demeurait, c’était le lien entre cette source et l’écoulement. C’est assez inhabituel, et il y a très peu de cas similaires. Donc il était encore difficile de savoir comment l’eau allait de sous le glacier à la surface.» 

Il faut savoir que, même si le sel est présent, cela ne suffit pas à empêcher la glaciation; cette source aurait dû être gelée. En réalité, cette source arrive à se réchauffer elle-même.

«Quand l’eau passe par la phase où elle passe de l’état liquide à l’état solide, cela dégage de la chaleur, c’est juste de la chimie basique, note Popular Science. Dans le cas de l’eau salée qui traverse le glacier Taylor, la chaleur qui est dégagée par la part d’eau salée qui gèle suffit à maintenir l’écoulement du reste.»

Les chercheurs ont donc tracé, à l’aide d’ondes radio et d’un robot, l’origine de cet écoulement pour le moins exceptionnel. Il s’est avéré que l’eau reste chaude sous le glacier et que lorsque des crevasses se créent, la pression la fait remonter, prête à surgir lorsque la surface craque.

Si les «Cascades de sang» n’ont plus de mystères, les chercheurs estiment qu’il y a des leçons à en tirer.

«C’est très important de comprendre à quel point et à quel vitesse les glaciers et les plaques de glace vont évoluer avec le changement climatique», explique Bdgeley.

Avec les températures qui augmentent à travers le monde, plus de glaciers pourraient déverser de l’eau rouge. 

http://www.slate.fr