Ötzi, l’homme des glaces, avait aiguisé ses outils quelques jours avant son meurtre


On sait un plus de choses sur les derniers jours de l’homme des glaces. Les scientifiques ont pu retracer sa route d’après les pollens qu’ils ont trouvé dans son estomac, combien de fois qu’il a mangé avant sa mort et les outils qu’il a travaillé et une blessure ressente avant de rencontrer son destin
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Ötzi, l’homme des glaces, avait aiguisé ses outils quelques jours avant son meurtre

 

Crédits : Wikimedia Commons / 120

par Brice Louvet

Quelques jours avant son meurtre dans les Alpes italiennes il y a environ 5 300 ans, l’homme des glaces Ötzi avait réaffûté ses outils, probablement avec sa main droite, selon de nouvelles analyses.

Ötzi fut découvert enseveli sous une couche de glace le 19 septembre 1991 à 3 210 mètres d’altitude dans le Val Senales en Italie. Son existence a été révélée par la fonte importante du glacier. L’homme semble avoir été transpercé d’une flèche de haut en bas, décochée dans son dos à une distance de 30 à 40 mètres. S’était-il préparé à ce combat ? Probablement pas. Si de récentes analyses suggèrent en effet qu’Ötzi avait aiguisé quelques outils – probablement de sa main droite – quelques jours avant son meurtre, pour Ursula Wiere, principale auteure de l’étude, Ötzi se préparait sûrement à commercer ou à chasser.

La boîte à outils d’Ötzi comprenait un poignard, un grattoir, un foreur, un retoucheur de bois et deux pointes de flèches. L’analyse de ces artefacts fut très difficile. Les scientifiques n’ont eu que quelques jours pour examiner chacun des outils en utilisant des microscopes de haute puissance et des tomodensitogrammes (TDM). Dans le cadre de leur enquête, les chercheurs se sont notamment concentrés sur le type de chert – une roche dure et sombre faite de silice – qui constituait un grand nombre des outils d’Ötzi. Ils ont trouvé que celui-ci venait d’au moins trois endroits : des affleurements dans le Trentin (Italie) situé à environ 40 kilomètres, des endroits rocailleux dans le sud-ouest du Trentin, jusqu’à 75 kilomètres et éventuellement le Plateau de Trento, situé à au moins 70 km.

Vu la distance entre ces lieux et la maison probable d’Ötzi dans la vallée de Vinschgau – située dans la province moderne du Tyrol du Sud, en Italie – il est possible qu’Otzi ou ses contemporains aient commercé avec des gens de différentes régions.

« Je pense que nous devons imaginer que le commerce à l’époque était déjà assez important pour certaines matières premières et certains produits », note la chercheuse.

Presque tous les outils d’Ötzi ont été retravaillés ou aiguisés au fil des ans, mais deux artefacts – le grattoir en forme d’ovale, probablement utilisé pour couper des plantes ou des peaux d’animaux, et le foreur, sûrement utilisé pour percer des trous dans des matériaux comme le bois – avaient été récemment modifiés. Vraisemblablement effectuées par Ötzi lui-même, ces nouvelles modifications ne montraient par ailleurs aucun signe d’usure.

« En analysant la boîte à outils sous différents angles et en reconstruisant le cycle de vie complet de chaque instrument, nous avons pu comprendre le contexte culturel d’Ötzi, son histoire individuelle et ses derniers jours agités », explique la chercheuse à Gizmodo.

En analysant par ailleurs le pollen contenu dans les aliments consommés par Ötzi, les chercheurs ont pu reconstruire son itinéraire mouvementé dans les heures qui ont précédé sa mort. Environ 33 heures avant de périr, Ötzi était dans les montagnes à une altitude de 2 500 mètres au-dessus du niveau de la mer. De là, il a fait une descente le long de la pente sud de la crête alpine, atteignant un endroit où il a passé un certain temps avant de faire une autre ascension des montagnes. Il aurait ensuite grimpé à une hauteur de 3 000 mètres, environ quatre à cinq heures avant sa mort. Ötzi a réussi à manger trois fois au cours de cette période de 33 heures, y compris un dernier repas environ deux heures avant d’être tué.

Il est également quasiment sûr qu’Ötzi fut impliqué dans un conflit dans les heures qui ont précédé sa mort, comme en attestent plusieurs blessures sur le corps de la momie, dont une entaille profonde à la main droite, caractéristique de l’auto-défense. En raison du processus de guérison qui avait déjà commencé, les chercheurs savent que la coupure s’est produite au moins 24 heures avant sa mort.

Source

https://sciencepost.fr/

Ötzi, la plus vieille affaire criminelle enfin élucidée


Le plus vieux crime du monde à intéressé, un inspecteur qui a étudié le cas. La victime : Ötzi, alias l’homme de glaces, mort il y a 5.300 ans. Endroit : Entre la frontière de l’Autriche et de l’Italie. Indice : une flèche dans le dos. Pourquoi : Possiblement la vengeance. Suspect : Une ou des personnes de son propre village. Accusation : Aucune.
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Ötzi, la plus vieille affaire criminelle enfin élucidée

 

© reuters.

En 1991, le corps momifié d’un homme est retrouvé parfaitement conservé dans les glaces des Alpes austro-italiennes. Le début d’une longue enquête policière…

Ötzi, « l’homme des glaces », a donc été assassiné d’une flèche dans le dos il y a… 5.300 ans, c’est du moins le verdict d’une longue investigation menée par la police de Munich, relate le New York Times, relayé par Le Courrier international. 

3.300 avant Jésus-Christ

L’inspecteur Alexander Horn avait en effet été contacté par le Musée archéologique de Bolzano (nord-est de l’Italie) pour tenter de faire toute la lumière sur cette énigme antédiluvienne: découvrir les causes de la mort d’Ötzi, tué dans les Alpes de l’Ötztal (dont il tire son nom), à la frontière entre l’Italie et l’Autriche, vers 3.300 avant Jésus-Christ.

Ötzi, 45 ans

Selon les conclusions de cette enquête aussi minitieuse qu’inédite, Ötzi devait avoir 45 ans, « soit un âge respectablement vieux pour le Néolithique », mesurait 1,65 mètre et pesait 50 kilos. Il aurait été impliqué dans une violente dispute dans son village et en serait sorti vainqueur avant de déplacer son campement en altitude.

Une flèche dans le dos

Il aurait été surpris par un archer qui lui aurait décoché une flèche dans le dos « à une distance d’environ 30 mètres ». Rien ne semble démontrer que la victime s’attendait à subir des représailles car elle venait de prendre un repas chaud autour du feu peu de temps avant sa mort. Il s’agit donc bel et bien d’un assassinat motivé par la vengeance d’un villageois. 

Évolution relative

Malheureusement, le coupable, lui, ne sera sans doute jamais retrouvé:

« Tant dans la vie que dans la mort, l’Homme des glaces semble étrangement familier à ses descendants modernes », souligne Katharina Hersel, directrice adjointe du musée de Bolzano. « On continue de se tuer les uns les autres, peut-être n’y a-t-il pas eu tant d’évolution que ça après tout… »

http://www.7sur7.be/

L’homme des glaces Ötzi avait mangé du lard avant de mourir


Après 5 000 ans, les scientifiques peuvent savoir ce qu’ Ötzi a mangé avant d’être tué par une flèche » Une découverte qui démontre aussi qu’à cette époque lointaine, ils avaient la technique du séchage de viande
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L’homme des glaces Ötzi avait mangé du lard avant de mourir

 

Le fait qu'Ötzi avait mangé du bouquetin avant... (Andrea Solero, archives AFP)

Le fait qu’Ötzi avait mangé du bouquetin avant d’être tué par une flèche il y a plus de 5000 ans sur les hauteurs de la vallée de l’Ötz, à 3210 mètres d’altitude, était connu depuis 2011. Mais les chercheurs pensaient jusqu’à présent qu’il s’agissait de viande cuite.

ANDREA SOLERO, ARCHIVES AFP

Agence France-Presse
Vienne

 

L’homme des glaces Ötzi, dont la dépouille momifiée fut découverte en 1991 dans un glacier alpin à la frontière entre l’Italie et l’Autriche, avait probablement mangé du lard de bouquetin peu avant sa mort, a annoncé le directeur de l’institut chargé des recherches sur la momie.

« Il a mangé en dernier une viande très grasse et séchée, sans doute une sorte de lard », a déclaré le directeur de cet institut basé à Bolzano (Italie), Albert Zink, lors d’une conférence à Vienne mercredi soir.

Le fait qu’Ötzi avait mangé du bouquetin avant d’être tué par une flèche il y a plus de 5000 ans sur les hauteurs de la vallée de l’Ötz, à 3210 mètres d’altitude, était connu depuis 2011. Mais les chercheurs pensaient jusqu’à présent qu’il s’agissait de viande cuite.

Or de nouvelles études moléculaires du contenu de son estomac ont établi qu’il s’agissait de viande séchée.

Celle-ci « conserve ses fibres », tandis que « ces structures sont détruites à la cuisson », souligne M. Zink.

Cette découverte prouve qu’Ötzi ou ses proches maîtrisaient la technique du séchage de la viande, disposant ainsi de la possibilité de conserver et de transporter celle-ci sans qu’elle ne se détériore, relève-t-il.

Découvert par des randonneurs le 19 septembre 1991, le corps et les équipements remarquablement conservés d’Ötzi sont une mine de renseignements inégalée pour les chercheurs.

L’analyse de bactéries trouvées dans son estomac a notamment suggéré qu’une grande vague migratoire du Proche-Orient vers l’Europe était survenue plus récemment qu’estimé auparavant.

La dépouille d’Ötzi, conservée au musée de Bolzano, attire quelque 260 000 visiteurs par an.

http://www.lapresse.ca/

Il y a vingt-cinq ans, l’incroyable histoire de la malédiction de la momie


Cela fait 25 ans qu’Ötzi a été sortie des glaces. Une momie de plus de 5 000 ans qui semblent pour superstitieux être portés de malédiction. Personnellement, je n’y crois pas, même s’il y a des faits du hasard qui sont quelque peu insolites
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Il y a vingt-cinq ans, l’incroyable histoire de la malédiction de la momie

 

Andrea Solero / AFP

Andrea Solero / AFP

Repéré par Annabelle Georgen

Le Spiegel revient sur la découverte d’«Ötzi», la plus vieille momie de l’humanité.

Un jour d’automne 1991, un couple de randonneurs allemands a fait une découverte macabre après s’être écarté d’un sentier des Alpes de l’Ötztal, à 3.210 mètres d’altitude: un corps sans vie, emprisonné jusqu’au milieu du dos dans la glace, surgissait du flanc de la montagne. Erika et Helmut Simon ont pensé qu’il s’agissait d’un randonneur qui avait eu un accident quelques mois ou quelques années plus tôt, ont photographié le buste momifié et se sont empressés de prévenir les autorités une fois arrivés au prochain refuge.

En réalité, le cadavre de celui qui fut bientôt surnommé «Ötzi» était resté sur cette montagne durant 5.300 ans, jusqu’à sa découverte par ce couple originaire de Nuremberg, comme le montrèrent les analyses menées sur la momie. Non seulement «Ötzi» était extraordinairement bien conservé, ce qui permis d’apprendre qu’il n’avait pas eu d’accident mais avait été tué par un de ses contemporains, ainsi qu’une foule de détails –il était par exemple intolérant au lactose, des milliers d’années avant qu’on parle de ce sujet en long et en large– mais c’était la plus vieille momie de l’humanité, précise l’hebdomadaire Der Spiegel, qui revient sur cette découverte historique à l’occasion de son 25e anniversaire, le 19 septembre 2016, mais aussi sur la soit-disante «malédiction» de la momie.

Cruelle ironie

Car le 15 octobre 2004, treize ans après avoir découvert Ötzi, Helmut Simon n’est jamais revenu d’une randonnée qu’il avait entreprise dans les environs de Bad Hofgastein, à environ 150 kilomètres du lieu où se trouvait autrefois la momie. Son corps a été retrouvé neuf jours plus tard. Il avait fait une chute de 150 mètres. Les spéculations allèrent alors bon train dans la presse internationale, rappelle Der Spiegel:

«Même le magazine scientifique Science évoquait alors une “cruelle ironie” du destin. Soudain, on s’est souvenu du médecin légiste Rainer Henn, qui avait autrefois examiné Ötzi et qui était mort un an après lors d’un accident de voiture. Après lui venait un guide de haute montagne qui était présent lors des travaux d’extraction de la momie, et qui avait eu un accident mortel en montagne. Le reporter de l’ORF, qui avait filmé Ötzi, décéda d’un cancer, et peu après la mort d’Helmut Simon, l’explorateur Spindler, qui travaillait sur Ötzi, décéda de la maladie nerveuse SLA.»

Le portail internet allemand Web.de revient lui aussi sur ce «mythe d’Ötzi» selon lequel la momie se vengerait sur ceux qui ont osé la déranger durant son repos éternel, et évoque également les «théories du complot» qui ont accompagné sa découverte, notamment celle selon laquelle «Ötzi» serait une momie égyptienne qui aurait été déposée dans la glace par un guide de haute montagne qui se trouvait «par hasard» sur place peu après que les Simon l’aient trouvée. Dans quel but? Cela reste à trouver.

http://www.slate.fr/

Une bactérie dans le ventre de l’homme des neiges « Ötzi » nous éclaire sur les migrations humaines


L’homme des neiges Ötzi fait encore parlé de lui . Une bactérie celle qui cause les gastro-intestinales est étudié pour mieux comprendre les  migrations et la  souche d’Ötzi est différente. C’est fou comment la science peut découvrir le passé pour mieux comprendre le présent
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Une bactérie dans le ventre de l’homme des neiges « Ötzi » nous éclaire sur les migrations humaines

 

Le visage d'Ötzi

Le visage d’Ötzi Photo :  South Tyrol Museum of Archaeology

Radio-Canada avec Le Monde et The Independen

L’homme des neiges préhistorique retrouvé momifié sous un glacier à la frontière entre l’Italie et l’Autriche en 1991 aurait été porteur d’une bactérie causant des ulcères gastro-duodénaux, selon une récente étude.

Une recherche publiée dans la revue Science révèle que l’homme préhistorique Ötzi, que la datation du carbone 14 estime vieux de 5300 ans, portait une bactérie, appelée Helicobacter pylori (H. pylori), responsable de causer des infections gastro-intestinales.

Cette bactérie, encore présente aujourd’hui, affecterait donc les hommes depuis des milliers d’années.

« Ce qui est plus remarquable, c’est que les outils d’analyse génétique aient permis d’en retrouver la trace sur une momie aussi ancienne, au point même de déterminer la souche à laquelle elle appartenait », confie au Monde Francis Mégraud, un des auteurs de l’étude.

En effet, si la bactérie se détecte assez facilement dans les tissus des patients « vivants », chez une momie dépourvue de muqueuses, le défi était de taille, et la découverte inespérée.

Les chercheurs ont dû extraire la totalité de l’ADN provenant des résidus de l’abdomen d’Ötzi, avant d’y rechercher spécifiquement la présence de la bactérie. Ils ont ensuite pu reconstruire le génome vieux de 5300 ans du germe.

La souche de la bactérie découverte chez Ötzi serait ainsi « asiatique », tandis que la souche présente dans la même bactérie aujourd’hui en Occident se trouve plutôt à la croisée des lignées africaine et asiatique.

Les scientifiques n’ont pas pu confirmer si Ötzi avait souffert d’ulcères ou de problèmes gastro-intestinaux, mais ils ont assuré que les conditions préalables à une telle maladie étaient définitivement présentes.

Une bactérie pour tracer les migrations humaines

L’Helicobacter est par ailleurs étudiée pour tracer les migrations humaines au fil des âges. Dans une autre étude publiée par Science en 2003, des chercheurs faisaient ainsi le lien entre de grandes migrations et les distributions géographiques du microbe parmi sept populations différentes. Ils ont pu alors établir une sorte d’arbre généalogique de la bactérie, et estimer qu’elle était présente chez les hommes depuis environ 100 000 ans.

L’origine strictement asiatique de la souche chez Ötzi permet ainsi de dater le mélange entre populations africaines et asiatiques à l’origine de la souche « hybride » contemporaine.

« On sait maintenant qu’à l’époque de l’Homme de glace, les migrations qui allaient apporter la part de l’héritage de ces H. pylori depuis l’Afrique n’avaient pas eu lieu » a précisé le docteur à l’Université de médecine vétérinaire de Vienne Yoshan Moodley au journal Le Monde.

Ötzi avait été décongelé en 2010 pour être soumis à de nouvelles analyses, dont celle du H. pylori, afin de prouver avec des données l’existence archaïque du germe. C’est un groupe de scientifiques viennois qui a réussi à isoler la bactérie chez l’homme des neiges grâce aux nouvelles techniques d’extraction d’ADN.

Le corps momifié par la glace d’Ötzi avait été découvert en 1991 dans les Alpes autrichiennes avec de nombreux outils préhistoriques. On estime qu’il avait entre 40 et 50 ans à sa mort.

http://ici.radio-canada.ca/

Le Saviez-Vous ► Il était une fois la maladie: un mal commun aux hommes et aux dinosaures


Une maladie connu  chez les dinosaures, les momies égyptiennes, Hippocrate, Galien et d’autres ont écrit sur le sujet. Des médicaments ont été élaborés jusqu’à la fameuse aspirine pour essayer de soigner ceux qui en souffrent et encore aujourd’hui, la recherche continu pour soulager avec efficacité l’arthrite
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Il était une fois la maladie: un mal commun aux hommes et aux dinosaures

 

 

Jacques Beaulieu

Chroniqueur et communicateur scientifique

Une maladie commune aux dinosaures et aux humains : L’arthrite

Il s’appelait Ötzi. Aujourd’hui, il serait âgé de plus de 3 300 ans. Lorsque son corps a été découvert le 19 septembre 1991 dans les Alpes de l’Ötztal (région entre l’Autriche et l’Italie), il était dans un état de conservation excellent. Si bien qu’on put établir que notre ancêtre mesurait 1,65 m et pesait 50 kg. Il est mort après quelques jours de marche et après avoir été atteint d’une flèche à l’épaule gauche. Les analyses radiologiques ont démontré que notre aïeul souffrait d’arthrose à la colonne lombaire ainsi qu’aux genoux et à la cheville. Iceman, c’est son autre pseudonyme, apporte donc la preuve que les maladies arthritiques remontent très loin dans l’histoire humaine.

Et bien avant

En réalité, la preuve a établi que l’arthrite était aussi présente bien avant, et ce même chez les dinosaures particulièrement au niveau de la cheville primaire. Puis, environ 1500 ans av. J.-C., le papyrus d’Ebers en Égypte fait une description assez exhaustive de ce qu’on appelle aujourd’hui l’arthrite rhumatoïde. D’ailleurs, plusieurs momies égyptiennes corroborent ce fait. On retrouve dans le Charaka Samhita, ce vaste traité de médecine (8 livres, 120 chapitres) écrit en Inde quelques centaines d’années av. J.-C. une description de la douleur, du gonflement, de la perte de mobilité et du fonctionnement causés par l’arthrite. Hippocrate décrivit aussi l’arthrite sans en déduire les diverses formes et Galien, près de 200 ans apr. J.-C., est le premier à introduire le terme de rhumatisme du grec «rheuma» qui signifie : qui s’écoule. Les anciens analysaient la physiologie humaine comme provenant de diverses humeurs. Lorsque certaines de celles-ci, sises près des articulations s’écoulaient, il y avait alors enflure, douleur, déformation et rhumatisme.

Paracelse (1493-1541), cet alchimiste et médecin suisse, avance que les substances qui ne peuvent pas être éliminées par les urines se concentrent dans les articulations et engendrent l’arthrite.

Du XVIe au XXIe siècle

Les réels succès dans la compréhension et les traitements de la maladie débutent avec un singulier docteur anglais. Thomas Sydenham (1624-1689) était un médecin anglais qui connut une carrière bien étonnante. Il publia un an avant sa mort un livre qui s’imposa et qui portait pour titre Traitement de l’arthrite et de l’hydropisie.

Au XVIIIe siècle, au Devon, un comté du sud-ouest de l’Angleterre aujourd’hui nommé le Devonshire, on trouvait une maladie typique qu’on appelait alors la colique de Devon. On doit à un médecin anglais la première description scientifique de la maladie. Le Dr William Musgrave (1655-1721) publia en 1715 un ouvrage intitulé De arthritide symptomatica qui sera longtemps une référence mondiale sur les maladies arthritiques. Il y consacre un chapitre sur les coliques de Devon. À l’époque, il attribuait, comme ses concitoyens, la cause de cette maladie à la consommation de cidre de pomme, les gens du Devon étant friands de cette boisson. L’acidité naturelle de cette boisson était alors mise en cause. Ce n’est qu’une quarantaine d’années plus tard qu’un autre médecin britannique, G. Baker, trouva l’origine réelle de cette maladie. Elle était due aux procédés de fabrication du cidre dans lequel le plomb occupait beaucoup de place. On utilisait, entre autres, pour nettoyer les barils de petites billes de ce métal. Il s’agissait donc d’une intoxication au plomb et non d’un effet du cidre de pomme.

En 1858, Sir Alfred Baring Garrod propose le terme d’arthrite rhumatoïde pour différencier cette forme d’arthrite des autres. Il constate que les patients souffrant de la goutte affichent aussi une forte concentration d’acide urique dans le sang. Il fut le premier à proposer le lithium pour traiter la goutte, car le carbonate de lithium pouvait dissoudre les calculs d’acide urique. Puis, devant les résultats obtenus, il proposa aussi ce remède pour améliorer le sort de ceux qui souffraient de maniaco-dépression, maladie étant alors perçue comme une forme de la goutte, mais qui aurait affecté le cerveau plutôt que les articulations.

Évolution des traitements

Les plantes médicinales contenant de l’acide salicylique étaient déjà utilisées du temps d’Hippocrate et de Galien. Nous oublierons volontairement les saignées, les sangsues et les purgations empiriquement en usage au Moyen-âge si ce n’est que pour souligner que ceux qui n’en survivaient pas devaient être plus nombreux que ceux pour qui la cure apportait une certaine efficacité. Avec moins de risques et peut-être plus d’efficacité, on pouvait toujours se tourner vers la prière et les invocations commecelle-ci:

Fuis d’ici, je te le dis,
Et te le redis, et reconstruis, tu le dois,
Tous tes dégâts!
Arthrose, horrible chose,
Tu as réparé, tu es pardonnée,
Saint Thibault et Saint Caprais l’ont ordonné ,
Par ma bouche, Dieu l’ordonne

Vers l’époque de la renaissance, l’usage des sels de métaux commença à se répandre. Plusieurs furent tentés sans succès comme les sels d’arsenic, de cuivre et de bismuth. Le sel d’or montra une efficacité certaine et fait toujours partie des médicaments antirhumatismaux modificateurs de la maladie (DMARDs sigle anglais).

En 1895, Payne introduit la quinine dans le traitement des maladies rhumatismales et du lupus érythémateux. Plusieurs autres médicaments viendront s’ajouter au vingtième siècle tels la cortisone, la chloriquine, l’hydroxychloroquine et le méthotrexate pour en citer quelques-uns.

En 1897, un jeune chimiste allemand, Felix Hoffman voulait soulager les souffrances de son père atteint d’un rhumatisme chronique sévère. Le 10 octobre 1897, il réussit à obtenir de l’AAS assez pur à partir d’une plante : la spirée ulnaire. Il vint certes en aide à son père et de plus, le 6 mars 1899 Bayer obtient le brevet pour un nouveau médicament : l’ASPIRIN. Le nom vient de «a» pour acétyle, «spir» pour l’acide spirique (Hoffman avait extrait l’AAS à partir d’une plante: la reine-des-prés ou en latin Spiraea ulmaria), et «in» parce que plusieurs suffixes d’appellation de médicaments se terminaient en in ou ine, exemple: quinine, morphine, etc. Dès sa lancée, l’ASPIRIN alors sous la forme d’une poudre blanchâtre s’affiche comme numéro 1 de la vente de médicament au monde. Elle a même connu des percées dans la prévention des maladies cardiovasculaires et des maladies cardiaques et, de nos jours, elle présente des avenues intéressantes dans le traitement et la prévention de certains cancers.

Dans le traitement de l’arthrite, les médicaments ont apporté d’importantes améliorations à la qualité de vie de millions de personnes. Un avenir semble se dessiner pour les anticorps anti-TNF et d’autres thérapies géniques. D’autres avenues sont aussi à l’étude. Ainsi l’étanercept et l’infliximab ont fait leur apparition vers la fin des années 1990. Ils peuvent être utilisés dans les traitements des polyarthrites rhumatoïdes. Mais le fait qu’ils soient injectables réduit leur utilisation de beaucoup. Le 7 juillet 2015, la Société de l’arthrite annonçait l’attribution d’une subvention de recherche de trois ans à Jason McDougall, de l’Université Dalhousie, pour la réalisation d’une étude sur le cannabis médicinal et ses effets sur la douleur de l’arthrite et la prise en charge de la maladie. Il s’agit peut-être là d’un autre outil pour venir en aide à celles et ceux qui sont aux prises avec cette maladie.

En somme, même si l’arthrite semble exister depuis la nuit des temps, il reste évident que le besoin en recherche soit de plus en plus criant pour trouver des solutions. Actuellement, bien des recherches s’orientent du côté des produits biologiques et engendrent beaucoup d’espoir.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Momies du pic d’Orizaba : vision d’horreur au sommet du volcan!


Des alpinistes au Mexique ont eu toute une surprise de découvrir 2 corps momifiés, au plus au pic du pays. Malgré le froid et la neige, ils sont en très mauvais état. On croit que ces deux personnes sont là depuis plus 50 ans, alors comment se fait-il qu’Ötzi lui vieux de plus 5 000 ans soit mieux conserver que ces deux victimes de la montagne
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Momies du pic d’Orizaba : vision d’horreur au sommet du volcan!

 

 

Les restes d'un des deux grimpeurs emportés par une avalanche il y a plus d’un demi-siècle. © HILARIO AGUILAR / CHALCHICOMULA TOWN COUNCIL / AFP

Les restes d’un des deux grimpeurs emportés par une avalanche il y a plus d’un demi-siècle. © HILARIO AGUILAR / CHALCHICOMULA TOWN COUNCIL / AFP

Par Bernadette Arnaud

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Un groupe d’alpinistes a fait une macabre découverte au Mexique : deux corps momifiés depuis plus d’un demi-siècle. Comment ces dépouilles très dégradées n’ont-elles pas été mieux préservées dans la glace ?

DÉCOUVERTE. C’est avec une certaine stupeur qu’un groupe d’alpinistes qui s’étaient attaqués à l’ascension du pic d’Orizaba – un volcan éteint qui culmine à 5675 m d’altitude (le plus haut sommet du Mexique) – se sont retrouvés nez-à-nez avec des momies le 5 mars 2015 ! Plus exactement, avec les restes gelés de deux individus émergeant en partie du manteau neigeux.

Selon Hilario Aguila, membre de l’Association mexicaine des alpinistes, il pourrait s’agir de deux grimpeurs emportés par une avalanche survenue il y a plus d’un demi-siècle. Des tests ADN devraient être pratiqués pour tenter de les identifier. Les préparatifs de sauvetage pour la récupération de ces restes humains sont actuellement en cours. Les équipes de la protection civile du ministère de l’Intérieur, associées aux unités de sauvetage de l’état de Puebla, iront chercher les deux corps, dès que la météo le permettra.

OTZI. L’image de ces dépouilles ensevelies dans la neige ont fait irrésistiblement penser au célèbre Otzi, vieux de 5300 ans, mis au jour tout aussi fortuitement dans les Alpes par des randonneurs, en septembre 1991, dans la vallée de Similaun à la frontière austro-italienne. Un homme préhistorique pourtant en aussi bon état de conservation que ces dépouilles récentes…

Les processus de momification dépendent de plusieurs facteurs, tels le microclimat, les températures, le soleil ou le vent »

« Sciences et Avenir » a demandé à Albert Zink, qui dirige l’Institut des momies et de l’Homme des glaces (Eurac) à Bolzano (Italie), de réagir pour mieux comprendre les processus de préservation à l’œuvre.

« Les processus de momification dépendent de plusieurs facteurs, tels le microclimat, les températures, le soleil ou le vent », explique l’expert.

DÉPLACEMENTS. Observant les photographies prises des corps des alpinistes tels qu’ils ont été retrouvés au Mexique, il précise également :

 « Ces corps ont sans doute subi des déplacements liés à l’avalanche, ce qui n’a pas permis leur bonne préservation. À l’inverse d’Otzi, qui – par chance – est toujours resté au même endroit de sa mort à sa découverte plus de 5000 ans plus tard ! Otzi a été littéralement « lyophilisé » sur place via une combinaison de neige et de glace, ce qui a permis qu’il nous parvienne en si bon état ».

Des phénomènes identiques avaient été constatés sur des momies de soldats de la Première Guerre mondiale retrouvés dans les Alpes, « à peine » âgés de 100 ans.

http://www.sciencesetavenir.fr/