Les plus anciennes formes de vie sur Terre trouvées dans le nord du Québec


C’est dans le nord du Québec qu’on aurait trouvé la plus ancienne forme de vie sur Terre. Cette découverte vient de repousser de 100 à 600 millions d’années la venue des micro-organismes
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Les plus anciennes formes de vie sur Terre trouvées dans le nord du Québec

 

Photo : Dave Weatherall

Des structures présentes dans des roches de Nuvvuagittuq, situé sur la côte est de la baie d’Hudson, laissent à penser qu’il s’agit de micro-organismes fossilisés qui dateraient d’au moins 3,8 milliards d’années, ou plus probablement de 4,3 milliards d’années.

Explications.

Un texte d’Alain Labelle


Les travaux du Dr Jonathan O’Neil du Département des sciences de la Terre et de l’environnement de l’Université d’Ottawa et de ses collègues permettent de repousser les plus anciennes traces de vie sur Terre de 100 millions, voire de 600 millions d’années.

Les origines de la vie

La ceinture de roches vertes de Nuvvuagittuq donne donc un aperçu de la nature de la croûte terrestre primitive et de son évolution.

La ceinture de roches vertes de Nuvvuagittuq, au Québec.   Photo : D.Papineau

L’équipe internationale de chercheurs a trouvé, dans les couches de quartz de ces formations de fer, des restes de micro-organismes sous forme de minuscules filaments et tubes constitués de bactéries vivant autrefois sur le fer.

Notre étude démontre que certaines structures présentes dans ces roches pourraient être des micro-organismes fossilisés. Elles seraient ainsi les plus anciens microfossiles découverts à ce jour, et les plus anciennes traces de vie sur Terre.

Dr Jonathan O’Neil

Selon le Dr O’Neil, ces résultats appuient la théorie voulant que la vie ait émergé de griffons sous-marins très chauds peu après la formation de la Terre.

Les restes de micro-organismes sous forme de minuscules filaments découverts dans la ceinture de roches vertes Nuvvuagittuq, dans le nord du Québec.

Les restes de micro-organismes sous forme de minuscules filaments découverts dans la ceinture de roches vertes Nuvvuagittuq, dans le nord du Québec.   Photo : Matthew Dodd

Le saviez-vous? Avant cette étude, les géologues avaient établi que la plus ancienne forme de vie sur Terre remontait à 3,5 milliards d’années. Des études récentes faisaient état de la présence de stromatolites (roches sédimentaires formées par la croissance de cyanobactéries) qui dateraient de 3,7 milliards d’années.

La métamorphose de notre planète s’est échelonnée sur plusieurs milliards d’années, depuis les océans de magma à notre environnement actuel. La capacité de déterminer les origines de la vie sur Terre permettra de mieux comprendre son évolution et même de donner des indications sur la vie sur d’autres planètes.

Estimer l’âge des microfossiles

Pour réussir à estimer l’âge de ces microfossiles, les scientifiques ont estimé la « création » de la Terre à plus de 4,5 milliards d’années, lorsque les gaz et la matière issus de l’explosion des étoiles, ou supernova, se sont condensés et accrétés (ou ont grandi par accumulation) pour former le Soleil et les planètes du Système solaire. C’est à cette époque qu’un violent impact entre la Terre et un autre objet planétaire a projeté un débris qui allait devenir la Lune.

Les chercheurs essaient encore de constituer un portrait de la Terre à l’époque des microfossiles découverts par Jonathan O’Neil et son équipe.

Les rares roches et minéraux de cette époque dessinent un monde composé d’îles volcaniques et d’océans peu profonds, et peut-être déjà de petits continents.

Plus de 3 milliards d’années se sont écoulées avant l’apparition des premiers animaux multicellulaires, il y a environ 600 millions d’années, dans un environnement qui ressemble très peu au nôtre.

Les chercheurs ont utilisé pour la première fois des techniques appliquées sur les objets datant de plus de 4 milliards d’années comme les météorites sur des roches terrestres. Ils ont ainsi déterminé que l’ancienne croûte océanique, dans la ceinture du Nuvvuagittuq, datait de près de 4,3 milliards d’années. À l’exception des roches vertes du Nuvvuagittuq, les roches trouvées sur Terre sont trop « jeunes » pour que leur âge puisse être déterminé avec cette technique.

Les restes de micro-organismes sous forme de minuscules tubes découverts dans la ceinture de roches vertes de Nuvvuagittuq, dans le nord du Québec.

Les restes de micro-organismes sous forme de minuscules tubes découverts dans la ceinture de roches vertes de Nuvvuagittuq, dans le nord du Québec.   Photo : Matthew Dodd

Même si cette datation fait encore l’objet de débats, les zircons (un minéral du groupe des silicates) dont l’âge a été calculé avec les techniques traditionnelles utilisées pour les roches de la croûte océanique Nuvvuagittuq lui donnent au moins 3,8 milliards d’années.

Cette découverte nous aidera à mieux comprendre quand et peut-être comment la vie a commencé sur Terre. Elle révèle aussi que les conditions de l’apparition de la vie sur Terre existaient à un stade précoce de son évolution. Jonathan O’Neil

« Une meilleure compréhension de l’environnement des premiers instants de la vie sur Terre pourrait aussi nous aider à élucider la question de la vie sur d’autres planètes comme Mars », ajoute le Dr O’Neil.

Pour Matthew Dodd, un autre des auteurs de cette étude affilié à l’University College London au Royaume-Uni, ces travaux montrent que « la vie s’est développée sur notre planète à un moment où Mars et la Terre avaient de l’eau liquide à leur surface ».

Par conséquent, nous nous attendons à trouver des preuves de vie passée sur Mars il y a 4 milliards d’années. À moins que la Terre ne soit une exception.

Matthew Dodd

Le détail de cette étude est publié dans la revue Nature.

La vie sur Terre

  • 4,568 milliards d’années : formation de la Terre
  • De 4,3 à 3,8 milliards d’années : les formes les plus anciennes de vie, découvertes par l’équipe du professeur O’Neil
  • 600 millions d’années : premiers animaux multicellulaires
  • 385 millions d’années : le plus ancien arbre fossilisé
  • 230 millions d’années : apparition des dinosaures
  • 65 millions d’années : extinction des dinosaures permettant la prolifération des mammifères
  • 6 millions d’années : séparation de la lignée des hominidés et des grands singes; les humains commencent à se déplacer sur leurs deux jambes

 

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Découverte de poches d’eau de 1,5 milliard d’années en Ontario


Le Canada contient beaucoup d’eau douce, c’est bien connu, mais ce qui a été découvert c’est une eau vieille depuis plus d’un milliard d’années. Ce qui est encore plus fantastique, c’est que cette eau contiendrait tout ce qu’il faut pour que la vie se développe et ce même sans la lumière du jour. Peut-être que dans ce milieu extrême existe aussi sur Mars
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Découverte de poches d’eau de 1,5 milliard d’années en Ontario

 

Des scientifiques ont trouvé au fond d'une mine canadienne des poches d'eau... (Archives La Tribune)

ARCHIVES LA TRIBUNE

Agence France-Presse

Des scientifiques ont trouvé au fond d’une mine canadienne des poches d’eau vieille d’au moins 1,5 milliard d’années, qui pourrait selon eux contenir des microbes préhistoriques mais dont les descendants sont toujours bien vivants.

D’après leur étude, publiée mercredi, une telle trouvaille ravive l’espoir que de l’eau propice à la vie puisse avoir été préservée également sous la surface de Mars.

C’est par 2,4 km de fond, dans la mine de Timmins en Ontario, que des chercheurs britanniques et canadiens ont découvert cette eau, restée totalement isolée du monde extérieur depuis le Précambrien (période qui court de la formation de la Terre, voici 4,5 milliards d’années, à 540 millions d’années environ).

Après l’avoir analysée, ils se sont rendus compte qu’elle était riche en gaz dissous, comme l’hydrogène, le méthane et différentes formes atomiques (isotopes) de gaz rares tel l’hélium, le néon, l’argon ou le xénon.

Or tous ces gaz ont le potentiel pour fournir l’énergie nécessaire à des microbes tenus à l’écart du Soleil durant des milliards d’années. C’est exactement ce qui permet actuellement aux abords des sources d’eau chaude situées au fond des océans de grouiller d’une vie microscopique.

En comparant la teneur de cette eau en certains isotopes de xénon avec celle de l’atmosphère préhistorique, les chercheurs estiment que cette eau est piégée sous terre depuis au moins 1,5 milliard d’années. Mais d’autres indices laissent penser qu’elle pourrait être vieille de près de 2,7 milliards d’années, un âge proche des roches qui la retiennent prisonnière.

«C’est d’un intérêt majeur pour les scientifiques qui cherchent à comprendre comment les microbes évoluent en isolement. Et c’est au coeur de toutes les questions sur l’origine de la vie, de son développement, et de la survie dans des milieux extrêmes ou d’autres planètes», souligne dans un communiqué Chris Ballentine, de l’Université britannique de Manchester, qui a participé à l’étude.

Avant cette découverte, des traces d’eau aussi ancienne avaient bien été identifiées mais elles se limitaient à de petites bulles piégées dans la roche, incapables d’alimenter une quelconque forme de vie.

À l’inverse, l’eau de cette mine canadienne s’écoule d’un trou de forage à raison de deux litres par minute. Et elle présente des caractéristiques similaires à une eau – bien plus jeune celle-là – trouvée au fond d’une mine sud-africaine par 2,8 km de fond et qui, quant à elle, abrite bien une vie microbienne.

«Nos collègues canadiens sont en train d’essayer de voir si l’eau contient une forme de vie. Mais ce dont on est déjà sûr, c’est que nous avons identifié comment les planètes peuvent créer et préserver durant des milliards d’années un environnement propice à la vie microbienne, aussi inhospitalière que soit leur surface», explique Greg Holland, de l’Université de Lancaster, qui a dirigé ces recherches, financées pour partie par le gouvernement britannique.

«Si des fluides aussi anciens, présentant de telles concentrations en hydrogène et en méthane, sont préservés profondément sous la croûte terrestre pendant des milliards d’années, peut-être des milieux similaires ont-ils été préservés sous la surface de Mars», conclut l’étude, publiée par la revue scientifique Nature.

http://www.lapresse.ca