Nouvelle pétition pour l’étiquetage des OGM


En temps que consommateur nous avons le droit de savoir ce que l’on achète et ce que l’on mange .. Le gouvernement québécois nous refuse se droit sous de faux prétexte
Nuage

 

Nouvelle pétition pour l’étiquetage des OGM

 

 

«Je ne peux pas croire que c’est dans des livres scolaires. Les enfants les lisent et pensent que c’est vrai.», s’ndigne Coralie Desève.

PHOTO: ROBERT SKINNER, LA PRESSE

 

Marie Allard
La Presse

Une nouvelle pétition demandant l’étiquetage des aliments contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM) a été mise en ligne sur le site de l’Assemblée nationale. Son instigatrice? Coralie Desève, 12 ans, qui s’est récemment révoltée contre la présence de textes pro-OGM dans ses manuels scolaires.

«Beaucoup de gens ne savent pas ce qu’est un OGM et ne savent pas qu’ils en mangent, a indiqué Coralie Desève à La Presse, hier. Après l’épisode des manuels incitant à manger des OGM, je me suis dit que s’ils étaient étiquetés, les gens n’en mangeraient pas.»

Parrainée par le député André Simard, du Parti québécois, cette nouvelle pétition comptait déjà près de 200 signatures hier en fin d’après-midi. L’étiquetage des OGM est réclamé étant donné que «rien ne prouve que les OGM sont sécuritaires pour la santé», que «les cultures d’OGM peuvent contaminer d’autres cultures sans OGM» et que «les citoyens québécois ont un droit légitime à l’information complète sur leurs produits consommés et ce qu’ils offrent à leurs enfants afin de les nourrir». Le texte de la pétition rappelle également que le Parti libéral avait promis l’étiquetage des OGM dans un en engagement électoral en 2003.

Refus du gouvernement

Or, le gouvernement de Jean Charest vient de refuser, à la fin du mois de mars, d’imposer l’étiquetage des OGM, qu’avait demandé une précédente pétition qui avait recueilli quelque 14 500 signatures et qui avait été présentée par le député caquiste Éric Caire en février dernier.

Ce serait une opération «fort complexe» et le Québec serait «le seul en Amérique du Nord» à le faire, a plaidé Pierre Corbeil, ministre de l’Agriculture.

«Il y a des choses qui ont changé depuis, puisqu’une législation demandant que les aliments contenant des OGM soient clairement étiquetés a été proposée au Vermont et en Californie», a fait valoir Mélissa Desève, mère de Coralie.

L’arrivée prochaine de maïs sucré génétiquement modifié au Québec, le maïs Performance de Monsanto, a aussi suscité de nombreuses réactions dans la population.

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Pour signer la pétition:

https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-2993/index.html

 

http://www.lapresse.ca

OGM: trois lettres qui font peur


Avez vous peur des OMG. Personnellement ce n’est pas la peur d’en manger, mais plutôt c’est de changer la génétique de l’aliment pour se protéger des insectes perdant ainsi ses défenses naturelles qui avec le temps … je pense faiblira .. d’ailleurs il y avait eu une étude allant dans ce sens ..
Nuage

 

OGM: trois lettres qui font peur

 

PHOTOTHÈQUE LE SOLEIL

 

Claudette Samson

(Québec) Trois petites lettres qui enflamment les esprits. Honnies par certains, présentées par d’autres comme LA révolution technologique en agriculture. Et entre les deux, un public qui cherche à comprendre quels sont les enjeux. Bienvenue dans le merveilleux monde des OGM.

Les organismes génétiquement modifiés (OGM) ont mauvaise presse. Spontanément, on imagine des créatures étranges, monstrueuses. Pourtant, dans la vraie vie, rien ne les distingue de leur modèle «régulier». Un épi de maïs GM ressemble tout à fait à celui que l’on cultive depuis des lunes. En fait, il est probable que la sélection et les croisements traditionnels ont davantage modifié son apparence que l’ajout d’un gène le rendant tolérant à un herbicide ou aux insectes.

Plus encore: des études révèlent qu’un grand nombre d’aliments transformés que nous consommons et dont on sait qu’ils contiennent des ingrédients transgéniques n’en révèlent aucune trace  Pourquoi s’inquiéter alors?

Pour Dominique Michaud, biochimiste et professeur au Département de phytologie de l’Université Laval spécialisé dans ce champ de recherche, cette réaction est normale, car il y a un petit côté «Frankenstein» qui émane de ces productions. Et comme cela touche à ce que l’on mange, l’effet symbolique et émotif est grand. On l’a bien vu la semaine dernière lorsqu’on a appris que du maïs sucré GM, destiné à l’alimentation humaine et commercialisé par la compagnie Monsanto, serait cultivé pour la première fois au Québec.

Jeudi, le réseau Vigilance OGM a annoncé qu’il réalisera des tests génétiques aléatoires pour débusquer les variétés qui seront commercialisées; les résultats de ces tests seront publicisés, et les consommateurs invités à s’informer avant d’acheter du maïs. L’ACEF de Québec a de son côté appelé les producteurs «non OGM» à s’inscrire sur une liste au bénéfice des consommateurs voulant être certains d’acheter des aliments non manipulés génétiquement.

Pour l’heure, ce sont surtout des plantes qui sont l’objet de recherches et de commercialisation. Le site Internet du gouvernement du Québec (www.ogm.gouv.qc.ca) dresse le portrait de l’état des cultures ici et ailleurs dans le monde. Bien que la plupart soient destinées à l’alimentation animale, plusieurs se retrouvent dans notre assiette à titre d’ingrédients, notamment les huiles (canola, maïs, soja). Selon les informations disponibles, 52% du soja, 74% du maïs et 85% du canola cultivés en 2011 au Québec étaient GM.

Le code PLU

Selon le Conseil québécois de l’horticulture, plus de 25% du maïs sucré cultivé sur la côte est des États-Unis ainsi qu’une grande proportion des courges importées des États-Unis sont issues des biotechnologies, c’est-à-dire des OGM. Bien qu’ils ne soient pas étiquetés comme tels, il est en principe possible de le vérifier à partir du code PLU qui permet chez les détaillants de distinguer les fruits et légumes cultivés de façon conventionnelle (quatre chiffres), biologique (cinq chiffres commençant par un 9) ou transgénique (cinq chiffres commençant par un 8).

Il n’y a par ailleurs aucun animal génétiquement modifié présentement au Canada.

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L’avenir du maïs sucré entre les mains des détaillants

L’avenir du nouveau maïs sucré génétiquement modifié de Monsanto qui sera cultivé cet été au Québec repose entre les mains des grands détaillants.

Cette analyse est celle du chercheur Dominique Michaud, spécialiste des cultures génétiquement modifiées. La semaine dernière, deux sources ont déclaré au Soleil que des détaillants avaient dit aux agriculteurs ne pas être intéressés par le nouveau maïs sucré résistant à plusieurs insectes et à l’herbicide Roundup. Or, les choses ne sont pas si claires, a constaté Le Soleil par la suite.

Aucune décision n’a en effet été prise, selon Nathalie Saint-Pierre, du Conseil canadien du commerce de détail. Bien que Le Soleil ait communiqué avec chacun des trois grands détaillants présents au Québec, c’est Mme Saint-Pierre qui a rappelé, preuve que le sujet est jugé délicat. L’article du Soleil a cependant ouvert les discussions, a-t-elle mentionné.

Les agriculteurs sont pragmatiques, avance M. Michaud. Si le marché est là, plusieurs en cultiveront. Mais pas de marché, pas de culture. Si les grands de l’alimentation ne posent pas de questions à leurs fournisseurs, il croit donc que les quantités cultivées iront en augmentant avec le temps. S’ils leur envoient au contraire un message clair disant qu’ils n’en veulent pas, il arrivera à ce maïs la même chose qu’à la pomme de terre GM à la fin des années 90, quand la compagnie McCain a dit qu’elle n’en achèterait pas. Elle a cessé d’être cultivée.

http://www.cyberpresse.ca