Les scientifiques cherchent à savoir quels animaux pètent (c’est très sérieux)


Cela peut vous faire sourire, mais la question est souvent posée par les enfants qui rencontrent des scientifiques, alors mieux vaut avoir une réponse qui satisfait leur curiosité.
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Les scientifiques cherchent à savoir quels animaux pètent (c’est très sérieux)

 

Hippopotame | ligiera via Pixabay CC License by

Hippopotame | ligiera via Pixabay CC License by

Repéré par Vincent Manilève

Ils mettent une base de données pour réunir le plus d’informations possibles.

Ce n’est peut-être pas la question que vous vous posez en premier en vous baladant dans un zoo ou en regardant un documentaire animalier, mais elle est pourtant passionnante: est-ce que cet animal pète? Depuis quelques jours, des scientifiques ont décidé de répondre à cette question pour le plus grand nombre d’espèces possible. Le Washington Post raconte que, grâce au hashtag #DoesItFart («Est-ce que ça pète?») et un document Google partagé, ils ont commencé à lister l’existence (ou l’absence) de flatulences ou non chez plus de soixante espèces.

Il apparaît très logiquement que la plupart d’entre eux ont effectivement des gaz. Les rats, les zèbres, ou les reptiles comme le Pogona flatulent. Plus une chauve-souris est grosse et plus ses pets seront sonores. Les girafes, étant donné leur taille, se délestent de leurs gaz «à hauteur du visage d’un homme», précise un chercheur sur le document Google.

Un autre explique que les lynx sont de gros péteurs, et que «les pets consécutifs à l’ingestion d’écureuils sont les pires».

Les oiseaux, à l’inverse n’ont pas le besoin biologique d’en faire, même si comme le soulignait Popular Science en 2009, cela peut arriver. Les espèces marines comme les moules ne sont pas concernées par la question. Logique. En revanche, vous serez ravis d’apprendre que certaines espèces de serpents appartiennent aux plus sournois des émetteurs de gaz: après un bruit presque imperceptible accompagnant souvent des excréments, une odeur «très sèche et sauvage» vous prend à la gorge.

«Les orangs-outans pètent! Assez souvent en fait. J’ai déjà eu des bébés orphelins qui pétaient lorsqu’ils me grimpaient dessus.»

Toutes ces anecdotes peuvent sembler juste amusantes, mais elles ont en réalité un intérêt particulier. Les enfants posent souvent la question aux scientifiques qu’ils rencontrent, il s’agit donc d’une passerelle très intéressante pour les intéresser à la nature.

«C’est au moins une opportunité de créer un lien avec un public large et d’amener de nouvelles personnes dans la conversation», explique David Steen, de l’université d’Auburn. Adriana Lowe, autre chercheuse de l’université de Kent, explique de son côté que «Le régime et le système digestif des animaux représentent un champ d’étude important et fascinant, et le pet fait partie de tout cela».

Et puis, on le sait, les pets de vaches sont responsables de fortes émissions de méthane, gaz qui contribue largement au réchauffement de la planète. Etudier les gaz d’animaux est donc loin d’être du vent. 

http://www.slate.fr/

Meurtre chez les orangs-outangs


Les animaux aussi peuvent faire preuve de violence. Cet exemple ressemble beaucoup à un comportement humain. Une agression violente, un autre qui essaie de sauver la victime et une fin malheureuse qui finit par la mort. Pourquoi ? Jalousie ? Faire plaisir à sa compagne dans le but d’avoir ses faveurs ? Manque d’espace dont l’homme en est la cause en détruisant le territoire ? Ou un peu de tout à la fois ?
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Meurtre chez les orangs-outangs

 

Sidony, 35 ans, victime d’une agression coordonnée inhabituelle chez les orangs-outangs. © Anne Marzec

Par Rachel Mulot

Un « pongicide » a été observé pour la première fois chez des orangs-outangs réputés assez paisibles. Un couple a coordonné une attaque meurtrière contre une femelle âgée.

 

FÉROCITÉ. Le “drame” qui a surpris les scientifiques remonte au 13 juillet 2014 dans la réserve Mawas, située dans le Kalimantan central en Indonésie. Une jeune femelle, Kondor, 15 ans, s’est soudainement attaquée à Sidony, 35 ans, une orang-outang qui ne lui était pas apparentée. Le soupirant de la belliqueuse, Ekko, un mâle de moins de 25 ans avec lequel elle s’accouplait fréquemment depuis quelques semaines, s’est alors joint violemment à la bataille, assaillant avec férocité la plus âgée.

“Les deux agresseurs se sont relayés pour battre, griffer et mordre la plus âgée et l’empêcher de fuir pendant une trentaine de minutes”, raconte la primatologue Anna Marzec, de l’université de Zurich (Suisse). Sidony ne s’est pas défendue activement, se contentant de protéger son petit dernier, et cherchant sans succès à prendre la fuite.”

L’intervention d’un vieux mâle imposant de 35 ans, Guapo, a permis de faire cesser le passage à tabac. Trop tard… Sidony est morte de ses blessures une quinzaine de jours plus tard. L’autopsie a montré que la victime avait principalement succombé aux morsures infligées par le mâle — dont les canines sont plus imposantes que celles des femelles. “Sans l’aide d’Ekko, il est peu probable que Kondor ait pu tuer Sidony”, analyse la primatologue.

Le mâle, bras armé de la femelle

En onze ans d’observations dans cette réserve de 750 hectares de tourbières marécageuses où vivent une trentaine de Pongo pygmaeus wurmii, les éthologues avaient enregistré six attaques seulement, et jamais mortelles. Les altercations surviennent de temps à autre entre orangs-outangs : les femelles se disputent parfois des territoires ; les mâles se défient entre eux, et ces derniers imposent également des rapports forcés aux femelles. Mais les blessures infligées alors ne sont pas létales, souligne Anna Marzec. Des coalitions meurtrières n’avaient été observées jusqu’à présent que chez les chimpanzés, les colobes rouges, les capucins, les atèles arachnoïdes et les singes-araignées de Geoffroy. Et il s’agissait de bandes de même sexe s’en prenant à un individu de même sexe.

Cette agression mortelle coordonnée par un couple d’orang-outang était donc tout à fait inattendue, expliquent les chercheurs des universités de Zurich, Jakarta et New York dans la revue Behavioral Ecology and Sociobiology.

“Elle montre qu’une femelle sexuellement disponible peut recruter un mâle favori pour lui servir de bras armé, soulignent les spécialistes. Ekko est venu soutenir sa partenaire, espérant peut-être des faveurs en retour. De même que Guapo est venu à la rescousse de Sidony avec laquelle il s’était d’ailleurs accouplé peu de temps après l‘attaque.”

Un conflit lié à la crise du logement ?

Les motifs de l’agression sont peu clairs. Toutefois les scientifiques, qui ont observé les interactions des primates 25 000 heures au cours des dernières années, se rappellent que les deux femelles avaient un passif. Quelques années plus tôt, Sidony avait violemment chassé Kondor qui tentait de nouer un contact avec l’une de ses filles et peut-être de s’installer non loin. Les femelles orangs-outangs sont très attachées à leur territoire, un domaine vital où elles élèvent leurs petits jusqu’à ce qu’ils les quittent à l’adolescence. Tandis que les jeunes mâles se déplacent constamment, les femelles doivent de leur côté trouver un nouvel espace où s’établir.

“La réserve est de plus en plus peuplée, parce que l’habitat des orangs-outangs est détruit par l’homme. Cette surpopulation a pu jouer un rôle dans ce comportement inhabituel et ce premier «pongicide», conclut Anna Marzec.Nous allons voir si cela se reproduit.”

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