Pourquoi mon nombril a t-il une odeur ?


Un nombril qui sent quelque chose, ne serait pas du nécessairement à la mauvaise hygiène, mais si l’odeur persiste, en parler au médecin lors de la prochaine visite médicale pourrait être utile
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Pourquoi mon nombril a t-il une odeur ?

 

« Ombelico » par Stefano Bolognini, Wikimedia Commons. Sous licence CC BY 3.0 via Wikimedia Commons

Peut-être ne le saviez vous pas et pourtant : oui, le nombril a bel et bien une odeur. Alors à quoi est dû ce phénomène ? Pourquoi sent-il parfois mauvais et quand faut-il s’en inquiéter ?

Le Docteur Nina Roos, dermatologue à Paris, nous aide à y voir plus clair sur le sujet.

Petit point sur le nombril…

Le nombril est la seule cicatrice visible sur votre corps depuis votre naissance… Formé à l’endroit où le cordon ombilical s’insère dans le ventre du fœtus, le nombril reliait en fait le bébé au placenta (notamment afin de le nourrir) jusqu’au moment de l’accouchement, où il a été coupé, n’ayant plus d’utilité. Quelques jours après la naissance, le petit morceau de chair restant alors tombe : il ne reste ainsi plus que le nombril, aussi appelé ombilic. La taille du nombril varie généralement entre 1,5 et 2 centimètres en moyenne, selon les personnes.

Odeur du nombril : une question de forme… et de bactéries !

Il existe 2 formes de nombrils : les nombrils creux et les nombrils convexes. Le nombril creux se présentant comme une cavité, il est plus susceptible de présenter une mauvaise odeur que le nombril convexe, étant davantage à même de se remplir de petites squames de peaux mortes, de sébum ou encore de bactéries, qui peuvent entrainer une odeur nauséabonde. Selon une étude menée en 2011 à l’université de Caroline du nord, près de 1.400 espèces de bactéries peuvent en effet potentiellement coloniser le nombril. Ce sont elles qui provoquent cette odeur, qui est parfois, il faut bien l’avouer (même si on ne passe pas son temps le nez sur son nombril !), peu agréable.

Odeur du nombril : et l’hygiène dans tout ça ?

Sachant que les bactéries provoquent des odeurs au niveau du nombril, notamment si celui-ci est de forme creuse, faut-il pour autant en déduire qu’une hygiène particulière est nécessaire ? Pas nécessairement, car il semblerait, selon cette même étude, que le nombre de bactéries ne dépend pas de l’hygiène. Sans compter que ces bactéries, contrairement aux idées reçues, protègent l’organisme d’éventuels autres agents pathogènes. Une hygiène normale et régulière est donc suffisante en temps normal. La nature fait en effet généralement bien les choses : pas besoin de nettoyer tous les replis du nombril, sauf si on a vraiment un problème de macération.

Odeur du nombril : quand consulter ?

Côté nombril, certains cas nécessitent cependant une consultation médicale. Ainsi, si l’odeur de votre nombril s’accompagne de rougeurs, d’irritations ou de démangeaisons, n’hésitez pas à consulter un dermatologue. Il peut en effet s’agir d’une omphalite, c’est à dire d’une inflammation du nombril, qui révèle une mycose au niveau de celui-ci. Dans ce cas, un traitement antimycosique, à appliquer localement dans le nombril est nécessaire. En cas de bactéries, une crème antibiotique est généralement suffisante. Sachez enfin qu’il est important de consulter si vous observez un suintement au niveau de votre nombril : celui-ci peut être lié à la présence d’un kyste ou d’une fistule. Chaque problème a sa solution donc pas de panique, mais en cas de doute, prenez les devants et consultez sans hésiter. Il n’y a pas de honte à en parler.

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Le nombril, un paradis pour 1 400 bactéries


Imaginez une petite planète surpeuplé mais chaque habitant a son importance .. c’est un peu ce qu’est le nombril … un petit terrain a part, cachant une multitudes de bactéries qui pour certains étaient inconnu au bataillon
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Le nombril, un paradis pour 1 400 bactéries

 

Le nombril, un paradis pour 1 400 bactéries - Urgences-ci.net
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Par JEAN-DAVID RAYNAL

Le « climat » chaud et humide de l’ombilic humain est propice au développement de bactéries indispensables à l’homme.

 

Même les plus nombrilistes n’avaient rien vu. Pourtant, l’ombilic de chaque être humain héberge une véritable faune. Après avoir étudié les gènes des bactéries qui peuplent les océans ou vivent sous nos meubles, le département de biologie de l’université de Caroline du Nord s’est penché sur celles qui fourmillent dans le nombril.

Jiri Hulcr, biologiste et directeur du projet, reconnaît que « les recherches sur cette partie du corps ont commencé comme une blague ».

« Personne ne se porte volontaire pour des échantillons d’aisselle, alors nous nous sommes intéressés à une partie du corps plus isolée et moins sensible« , explique-t-il.

Trois chercheurs, un professeur et trois étudiants ont donc lancé le programme Belly Button Biodiversity, « la biodiversité du nombril ». 

« Jungle microbienne »

Durant plusieurs mois, ces derniers ont exploré le ventre de 95 bénévoles pour y découvrir 1 400 espèces de bactéries. Ils ont ensuite étudié leur ADN, mais 662 souches bactériennes n’ont pas pu être identifiées.

« Ce sont de nouvelles bactéries que la science ne connaissait pas », explique Jiri Hulcr, avant d’ajouter que « ces résultats ne le surprennent pas. On s’attendait à découvrir une vraie jungle microbienne, riche, colorée et à la vie dynamique, puisque personne n’avait jamais étudié cet aspect du corps humain ».

Une importante diversité qu’il faut cependant tempérer. Car, selon les chercheurs, « seulement une quarantaine de ces bactéries pourraient représenter 80 % des populations de quasiment tous les nombrils ». 

Plus étonnant que leur présence, c’est le rôle de ces petites bêtes qui surprend.

 Jiri Hulcr et son équipe ont établi que ces bactéries « produisent des odeurs particulières qui modifient la façon dont les êtres humains se comportent. Elles permettent de nous reconnaître les uns les autres. »

Mais attention, « rien ne sert de se laver plus consciencieusement ou plus fréquemment le nombril, car le nombre de bactéries ne dépend pas de l’hygiène », prévient Patricia Eghigian, dermatologue.

Les bactéries « jouent un rôle plus important que la simple reconnaissance. Ce sont de véritables protectrices contre les agents pathogènes », détaille le médecin.

Rob Dunn, auteur de La vie sauvage de nos corps, considère même que « ces bactéries sont des partenaires plus intimes que nos compagnons, nos enfants, ou que n’importe quel organisme vivant ». 

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