Pour la première fois des scientifiques ont modifié l’ADN d’un homme vivant


Une première mondiale aux États-Unis d’un homme atteint de la maladie Hunter, une maladie génétique dégénérative. Il a été soigné par une thérapie génique en implantant un virus modifié pour insérer un nouveau gène dans le foie. C’est une thérapie qui n’est pas sans risque et ne peut se faire qu’une seule fois. Pour le moment, les médecins et le patient sont très optimistes
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Pour la première fois des scientifiques ont modifié l’ADN d’un homme vivant

 

POUR LA PREMIÈRE FOIS, DES SCIENTIFIQUES ONT MODIFIÉ L’ADN D’UN HOMME VIVANT

Natali_Mis via Getty Images

Une étape prometteuse pour le développement de thérapies géniques.

C’est une première mondiale. Le lundi 13 novembre, les médecins de l’hôpital d’Oakland ont directement édité l’ADN d’un Américain de 44 ans en y ajoutant un nouveau gène, rapporte l’agence Associated Press.

Originaire de l’Arizona, Brian Madeux a reçu en injection des milliards d’exemplaires d’un gène correcteur et de ciseaux moléculaires pour couper son ADN et les y insérer en un point précis.

Le patient souffre de la maladie de Hunter, une maladie génétique dégénérative qui empêche la formation d’une enzyme, et qui entraîne des douleurs articulaires, une perte d’audition, des problèmes cardiaques et respiratoires sous sa forme modérée. La plupart des personnes sont cependant atteintes d’une forme beaucoup plus sévère de cette maladie, qui entraîne alors un décès avant l’âge adulte.

L’Américain, un ancien chef cuisinier marié à une infirmière, doit chaque semaine recevoir une dose de l’enzyme manquante. Mais ce traitement coûteux ne fait qu’atténuer certains symptômes. Il a déjà été opéré 26 fois, avant d’accepter la thérapie génique.

« Je suis volontaire pour prendre ce risque », témoignait-il auprès d’Associated Press. « Avec un peu de chance, cela m’aidera, ainsi que d’autres. »

Ce traitement est en effet exceptionnel. Habituellement, les gènes sont injectés, directement ou grâce à un virus, dans des cellules prélevées sur le patient puis réinjectées. Brian Madeux, lui, l’a reçu directement sur son lit d’hôpital, avec une perfusion de trois heures encadrée par plusieurs médecins.

Avec le gène transporté par un virus modifié pour le rendre inoffensif, les scientifiques ont introduit deux protéines avec des doigts de zinc. Dans le foie, ces derniers localisent la partie de l’ADN où doit se placer le nouveau gène, et le découpent comme un ciseau pour qu’il puisse s’y placer.

Il suffirait de corriger l’ADN d’1% des cellules du foie pour traiter avec succès la maladie dont souffre Brian Madeux, indiquait son docteur et le directeur de l’étude, Paul Harmatz.

Vers le « Graal » d’une thérapie génique efficace

Mais le procédé n’est pas sans risques.

 « Quand vous placez un morceau d’ADN au hasard, des fois ça marche bien, des fois ça ne fait rien et des fois ça cause des dégâts », indique à l’Associated Press Hank Greely, bioéthicien à l’université de Stanford.

Une fois le gêne injecté, il n’est plus possible de faire demi-tour. Certains patients développent des cancers, d’autres développent une réponse immunologique contre le virus, qui peut être mortelle.

Il ne peut pas y avoir de deuxième tentative, précise Paul Harmatz auprès de CNN, puisque le corps réagit alors face au virus. Il a passé la nuit auprès de son patient, pour vérifier s’il n’y avait pas de complication. Dans 3 mois, ce dernier retournera le voir pour vérifier si le gène s’est bien inséré.

La thérapie, si elle fonctionne, ne corrigera pas les dégâts passés de sa maladie. Il n’en reste pas moins enthousiaste.

« J’ai l’attendu toute ma vie, quelque chose qui puisse potentiellement me guérir. »

Surtout, cette injection ouvre de nouvelles perspectives pour la médecine.

« C’est un nouveau monde pour la science », assure auprès de CNNTerri Klein, présidente par interim de la National MPS Society, une association dédiée aux patients qui souffrent de la maladie de Hunter. Pour elle, cette opération est un « bond en avant ».

« C’est un pas prometteur pour le Graal tant attendu d’une thérapie génique dont les effets persistent », poursuit pour sa part le docteur Sanjeev Gupta, professeur de médecine et de pathologie à l’université de médecine Albert Einstein, à New York.

http://quebec.huffingtonpost.ca

L’adieu au photomaton


La photographie ne cesse d’évoluer, que certains y ont perdu des plume. La photo numérique a surplanter la photographie telle que nous l’avons connu. Tout comme la cabine photo ou des gens pour le plaisir ou par besoin s’amusaient a immortalisé en image, seul ou avec leur amour ou des amis dans un espace public est appelé a disparaitre ..du moins en Amérique du Nord.
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L’adieu au photomaton

Jeffrey Grostern, de l’entreprise montréalaise Auto-Photo Canada, et l’un des derniers photomatons argentiques noir et blanc qu’il lui reste.

Photo: fournie par Auto-photo Canada

Stéphane Champagne
La Presse

Nouveau revers pour la photographie argentique. L’un des derniers – sinon le dernier – photomaton argentique noir et blanc à Montréal a récemment été retiré de la circulation. Signe des temps, il a été remplacé par une cabine numérique. D’ailleurs, si la tendance se maintient, tous les photomatons argentiques du Canada, qu’ils soient en couleurs ou en noir et blanc, auront disparu d’ici cinq ans.

La disparition annoncée des photomatons n’est plus la prédiction d’un simple illuminé, mais plutôt celle de Jeffrey Grostern, vice-président d’Auto-Photo Canada, une entreprise montréalaise qui exploite près de 400 photomatons d’un bout à l’autre du pays, dont une vingtaine dans le métro de Montréal. Selon lui, les deux derniers photomatons noir et blanc au pays se trouvent actuellement en Saskatchewan, et leurs jours seraient comptés…

Ailleurs dans le monde, pourtant, les vieux appareils pourraient survivre au XXIe siècle. En Europe, on se les arrache. Jeffrey Grostern vient encore d’expédier sur le Vieux Continent quelques photomatons noir et blanc dans lesquels les Canadiens n’étaient plus prêts à déposer 3$ en échange d’une bande de quatre photos d’identité.

Les Allemands, les Autrichiens et les Français en sont particulièrement épris. Par exemple, à Berlin, certains vieux photomatons sont installés directement sur le trottoir. Et à deux ou trois euros la séance, ils n’en finissent plus de tirer le portrait des quidams, dit Jeffrey Grostern.

Les nostalgiques d’Amérique du Nord peuvent cependant garder espoir : on retrouve encore quelques vieilles cabines aux États-Unis. Refusant de voir disparaître cette icône de la culture populaire, une Américaine d’Oakland, en Californie, s’est procuré un photomaton noir et blanc auprès d’Auto-Photo Canada.

Sur les 400 appareils exploités par l’entreprise montréalaise, près de la moitié sont encore des cabines argentiques couleur.

« Mais ils sont de moins en moins rentables. Les gens veulent des choses plus récentes, comme des cabines numériques «, explique M. Grostern, dont la famille fait des affaires depuis 1953.

Les nouvelles cabines photographiques, dit-il, permettent plusieurs options (couleur ou noir et blanc, formats d’impression variés, etc.). Certains modèles offrent même des arrière-plans en lien direct avec l’endroit où ils sont installés. Par exemple, dans le sous-sol du Biodôme de Montréal, là même où Auto-Photo a retiré son dernier photomaton noir et blanc l’automne dernier, il est possible d’être photographié avec un animal grâce à la magie du numérique.

D’ailleurs, pourquoi utilise-t-on encore les photomatons? Pour le plaisir d’être, sur un coup de tête, photographié seul, en amoureux, en famille ou entre amis. Mais aussi lorsque l’on a besoin in extremis de joindre une photo à un CV ou à une demande de visa, par exemple.

Pour les aficionados québécois de la bonne vieille photo argentique noir et blanc, sachez que Jeffrey Grostern possède encore dans ses ateliers de Montréal quelques photomatons qu’il est possible de louer.

« C’est très populaire dans les mariages «, dit-il. Ainsi, pour environ 1500 $, vous aurez un photomaton tout ce qu’il y a de plus rétro à votre disposition.

À ce prix-là, c’est « photos à volonté «. Un technicien est d’ailleurs présent toute la soirée pour solutionner tout problème éventuel, voire pour renouveler les chimies dans les bains de développement. L’industrie des vieux photomatons est tellement en perte de vitesse qu’il ne subsiste plus qu’un seul fabricant (en Russie) de papier photo compatible avec ce type de cabine.

Une histoire presque centenaire

Le premier photomaton aurait vu le jour aux États-Unis au milieu des années 20. Mais ce n’est que 30 ans plus tard qu’il devait connaître son envol. C’est d’ailleurs à cette époque que la famille Grostern s’est lancée en affaires en installant des photomatons dans les magasins Woolworth du Canada. Les cabines couleur sont apparues dans les années 70. Le numérique est apparu 25 ans plus tard.

Jeffrey Grostern a donc grandi entouré de photomatons. Il possède des photos de lui à tous les âges. Sa frimousse s’est souvent d’ailleurs retrouvée parmi celles qui enjolivaient l’extérieur des cabines.

Ce n’est donc pas un hasard si le musée Élysée de Lausanne, en Suisse, a demandé à M. Grostern de lui fournir des photos personnelles prises dans des photomatons au cours des 30 dernières années. Le patron d’Auto-Photo fera donc partie de l’exposition Derrière le rideau – L’esthétique photomaton, qui sera présentée là-bas de février à mai 2012.

Vous avez envie de vous replonger dans l’univers des photomatons ? Louez le film Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, dont l’intrigue secondaire tourne autour d’un photomaton et d’un mystérieux personnage qui figure sur de nombreux clichés. Sinon, visitez http://www.photobooth.net, un site où l’on célèbre le photomaton sous toutes ses formes.

Jeffrey Grostern, de l’entreprise montréalaise Auto-Photo Canada, et l’un des derniers photomatons argentiques noir et blanc qu’il lui reste.

 

http://www.cyberpresse.ca