15 jours de noirceur en novembre ?


Attention, un canular risque de refaire surface en novembre, ne pas le partager, ni cliquer dessus s’il apparaît dans vos réseaux sociaux. 15 jours de grandes noirceurs à cause des phénomènes abracadabrantes entre le Soleil et Vénus qui serait faussement approuvés par la NASA.
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15 jours de noirceur en novembre ?

 

Sabrina Giacomini
Rédactrice – MétéoMédia

Le mythe revient année après année, bien qu’il s’agisse en fait d’un canular. Selon une légende urbaine, nous vivrons quinze jours de noirceur complète en novembre en raison d’un évènement de nature astrale.

Du 15 au 29 novembre 2016, la Terre sera plongée dans une noirceur apocalyptique en raison d’un parallélisme de Vénus et de Jupiter qui créerait une explosion d’hydrogène sur la géante gazeuse, réchauffée par la lumière de Vénus. La prévision proviendrait même de la NASA, la Mecque de tout ce qui a trait à l’espace. Le mythe ajoute que l’hydrogène libéré par l’explosion serait propulsé vers la surface du Soleil, provoquant ainsi une seconde explosion qui entraînerait une réaction en chaîne au cœur de l’étoile qui diminuerait momentanément sa brillance, lui donnant ainsi une teinte de bleutée, ce qui plongerait ainsi la Terre dans la noirceur.

Le scénario plaît aux amateurs de catastrophes et semble plutôt tiré d’un film d’Hollywood que de la réalité. Si certains médias ressassent cette nouvelle, il faut cependant rappeler qu’il s’agit bel et bien d’un canular. Selon Scott Sutherland, météorologue à The Weather Network, aucun des éléments de cette histoire n’est même plausible.

Vue de Jupiter, toute trace de reflet de la lumière sur Vénus serait complètement éclipsée par la brillance même du Soleil qui est 600 millions de fois plus brillante que la petite planète. Les risques que Vénus ait un effet sur la température des gaz à la surface de Jupiter sont donc virtuellement impossibles.

De plus, si la brillance du Soleil devait perdre de l’intensité, il ne prendrait certainement pas une teinte bleutée, explique Scott Sutherland. Finalement, une explosion de gaz sur Jupiter ne se rendrait pas au Soleil.

Le mythe circule depuis quelques années déjà et la NASA l’a même déjà démenti en 2012. Il refait pourtant surface chaque année avec juste ce qu’il faut de drame pour donner envie aux internautes de cliquer et de partager.

Source: The Weather Network

https://www.meteomedia.com

Le choc de novembre : comment le corps s’apprête à passer l’hiver


Novembre annonce la fin de tout, la fin des plaisirs de la saison estivale. Novembre annonce aussi le froid qui se fait de plus en plus ressentir sans oublier cette neige qui ne tardera pas a laisser sa trace. Novembre la nature change et nous changeons pour faire front aux mois glacials qui suivront
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Le choc de novembre : comment le corps s’apprête à passer l’hiver

 

Gilles Brien

Biométéorologue, scénariste et auteur du livre «Les Baromètres humains»

Le récent changement d’heure au tout début de novembre en a bouleversé plus d’un. Parlez-en aux deux millions de canadiens qui en ont fait une migraine. Ou aux victimes d’infarctus et de crises d’angines qui ont augmenté de 5% dans les jours qui ont suivi le changement d’heure. Malgré sa technologie et son confort moderne, l’homme n’échappe pas aux influences des changements de saison. Certains s’en réjouissent. D’autres s’en rendent malade.

En automne, toute la nature commence à stocker. Notre corps s’en rend compte et fait pareil. En général, c’est à la fin de l’automne, en novembre surtout, que les gens gagnent le plus de poids dans l’année. Curieusement, c’est aussi à l’automne que les gens sont les plus fidèles dans leurs relations amoureuses. Selon un sondage auprès de 10 000 Français et Européens réalisé par le site internet Gleeden, le plus populaire des sites de rencontres en ligne, le taux d’infidélité des couples atteint son maximum en été (39 %), et son plus bas taux en automne (12 %). Selon les spécialistes, le temps froid de l’automne inciterait les gens à rechercher de la chaleur humaine sincère plutôt que des aventures sans lendemain. On devrait déplacer la St-Valentin en novembre.

Les variations saisonnières dans notre vie sentimentale sont fortement liées à l’action de la sérotonine dans le cerveau. La sérotonine, surnommée l’hormone du bonheur, est un neurotransmetteur qui relaie des messages sous forme bioélectrique dans le corps. De nos émotions amoureuses aux crises de colère en passant par nos désirs sexuels, notre mémoire et notre appétit, tout l’éventail de nos sentiments et de nos émotions est géré par cette hormone qui agit comme un vrai chef d’orchestre dans notre humeur du jour. Or, les changements de lumière saisonniers sont connus pour affecter sérieusement le taux de sérotonine dans l’organisme. Par ailleurs, on sait que les déséquilibres dans les niveaux de sérotonine engendrent de l’anxiété, des crises de panique et des idées sombres. La mélancolie de l’automne tire surtout son origine du débalancement hormonal qui affecte tous les humains à cette époque de l’année.

Ce qui change surtout pour l’organisme au cours du mois de novembre, c’est l’alimentation. Subtilement, les gens changent peu à peu de diète à l’automne. Novembre devient le mois où les glucides (les pâtes, le riz, le pain) prennent de plus en plus de place dans les repas. Novembre est aussi l’un des mois où les gens ont le plus faim dans l’année. La même grosseur d’assiette qui nous aurait rassasié en juillet n’est plus suffisante en novembre. Vers la fin de l’automne, la consommation de calories peut augmenter de 10% par jour comparé aux autres mois de l’année.

Cet appétit et cette passion pour la bouffe et les émissions culinaires à la télé qui revient à chaque rentrée chez les Québécois est dicté par le cycle des saisons. Le climat s’apprête à changer. Et avec lui, nous aussi. Comme si le corps anticipait l’arrivée prochaine du froid de l’hiver, l’organisme se conditionne lui-même et fait ses propres réserves.

Lorsqu’il s’agit de lutter contre le froid, ce n’est pas la quantité de nourriture qu’on absorbe qui compte, c’est le type de nourriture. La chaleur énergétique d’un homme après avoir mangé un repas riche en protéines animales et en gras est estimée à 33 cal/h. Si le repas est composé de glucides (pour une même teneur en calories), cette valeur tombe à 21 cal/h. Bref, quand on a froid, le corps tire meilleur profit d’un repas riche en viande plutôt qu’en légumes, en pâte, pain ou riz. Le hic, c’est que la viande rouge augmente le risque de cancer colorectal. Voilà peut-être l’une des raisons pourquoi la mortalité au Québec augmente en flèche à partir de la mi-novembre…

Après tout, novembre n’est pas le mois des morts pour rien.

Source : Sargent. F. «Season and the metabolism of fat and carbon hydrates», Meteorological Monographs 1954, 2,8, 68-80; INSPQ, la mortalité et l’espérance de vie au Québec en 2012, mai 2013, no, 26.

http://quebec.huffingtonpost.ca/