Le mystère plane toujours sur la cause de la mort de Jack Layton


Je pense que si Jack Layton serait encore parmi nous son partis serait un adversaire de taille pendant les élections .. Aujourd’hui, certains se questionnent sur sa mort. Est-ce si important? On sait qu’il avait un cancer de la prostate alors pourquoi chercher de midi a 14 heures ?
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Le mystère plane toujours sur la cause de la mort de Jack Layton

 

Certaines questions demeurent quant aux renseignements dont disposaient... (Photo: Ivanoh Demers, La Presse)

Certaines questions demeurent quant aux renseignements dont disposaient les électeurs sur l’état de santé de Jack Layton lorsqu’ils se sont présentés aux urnes en mai 2011.

PHOTO: IVANOH DEMERS, LA PRESSE

HELEN BRANSWELL
La Presse Canadienne
Toronto

Un an après le décès de Jack Layton, le public ne connait toujours pas la cause exacte de la mort du chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) survenue quelques semaines après qu’il eut exhorté les électeurs à lui confier le pouvoir.

Les proches de M. Layton ont réussi jusqu’à présent à garder cette information secrète et la population ne semble pas s’intéresser à la question. Les journalistes qui se sont penchés sur le sujet dans la foulée de la disparition du leader néo-démocrate ont même été fustigés.

L’admiration et l’affection qu’éprouve une bonne partie du public pour Jack Layton explique peut-être pourquoi il a de la difficulté à séparer le décès du politicien bien-aimé du fait que, selon les experts, les électeurs devraient être au courant de l’état de santé des gens qui aspirent à les gouverner.

D’après le Dr Lawrence Altman, journaliste médical pour The New York Times, il est surprenant qu’à notre époque un chef politique puisse succomber à une maladie sans que le population ne soit informée de la nature exacte du mal qui l’a emporté. Il croit d’ailleurs que les médias américains n’auraient pas aussi facilement lâché le morceau.

«Je pense que, pour le Times, il s’agit d’une information que le public a le droit de connaître, a-t-il déclaré à propos de l’état de santé des politiciens. Aucune maladie ne devrait empêcher quelqu’un de se présenter aux élections. Mais c’est au public de décider si cette maladie peut influencer la capacité d’une personne à s’acquitter de ses responsabilités ou si la personne devrait être élue.»

Certaines questions demeurent quant aux renseignements dont disposaient les électeurs sur l’état de santé de Jack Layton lorsqu’ils se sont présentés aux urnes en mai 2011.

Le leader néo-démocrate avait révélé en février 2010 qu’il souffrait d’un cancer de la prostate, mais n’a jamais dévoilé le type de traitement qu’il a reçu.

Il était resté tout aussi vague à propos de l’opération qu’il a subie après s’être fracturé une hanche pendant une séance d’entraînement en mars 2011, un incident surprenant chez un homme de son âge et de sa condition physique.

Lorsqu’il avait annoncé en juillet 2011 qu’il cédait temporairement les rênes de son parti afin de lutter contre un deuxième cancer, M. Layton avait refusé d’en préciser le type.

Sa veuve, Olivia Chow, et ses enfants n’ont jamais voulu donner de détails à ce sujet. Mme Chow a affirmé que cette décision visait à ne pas miner le moral des gens se battant contre la même forme de cancer par rapport à leurs chances de vaincre la maladie.

La députée torontoise a d’ailleurs indiqué que les seules personnes qui la questionnaient à ce sujet étaient les reporters.

Patrick Lagacé, chroniqueur au quotidien La Presse, fait partie des journalistes à avoir écrit sur cette question.

«Les lecteurs étaient vraiment furieux que j’aborde ce sujet. Pour la plupart de ceux qui ont réagi, cette question relevait complètement de la vie privée, a-t-il confié dans un courriel. Selon certains, et c’est ce qui m’étonne le plus, si M. Layton s’est présenté en sachant que ses chances étaient minces, c’était sa décision et nous n’avons rien à dire là-dessus.»

D’après l’ancien conseiller politique Norman Spector, la cause de la mort de Jack Layton n’est plus une question d’intérêt public mais bien un sujet de débat pour les historiens. Ce n’était toutefois pas le cas avant les élections fédérales de mai 2011.

M. Spector soutient que les gens ont le droit de savoir s’ils seront dirigés par les personnes qui essaient d’obtenir leur appui.

Dans le système de gouvernement qui prévaut au Canada, un leader qui doit se retirer en raison d’une maladie ou qui meurt est remplacé par son parti, pas par le grand public, a noté M. Spector. Alors, si le NPD avait remporté les élections de 2011, les Canadiens se seraient retrouvés avec un nouveau premier ministre choisi par les membres du NPD deux mois à peine après l’arrivée de Jack Layton au pouvoir.

«Si je vote pour les conservateurs, je veux savoir si c’est Stephen Harper ou Vic Toews qui sera le chef, a illustré Norman Spector. Surtout si Stephen Harper s’est engagé à ne pas relancer le débat sur un certain sujet que quelqu’un d’autre pourrait bien relancer.»

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«Jack», personnalité ayant le plus marqué 2011


Si plusieurs n’aime pas la politique, personne n’a été indifférent a la vague de Jack Layton et ce lors de sa remonté spectaculaire laissant le Bloc Québécois loin derrière et fragilisé le parti de Stephen Harper. Nous avons suivi son combat et sa mort a émue plus d’un surtout son dernier message avant de mourir qui a été un cri du coeur d’un grand homme
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«Jack», personnalité ayant le plus marqué 2011

 

 

OTTAWA – John Gilbert Layton a porté des dizaines d’étiquettes différentes durant sa vie passée au service du public: militant, guitariste, père et, finalement, chef de l’Opposition officielle.

Mais la plupart des Canadiens le connaissaient simplement par son prénom: Jack.

Aucune autre personnalité n’a autant fait les manchettes au cours de l’année 2011 que Jack Layton, faisant de lui la personnalité ayant le plus marqué l’actualité canadienne, selon le sondage annuel de La Presse Canadienne mené auprès des rédactions de tout le pays.

Avec 90 pour cent des voix, M. Layton arrive largement devant Stephen Harper, qui occupe la deuxième position du palmarès, mais avec seulement cinq pour cent des voix.

«À lui seul, Jack Layton a modelé l’histoire politique du Canada en 2011, de la quasi-destruction du Bloc québécois à la marginalisation du Parti libéral, en passant par l’immense vide que son décès a laissé sur la colline parlementaire», a expliqué Brodie Fenlon, directeur de l’information chez The Huffington Post Canada.

La Presse Canadienne a aussi réalisé un sondage en parallèle auprès de la population, en collaboration avec Yahoo! Canada. Le résultat a été le même: un raz-de-marée nommé Jack Layton, avec plus de la moitié des votes. Mais c’est le controversé commentateur de hockey Don Cherry qui arrive deuxième avec 16 pour cent des voix, suivi de Stephen Harper avec 10 pour cent, et des «indignés» avec 9,5 pour cent.

«C’est à lui que le NPD doit son statut d’Opposition officielle, qui s’appuie sur son raz-de-marée au Québec et la quasi-disparition du Bloc québécois, qui a ébranlé tout le mouvement souverainiste», a estimé Josée Boileau, rédactrice en chef du quotidien Le Devoir.

«Et l’importance de Jack dans cette percée historique — plus importante même que le fait que le Parti conservateur de Stephen Harper forme maintenant un gouvernement majoritaire — est devenue encore plus évidente depuis son décès, qui a complètement fragilisé son parti.»

La marque de commerce du politicien ne s’est pas bâtie à coup d’études de marché et de groupes de discussions organisés par des professionnels des relations publiques. Elle s’est construite lentement, avec des années passées à mettre de l’avant son authenticité.

Lorsqu’il enseignait à des étudiants universitaires de Toronto, il n’hésitait pas à les inviter chez lui ou dans un pub du coin pour débattre de choses et d’autres.

En tant que conseiller municipal de Toronto, sa femme Olivia et lui enfourchaient leur tandem pour participer aux manifestations progressistes tenues dans les rues de la métropole canadienne.

Il était connu pour porter des chapeaux excentriques lors de collectes de fonds, pour ses discussions avec des ouvriers qui attendaient leur café matinal au Tim Hortons, et pour ses concerts improvisés à bord de son avion de campagne.

Dès son entrée au Nouveau Parti démocratique, il s’est révélé être un immense atout pour la formation politique, selon Vicky Smallman, une organisatrice néo-démocrate qui a d’abord rencontré Jack Layton au conseil municipal de Toronto.

«Habituellement, au sein du NPD, il y a d’un côté les experts des politiques publiques et, de l’autre, les organisateurs. Il y a souvent un conflit énorme entre les deux camps», a observé Mme Smallman. «Mais Jack a été capable de réunir ces pôles pour arriver à un très bon résultat.»

Sa combinaison parfaite de charisme et d’habileté politique a permis à la «machine NPD» d’avancer. La formation politique n’occupait que 19 sièges aux Communes lorsqu’il s’est emparé de la chefferie en 2003. Le caucus en comptait 29 en 2006, puis 37 en 2008.

Mais la magie n’a réellement opéré qu’en 2011, lorsqu’une vague orange a déboulé sur le Québec, donnant 103 sièges au parti et faisant de Jack Layton le chef de l’Opposition officielle.

«Jack Layton a réussi le tour de force de l’année en politique», a estimé Gaétan Chiasson, directeur de l’information à l’Acadie Nouvelle, à Caraquet. «Mais on retiendra surtout sa dignité face à la mort, et son message de paix et d’espoir.»

M. Layton avait révélé en 2010 qu’il souffrait d’un cancer de la prostate. Il promettait alors de lutter et de vaincre la maladie. Malgré une fracture à la hanche, il avait paru si énergique pendant la campagne électorale que son apparition télévisuelle de juillet a coupé le souffle au pays en entier. Jack Layton y apparaissait très amaigri et sa voix était rauque. Il n’était déjà que l’ombre de lui-même.

Jack Layton, comme à son habitude, jurait de poursuivre son combat. Mais il est mort le mois suivant. Il avait 61 ans.

Son décès a déclenché une véritable onde de choc au pays. L’hôtel de ville de Toronto s’est transformé en gigantesque ardoise pour les Canadiens en deuil. Lorsque la pluie effaçait les messages rédigés à la craie, des centaines d’autres mains venaient les renouveler.

«Mes amis, l’amour est 100 fois meilleur que la haine. L’espoir est meilleur que la peur. L’optimisme est meilleur que le désespoir», écrivait-il aux Canadiens, juste avant de mourir. «Alors aimons, gardons espoir et restons optimistes. Et nous changerons le monde.»

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