Les femmes et les enfants d’abord, c’est toujours valable


Je suis aussi du même avis que la conclusion. Théoriquement, il se peut très bien qu’on pense à sauver les femmes et les enfants, mais en cas de réalité, face à une mort, une souffrance imminente, les normes sociales ont s’en balance et c’est chacun pour soi
Nuage

 

Les femmes et les enfants d’abord, c’est toujours valable

 

Une gravure du naufrage du Titanic, le 14 avril 1912. AFP.

Une gravure du naufrage du Titanic, le 14 avril 1912. AFP.

Repéré par Peggy Sastre

Que ce soit par altruisme ou par égoïsme, les hommes ont toujours théoriquement plus de risques d’être sacrifiés en premier.

Que ce soit par altruisme ou par égoïsme, nous serions toujours plus enclins à sacrifier la vie d’un homme que celle d’une femme, estime une équipe de chercheurs en psychologie expérimentale dont l’étude a été publiée fin mai dans la revue Social Psychological and Personality Science.

Une étude qui tend à montrer que, malgré des décennies de féminisme et de progrès en matière d’égalité des sexes, les normes sociales nous poussent encore à considérer comme «normale» la mort ou la souffrance d’un homme et de voir dans celles d’une femme un phénomène «moralement inacceptable», explique Dean Mobbs, maître de conférences en psychologie à l’Université de Columbia, l’un des coauteurs de l’article.

Pour arriver à cette conclusion, les scientifiques ont mené trois expériences, dont la première impliquait le dilemme du tramway –un classique des recherches en psychologie sociale et en philosophie morale expérimentale. Ses 202 participants (98 femmes, 104 hommes, d’une moyenne d’âge de 34,8 ans) devaient choisir entre un homme, une femme ou une personne de genre neutre à sacrifier pour en sauver cinq autres. Résultat, les hommes comme les femmes étaient significativement plus susceptibles de vouloir précipiter un homme ou une personne neutre sur les rails.

Dans une seconde expérience, 57 personnes (dont 32 femmes, d’une moyenne d’âge de 25,21 ans) recevaient 20 livres (un peu plus de 25 euros) et on leur disait que leur gain pouvait être multipliée par 10 s’ils acceptaient (en pensée) d’électrocuter un tiers. Comme dans la première expérience, les femmes avaient moins de risques de se faire électrocuter, qu’importe que cela soit financièrement désavantageux pour les cobayes. A noter que si les hommes, comme les femmes étaient plus réticents à électrocuter une femme pour de l’argent, les femmes l’étaient d’autant moins.

Dans une troisième et dernière expérience, les chercheurs allaient soumettre 350 personnes à divers questionnaires visant à évaluer les normes sociales à l’œuvre dans ces biais psychologiques favorables aux femmes (ou défavorables aux hommes, question de point de vue). Les participants devaient répondre à des questions du style

«Lors d’un naufrage, qui sauvez-vous en premier?» (les hommes/les femmes/personne/tout le monde sans ordre particulier); «Est-il socialement plus acceptable de faire souffrir un homme/une femme pour de l’argent?»; «Quel sexe supporte mieux la douleur?», etc.

Ici encore, les réponses des participants accréditaient la thèse des scientifiques, à savoir qu’il est plus acceptable de sacrifier un homme et de protéger une femme. Détail intéressant: le phénomène n’avait rien à voir avec l’émotion, vu que les volontaires considéraient la souffrance infligée à un homme ou à une femme comme parfaitement équivalente sur le plan de la répulsion affective.

Là où on peut se rassurer (ou pas), c’est en se rappelant l’étude publiée dans les PNAS en 2012 par deux chercheurs de Berkeley et qui passait au crible le bilan humain réel de dix-huit catastrophes maritimes courant sur trois siècles d’histoire. Les chercheurs n’avaient observé aucun biais sexuel ni genré particulier dans les personnes sauvées ou noyées et en avaient conclu que, face à un véritable dilemme de vie ou de mort, la seule règle appliquée demeurait le «chacun pour soi».  

http://www.slate.fr/