Les aveugles voient avec leurs oreilles


Beaucoup ont sans doute déjà entendu dire que les non-voyants ont une meilleur ouïe, comme s’ils pouvaient voir avec les oreilles. C’est vrai, ils peuvent avoir une ouïe plus aiguisée qui leur permettent de se mouvoir dépendant des informations décodés par le cerveau.
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Les aveugles voient avec leurs oreilles

La cécité induit une plasticité du cortex auditif. | Jeff Pachoud / AFP

La cécité induit une plasticité du cortex auditif. | Jeff Pachoud / AFP

Repéré par Peggy Sastre

Le cerveau des personnes non voyantes s’adapterait pour développer une ouïe plus fine.

Repéré sur Journal of Neuroscience, PNAS, Université de Washington

Ce n’est pas une idée reçue: une abondante littérature scientifique observe que les personnes aveugles de naissance (et celles qui le sont devenues très tôt dans leur vie) ont une ouïe plus fine que les voyant·es, que cela se traduise sur le plan musical ou par une meilleure aptitude à se repérer dans l’espace.

Deux études publiées au printemps 2019 décryptent ce phénomène intervenant au plus profond du cerveau.

La première, parue dans le Journal of Neuroscience et dirigée par Ione Fine, chercheuse en sciences du comportement, en imagerie médicale et en ophtalmologie à l’université de Washington, relève que le cortex auditif des aveugles traite les sons dans un spectre plus étroit et donc plus précis que celui des personnes malvoyantes.

«Il s’agit de la première étude à montrer que la cécité induit une plasticité du cortex auditif –ce qui est important, car cette zone du cerveau reçoit des informations auditives très similaires que vous soyez aveugle ou non, commente Fine. Les individus aveugles, par contre, doivent extraire davantage d’informations du son, et cette région semble par conséquent développer une meilleure sensibilité.»

Pas besoin de signaux visuels

La seconde étude, publiée dans les PNAS et elle aussi dirigée par Fine, analyse comment les aveugles de naissance se représentent des objets en mouvement dans l’espace. Pour ce faire, l’équipe de recherche s’est penchée sur une zone précise du cerveau, dite hMT+, à la jonction occipito-temporale.

Les scientifiques ont pu montrer que chez les aveugles, cette zone manifeste une activité neuronale liée à la fois à la fréquence auditive et au mouvement des objets (simulé par une modification du volume), alors qu’elle ne répond qu’au mouvement chez les voyant·es.

Cette découverte laisse entendre que le cerveau des personnes atteintes de cécité n’a pas besoin de signaux visuels pour faire jouer un rôle analogue à cette zone et que les aveugles sont assez littéralement capables de voir avec leurs oreilles, comme le formule d’ailleurs un participant de l’étude.

Détail des plus intéressants, l’expérience impliquait deux individus nés aveugles et ayant recouvert la vue à l’âge adulte grâce à une opération neurochirurgicale. Comme les aveugles, leur zone hMT+ semblait servir une double fonction et elle leur permettait de repérer des objets en mouvement à la fois grâce à des informations visuelles et auditives.

Selon Fine, ce résultat indique que l’adaptation cérébrale à la cécité survient très tôt dans le développement et se conserve une fois la vue restaurée. Cette hypothèse aura cependant besoin de recherches supplémentaires pour être confirmée.

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Un Japonais devient le premier navigateur aveugle à traverser le Pacifique


En ville, un non-voyant doit avoir ses sens aiguisés pour se déplacer, mais en mer, il n’y a pas autant de bruit, des odeurs … pour se diriger. Pourtant, un non-voyant a traversé le Pacifique de la Floride jusqu’au port de Fukushima au Japon en voilier. Il a simplement eu avec un autre navigateur qui l’a aider oralement
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Un Japonais devient le premier navigateur aveugle à traverser le Pacifique

 

Mitsuhiro Iwamoto et son navigateur Doug Smith. © reuters.

Un navigateur japonais est devenu samedi le premier non-voyant à réaliser une traversée sans arrêt de l’océan Pacifique à bord d’un voilier, a rapporté la presse japonaise.

Mitsuhiro Iwamoto, 52 ans, est arrivé dans la matinée dans le port de Fukushima à bord de son voilier ‘Dream Weaver’ long de 12 mètres, environ deux mois après avoir quitté la Californie.

Mitsuhiro Iwamoto, qui réside à San Diego, sur la côte pacifique de Californie, a quitté cette ville américaine le 24 février, ensemble avec Doug Smith, un navigateur américain qui l’a aidé oralement en lui donnant des informations comme la direction des vents.

Il s’agit de la deuxième tentative du navigateur japonais. Il y a six ans, son premier voyage avait été plutôt bref et s’est achevé après que son voilier a coulé après avoir heurté une baleine.

« Je suis à la maison. Merci », a dit l’intrépide Japonais lors d’une fête organisée à son arrivée à Fukushima, mettant fin à un voyage long d’environ 14.000 kilomètres.

« Je n’ai pas abandonné et j’ai réalisé mon rêve », a-t-il dit, cité par l’agence de presse japonaise Kyodo News.

C’est pour la première fois qu’un non-voyant réalise une traversée de l’océan Pacifique, a souligné la même source.

Le Japonais, qui a perdu sa vue lorsqu’il avait 16 ans, a entrepris ce voyage pour rassembler des fonds pour des activités caritatives, y compris pour soutenir les efforts des médecins pour prévenir des maladies qui entraînent la cécité, a précisé son site internet.

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Métro de Toronto: un homme non voyant secouru par des passants


C’est un témoin qui raconte l’évènement passé au métro de Toronto au Canada. Des gens ont sauté sur les rails sans savoir si un train approchait et que le courant soit éteint pour sauver un non-voyant qui a fait une chute. Elle le raconte pour démontrer qu’il existe encore des bonnes personnes.
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Métro de Toronto: un homme non voyant secouru par des passants

 

Selon un porte-parole de la Commission, l'homme tombé... (THE CANADIAN PRESS)

Selon un porte-parole de la Commission, l’homme tombé sur les rails jeudi a été transporté à l’hôpital.

THE CANADIAN PRESS

 

OLIVIA BOWDEN
La Presse Canadienne
TORONTO

Les témoins d’un accident survenu jeudi après-midi, dans le métro de Toronto, n’ont pas hésité à se porter à la rescousse d’un homme aveugle tombé sur les rails, rapporte l’une d’entre eux.

Julie Caniglia raconte qu’un passager de son wagon a sauté sur les rails et traversé vers le quai opposé, duquel avait chuté l’homme.

Elle salue le courage de ce bon samaritain qui n’a pas hésité à intervenir dans le tumulte, sans savoir si un autre train approchait.

L’homme non-voyant s’était blessé dans sa chute, à la station Broadview, provoquant l’agitation des témoins qui criaient à l’aide, précise Mme Caniglia.

Un autre homme non loin d’elle s’est précipité vers l’extrémité du quai pour couper l’électricité sur les rails, ajoute-t-elle, et un chauffeur de la Commission de transport de Toronto a lancé un appel à la prudence.

« Le chauffeur a pesé sur des boutons pour avertir le train qui s’approchait d’arrêter et tout s’est éteint, relate-t-elle. Il y avait beaucoup de cris à propos du risque d’électrocution. »

Deux autres hommes sont à leur tour descendus sur les rails pour aider à hisser le blessé sur le quai, visiblement sous le choc, poursuit-elle.

Mme Caniglia a voulu faire connaître ces bons samaritains en publiant une photo d’eux sur les réseaux sociaux. Aucun des trois hommes n’a jusqu’à présent pu être identifié.

« C’est incroyable. Nous avons tous besoin d’un peu de renforcement positif (pour croire) que de bonnes personnes existent », a-t-elle souligné dans une entrevue accordée vendredi à La Presse canadienne.

« Le premier instinct des gens a été de courir pour venir en aide. C’est clair que des gens ont sauté sur les rails avant même que le courant ne soit éteint », renchérit Sheri Hebdon, qui a elle aussi assisté à la scène jeudi.

Il faut parfois des circonstances extrêmes pour faire ressortir le bon chez les gens, soutient-elle.

L’incident a toutefois préoccupé Julie Caniglia quant à la sécurité du métro torontois.

« J’ai de jeunes enfants, et s’ils trébuchaient par accident? Nous sommes si vulnérables, debout sur le quai », s’inquiète-t-elle.

Mme Hebdon abonde dans le même sens.

« Il vaut la peine d’envisager des barrières sur les quais », croit-elle.

Un accident mortel a fait renaître cette revendication, plus tôt ce mois-ci, lorsqu’un homme de 73 ans aurait été intentionnellement poussé sur les rails, vers sa mort.

La Commission de transport de Toronto (CTT) soutient que l’installation de barrières de sécurité dans chaque station coûterait plus d’un milliard de dollars. Le CTT a déjà commandé une étude à cet effet, qui devrait aboutir en 2020.

Selon un porte-parole de la Commission, l’homme tombé sur les rails jeudi a été transporté à l’hôpital.

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Le braille en déclin : aveugle et analphabète


La technologie permet aux non-voyants de sortir de leur isolement, malheureusement au Canada les gouvernements ne financent plus autant les écoles spécialisées en braille. Pourtant, l’utilisation des outils auditifs à la place du braille, il y a une baisse important de l’apprentissage de cette méthode reconnu depuis longtemps. L’utilisation d’outils auditifs a la place du braille, a un impact directe sur l’apprentissage de l’écriture, car maintenant ils écrivent au son. De toute manière, je crois que c’est imprudent de ne pas favorisé le braille tout utilisant les outils par ordinateur. La techno n’est pas toujours sans faille, alors que l’écriture sera là tant qu’on lui laisse la place.
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Le braille en déclin : aveugle et analphabète

 

Une photo en noir et blanc d'une personne qui a les yeux fermés.

Le braille est en déclin. Photo : iStock/Chantal Mainville

Les nouvelles technologies permettent à des milliers de personnes aveugles de sortir de l’isolement. Grâce à la lecture de textes par synthèse vocale, par exemple, plusieurs peuvent lire le journal ou accéder à Internet. Bien qu’utiles, ces outils technologiques ne font pas l’unanimité, car leur utilisation se fait au détriment du braille qui est en perpétuel déclin.

Un texte d’Angie Bonenfant

Au Canada, en 2012, on estimait que seulement 0,8 % des adultes de 15 ans et plus ayant une incapacité visuelle utilisait du matériel braille. C’est bien en deçà des chiffres répertoriés en 1991 où le taux avoisinait 1,6 % pour la population canadienne âgée de 15 à 64 ans.

Ce taux semble suggérer une diminution de l’usage, selon Statistique Canada.

Ce déclin s’explique parce que les écoles spécialisées de braille ne sont plus autant financées par les gouvernements. Depuis, les professeurs de braille se font rares.

Ce recul est aussi exacerbé par l’arrivée sur le marché de nouvelles technologies qui permettent à une personne aveugle de lire son courrier ou même de rédiger une lettre de façon totalement autonome. Sur le Web, des applications mobiles du même acabit pullulent.

Ces outils (synthèse et reconnaissance vocales, lecteur d’écran, etc.) font surtout appel au sens de l’ouïe. Ils sont particulièrement appréciés des personnes non voyantes, car ils leur procurent une certaine indépendance tout en étant très faciles à utiliser.

Par contre, en raison de ces outils technologiques auditifs plusieurs aveugles font le choix d’abandonner le braille. Un phénomène qui laisse un bon nombre d’experts perplexes : cette technologie est-elle en train de produire une nouvelle génération d’aveugles analphabètes?

Une personne aveugle qui lit du braille

Plusieurs aveugles font le choix d’abandonner le braille. Faut-il s’inquiéter? Photo : getty images/istockphoto/Olga_PRaktika

Le braille est-il toujours utile?

« Il n’y a pas de substitut à l’alphabétisation », lance d’emblée Jennifer Goulden, présidente de Littéracie Braille Canada. « Ces outils technologiques sont bien utiles, mais ils ne vous apprennent pas à lire. »

Le braille est pour une personne aveugle ce que l’alphabet, les chiffres et les notes de musiques sont pour les personnes voyantes.

« Si on ne vous apprend pas à lire, vous ne saurez pas épeler ni construire des phrases et des paragraphes qui ont une structure grammaticale correcte », déplore-t-elle.

« Vous ne diriez pas à un enfant d’arrêter d’apprendre à lire parce que les ordinateurs peuvent le faire pour lui, n’est-ce pas? Alors pourquoi serait-ce acceptable pour une personne aveugle? »

On n’apprend pas à lire dans un environnement audio!Jennifer Goulden, Littéracie Braille Canada

La traductrice Maryse Glaude-Beaulieu est devenue aveugle à l’âge de six mois. Elle a appris à utiliser le braille dès sa première année scolaire.

Le braille lui permet, entre autres, de prendre des notes, de lire un chiffrier électronique, de classer des documents, d’étiqueter différents produits.

Mme Glaude-Beauieu n’hésite pas à qualifier d’analphabètes ceux qui ne savent pas en faire usage.

« Le braille te donne beaucoup plus que l’audio. Il te donne l’orthographe des mots. Une synthèse vocale ne te dira pas que le verbe ‘‘aller’’ peut s’écrire de trois différentes façons », explique-t-elle.

Les gens qui apprennent le braille ont plus de facilité avec l’orthographe. Maryse Glaude-Beaulieu, traductrice, utilisatrice du braille

Ceux qui ne connaissent pas le braille écrivent au son, renchérit Mme Goulden.

« Lorsque je reçois un courriel, constate-t-elle, je peux facilement deviner que l’expéditeur ne sait pas lire, car l’orthographe et la ponctuation laissent à désirer. »

Des études faites aux États-Unis, soutient-elle, démontrent que les personnes qui utilisent le braille sont statistiquement plus susceptibles de terminer des études supérieures et d’être embauchées au niveau pour lequel elles sont qualifiées.

Au Québec, près de 65 % des personnes ayant une incapacité visuelle n’avaient pas d’emploi, en 2012.

Source : Enquête canadienne sur l’incapacité, Statistique Canada

Une étude révélatrice

Une étude menée par le professeur Doug Brent (et de sa femme Diane) de l’Université de Calgary, en 2000, a comparé le travail écrit d’étudiants qui utilisent les technologies audio, la plupart du temps, à ceux qui utilisent plutôt le braille.

Les textes de ceux qui utilisaient le braille étaient beaucoup plus structurés, tandis que l’écriture des autres élèves était phonétique, souvent désordonnée et incohérente.

« Grammaticalement, ont relevé les auteurs, les élèves aux technologies audio écrivent en utilisant des phrases très simples qui se répètent. Ils font des liens entre des idées, souvent sans rapport. Et, ils utilisent abondamment la conjonction ‘’et’’. »

Un homme aveugle lit un livre écrit en braille.

Un homme aveugle lit un livre écrit en braille. Photo : getty images/istockphoto/XiXinXing

Un sujet controversé

L’utilisation d’outils auditifs à la place du système d’écriture Braille est une question très controversée. Et, dans la communauté des personnes non voyantes, on est loin de tous voir ça d’un mauvais oeil.

Diane Bergeron, la vice-présidente de l’Institut national canadien pour les aveugles (INCA), un organisme qui appuie les personnes malvoyantes, fait partie de ceux qui soulèvent un bémol.

« Selon moi, c’est toujours nécessaire d’apprendre le braille. Sauf que nous vivons dans un monde où il est tout aussi important d’apprendre les nouvelles technologies », avance-t-elle.

Le monde dépend de la technologie, les personnes aveugles aussi. Institut canadien national pour les aveugles

Une personne qui ne sait pas utiliser le braille n’est pas, selon Mme Bergeron, une analphabète. Il est toujours possible d’apprendre à lire et à écrire en utilisant uniquement un ordinateur, dit-elle, c’est juste plus difficile.

« Il y a des gens qui n’ont jamais appris à lire le braille et qui fonctionnent très bien de façon indépendante », souligne-t-elle.

C’est souvent le cas de personnes qui ont perdu la vue à un âge avancé. Pour les adultes, apprendre le braille peut être très difficile. Le braille, aussi, n’est pas fait pour tout le monde.

Un clavier en braille pour les personnes non-voyantes

Un clavier en braille Photo : iStock/zlikovec

Une combinaison essentielle

Le braille et la technologie sont tous les deux essentiels et se complètent parfaitement, poursuit Mme Bergeron. Les personnes aveugles doivent pouvoir faire un choix en fonction de ce qu’elles veulent accomplir.

Un point de vue que partage Maryse Glaude-Beaulieu : « Les instruments audio, pour moi, c’est un complément. Pour lire un document vite, je me vais me servir de l’audio, mais pour des trucs plus pointus, je vais me fier au braille. »

Enlever ce choix aux personnes aveugles, déplore Mme Bergeron, équivaut de permettre à une personne voyante d’utiliser un ordinateur, tout en lui interdisant le droit de toujours pouvoir utiliser un crayon et du papier.

https://ici.radio-canada.ca/

Des aveugles pour détecter le cancer du sein


Des pays comme la Colombie n’ont pas toujours une technologie médicale adaptée. Le cancer du sein sans technologie, il est souvent difficile de soigner à temps. Grace a une technique d’un médecin allemand, des femmes aveugles peuvent détecter des nodules aussi petits que 8 mm. On sait que les non-voyants ou malvoyants doivent utiliser l’ouïe et le toucher pour s’orienter. Et grâce au toucher, ces femmes sont plus minutieuses que les médecins pour trouver ce qui cloche
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Des aveugles pour détecter le cancer du sein

 

LUIS ROBAYO VIA GETTY IMAGES

Une méthode qui a fait ses preuves.

Leidy s’est réveillée aveugle un matin de 2011. Francia n’y voyait déjà plus. Privées de la vue, ces femmes ont développé un autre sens : le toucher grâce auquel aujourd’hui en Colombie elles détectent des cancers du sein.

Leidy Garcia et Francia Papamija sont deux des cinq aveugles ou malvoyantes formées à Cali (ouest) pour prévenir cette pathologie cancéreuse, la plus répandue dans le pays avec 7000 nouveaux cas chaque année et 2500 décès.

Elles ont suivi en 2015 la méthode du médecin allemand Frank Hoffmann. Depuis une dizaine d’années, il argue que les non-voyants ont des facilités pour détecter les nodules – agglomérats de cellules – qui sont souvent le premier symptôme de la maladie.

« Les personnes atteintes d’un handicap visuel ont une sensibilité accrue, un sens du toucher développé qui leur permet de mieux distinguer les éléments » permettant un diagnostic, a déclaré à l’AFP le chirurgien Luis Alberto Olave, coordinateur du programme « Mains qui sauvent des vies » de l’hôpital San Juan de Dios à Cali.

Quelque 71 000 nouveaux cas de cancer du sein sont diagnostiqués chaque année dans le monde. La méthode du Dr Hoffmann, appliquée en Allemagne et en Autriche, est arrivée jusqu’en Colombie, avec le soutien de la banque de développement de l’Amérique latine (CAF).

Cinq femmes âgées de 25 à 35 ans, dont une de nationalité mexicaine, ont été sélectionnées. Elles ne devaient présenter aucun problème vasculaire ou neurologique pouvant altérer leur sensibilité. Puis elles ont été formées comme auxiliaires d’examens tactiles. Depuis, elles ont reçu plus de 900 patientes.

Vaincre préjugés et méfiance

« Nous combattons un préjugé selon lequel parce que nous avons un handicap nous ne pouvons penser ou être autonomes », a souligné Francia, 35 ans, qui a perdu la vue suite à un décollement de rétine à l’âge de sept ans.

Les responsables de l’hôpital de Cali se sont rendu compte que les examens effectués par ces femmes donnent de « meilleurs » résultats que ceux suivant la procédure habituelle.

« L’examen clinique qu’elles réalisent est plus élaboré, dure plus longtemps. Cela génère chez les patientes une sensation de confort qu’elles n’avaient pas avec un médecin traditionnel », a ajouté le Dr Olave.

Alors qu’une femme qui s’autoexamine peut détecter des nodules de 15 à 20 mm et un médecin de 10 mm, les auxiliaires aveugles en détectent de plus petits, de 8 mm.

Leidy a presque totalement perdu la vue il y a six ans. Sa carrière d’ingénieure en topographie s’est arrêtée du jour au lendemain à cause d’une thrombose cérébrale qui l’a rendue aveugle de l’oeil gauche et a gravement atteint le droit.

« Les personnes qui voient bien se laissent guider par ce qu’elles voient. Moi je me guide au toucher et à l’ouïe », explique cette jeune brune de 26 ans.

Leidy palpe les seins de ses patientes en se guidant avec un ruban jaune et rouge, qui comporte un motif en relief à chaque centimètre pour situer les éventuels nodules.

Lorsqu’elle détecte une masse suspecte, elle la signale au médecin qui, selon les cas, peut ordonner des analyses supplémentaires pour confirmer ou non un cancer. L’examen initial dure jusqu’à 45 minutes contre 10 pour la méthode traditionnelle.

Francia comme Leidy racontent que les patientes sont parfois curieuses, d’autres méfiantes. Certaines ne leur adressent même pas la parole, d’autres leur racontent leur vie.

Source d’emplois

« Leur toucher est si précis. En réalité, je suis épatée parce qu’elles font preuve d’un grand professionnalisme », estime l’une d’elles, une commerçante de 42 ans.

« Ils ont trouvé quelque chose, mais le médecin a dit que c’était seulement un ganglion enflammé », ajoute cette mère de deux enfants.

Avant de se former à cette méthode de diagnostic, Francia et Leidy étaient sans travail, comme 62 % des 500 000 handicapés visuels en Colombie, soit sept fois plus que la moyenne de la population dans ce pays de 48 millions d’habitants, selon l’Institut national des aveugles.

Le Dr Olave estime que c’est une source d’emplois pour les non et malvoyants et il espère pouvoir débuter une nouvelle formation au premier trimestre 2018.

« Dans des pays en développement, dont l’accès aux technologies de diagnostic est parfois limité », l’examen manuel « revêt une grande importance », explique-t-il.

Ses deux auxiliaires entendent de leur côté démontrer qu’elles peuvent sauver des vies et que c’est la société qui les traite comme des invalides.

Francia souligne qu’elle veut vivre « comme une personne normale » et l’exprimer de ses deux mains fines et salvatrices.

http://quebec.huffingtonpost.ca

Le nombre d’aveugles dans le monde va tripler en 2050


En vieillissant, la vue baisse et peut devenir de plus en plus déficiente. Avec la population qui devient aussi plus âgée et la perte de vision augmentera surtout dans des pays que la prévention, les traitements ne sont pas adéquats
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Le nombre d’aveugles dans le monde va tripler en 2050

 

Il y avait 36 millions de personnes aveugles dans le monde en 2015, selon une... (ARCHIVES AFP)

ARCHIVES AFP

 

Agence France-Presse
Paris

Il y avait 36 millions de personnes aveugles dans le monde en 2015, selon une étude publiée jeudi, qui prévoit que ce nombre devrait tripler d’ici 2050 du fait de la croissance démographique et du vieillissement de la population.

Cette augmentation pourrait toutefois être freinée à condition d’investir davantage dans le développement de nouveaux traitements, estiment les auteurs de l’étude, publiée dans la revue britannique The Lancet Global Health.

217 millions de personnes étaient par ailleurs touchées par une déficience visuelle modérée à sévère en 2015, soit 35% de plus qu’en 1990, et elles devraient être 588 millions en 2050, estime l’étude, qui a compilé des données portant sur 188 pays.

Plus d’un milliard souffraient par ailleurs de presbytie, un trouble de la vision de près qui apparaît avec l’âge.

Ces statistiques comptabilisent uniquement les personnes qui ne bénéficient pas d’une correction adaptée, a précisé à l’AFP Rupert Bourne, professeur à l’université Anglia Ruskin, au Royaume-Uni.

Selon les définitions de l’OMS, la cécité désigne une acuité visuelle inférieure à 1/20 ou un champ de vision limité à 10° ou moins, tandis qu’une déficience visuelle sévère correspond à une acuité comprise entre 1/20 et 1/10 et modérée, entre 1/10 et 3,3/10.

Les chercheurs estiment que «la prévalence globale de la cécité a diminué de 0,75% en 1990 à 0,48% en 2015, tandis que le taux de déficience visuelle modérée à sévère s’est réduit de 3,83% à 2,90%». Ils attribuent cette évolution à l’amélioration du niveau de vie, aux programmes de santé publique, au développement de traitements tels que la chirurgie de la cataracte et à un meilleur accès aux services d’ophtalmologie.

«Cependant, la plupart des déficiences visuelles étant liées à l’âge, à mesure que la population continue à croître et à vieillir, le nombre de personnes concernées a augmenté dans le monde», expliquent-ils.

Et il devrait continuer à le faire, d’autant que la proportion de personnes touchées pourrait cesser de diminuer voire rebondir à partir de 2020, selon eux.

Ces projections ne prennent pas en compte les éventuels progrès qui pourraient être faits d’ici là en matière de diagnostic, de traitements ou d’accès aux services de santé, a souligné le Pr Bourne.

L’étude montre aussi de très fortes disparités géographiques, avec une prévalence nettement plus élevée dans les pays à faibles revenus d’Afrique subsaharienne et en Asie.

On compte ainsi 1,98% d’aveugles en Afghanistan et 1,86% en Éthiopie, contre seulement 0,08% en Islande, en Belgique et au Danemark. En France, la proportion est estimée à 0,14%.

Les femmes sont par ailleurs plus touchées, puisqu’elles représentent 56% du total des personnes aveugles et 55% des déficients visuels.

http://www.lapresse.ca

Dot : la montre connectée qui s’exprime… en braille !


Les non-voyants pourront auront enfin le droit de profiter de la technologie connectée avec une montre qui indique l’heure, mais aussi pourra être utilisé comme un smartphone, utilisé Google Map, lire les messages, etc.
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Dot : la montre connectée qui s’exprime… en braille !

 

Source : Dotincorp

Cet objet spectaculaire permet aux non voyants de se connecter à n’importe quel moment de la journée grâce à un simple contact du doigt…

Explication.

Par Axel Leclercq

On n’arrête pas le progrès, et c’est tant mieux. Illustration avec cette montre connectée, la première du monde à afficher ses informations… en braille ! Une immense victoire technologique remportée contre le handicap.

On estime à 285 millions le nombre de personnes aveugles ou mal voyantes sur la planète. Pour que cette foule de gens puisse accéder aux mêmes technologies que tout le monde, Dotincorp, une entreprise coréenne, a mis au point un objet très impressionnant : une montre connectée avec écran en relief !

Source : Dotincorp

Quatre cellules dynamiques en braille permettent en effet à l’utilisateur de connaître l’heure à n’importe quel moment de journée : il n’y a qu’à glisser son doigt. Mais, plus fort encore, connecté à un smartphone via le bluetooth, cet objet permet également de lire les messages reçus ou de se repérer sur Google Maps (par exemple !)

Source : Dotincorp

L’objet est si fou que, quand des non voyants le découvrent pour la première fois, ils n’en reviennent pas ! Démonstration :

Lancé en 2014, le projet avait reçu le soutien financier de 140 000 particuliers (dont Stevie Wonder) via une campagne de financement participatif.

Source : Dotincorp

Aujourd’hui, après trois ans de tests et d’essais en tous genres, cette montre est totalement finalisée. 100 000 exemplaires seront produits rien que cette année (les premiers modèles devraient être disponibles dès le mois de mars).

Source : Dotincorp

Juste un bémol : le prix. Comme toute nouveauté technologique à son lancement, la montre Dot affiche un prix très élevé : environ 300€. ($ 419 cad)

Source : Dotincorp

Quoi qu’il en soit, une invention surprenante, spectaculaire et utile !

http://positivr.fr