Les insectes blessés peuvent ressentir une douleur chronique


Les insectes ressentent la douleur, ce qui est logique s’ils sont blessés. S’il survit et guérit, la douleur du membre blessé ne disparait pas, elle devient chronique. Comprendre le processus de la douleur chez les insectes pourrait permettre de trouver des traitements sur la cause des douleurs et non des symptômes chez l’humain.
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Les insectes blessés peuvent ressentir une douleur chronique

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Crédit: CC0 Public Domain

par Brice Louvet, rédacteur scientifique

Une équipe de chercheurs du Centre Charles Perkins, en Australie, a découvert des preuves que les insectes sont capables de ressentir une douleur chronique après une blessure.

Nous savons depuis quelques années que les insectes sont capables de ressentir des douleurs physiques. Ce que nous apprennent ces nouvelles recherches menées par des scientifiques de l’Université de Sydney, c’est que les insectes – en l’occurrence ici les mouches des fruits – seraient également capables de souffrir de douleurs chroniques longtemps après la guérison de leur blessure. La découverte est importante, puisqu’elle pourrait déboucher sur la mise en place de nouveaux traitements plus efficaces chez l’Homme. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Science Advances.

« Les gens ne savent pas vraiment que les insectes peuvent ressentir la douleur, explique Greg Neely, principal auteur de l’étude. Mais il a déjà été démontré que de nombreux animaux invertébrés peuvent effectivement détecter et éviter les stimuli dangereux que nous percevons comme douloureux. Chez les non-humains, nous appelons ce sens la “nociception”, qui permet la détection des stimuli potentiellement nocifs, explique-t-il. Nous savions donc que les insectes pouvaient ressentir la “douleur”, mais ce que nous ne savions pas, c’était qu’une blessure pouvait entraîner une hypersensibilité durable aux stimuli normalement non douloureux, de la même manière que l’expérience d’un patient humain ».

Test de la douleur chez la mouche

La douleur chronique se définit comme une douleur qui persiste après la guérison de la blessure initiale. On distingue la douleur inflammatoire et la douleur neuropathique. Cette étude, menée sur les mouches des fruits, portait ici sur la douleur neuropathique, qui survient après une lésion du système nerveux.

Pour ces recherches, Greg Neely et son équipe ont donc volontairement blessé plusieurs mouches, en s’attaquant au nerf de l’une de leurs pattes. Une fois la blessure complètement guérie, ils ont alors découvert que chez tous les spécimens, les autres pattes étaient soudainement devenues hypersensibles.

Autrement dit, « une fois que l’animal a été blessé une fois, il est hypersensible et tente de se protéger pour le restant de ses jours, explique le chercheur. Ce qui est plutôt cool et intuitif ».

Des mouches des fruits. Crédits : Pixabay/skeeze

Vers de nouveaux traitements pour l’Homme

Partant de ce constat, les chercheurs ont ensuite voulu comprendre les procédés génétiques permettant cette hypersensibilité.

« La mouche reçoit des messages de douleur de son corps qui passent ensuite par des neurones sensoriels vers le cordon nerveux ventral, la version de notre moelle épinière chez la mouche, poursuit Greg Neely. Dans ce cordon nerveux se trouvent des neurones inhibiteurs qui agissent comme un portail pour autoriser ou bloquer la perception de la douleur. Ce qu’ont relevé les chercheurs, c’est qu’une fois blessé, le nerf fait en sorte que ces neurones inhibiteurs ne bloquent plus jamais la perception de douleur. Autrement dit, le seuil de douleur change et se met en mode hypervigilant ».

Chez l’Homme, ce serait donc la perte de ces « freins anti-douleurs » qui rend la vie des concernée·e·s très compliquée. Pour éviter les douleurs chroniques, nous devons faire en sorte de pouvoir récupérer ces « freins ». Le fait de le comprendre, grâce à la mouche, permettra aux chercheurs de se concentrer sur la création de nouveaux traitements permettant de cibler la véritable cause sous-jacente de ces douleurs. Plutôt que de simplement traiter les symptômes.

Source

https://sciencepost.fr/

Les crabes ressentent la douleur


Les amateurs de crabes, d’homards ne se soucient pas vraiment de savoir si c’est crustacés souffrent au moment qu’ils sont ébouillanté vivant ..  Dans la possibilité que ces animaux souffrent, nous pourrions donc changer la façon de faire
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Les crabes ressentent la douleur

 

Les crabes ressentent la douleur

Photo Fotolia

Le crabe que vous allez plonger dans l’eau bouillante ne peut pas vous implorer de ses grands yeux tristes ou pousser des cris déchirants mais il est bien capable de ressentir la douleur, estiment des chercheurs.

«Des milliards de crustacés sont capturés ou élevés pour les besoins de l’industrie agro-alimentaire. Par comparaison avec les mammifères, ils ne bénéficient quasiment d’aucune protection sur la seule présomption qu’ils ne peuvent pas ressentir la douleur. Nos recherches suggèrent le contraire», résume Bob Elwood, biologiste à la Queen’s University de Belfast.

Sa dernière expérience montre comment le crabe vert est prêt à renoncer à ce qui lui est le plus cher – un abri bien sombre en l’occurrence – pour éviter un méchant choc électrique.

90 crabes verts (Carcinus maenas), l’une des espèces les plus répandues sur les plages européennes, ont été plongés dans un aquarium possédant deux abris sombres, où certains d’entre eux ont subi une première électrocution.

Plus tard, lorsque les crabes ont été replacés dans l’aquarium, la plupart d’entre eux sont revenus spontanément dans le trou sombre où ils avaient précédemment élu domicile. Les infortunées victimes de la première expérience y ont reçu un second choc électrique.

Lorsqu’ils ont été introduits dans l’aquarium une troisième fois, l’immense majorité des crabes électrocutés désertaient le trou dans lequel ils avaient reçu le choc, tandis que les autres crabes se réinstallaient tranquillement dans leur abri initial, selon l’étude publiée dans la revue scientifique Journal of Experimental Biology.

«Les crabes ont appris à éviter l’abri où ils avaient été choqués. Ils étaient prêts à renoncer à leur cachette pour éviter la source de leur douleur présumée», explique Bob Elwood.

«Cette expérience a été soigneusement conçue pour permettre de distinguer entre la douleur et un phénomène défensif réflexe, la nociception, qui permet une protection instantanée mais ne modifie pas le comportement à long terme», souligne le chercheur.

«D’un point de vue philosophique, il est impossible de démontrer de manière absolue qu’un animal ressent la douleur».

Mais tous les critères cohérents avec une telle douleur ont été réunis au cours de diverses expériences, qu’il s’agisse de crabes, de crevettes ou de bernard-l’hermite, assure-t-il.

http://fr.canoe.ca