Transplantation de tête : "Il est peu probable que le patient survive"


Sergio Canavero, un neurochirurgien avait annoncé qu’il effectuera la première transplantation de la tête d’un tétraplégique à un corps d’un donneur décédé en Chine. Il semble que cela ne se fera pas. Quoiqu’il en soit, une neurochirurgienne croit que présentement, qu’il est impossible qu’une telle opération soit une réussite et que cela pose un problème éthique. Personnellement, en temps que profane, je considère que c’est de jouer a l’apprenti sorcier et qu’il y a des choses qu’il faut accepter que la médecine a des limites qu’il doit respecter
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Transplantation de tête : « Il est peu probable que le patient survive »

 

Transplantation de tête : "il est peu probable que le patient survive"

La première transplantation de tête aura-elle lieu en décembre 2017 ?

© JAMES GOURLEY/SHUTTERST/SIPA

Elena Sender

Spécialiste des Neurosciences au magazine Sciences et Avenir

Sergio Canavero annonce la première transplantation de tête humaine pour décembre 2017. La neurochirurgienne Marike Broekman, présidente du comité d’éthique de l’EANS, lance un cri d’alarme. Cette intervention est contraire à l’éthique. 

La première transplantation de tête aura-elle lieu en décembre 2017 ? C’est en tout cas l’annonce tonitruante qu’a faite le neurochirurgien italien Sergio Canavero sur son tout nouveau site web qui assure sa promotion. Il affirme que l’intervention sera pratiquée par son confrère chinois Ren Xiaoping de l’Université médicale de Harbin (Chine) qui rendrait publique la procédure d’ici deux mois (donc à l’été 2017). Est-ce réaliste et surtout raisonnable en l’état actuel des connaissances ?

« Je suis très inquiète. Nous ne sommes prêts ni techniquement ni psychologiquement »

 

Les faits : le neurochirurgien d’origine italienne travaille à un protocole nommé Heaven (head anastomosis venture) / AHBR (allogenic head body reconstruction), dont il a eu l’initiative alors qu’il était neurochirurgien à l’hôpital de Turin (Italie). Il vise à transplanter la tête d’un patient tétraplégique (paralysé des quatre membres) sur le corps d’un donneur (décédé). L’idée étant d’obtenir au final un patient avec une tête reconnectée à un corps fonctionnel. Outre l’effroi que cela peut susciter dans notre esprit, la procédure pose de multiples questions techniques et éthiques.

Questions à Marike Broekman, neurochirurgienne de l’Université d’Utrecht (Pays-Bas), actuellement à l’Ecole de Médecine de Harvard (Etats-Unis), présidente de l’Ethico-legal Committee of the European Association of Neurosurgical societies (EANS)

Sciences et Avenir : Quand Sergio Canavero déclare que la première transplantation de tête humaine aura lieu en décembre 2017, quelle est votre première réaction?

Marike Broekman : Je suis très inquiète. Nous ne sommes prêts ni techniquement ni psychologiquement. C’est un de nos sujets de préoccupation au comité d’éthique de l’EANS. Il y a beaucoup trop de questions sans réponse (technique, biologique, éthique, psychologiques, etc.) concernant la transplantation de la tête, procédure encore hautement expérimentale. La première des exigences de la recherche est d’apporter une amélioration de la santé ou des connaissances.

Or, dans l’état actuel des choses, cette procédure n’améliorera pas la santé du patient car il est peu probable qu’il retrouve une fonction neurologique, ni même qu’il survive… Par ailleurs, pensez aux organes du potentiel donneur de la transplantation corporelle, qui pourraient être plus utiles à beaucoup de patients (au lieu d’un) en attente de greffes.

Sciences et Avenir : En tant que neurochirurgien, estimez-vous que cette transplantation sera possible un jour ?

Marike Broekman : Je ne peux évidemment pas dire que c’est impossible mais il y a tellement de défis à relever… Il faut protéger le cerveau du receveur pendant l’intervention, puis reconnecter la moelle épinière, les nerfs, les vaisseaux sanguins… faire en sorte que le corps de rejette pas la greffe, par de lourds traitements immunodépresseurs, sans compter la gestion des douleurs post-opératoires. De plus, il y a des défis psychologiques, éthiques, sociaux, qui requièrent de l’attention avant une telle intervention.

Sciences et Avenir : A-t-elle un intérêt scientifique et médical?

Marike Broekman : Personnellement, oui, je pense que certains éléments sont importants, car ils pourraient aider d’autres patients (par exemple, les personnes dont la moelle épinière est lésée etc.).

Sciences et Avenir : Vous êtes neurochirurgienne, quel point est le plus difficile selon vous?

Marike Broekman : Techniquement, c’est reconnecter la moelle épinière avec succès, pour retrouver un bon fonctionnement neurologique. Je n’ai encore pas vu de données pré-cliniques valables démontrant cela.  D’une manière générale, il devrait y avoir d’amples preuves (sur l’animal) avant une première chez l’humain. Que tous les aspects de la procédure soient étudiés, qu’il ne reste pas de questions en suspens. Or, s’il existe des données partielles, il n’existe pas d’étude complète de transplantation de tête chez les animaux avec une survie à long terme plus une normalisation de la fonction neurologique. Pour cette raison, nous avons considéré à l’EANS que la transplantation de tête était contraire à l’éthique.

Sciences et Avenir : Il y a d’autres manques cruciaux, comme la balance bénéfice/risque, ou le contrôle par les pairs…

Marike Broekman : En effet, pour que la recherche soit éthique, il faudrait que l’intervention ait un ratio bénéfice/risque positif. Cela signifie que les risques doivent être minimisés et les avantages potentiels améliorés. Or pour le patient subissant une transplantation de tête, le risque est énorme, y compris celui de décès. Le ratio est actuellement extrêmement défavorable. Des observateurs indépendants devraient également pouvoir examiner, modifier, approuver ou annuler le protocole de recherche, tout comme détecter d’éventuel conflit d’intérêts. Dans le cas présent, l’opération aurait lieu en Chine, un pays critiqué pour sa surveillance et sa réglementation éthiques moins strictes… Effectuer une transplantation de tête dans une région à la réglementation éthique moins rigoureuse mettra particulièrement en péril la sécurité des patients. Nous conseillons vivement que le groupe de recherche italien soumette son protocole de recherche à un Comité éthique européen.

Sciences et Avenir : Et du côté des patients?

Marike Broekman : La population étudiée (tétraplégique) étant très vulnérable, le consentement éclairé devrait être examiné à fond afin d’éviter de fausses promesses de résultats. Mais aussi pour protéger leur vie privée. Il y a eu beaucoup d’attention médiatique pour le patient qui s’était porté volontaire pour être le premier patient opéré (mais qui finalement ne le sera pas, ndlr). Sa vie privée a été compromise avant même l’inclusion officielle dans l’étude.

Sciences et Avenir : Pensez-vous que cette expérimentation doit être interdite, ou juste contrôlée?

Marike Broekman : Je pense qu’il est bien trop tôt pour effectuer cette expérience dans un proche avenir. Si le contrôle signifie que l’expérience n’aura pas lieu prochainement, alors je suis d’accord.

Sciences et Avenir : Est-ce important d’en parler ou mieux vaudrait-il les ignorer?

Marike Broekman : Il faut absolument en parler ! Les gens doivent voir en quoi c’est contraire à l’éthique et pourquoi c’est (actuellement) impossible, etc. Je pense que le débat permettra d’éduquer les gens!

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Rétrospective : 16 découvertes qui ont marqué la science en 2016


2016 a été une année productive pour la science dans différents domaines
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Rétrospective : 16 découvertes qui ont marqué la science en 2016

 

De la détection d’ondes gravitationnelles à la naissance d’un premier enfant conçu par deux mères et un père, l’année qui se termine a été riche en premières et en découvertes. Voici notre rétrospective scientifique de l’année 2016.


1.UNE NOUVELLE ÈRE GÉOLOGIQUE S’AMORCE POUR LA TERRE

Photo : NASA

La planète est entrée dans l’anthropocène, une nouvelle ère géologique marquée par l’impact des activités humaines sur l’écosystème terrestre, ont annoncé 35 géologues. L’accumulation de matériaux polluants dans l’environnement comme le plastique, l’érosion de la biodiversité et les changements climatiques provoqués par les gaz à effet de serre rejetés dans l’atmosphère marqueront l’avenir de la planète et deviendront la signature humaine.

Ce passage marque la fin de l’holocène, qui a duré plus de 10 000 ans, et qui avait commencé avec la fin de l’ère glaciaire.


2. DES ONDES GRAVITATIONNELLES ENFIN DÉTECTÉES

Photo : NASA

Des ondulations de l’espace-temps, appelées ondes gravitationnelles, ont été détectées directement pour la première fois par des astrophysiciens américains. La détection confirme une prédiction majeure de la théorie de la relativité générale énoncée par Albert Einstein en 1915 et promet de révolutionner l’étude de notre Univers.

Les scientifiques ont déterminé que les ondes détectées sont nées pendant la dernière fraction de seconde avant la fusion de deux trous noirs, des objets célestes encore mystérieux résultant de l’effondrement gravitationnel d’étoiles massives.

Cette détection est, par le fait même, la première observation de la « danse » finale de deux trous noirs qui finissent par fusionner.


3. UNE NEUVIÈME PLANÈTE DANS NOTRE SYSTÈME SOLAIRE

Photo : La Presse canadienne/R. Hurt

Dotée d’une masse d’environ 10 fois celle de la Terre, cette planète se trouverait sur une orbite 20 fois plus éloignée que celle de Neptune. Très lente, elle mettrait entre 10 000 et 20 000 ans pour boucler son tour autour du Soleil.

Ce sont des astronomes américains de l’Institut de technologie de Californie (Caltech) qui, à partir de calculs mathématiques et de simulations par ordinateur, ont établi la présence de la planète.

Jusqu’à présent, l’astre en question n’a pas été observé directement. Il pourrait être détecté par un télescope d’ici cinq ans. – http://bit.ly/2hawfOe


4.DES VACCINS CONTRE LE VIRUS ZIKA DÉJÀ EN PRÉPARATION

Photo : Reuters/Juan Carlos Ulate

La médecine répond plus rapidement que jamais à la menace présentée par un virus. Plusieurs vaccins contre le Zika sont actuellement en préparation sur la planète, dont l’un créé par Gary Kobinge et ses collègues du Centre de recherche en infectiologie de l’Université Laval.

Il a été le premier au monde à obtenir l’autorisation de la Food and Drug Administration des États-Unis et de Santé Canada pour son développement. M. Kobinger a d’ailleurs été nommé scientifique de l’année 2016 de Radio-Canada pour sa contribution à la mise au point d’un vaccin contre le virus Ebola.


5. L’EXOPLANÈTE LA PLUS PROCHE DE NOUS

Photo : ESO/M. Kornmesser

L’Observatoire européen austral a découvert Proxima B, l’exoplanète la plus proche de la Terre détectée à ce jour. Située à quatre années-lumière du système solaire, soit 40 000 milliards de kilomètres, cette planète rocheuse d’une dimension semblable à celle de la Terre gravite autour de l’étoile la plus proche en dehors du système solaire, Proxima du Centaure.

Elle se trouve dans une zone qui rend possible la présence d’eau liquide. Mais, il y a un petit problème : une sonde utilisant la technologie actuelle mettrait des milliers d’années pour y parvenir.


6. LA MACHINE DÉPASSE ENCORE L’HUMAIN

Photo : Google

Un ordinateur a battu un joueur professionnel au jeu de go, un exercice de stratégie d’origine chinoise. Aucune machine n’avait réussi l’exploit de battre un humain expérimenté à ce jeu, considéré comme l’un des plus complexes du monde.

Le programme qui a réussi l’exploit est AlphaGo, mis au point par DeepMind, une entreprise appartenant à Google. Il y a 20 ans, le programme Deep Blue d’IBM avait battu le champion d’échecs Garry Kasparov.


7. DEUX MÈRES, UN PÈRE ET UN COUFFIN

Bébé naissant dans les mains d'une femme

Un bébé Photo : iStock

Pour la première fois, un bébé est né d’un embryon constitué de l’ADN de deux femmes. La technique utilisée a permis d’éviter la transmission d’une maladie héréditaire de la mère à l’enfant.

Les médecins à l’origine de cette prouesse controversée ont implanté l’ADN du noyau de l’ovule de la mère dans l’ovule d’une donneuse, duquel le matériel génétique nucléaire avait été retiré, mais qui contenait de l’ADN mitochondrial normal.


8. LE SPECTRE DE LA LUMIÈRE DE L’ANTIMATIÈRE MESURÉ POUR LA PREMIÈRE FOIS

L'expérience ALPHA

L’expérience ALPHA   Photo : CERN/ALPHA

Le spectre optique d’atomes d’antihydrogène a été mesuré pour la première fois par des scientifiques de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire.

Les atomes ont été capturés dans un piège magnétique mis au point par les chercheurs de l’expérience ALPHA. Le résultat obtenu est en fait la première observation d’une raie spectrale dans un atome d’antihydrogène, ce qui permet de comparer pour la première fois le spectre de lumière de la matière et de l’antimatière.

Dans les limites de l’expérience, la conclusion est qu’il n’y a pas de différence par rapport à la raie spectrale équivalente de l’hydrogène.


9. LA THÉORIE DE L’ESPRIT N’EST PAS UNIQUE À L’HUMAIN

Photo : iStock

La capacité d’attribuer aux autres des capacités mentales invisibles comme des émotions, des désirs et des croyances n’est pas réservée aux humains. L’aptitude a été observée chez trois espèces de grands singes.

La primatologue américaine Frans de Waal, professeur à l’Université Emory, a montré que les chimpanzés, les bonobos et les orangs-outans parviennent à comprendre les fausses croyances d’autrui. Cette nouvelle connaissance laisse à penser que cette capacité était peut-être présente chez leur ancêtre commun, qui est aussi le nôtre.


10. VOLER PENDANT 10 MOIS

Photo : iStock

Le martinet noir (Apus apus) a battu le record de vol sans se poser de toutes les espèces d’oiseaux en restant dans les airs jusqu’à 10 mois, ont déterminé des ornithologues suédois.

Pour le constater, le Pr Anders Hedenström, biologiste à l’Université Lund, et ses collègues ont utilisé les données transmises par de petits récepteurs attachés à 13 martinets. Ils ont ainsi pu déterminer que ces oiseaux, qui mesurent de 16 cm à 17 cm de longueur, se posaient seulement pendant deux mois de l’année, au moment de la reproduction.

Pendant les 10 autres mois, ils sont en vol, se nourrissant et hibernant tout en migrant vers le sud du Sahara.


11. DE GRANDS YEUX SUR L’UNIVERS

Photo : Reuters

Le plus grand radiotélescope du monde est entré en service cette année dans le sud-ouest de la Chine. Le Five-hundred-meter Aperture Spherical Radio Telescope (FAST), qui présente une ouverture sphérique d’un diamètre de 500 mètres, couvrant une surface équivalente à 30 terrains de football, est installé dans une zone rurale de la province du Guizhou, entre trois collines karstiques. Les scientifiques l’utilisent pour sonder la présence d’hydrogène dans les galaxies lointaines, déceler la présence d’étoiles à neutrons et peut-être détecter une vie intelligente extraterrestre.


12. UN OS SYNTHÉTIQUE STIMULE LA RÉGÉNÉRESCENCE OSSEUSE

Un os synthétique

Un os synthétique   Photo : Adam E. Jakus

Des chercheurs américains ont mis au point une imprimante 3D qui fabrique des os synthétiques composés d’un biomatériau malléable et résistant stimulant la régénérescence osseuse. Cette percée permet d’espérer la création d’implants et de prothèses bon marché pour traiter un ensemble de blessures osseuses et dentaires, mais aussi pour la chirurgie plastique.

À la différence des autres greffes osseuses synthétiques existantes, ce nouveau matériau est à la fois élastique et très solide. Il peut aisément et rapidement être mis en place dans un bloc opératoire.


13. UNE TÊTE TRANSPLANTÉE

Photo : iStock/Jeff J Mitchell

Le neurochirurgien italien Sergio Canavero a annoncé avoir supervisé la greffe de la tête d’un singe sur le corps d’un autre singe. Cette opération a été réalisée avec la collaboration du Dr XiaoPing Ren Ren, de l’Université de Harbin, en Chine. Les expérimentateurs ont laissé vivre le singe greffé une vingtaine d’heures avant de le débrancher. À ce jour, ces expériences sur des souris ont été répétées des centaines de fois avec de bons résultats, explique le Dr Canavero.

Ce n’est pas la première fois qu’une greffe semblable est réalisée. En 1970, le neurochirurgien américain Robert White en avait effectué une, mais le primate, paralysé, n’avait survécu que quelques jours. Le Dr Canavero se dit prêt à passer aux choses sérieuses et à expérimenter la méthode sur des humains. Il a déjà un volontaire, Valery Spiridonov, un Russe qui souffre d’une maladie dégénérative.


14. UN SEUL EXODE AFRICAIN AURAIT PEUPLÉ LA PLANÈTE

Photo : iStock

Nos ancêtres ont-ils quitté leur berceau africain en une seule grande vague migratoire? C’est ce que tendent à montrer trois analyses génétiques publiées cette année.

L’homme moderne aurait ainsi quitté l’Afrique il y a de 60 000 à 80 000 ans pour coloniser le reste du globe. Ces résultats contredisent d’autres études qui laissaient entendre que l’Asie du Sud-Est et l’Australie auraient été peuplées lors d’une migration distincte.


15. UNE ENZYME AU RÔLE CRUCIAL POUR LE CONTRÔLE DU SUCRE ET DE L’OBÉSITÉ

Photo : iStock

Une équipe québécoise a découvert une enzyme qui pourrait contribuer à la lutte contre l’obésité et le diabète. Le glycérol-3-phosphate-phosphatase (G3PP), dont on ignorait l’existence dans les cellules des mammifères, a pour rôle d’éliminer les effets liés à un excès de sucre.

Les travaux des chercheurs, dirigés par Marc Prentki et Murthy Madiraju, du CRCHUM, ont démontré que cette enzyme régule l’utilisation du glucose et des lipides dans les organes.

À partir de cette découverte, les chercheurs veulent créer « de petites molécules capables d’activer l’enzyme G3PP ».

La réussite de l’expérience, qui devra être testée sur des animaux, ouvrira la porte à la création de nouveaux traitements pour les personnes qui souffrent de diabète ou d’obésité.


16. AU PLUS PRÈS DE JUPITER

Photo : NASA

Cinq ans après son lancement et un périple d’environ 3 milliards de kilomètres, la sonde Juno de la NASA s’est placée en orbite autour de Jupiter pour une mission qui vise à percer les mystères de la plus grande planète du système solaire.

Les images en haute définition prises par une caméra « JunoCam » révèlent des tempêtes et des systèmes météorologiques jamais observés auparavant. Des images en infrarouge des deux régions polaires ont également été transmises, lesquelles révèlent des zones de chaleur méconnues.

http://ici.radio-canada.ca/

Cerveau : quand la chirurgie éveillée se fait sous réalité virtuelle


La réalité virtuelle n’aurait pas juste du négatif. Il serait aussi un atout en chirurgie du cerveau, et même en psychiatrie
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Cerveau : quand la chirurgie éveillée se fait sous réalité virtuelle

Au CHU d'Angers, un patient s'est vu retirer sa tumeur alors qu'il était éveillé et plongé en immersion dans un univers de réalité virtuelle. ©2016 CERVO / Tous droits réservés

Au CHU d’Angers, un patient s’est vu retirer sa tumeur alors qu’il était éveillé et plongé en immersion dans un univers de réalité virtuelle. ©2016 CERVO / Tous droits réservés

Par Hugo Jalinière

L’équipe du Pr Philippe Menei, neurochirurgien au CHU d’Angers a réalisé une 1ère mondiale : retirer une tumeur cérébrale d’un patient éveillé et plongé dans un univers de réalité virtuelle à l’aide d’un casque Oculus.

CERVEAU. C’est une première mondiale qui a été réalisée au CHU d’Angers : un patient a subi une chirurgie du cerveau en étant éveillé et, surtout, plongé dans un univers de réalité virtuelle grâce à des lunettes Oculus. Une technique inédite mise au point par le Pr Philippe Menei, son équipe du service de neurochirurgie et l’école d’ingénieurs ESIA. Le but de l’opération était de retirer une tumeur en s’assurant de ne pas endommager de fonctions cérébrales. Si le fait d’opérer une tumeur cérébrale alors que le patient est conscient n’est pas nouveau, se servir de la réalité virtuelle pour élargir les fonctions testées lors de l’opération est une innovation qui ouvre un vaste champ de recherche.

La réalité virtuelle pour tester des fonctions cérébrales complexes

« Le principe de la chirurgie éveillée du cerveau consiste à utiliser une électrode pour stimuler certaines zones avant d’y toucher, explique le Pr Menei interrogé par Sciences et Avenir. Par exemple, quand vous stimulez une zone impliquée dans le langage et que vous faites parler le patient en même temps, vous provoquez des troubles du langage ; ce qui signifie que vous êtes à côté d’un réseau important qu’il va falloir préserver lors du geste opératoire », poursuit-il.

Précisons que le cerveau est insensible à la douleur car il ne possède pas lui-même les terminaisons nerveuses transmettant le signal de la douleur.

« Il est assez facile de faire passer des tests de base comme le langage ou la lecture en montrant un écran sur tablette. Mais dès qu’on veut s’attaquer à des fonctions un peu complexes comme l’exploration de l’espace ou la prise de décision dans une situation donnée, ça devient plus compliqué. C’est là que la réalité virtuelle devient très intéressante car elle permet de plonger le patient dans un univers contrôlé et modulable. Il est ainsi possible de concevoir de nombreux tests qui vont mobiliser des fonctions très différentes à surveiller. »

Comment le cerveau explore l’espace

Par exemple, le recours au casque de réalité virtuelle inclut un système d’eye-tracking qui permet non seulement de contrôler les images que voit le patient mais de suivre le mouvement de ses pupilles.

« On peut ainsi précisément savoir en lui présentant un univers particulier comment il va explorer cet espace », explique le neurochirurgien.

En l’occurrence, c’est le champ visuel qui a été testé sur le patient opéré au CHU d’Angers.

« Comme il avait déjà perdu l’usage d’un œil lors d’un accident, il fallait à tout prix préserver ce qui lui restait de champ visuel. »

 C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’immersion s’est faite en 2D et non en 3D comme cela a pu être relayé par ailleurs.

Outre les bénéfices que les patients pourront tirer de l’arrivée de cette technique de réalité virtuelle en neurochirurgie, cette première mondiale ouvre un vaste champ d’interrogations sur le cerveau.

« À force de pouvoir tout tester, il y a un risque qu’on ne puisse plus rien faire, explique Philippe Menei. Imaginons que la technique devienne ultra-performante et qu’on parvienne à tester toutes les fonctions du cerveau, on va se rendre compte que le mythe selon lequel on n’utilise que 10 % de notre cerveau n’est décidément qu’un mythe et qu’en fait, tout sert à quelque chose. »

La technique soulève un certain nombre de questions

Il poursuit :

« Le cerveau est un peu comme un ordinateur, il y a des programmes système qu’il ne faut surtout pas toucher, et puis il y a comme une mémoire vive qu’on peut un peu atteindre sans que les conséquences soient trop importantes. Nous serions ainsi amenés à choisir les fonctions à sauvegarder en fonction du patient, de son activité professionnelle ou à ses choix (pratique du calcul mental pour les mathématiciens, préservation du champ visuel pour le conducteur de bus, etc.). À ce stade, la technique soulèvera un certain nombre de questions éthiques. »

L’autre question qui se pose est de savoir si une situation présentée en réalité virtuelle est interprétée de la même façon par le cerveau qu’une réalité existante.

« C’est une question sur laquelle travaillent déjà plusieurs équipes de neurosciences. Et c’est vrai que les techniques de réalité virtuelle – comme toutes les innovations de rupture – apportent finalement plus de questions que de réponses. Cela dit, la réalité virtuelle s’est déjà montré efficace pour traiter les phobies par exemple. Ce qui laisse croire que ce décalage entre réalité et virtualité n’est pas forcément un problème. Mais c’est clairement un champ à explorer », conclut le Pr Menei.

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Un bébé survit par miracle à une décapitation interne lors d’un accident


C’est vraiment extraordinaire ce que les médecins ont pu faire pour cet enfant. Déjà, le mot décapitation laisse froid dans le dos, cet enfant pourra vivre tout à fait normalement dans quelques semaines
Bravo à toute l’équipe médicale
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Un bébé survit par miracle à une décapitation interne lors d’un accident

Le petit Jackson Taylor gardera durant huit semaines un corset cervico-thoracique, mais il devrait ensuite pourvoir reprendre une vie normale.

Le petit Jackson Taylor gardera durant huit semaines un corset cervico-thoracique, mais il devrait ensuite pourvoir reprendre une vie normale.

Photo: Capture d’écran 7 News Melbourne

AUSTRALIE – Les médias anglo-saxons saluent un « miracle » après l’opération réalisée avec succès sur un bébé australien de 16 mois, victime d’un grave accident de la route. Alors que son crâne s’était détaché de sa colonne vertébrale, les chirurgiens sont parvenus à le sauver.

De nombreux médias avaient rapporté il y a trois ans l’histoire d’une Américaine de 23 ans, Rachel Bailey, sauvée après avoir été victime d’une décapitation interne lors d’un grave accident de voiture. Un cas similaire agite aujourd’hui les médias anglo-saxons, à une différence (de taille) près : le miraculé est cette fois un bébé australien.

« Beaucoup d’enfants ne survivraient pas »

Jackson Taylor, 16 mois, aurait pu mourir ou garder des séquelles irrémédiables après que la voiture que conduisait sa mère, qui transportait également sa grande sœur de 9 ans, est entrée en collision frontale à plus de 110 km/h avec un autre véhicule, il y a un peu plus de deux semaines. Le neurochirurgien de l’hôpital de Brisbane qui l’a ensuite opéré, Geoff Askin, a déclaré à la chaîne 7 News Melbourne que les blessures du bébé étaient les pires qu’il ait jamais vues : la violence du choc avait occasionné une décapitation interne, c’est-à-dire que son crâne s’était détaché de sa colonne vertébrale. Par chance, les nerfs vitaux n’avaient pas été sectionnés ni irrémédiablement endommagés.

« Beaucoup d’enfants ne survivraient pas à de telles lésions, et ceux que l’on parviendrait à ranimer risqueraient de ne jamais pouvoir marcher ni respirer par eux-mêmes », a assuré Geoff Askin, présenté comme « le parrain de la chirurgie de la colonne vertébrale » en Australie.

Avec lui et son équipe, l’enfant semble en tout cas avoir été entre de très bonnes mains. Après une opération d’urgence de 6 heures, la tête du petit Jackson a été « rattachée » à ses vertèbres grâce à du fil et une partie de l’une de ses côtes. Aujourd’hui, l’enfant se remet peu à peu de l’intervention. Il portera pendant huit semaines un corset de maintien cervico-thoracique, de manière à favoriser la guérison des tissus et des nerfs reliant sa tête à sa colonne vertébrale.Sur les images de la télévision australienne, on voit Jackson, soutenu par son père, parvenir à taper dans un ballon tout en portant cette sorte de halo. Le petit ange devrait ensuite reprendre une vie tout à fait normale.

La belle histoire du jour : un bébé survit par miracle à une décapitation interne lors d'un accident

Capture d’écran 7 News Melbourne

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Greffer une tête humaine en 2016 : fiction ou réalité ?


Pourra-t-on un jour greffer un corps à une tête ? J’en doute, mais on ne sait jamais. Quoiqu’il en soit, présentement, même avec des millions de dollars, cela m’apparaît irréalisable à moins de jouer au savant fou et de créer un Frankenstein et encore cela ne serait pas facile à
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Greffer une tête humaine en 2016 : fiction ou réalité ?

 

SCIENCE – Un neurochirurgien, le Dr Sergio Canavero, a présenté son projet de greffe d’une tête à un corps humain à la communauté scientifique. Un projet prévu pour 2016… mais sur lequel ses homologues sont très sceptiques.

 

Le Dr Sergio Canavero a un projet fou. Il veut greffer une tête sur un corps. Ou plutôt un corps sur une tête. En effet, le greffon ne serait pas la tête mais un corps sain entier, prélevé sur un donneur en état de mort cérébrale et raccordé à la tête d’un receveur, dont le corps serait condamné par une maladie dégénérative incurable. Vous suivez ? En clair : offrir un corps tout neuf à un patient qui ne conserverait que sa tête.

Science-fiction dites-vous ? Cela devient tout de même très concret. En avril 2015, un candidat à la greffe s’est même manifesté. Valery Spiridonov, un russe de 30 ans atteint depuis l’enfance de la maladie de Werdnig-Hoffman, une maladie génétique incurable qui atrophie ses muscles.

Le secret du Dr Canavero : une lame extrêmement fine

C’est avec ce patient que, vendredi 12 juin 2015, le Dr Sergio Canavero a présenté son projet pendant deux heures à un parterre de confrères en ouverture de la conférence de la très sérieuse American Academy of Neurological and Orthopaedic Surgeons. Le médecin et le candidat à la greffe se rencontraient pour la première fois. Objectif : récolter des fonds. Offrir un nouveau corps à Valéry, ça coûte des sous.

Le neurochirurgien a longuement décrit comment il comptait ressouder la moelle épinière sectionnée, point crucial de l’opération. Il a dévoilé son secret : une lame extrêmement fine qui lui permettra de trancher les fibres nerveuses sans les abîmer. Il compte aussi utiliser un courant électrique pour accélérer leur rattachement.

« Dans toute la présentation (du Dr Canavero) sur la moelle épinière, je pense qu’il y a certaines conclusions qui montrent un espoir… mais quand il s’agit de greffer une tête, il me semble qu’on essaie de brûler beaucoup d’étapes », a estimé le Dr Marc Stevens, un chirurgien orthopédiste présent à la conférence.

De plus, le nerf pneumogastrique sera difficile à ré-attacher. Il contrôle entre autres la digestion, l’élocution et le rythme cardiaque, explique-t-il.

Jerry Silver, professeur de neurologie à l’Université Case Western, affirme quant à lui que la technique pour ressouder la moelle épinière décrite par le Dr Canavero n’a jamais été vraiment testée.

« Nous ne sommes même pas près de le faire », selon lui.

En mars 2013, déjà, le docteur Ibrahim Obeid, président de l’Institut de la colonne vertébrale et membre de la Clinique du dos, expliquait à metronews que ce projet est « complètement irréaliste ».

« Si quelqu’un savait faire ce qu’il prétend pouvoir faire nous l’aurions déjà démontré dans des expériences animales et ces recherches auraient été publiées dans des revues scientifiques sérieuses », ajoute Art Caplan, bioéthicien du Centre médical Langone à New York, selon qui ce chercheur donne de faux espoirs.

Et même si une telle greffe était possible, il faudrait utiliser tellement de médicaments pour empêcher un rejet de l’organe que le patient ne pourrait pas survivre bien longtemps. Ces traitements sont toxiques à hautes doses, explique le Dr Kaplan.

« J’aurais tendance à penser que tout cela est absurde, totalement non-scientifique, infaisable et ridicule », écrit-il encore soupçonnant un coup médiatique pour lever des fonds.

Le Dr Canavero a à peine survolé les autres problèmes majeurs comme le rétablissement rapide de la circulation sanguine dans le cerveau et les branchements du système nerveux parasympathique, une composante clé des fonctions automatiques de l’organisme.

« J’ai besoin de 100 millions de dollars »

A la fin de sa présentation, Sergio Canavero a pressé ses confrères américains de l’aider dans ce projet, reconnaissant ne pas vraiment savoir comment exécuter toute la greffe.

 « J’ai fait ma contribution avec la moelle épinière, la principale chose, et maintenant je vous demande votre aide ». Il a suggéré que « des milliardaires comme Bill Gates pourraient donner de l’argent pour ce projet ambitieux ».

 Le neurologue italien a dit précédemment qu’il avait besoin de 100 millions de dollars.

La première greffe de la tête semble avoir été faite en 1970 aux Etats-Unis par le Dr Robert White qui a attaché la tête d’un singe sur le corps d’un autre primate mais sans restaurer la fonction de la moelle épinière. L’animal est mort peu après. D’autres expériences ont été faites avec des chiens et des rats.

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