La paléogénétique sans os est née


La technologie en génétique ouvre une porte à la paléogénétique qui peut trouver de l’ADN mitochondrial dans des sédiments qui peuvent être datés des milliers d’années. Ils peuvent donc trouver la présence de mammifères, mais aussi de l’être humain comme l’homme de Néandertal et l’homme de Denisava. Et ce, sans aucun os à se mettre sous la dent
Nuage

 

La paléogénétique sans os est née

 

Ce crâne ancien atteste qu’un ours a vécu dans la grotte de la Caune de l’Arago, à Tautavel, dans les Pyrénées orientales. Les sédiments revèleront-ils que des humains ont aussi foulé cette grotte ?

L’analyse des fragments d’ADN mitochondrial présents dans les sédiments prélevés dans des grottes occupées par le passé a permis d’identifier de nombreux mammifères, dont des espèces humaines.

François Savatier

 

C’est une immense surprise : il est possible retrouver de l’ADN humain dans les sédiments des grottes occupées il y a des centaines de milliers d’années. C’est ce que vient de démontrer une équipe conduite par Svante Pääbo et Matthias Meyer, de l’Institut Max Planck d’anthropologie évolutionniste à Leipzig.

Ces chercheurs ont rassemblé 85 échantillons de sédiments prélevés dans des cavernes habitées par des néandertaliens ou des denisoviens, puis ils ont tenté d’en extraire de l’ADN mitochondrial.

Cet « ADNmt » provient, non pas du noyau de la cellule, mais des mitochondries, les petits organites qui lui apportent son énergie. Surprise, alors que un milligramme d’os ancien contient généralement entre 34 et 9000 fragments d’ADNmt, un milligramme de sédiment contient entre 30 et 4500 fragments d’ADNmt appartenant à des espèces de mammifère.

Bien entendu, l’ADN mitochondrial retrouvé dans les sédiments provient avant tout de bactéries et d’autres micro-organismes, mais les paléogénéticiens savent le trier. Pour cela, ils séquencent les millions de fragments extraits d’un échantillon afin de constituer des bibliothèques de séquences. Des algorithmes et des bases de génômes de référence permettent ensuite de calculer la probabilité qu’une séquence appartienne à telle ou telle espèce ou famille. Les chercheurs ont ainsi identifié entre 14 et 50 114 fragments ayant une probabilité notable d’appartenir à une espèce identifiée, puis vérifié que l’ensemble des fragments couvrent bien le génome de l’espèce en question, comme on peut s’y attendre en l’absence de contamination. Ils ont aussi vérifié que les bases C des extrémités de rubans d’ADN ont été remplacées par d’autres bases, ce qui est un marqueur sûr de l’ancienneté de l’ADN.

Au final, les chercheurs ont pu identifier des séquences d’ADN mitochondrial attribuables à 12 familles mammifères. Il s’agit sans surprise du mammouth et du rhinocéros à poils laineux, des hyènes des cavernes (disparues) et tachetées (qui vit encore en Afrique), de l’ours des cavernes (disparu),… mais aussi à des bovidés, suidés (sangliers), équidés et canidés (loups).

Et l’Homme ? Pour identifier de l’éventuel ADNmt humain, les chercheurs ont employé la technique de la capture par hybridation, qui consiste à fabriquer à partir d’un ADN de référence des « sondes » spécifiques d’une espèce susceptibles de se lier chimiquement à un fragment complémentaire issu de cette espèce. Les chercheurs ont ainsi identifié entre 10 et 165 séquences probablement humaines et manifestement anciennes.

Les premiers résultats suggèrent la présence probable d’ADNmt néandertalien dans les grottes d’El Sidrón (Espagne), de Trou Al’Wesse (Belgique), et de Denisova (Sibérie). Or la présence de néandertaliens dans ces sites est attestée par des os fossiles, mais mis au jour dans d’autres strates que celles où ont été prélevés les échantillons… Les chercheurs n’ont pas identifié d’ADNmt humain dans les sédiments très anciens, tels ceux prélevés sur les sites de Caune de Neuf échantillons extraits de la galerie est de la grotte de Denisova suggèrent aussi la présence probable de Denisoviens dès le Pléistocène moyen (- 781 000 à – 126 000 ans). l’Arago et Chagyrskaya (en Sibérie). Dans deux autres sites aux sédiments plus récents, celui de Cottès (Vienne) et celui de Vindija (Croatie), aucune trace d’ADN humain n’a été trouvée, mais le nombre d’échantillons examinés est trop faible pour exclure cette possibilité.

En résumé, une nouvelle méthode de recherche de traces de d’ADN ancien dans des strates géologiques dénuées de fossiles émerge. Sera-t-elle bientôt étendue aux sites de plein air ? Quoi qu’il en soit, il est écrit dans la Genèse :

Souviens-toi, homme, que tu es poussière, et que tu redeviendras poussière.

Oui, mais une poussière identifiable !

http://www.pourlascience.fr

Publicités

Les premiers «Américains» prennent un bon coup de vieux


Les traces d’outils indiquent que des hommes du genre Homo vivaient en Amérique 115 000 ans plus tôt que ce que nous pensions. Des indices notent 130 000 ans leur présence sur le continent.  L’histoire n’a jamais de fin et doit encore être révisée., Bref, l’Amérique ne serait pas le Nouveau Monde quand les premiers colons d’Europe sont venu s’installer
Nuage

 

Les premiers «Américains» prennent un bon coup de vieux

 

L'équipe de chercheurs affirme avoir réussi à dater... (PHOTO AFP)

L’équipe de chercheurs affirme avoir réussi à dater des ossements d’un mastodonte – un ancêtre de l’éléphant – portant les traces d’une intervention humaine.

PHOTO AFP

LAURENCE COUSTAL
Agence France-Presse
Paris

Des scientifiques ont daté mercredi de 130 000 ans la présence humaine sur le continent américain, «vieillissant» de plus de 100 000 ans les premiers «Américains» et invitant à repenser l’histoire du peuplement du Nouveau monde.

Les traces trouvées en Californie «indiquent qu’une espèce d’hominidés vivait en Amérique du Nord 115 000 ans plus tôt que ce que nous pensions», explique Judy Gradwohl la présidente du Natural History Museum de San Diego, établissement ayant piloté une étude publiée mercredi dans la revue Nature.

L’équipe de chercheurs affirme avoir réussi à dater des outils de pierre et des ossements d’un mastodonte, un ancêtre de l’éléphant aujourd’hui disparu, portant selon eux les traces d’une intervention humaine.

«Des os et plusieurs dents prouvent clairement que des humains les ont volontairement cassés en faisant preuve d’habilité et d’expérience», explique Steve Holen, coauteur de l’étude, dans un communiqué du Natural History Museum.

Anthropologues et archéologues sont divisés sur les origines du peuplement du continent américain. Quand les premiers humains sont-ils arrivés? Par où et de quelle façon? Les opinions divergent et les théories sont régulièrement remises en cause.

Jusqu’à maintenant, la thèse dominante était que les premiers hommes – des Homo sapiens – à avoir foulé le sol du Nouveau monde étaient arrivés d’Asie il y a environ 14 500 ans.

Des scientifiques avancent que la colonisation a pu se faire par l’intérieur des terres en empruntant un corridor de 1500 km de long, qui reliait la Sibérie orientale au continent nord-américain et en partie noyé aujourd’hui sous le détroit de Béring. Mais d’autres suggèrent que les premiers hommes sont arrivés en longeant le Pacifique depuis l’Alaska, à pied ou par la mer.

Mais ces hommes arrivés d’Asie ne seraient donc peut-être pas les premiers «Américains», selon cette nouvelle étude.

Des archéologues fouillent le site Cerutti Mastodon, sur... (AFP) - image 2.0

Des archéologues fouillent le site Cerutti Mastodon, sur le bord de la Route 54, à San Diego.

AFP

Probablement éteints 

Pour ses auteurs, une espèce du genre Homo non identifiée serait à l’origine des traces de présence humaine retrouvées sur le site archéologique de la région de San Diego, le Cerutti Mastodon, fouillé au début des années 1990.

Jusqu’à aujourd’hui restées muettes, ces reliques ont pu livrer leur secret grâce à la méthode de datation par l’uranium-thorium qui permet de remonter à des périodes très anciennes.

«Les technologies de datation ont progressé et nous permettent maintenant de dire avec plus de certitude que les premiers humains étaient là nettement plus tôt que ce qui était communément admis», affirme dans un communiqué Thomas Demere, paléontologue du Natural History Museum et coauteur de l’étude.

Le fait que des humains primitifs aient dégusté un mastodonte en Californie 115 000 ans avant ce que l’on pensait être la date de l’entrée du premier homme sur le continent soulève bien des questions: qui étaient-ils? Depuis quand étaient-ils là? Comment sont-ils arrivés?

Ces hommes ayant laissé ces traces ne sont probablement pas des Homo Sapiens, l’homme moderne, puisque ce dernier n’est supposé avoir quitté l’Afrique qu’il y a environ 100 000 ans. Pour les chercheurs, il s’agit plutôt d’un de ses cousins disparus, Homo erectus, Néandertaliens ou même des Denisoviens.

Les scientifiques n’ayant pas relevé de traces d’ADN sur le site, la famille à laquelle appartiennent ces hominidés, probablement éteints selon les chercheurs, reste un mystère.

«Les populations fondatrices des Américains pourraient être très diversifiées», estime, dans un commentaire accompagnant l’étude, Erella Hovers, de l’Université hébraïque de Jérusalem.

 Dans un document accompagnant l’étude, remarque-t-elle, les auteurs soutiennent que malgré l’élévation du niveau de la mer, il n’est pas impossible que les populations humaines de l’époque aient pu gagner l’Amérique sur une embarcation.

http://www.lapresse.ca/

Un crâne de 400.000 ans pour élucider les origines de Neandertal


Un crâne humain découvert au Portugal vient d’être daté de plus de 400 000 ans. Il serait probablement du type Néandertal et déjà, il maniait des outils et se nourrissait d’animaux. Cette découverte pourrait permettre de mieux comprendre les origines néandertaliennes
Nuage

 

Un crâne de 400.000 ans pour élucider les origines de Neandertal

 

Illustration © afp.

La mise au jour au Portugal d’un crâne d’hominidé fossilisé datant de 400.000 ans pourrait aider à élucider l’évolution des ancêtres des humains en Europe dont surtout l’origine des Néandertaliens.

Il s’agit du plus ancien crâne fossilisé d’hominidé trouvé dans la péninsule Ibérique.

Ce « qui marque une contribution importante à la compréhension de l’évolution humaine pendant la période dite du Pléistocène moyen en Europe et notamment sur l’origine des Néandertaliens », estiment les membres d’une équipe internationale de chercheurs. Leur découverte est publiée lundi dans les Comptes rendus de l’académie américaine des sciences (PNAS).

Avant cela, l’histoire de l’évolution des ancêtres des humains en Europe pendant cette période était très controversée en raison de la rareté et de la datation incertaine des fossiles qui allait de 200.000 à plus de 400.000 ans, relèvent ces scientifiques.

L’âge de ce crâne a pu être établi plus précisément grâce à la datation des sédiments et stalagmites dans lesquels il était piégé.

« Ce nouveau fossile est très intéressant car cette région d’Europe est cruciale pour comprendre les origines et l’évolution de l’homme de Neandertal », explique Rolf Quam, professeur adjoint d’anthropologie à l’université Binghamton (New York) et l’un des co-auteurs de cette découverte.

« Le crâne, trouvé en 2014 sur le site d’Aroeira, partage en effet des traits anatomiques avec d’autres fossiles de la même période découverts dans le nord de l’Espagne, dans le sud de la France et en Italie », précise-t-il.

De ce fait, ce crâne « accroît la diversité anatomique de la collection de fossiles d’hominidés de cette période en Europe, suggérant que des populations montraient différentes combinaisons de caractéristiques morphologiques », ajoute l’anthropologue.

Ce crâne ainsi que deux dents montrant des signes d’usure indiquent qu’il s’agissait d’un individu adulte. Ni son sexe, ni son espèce n’ont pu être déterminés.

Il montre des traits morphologiques typiques de ce qui paraît être un ancêtre de l’homme de Neandertal, dont notamment un épaississement osseux prononcé au niveau des sourcils, précisent les chercheurs.

Ce fossile est aussi l’un des plus anciens sur le continent européen à être directement lié à des outils de la culture acheuléenne qui a commencé à s’étendre en Europe il y a 500.000. Celle-ci avait d’abord émergé en Afrique et s’était ensuite propagée sur le continent européen en passant par le Proche-Orient.

Ces outils plus sophistiqués ne sont plus seulement taillés avec une autre pierre mais aussi avec un percuteur tendre comme le bois qui permet une taille plus fine.

Le crâne d’Aroeira a été trouvé à proximité d’un grand nombre de ces outils de pierre dont des bifaces, de petites haches. Les paléontologues ont aussi découvert 209 restes d’animaux, comme des cervidés.

Piégé dans un bloc de pierre, le crâne a été transporté dans le laboratoire du Centre de recherche sur l’évolution et les comportements humains à l’Institut de paléoanthropologie de Madrid, en Espagne, pour les délicates opérations d’extraction qui ont duré deux ans.

« J’étudie ces sites depuis trente ans et nous avons pu récupérer des données archéologiques importantes mais la découverte d’un crâne de la lignée humaine aussi ancien et d’une aussi grande importance est toujours un moment fort », a pointé l’archéologue portugais Joao Zilhao.

Ce nouveau fossile sera au centre d’une exposition sur l’évolution humaine en octobre prochain au Musée National d’Archéologie de Lisbonne au Portugal

http://www.7sur7.be/

Étude de l’Université de Montréal : L’homme de Néanderthal plus intelligent qu’on ne le pensait


Et pourquoi pas !!! L’homme du Néanderthal devait composer avec son environnement et comme dans tout homme, il a pu composer avec les moyens qu’il avait sous la main
Nuage

 

Étude de l’Université de Montréal

L’homme de Néanderthal plus intelligent qu’on ne le pensait

 

 L'homme de Néanderthal  plus intelligent qu'on ne le pensait

Crédit photo : Archives Reuters

L’homme de Néanderthal aurait été plus intelligent qu’on ne le pensait, ce qui réduit l’écart entre lui et l’Homo sapiens, notre ancêtre, selon une recherche menée par l’Université de Montréal.

Des chercheurs de l’institution montréalaise ont découvert en juin dernier un outil en os datant de l’époque néanderthalienne sur un site archéologique français, dans la grotte du Bison en Bourgogne.

Présentant un excellent état de conservation, cet outil à usages multiples a été fabriqué avec le fémur gauche d’un renne adulte.

L’outil servait à dépecer les animaux, à fracturer leurs os pour en extraire la moelle, à affuter des outils en pierre taillée et était aussi utilisé comme racloir.

C’est la première fois qu’un outil en os à usages multiples datant de cette période est découvert. Cela vient prouver que les Néanderthaliens étaient en mesure de comprendre les propriétés mécaniques de l’os et savaient les exploiter pour fabriquer des outils, des capacités que les chercheurs réservent habituellement réservées à notre espèce, l’Homo sapiens.

«On a longtemps pensé qu’avant l’Homo sapiens, les espèces n’avaient pas les capacités cognitives nécessaires pour la production de ce type outil», a indiqué Luc Doyon, chercheur au Département d’anthropologie de l’Université de Montréal, qui a participé aux fouilles archéologiques.

«Cette découverte réduit l’écart pressenti entre les deux espèces et nous empêche donc d’affirmer la supériorité technique de l’une sur l’autre», a-t-il ajouté.

http://tvanouvelles.ca/

Les bons "vieux os" de nos ancêtres


Le corps humain à évoluer au cours des millénaires, mais peut-être pas pour le mieux. Notre corps manquent cruellement d’exercice que le squelette en souffre
Nuage

 

Les bons « vieux os » de nos ancêtres

 

 

L'abandon des activités de chasse et de cueillette explique, en grande partie, la fragilisation de notre squelette L’abandon des activités de chasse et de cueillette explique, en grande partie, la fragilisation de notre squelette © HORVAIS / SIPA

Par Anne Jeanblanc

En quelques milliers d’années, la densité des os des membres inférieurs a diminué de 20 %, essentiellement en raison de la sédentarisation progressive des populations.

L’homme moderne se fragilise ! Selon une étude publiée lundi dans les Comptes rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS), les humains ont perdu 20 % de densité osseuse dans leurs membres inférieurs depuis l’avènement de l’agriculture, qui a permis aux populations de se sédentariser. En d’autres termes : notre squelette souffre de ne plus assez travailler.

Chasseurs-cueilleurs

Pendant des millions d’années, les hommes ont dû se déplacer en permanence pour trouver leur nourriture. Les « chasseurs-cueilleurs » qui vivaient encore il y a 7 000 ans avaient les os et les articulations des membres inférieurs aussi solides que ceux de l’homme de Neandertal, un cousin disparu il y a 28 000 ans, ou même des chimpanzés, un lointain parent, selon des chercheurs américains. En comparaison, les « agriculteurs » qui habitaient dans les mêmes régions depuis 6 000 ans ont des os nettement moins denses et plus fragiles.

« Il s’agit de la première étude sur le squelette humain à révéler une importante diminution de densité osseuse chez les hommes modernes », souligne Brian Richmond, conservateur de la division d’anthropologie du Musée national d’histoire naturelle à Washington et professeur à l’université George Washington, un des coauteurs de ces travaux.

En pratique, ces scientifiques ont utilisé des scanners pour mesurer la densité osseuse de la partie spongieuse des os chez 59 humains modernes, 229 primates, comme des chimpanzés, ainsi que sur des ossements fossilisés d’hominidés, dont Australopithecus africanus (-3,3 à -2,1millions d’années), Paranthropus robustus (- 1,2 million d’années) et des Néandertaliens (- 250 000 à – 28 000 ans).

Résultat : seuls les humains modernes récents ont une faible densité des os spongieux et elle est particulièrement prononcée dans les articulations des hanches, des genoux et des chevilles.

Carences

« Ce changement anatomique tardif dans notre évolution paraît bien avoir résulté de la transition d’une vie nomade à un mode de subsistance plus sédentaire », concluent ces chercheurs.

Et voilà, une fois encore, une preuve des méfaits de l’absence d’activité physique. Les chercheurs veulent aller plus loin et analyser les différents types de mouvements du corps qui ont permis à nos ancêtres de parvenir à une telle solidité osseuse. Ils comptent, notamment, étudier le squelette des coureurs de marathon de l’extrême de l’Himalaya au désert de Namibie.

Reste que d’autres facteurs pourraient contribuer à expliquer les différences de densité osseuse entre les premiers agriculteurs et les chasseurs-cueilleurs.

Pour Timothy Ryan, professeur adjoint d’anthropologie à l’université de Pennsylvanie, autre coauteur de cette découverte, « la quantité de céréales cultivées dans le régime alimentaire des agriculteurs ainsi que de possibles carences de calcium pourraient avoir contribué à réduire la masse osseuse ». Mais il ajoute que « l’abandon des activités de chasse et de cueillette a joué une plus grande part ». CQFD.

http://www.lepoint.fr/

Le plus ancien ADN d’Homo sapiens


D’où venons-nous, c’est une question qui depuis des siècles a obsédé plusieurs scientifiques. À quand la rencontre de l’homme moderne aux Homo sapiens et Néandertalien ? Un laboratoire en Allemagne est capable de découvrir l’ADN même s’il est détérioré dans un os qui date de plusieurs millénaires
Nuage

 

Le plus ancien ADN d’Homo sapiens

 

Un crâne d’Homo sapiens conservé au Musée national d’histoire naturelle à Washington, aux États-Unis Photo :  AFP/Mandel Ngan

C’est une nouvelle pièce du casse-tête de la diversité génétique de l’espèce humaine : une équipe internationale a séquencé le génome d’un homme moderne qui vivait il y a 45 000 ans en Sibérie, le plus vieux génome d’Homo sapiens décodé à ce jour.

Menée par le paléogénéticien Svante Pääbo, pionnier de l’ADN ancien, cette étude permet de préciser la période où les Néandertaliens et les hommes modernes dont nous sommes la descendance se sont croisés.

Cette recherche, publiée dans la revue britannique Nature, fournit également de nouvelles informations sur l’histoire des débuts de l’homme moderne hors d’Afrique. Notre espèce est apparue en Afrique il y a environ 200 000 ans.

Le nom de Svante Pääbo a été cité ces deux dernières années parmi les possibles nobélisables, pour ses travaux sur l’ADN de l’homme de Néandertal.

Le paléogénéticien suédois, directeur du département d’anthropologie génétique de l’Institut Max Planck de Leipzig en Allemagne, a montré qu’une petite partie du génome de l’homme d’aujourd’hui provient des Néandertaliens, nos plus proches cousins apparus il y a environ 400 000 ans et qui se sont éteints il y a 30 000 ans.

Cette nouvelle recherche a été menée sur la partie médiane « relativement complète » d’un fémur gauche ayant appartenu à un individu de sexe masculin.

L’os a été découvert par hasard, en 2008, sur les rives de la rivière Irtych, près d’Ust’-Ishim, en Sibérie occidentale. La datation par le carbone 14 lui attribue 45 000 ans.

Au passage, les analyses ont permis d’apprendre qu’une part importante de son apport nutritionnel en protéines pouvait provenir d’aliments aquatiques, probablement des poissons d’eau douce.

Le séquençage du génome de l’individu d’Ust’-Ishim montre qu’il appartenait à une population proche des ancêtres des hommes d’aujourd’hui, non Africains.

Il comporte un pourcentage de gènes provenant de l’homme de Néandertal légèrement supérieur aux hommes d’aujourd’hui : environ 2,3% (contre 1,7% à 2,1% pour les populations actuelles d’Asie de l’est et 1,6% à 1,8% pour les Européens).

Mais son génome contient des segments d’ADN néandertaliens en moyenne trois fois plus longs que les génomes d’humains contemporains. Cela tendrait à montrer que la rencontre entre Néandertaliens et Homo sapiens remonterait seulement entre 232 et 430 générations avant l’existence de l’individu d’Ust’-Ishim.

Jusqu’ici, les scientifiques considéraient que le transfert génétique entre les hommes de Néandertal et l’homme moderne avait dû se produire entre 37 000 et 86 000 ans, probablement quand les premiers Homo sapiens ont quitté l’Afrique et rencontré les hommes de Néandertal au Proche-Orient, avant de se répandre en Eurasie.

Les nouvelles données génétiques fournies par l’individu d’Ust’-Ishim permettent de resserrer la fourchette, puisqu’elles montrent que le croisement s’était déjà produit il y a 45 000 ans.

D’après la longueur des segments d’ADN néandertaliens présents chez cet individu, il serait survenu entre 7000 et 13 000 ans avant sa naissance.

« Nous estimons que le croisement entre les ancêtres de l’individu d’Ust’-Ishim et les Néandertaliens s’est produit approximativement il y a entre 50 000 et 60 000 ans », ont indiqué les chercheurs. Cela correspond à peu près à la période majeure de l’expansion de l’homme moderne hors d’Afrique et du Proche-Orient.

Le laboratoire de Svante Pääbo, à l’Institut Max Planck de Leipzig, est réputé pour l’étude des ADN anciens, même fortement détériorés.

Le génome de l’homme moderne d’Ust’-Ishim est loin d’être le génome le plus ancien à être déchiffré. Il y a près d’un an, c’est le génome d’un être humain vieux de 400 000 ans, l’homme de Sima, qui a livré ses secrets, à partir d’un os découvert dans une grotte espagnole.

http://ici.radio-canada.ca

Un cousin des Néandertaliens mis à nu grâce à son ADN


Imaginez décortiqué l’ADN d’une phalange d’une fillette qui a existé il y a environ 80 000  ans .. et être en mesure de supposé les descendants de son peuple avec l’homo sapiens et l’homme moderne …
Nuage

 

Un cousin des Néandertaliens mis à nu grâce à son ADN

 

La double hélice de l'ADN

Photo :  IS/Andrey Prokhorov

Des chercheurs sont parvenus à décoder le génome d’un hominidé primitif, l’Homme de Denisova, pour ensuite le comparer avec celui de ses proches cousins, le Néandertalien et l’humain moderne. Au préalable, ils avaient réussi à prélever un échantillon d’ADN microscopique sur un os vieux d’environ 80 000 ans.

La tâche des scientifiques n’était pas simple étant donné que les restes fossiles de l’Homme de Denisova, qui vivait il y a entre 1 million et 400 000 ans, sont extrêmement rares. Ils se réduisent en fait à des fragments d’une phalange d’auriculaire, ayant appartenu à une fillette d’environ 7 ans, qui ont été découverts en 2010 à proximité d’une dent dans une grotte du sud de la Sibérie.

L’équipe dirigée par Svante Pääbo, de l’Institut Max Planck de Leipzig, en Allemagne, a donc dû inventer une technique pour démêler la double hélice de l’ADN afin d’en analyser séparément chacun des brins. Au final, le séquençage était tellement précis qu’il a pu être comparé avec celui de 11 hommes modernes (Homo sapiens) habitant différentes parties du monde ainsi qu’avec celui du Néandertalien.

« Pour la majorité du génome, nous avons même pu déterminer les différences entre les deux jeux de chromosomes dont la fillette dénisovienne a hérité de son père, d’une part, et de sa mère, d’autre part », souligne Matthias Meyer, un des auteurs de l’analyse publiée jeudi dans la revue américaine Science.

« Ces recherches aideront à comprendre comment les populations humaines modernes ont pu augmenter considérablement leur taille et leur complexité culturelle, tandis que les humains archaïques ont fini par décliner puis s’éteindre. » — Svante Pääbo, de l’Institut Max Planck de Leipzig

Partant de là, les scientifiques ont pu déterminer que la diversité génétique des Dénisoviens était beaucoup plus faible que celle qui prévaut actuellement chez les humains. Cet écart est probablement dû au fait que leur population initiale était restreinte et qu’elle a rapidement augmenté au fur et à mesure qu’elle s’étendait sur une vaste zone géographique, de la Sibérie au Pacifique Sud.

« Si les recherches à venir sur le génome du Néandertal montrent que leur population a évolué de manière similaire, il est fort possible qu’une seule et même population d’hommes primitifs ayant quitté l’Afrique ait donné naissance à la fois aux Dénisoviens et aux Néandertaliens », explique Svante Pääbo, qui est un des pionniers de l’exploration de l’ADN ancien.

Les chercheurs ont également pu dater la divergence entre les populations de Dénisoviens et d’hommes modernes entre 170 000 et 700 000 ans. Quant à la phalange retrouvée en Sibérie, ils l’estiment qu’elle remonte de 74 000 à 82 000 ans.

Espèce éteinte pour des raisons mystérieuses, les Dénisoviens étaient notamment porteurs de matériel génétique aujourd’hui associé avec une peau sombre, des cheveux bruns et des yeux marron.

Leurs calculs démontrent que les Dénisoviens ont contribué au génome des populations mélanésiennes, des aborigènes australiens et des actuels habitants des autres îles d’Asie du Sud-est. La comparaison ADN suggère notamment que 6 % du génome des Papous de Nouvelle-Guinée provient de ces lointains ancêtres, vraisemblablement par le biais de croisements entre des Dénisoviens et des Homo sapiens. On en retrouve aussi des traces chez tous les Eurasiens, mais aucune chez les Africains.

L’analyse a en outre permis d’identifier quelque 100 000 changements survenus dans le génome humain après la séparation avec les Dénisoviens. Certaines de ces modifications affectent les gènes associés aux fonctions cérébrales et au développement du système nerveux, souligne l’étude.

http://www.radio-canada.ca