Israël: mort de l’homme le plus vieux du monde à l’âge de 113 ans


Le plus vieil homme au monde est mort ce vendredi. Sa particularité : né en Pologne, il a été un survivant de l’holocauste, mit dans un camp de concentration à Auschwitz. Il a par la suite immigré en Israël jusqu’à la fin de ses jours
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Israël: mort de l’homme le plus vieux du monde à l’âge de 113 ans

 

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C’est aussi un survivant de l’Holocauste

Le survivant de l’Holocauste Yisrael Kristal, identifié par le Guinness des records comme l’homme le plus vieux du monde, est mort vendredi à l’âge de 113 ans, ont rapporté des médias israéliens.

Ce juif observant avait vu le jour le 15 septembre 1903 à Zarnow, en Pologne actuelle alors sous domination russe, trois mois avant que les frères Wright n’effectuent le premier vol au monde avec un avion motorisé.

Sa famille n’était pas joignable vendredi en fin de journée, en raison du shabbat.

« Yisrael Kristal (…) est mort vendredi, un mois avant son 114e anniversaire », a indiqué le quotidien israélien Haaretz dans son édition en ligne.

Selon le site d’informations israélien Ynet, M. Kristal laisse deux enfants, neuf petits-enfants et 32 arrières petits-enfants.

Le Guinness des records l’avait identifié comme l’homme le plus vieux du monde en mars 2016.

M. Kristal avait survécu à la Première Guerre mondiale et vécu à Lodz, en Pologne nouvellement indépendante, jusqu’à l’invasion nazie en 1939. Il avait été déplacé avec sa famille dans le ghetto de la ville. Quatre ans plus tard, il était envoyé au camp de concentration d’Auschwitz.

– Survivant d’Auschwitz –

Il a perdu sa femme et leurs deux enfants dans l’Holocauste, mais lui avait survécu. Il ne pesait plus que 37 kilos, selon le Guinness, quand les Alliés ont libéré les camps.

Seul rescapé de sa famille, M. Kristal avait émigré pour Haïfa, dans le nord d’Israël, avec sa seconde femme et leur fils en 1950. Il y a tenu une entreprise de confiserie prospère jusqu’à sa retraite.

En septembre 2016, il avait célébré sa Bar Mitzvah, dont il avait été privé un siècle plus tôt. Cette cérémonie solennelle et joyeuse est l’une des plus importantes de la vie d’un juif. Célébrée à 13 ans pour les garçons, elle marque le passage des adolescents à la majorité religieuse. C’est l’âge où ils assument de nouveaux devoirs.

Des clichés vieux de 125 ans

Nombre de juifs n’ont pas fait leur Bar Mitzvah à cause des tumultes de l’histoire. Yisrael Kristal n’avait pas pu célébrer la sienne en 1916, en pleine Première guerre mondiale, car sa mère était décédée trois ans plus tôt et son père était soldat dans l’armée russe.

« Mon père est religieux et prie tous les matins depuis 100 ans mais il n’a jamais effectué sa Bar Mitzvah », avait expliqué à l’AFP sa fille Shula Kuperstoch, quelques semaines avant la cérémonie.

Selon le Gerontology Research Group (GRG), la doyenne de l’humanité est une Jamaïcaine, Violet Brown, née le 10 mars 1900.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Le Saviez-Vous ► Quasiment ignoré de tous, c’est le plus grand naufrage du XXe siècle


Le naufrage du Titanic est le plus célèbre, mais il n’est pas celui qui a eu plus de victimes au XXème siècle. C’est le Wilhelm Gustloff (paquebot honoré par Adolf Hitler après sa mort) qui détient le triste de record de civils morts lors d’une attaque d’un sous-marin russe. En fait, ces civils étaient en fuite pour se rendre sur un terrain libre de toute occupation
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Quasiment ignoré de tous, c’est le plus grand naufrage du XXe siècle

 

A l’origine, Wilhelm Gustloff figurait parmi les premiers dirigeants du parti nazi. Son zèle antisémite lui valut la reconnaissance d’Adolf Hitler. Lorsqu’il fut assassiné en 1936, le Führer donna son nom à un nouveau paquebot, fierté de l’Allemagne nazie. © (Twitter).

Il y a exactement 72 ans, le paquebot allemand « Wihlelm Gustloff », coulé dans la mer Baltique par un sous-marin russe, provoquait la mort de plus de 9.000 personnes. Assez méconnu, « le naufrage du siècle » a pourtant fait six fois plus de victimes que le Titanic.

Le 4 avril 1912, le Titanic sombra, emportant avec lui 1.517 passagers. C’est le plus célèbre naufrage de tous les temps, auquel James Cameron consacra d’ailleurs un film à l’eau de rose. Parmi les naufrages les plus célèbres, on recense aussi celui de « La Provence » (3.100 morts en 1916), du paquebot anglais « Le Lusitania » (1.200 morts en 1915) ou du « Lancastria » (6.000 morts en 1940) au large de Saint-Nazaire.

Pourtant, la plus grande catastrophe maritime du XXe siècle reste quasiment ignorée de tous. Il s’agit du naufrage d’un paquebot allemand, le « Wilhelm Gustloff », coulé en 1945 dans la mer Baltique par un sous-marin russe, et qui aurait coûté la vie à plus de 9.000 personnes, essentiellement des civils, soit six fois plus de victimes que le Titanic.

La reconnaissance du Führer

A l’origine, Wilhelm Gustloff figurait parmi les premiers dirigeants du parti nazi. Son zèle antisémite lui valut la reconnaissance d’Adolf Hitler. Lorsqu’il fut assassiné en 1936, le Führer donna son nom à un nouveau paquebot, fierté de l’Allemagne nazie.

Le « Wilhelm Gustloff » fut lancé à Hambourg le 5 mai 1937. Il s’agissait d’un vaisseau de croisière de grandes dimensions: 208 mètres sur 24, conçu pour transporter un total de 1.865 personnes. Il n’avait pas de classe de luxe contrairement aux autres bateaux de l’époque. Il effectua quelques croisières avant d’être transformé en navire-hôpital et en caserne flottante pendant la guerre.

Seuls 996 rescapés

En 1945, des milliers de civils quittèrent l’Allemagne orientale, fuyant l’avancée des troupes soviétiques. 10.000 d’entre eux s’entassèrent à bord du « Wilhelm Gustloff« , lequel leva l’ancre du port de Gotenhafen le 30 janvier 1945. Il devait atteindre Hambourg, encore libre de toute occupation, mais il fut coulé dans la mer Baltique par un sous-marin soviétique dont les torpilles avaient été baptisées « Pour la mère-patrie », « Pour Staline », « Pour le peuple soviétique » et « Pour Leningrad « .

Seuls 996 passagers furent rescapés. La carcasse du navire repose toujours à quelques milles du port polonais de Gdynia.

http://www.7sur7.be/

Une base secrète construite par les Nazis découverte dans l’Arctique


 

Il n’y a pas juste les Américains qui ont décidé du Grand Nord pour établir une base secrète, les Allemands aussi sous le règne de Hitler
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Une base secrète construite par les Nazis découverte dans l’Arctique

 

Désirée par Adolf Hitler après l’invasion de la Russie par l’armée du Troisième Reich en 1942, cette base secrète servait à entreposer des munitions, ainsi que des outils météorologiques et stratégiques. (photo d’illustration) © afp.

Christophe Da Silva

Une mystérieuse base construite par les Nazis durant la Seconde Guerre mondiale a refait surface sur l’île d’Alexandra Land à 1.000 kilomètres du Pôle Nord.

Une mystérieuse base abandonnée, connue sous le nom de « Schatzgraber » ou encore « Treasure Hunter », a refait surface sur l’île d’Alexandra Land à 1.000 kilomètres du Pôle Nord. Elle vient d’être découverte par des scientifiques russes, indique The Independent.

Désirée par Adolf Hitler après l’invasion de la Russie par l’armée du Troisième Reich en 1942, cette base secrète servait à entreposer des munitions, ainsi que des outils météorologiques et stratégiques.

Le personnel touché par une épidémie

Après avoir été touché par une épidémie attribuée à la consommation de viande d’ours polaire, le personnel en poste a été forcé de quitter le site au cours des années 40.

Les scientifiques russes ont mis la main sur 500 objets, dont des restes appartenant à des bunkers, des bidons d’essence abandonnés et même de la documentation papier en partie conservée.

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Suède: une femme noire contre plus de 300 néonazis


C’est quand que les gens vont évoluer dans leur esprit et comprendre que le racisme est désuet et illogique. On devrait tous passé un test génétique pour savoir qui sont nos plus lointains ancêtres, nous serions peut-être surpris. En tout cas, bravo pour le courage de cette femme
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Suède: une femme noire contre plus de 300 néonazis

 

Tess Asplund s'est dressée seule au milieu de... (PHOTO DAVID LAGELOF, TT NEWS AGENCY)

 

Tess Asplund s’est dressée seule au milieu de la rue, défiant quelque 330 néonazis qui défilaient à Börlande, le 3 mai.

PHOTO DAVID LAGELOF, TT NEWS AGENCY

«Une femme seule s’est dressée devant l’organisation nazie la plus violente de Suède».

C’est ainsi que  David Lagelof, le photographe ayant immortalisé la scène, l’a décrite sur sa page Facebook. Tess Asplund, une femme noire, seule au milieu de la rue, le poing levé, alors qu’un cortège de plus de 300 néonazis défile à Börlange, petite ville du centre de la Suède, le 3 mai.

Le cliché est rapidement devenu viral sur les réseaux sociaux, la Suédoise de 42 ans étant saluée comme un symbole de la résistance pacifiste face au racisme.

«Je n’ai pas peur d’eux», a confié la dame aux médias locaux.

Après son geste de bravoure, Mme Asplund a été rapidement écartée de la rue par les policiers, alors que les quelque 330 militants de l’organisation fasciste Nordiska motståndsrörelsen – le Mouvement de résistance nordique – poursuivaient leur marche.

Le poing levé est un geste utilisé à la fois pour exprimer la révolte, la solidarité et la force. Un symbole que se sont approprié pacifistes, communistes et anarchistes, mais également les nationalistes noirs, notamment aux États-Unis et en Afrique du Sud.

– D’après le Daily Mail et L’OBS

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Le Saviez-Vous ► Le «salut nazi» est né dans les écoles américaines


Le salut nazi est en fait le salut de Bellamy instauré par les Américains en guise d’allégeance au drapeau. Alors avec Hitler, ce salut est très mal vu, on l’a vu d’ailleurs dans certains rassemblements avec Donald Trump qui avec ce geste donne un message pouvant avoir de lourdes conséquences
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Le «salut nazi» est né dans les écoles américaines

 

Des écoliers américains faisant le salut de Bellamy, le 12 septembre 1915. | New-York tribune via Wikimedia Commons License by

Des écoliers américains faisant le salut de Bellamy, le 12 septembre 1915. | New-York tribune via Wikimedia Commons License by

Histoire d’un salut

D’après Atlas Obscura, le nazisme n’est pas à l’origine de ce salut. Hitler avait lui-même reconnu qu’il n’était pas le premier à l’avoir institué, bien qu’il ait tenté delui trouver des origines germaniques.

Avant lui, cette manifestation d’allégeance avait été utilisée par les mouvements fascistes d’Italie et d’Espagne. Les extrémistes italiens cultivaient le mythe selon lequel ce salut prenait ses racines dans la Rome antique. L’auteur Martin M. Winkler avait expliqué dans son livre, The Roman Salute: Cinema, History and Ideology, comment les partis fascistes s’étaient inspirés d’un geste que la société avait fini par associer à l’Empire romain, symbole d’un État tout-puissant, prospère et représentant un âge d’or. Une figuration de l’histoire, qui n’en reste pas moins erronée.

Cette erreur a été induite pour une grande partie par l’art. Winkler s’appuie sur le tableauLe Serment des Horaces, peint en 1784, représentant, sous l’ère romaine, trois frères jurant, bras droit levé vers leur père, qu’ils protégeront Rome. Il explique qu’à partir du XXe siècle, ce mythe a été très largement diffusé, et a conduit à son adoption par la pensée commune. Des représentations théâtrales ont ainsi mis ce «salut romain» en scène, et on retrouve même ce fameux geste dans le film Ben-Hur, sorti en salles en 1959. Pis encore, ce mythe si largement répandu serait derrière l’adoption du salut olympique, qui fut abandonné après l’émergence du nazisme.

«Salut de Bellamy»

Le «salut romain» n’a donc jamais réellement existé. Et l’origine du geste n’est pas à trouver en Rome antique, mais bien plus tard, outre-Atlantique. Comme l’expliquait CNNen 2013, ce salut est apparu dans les écoles américaines, lorsque le pasteur baptisteFrancis Bellamy, a écrit le Serment d’allégeance au drapeau des États-Unis, que devaient réciter les écoliers le 12 octobre 1892 pour fêter le 400e anniversaire de la découverte des Amériques par l’explorateur Christophe Colomb. Afin d’inspirer le patriotisme dès le plus jeune âge, 25.000 drapeaux sont distribués dans les salles de classe, devant lesquels les élèves, bras levé en leur direction, déclarent:

« Je jure allégeance à mon drapeau et à la République qu’il représente: une nation indivisible, avec la liberté et la justice pour tous.»

De là est né le «salut de Bellamy».

C’est lors de l’émergence du nazisme, que le président américain Franklin Roosevelt, craignant une exploitation des photos du «salut de Bellamy» par les fascistes dans un but de propagande, a décidé, en 1942, de remplacer le «salut de Bellamy» par la main droite sur le cœur durant le serment d’allégeance.

Comme quoi, le plagiat, c’est mal.

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Le Saviez-Vous ► Ce que racontent les «rouleaux d’Auschwitz»


Le génocide juif est certainement l’un des plus connu du 20 ème siècle avec la terreur exercée par Adolf Hitler durant plusieurs années, mais ce n’est pas ce génocide qui a fait plus de victimes … Cependant, c’est probablement le plus détaillé et souligné d’année en année.
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Ce que racontent les «rouleaux d’Auschwitz»

 

Auschwitz-Birkenau State Memorial Museum.

Auschwitz-Birkenau State Memorial Museum.

Nicholas Chare et Dominic Williams

Certains membres des Sonderkommandos, les unités spéciales d’Auschwitz chargées de brûler les cadavres, ont réussi à laisser un témoignage des atrocités que les nazis leur faisaient commettre.

Ce que l’on appelle les «Rouleaux d’Auschwitz» sont plusieurs documents de différentes natures, réalisés par des membres du Sonderkommando, ou unité spéciale, un groupe de prisonniers principalement juifs obligés de travailler dans les crématoriums d’Auschwitz-Birkenau. (Les Rouleaux ont inspiré le film Le fils de Saul, Grand Prix du dernier Festival de Cannes et qui vient d’être nominé pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.)

Ces écrits furent enfouis dans le sol des crématoires en 1944. Entre 1945 et 1980, huit cachettes de documents de cinq auteurs identifiés ont été découvertes, la plupart du temps par hasard; peu de ceux qui en connaissaient l’existence avaient survécu. Comme le montre notre ouvrage publié récemment, Matters of Testimony: Interpreting the Scrolls of Auschwitz, les documents enterrés à Auschwitz permettent de voir sous un angle nouveau et primordial le Sonderkommando et les témoignages de la Shoah.

Les récits des survivants du Sonderkommando d’Auschwitz sont principalement des réactions d’horreur et d’incompréhension face à leur abjecte situation. Les gardes étaient souvent décrits comme des brutes avinées, qui avaient trahi leurs coreligionnaires juifs en échange d’un sursis de quelques mois. Les auteurs les plus compréhensifs les présentaient quand même comme des hommes traumatisés et dépourvus d’émotions, et les survivants de l’unité spéciale eux-mêmes racontèrent souvent qu’ils n’avaient été capables de supporter leur sort qu’en abandonnant toute vie intérieure. Les Rouleaux d’Auschwitz nous offrent la possibilité d’entendre les vraies voix de membres des Sonderkommandos, depuis ce qu’ils décrivaient eux-mêmes comme le cœur de l’enfer. Loin des automates qu’en a fait la légende, on peut ici les voir comme des humains, qui pensent et qui ressentent.

Il est communément admis aujourd’hui que la Shoah est impossible à représenter. Les tentatives de représentation sont toujours accusées d’être des trahisons des expériences des victimes. Les Rouleaux nous montrent que certaines de ces victimes, pendant qu’elles le vivaient, ont fait tout leur possible pour faire savoir ce dont elles étaient les témoins.

Ces extraits donnent une idée de l’éventail d’écrits que produisit le Sonderkommando.

Auschwitz-Birkenau State Memorial Museum

Emplacement du Crématorium III, à l’arrière du camp de Birkenau. Presque tous les manuscrits qui ont été découverts étaient enfouis ici. Ceux dont on sait précisément où ils ont été retrouvés étaient tous à gauche des ruines, sur la photo. Les SS ont fait sauter les bâtiments des crématoires avant l’évacuation du camp, en janvier 1945.

Auschwitz-Birkenau State Memorial Museum

Liste en polonais écrite au crayon. Cette liste rend compte du nombre de gens tués dans les crématoires pendant le mois d’octobre 1944. La liste fait état de la date, du nombre de personnes tuées, s’il s’agissait d’hommes («m.»), de femmes («kob.») ou d’enfants («dzieci»); du lieu d’où ils venaient et du crématorium dans lequel ils étaient tués. Le Sonderkommando appliquait un système de numérotation différent de celui qui est utilisé aujourd’hui par le musée d’Auschwitz: «Kr. 1» est aujourd’hui appelé Crématorium II, et ainsi de suite. Le Crématorium IV (Kr. 3 dans le système de la liste) n’est pas mentionné car il avait brûlé pendant la révolte du 7 octobre 1944. Les 460 membres du Sonderkommando fusillés après la révolte sont mentionnés sur le côté droit de la page.

Auschwitz-Birkenau State Memorial Museum

Détail d’une page extraite de La Déportation, texte écrit en yiddish par Leyb Langfus, le dayan (juge religieux) de Maków Mazowiecki, une petite ville au nord de Varsovie. Ce texte, qui remplit presque tout un cahier, raconte l’histoire de la déportation des Juifs du ghetto de Maków jusqu’à Auschwitz en décembre 1942. La plupart d’entre eux furent gazés à leur arrivée, mais Langfus fut désigné pour participer au Sonderkommando. Il a certainement écrit l’intégralité de ce récit après, à Birkenau. Langfus décrit de façon implacable la peur et les souffrances endurées, notamment la mort de sa femme et de son fils. Il prend également le temps d’organiser son récit en chapitres. Cet acte simple indique qu’il avait réfléchi à la manière d’organiser ces événements accablants et de les communiquer à un futur lectorat. L’encre de l’autre côté de la feuille a bavé au contact de l’eau et traversé le papier, mais la page est à peu près lisible. En haut de la page, il dit qu’il se sent écrasé de désespoir d’être incapable de protéger son fils. On distingue le titre du chapitre 4 («Fourbe supercherie») au milieu de l’image; il y explique comment les Allemands ont trompé les Juifs de Maków en leur faisant croire qu’ils allaient dans un camp de travail.

Auschwitz-Birkenau State Memorial Museum

Page du manuscrit de Zalman Lewental, rédigée en yiddish. Originaire de la ville de Ciechanów, au nord-ouest de Varsovie, Lewental fut déporté à Auschwitz fin 1942 et affecté au Sonderkommando en janvier 1943. On lui doit la description la plus détaillée du Sonderkommando, notamment le projet de révolte du groupe et sa réalisation, très loin de ce qui avait été prévu. Le manuscrit a été très abîmé par l’eau et les pages ont été séparées et mélangées lors d’une tentative de les sauvegarder. On ne possède aucune trace de leur ordre d’origine. Notre livre propose une reconstitution de cet ordre en se basant sur un fait simple mais négligé (et parfois difficile à voir): Lewental avait numéroté ses pages. Cet ordre montre qu’il n’a pas rédigé son récit de manière chronologique mais plutôt qu’après avoir fini d’écrire sur la révolte, il s’est mis à consigner d’autres histoires racontant comment les gens étaient arrivés à Auschwitz. Cette page (la plus ancienne, chronologiquement) parle d’événements qui se sont déroulés en 1939. En haut, on peut lire une bribe de ce qui semble être un titre. Le numéro de la page, 93, est visible dans le coin en haut à gauche. Cela laisse à penser que l’acte de résistance du Sonderkommando fut ce qui poussa Lewental à écrire, et qu’une fois cela fait, il continua à rédiger d’autres histoires, comme pour continuer à résister.

Auschwitz-Birkenau State Memorial Museum

La deuxième page du manuscrit de Marcel Nadjary, écrit en grec. Il s’agit du dernier des manuscrits des Sonderkommandos à avoir été découvert en 1980; parmi les autres pages, certaines ne comportent que des bribes de phrases déchiffrables, et d’autres sont complètement illisibles. Nadjary, Juif grec de Salonique, prit part à la résistance contre l’occupation allemande avant d’être capturé et déporté à Auschwitz où il arriva en avril 1944. Son récit est très différent des manuscrits mentionnés plus haut. Il s’agit d’une lettre à des destinataires qu’il nomme, laissés derrière lui en Grèce. Il montre un patriotisme farouche, illustré par des majuscules lorsqu’apparaît le mot «Grèce.»Contrairement à Langfus et à Lewental, des Juifs polonais dont l’univers entier avait été détruit, Nadjary a de l’espoir pour l’avenir de la Grèce, faute d’en avoir pour sa propre survie. Il fut l’un des rares survivants du Sonderkommando mais il mourut avant que sa lettre ne soit découverte. Même le peu de ce qui est déchiffrable dans son texte nous permet de vraiment appréhender la variété des origines des membres du Sonderkommando, qui était composé de Juifs de nombreuses nationalités différentes.

Nicholas Chare et Dominic Williams

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L’incroyable histoire de jumeaux élevés dans des familles juive et nazie


L’environnement d’une personne peut jouer beaucoup sur les convictions d’une personne même chez les jumeaux élevés séparément. Ceux-ci par contre, ne peuvent nier ce qu’ils sont avec leurs qualités et leurs défauts tellement que les similitudes sont grandes
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L’incroyable histoire de jumeaux élevés dans des familles juive et nazie

 

Les deux frères dans un documentaire | Capture d'écran Youtube

Les deux frères dans un documentaire | Capture d’écran Youtube

Repéré par Lorenzo Calligarot

Séparés à 6 mois, Jack Yufe et Oskar Stohr ont grandi dans un environnement avec des convictions diamétralement opposées. Dix-huit ans après son frère, le premier vient de décéder.

Ils s’appellaient Jack Yufe et Oskar Stohr. Et ces deux jumeaux ont eu un parcours de vie absolument incroyable qui a fasciné de nombreux chercheurs, comme le rapporte le Washington Post. Nés d’un père juif et d’une mère catholique en 1933 à Port-d’Espagne, la capitale de Trinité-et-Tobago, ils sont séparés à l’âge de 6 mois. Jack, qui vient tout juste de décéder à l’âge de 82 ans, grandit à Trinidad, où il est né, puis au Venezuela avec une tante survivante du camp de Dachau. Oskar, qui mourra d’un cancer en 1997, s’envole lui pour l’Allemagne avec sa mère. Le pays est alors plongé dans le nazisme et la famille s’accommode des valeurs véhiculées alors, le petit Jack allant même jusqu’à s’engager dans les jeunesses hitlériennes.

Après un séjour en Israël, Jack, devenu officier de la marine israélienne, décide alors de rendre visite à son frère allemand en 1954. Le rendez-vous est pris dans une gare allemande. À 21 ans, les deux jeunes hommes se retrouvent et partagent: les mêmes vêtements, la même façon de parler, de marcher, le même genre de blagues et les mêmes goûts culinaires. Élevés dans des familles avec des convictions complétement différentes, ils servent à des scientifiques à étuider la gémellité, comme l’explique Nancy Segal, professeur de psychologie à l’université de Fullerton:

«Ils sont un excellent exemple de la façon dont des jumeaux, élevés dans des environnements très différents, peuvent finir par se ressembler néanmoins.»

«Une relation amour-haine»

Il n’aime pourtant pas se ressembler autant et ressentent de la méfiance l’un envers l’autre. Ils se séparent froidement et ne se reverront que vingt-cinq ans plus tard. Ils entretiendront alors une vraie relation, mêlée de complicité et d’incompatibilité, notamment sur le conflit israélo-palestinien. La femme de Jack racontera plus tard à l’Associated Press:

«Ils avaient une relation incroyable, ce que j’appellerais une relation amour-haine. Ils ont été fascinés par l’un par l’autre, fascinés par leurs similitudes, intrigués que les pires traits qu’ils ont vus en eux-mêmes soient reflétés dans l’autre. Ils étaient colériques, irascibles et impatients, mais leurs familles les aimaient.»

Lorsqu’Oskar décède en 1997, Jack décide de ne pas se rendre à son enterrement«de peur de déranger sa famille en raison de leur similarité physique»,explique le Washington Post.

Lundi 9 novembre, c’est Jack donc qui meurt, rapporte le Los Angeles Times.

 

Leur histoire à fait, l’objet de plusieurs documentaires et reste un des meilleurs exemples pour illustrer les ressemblances entre jumeaux.

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