Transformer la forêt boréale en pharmacie


Le Québec a d’immenses forêts de toutes sortes d’essences. Des chercheurs guidés par la médecine traditionnelle amérindienne, et même par les abeilles pour les espèces qui auraient du potentiel pour soigner certaines maladies telles que le cancer avec le bouleau blanc, le Staphylocoque doré  avec le peuplier baumier et autres.
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Transformer la forêt boréale en pharmacie

 

Depuis 15 ans, des scientifiques de l'UQAC cherchent dans... (Photo Ivanoh Demers, Archives La Presse)

Depuis 15 ans, des scientifiques de l’UQAC cherchent dans la forêt boréale des molécules capables de nous soigner ou d’améliorer notre santé.

PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE

 

PHILIPPE MERCURE
La Presse

(SAGUENAY) Biologie, sciences sociales, mathématiques, éducation, génie : le congrès de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS) bat son plein à Saguenay, réunissant plus de 3000 chercheurs d’une trentaine de pays. Toute la semaine, 

La Presse couvrira cette grand-messe de la science en français.

Depuis 15 ans, des scientifiques de l’UQAC cherchent dans la forêt boréale des molécules capables de nous soigner ou d’améliorer notre santé.

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Médicaments anticancer, antibiotiques, produits naturels, cosmétiques : depuis 15 ans, des chercheurs de l’Université du Québec à Chicoutimi fouillent la forêt boréale à la recherche de molécules thérapeutiques. Et ils ont déjà trouvé des pistes prometteuses autant dans l’écorce de bouleau que dans les bourgeons de peuplier.

La forêt boréale est l’un des plus vastes écosystèmes forestiers de la planète. Et à Saguenay, les chimistes et biologistes du laboratoire LASEVE veulent la transformer en pharmacie. Depuis 15 ans, ils y cherchent des molécules capables de nous soigner ou d’améliorer notre santé.

« On veut valoriser la biomasse forestière, mais autrement qu’en coupant du bois et en faisant des 2 x 4 », explique Jean Legault, codirecteur du laboratoire LASEVE et professeur de sciences fondamentales à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), qui rappelle que la moitié des agents thérapeutiques utilisés aujourd’hui proviennent encore de sources naturelles.

Molécule anticancer extraite de l’écorce du bouleau blanc, antibiotique découvert dans les bourgeons du peuplier baumier, médicament potentiel contre l’herpès tiré d’une petite plante à feuilles : le professeur Legault présentera aujourd’hui (7 mai ndlr) certaines des découvertes du groupe dans le cadre du congrès de l’ACFAS.

La plupart de ces substances sont encore loin d’avoir franchi la batterie de tests nécessaires avant d’être autorisées comme médicaments. Mais elles ont montré des propriétés prometteuses en laboratoire et sur les animaux.

La forêt boréale compte 3000 espèces. Comment deviner laquelle peut soigner quelle maladie ?

« On utilise beaucoup la médecine traditionnelle amérindienne, répond Jean Legault. Ce n’est pas direct. Il n’est pas écrit : telle plante est un antibiotique pour traiter telle chose. Il faut savoir lire entre les lignes, et ça ne marche pas toujours. Mais ça nous donne des indices. »

Une fois qu’une substance montre des propriétés intéressantes, les chimistes se mettent à l’oeuvre pour en extraire le ou les ingrédients actifs. Dans certains cas, ils modifient ensuite chimiquement les molécules pour les rendre encore plus efficaces. Ils testent les composés sur des cellules malades et des animaux, et tentent d’élucider leurs mécanismes d’action.

DES ARBRES PRIS D’ASSAUT

L’engouement pour les molécules naturelles peut être fort. Le paclitaxel, un médicament anticancer bien connu notamment utilisé contre les cancers du poumon, de l’ovaire et du sein, a d’abord été isolé dans un conifère de la côte Ouest appelé if du Pacifique. Dans les années 90, des chercheurs de l’UQAC ont identifié la molécule dans l’if du Canada, qui pousse chez nous. Au cours des dernières années, des vols d’ifs sur les terres publiques et les forêts privées ont été rapportés à la Sûreté du Québec.

« Il y a même des gens qui se faisaient passer pour des chercheurs de notre laboratoire et qui allaient chercher l’if pour le revendre. » – Le professeur Jean Legault

En plus des médicaments, la vingtaine de chercheurs et étudiants du laboratoire LASEVE cherchent des produits naturels et des cosmétiques dans la forêt boréale. Jean Legault est le premier à convenir que les prétentions de ces industries n’ont pas toujours été appuyées scientifiquement par le passé.

« Il s’est fait n’importe quoi. Et pour changer les choses, ça prend des scientifiques qui vont vérifier la qualité de ces produits et vont s’assurer qu’ils sont bien dosés », plaide-t-il.

Pour Jean Legault, l’exploration du potentiel des espèces de la forêt boréale commence à peine.

« Le terrain de jeu est infini, dit-il. De mon côté, je vais passer ma carrière là-dedans, c’est certain. »

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TROIS VÉGÉTAUX QUI POURRAIENT NOUS SOIGNER

Le bouleau blanc

Le bouleau blanc

Photo tirée de Wikimedia Commons

Le bétulinol, tiré de l’écorce de bouleau blanc, a des propriétés anticancer. Le hic, c’est qu’il n’est pas soluble dans l’eau et qu’il est donc difficile d’en faire un médicament injectable. Pour contourner le problème, les scientifiques du laboratoire LASEVE lui ont ajouté des groupements qui lui donnent la solubilité voulue. Les chercheurs ont découvert que la substance provoque la mort programmée des cellules cancéreuses en attaquant leurs centrales énergétiques, les mitochondries. Pour une raison qui reste à éclaircir, elle épargne les cellules saines. Il reste toutefois beaucoup de travail à faire avant de penser pouvoir l’utiliser un jour chez les humains.

Le peuplier baumier

Les chercheurs de l’UQAC ont tiré un antibiotique des bourgeons du peuplier baumier capable de s’attaquer au fameux Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM), cette bactérie qui a développé une résistance à plusieurs antibiotiques et qui cause des problèmes dans les hôpitaux. Ici, ce n’est pas le savoir amérindien qui a guidé les scientifiques, mais bien les abeilles, qui utilisent ces bourgeons pour fabriquer un vernis aseptisant appelé propolis. Les chercheurs ont identifié les mécanismes d’action des molécules impliquées et protégé leur découverte par un brevet.

Le cornus canadensis

Cette petite plante à feuilles qui produit des fruits orangés pourrait peut-être un jour traiter l’herpès. Ici, les chercheurs de l’UQAC sont assez avancés pour lancer prochainement, avec des partenaires, une étude chez l’humain. Les scientifiques ont découvert que les extraits de feuilles agissent de trois façons : ils attaquent directement le virus, ils empêchent son absorption par les cellules du corps et ils bloquent sa réplication. Encore une fois, il faudra d’autres travaux et plusieurs années avant de conclure qu’il est réellement efficace chez l’humain.

http://www.lapresse.ca/

Supermarché: 10 secrets pour un panier plus sain


Aller faire l’épicerie est facile, mais faire des bons choix avec toute cette quantité de produits annonçant qu’ils sont meilleurs que d’autres. Sans pour autant rendre l’épicerie plus difficile ou plus long, quelques trucs peuvent quand même être utiles
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10 conseils pour apprendre à faire les bons choix dans les rayons du supermarché!

1. Recherchez les produits qui ont peu d’ingrédients

Lorsque vous trouvez, à l’épicerie, un aliment manufacturé dont la liste d’ingrédients est interminable, remettez-le sur la tablette et cherchez une composition plus simple.  Il s’agit ici des ingrédients qui entrent dans la composition d’un produit et non de sa valeur nutritionnelle dont nous reparlerons plus loin. La cruelle vérité est que plusieurs ingrédients ne sont autre chose que divers types de sucre et d’additifs chimiques qui ne sont pas utilisés pour vous, mais à l’avantage des sociétés qui fabriquent ces aliments. Ils améliorent l’apparence, le goût et la durée de conservation, des caractéristiques qui concernent la mise en marché et l’expédition et pas du tout votre santé. La plupart des additifs ne sont pas considérés nocifs, même si les effets de certains sur la santé sont remis en question, mais ils n’ont pas autant de saveur ou de valeur nutritionnelle qu’on le prétend. En fait, ils ont pour principal objectif de masquer le manque d’éléments naturels. Marion Nestle, professeur de nutrition à l’Université de New York, affirme que les listes d’ingrédients les plus courtes sont toujours les meilleures.

2. « Sans cholestérol » ? Réfléchissez bien!

Le cholestérol est un type de gras que l’on trouve uniquement dans les produits animaux: viande, poisson, lait, œufs et beurre.

Alors, pourquoi l’emballage des produits faits à partir de plantes comporte-t-il en grosses lettres la mention « sans cholestérol »? Parce que les entreprises alimentaires savent que la majorité d’entre nous a probablement oublié ou même n’a jamais appris que les plantes n’en contiennent pas. Parmi les produits délinquants, on retrouve les céréales, le pain, les biscuits, la sauce à salade et tout particulièrement l’huile et la margarine. Comme les huiles sont faites de matières grasses, les fabricants croient que les consommateurs seront rassurés de savoir qu’il n’y a pas de cholestérol dans l’huile de maïs. La prochaine fois que vous verrez cette mention, dites-vous bien que, comme il s’agit d’un produit végétal, il ne contient pas de cholestérol.

3. Que signifie exactement la certification biologique?

L’utilisation du terme « biologique » sur l’emballage des produits alimentaires suscite beaucoup de confusion, tout comme ce qui concerne les diverses mentions. Pour les levures, la certification biologique s’obtient au moyen d’un processus signifiant que le producteur se conforme de façon stricte à un ensemble de règles et de procédures.

Pour que les fruits et les légumes puissent être étiquetés « biologiques », conformément aux règles du Département américain de l’agriculture qui sont pratiquement les mêmes au Canada, ils doivent avoir été cultivés sans utilisation des produits suivants : semences génétiquement modifiées,  engrais provenant de boues chimiques ou de lisier, pesticides ou herbicides chimiques et traitement par irradiation. Les fermiers doivent conserver un registre et le présenter sur demande aux inspecteurs accrédités. Les catégories de certification sont les suivantes : « 100 pour cent biologique », « biologique » (de 95 à 99%) et « contient des ingrédients biologiques » (de 74 à 94%). Pour les produits dont le pourcentage est moindre, on peut mentionner les produits biologiques utilisés dans la liste des ingrédients.

Pour la viande, la certification biologique signifie que les animaux sont nourris uniquement de moulée certifiée biologique, excluant tout sous-produit d’origine animale. Les animaux ne peuvent avoir reçu d’hormones ou d’antibiotiques. Ils doivent avoir accès à l’extérieur et être traités avec humanité. Toutes les fermes biologiques doivent tenir un registre et sont inspectées par du personnel accrédité. Il n’y a actuellement pas suffisamment de produits biologiques pour satisfaire à la demande, mais la production augmente de façon constante. Plusieurs grandes surfaces offrent maintenant  des viandes biologiques et au moins une chaîne, Whole Foods Market, vend surtout ce type de produits. Les marchés publics, les boutiques d’aliments naturels et les fermes sont toutes de bonnes sources d’Approvisionnement en produits biologiques.

4. Méfiez-vous de l’étiquette « produit naturel »

Les étiquettes alimentaires « naturel » et « biologique » semblent interchangeables, n’est-ce-pas? Du moins, c’est exactement ce que les sociétés agroalimentaires veulent que vous croyiez. Mais voici les faits : l’utilisation du label « naturel » sur les emballages est plus galvaudée que celle du terme « biologique ».

Il n’y a aucune exigence pour les produits qui se disent « naturels », mais par contre, tout ce qui est mentionné sur l’emballage doit être véridique. Par exemple, si une viande est étiquetée « naturelle » parce que les animaux n’ont pas consommé d’hormones ou d’antibiotiques, l’emballage doit le mentionner et cela doit être véridique. Les fermiers ou les fabricants de produits alimentaires n’ont pas à se soumettre à des inspections pour utiliser le label. On doit donc se fier à leur parole.

5. Tenez compte de la taille des portions

Les indications de valeur nutritionnelle sont conçues de façon à vous faire croire que vous consommez moins de calories que la réalité.

C’est pourquoi on y présente la teneur en substance nutritive sur la base d’une seule portion.  Vérifiez donc la taille d’une portion et le nombre de portions par contenant. Ainsi, une tablette de chocolat que bien des gens mangent au complet en une seule fois peut représenter deux portions. Si vous avez lu « 100 calories par portion » sur l’emballage, vous devez ajuster votre perception et réaliser que vous avez consommé 200 calories puisque le produit équivaut à deux portions.

6. Servez-vous d’une calculette pour comparer les produits

Une calculette est le meilleur outil pour décoder l’information que l’industrie de l’agroalimentaire ne veut pas vous donner, soit la valeur nutritive réelle des aliments que vous achetez. Par exemple, vous cherchez à comparer la valeur nutritive de deux céréales différentes pour le déjeuner, les Cheerios multi-grains de General Mill et les céréales entières Mini-Wheats de Kellogg à givrage original. La portion de base de Cheerios est d’une tasse, celle de Kellogg est de 24 morceaux. Vous n’allez tout de même pas ouvrir la boîte pour vérifier le nombre de morceaux que contient une tasse; aussi, la meilleure façon de comparer les produits est d’utiliser le poids indiqué en grammes sur les deux emballages. Une portion de Mini-Wheats équivaut à 59 grammes contre 29 g pour les Cheerios, soit près du double. Vous devrez donc couper de moitié la valeur des nutriments indiquée sur l’emballage des Mini-Wheats. Gramme pour gramme, les valeurs sont sensiblement les mêmes pour les calories, les fibres, les glucides, les protéines et les matières grasses.  Même les quantités de sucre sont presque les mêmes, même si les Cheerios se disent « légèrement sucrées »  et les Mini-Wheats ont un givrage. Une surprise pour les  nombreuses personnes qui surveillent leur alimentation.

7. Intéressez-vous à l’information complète

 

Les spécialistes du marketing savent que les consommateurs conscients de la valeur nutritionnelle s’intéressent aux céréales entières.

Ne croyez pas que c’est ce que vous obtiendrez avec un « pain de blé ».

Ce que vous voulez réellement est un pain de « blé entier » ou « à grain entier ».

 

8. Ne confondez pas les arguments publicitaires et les faits concernant les céréales

Si vous cherchez des céréales nutritives et non celles qui prétendent l’être, oubliez les slogans publicitaires en grosses lettres et lisez directement les labels.

Cherchez des produits qui ont une courte liste d’ingrédients, où les grains entiers sont en tête de liste et où il n’y a pas de sucre. Vous pourrez en ajouter vous-même au besoin. Examinez la valeur nutritive par portion et recherchez des céréales à haute teneur en fibres. Les céréales très sucrées que l’on donne régulièrement aux jeunes enfants développent leur goût pour le sucre à un jeune âge et leur donnent des habitudes dont ils auront du mal à se débarrasser.  Marion Nastle, professeur de nutrition, affirme qu’actuellement, les céréales sont tellement sucrées qu’elles pourraient être classées dans la catégorie des biscuits, pauvres en gras, bien sûr!

9. Ne vous laissez pas submerger par les aliments trop liquides

L’eau est l’ingrédient magique des aliments précuits et elle vient au premier rang sur la liste des ingrédients : un indice qu’elle sera suivie d’une longue liste d’aditifs pour ajouter de la saveur et de la texture à l’eau. Dans le cas d’une soupe, aucune surprise à voir l’eau en tête de liste des ingrédients, puisqu’il en faut beaucoup pour faire une soupe. Mais c’est plus surprenant dans le cas des pâtes, comme les SpaghettiOs. De nombreuses sauces à salade contiennent plus d’eau que tous les autres ingrédients et comme l’eau ne se mélange pas avec l’huile, il faut de nombreux additifs pour assurer l’homogénéité de l’ensemble. L’eau ne coûte pas cher et l’industrie apprécie.

10. Vérifiez les niveaux de glutamate de sodium

Vérifiez la liste des ingrédients sur les emballages des aliments précuits, par exemple, les soupes. Lisez patiemment parce que vous retrouverez cet ingrédient en bas d’une longue liste, même si vous avez vu en gros caractères au début, que cet aliment ne contient pas de glutamate de sodium. Cet ingrédient est parfois mentionné sous son nom propre, mais souvent sous d’autres noms comme  protéine de soja hydrolisée, levure autolysée et casinéate de sodium. Le glutamate de sodium est une version synthétique de l’umami, une substance bien connue au Japon, qui se retrouve naturellement dans certains aliments comme le fromage Parmesan, la sauce de soja et les champignons. Le glutamate de sodium (MSG), très utilisé dans la cuisine asiatique, a perdu de sa popularité lorsqu’on a établi un lien entra sa consommation et les maux de tête ou d’autres symptômes désagréables. Maintenant, plusieurs restaurants de cuisine asiatique annoncent avec fierté sur leur menu « pas de glutamate de sodium », mais l’industrie de l’agroalimentaire continue de le voir comme un exhausteur de goût. Si vous avez des problèmes avec le glutamate de sodium, cherchez-le sous ses différents noms.

http://selection.readersdigest.ca/

«Faible en gras», «Naturel», «Grains entiers»: disent-ils vrai?


Il y a tellement de produit offert aux consommateurs dans les épiceries que quand on veut faire des choix judicieux pour une qualité prix, il est parfois difficile d’y voir clair .. sans gras, faible en sel, en sucre et tout le tralala .. juste pour faire choisir un produit plus qu’un autre .. mais en réalité nous devrions vraiment lire les étiquettes pour faire notre choix. Mieux … mettre nous même la main a la pâte
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«Faible en gras», «Naturel», «Grains entiers»: disent-ils vrai?

 

Photo: Shutterstock

Par Catherine Mainville-M

 

L’industrie alimentaire est prête à tout pour vous convaincre d’acheter. Même à déformer la réalité!

Utilisée depuis longtemps par l’industrie alimentaire, la pratique du leanwashing consiste à attirer l’attention du consommateur sur un aspect afin de faire perdre de vue l’ensemble du produit. Certaines allégations exagèrent les bienfaits d’un aliment alors que d’autres font croire, à tort, qu’un produit est bon pour la santé.

Visiblement irrité par cette pratique de commerce, le site Leanwashing Index vient de dresser la liste des cinq allégations qu’on devrait bannir du vocabulaire du marketing alimentaire. Le but? Sensibiliser les consommateurs à cette pratique et décortiquer le leanwashing et ses pièges. Lancé en 2012 par la firme américaine EnviroMedia Social Marketing, le site invite aussi les consommateurs à partager et à évaluer des publicités de produits alimentaires.

Top 5 des allégations alimentaires à bannir

1. «Naturel» Cette allégation n’a pas de définition légale ou nutritionnelle. Pourtant, elle apparaît sur de nombreux produits, même des boissons gazeuses très sucrées!

2. «Fait de» Inscrite sur divers produits incluant les barres de céréales, les jus et les yogourts, cette allégation est inutile car seule la liste des ingrédients permet de savoir si un aliment ne contient pas aussi d’importantes quantités de sucre et de produits chimiques.

3. «Grains entiers» Cette mention est surtout utilisée sur des boîtes de céréales, des emballages de pains ou des boîtes de craquelins, et ce, même si la quantité de grains entiers est négligeable.
Méfiez-vous si l’allégation «grains entiers» n’est pas accompagnée de la mention «100 %».

4. «Léger» Plutôt que de vous laisser hypnotiser par ce genre d’allégation qu’on retrouve surtout sur les yogourts, les vinaigrettes et la crème glacée, lisez le tableau des valeurs nutritionnelles.

5. «100 calories» Courante sur les emballages de biscuits, de croustilles et autres aliments traités, cette mention fait croire que le produit constitue un choix santé. Or, il s’agit bien souvent d’un aliment qui contient uniquement des calories vides, donc peu de protéines et de fibres.

Surdose d’information

«Ces allégations ne sont jamais mensongères, mais ce n’est pas parce qu’une mention dit une partie de la vérité qu’elle dit… toute la vérité!», explique Stéphanie Côté, nutritionniste pour le groupe Extenso.

Elle souligne qu’on doit prendre certaines de ces allégations nutritionnelles avec un grain de sel, citant en exemple les céréales pour enfants dont on vante la teneur en grains entiers…sans préciser qu’elles contiennent aussi beaucoup de sucre.

La nutritionniste nuance toutefois ses propos en faisant remarquer que l’assertion «léger» est parfois bien utilisée.

«Je ne la condamnerais pas d’emblée. Il est important de prendre du recul et de considérer l’ensemble des ingrédients qui composent le produit», explique-t-elle.

Un biscuit a beau contenir des fibres, ne perdez pas de vue que c’est un aliment riche en sucre qui doit être consommé à l’occasion seulement. Mais comme il peut être difficile de s’y retrouver avec la liste d’ingrédients et le tableau des valeurs nutritionnelles, elle suggère de comparer les informations nutritionnelles de deux ou trois produits d’une même catégorie afin de faire un choix éclairé.

À quoi vous fier?

Si les fabricants ne disent pas toujours toute la vérité, plusieurs allégations nutritionnelles affichées sur les produits sont par ailleurs réglementées par Santé Canada par le biais de la Loi sur les aliments et drogues. Ainsi, un produit qu’on dit «sans sucre» doit contenir moins de 0,5 g de sucres et moins de cinq calories par portion. Un produit faible en sodium doit, pour sa part, contenir 140 mg de sel ou moins par portion. Il en va de même pour toutes les allégations relatives à la teneur nutritive (cholestérol, fibres, lipides, gras trans, calcium, etc.) ou à la santé (aide à diminuer les risques de maladies du cœur, par exemple).

Attention! Il arrive parfois que les fabricants jouent avec ces allégations pour vous faire croire que leur produit est plus intéressant que celui de la marque concurrente. Ainsi, une huile végétale vous sera vendue avec l’affirmation «sans cholestérol» alors que c’est le cas de toutes les huiles végétales puisque le cholestérol provient de produits d’origine animale.

«La meilleure façon d’éviter le casse-tête des allégations et des valeurs nutritionnelles est de consommer des produits de base que vous cuisinerez vous-mêmes», conclut Stéphanie Côté.

Vérifiez-le vous-même!

Pour connaître la valeur nutritionnelle recommandée pour plusieurs aliments, consultez le Guide pratique du panier d’épicerie de Protégez-Vous.
Consultez également nos évaluations nutritionnelles:
Céréales à déjeuner, Céréales chaudes, Céréales pour bébé, Lasagnes surgelées, Yogourts grecs, Jus de légumes, Vinaigrettes, Confitures et Sauces pour pâtes.

http://www.protegez-vous.ca