L’avocat, or maudit du Mexique


L’or vert, l’avocat ! Un fruit vraiment intéressant pour son goût et pour ses utilisations. Le Mexique est le plus gros producteur d’avocat, tellement que des familles narcotrafiquants se sont tourner à la culture de l’avocat. Ce qui est triste, des forêts sont brûles, l’eau utilisée pour les avocatiers rend la situation difficile pour la population qui finis par manquer de cet or bleu
Nuage

 

L’avocat, or maudit du Mexique

 

Un arrangement de fruits sur une table

 

Le Mexique est un gros producteur d’avocats. Photo : Radio-Canada/Jean-Michel Leprince

Dans l’État du Michoacan, non seulement on brûle les forêts et on assèche les cours d’eau pour planter l’avocat, mais on tue pour l’or vert.

Un texte de Jean-Michel Leprince

Comme la tomate et les piments, le Mexique a donné au monde un fruit merveilleux, l’avocat. Le nom, « aguacate » en espagnol, vient du nahuatl, la langue des anciens Mexicains. « Ahuacatl », qui veut dire, littéralement, testicule.

L’État du Michoacan est le principal producteur et exportateur d’avocats au monde. Les États-Unis et le Canada sont d’importants consommateurs. Mais, de plus en plus, l’Europe, le Japon, la Chine en raffolent.

Il faut dire que les vertus de l’avocat sont vantées sur toutes les tribunes. Ce fruit, particulièrement riche en bons lipides, contient beaucoup de vitamines et des substances antioxydantes. Il contribuerait à la réduction du cholestérol, à une prévention des maladies cardiovasculaires et du diabète de type 2.

Forêts brûlées et guerre de l’eau

José Luis Alvarez

José Luis Alvarez Photo : Radio-Canada/Jean-Michel Leprince

José Luis Alvarez est propriétaire de La Cruz, une immense pépinière de pins et de sapins. Il voit la forêt qui brûle autour de sa propriété. Il voit les taches claires, de plus en plus nombreuses, où seront bientôt plantés de jeunes avocatiers de trois ans.

En avant-plan, une femme plante des pins dans la pépinièreLa plantation de pins à l’hacienda La Cruz Photo : Radio-Canada/Jean-Michel Leprince

Depuis cinq ans, c’est la ruée sur les bonnes terres, qui se trouvent entre 1500 et 2500 mètres d’altitude et que le gel n’atteint pas. Là où il y a des forêts. Deux récoltes par an, c’est payant.

Des arbres calcinés, et en arrière plan, des forêts dans les montagnes

Une portion de cette forêt a été brûlée pour faire pousser l’avocat dans l’État du Michoacan, au Mexique Photo : Radio-Canada/Jean-Michel Leprince

L’ingénieur forestier Francisco Javier Hinojosa estime que chaque année les 14 municipalités du centre du Michoacan perdent 1000 hectares de forêts au profit de l’avocat. Le déboisement est pourtant illégal dans cet État.

L’avocatier nécessite beaucoup d’eau. La nappe phréatique baisse, ainsi que le niveau des lacs Zirahuen et Patzcuaro, joyaux du Michoacan et destinations touristiques de première classe. Les villages se battent pour l’eau, dit l’ingénieur. Des canalisations sont détruites; c’est une véritable guerre, souligne-t-il.

Chaque année, pour la seule journée du Super Bowl, le Mexique exporte pour 200 millions de dollars d’avocats. Pour faire du guacamole à déguster devant les téléviseurs. Les marchands mexicains et américains d’avocats ne lésinent pas sur la pub. Une publicité pendant le Super Bowl coûte entre 5 et 12 millions de dollars. Pas étonnant que la demande augmente sans arrêt.

Des avocats à vendre sur un étalLe prix de l’avocat monte, y compris pour les Mexicains, qui consomment de l’avocat quotidiennement, en grande quantité. Ici, un étal dans un marché de Mexico. Photo : Radio-Canada/Jean-Michel Leprince

Qui possède les plantations illégales?

On produit de l’avocat depuis longtemps au Michoacan. Les exportateurs sont étroitement surveillés, et la plupart des agriculteurs sont raisonnables pour ce qui est des méthodes de production.

L’utilisation des pesticides, fongicides et fertilisants est en principe contrôlée. Mais aucune règle ne s’applique aux plantations sauvages d’avocatiers. On pulvérise allégrement dans les plantations.

Lors de notre passage, un tournage d’une opération d’arrachage d’avocatiers illégaux par le gouvernement du Michoacan a été annulé. Le programme a été suspendu en raison de « plaintes ». Qui sont les propriétaires de ces plantations illégales?

Des cultures entourées de forêts

Des plantations d’avocat illégales dans l’État du Michoacan Photo : Radio-Canada/Jean-Michel Leprince

Il y a beaucoup de cas où on ne sait pas vraiment d’où vient l’argent avec lequel ils achètent les terres et font les plantations. C’est un peu douteux cette histoire. Ça peut venir du trafic de drogue, du kidnapping, de l’extorsion. On n’a pas de preuves de ça, mais ce qui est sûr c’est que ce ne sont pas des gens de la région.

José Luis Alvarez, pépiniériste

Tuer pour l’or vert

Le jour de notre arrivée au Mexique, sept travailleurs engagés pour arracher des plantations illégales, des cousins de la même famille, ont été battus et exécutés.

Tout ce qu’on sait, c’est que la plantation de 200 hectares a appartenu à un narcotrafiquant notoire. Il y a plusieurs cartels au Michoacan : la Familia et les Caballeros Templarios sont en déclin, et Jalisco Nueva Generacion semble prendre le dessus.

http://ici.radio-canada.ca

Tu veux vraiment une dose ?


Est-ce que cela pourrait changer quelque chose si ceux qui prennent des drogues savaient le cheminement de la drogue jusqu’a eux ? Il y a des gens qui profitent la misère des autres pour s’enrichir tout cela pour un plaisir éphémère qui devient à la longue un cauchemar pour le consommateur de drogue
Nuage

 

Tu veux vraiment une dose ?

 

Qui achète une dose, n’enrichit pas un pauvre mais plutôt un narco trafiquant qui s’acharne sur plusieurs pauvres. Morale de l’histoire ; pour un shoot, une taffe, tu détruis une cause, tu construis plusieurs pauvres et tu planes sur une palette de souffrances !

Jah Olela Wembo

Anonymous, l’ennemi virtuel des cartels mexicains


 

Anonymous continue a faire parler d’eux, ils en veulent au crime organisés et veulent combattre les narcotrafiquants, et les autres crimes a leur actifs. J’ai la nette impression que ce genre de procédé tant qu’il reste dans un combat pour la justice fonctionne mieux que tout les paliers de la police. En espérant que les tous les services de polices, puissent tirer partie de ce cadeau pour arrêter les criminels
Nuage

Anonymous, l’ennemi virtuel des cartels mexicains

Anonymous, l'ennemi virtuel des cartels mexicains

Les membres d’Anonymous se cachent en permanence le visage derrière un masque de Guy Fawkes, immortalisé dans le film V for Vendetta.

Photo: Daniel Roland, Archives AFP

La Presse

Regroupement de cyber-activistes, connu pour avoir notamment attaqué le site de Mastercard en 2010 et considéré par CNN comme le dauphin de WikiLeaks, Anonymous a déclaré la guerre aux puissants cartels mexicains. Engagé dans un bras de fer avec les Zetas, le plus violent des cartels mexicains, les cyber-justiciers ont réussi à faire libérer un de leurs militants qui était séquestré par les «Z», en menaçant le deuxième cartel en importance au Mexique de dévoiler des informations compromettantes pour les gangsters et leurs associés.

La sanglante guerre que les cartels se livrent entre eux et contre les forces de l’ordre a fait plus de 43 000 morts depuis 2006 et l’arrivée du président Felipe Calderon au pouvoir, qui a fait de la lutte aux narcotrafiquants une priorité. Cette guerre se transporte aujourd’hui dans le cyberespace.

Les cartels s’attaquent désormais aux utilisateurs des réseaux sociaux qui dévoilent des informations sur eux. Les cyber-activistes mexicains pourront dorénavant compter sur les membres masqués d’Anonymous qui promettent «de ne pas laisser le peuple mexicain seul».

 

http://www.cyberpresse.ca

Réseaux sociaux contre cartels de la drogue

Les Mexicains vont-ils devoir se tourner vers Anonymous pour lutter contre les cartels ? Dessin de Boligàn, qui officie au Mexique.

Les Mexicains vont-ils devoir se tourner vers Anonymous pour lutter contre les cartels ? Dessin de Boligàn, qui officie au Mexique

Jenaro Villamil

Le collectif Anonymous a réussi à faire libérer un de ses militants séquestré par le cartel des Zétas en menaçant de diffuser des informations. Cet épisode marque une nouvelle étape dans la cyberguerre qui fait rage au Mexique.

 

Les réseaux sociaux font désormais partie de la réalité. Et la cyberguerre que se livrent par messages virtuels interposés le cartel des Zetas [une des organisations criminelles les plus violentes du Mexique, créé en 2004 en recrutant d’anciens policiers et militaires d’élites pour être le bras armé du Cartel du Golfe] et le collectif international Anonymous est une nouvelle facette de cette guerre quotidienne qui n’hésite pas à tuer, mutiler et faire disparaître des personnes bien réelles. Même chez Google et Facebook personne ne peut dire comment tout cela va se terminer.
 
L’escalade de la violence engendrée par l’affrontement entre les cartels et les groupes militaires, paramilitaires et policiers, a conduit les utilisateurs et les militants des réseaux sociaux au Mexique à s’organiser er à agir pour essayer de faire toute la lumière sur ces évènements. Certains appellent à se mobiliser et à manifester comme les Indignés de Ciudad Juarez et de Mexico ; d’autres comme Anonymous
(un collectif d’inspiration anarchiste qui utilise comme symbole le masque de Guy Fawkes, ce catholique anglais qui avait essayé de faire sauter le Parlement britannique le 5 novembre 1605) n’hésitent pas à défier ouvertement le cartel des Zetas.
 
La première action des Anonymous remonte au 6 octobre dernier avec une vidéo postée sur YouTube annonçant le lancement de l’Opération Cartel.


“Nous en avons assez de ce groupe criminel Los Zetas spécialisé dans les enlèvements, les vols et le racket, affirmait un porte-parole des Anonymous sur cette vidéo.

Et il a ensuite réclamé la libération de l’un de ses membres enlevé lors de l’Opération Paperstrom [distribution de tract appellant à rejoindre le monde libre d’Anonymous], qui avait eu lieu entre le 20 et le 29 août à Veracruz, et menacé les Zetas de révéler des informations sur les complicités entre politiques, hommes d’affaires, policiers et militaires avec cette organisation devenue le bras armé du Cartel du Golfe.
 
Puis le 21 octobre, Anonymous s’est mis à diffuser des messages contradictoires : le groupe a d’abord annoncé que l’opération était annulée en raison des “risques très élevés”, puis il a fait marche arrière et déclaré que "l’opération cartel" continuait.
 
Sur le blog Anonymous Iberoamérica, on a ensuite appris que cette opération n’était pas seulement dirigée contre Los Zetas, mais contre tous ceux qui “se livrent au trafic de drogue avec la complicité des institutions”, en particulier le gouvernement du Mexique et les agences antidrogue américaines.
 
Trois jours plus tard, le 4 novembre, la veille du lancement de l’opération, Anonymous a informé les internautes à travers ses comptes sur les réseaux sociaux que l’otage avait été libéré, et que les informations sur les Zetas ne seraient donc pas diffusées. D’après Anonymous, l’ancien otage était porteur d’un message à leur intention disant que “sa famille aurait à subir de graves conséquences, et que “pour chaque nom du cartel révélé, 10 personnes en paieraient les conséquences”
 
Le défi lancé aux cartels par Anonymous déjà à l’origine de l’Opération Indépendance du 15 septembre dernier qui avait pris pour cible les pages web des institutions fédérales du pays, a eu un retentissement international même si la presse mexicaine a cherché à en minimiser la portée.
 
Pour le sénateur Francisco Javier Castellón Fonseca, président de la Commission des Sciences et de Technologie, l’opération des Anonymous constitue un bras de fer entre deux pouvoirs virtuels, celui des Anonymous et celui tout aussi factice des narcotrafiquants” .

“Nous n’avions pas prévu que la guerre contre les narcos allait déborder les frontières du monde réel et se poursuivre dans le monde virtuel. Nous vivons dans un monde fascinant, où parfois la réalité dépasse la fiction. Les Anonymous veulent faire une démonstration de puissance, montrer leur capacité à affronter cet autre pouvoir qu’est le narco-trafic.”

Autre action similaire à celle de l’opération cartel, celle du 28 octobre, sur le site de l’ancien procureur de Tabasco, Gustavo Rosario Torres. Le site avait été piraté et on pouvait lire sur la page d’accueil : Gustavo Rosario est un zeta. Les hackers postèrent également sur YouTube une vidéo à 7h19 du matin, où ils revendiquaient cette cyber-attaque.

http://www.courrierinternational.com