Attention, petits yeux fragiles !


Les enfants comme adultes ont les mêmes symptômes quand ils sont trop longtemps devant l’écran. Les larmes artificielles peuvent aider, par contre chez les enfants, c’est plus difficile à dépister. Pour la myopie en bas, les écrans sont en cause d’une certaine façon, les enfants ne jouent ne jouent plus autant dehors et n’ont pas les bienfaits de la lumière naturelle qui peut aider à éviter la myopie
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Attention, petits yeux fragiles !

 

Pour prévenir des problèmes oculaires, l'Association canadienne des... (Photo George Frey, archives Bloomberg News)

Pour prévenir des problèmes oculaires, l’Association canadienne des optométristes recommande de ne pas exposer les enfants de 5 à 18 ans aux écrans plus de deux heures par jour.

PHOTO GEORGE FREY, ARCHIVES BLOOMBERG NEWS

ISABELLE MORIN
La Presse

Des yeux qui piquent, une vision floue et une sensibilité à la lumière sont parmi les symptômes associés à l’utilisation courante d’écrans électroniques. Dans le cas des enfants, le risque de développer une myopie s’ajoute également à ces effets indésirables, préviennent l’Association canadienne des optométristes (ACO) et la Société canadienne d’ophtalmologie (SCO). Explications.

Chez les adultes, de 50 à 90 % des utilisateurs d’écrans électroniques ont des symptômes oculaires. Les effets sont moins connus chez les enfants, mais ils inquiètent néanmoins l’ACO et la SCO, qui invitent les parents à faire preuve de prudence.

La sécheresse oculaire, ou xérophtalmie, est le problème le plus souvent associé aux écrans. Elle se manifeste par une sensation de brûlure, une vision embrouillée, l’impression d’avoir des grains de sable dans les yeux et une photosensibilité. Enfants comme adultes peuvent ressentir ces symptômes. Le hic, dans le cas des enfants, c’est qu’ils peuvent ignorer la sensation de gêne, surtout lorsqu’ils s’amusent, et ne pas être en mesure d’identifier l’inconfort.

« Lorsqu’on est devant un écran, on a tendance à fixer l’image et à moins cligner des yeux. Il faut toutefois un mouvement de la paupière pour répandre les larmes et protéger la surface de la cornée de l’exposition à l’air », explique Mona Dagher, professeure en ophtalmologie à l’Université de Montréal et directrice de la recherche en ophtalmologie au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).

Une fois diagnostiqué, ce problème peut facilement être soulagé au moyen de larmes artificielles, dit-elle. C’est une autre histoire dans le cas de la myopie, que l’ACO et la SCO associent également à l’utilisation d’écrans, en ne faisant pas de distinction, à ce chapitre, entre le téléviseur, la tablette, le téléphone intelligent, l’ordinateur ou les jeux vidéo.

Voir à plus long terme

Ce n’est pas tant le temps passé devant les écrans qui est en cause, précisent l’ACO et la SCO, mais celui que les enfants ne passent pas à l’extérieur. Or, l’exposition à la lumière naturelle est nécessaire à la santé des yeux des petits.

« On sait très bien maintenant, et ç’a été démontré par plusieurs études, qu’un enfant doit sortir à l’extérieur et être exposé à la lumière du soleil pour que l’oeil se développe. Quand on est trop souvent à l’intérieur, on a plus de risques de développer une myopie. », explique Mona Dagher.

C’est particulièrement vrai jusqu’à l’âge de 8 ans, période durant laquelle la vision se développe et peut encore être corrigée. Une fois installée, la myopie peut ensuite continuer d’augmenter jusqu’à l’âge de 21 ans.

« La myopie, quand elle est là, elle est là pour la vie, insiste la spécialiste en cornée et maladies externes de l’oeil. C’est pourquoi il est important de prévenir jusqu’à l’âge de 21 ans. Il n’y a d’autres traitements, dans ce cas, que de porter des lunettes, des verres de contact ou d’avoir une chirurgie réfractive. »

De bonne habitudes

Pour prévenir des problèmes oculaires, l’ACO et la SCO recommandent de ne pas exposer les enfants de 0 à 2 ans aux écrans, et de ne pas dépasser une heure dans le cas des 2 à 5 ans, ou deux heures pour les 5 à 18 ans. Des pauses devraient idéalement être prises toutes les 30 minutes, ou minimalement toutes les 60 minutes.

Étant donné que la lumière naturelle est nécessaire au développement de l’oeil et à la prévention de la myopie, les parents devraient également privilégier les activités passées à l’extérieur lorsqu’il fait encore clair, et ce, à raison de deux heures par jour. Protéger leurs yeux des rayons ultraviolets demeure une préoccupation, mais les bienfaits de la lumière de l’extérieur sont préservés même avec des lunettes de soleil, indique Mona Dagher.

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Le Saviez-Vous ► Lunettes : 9 choses que votre optométriste ne vous dira pas


Les yeux sont importants à préserver ! Juste pour lire, des lunettes vendues en pharmacies sont t’elles fiables ? Si notre vue baisse, peut-on changer juste les verres et garder la même monture ? Les éraflures sur les verres peuvent-elles avoir des conséquences sur la vision ? Doit-on acheter des nouvelles lunettes juste chez l’optométriste ?
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Lunettes : 9 choses que votre optométriste ne vous dira pas

Vous n’avez qu’une paire d’yeux, alors mieux vaut bien vous en occuper. Ne le perdez pas du vue la prochaine fois que vous achèterez des montures et des verres.

PAR LAURA RICHARDS

Les lunettes vendues en pharmacies sont tout à fait convenables

En dépit de tout ce que vous avez entendu, les lunettes de pharmacie ne sont pas forcément mauvaises.

«Beaucoup de patients m’arrivent catastrophés, rapporte Inna Ozerov, ophtalmologiste et directrice de l’Institut de l’œil de Miami. On leur a dit que les lunettes vendues sans ordonnance sont mauvaises pour leurs yeux et pourraient les abîmer. C’est totalement faux ! Si vous avez la chance d’avoir une bonne vision mais que vous éprouvez quelques problèmes pour lire, ces lunettes-loupes constituent un choix tout à fait acceptable et pratique. La force de ces lunettes varie en fonction de l’âge.

Vous allez avoir besoin de lunettes à un certain point

Même si vous avez une vision parfaite pendant la première moitié de votre vie, à un moment, vous allez commencer à plisser les yeux devant votre écran de téléphone et à demander à vos enfants de vous lire le menu au restaurant. Il y a même un nom pour cette perte de vision synonyme de vieillissement: la presbytie, dont l’Association canadienne des optométristes nous dit

qu’elle nous empêche de «focaliser sur les objets proches». «Quand vous commencez à éprouver le besoin d’étirer le bras pour arriver à voir les petits caractères – vers l’âge de 40 ans –, il est temps d’acheter une paire de lunettes de lecture», dit la Dre Ozerov.

Cela peut sembler un peu illogique, mais plus le pouvoir grossissant de la lunette est élevé, et plus vous devez tenir votre livre prêt.»

Si la détérioration de votre vision à l’âge moyen va dans l’autre sens – vous pouvez encore lire, mais les panneaux de signalisation on l’air de hiéroglyphes –, vous êtes en train de devenir myope et les lunettes de pharmacie ne vous seront alors d’aucun secours. Filez chez votre optométriste et faites-vous prescrire des verres correcteurs.

Certaines personnes peuvent temporairement cesser de porter des lunettes

Il existe un phénomène étrange où la vision s’améliore.

«Des patients d’un certain âge qui contractent une cataracte profitent parfois d’une “lune de miel” au cours de laquelle ils n’ont plus besoin de lunettes de lecture», explique la Dre Ozerov.

Cela survient lorsque le cristallin épaissit, ce qui rend l’œil plus myope, phénomène qui permet à la personne de percevoir des caractères plus petits sans lunettes. Mais ça ne dure pas longtemps. À mesure que la cataracte s’aggrave, toutes les capacités visuelles connaissent une baisse et il faut au bout du compte passer par la chirurgie.»

Les éraflures vous esquintent la vue

Bien sûr que vous pouvez encore voir à travers ces lunettes tout égratignées, mais lutter pour percer ce brouillard risque de fatiguer vos yeux, note la Dre Ozerov. Vous pouvez effacer les traces de doigt, mais pas les éraflures; traitez donc votre nouvelle paire de lunettes avec tout le respect qui lui est dû.

«Pour éviter les éraflures, ne les posez jamais verres vers le bas», conseille l’ophtalmologiste.

Nouveaux verres, nouvelle monture

Votre volonté de faire des économies – ou votre amour pour vos anciennes montures – pourrait vous amener à ne vouloir remplacer que les verres et ne pas acheter de nouvelle monture. Mauvaise idée !

«Vous ne pouvez pas mettre de nouveaux verres dans de vieilles montures parce que vos nouveaux verres vont être coupés et montés sur la monture», dit la Dre Ozerov.

Or, l’ancienne monture doit être chauffée pour enlever les anciens verres et chauffée de nouveau pour placer les nouveaux, ce qui exerce des tensions sur le plastique et augmente le risque pour celui-ci de casser, de se fendre ou de se fêler avec le temps. Mieux vaut opter pour une nouvelle paire.

Les verres de lunettes ne sont pas en verre

Les premiers verres étaient effectivement faits de verre, mais ils sont maintenant en plastique, le verre étant trop fragile pour un usage quotidien. Le verre pourrait également devenir dangereux en cas de bris – personne ne voudrait prendre un éclat de verre dans l’œil, n’est-ce pas. Pour tout savoir sur les lunettes.

Vous pouvez économiser beaucoup en achetant en ligne

Les vrais magasins de lunettes vendent plus cher parce que leurs coûts d’exploitation sont plus élevés, de sorte que vous pourriez être tenté d’acheter en ligne, surtout si les prix sont nettement meilleurs. Au-delà de la question de savoir si vous achetez un modèle de marque contrefait (vérifiez les commentaires positifs et négatifs avant de cliquer sur «acheter»), vous devez vous poser la question suivant : des lunettes bon marché correspondent-elles vraiment aux exigences de l’ordonnance de mon optométriste ?

«Pour les ordonnances simples, pas de problème, vous pouvez acheter en ligne, admet la Dre Ozerov. Mais pour des lunettes plus complexes comme des lentilles bifocales, par exemple, je pense qu’il vaut mieux faire affaire avec un optométriste.»

Soyez conscient que de nombreuses lunettes viennent automatiquement avec un traitement antireflet, lequel pourrait vous valoir un supplément appréciable. Prenez le temps de demander ce qu’il en est, que vous achetiez en ligne ou dans un magasin.

Certains extras valent le coup

Rayons UV, éblouissements, fatigue des yeux et lumières bleues nocives sont autant de sévices auxquels sont soumis vos yeux au quotidien. Heureusement, vous pouvez prendre des verres qui vous protègent de tout ça sans nécessairement passer par des lunettes de soleil. Les verres Transitions®, par exemple, s’adaptent continuellement aux variations de lumière et protègent vos yeux. Ces verres stoppent 100% des rayons UVA/UVB et atténuent les lumières éblouissantes. Ils filtrent aussi la lumière bleue nocive émanant des téléphones, des ordinateurs portables et des ampoules DEL ou fluorescentes. Tim Gunn, un des gourous du Projet haute couture, est totalement séduit par ces verres, qu’il fait poser sur toutes ces lunettes.

 «La transition se fait en douceur et je sais que je suis protégé», a-t-il confié à Reader’s Digest.

Il aime particulièrement de ne pas avoir à changer pour des lunettes à verres fumés chaque fois qu’il sort. Transition dispose maintenant de différents types de verres, dont certains spécifiques à la conduite ou aux activités extérieures extrêmes.

Votre vision peut changer en quelques mois

Il se peut que vous passiez des examens pour vos yeux tous les deux ou trois ans, chaque fois le monde autour de vous perd un peu de sa netteté, mais votre vision pour changer de manière spectaculaire entre temps.

«De nombreuses maladies peuvent changer grandement la pertinence de votre ordonnance, dit la Dre Ozerov. La cataracte, le diabète et le glaucome, par exemple, peuvent rendre nécessaires de nouveaux verres.»

Mieux vaut donc voir votre optométriste tous les ans afin de vous assurer que votre état de santé et votre vision sont sur la même longueur d’onde. Saviez-vous que votre optométriste pouvait détecter des maladies avant votre médecin ?

election.readersdigest.ca/

Le Saviez-Vous ► Les lunettes à travers les temps


Heureusement, que les lunettes ont été inventées pour que ceux avec des problèmes de visions puissent lire et écrire. Les plus vieilles lentilles auraient existé, il y a plus de 4 mille ans. Ce n’était que des pierres transparentes qui pouvaient grossir ce que l’on voulait regarder. Ce n’est qu’a travers le temps que les lunettes ont enfin évolué jusqu’à aujourd’hui pour ceux qui souffrent de troubles visions
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Les lunettes à travers les temps

 

Aristote évoqua les problèmes de vision, principalement la myopie et la presbytie, dans son livre Problemata, mais ce n’est que bien longtemps après qu’on put véritablement ‘inventer’ les lunettes. C’est cette longue histoire que nous allons évoquer brièvement, juste pour donner les grandes lignes de ce que tout le monde utilise de nos jours

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A Ninive Sir Henry Layard trouva les plus anciennes lentilles en usage en 4000 ans avant JC. Quel usage ? On pense qu’on se servait de ces pierres transparentes convexes, du cristal de roche, pour faire converger la lumière du soleil sur des points et donc brûler la zone visée. Ces ‘pierres à brûler‘ ont été décrites par la suite par Aristophane (257-180 avant JC) pour faire des trous dans les parchemins ou effacer des tablettes. Aucune action réfractive n’est évoquée.

C’est Pline qui rapporte que Néron regardait les combats de gladiateurs au travers d’une émeraude. Beaucoup de textes se demandent pourquoi; s’en servait-il comme protection, ou pour mieux voir…nul ne le sait.

Sénèque décrit aussi l’utilisation de globes remplis d’eau qui permettaient de grossir l’image des textes.

Euclide (280 avant JC) étudia le pouvoir optique de différents éléments, mais on attribue généralement au scientifique arabe Alhazen la première description scientifique du pouvoir grossissant des lentilles; il ne parle pas de leur utilisation possible pour favoriser la lecture. Dans son livre Opticae Thesaurus, il décrit les différentes formes de lentilles.

Roger Bacon (1214-1294) reprit ces travaux et continua à étudier la réfraction à travers verre et cristal de roche. Cet aristocrate dévoua sa vie à la Science et à la Connaissance. Après un doctorat en théologie il étudia les langues, les mathématiques et la physique. Il étudia à Oxford et à l’Université de Paris, avant de devenir moine.Il demandait des réformes dans les sciences et l’Eglise, ce qui lui fallut la prison en 1257 à Paris, et entre 1278 et 1292. Il mourut peu après, mais avait oeuvré pour l’usage des sciences expérimentales.

Quel fut l’inventeur des lunettes ? On ne le sait pas vraiment, mais on sait qu’elle apparurent d’abord en Italie, à la fin du XIIIème siècle. Avant cette période et pendant l’Antiquité, on conseillait juste l’application de pommades et de collyres pour éviter les troubles de la vision.

Dans un traité nommé Traité de Conduite de la Famille, Sandro di Popozo écrit en 1299 :

« Je suis si altéré par l’âge, que sans ces lentilles appelées lunettes, je ne serais plus capable de lire ou d’écrire. Elles ont été inventées récemment pour le bénéfice des pauvres gens âgés dont la vue est devenue mauvaise ».

C’est Francesco Redi (1626-1694), professeur de médecine à Pise (Italie) qui rapporte ce document

Un dominicain italien appelé Allesandro Spina, mort en 1313,a fabriqué des lunettes qu’il distribuait autour de lui. Un inconnu lui apprit ce qu’étaient les lunettes, et il diffusa son savoir de fabrication à tous ceux qui s’y intéressaient. Il est décrit comme quelqu’un au grand coeur, toujours prêt à aider les autres.

Donc il semble que différents italiens inventèrent les lunettes…

Des discussions se sont engagées pour savoir si la Chine avait utilisé les lunettes avant ces dates, mais aucun document ne l’évoque, pas même les récits de Marco Polo.

Le français Bernard Gordon, professeur de chirurgie à Montpellier, parle des lunettes dans son livre en latin, écrit en juillet 1305 : Lilium Medicinae :

Il conseillait un collyre

 « …qui rend la lecture des petites lettres de nouveau possible pour les gens âgés, sans qu’ils aient besoin d’utiliser des lunettes ».

Guy de Chauliac (1298-1368), toujours à Montpellier, évoqua, dans son livre Chirurgia Magna de 1363, différents médicaments contre la mauvaise vision mais ajoute :

« Si cela ne marche pas, il faudra que le patient utilise des lunettes ».

Le français Pansier cite les poèmes français du XVème siècle, comme la balade de Charles d’Orléans (1391-1463) :

« Et maintenant que je deviens vieux, j’utilise des lunettes pour lire. Elles grossissent les lettres… »

On peut considérer qu’une des premières reproduction de lunettes dans une peinture, est due à Tommaso da Modena :

Tommaso da Modena 1352

En fait c’était surtout les moines qui utilisaient les lunettes pour recopier les manuscripts, jusqu’à ce que Gutemberg (?1397-1468) inventât l’imprimerie. L’explosion de la production des livres s’accompagna d’une demande importante de lunettes. Au début il n’y avait qu’un verre que l’on mettait devant un oeil, que les anglais appelait ‘spectacle’.

Par la suite on monta les verres sur le nez, ce qu’on appelait un ‘pince-nez’. L’inconfort fit naître le ‘face-à-main’, qui permettait de tenir avec une tige les deux verres devant les yeux.

Une des belles anciennes représentations des lunettes est le tableau, daté de 1436, de Jan van Eyk :  » La Madonne du chanoine van der Paele ».

Madonne du chanoine van der Paele

Jan van Eyk 1436

Musée des Beaux Arts de Brugge

Au XIIIème et XIVème siècle les verres étaient fabriqués avec du béryl, une pierre transparente teintée, ou bien de quartz, et à partir des années 1300 on utilisa du verre de Venise.

Par la suite, les travaux de l’italien Giambattista della Porta (1535-1615) décrivit diverses expériences d’optique. Johannes Kepler fut en 1611, avec son ouvrage Dioptrice le véritable fondateur de la dioptrique actuelle et le savant qui expliqua la marche des rayons lumineux au sein des matériaux, la réfraction et la réflexion de la lumière.

Ce n’est que vers 1728 qu’on vit apparaître les montures, et seulement à la fin du XVIIIème siècle qu’on imagina de les faire tenir derrière les oreilles.

Au XIIIème et XIVème siècle on ne proposait que des lentilles biconvexes, pour corriger la presbytie. Il fallut attendre le XVème siècle pour voir des lunettes corrigeant la myopie, donc avec des verres concaves. Le premier texte qui parle des verres concaves nécessaire pour corriger la myopie, en 1440, est la description du Cardinal Nicolas de Cuse (1401-1464) dans l’ouvrage De Beryllo.

Raphael peignit le pape Léon X avec ses lunettes de myopie :

Le pape Léon X et deux cardinaux (Raphael)

1518

Musée des Offices (Florence Italie)

Le mot français bésicle a comme origine le mot béricle qui est une déviation de beryllus.

On assista petit à petit à une diffusion encore plus importante des lunettes qu’on retrouve sur de nombreux tableaux.

Chardin, autoportrait

Pastel

Musée du Louvre, Paris France

En 1645 Jacques Bourgeois (?1618-1701), à Paris, améliora les verres de lunettes en imaginant des verres qui étaient concaves du côté de l’oeil et convexe de l’autre côté. Cela diminua les aberrations gênantes sur les verres habituels.

Thomas Young compris ce qu’était l’astigmatisme et l’écrivit en 1807 dans son livre :Lecture on optical Instruments. Les lunettes corrigeant l’astigmatisme n’existèrent donc qu’à partir du XIXème siècle (verres cylindriques). L’astigmatisme fut mesuré par la suite par Louis Emile Javal (1839-1907) qui inventa l’appareil que l’on nomme encore de nos jours « le javal ».

Helmholtz en 1855 expliqua l’accommodation par une contraction du muscle ciliaire et un relâchement de la zonule de Zinn, ce qui modifiait la courbure du cristallin.

A partir de là on vit Frans Cornelis Donders expliquer l’ensemble de la dioptrique dans On the anomalies of accommodation and Refraction of the Eye (1864).

Les auteurs ne sont pas d’accord sur l’invention des verres double foyer; on l’attribue souvent à Benjamin Fraklin, mais sans certitude. Ce n’est que récemment qu’on introduisit les verres progressifs que beaucoup de jeunes presbytes connaissent.

Bibliographie:

  • Lettera intorno all’ Invenzione degli Occhiali, scritta da Francesco Redi a Paolo Falconied, Florence 1678.
  • L’occhiale al occhio, Carlo Manzini. Bologna, 1660
  • Degli occhiali da naso inventati da Salvino Armati, Gentiluomo Fiorentino. trattato istorico di Domenico Manni, Accademico Fiorentino. In Florence 1738 (84 pages).
  • Dioptrica nova. A Treasite of dioptricks, by W. Molyneux of Dublin Esq. London 1692. (Chapter VI, pages 254-259.)
  • Caesemaecker, Notice historique sur les lunettes et les verres optiques. (Translated from the Flemish by U. de Vroede.) Gent, 1845, 36 pages.
  • Histoire des lunettes, by Dr. P. Pansler of Avignon. Paris 1901. (137 pages.)
  • Barck. C. The history of spectacles. Science n.s. 1904;20:50.
  • Court TH, Rohr MV On the development of spectacles in London from the end of the seventeenth century. London: Optical Society Transactions, 1928-29.
  • James RR. Studies in the history of ophthalmology in England prior to the year 1800. Cambridge: Cambridge University Press, 1933.
  • Moore TH. Evolution of a pair of glasses. Opt J Rev Optom, 25 August 1921.
  • Rasmussen OD. Old Chinese spectacles. Tientsin, China: North China Press, 1915.
  • Rohr MV Contributions to the history of the spectacle trade from the earliest times to Thomas Younis appearance. London: Optical Society Transactions, 1923-24.
  • Rosen E. The invention of eyeglasses. j Hist Med Allied Sci January 1956.
  • Sichel, Jules. Lecons Cliniques sur les Lunettes et les Etats Pathologiques consécutifs à leur Usage irrationnel, Bruxelles et Paris 1848.
  • The history of ophthalmology Julius Hirschberg vol 2 pages 263-280.
  • Daniel M.Albert, Diane D. Edwards The history of ophthalmology, 1996.

http://www.snof.org

Il y a de plus en plus d’enfants myopes. Et on sait pourquoi.


La myopie est héréditaire, cependant il y a de plus en plus d’enfants myopes et c’est pire dans certains pays. On a trouvé causes, mais LA cause est tout simplement le manque de lumière naturelle. De plus en plus d’enfant sont devant les écrans, des heures a l’intérieur des écoles que même des classes n’ont même pas de fenêtres. Avant, cela prenait tout pour rentrer à la maison … et aujourd’hui, cela prend tout pour envoyer les enfants dehors
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Il y a de plus en plus d’enfants myopes. Et on sait pourquoi.

 

Des petits Australiens habillés comme Harry Potter. REUTERS/Tim Wimborne

Des petits Australiens habillés comme Harry Potter. REUTERS/Tim Wimborne

Brian Palmer

Sûrement parce que vous les envoyez moins souvent jouer dehors.

La myopie n’est pas une maladie infectieuse. Mais c’est aujourd’hui l’équivalent d’une quasi-épidémie qui touche certaines régions d’Asie. A Taïwan, le pourcentage d’enfants de 7 ans souffrant de myopie a rapidement progressé: 5,8% en 1983 contre 21% en 2000.

Plus stupéfiant encore: 81% des Taïwanais de 15 ans sont myopes. Certains pourraient penser que les conséquences de la myopie se limitent au fait de porter des lunettes pour le restant de ses jours –et soyons francs, rien de plus mignon qu’un petit binoclard. Détrompez-vous: en Asie, la prédominance de la myopie sévère (une forme extrême de ce trouble de la vision) a plus que doublé depuis les années 1980. Et les enfants qui souffrent de myopie de façon précoce sont plus susceptibles d’être touchés par une myopie sévère. Celle-ci est un facteur de risque pour des affections importantes: décollement de la rétine, glaucome, cataracte précoce, cécité…

Cette explosion de la myopie est désormais un grave problème de santé publique, et le monde médical a bien du mal à identifier ses causes. La myopie est un trouble visuel fondamentalement héréditaire, mais cette forte hausse du nombre des cas montre que l’environnement de l’enfant a lui aussi un impact significatif. On a établi un lien entre ce trouble et une série de facteurs de risque: des lectures fréquentes, la pratique du sport, la télévision, les apports protéiniques ou encore la dépression. Lorsque ces facteurs de risque sont isolés, on a toutefois observé que leur effet sur les taux de myopie apparaît assez réduit.

Allez jouer dehors les enfants

Les chercheurs estiment être sur le point de débusquer le principal coupable: le temps passé à l’intérieur, qui serait beaucoup trop important. En 2008, la professeure d’orthoptique Kathryn Rose a découvert que seuls 3,3% des descendants d’immigrés chinois ayant entre 6 ans et 7 ans et résidant à Sydney (Australie) souffraient de myopie (contre 29% chez ceux vivant à Singapour).

Les suspects habituels –lecture, écrans électroniques– ne suffisaient pas à expliquer un tel écart. La cohorte australienne lisait un peu plus de livres et passait un peu plus de temps devant l’écran, mais les enfants singapouriens regardaient un peu plus la télévision. Au total, les différences étaient minces et s’annulaient sans doute mutuellement. L’écart le plus flagrant entre les deux groupes? Les enfants australiens passaient 13,75 heures par semaine à l’extérieur, contre 3,05 chez leurs camarades de Singapour. Chiffre bien tristounet.

Kathryn Rose, dont les travaux de recherche ont été suivis par le magazine Science News, souligne que les cultures pédagogiques de Sydney et de Singapour sont extrêmement différentes. La plupart des enfants australiens suivent un an de pré-école maternelle à mi-temps (où l’on enseigne la sociabilité et le jeu en communauté plus que la lecture ou l’écriture) suivi d’un an à temps plein. Durant ce même stade de développement, l’enfant singapourien classique suit trois ans de cursus scolaire à temps plein –le but étant de s’assurer qu’il ou elle puisse lire avant l’entrée à l’école primaire. Le jeu en plein air est donc vraisemblablement sacrifié sur l’autel de l’éducation à plein-temps.

Au cours des deux dernières années, une grande partie des travaux consacrés à la myopie s’est concentrée sur un objectif bien précis: prouver, quantifier et expliquer le lien existant entre le temps passé à l’extérieur et le bon développement oculaire. Des dizaines d’études ont été publiées, en Asie pour la plupart. L’année dernière, un travail de recherche privilégiant l’approche systématique a regroupé les résultats de précédentes études. Conclusion: chaque semaine, chaque heure que l’enfant passe à l’extérieur réduit de 2% ses risques de développer une myopie.

En quoi ce temps passé à l’extérieur pourrait-il protéger les enfants de la myopie? Aucune réponse ne fait pour l’heure véritablement consensus. Une hypothèse avance que lorsqu’ils sont dehors, les enfants concentrent leur regard sur des objets plus éloignés qu’à l’intérieur (où ils passent beaucoup de temps à fixer leurs écrans d’ordinateur, leurs livres ou leurs jouets, qui sont beaucoup plus proches). Une étude sur le singe rhésus laisse toutefois penser que l’exposition à la lumière demeure l’explication la plus plausible.

La myopie est extrêmement peu courante chez les primates non-humains, mais les chercheurs peuvent facilement la provoquer chez eux en privant un bébé singe d’une exposition normale à la lumière de l’extérieur (qui en règle générale est environ cent fois plus intense que celle de l’intérieur). Rien d’étonnant, donc, à ce que les écarts les plus importants de prédominance de la myopie au cours des dernières décennies aient été observés à Singapour, où la différence d’intensité lumineuse entre extérieur et intérieur est extrême.

Soyons optimistes

Tout bien pesé, ces révélations sont encourageantes. Si les enfants devenaient myopes en regardant les objets de trop près, nous serions confrontés à un dilemme insoluble: leur apprendre à lire, ou protéger leur vue? L’idée de devoir se résigner à privilégier l’un ou l’autre inquiète et passionne les chercheurs depuis bien des années.

Dans les années 1930, des scientifiques ont fait observer que la myopie était particulièrement rare parmi les sociétés de chasseurs-cueilleurs. Dans les années 1960, une étude des peuples autochtones d’Alaska a montré que les générations les plus anciennes, celles qui n’avaient pas été à l’école, étaient beaucoup moins susceptibles d’être touchées par la myopie que leurs enfants. De la même manière, il y a vingt ans, des études singapouriennes ont établi un lien entre le niveau de scolarité et la myopie. Si le problème provient bel et bien du niveau d’intensité lumineuse, il pourrait suffire d’envoyer son enfant lire à l’extérieur (ou d’acheter des sources de lumière à haute intensité) pour reproduire les conditions de plein air.

Mais il y a un hic: les parents semblent moins enclins à envoyer leurs enfants jouer dehors que par le passé; on pourrait également affirmer que les ordinateurs, les jeux vidéo et la meilleure qualité des programmes télévisés sont des tentations bien trop grandes pour les bambins. Selon une étude de 2004 réalisée par l’Université du Michigan, en 2002, l’enfant moyen passait deux fois moins de temps à l’extérieur que celui de 1981. En Amérique, la myopie n’a certes pas atteint les niveaux observés en Asie –mais elle progresse rapidement. Une étude de 2009 montre que la prévalence de ce trouble a fortement augmenté chez les Américains âgés de 12 ans à 54 ans (25% au début des années 1970 contre 42% au tournant du millénaire).

Lorsque j’étais petit, mes parents m’ordonnaient souvent d’éteindre la télé et d’aller profiter du soleil. Peut-être les pères et les mères d’aujourd’hui devraient-ils adopter cette nouvelle formule: «Va jouer dehors, ou tu vas finir aveugle!»

Brian Palmer

http://www.slate.fr/

En 2050, une personne sur deux sera myope


Il y a plusieurs causes à la génétique, mais une augmentation de ce problème aux yeux dans les années avenir est inquiétantes dû à notre mode de vie plus sédentaire (chez les moins de 25 ans)  et ayant des activités qui requièrent qu’une courte distance pour la vision
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En 2050, une personne sur deux sera myope

 

Entre 2010 et 2050, le nombre de cas de myopie sera multiplié par 1,75 | Luis Romero via Flickr CC License by

Entre 2010 et 2050, le nombre de cas de myopie sera multiplié par 1,75 | Luis Romero via Flickr CC License by

Une étude estime que d’ici 2050 4,8 milliards de personnes auront besoin d’une correction pour voir de loin.

La myopie sera la maladie du XXIe siècle. Les projections d’une nouvelle étude, publiée dans le journal Ophthalmology et repérée par The Atlantic, font froid dans le dos. Dans un peu plus de quarante ans, la moitié de la population mondiale sera myope. Et ces chiffres ne sortent pas de nulle part: pour aboutir à ces résultats, les chercheurs ont réalisé une méta-analyse recoupant 145 études portant sur un total de 2,4 millions de personnes.

La progression de ce trouble de la vision sera, selon leurs calculs, phénoménale: entre 2010 et 2050, le nombre de cas de myopie sera multiplié par 1,75. En 2010, 2 milliards de personnes étaient myopes (soit 28,3% de la population) et 277 millions de personnes, dont 277 millions atteintes de forte myopie (soit 4% de la population). En 2050, 4,8 milliards d’individus seront touchés (49,8%), dont 938 millions (9,8%) seront à risque de développer un glaucome, une cataracte, d’être victime d’un décollement de la rétine ou d’une dégénérescence maculaire en raison d’une forte myopie.

Ceci dit, tous les pays ne seront pas touchés dans les mêmes proportions. Les zones les plus à risque: les pays développés. En Europe de l’Ouest, il est par exemple prévu que la prévalence de la myopie passe à 56,2% en 2050 (contre 21,9% en 2000 et 28,5% en 2010). En cause: nos modes de vie.

Manque de lumière naturelle

«L’augmentation projetée de myopie et de forte myopie est suscitée par des facteurs environnementaux», écrivent les chercheurs.

D’abord, le fait de passer moins de temps à l’extérieur. On sait en effet depuis une étude parue en 2012 dans The Lancet que la lumière naturelle est un élément protecteur dès la naissance et jusqu’à 25 ans. Parce qu’elle empêche une croissance excessive de l’œil.

Or un œil myope est un «œil trop long», expliquait alors Pascale Santi dans Le Monde: «La distance entre la cornée et la rétine est trop importante.»

Autre facteur de risque: les activités qui sollicitent une vision de près. Comme la lecture, sur papier ou écran. Or, selon les résultats du baromètre 2015 de la santé visuelle, les Français passent cinq heures et trente-sept minutes par jour en moyenne devant des écrans.

Le problème, estiment les auteurs, c’est que ces styles de vie vont continuer à croître au fur et à mesure que les pays s’urbaniseront et se développeront, d’où leurs projections très pessimistes. Sauf si nous décidons (peut-être y serons-nous contraints et forcés) de leur donner tort et de passer plus de temps dehors et moins devant nos écrans.

http://www.slate.fr/

La lumière naturelle pour éviter la myopie


Pendant l’enfance, la lumière naturelle est importante pour l’oeil, il pourrait éviter peut-être la myopie pendant son adolescence
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La lumière naturelle pour éviter la myopie

 

 

La croissance de l’œil, qui se poursuit jusqu’à l’adolescence, est régulée par la quantité de lumière naturelle que la rétine perçoit chaque jour. © ISOPIX/SIPA

La croissance de l’œil, qui se poursuit jusqu’à l’adolescence, est régulée par la quantité de lumière naturelle que la rétine perçoit chaque jour. © ISOPIX/SIPA

La hausse des cas de myopie chez les adolescents asiatiques s’expliquerait par une exposition insuffisante à la lumière du jour qui finit par déformer l’œil.

Comment expliquer la brutale augmentation du nombre d’adolescents myopes en Asie ? Le mode de vie urbain et la pression des études, qui forcent l’œil à toujours accommoder une vision de près, ne suffisent pas à expliquer le phénomène. Des chercheurs chinois et canadiens révèlent en effet qu’une exposition insuffisante à la lumière naturelle pourrait en être responsable.

Ils ont placé sous lumière naturelle, durant les premiers mois de leur vie, des macaques portant des verres déformants (pour mimer les contraintes subies par l’œil chez l’enfant), et ont constaté qu’ils ne devenaient pas myopes à l’adolescence contrairement à ceux qui étaient exposés à la lumière artificielle. Cela confirme que la croissance de l’œil, qui se poursuit jusqu’à l’adolescence, est régulée par la quantité de lumière naturelle que la rétine perçoit chaque jour. Quand cette lumière fait défaut, l’œil finit par se déformer, ce qui conduit à la myopie.

© B. Lafon – source : I. Morgan, Australian National University

http://www.sciencesetavenir.fr/

Épidémie de myopie chez les enfants


A part l’hérédité, la myopie semble toucher de plus en plus d’enfant partout dans le monde. L’accès aux écrans d’ordinateur, tablettes seraient devenu des ennemis pour les yeux des jeunes
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Épidémie de myopie chez les enfants

 

Examen chez l'optométriste

Examen chez l’optométriste Photo :  Radio-Canada

Les enfants souffrant de myopie sont deux fois plus nombreux qu’il y a 20 ans en Amérique du Nord, et ce trouble de la vision se développe de plus en plus tôt, selon plusieurs études scientifiques. La surutilisation des écrans serait en cause.

« La myopie peut sembler banale pour monsieur, madame Tout-le-monde », affirme Langis Michaud, professeur à l’École d’optométrie de l’Université de Montréal. « Là où il faut être préoccupé, c’est quand on dépasse un niveau moyen. »

Aujourd’hui, les optométristes diagnostiquent des cas de myopie dès l’âge de 6 ans, alors que dans les années 90, le problème oculaire apparaissait vers la puberté. Si rien n’est fait, on pourrait voir exploser le nombre de personnes dont le stade de myopie atteint la cécité. C’est qu’en se déclarant plus tôt, la myopie a plus de temps pour progresser avant de se stabiliser vers 22 ans.

« La préoccupation actuellement à travers le monde, c’est d’empêcher les jeunes myopes d’atteindre ce niveau où ils deviennent à risque de pathologie. »— Langis Michaud, professeur à l’École d’optométrie de l’Université de Montréal

Avoir les écrans à l’oeil

Un jeu pour tablette électronique

Un jeu pour tablette électronique Photo :  Radio-Canada

Bien que le facteur héréditaire soit une des raisons principales expliquant la myopie, les longues heures passées devant les téléviseurs, les ordinateurs, les tablettes et les téléphones intelligents contribuent au problème.

« L’écran lui-même n’émet pas de radiations nocives, précise le professeur Michaud. C’est le fait de travailler souvent et beaucoup dans des environnements qui stimulent beaucoup notre oeil à différentes distances. » L’œil se fatigue donc plus vite.

Solutions

Des médicaments ont été développés pour lutter contre la myopie. Leur utilisation n’est toutefois pas recommandée pour les enfants puisqu’il a été constaté qu’à l’arrêt de la prise des médicaments, les symptômes réapparaissaient de façon encore plus marquée.

Un verre de contact

Un verre de contact Photo :  Radio-Canada

L’utilisation de lentilles de contact, en plus d’être souvent privilégiée pour des raisons esthétiques, permet de lutter contre la myopie. Un ralentissement de 30 à 40 % de sa progression a été constaté chez certains patients.

« Le verre de contact est toujours vis-à-vis l’endroit où l’oeil regarde, donc peu importe où l’oeil se déplace, si la lentille est bien centrée, elle va toujours suivre l’oeil, explique Langis Michaud. Alors que dans une lunette, l’enfant va regarder dans différentes parties de la lunette. »

Une épidémie mondiale

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire la sonnette d’alarme. Si le nombre de cas de myopie est préoccupant en Amérique du Nord, il l’est encore plus en Europe et en Asie, où jusqu’à 98 % des adultes sont myopes dans certains pays.

L’OMS s’est fixé comme objectif d’éliminer, d’ici 2020, les cas de cécité évitables. Combattre la myopie fait partie de la solution. L’OMS fait également valoir que des citoyens qui voient bien demeurent actifs et peuvent ainsi contribuer à stimuler l’économie de leur pays.

http://ici.radio-canada.ca/

Pourquoi la lumière est vitale pour notre santé


La lumière naturelle et même artificiel est important dans notre vie. En hiver, la lumière est encore plus importante pour éviter la dépression, favoriser le sommeil et avec l’âge de mieux vieillir
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Pourquoi la lumière est vitale pour notre santé

 

Si notre imaginaire associe la lumière à la vie, c’est qu’il y a des raisons ! Nous avons en effet besoin d’elle pour bien voir, bien grandir, bien vieillir et rester de bonne humeur.

La lumière aide à avoir une bonne vue

Deux récentes études, à Taiwan et au Danemark, ont montré que les enfants qui jouent beaucoup à l’extérieur ont moins de risque de développer une myopie. La lumière boosterait la dopamine, un neurotransmetteur nécessaire au fonctionnement de la rétine.

Que se passe-t-il quand on manque de lumière ?

 » On rapproche l’objet de ses yeux, ce qui entraîne un phénomène d’hyperaccomodation « , explique le Pr Christian Corbé.

Insensiblement l’œil grandit et devient trop long : c’est la myopie. Les veilleuses nocturnes favorisaient aussi la myopie. Sans compter qu’une bonne vision, donc un bon éclairage, participent au développement cérébral. Mais il n’y a pas que l’œil qui a besoin de lumière pour bien grandir. Sans lumière, pas de vitamine D, or cette vitamine est essentielle à la croissance ostéo-articulaire.

En pratique : on multiplie les activités de plein air pour les enfants, on limite leur accès aux écrans, on veille à ce que leur chambre dispose d’un bon éclairage le soir, et on maintient la pénombre pendant la nuit.

La lumière booste le moral

C’est en 1984 qu’un psychiatre américano-sud-africain le Dr Norman Rosenthal a identifié le phénomène de dépression saisonnière. Il a en effet montré que la lumière jouait un rôle essentiel dans la régulation de nos horloges biologiques. On l’utilise aujourd’hui pour lutter contre la dépression hivernale ou pour remettre nos pendules à l’heure après un décalage horaire. La stimulation de la rétine par les rayons lumineux entraîne une réaction du cerveau qui produit notamment de la sérotonine, un neurotransmetteur qui joue un rôle dans la sensation de bien-être.

En pratique : marcher tous les jours à l’extérieur : même par temps gris, il y a plus de lumière dehors que chez soi ! Opter pour des murs blancs qui réfléchissent bien la lumière est une bonne idée. En cas de fragilité, on peut utiliser un simulateur d’aube ou une lampe de luminothérapie.

La lumière aide à mieux vieillir

Conserver un bon sommeil est un des meilleurs moyens de rester vif et actif. Or, rappelait le Pr Françoise Forette, gériatre, directrice de l’ILC (Centre international sur la longévité) à l’occasion d’une journée organisée par l’AFE (Association française de l’éclairage), ce rythme veille-sommeil est souvent perturbé avec l’avancée en âge : on dort le jour et on fait des insomnies la nuit.

S’exposer à la lumière dans la journée aide à réguler son rythme veille-sommeil. Et la gérontologue de souligner les nombreux impacts positifs de la lumière chez les personnes âgées :

« cela permet de mieux voir l’environnement et d’éviter les chutes, de lire et d’avoir des activités intellectuelles stimulantes, de freiner l’ostéoporose, de lutter contre la dépression qui est un véritable fléau chez les seniors ».

Par ailleurs, précise le Pr Christian Corbé, ophtalmologiste des hôpitaux, président du collège Santé de l’AFE, un bon éclairage améliore les facultés d’attention.

En pratique : on ouvre ses volets en grand dès le matin, on se promène tous les jours, si possible aux heures les plus lumineuses de la journée, on élimine les vieilles ampoules 40 watts et on les remplace par des éclairages plus puissants.

http://www.topsante.com/

Freiner la myopie… sans opération!


Connaissez-vous l’orthokératologie ? Une méthode pour aider les enfants atteints de myopie de d’améliorer et de stabiliser leur vision. Cela n’empêchera pas la myopie de prendre du terrain une fois adulte, mais peut-être, il sera moins fort que prévu. Il y a du pour par les résultats spectaculaires mais aussi du contre a cause des risques d’infections sévère a l’oeil. Mais surement qu’avec les années, cette méthode aura une grande place en optométrie
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Freiner la myopie… sans opération!

 

L'orthokératologie permet de ralentir la progression de la... (Photo Masterfile)

L’orthokératologie permet de ralentir la progression de la myopie chez les enfants.

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SOPHIE ALLARD
La Presse

Une technique offerte depuis peu au Québec permet de stopper la progression de la myopie chez les enfants, et ce, sans intervention chirurgicale. Encore méconnue du grand public, l’orthokératologie – ou le port de lentilles de nuit – fait de petits miracles.

Antoni, âgé de 10 ans, est fortement myope. Sa vision s’est mise à décliner soudainement lorsqu’il était en première année. Il se plaignait d’avoir de la difficulté à lire au tableau en classe. Lorsqu’il regardait un match de hockey à la télévision, il peinait à suivre la rondelle. Un caprice pour avoir des lunettes comme son ami Éloi, ont d’abord pensé ses parents.

Par précaution, ils ont tout de même accompagné Antoni chez l’optométriste. À leur grand étonnement, l’examen a révélé une légère myopie (-2 dioptries). En septembre, sa vision était pourtant parfaite. Le déclin s’est poursuivi de façon constante, et pas très rassurante.

«Tous les six mois, on se rendait chez l’optométriste. Sa vue baissait à tout coup. On avait de la difficulté à suivre le rythme avec les lunettes, qui devenaient rapidement inadéquates», raconte Manon Lavoie, mère d’Antoni.

En 2013, le garçon présentait une myopie de -6, incapable même de voir clairement sa table de chevet à partir de son lit!

«Existe-t-il un moyen de freiner la progression de la myopie?», ont demandé sans relâche les parents d’Antoni au fil des consultations.

Non, leur répondait l’optométriste en haussant les épaules. Puis, l’automne dernier, la réponse a changé. On leur proposait maintenant l’orthokératologie. Coïncidence? La clinique venait de se doter d’un appareil essentiel à cette technique… qu’elle proposait à fort prix!

« Je n’avais aucune idée de ce que c’était. J’étais bien fâchée de ne pas en avoir été informée avant, surtout que l’efficacité est optimale à -4», déplore Manon Lavoie.

Ils ont néanmoins décidé de tenter le coup dans une nouvelle clinique. Avec succès.

Comme un cadeau

Antoni a reçu ses lentilles de nuit un mois avant Noël, comme un cadeau inespéré. Après à peine trois nuits de traitement, sa vision était presque parfaite.

«Ça faisait tellement longtemps qu’on l’avait pas vu sans lunettes. Il peut désormais jouer au hockey et au soccer sans support visuel», raconte sa mère.

Il est toujours un peu nerveux quand sa mère met ses lentilles avant le coucher, mais s’il avait à choisir, il aurait commencé le traitement bien avant, confie-t-il.

«C’est vraiment génial!», s’exclame le garçon.

Il a même commencé à mieux dormir la nuit. Enfin, il sait à quoi ressemble sa chambre dans la pénombre. Avant, il ne s’endormait que s’il y avait de la lumière. Plus maintenant.

Son plus récent examen de suivi, il y a quelques semaines, a révélé une myopie de… -1,5 dioptrie.

«On vient de lui commander des lunettes pour l’école, mais elles sont tellement moins fortes que celles qu’il portait. C’est le jour et la nuit. On a une tranquillité d’esprit en sachant que ça va stabiliser la myopie ou, à tout le moins, en ralentir la progression. En prime, Antoni a une meilleure vision au quotidien. Pour nous, ça n’a pas de prix.»

Ralentir la progression

Portées la nuit, les lentilles d’orthokératologie sont rigides et exercent une pression spécifique sur l’oeil. Elles remodèlent la courbure de la cornée centrale sur une petite zone et, ce faisant, corrigent de façon temporaire la myopie. Au matin, après le retrait des lentilles, la vue est claire.

«La correction s’opère rapidement: de 75 à 80% de la réduction visée est achevée après une seule nuit de port. L’effet total de la correction survient de 7 à 10 jours après le début du traitement», indique Langis Michaud, professeur titulaire à l’École d’optométrie de l’Université de Montréal et président de l’Ordre des optométristes du Québec.

Le jour, l’oeil garde en mémoire la forme induite par la pression de la lentille. Mais cette mémoire est de courte durée. Dès 24 heures après l’arrêt du traitement, la myopie revient au galop de façon aussi rapide qu’elle a été compensée.

«Une bonne vision au quotidien, c’est bien. Mais le but premier de l’orthokératologie moderne est de ralentir la progression de la myopie. C’est la première méthode non chirurgicale qui montre une telle efficacité, indique Langis Michaud. Chez les enfants dont la myopie progresse rapidement, les effets sont même supérieurs que chez les myopes légers, selon de récentes études.»

Le taux de succès en prévention de la progression de la myopie tourne autour de 80 à 90%, souligne le professeur d’optométrie.

«Ça ne veut pas dire que la myopie de l’enfant n’augmentera plus, mais elle va peut-être augmenter de 0,25 par année au lieu de 1. Au bout de quelques années, quand l’oeil aura atteint sa maturité, ça fera une bonne différence.»

À l’âge adulte, la myopie sera moins marquée. C’est vrai même si le traitement est stoppé après quelques années.

Agir tôt

Plus on agit tôt, mieux c’est. La myopie s’installe parfois dès 6 ans. Si la on corrige avec des lunettes, on ne fait qu’aggraver la situation, indique M. Michaud.

«La correction de la myopie avec une lunette est très droite, alors l’image est très claire au niveau central, mais ça crée une perte de focus en périphérie de la rétine. On sait depuis cinq ou six ans que l’oeil réagit en s’allongeant et que ça crée de la myopie.»

À l’affût des récentes découvertes, l’industrie s’adapte et commence à proposer des lunettes spécialement conçues pour stopper la myopie.

«Comme il n’y a pas de contact direct avec l’oeil, le taux de succès est moindre [de 50 à 60 %] qu’avec l’orthokératologie», précise le professeur d’optométrie.

Depuis un an, on offre également sur le marché des lentilles souples de jour pour ralentir la myopie.

«Des résultats positifs ont été publiés il y a quelques mois. Tout le monde est excité, mais j’ai une approche prudente. C’est intéressant à essayer pour les patients intolérants à la lentille rigide, mais on verra dans quelques années à quel point c’est efficace. C’est embryonnaire. Avec l’orthokératologie, on a un recul de 10 à 15 ans. On travaille sur des bases solides, on a des résultats très pertinents.»

Antoni et ses parents, déjà heureux des effets quotidiens, sont confiants.

La technique en cinq points

Pour qui?Les enfants de 8 ans et plus.

«On considère que c’est l’âge idéal pour inculquer de bonnes habitudes d’hygiène. Plus tôt, les parents doivent être prêts à collaborer, l’entretien doit être fait méticuleusement et l’enfant doit savoir ce qu’est une sensation anormale dans l’oeil.»

 En contrepartie, si le traitement débute à 12 ans ou plus, c’est risqué parce que les adolescents, surtout les garçons, se sentent invincibles et sont moins vigilants en ce qui concerne l’hygiène, selon Langis Michaud, professeur d’optométrie à l’Université de Montréal.

Combien ça coûte?

Entre 800 et 1500$ en moyenne. À ce jour, le traitement n’est pas couvert par les compagnies d’assurances ni par l’assurance maladie.

Où l’offre-t-on? 

Dans une quinzaine de cliniques de Montréal, Québec et Sherbrooke.

«C’est une technique appelée à croître, estime M. Michaud. Les diplômés des 10 à 15 dernières années [qui représentent de 40 à 50% de la profession] sont formés à l’orthokératologie. Tous ne l’appliquent pas, mais ils sont en mesure de vous orienter.»

Le coût d’un topographe cornéen, essentiel à l’évaluation, a diminué et est passé de 40 000 à 15 000$ en quelques années, d’où l’intérêt nouveau des professionnels.

Comment se déroule le traitement?

Évaluation.

«Si la cornée est très rigide et plus épaisse de nature, et si son taux d’aplatissement est très faible, on n’obtiendra pas de résultats concluants», explique M. Michaud

Adaptation. On mesure une première fois la topographie de la cornée et, après la réception des lentilles, on procède à l’essayage. On s’assure que la lentille convient à l’oeil et on donne les instructions de manipulation et d’entretien.

Suivi. Le premier suivi se fait idéalement au lendemain de la première nuit de port (avec lentille sur l’oeil), et un deuxième rendez-vous a lieu la semaine suivante. S’il y a présence d’oedème ou d’anomalie, on procède alors à des ajustements et à une nouvelle commande de lentilles. «Environ 15% des cas nécessitent des ajustements», précise M. Michaud. L’effet obtenu doit correspondre à 70% de la cible.

À long terme. On se présente tous les trois mois durant un an et tous les six mois par la suite.

Y a-t-il d’autres applications?

On utilise l’orthokératologie – quoique plus rarement – pour corriger l’hypermétropie, l’astigmatisme et la presbytie (en monovision).

Une technique risquée?

 

La Société canadienne d’ophtalmologie (SCO) «ne cautionne pas l’utilisation de l’orthokératologie dans la tentative de réduire la myopie, car il y a des risques importants pour la santé des yeux et la vision», selon l’énoncé de principes et de politique de la SCO publié en 2007.

Le président de la SCO a refusé de nous accorder une entrevue, mais nous a dirigé vers cet énoncé.

«L’utilisation de lentilles cornéennes rigides perméables au gaz n’empêchera pas la myopie de progresser et tout effet temporaire bénéfique est réversible si l’utilisation des lentilles cornéennes est interrompue. Nous pensons que cet avantage ne justifie pas les risques», indique-t-on.

L’American Academy of Ophtalmology tient le même discours.

Selon des rapports publiés en 2005, la kératite microbienne est associée à l’utilisation nocturne de lentilles cornéennes rigides perméables au gaz ortho-k, note la SOC.

«La majorité des infections signalées sont centrales et graves, causées par des organismes agressifs tels que les bacilles Gram négatifs ou Acanthamoeba.»

«Il demeure un grand danger de dormir avec les lentilles, admet le professeur d’optométrie Langis Michaud. On augmente de cinq fois le risque de contracter un ulcère cornéen ou une pathologie cornéenne majeure qui peut induire des cicatrices et rendre la personne aveugle. D’où l’importance d’une bonne hygiène.»

Cela dit, les infections graves sont très rares aujourd’hui, estime-t-il. «Les ophtalmologistes se fient aux données des années 80, époque où il y avait un taux d’infection majeur.»

Avec les nouvelles lentilles (offertes depuis environ 10 ans), «ça ne tient pas la route». «L’encadrement de la pratique a été resserré et le taux d’infection a baissé.»

http://www.lapresse.ca/