La musique aide-t-elle à se concentrer? Ça dépend…


La musique pour se concentrer ? La science ne peut pas donner le genre de musique, car nous sommes tous différents en matière de goût. Par contre, tout dépendant de la tâche à accomplir. Personnellement, mes meilleurs travaux au Cégep étaient non pas à l’écoute de la musique, mais au bourdonnement de paroles à la cafétéria.
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La musique aide-t-elle à se concentrer? Ça dépend…


ZEPHYR18 VIA GETTY IMAGES


La science fournit quelques bases sur lesquelles fonder son choix musical.

  • Jean-Benoit Legault La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Mozart ou Metallica? Beethoven ou les Beastie Boys? Et quel Armstong préférez-vous: Louis ou Billie Joe?

C’est bien connu, tous les goûts (musicaux, dans ce cas-ci) sont dans la nature. Quand vient le temps de choisir une trame sonore pour mieux se concentrer ou mieux apprendre, il risque donc d’y avoir autant de bonnes réponses qu’il y a d’individus.

«Il y a la notion des goûts personnels et le fait qu’il n’y a pas une recette pour tout le monde, a dit la professeure Nathalie Gosselin, du Laboratoire BRAMS de l’Université de Montréal. C’est certain qu’on aimerait ça avoir la musique magique qui va faire que tout le monde va pouvoir se concentrer; malheureusement ce qui pourrait fonctionner pour un individu va peut-être agacer ou même nuire à quelqu’un d’autre. Il y a peu de chances qu’on utilise une musique qui va être bonne pour tout le monde.»

En janvier 2018, la journaliste Sara Chodosh en arrivait à une conclusion étonnante dans les pages du magazine Popular Science: la meilleure musique pour se concentrer serait celle… des jeux vidéo.

En effet, écrivait-elle à ce moment, ce genre musical est spécifiquement conçu pour à la fois «stimuler vos sens et se fondre dans l’arrière-plan de votre cerveau, puisque c’est l’objectif de cette trame sonore».

 Il y a toutefois une faille importante dans son argumentation: elle ne cite aucune étude scientifique en appui à sa conclusion et procède plutôt par élimination et par déduction.

«En sciences, on est très précis, on va dans les détails, et c’est très rare que la réponse est très franche, clairement oui ou clairement non. Il y a toujours une zone grise», a répliqué Mme Gosselin.

D’autant plus que la littérature scientifique sur le sujet est loin d’être unanime. Certaines études concluent que la musique est bel et bien en mesure d’avoir un effet positif sur la concentration ou la cognition; d’autres, en revanche, affirment qu’il n’en est rien du tout, quand elles ne détectent pas carrément un impact négatif.

Le problème avec ces études, a expliqué Mme Gosselin, est qu’elles ne mesurent pas toutes la même chose, d’où la difficulté d’en arriver à une conclusion claire.

«Dans une étude on va demander de se concentrer sur un texte et ensuite de répondre à des questions de compréhension, alors que dans une autre tâche on va faire une étude sur l’attention très précisément, donc c’est difficile de comparer tous les types de tâches et d’avoir une seule réponse», a-t-elle illustré.

Un point de départ

Cela étant dit, poursuit Mme Gosselin, la science fournit quand même quelques bases sur lesquelles fonder son choix musical.

«Premièrement, quand on veut utiliser la musique pour améliorer sa concentration, sa cognition ou sa mémoire, on peut toujours se demander à quel type de tâche on fait référence», a-t-elle dit.

Par exemple, faire la vaisselle et remplir sa déclaration de revenus sont des tâches radicalement différentes qui solliciteront des fonctions cognitives différentes, «donc ça se pourrait que le fait d’améliorer potentiellement notre concentration avec de la musique puisse dépendre du type de tâche sur lequel on doit se concentrer», a précisé Mme Gosselin.

Si les tâches auxquelles on s’attaque nécessitent le langage, ajoute-t-elle, il est déconseillé «d’utiliser des musiques par exemple qui vont avoir des paroles». De même, «on va s’attendre à ce que les musiques dont le tempo est plus rapide vont peut-être avoir cet effet-là d’activation, alors qu’une musique dont le tempo est lent ou très lent, au contraire ça va plutôt favoriser le côté relaxation».

Mme Chodosh, la journaliste de Popular Science, cite d’ailleurs ces deux caractéristiques de la musique de jeux vidéo pour étayer son choix: l’absence de paroles et le tempo plutôt rapide de ce genre musical.

Même s’il n’y a pas de musique magique, il y a quand même des recommandations.Nathalie Gosselin, du Laboratoire BRAMS de l’Université de Montréal

Elle évoque ensuite «la théorie de l’activation et de l’humeur» qui a été formulée par des chercheurs il y a quelques années. Cette théorie partait d’un article publié par le magazine scientifique Nature et qui concluait que la musique de Mozart, et très spécifiquement la musique de Mozart, pouvait aider à réussir des tâches spatiales et en quelque sorte améliorer l’intelligence.

Mais les auteurs de la théorie ont éventuellement démontré, par le biais de multiples études, que ce n’était pas la musique en tant que telle qui générait cet effet, mais le fait que la musique a le pouvoir d’activer, de stimuler, d’éveiller nos sens, et aussi le pouvoir de nous mettre de bonne humeur — toutes des conditions qui favorisent la cognition.

«Ils ont fait une démonstration intéressante en demandant à de jeunes adolescents d’écouter de la musique populaire pour eux, et les mêmes effets d’amélioration sur la cognition étaient vus, alors que ce n’était pas de la musique classique ou du Mozart, a conclu Mme Gosselin. Il ne s’agit pas d’un type de musique en tant que tel.»

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Notre cerveau détermine à quel point nous aimons la musique


Moi, ce n’est pas que je n’aime pas la musique, mais souvent cela m’énerve plus qu’autre chose, je n’irais pas jusqu’a dire que je souffre d’anhédonie musicale,… Les savants ont mis une relation entre la matière blanche du cerveau et le système de récompense, ce qui fait apprécier la musique pour la plupart des gens.
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Notre cerveau détermine à quel point nous aimons la musique


Nathalie Mayer

Journaliste

Que nous aimions ou non la musique se joue dans la structure de notre cerveau. Au niveau de la substance blanche, pour être plus précis, ce tissu à travers lequel les différentes zones de notre système nerveux central communiquent.

La substance blanche, c’est un tissu constitutif de la partie interne de notre cerveau. Composée de fibres nerveuses, elle relie les différentes aires de la substance grise. Des chercheurs de l’université de Barcelone (Espagne) nous apprennent aujourd’hui que la façon dont cette substance blanche est structurée influence notre sensibilité à la musique.

Car oui, si nous sommes nombreux à apprécier écouter de la musique, certains ne l’aiment pas du tout. Les spécialistes disent que ceux-là souffrent d’anhédonie musicale. Pourtant, les chercheurs de l’université de Barcelone confirment désormais que cette étonnante pathologie n’est pas liée à une déficience du système de récompense.

Perception et récompense doivent fonctionner de concert

Les volontaires qui ont pris part à leur étude, en effet, ont bien activé, dans leur cerveau, ce circuit de la récompense lorsqu’il s’agissait de participer à un jeu offrant des gains d’argent. Ils ont pu le vérifier sur des images réalisées par résonance magnétique fonctionnelle.

Ces mêmes images ont permis aux chercheurs de noter une relation entre les structures de la substance blanche reliant le cortex musical et l’activité dans le système de récompense.

« Notre étude montre que la sensibilité musicale est liée aux structures de la substance blanche qui relient, d’une part, le cortex auditif supratemporal au cortex orbitofrontal, et d’autre part, le cortex orbitofrontal au striatum ventral — une structure impliquée dans le circuit de la récompense », précise Josep Marc-Pallares, chercheur à l’université de Bacelone.

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Les requins victimes de la musique des vidéos


Je trouve ce que n’est pas bête comme conclusion. Si des films peuvent avoir un impact sur notre opinion positive ou négative sur les animaux, alors pourquoi pas la musique de fond d’un film ou un documentaire. Les dents de la mer et sa musique n’a t’il pas été une des causes de cette peur des requins ? Si les documentaires prennent aussi une musique menaçante alors comment rendre l’opinion publique favorable pour la protection des requins ?
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Les requins victimes de la musique des vidéos


Marie-Céline Ray
Journaliste


Des images de requins sur la musique des Dents de la mer… Voilà comment renforcer l’image négative dont pâtissent ces animaux dans l’opinion publique.

Et cela continue : les fonds musicaux illustrant les documentaires seraient mal choisis, affirmait une étude de 2017, et renforceraient la mauvaise réputation de ces Sélaciens

En 1975, Les Dents de la mer montrait un requin qui terrorisait un groupe d’étudiants sur une île au large des côtes du Massachusetts. La musique du film, devenue célèbre, avait été composée par John Williams. Encore aujourd’hui, les requins n’ont pas une bonne image dans l’opinion publique, probablement à cause de la peur des attaques. Cette crainte instinctive est renforcée par la médiatisation de ces événements qui restent assez rares.

Mais aussi menaçants qu’ils paraissent, les requins ont besoin d’être protégés. Environ 100 millions de requins sont tués chaque année, ce qui est supérieur à leur taux de renouvellement. Conséquence : leurs populations déclinent. Le risque d’extinction est plus important pour les poissons chondrichtyens comme les requins et les raies que pour la plupart des autres vertébrés. Un quart des espèces de poissons chondrichtyens sont menacées à cause de la surpêche et la dégradation de leur habitat. Or les scientifiques ont aussi besoin du soutien de l’opinion publique pour mener à bien leurs efforts de conservation.

Contrairement aux films hollywoodiens, les documentaires sur les requins devraient rester objectifs en montrant la réalité de leur habitat naturel. Mais ces reportages utilisent-ils une musique appropriée ? Dans une étude parue dans Plos One, des chercheurs ont voulu savoir si la musique des documentaires sur les requins pouvait influencer l’opinion publique.

La musique de fond influence l’opinion du public sur les requins

Pour connaître l’effet de la musique des documentaires, les chercheurs de l’université de Californie San Diego à la Jolla ont recruté 2.181 personnes. Ces volontaires devaient regarder une vidéo d’une minute de la BBC, provenant de la série Blue Planet, qui montrait des requins qui nageaient innocemment. Certains ont regardé la vidéo avec la musique du documentaire (Sharks, une musique plutôt inquiétante), d’autres avec une musique plus apaisante (le thème principal de la série Blue Planet) et d’autres encore, dans le silence.

Les personnes qui ont regardé la vidéo avec sa musique originale inquiétante avaient plus d’attitudes négatives vis-à-vis des requins que celles qui la regardaient avec une musique apaisante ou sans. Ces attitudes négatives n’étaient pas seulement dues au thème musical mais à la combinaison de la musique avec la vidéo (il n’y avait pas d’effet du son sans les images). La musique de fond pourrait donc susciter de la peur chez les téléspectateurs.

Le problème est que cette opinion négative du public peut avoir un impact sur les efforts de conservation, comme l’explique Elizabeth Keenan, co-auteure de l’étude qui affirme dans Forbes : 

« Une opinion publique négative et la peur des requins continuent d’entraver les efforts de conservation. »

Conclusion : les réalisateurs de reportages sur les requins devraient éviter les musiques anxiogènes pour la survie de ces animaux.

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Le Saviez-Vous ► Tueurs en série: la troublante relation entre leur emploi et les meurtres commis


Étudier les tueurs en séries ne doit pas être une mince affaire et doit donner des sueurs froides. Il semble qu’il y ait des éléments communs qui les relient. Leur profession ! Certains s’en servent pour mieux cibler leurs victimes alors que d’autres intègrent leurs crimes à leur travail.
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Tueurs en série: la troublante relation entre leur emploi et les meurtres commis

 

Joseph James DeAngelo, 72 ans, soupçonné d'être le «Golden State Killer», responsable d'au moins une douzaine de meurtres et de 50 viols dans les années 1970 et 1980, est traduit en justice à la Cour supérieure du comté de Sacramento, en Californie. Les professions exercées par DeAngelo correspondent au profil des tueurs en série et des psychopathes. 

ASSOCIATED PRESS

Joseph James DeAngelo, 72 ans, soupçonné d’être le «Golden State Killer», responsable d’au moins une douzaine de meurtres et de 50 viols dans les années 1970 et 1980, est traduit en justice à la Cour supérieure du comté de Sacramento, en Californie. Les professions exercées par DeAngelo correspondent au profil des tueurs en série et des psychopathes.

Michael Arntfield

Professeur associé de criminologie et de littérature anglaise à l’Université Western

L’occupation professionnelle et les meurtres effectués en série sont souvent reliés et certains emplois, tant à temps plein qu’à temps partiel, sont étrangement surreprésentés chez ce type de tueurs.

L’arrestation l’an dernier de l’insaisissable Golden State Killer, dans ce qui a été sans doute la plus difficile et troublante constellation d’affaires non résolues interconnectées de l’histoire américaine, a soulevé plus de questions que de réponses.

L’une de ces questions est de savoir comment un cambrioleur, violeur et meurtrier en série a pu agir dans de si nombreux endroits simultanément et, tout comme dans le cas de Paul Bernardo au Canada, sans que les autorités policières ne puissent faire de connexions entre ces crimes commis dans plusieurs villes différentes.

Une autre question, évidemment, est de savoir comment un policier comme Joseph DeAngelo, la personne accusée d’être le tueur du Golden State, finalement trahi par son ADN, a pu faire preuve d’une telle brutalité sadique au cours de sa carrière brève et troublée au sein des forces policières.

Des questions semblables ont été soulevées par le passé à propos d’autres criminels, tueurs en série, dont les emplois inoffensifs, voire vertueux, ont semblé dissimuler les horreurs qu’ils commettaient en se camouflant sous un vernis de respectabilité. On pense à ce Canadien tristement célèbre, le colonel Russell Williams (qui a déjà piloté un avion de dignitaires, entre autres la reine Élisabeth), et au propriétaire moins connu d’une boutique d’électronique, un homme d’affaires bien en vue de Nashville, Tom Steeples, qui a tué trois personnes pour le simple plaisir avant de se suicider alors qu’il était en garde à vue.

En fait, l’occupation et les meurtres en série sont souvent reliés et certains emplois, tant à temps plein qu’à temps partiel, sont étrangement surreprésentés chez les tueurs en série. Si bien qu’au cours des 50 dernières années, certaines tendances dominantes sont apparues.

Comme exposé dans mon livre récent, Murder in Plain English,ces occupations sont réparties en quatre catégories selon les qualifications, la formation et le roulement. Certaines pourraient vous surprendre, d’autres pas.

Répartition des emplois des tueurs en série

— Trois premiers métiers spécialisés des tueurs en série: 1. Machiniste/assembleur d’aéronef; 2. Cordonnier; 3. Rembourreur automobile.

— Trois premiers métiers semi-spécialisés des tueurs en série: 1. Travailleur forestier/arboriste; 2. Camionneur; 3. Gérant d’entrepôt.

— Trois premiers métiers non spécialisés des tueurs en série: 1. Manœuvre (déménageur, paysagiste, etc.); 2. Bagagiste d’hôtel; 3. Pompiste.

— Trois premières professions/fonction publique: 1. Agent de police/sécurité; 2. Personnel militaire; 3. Autorité religieuse.

Évidemment, toutes les personnes qui occupent ces emplois ne sont pas des tueurs en série ni sont susceptibles de le devenir!

Mais il y a quelque chose concernant ces emplois qui attire viscéralement les délinquants ou qui nourrit les impulsions des tueurs en série en devenir, ce qui fait qu’ils sont curieusement surreprésentés dans cette classe rare de meurtriers.

DeAngelo, le tueur présumé du Golden State, par exemple, a effectivement occupé trois de ces emplois au cours de sa vie: agent de police, militaire (il avait précédemment fait partie de la marine) et, de façon marginale, camionneur, bien que sa carrière après son emploi de policier (il a été congédié en 1979 pour vol à l’étalage) se soit passée en grande partie comme mécanicien pour une flotte de camions frigorifiés d’une épicerie.

Époque révolue

Après un examen plus attentif de ces occupations, on découvre une époque révolue en termes d’emplois disponibles — des occupations qui, tout en étant répandues et accessibles aux tueurs des années 60, 70 et 80 — sont maintenant largement désuètes. Le marché de l’emploi change et, par conséquent, la relation troublante, mais légitime entre le meurtre et le travail.

Le passage vers une économie typiquement contractuelle, basée sur les services et propulsée par la technologie, ce qu’on appelle souvent le travail précaire, parallèlement avec la disparition des cheminements de carrière plus traditionnels, auront évidemment des effets marqués non seulement sur les emplois occupés par les délinquants, mais aussi sur la façon dont ils s’emparent de leurs victimes.

Tel qu’abordé dans mon livre à venir, Monster City, il y a eu une hausse abrupte de meurtres en série à Nashville avec l’éclosion de la «nouvelle» musique country dans les années 80 et 90, offrant aux tueurs en devenir un accès à de nouvelles victimes.

Les tueurs en série se servaient jadis du couvert de leur emploi pour traquer et attraper une victime spécifique ou des types de victimes (Dennis Rader, Roger Kibbe et Bruce Mendenhall nous viennent tous immédiatement à l’esprit). Mais une nouvelle recherche indique que les activités de loisir comme la musique, incluant les interactions en ligne, pourraient être la nouvelle voie qu’utilisent les tueurs en série pour se tenir à l’affût de leurs victimes.

C’est aussi là où, mentalement, ils mettent en scène leurs crimes: à mi-chemin entre un espace public hors ligne et un univers professionnel en régression.

Dans ce croquis, le tueur en série Bruce McArthur comparaît par vidéo devant un tribunal de Toronto en...

CP/ALEXANDRA NEWBOULD Dans ce croquis, le tueur en série Bruce McArthur comparaît par vidéo devant un tribunal de Toronto en avril 2018.

Dans ce contexte, nous verrons probablement arriver — en revenant une fois de plus sur le tueur en série de Toronto, Bruce McArthur, qui a plaidé coupable en février et écopé de 25 ans de prison ferme —des catégories professionnelles-récréatives floues pour classifier ces tueurs. Elles impliquent des dimensions de vie à la fois en ligne et hors ligne et ce nouveau paradigme nous forcera à ajuster la liste des emplois les plus communs parmi les tueurs en série.

Le risque, évidemment, c’est que l’«occupation» en question est toujours en train de changer. Une «occupation» désigne-t-elle par exemple un poste principal, un engagement à temps partiel, ou même juste un passe-temps rémunéré?

Les passe-temps ainsi que les professions à considérer?

Peut-elle aussi comprendre un passe-temps non rémunéré par lequel une personne se définit? Une consultation rapide des principaux «influenceurs» et «réseauteurs ouverts» de LinkedIn, par exemple, révèle que plusieurs personnes inscrivent en fait leurs passions et passe-temps, et non leur emploi rémunéré, comme occupation première.

Dans le cas McArthur, nos constatons que même s’il correspond à la catégorie «manœuvre», en tant que paysagiste et non juste comme tondeur de gazon, de même que propriétaire de sa propre entreprise, il ne répond à aucune définition professionnelle claire.

Et pourtant, comme nous l’avons déjà appris par la découverte morbide du charnier sur la propriété d’un client sur Mallory Crescent à Toronto, l’occupation de l’accusé était primordiale dans la commission des crimes et dans la façon dont il a disposé des victimes — elle faisait partie intégrante de son modus operandi.

Alors que plusieurs tueurs se servent de leur emploi comme prétexte pour attraper des victimes vulnérables, obtenir de l’information ou assouvir des fantasmes de violence pour des raisons que ne nous ne comprenons pas encore entièrement, dans le cas de McArthur, l’occupation a facilité l’aboutissement de de ses crimes, et non leur inspiration, comme dans le cas du «cannibale de Milwaukee», Jeffrey Dahmer. Ce dernier a déjà admis que son travail comme opérateur dans une fabrique de chocolat avait éveillé en lui des pulsions d’homicides et de nécrophiles qu’il aurait autrement écartées.

Qu’en est-il des psychopathes?

Alors que nous commençons à redessiner la carte associant les cheminements des carrières et les meurtres en série, il peut aussi être utile d’observer une autre liste plus connue des occupations surreprésentées chez les psychopathes.

Même si les psychopathes ne sont pas tous des tueurs en série, la psychopathie — ou à tout le moins, la possession de traits psychopathes — est un dénominateur commun chez les tueurs en série, les agresseurs sexuels et la plupart des criminels violents.

Voici leurs 10 premières occupations selon un psychologue de l’Université d’Oxford:

  1. PDG ou cadre d’entreprise
  2. Avocat
  3. Personnalité des médias
  4. Vendeur
  5. Chirurgien
  6. Journaliste ou chef d’antenne
  7. Policier
  8. Autorité religieuse
  9. Chef cuisinier
  10. Divers postes de fonctionnaires (militaire, conseil municipal, service correctionnel, etc.)

En recoupant les deux listes, nous pouvons voir que même au sein d’une économie en perpétuel changement, certains emplois semblent toujours plus attirants pour des personnes au sujet desquelles nous serons stupéfaits d’apprendre plus tard qu’elles avaient réussi à s’acquitter de ce type de travail tout en étant des monstres parmi nous. Tueurs en série: la troublante relation entre leur emploi et les meurtres

La version originale de cet article a été publiée sur La Conversation.

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La musique change-t-elle le goût du fromage ?


Vous connaissez la sonochimie ? c’est l’étude des vibrations sonores sur les objets. Ici les objets sont des meules de fromage emmental. L’idée était de faire jouer diverses musiques pendant quelques mois de fermentation. Il semble qu’un genre de musique a retenu l’attention lors de la dégustation. Les bactéries, auraient-elles l’oreille musicale.
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La musique change-t-elle le goût du fromage ?

 

Céline Deluzarche
Journaliste

 

Soumises à des musiques de styles différents durant leur affinage, des meules de fromages ont été dégustées par des experts qui sont formels : le hip-hop donne un meilleur goût. Cette curieuse discipline a même un nom, c’est la sonochimie.

La région de l’Emmental est célèbre pour son fromage éponyme au lait cru, reconnaissable immédiatement à ses nombreux trous. Sa fabrication n’a pas fondamentalement évolué depuis le XIIIe siècle, mais il est possible d’obtenir un grand nombre de textures et de saveurs, en jouant par exemple sur la durée d’affinage, l’humidité, la température ou les bactéries utilisées. Mais un autre critère pourra désormais être mis en œuvre : la musique. Persuadé que celle-ci influence le goût du fromage, Beat Wampfler a voulu en avoir le cœur net. Ce fromager-affineur de Berthoud, dans l’ouest de la Suisse, a convaincu la Haute école des Arts de Berne de mener une expérience scientifique sur le sujet. Intitulée « Insonifier le fromage : entre acoustique et gastronomie », celle-ci a démarré en août dernier.

La Flûte enchantée de Mozart ou Heaven de Led Zeppelin ?

De petites meules d’emmental d’environ 40 cm de diamètre ont été installées dans des caisses en bois avec une enceinte diffusant de la musique en continu et par en-dessous, un fromage non sonorisé servant de référence. Parmi les huit mélodies testées : la Flûte enchantée de Mozart, Stairway to Heaven de Led Zeppelin, un morceau du groupe de hip-hop A Tribe called quest, un morceau de techno et des sons « sinusoïdaux » (des ondes sonores uniformes de hauteurs différentes).

Un jury d’experts s’est réuni le 16 mars dernier à Berthoud pour déterminer si les meules d’Emmental avaient un goût différent selon la musique à laquelle elles avaient été exposées. © Fabrice Coffrini, AFP

Un jury d’experts s’est réuni le 16 mars dernier à Berthoud pour déterminer si les meules d’Emmental avaient un goût différent selon la musique à laquelle elles avaient été exposées. © Fabrice Coffrini, AFP

    Après huit mois de cet affinage un peu spécial, un jury d’experts a évalué les résultats au cours d’une dégustation à l’aveugle le 16 mars dernier. Et l’expérience s’est avérée plus que concluante

    «  Il y a des différences vraiment marquées, au point où l’on se demande si c’était le même fromage au début », assure le chef Benjamin Luzuy, membre du jury, à la Radio Télévision Suisse(RTS).

    « Le fromage soumis au hip-hop se révèle particulièrement fruité, tant en termes d’odeur que de goût, et se distingue donc clairement des autres échantillons », précise le communiqué de presse de la Haute Ecole des Arts de Berne. Les basses fréquences de cette musique donneraient « des notes beaucoup plus douces et beaucoup plus florales ».

    Les meules ayant bénéficié du Mozart auraient, quant à elles, un goût plus équilibré.

    La sonochimie ou l’étude des vibrations sonores sur les objets

    Une troisième étude sera menée pour déterminer s’il y a des différences dans la composition chimique du fromage, indique Peter Kraut, directeur adjoint du département musique de la Haute Ecole des Arts de Berne et porte-parole du jury. Pour Beat Wampfler, pas de doute : les bactéries sont vivantes et certainement sensibles aux ondes. Il existe même un nom pour cette discipline s’intéressant à l’influence des ondes sonores et l’effet des résonances sur des corps solides : la sonochimie.

    Une nouvelle piste de création culinaire ?

    Au-delà du « coup de com », cette expérience ouvre la voie à un « travail créatif des aliments », juge la Haute école des Arts de Berne.

    Il pourrait également y avoir un intérêt économique, avec la possibilité de raccourcir la période d’affinage et donc d’avoir une période de stockage moins longue – un facteur de coût important dans la branche.

    Beat Wampfler n’est pas le seul à croire en la sonochimie. Le groupe de heavy metal américain Metallica fabrique par exemple son propre whisky bourbon appelé Blackened, où les fûts sont exposés à un morceau dont les ondes de basse fréquence ont été amplifiées afin « d’améliorer la structure moléculaire du whisky », indique le distilleur Dave Pickerell qui a aidé à concevoir ce breuvage.

    CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Des meules d’Emmental ont été soumises à des morceaux de musique différents durant leur affinage.

  • Selon un jury d’expert qui les a dégustées, le hip-hop donnerait un goût plus fruité que les autres styles.

  • D’après certains chercheurs, les bactéries, responsables de la fermentation, seraient sensibles aux fréquences musicales.

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En Italie, une ville entière doit se taire complè­te­ment pendant l’en­re­gis­tre­ment d’un Stra­di­va­rius


À Crémone en Italie, le maire a autorisé la fermeture pendant quelques semaines des rues autour d’un musée pour permettre l’enregistrement des sons d’un Stradivarius pour faire ressortir la musique la plus authentique possible. Espérons que les citoyens ne sont pas trop embêtés par ce projet.
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En Italie, une ville entière doit se taire complè­te­ment pendant l’en­re­gis­tre­ment d’un Stra­di­va­rius

 

par  Ulyces

 

Crémone, dans le nord de l’Ita­lie, abrite depuis des siècles les ateliers de certains des plus grands luthiers du monde, dont Anto­nio Stra­di­vari, qui a produit les plus beaux violons et violon­celles jamais créés aux XVIIe et XVIIIe siècles. Aujourd’­hui, la ville se lance dans un ambi­tieux projet d’en­re­gis­tre­ment numé­rique des sons des violons Stra­di­va­rius. Et pour cela, il leur faut un silence absolu, racon­tait le New York Times le 17 janvier.

Un violon, alto ou violon­celle Stra­di­va­rius repré­sente le summum de l’in­gé­nie­rie sonore, et personne jusqu’ici n’a été capable de repro­duire leurs sono­ri­tés uniques. 

Fausto Caccia­tori, le conser­va­teur du Musée du Violon de Crémone, qui accom­pagne le projet, a déclaré que chaque Stra­di­va­rius avait sa propre person­na­lité et que « leurs sons distinc­tifs chan­ge­ront inévi­ta­ble­ment. Ils pour­raient même être perdus en quelques décen­nies seule­ment. Cela fait partie de leur cycle de vie : après un certain âge, ils deviennent trop fragiles pour être joués et vont s’en­dor­mir, pour ainsi dire. »

Pour que les géné­ra­tions futures puissent entendre le son incroyable de ces instru­ments, trois ingé­nieurs du son produisent la « Stra­di­va­rius Sound Bank », une base de données conte­nant toutes les sono­ri­tés possibles produites par quatre instru­ments sélec­tion­nés dans la collec­tion du Musée du Violon. L’un des ingé­nieurs, Mattia Bersani, a déclaré que les samples pour­raient être mani­pu­lés avec un logi­ciel afin de produire de nouveaux enre­gis­tre­ments lorsque le timbre des instru­ments d’ori­gine se dégra­dera.

Cepen­dant, ils ont rencon­tré un obstacle de taille.

« Les rues aux abords de l’au­di­to­rium sont toutes faites de pavés, c’est un cauche­mar audi­tif », explique Leonardo Tedes­chi, l’an­cien DJ qui a eu l’idée du projet.

En effet, le bruit d’un moteur de voiture ou d’une femme marchant à talons hauts, produit des vibra­tions qui se déplacent sous terre et se réper­cutent dans les micro­phones, rendant l’en­re­gis­tre­ment sans valeur.

« Il fallait soit boucler la zone, soit aban­don­ner le projet », dit-il. 

Heureu­se­ment, le maire de Crémone est égale­ment président de la Stra­di­va­rius Foun­da­tion, l’or­gane muni­ci­pal proprié­taire du Museo del Violino. Il a auto­risé les rues autour du musée à être fermées pendant cinq semaines et appelé les habi­tants de la ville à rester tota­le­ment silen­cieux

« C’est un projet extra­or­di­naire, et je suis sûr que les habi­tants de Crémone compren­dront que la ferme­ture de la zone était inévi­table. »

Les enre­gis­tre­ments ont commencé le 7 janvier dernier et pren­dront fin en février.

Source : The Ney York Times

 

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