Des Mexicains volent des matériaux du mur frontalier et les revendent pour protéger des propriétés


Je trouve cela assez cocasse. Alors que Donald Trump a demandé d’installer des fils barbelés en novembre dernier à la frontière du Mexique, ce même barbelé n’est plus là. Il aurait été volé pour être revendu dans une ville mexicaine pour protéger leur demeure. Ce qui est drôle, il semblerait que les voleurs ne soient pas des Mexicains, mais majoritairement des Américains
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Des Mexicains volent des matériaux du mur frontalier et les revendent pour protéger des propriétés

 

La frontière entre les États-Unis et le Mexique, à Tijuana, est protégée par des barrières et des fils barbelés. Des voleurs ont volé de ces fils pour les revendre à Tijuana.

GREGORY BULL/ASSOCIATED PRESS

La frontière entre les États-Unis et le Mexique, à Tijuana, est protégée par des barrières et des fils barbelés. Des voleurs ont volé de ces fils pour les revendre à Tijuana.

Alors… qui paie pour le fameux mur, finalement?

 

  • Par Ryan Grenoble, HuffPost US

«Gros» ou «magnifique» sont des adjectifs dont s’est souvent servi le président américain pour décrire le fameux mur qu’il veut ériger entre son pays et le Mexique. Mais «facile à voler», celui-là, on ne l’a pas entendu souvent.

Entre 15 et 20 personnes ont été arrêtées pour avoir volé du fil barbelé à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, selon ce que les autorités mexicaines ont confié au réseau de télévision KUSI-TV, de San Diego. Les voleurs revendaient ensuite les matériaux à des résidents de Tijuana, au Mexique, qui voulaient augmenter la sécurité autour de leur propriété.

L’armée américaine a installé ces fils barbelés en novembre dernier, à la demande du président Donald Trump, qui se disait inquiet par rapport à l’arrivée imminente de la «caravane» de migrants.

 

«Nous avons découvert que les fils barbelés qui avaient été installés à la frontière n’y sont plus», a confirmé le secrétaire à la sécurité publique municipale de Tijuana, Marco Antonio Sotomayor Amezcua, au journal San Diego Union-Tribune.

«Nous sommes au courant de ce vol. Les autorités américaines nous ont demandé de les aider, avec nos agents de liaison.»

Bien que les autorités mexicaines aient affirmé au Union-Tribune que les personnes arrêtées étaient principalement des citoyens mexicains, une résidente de Tijuana qui a fait installer des fils barbelés chez elle assure que l’homme qui lui a vendu le matériel n’avait pas du tout l’air mexicain.

La femme, qui se nomme Veronica, a raconté au journal El Sol de Tijuana que l’homme en question avait les yeux bleus, les cheveux blonds, et qu’il ne parlait pas très bien espagnol.

Les résidents ont payé 40 pesos (soit environ 2,84$) pour que ces fils barbelés soient installés autour de leur maison, selon le réseau de télévision de Tijuana XEWT-12 TV.

Ce texte initialement publié sur le HuffPost États-Unis a été traduit de l’anglais.

https://quebec.huffingtonpost.ca

Le Sénat américain rejette le financement d’urgence du mur à la frontière mexicaine


    Le Sénat américain majoritairement républicain n’a pas suivi Donald Trump pour l’état d’urgence afin de soutirer de l’argent pour construire son mur à la frontière mexicaine. Il faut croire que ce ne sont pas tous les républicains qui suivent les yeux fermer le président des États-Unis.
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    Le Sénat américain rejette le financement d’urgence du mur à la frontière mexicaine

    L'édifice du Capitole, sous les nuages, à l'aube.

    Le Sénat américain, à majorité républicaine, a rejeté lors d’un vote final jeudi le financement d’urgence pour la construction du mur promis par Donald Trump à la frontière mexicaine. Photo: Reuters / Joshua Roberts

Radio-Canada

Le Sénat américain, à majorité républicaine, a rejeté jeudi, lors d’un vote, l’état d’urgence décrété par Donald Trump en février et qui visait à débloquer les fonds nécessaires à la construction d’un mur à la frontière mexicaine.

Le Sénat assène ainsi un cuisant revers au président, qui avait promis, si c’était le cas, de riposter avec son premier veto. « VETO! », a d’ailleurs écrit Donald Trump, en lettres majuscules, peu de temps après sur Twitter, confirmant ses intentions.

« J’ai hâte d’opposer mon veto à la résolution tout juste adoptée, inspirée par les démocrates, qui ouvrirait les frontières tout en augmentant le crime et le trafic de drogues dans notre pays. Je remercie tous les républicains forts qui ont voté pour appuyer la sécurité à la frontière et le mur dont nous avons désespérément besoin! », a-t-il ajouté.

Douze sénateurs républicains ont voté avec l’ensemble des démocrates pour la résolution qui proclame que « l’urgence nationale déclarée par le président le 15 février 2019 […] est par la présente annulée ». Le Sénat a ainsi voté contre l’état d’urgence par 59 voix contre 41.

La résolution avait déjà auparavant été adoptée par la Chambre des représentants, à majorité démocrate. Elle doit cependant recevoir l’approbation du président pour entrer en vigueur.

Depuis des semaines, Donald Trump tentait de convaincre les sénateurs républicains d’appuyer sa déclaration d’urgence, soulignant les dangers d’une immigration non contrôlée et affirmant que les sénateurs en faveur de l’augmentation de la sécurité aux frontières devaient se ranger derrière lui.

Cependant, pour plusieurs sénateurs républicains, ce vote ne se limitait pas à la construction d’un mur à la frontière, mais en était aussi un sur la Constitution elle-même.

De nombreux républicains considéraient en effet qu’en promulguant l’état d’urgence nationale afin de contourner le Congrès, le président avait violé la séparation des pouvoirs, puisque la Constitution accorde au Congrès, et non au président, le contrôle des dépenses publiques.

Cela créait, selon eux, un précédent potentiellement dangereux.

De leur côté, les partisans de Trump faisaient valoir qu’en proclamant l’état d’urgence, le président avait agi uniquement dans les limites de son autorité, en vertu de la Loi sur les urgences nationales, et qu’il prenait ainsi les mesures nécessaires pour régler la crise humanitaire et le trafic de drogue existant à la frontière.

Déclaration de l’état d’urgence en février

En février, l’annonce du président américain était survenue après qu’il eut perdu son bras de fer contre la Chambre des représentants au sujet du financement du gouvernement américain, un affrontement qui avait entraîné une paralysie partielle de l’administration pendant plus d’un mois.

Donald Trump, qui réclamait 5,7 milliards de dollars américains pour la construction de son mur avec le Mexique, a finalement dû se contenter d’une somme moindre, de 1,375 milliard, pour financer la construction de 88,5 km de « nouvelles barrières physiques ».

Selon la Maison-Blanche, la proclamation d’une urgence nationale aurait permis au président d’obtenir 8,1 milliards de dollars pour la construction du mur, à la fois des départements de la Défense, de la Sécurité intérieure et du Trésor.

Avec les informations de Agence France-Presseet Washington Post

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Seize États contestent en justice l’urgence nationale pour le mur de Trump


Le mur frontalier entre les États-Unis et le Mexique risque de faire des vagues dues à un recours en justice de 14 états américains. Il y a bien sûr des démocrates, mais aussi des sénateurs républicains qui critiquent la décision du président en signant l’urgence nationale. Reste à voir comment la justice va suivre ou pas.
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Seize États contestent en justice l’urgence nationale pour le mur de Trump

 

Seize États contestent en justice l’urgence nationale pour le mur de Trump

Photo by: APDonald Trump. Photo: AP

Seize États américains ont déposé un recours en justice lundi à San Francisco contre l’administration du président Donald Trump pour sa décision de décréter l’urgence nationale afin de construire un mur à la frontière avec le Mexique.

La plainte, déposée devant un tribunal fédéral en Californie, estime que l’ordonnance du président contrevient à deux dispositions constitutionnelles, l’une définissant les procédures législatives, l’autre attribuant au Congrès le dernier mot en matière de financement public.

Elle avance également que le ministère la Sécurité intérieure avait enfreint la loi sur la protection de l’environnement en n’évaluant pas l’impact environnemental du mur en Californie et au Nouveau-Mexique.

Selon les plaignants, Donald Trump a ainsi «plongé le pays dans une crise constitutionnelle de son propre fait».

Cette initiative avait été annoncée auparavant par le procureur général de Californie, Xavier Becerra. Il affirmait que son État et d’autres étaient dans leur droit car ils risquaient de perdre de l’argent destiné notamment à des projets militaires et à l’aide d’urgence en cas de catastrophe.

Outre la Californie, les États en question sont: Colorado, Connecticut, Delaware, Hawaï, Illinois, Maine, Maryland, Michigan, Minnesota, Nevada, New Jersey, Nouveau-Mexique, New York, Oregon et Virginie.

Outre les opposants démocrates, plusieurs sénateurs républicains ont critiqué la déclaration d’urgence en affirmant qu’elle créait un précédent dangereux et outrepassait les pouvoirs de l’exécutif.

Donald Trump avait signé vendredi une déclaration d’urgence nationale, procédure qui devrait lui permettre de contourner le Congrès afin de débloquer des fonds fédéraux (notamment destinés au Pentagone) et construire le mur censé endiguer l’immigration clandestine.

Au total, et en comptabilisant les 1,4 G$ débloqués par le Congrès, il pourrait, selon la Maison Blanche, disposer de quelque 8 G$ pour la construction de cet édifice, une de ses principales promesses de campagne.

Alors que les candidatures se multiplient du côté démocrate en vue des primaires à la présidentielle de 2020, le président Trump espère galvaniser sa base électorale sur la question de l’immigration. Et une guérilla judiciaire pourrait y contribuer. Il avait en tout cas anticipé et intégré dès vendredi des poursuites judiciaires contre sa déclaration d’urgence nationale, en prévoyant même quel tribunal serait sollicité.

«Nous aurons éventuellement une mauvaise décision, puis nous aurons une autre mauvaise décision, puis nous finirons devant la Cour suprême où nous avons bon espoir d’avoir une décision équitable, et nous allons gagner devant la Cour surpême».

Sa confiance dans la plus haute juridiction du pays s’explique sans doute par la présence des juges conservateurs qu’il y a nommés. Sauf suspension par décision de justice, la déclaration d’urgence nationale devrait permettre à Donald Trump de contourner le Congrès afin de débloquer des fonds fédéraux (notamment destinés au Pentagone) et construire le mur censé endiguer l’immigration clandestine.

Au total, et en comptabilisant les 1,4 G$ débloqués par le Congrès, il pourrait, selon la Maison Blanche, disposer de quelque 8 milliards pour la réalisation d’une de ses principales promesses de campagne.

Au-delà des démocrates, plusieurs sénateurs républicains ont critiqué la déclaration d’urgence en affirmant qu’elle créait un précédent dangereux et outrepassait les pouvoirs de l’exécutif. Des experts en droit ont critiqué la décision du président.

Toutefois, la loi de 1976 qui l’a rendue possible «ne donne aucune limite explicite à ce qui constitue ou pas une urgence nationale», a expliqué à l’AFP Jennifer Daskal, professeur de droit à l’American University.

Des présidents américains ont déjà eu recours à cette procédure, mais face à des menaces paraissant plus immédiates, comme le républicain George W. Bush après les attentats du 11 septembre 2001 ou le démocrate Barack Obama en pleine épidémie de grippe H1N1.

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Comment l’armée américaine pourrait construire le mur


Donald Trump veut son mur frontalier entre les États-Unis et le Mexique, mais à quel prix. Il devra aller chercher l’argent qui à l’origine est prévu dans d’autres projets de l’armée, plus des fonds destiné à la lutte contre la drogue. Il devra faire face aux mécontentes de bien des gens. Il devra aussi faire face aux démocrates ainsi que les personnes qui risquent de perdre leurs biens en plus des organisations pour la défense de la faune et la flore. Ce qui peut laisser perplexe de cette obsession du Président
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Comment l’armée américaine pourrait construire le mur

 

Des soldats américains déployés à Hidalgo, au Texas,... (Photo ADREES LATIF, archives REUTERS)

Des soldats américains déployés à Hidalgo, au Texas, déroulent du fil barbelé le long de la frontière avec le Mexique, le 8 novembre 2018.

PHOTO ADREES LATIF, ARCHIVES REUTERS

THOMAS WATKINS
Agence France-Presse
Washington

 

Le président Donald Trump a décrété l’« urgence nationale » pour faire face à ce qu’il qualifie d’« invasion » de gangs, de passeurs, de drogues et de migrants clandestins traversant la frontière avec le Mexique.

Grâce à cette procédure exceptionnelle, M. Trump a maintenant accès à des fonds fédéraux pour financer la construction du mur frontalier qu’il a promis en campagne.

Le Pentagone étant de loin la plus grande source de fonds fédéraux d’urgence, voici comment l’armée américaine pourrait aider à cette construction.

Combien ?

Maintenant que l’urgence nationale a été officiellement décrétée, le président va pouvoir puiser dans des fonds du Pentagone ayant déjà été approuvés par le Congrès pour 2019.

Donald Trump voulait que le Congrès approuve l’octroi de 5,7 milliards de dollars pour la construction d’un mur le long de portions de la frontière, mais le Congrès n’a accepté de voter que pour 1,375 milliard. Et pour des barrières, pas spécifiquement un mur.

La Maison-Blanche a donc indiqué que le président allait accéder à 6,1 milliards provenant de deux sources du Pentagone : 3,6 milliards d’un fonds consacré à la construction militaire, et 2,5 milliards de fonds destinés aux activités de lutte contre la drogue du département de la Défense.

Même si cette déclaration d’urgence nationale est évoquée depuis des mois, le Pentagone n’a pas été en mesure de dire dans l’immédiat quels programmes ou projets seraient affectés une fois l’argent redirigé vers le mur.

Pour l’instant, la majeure partie des fonds destinés à la construction devaient servir à des logements pour des militaires, des améliorations de bases militaires et autres projets.

Le département de la Défense pourrait abandonner ou réduire la portée de projets, mais cela provoquerait la colère d’élus dont les circonscriptions seraient affectées.

Le candidat Trump avait plusieurs fois assuré que le Mexique financerait le mur.

Qui le construirait ?

Le Pentagone a déjà positionné près de 4000 soldats le long de la frontière, dans le cadre d’un décret controversé signé par M. Trump l’an dernier avant les élections de mi-mandat.

Environ 2100 Gardes nationaux soutiennent ces opérations frontalières.

Les troupes ont principalement déroulé des kilomètres de fil barbelé le long de postes-frontière très fréquentés ; les soldats ne sont pas nécessairement des experts en construction de murs en dur.

Une telle tâche pourrait revenir au Corps du génie de l’armée de terre, qui a des dizaines d’années d’expérience en termes de projets à grande échelle.

Le Pentagone pourrait déployer davantage d’hommes à la frontière pour aider ou sous-traiter le travail à des entreprises privées.

Sous quelle autorité  ?

Le « National Emergencies Act » autorise le président à déclarer une urgence nationale en fournissant une raison précise.

Il permet ensuite de mobiliser des centaines de pouvoirs d’urgence en sommeil prévus dans d’autres lois, et donne l’accès aux fonds du Pentagone.

En théorie, les pouvoirs liés à l’urgence nationale permettent aussi à la Maison-Blanche de déclarer la loi martiale, de suspendre les libertés civiles, élargir l’armée, saisir des propriétés et restreindre les communications et les transactions commerciales. Mais M. Trump n’a à aucun moment laissé entendre que l’une de ces mesures pourrait être prise.

Quels défis légaux ?

La déclaration d’urgence nationale va certainement être contestée devant laIl faut aussi s’attendre à des plaintes de propriétaires terriens à la frontière, qui risquent de voir certains justice par des élus démocrates.

de leurs biens confisqués par les autorités, et d’organisations de défense de l’environnement inquiètes pour la faune et la flore.

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et le chef de la minorité au Sénat Chuck Schumer, les leaders des démocrates au Congrès, ont dénoncé l’initiative de M. Trump comme « un coup violent » porté contre la Constitution.

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Trump va déclarer l’état d’urgence pour construire son mur


Donald Trump ne démord pas pour son mur à la frontière mexicaine. Il va décréter l’urgence nationale pour financer son mur frontalier. Cette décision va sûrement finir par une action en justice pour cette voie qu’il veut prendre.
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Trump va déclarer l’état d’urgence pour construire son mur

 

Donald Trump lors d'une rencontre à la Maison-Blanche le 12 février 2019.

Le président américain Donald Trump serait prêt à déclarer l’état d’urgence pour financer la construction d’un mur à la frontière mexicaine. Photo: Getty Images / Chip Somodevilla

 

Après un bras de fer éprouvant avec les démocrates, qui s’est soldé par une paralysie historique du gouvernement, le président américain joue son va-tout : il utilisera une procédure d’urgence exceptionnelle pour contourner le Congrès et pouvoir ainsi financer son mur à la frontière avec le Mexique.

L’information, communiquée d’abord par le chef de la majorité républicaine du Sénat Mitch McConnell, a été vite confirmée par la Maison-Blanche. Cette dernière a annoncé que Donald Trump va déclarer l’ « urgence nationale » afin d’obtenir le financement nécessaire pour l’érection d’un mur à frontière avec le Mexique.

« Une nouvelle fois, le président tient sa promesse de construire le mur, de protéger la frontière et d’assurer la sécurité de notre grand pays », s’est félicitée la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders.

Le président signera la loi sur le financement du gouvernement fédéral et, comme il l’a déjà dit, agira aussi par décrets – avec en particulier l’urgence nationale – afin de mettre fin à la crise de sécurité nationale et humanitaire à la frontière. Sarah Sanders, porte-parole de la Maison-Blanche

Mitch McConnell avait rapporté plus tôt que le président est « prêt à signer » le compromis budgétaire obtenu entre parlementaires démocrates et républicains afin d’éviter une nouvelle paralysie budgétaire.

« Je viens d’avoir l’occasion de parler avec le président Trump et il a indiqué qu’il était prêt à promulguer cette loi. Il diffusera en même temps une déclaration d’urgence nationale », a-t-il précisé.

Le Congrès est appelé à se prononcer jeudi avant minuit sur un projet de loi destiné à éviter un autre gel des activités de l’administration fédérale, avant que le président l’entérine à son tour d’ici vendredi. Le Sénat vient d’ailleurs d’approuver ce texte, qui est le fruit du compromis auquel sont parvenus les démocrates et les républicains après de laborieuses tractations. Il prévoit notamment une somme de 1,3 milliard de dollars américains pour le financement d’une barrière à la frontière avec le Mexique, soit le quart des 5,7 milliards réclamés par Trump.

Déçu par cette maigre concession du Congrès, le locataire de la Maison-Blanche n’a pas déterré pour autant la hache de guerre.

« Je ne veux pas avoir un shutdown, ce serait terrible », a-t-il déclaré, visiblement échaudé par le bras de fer historique qui avait précipité quelque 800 000 fonctionnaires dans la tourmente pendant 35 jours, jusqu’à fin janvier.

Tout en tenant mordicus à la construction de son mur, promesse phare de sa campagne électorale, Donald Trump a laissé entendre qu’il voulait jouer d’autres cartes que celle de la paralysie du gouvernement.

Il a finalement pris l’avenue la plus risquée, celle de recourir à l’état d’urgence pour couper l’herbe sous le pied du Congrès. Le président a été déjà mis en garde par ses détracteurs – parmi lesquels on compte aussi des républicains – qu’une telle option pourrait mener à une rude bataille politico-judiciaire.

L’urgence nationale, c’est quoi?

En vertu du National Emergencies Act, une loi votée en 1976, le président des États-Unis peut invoquer une « urgence » nationale, une situation qui lui confère des pouvoirs extraordinaires, dont celui de contourner le Congrès.

Plusieurs prédécesseurs de Trump ont fait usage de ces dispositions, dont George W. Bush qui avait décrété l’urgence nationale après les attentats du 11 septembre 2001. Pour sa part, Barack Obama y a recouru lors de l’épidémie de grippe H1N1.

Les démocrates sur le pied de guerre

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a immédiatement réagi à cette annonce. Elle a fait savoir qu’une action en justice pourrait être intentée pour contester le recours à l’urgence nationale.

La leader démocrate a indiqué que si Donald Trump agissait de la sorte, il créerait un précédent inquiétant, y compris pour les républicains.

« Nous serons prêts à réagir de manière appropriée », a-t-elle affirmé, précisant que ce qui se passe à la frontière avec le Mexique ne constitue pas une urgence, contrairement à ce que prétend le président Trump. En revanche, les violences par armes à feu aux États-Unis pourraient aussi être considérées comme une urgence nationale, a-t-elle souligné.

Dans un langage plus incisif, Chuck Schumer, le chef de la minorité démocrate au Sénat, a dit que déclarer l’urgence nationale pour la construction du mur serait un « acte illégal » et un « mépris total » pour l’État de droit et le Congrès.

Il a ajouté que le Congrès prendra toutes les mesures pour empêcher Trump d’y parvenir.

Déclarer l’urgence nationale serait un acte illégal, un abus flagrant de pouvoir de la part de la présidence. Chuck Schumer, leader démocrate du Sénat

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Contestée il y a peu, Nancy Pelosi triomphe face à Donald Trump


Nancy Pelosi et son équipe (ainsi qu’une majorité des Américains) ont tenu tête à Donald Trump, sans être insidieuse que son vis-à-vis. Même si l’arrêt du shudown pourrait être de quelques semaines, elle a quand même gagné une manche importante face au Président.
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Contestée il y a peu, Nancy Pelosi triomphe face à Donald Trump

 

La présidente démocrate de la Chambre des représentants,... (Photo Andrew Harnik, AP)

La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi

PHOTO ANDREW HARNIK, AP

 

THOMAS URBAIN
Agence France-Presse
New York

Reconnue à gauche et à droite comme la grande gagnante du bras de fer sur le shutdown aux États-Unis, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, s’est affirmée comme chef de file d’un parti où elle était contestée il y a encore peu.

Les propos étaient mesurés, savamment pesés, lorsque Nancy Pelosi s’est exprimée vendredi, après Donald Trump, qui avait accepté de sortir de l’impasse budgétaire dans lequel se trouvait le pays depuis 35 jours, sans obtenir de financement pour son fameux « mur ».

Pressée par des journalistes à qualifier cet incontestable succès politique, la septuagénaire a évité tous les pièges du triomphalisme et a refusé de critiquer ouvertement le président des États-Unis.

Mais, pour tout ce que Washington compte d’analystes, ou presque, il y a bien un vainqueur à la crise du shutdown.

« Je suis un vigoureux supporteur du président, mais il faut appeler un chat un chat », a commenté le présentateur conservateur Lou Dobbs sur la chaîne Fox Business Network. « C’est une victoire pour Nancy Pelosi ».

L’ancien promoteur immobilier peut encore compter sur un dernier carré de partisans, à l’instar du présentateur vedette de la chaîne Fox News, Sean Hannity, pour qui « tous ceux qui pensent que le président a cédé ne connaissent pas le Donald Trump que je connais. Il a toutes les cartes en mains aujourd’hui. »

Mais beaucoup ont, pour la première fois depuis la prise de fonction de Donald Trump, un discours ouvertement critique face à ce qui s’apparente à une retraite

La présidente de la Chambre des représentants a même affirmé son avantage quelques heures après la sortie de l’impasse budgétaire en refusant que Donald Trump tienne son discours annuel sur l’état de l’Union mardi.

Initialement prévue le 29 janvier, l’allocution avait été repoussée sine die par Nancy Pelosi du fait du shutdown, et la native de Baltimore n’a pas voulu revenir sur ce report.

Trump a-t-il aidé Pelosi  ?

Depuis un quart de siècle que les shutdowns sont devenus récurrents, c’est systématiquement l’opinion et sa perception qui ont dicté qui sortirait vainqueur de la confrontation entre démocrates et républicains.

Avant l’impasse budgétaire, les sondages indiquaient qu’une nette majorité d’Américains était opposée au fameux « mur » de Donald Trump à la frontière avec le Mexique et une majorité également à un shutdown.

Et, dès la publication des premiers baromètres après la fermeture d’une partie des services de l’État, il est apparu clair que cette même opinion considérait, encore plus majoritairement, Donald Trump comme responsable de la crise.

Forte de ce soutien public, Nancy Pelosi a refusé les quelques approches de Donald Trump, notamment lorsque le président a proposé d’inclure dans la discussion la régularisation d’immigrés sous statut précaire.

« C’est Pelosi […] qui devrait être morte politiquement. Mais, au lieu de ça, […] c’est Trump qui a l’air d’avoir perdu sa magie », a écrit Jen Kerns, éditorialiste pour le site conservateur The Daily Caller.

La vétérante démocrate de 78 ans, issue de la plus grande famille de politiques de Baltimore, est aussi parvenue, avec l’appui de son collègue-chef de file démocrate au Sénat, Chuck Schumer, à éviter, le temps du shutdown, les dissensions au sein de son parti.

Le pari était loin d’être gagné, quelque semaines seulement après une fronde anti-Pelosi menée par la jeune garde progressiste, qui estimait qu’elle n’incarnait pas les forces de changement à l’oeuvre au sein du parti démocrate.

L’administration Trump a pourtant tenté d’entamer la cohésion démocrate en invitant à déjeuner des élus considérés comme plus modérés, qui ont tous décliné la proposition.

« Notre diversité est notre force, mais notre unité est notre pouvoir, et c’est peut-être ce que le président a sous-estimé », a estimé vendredi Nancy Pelosi.

« Tout ce qui s’est passé [durant le shutdown], c’est que [Donald Trump] a solidifié la position de Nancy Pelosi comme présidente de la Chambre des représentants », a estimé Chuck Todd, journaliste de NBC et présentateur de l’émission politique dominicale Meet the Press.

« Il a aidé Nancy Pelosi à faire ce qu’elle n’avait jamais réussi à faire, c’est-à-dire s’imposer comme la chef du parti démocrate. »

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