Une mouche fait des bulles pour se rafraîchir


Les mouches du genre mouche à viande ont une technique assez inusitée pour se rafraîchir. Elles font de grosses bulles avec leur salives au besoin
Nuage

 

Une mouche fait des bulles pour se rafraîchir

 

Les scientifiques ont observé que la goutte de... (Photo fournie par l'Université de Sao Paulo via AFP)

Les scientifiques ont observé que la goutte de salive, de couleur rougeâtre, se refroidissait rapidement. Elle perd jusqu’à huit degrés Celsius par rapport à la température ambiante en 15 secondes environ, indique l’étude.

PHOTO FOURNIE PAR L’UNIVERSITÉ DE SAO PAULO VIA AFP

 

Agence France-Presse

Pour réguler leur température corporelle par évaporation, les humains transpirent, les chiens halètent, les chats lèchent leurs poils. Une mouche des régions chaudes a adopté une autre technique : elle fait des bulles…

L’ingénieuse Chrysomya megacephala fait sortir de sa bouche des gouttes de salive avant de les aspirer à nouveau, ce qui lui permet de se rafraîchir, révèle une étude publiée dans Scientific Reports.

« Lorsque le fluide sort, il se produit une évaporation qui fait baisser la température » de ce suc gastrique. « Puis la mouche remet cette gouttelette dans sa bouche, ce qui fait diminuer la température du corps de la mouche », explique à l’AFP Denis Andrade, de l’Université de Sao Paulo (Brésil), coauteur de l’étude.

Ce comportement « semble être un moyen très efficace pour ces mouches » de faire baisser la température de leur corps par évaporation, ajoute-t-il.

Ces insectes aux yeux rouges, qui vivent dans les régions tropicales et subtropicales, sont un type de mouche à viande qui pond ses oeufs dans des excréments et des animaux en décomposition.

On avait déjà observé que cette mouche faisait des bulles de salive, mais sans vraiment en comprendre la raison.

Les gouttes sont de taille conséquente : elles peuvent faire la moitié de la tête de la mouche.

Les chercheurs ont utilisé des caméras infrarouges pour détecter les changements de température sur le corps de l’insecte pendant qu’il émettait ces gouttes de salive.

Les scientifiques ont observé que la goutte de couleur rougeâtre se refroidissait rapidement, perdant jusqu’à huit degrés Celsius par rapport à la température ambiante en 15 secondes environ, indique l’étude.

Les mouches ingèrent à nouveau la goutte rafraîchie, ce qui permet de baisser la température de la tête, du thorax et de l’abdomen de l’insecte de 1 degré la première fois, de 0,5 degré la deuxième, de 0,2 degré la troisième fois. Si l’opération est répétée, c’est encore plus efficace.

Les mouches soufflent davantage de bulles de salive lorsque la température de l’air augmente et elles en produisent moins dans les environnements humides, car l’humidité de l’air gêne le phénomène d’évaporation, a remarqué l’équipe.

Toutes ces observations apportent des « preuves convaincantes » que ces bulles « servent au moins en partie à réguler la température du corps », selon Denis Andrade. Elles sont sans doute également utiles pour la digestion.

http://www.lapresse.ca/

La police américaine suit les mouches à la trace


Généralement, les insectes donnent plusieurs informations lors d’un décès suspect. Mais les mouches, plus spécifiquement les mouches à viande, les premières arrivées sur un corps qui se décomposent, pourraient fausser les indices sur une scène de crimes
Nuage

La police américaine suit les mouches à la trace

mouche

David Rivers, professeur de biologie à l’université Loyola à Baltimore, veut isoler une enzyme spécifique à l’estomac des mouches pour ne plus confondre goutte de sang humain et goutte de sang digérée par les diptères.

KENNETH K. LAM/AP/SIPA

Un biologiste américain met au point un révélateur à usage de la police scientifique pour distinguer les traces de sang humain de celles, souvent identiques, laissées par les mouches sur les scènes de crime.

Le corps git au sol, une balle dans la poitrine. Les techniciens de la police scientifique procèdent aux relevés sur la scène de crime, notant les moindres indices, scrutant attentivement les traces de sang. Tout semble concorder : l’homme s’est suicidé, comme en atteste l’arme qu’il tient encore dans sa main et une lettre qu’il a laissé en évidence. Mais un détail intrigue les enquêteurs : à quoi correspondant ces éclats de sang relevés ça et là sur le sol et les murs, loin du cadavre ? Se pourrait-il qu’il s’agisse de projections de sang laissées par un éventuel assassin ? Ou de simples artefacts dus… au passage d’un essaim de mouches.

La question est moins anecdotique qu’il y parait. Pour preuve, David Rivers, professeur de biologie à l’université Loyola à Baltimore, a obtenu début décembre 2016 – selon le Journal de Baltimore qui rapporte l’information – un budget de 154 000 dollars du ministère américain de la Justice pour mettre au point, en deux ans, un spray qui puisse faire la différence très rapidement sur la scène de crime. Objectif du chercheur : isoler une enzyme spécifique à l’estomac des mouches pour ne plus confondre goutte de sang humain et… goutte de sang digérée par les diptères.

Une habituée des scènes de crime

Les insectes intéressent depuis longtemps les spécialistes de la police scientifique, qui sont désormais capables de reconstituer approximativement le jour de la mort en fonction des cohortes qui se succèdent sur les cadavres. Parmi eux, la mouche – et particulièrement la mouche à viande – conserve un statut très particulier. D’abord parce qu’elle est la première à être attirée, très rapidement, par les chairs en décomposition qu’elle peut détecter à plusieurs kilomètres à la ronde et aussi parce qu’elle peut s’infiltrer habilement dans de nombreux locaux, même ceux que l’on pourrait penser hermétiquement clos. En outre, son comportement est tout à fait spécifique en raison de la façon dont elle digère : ne pouvant absorber d’éléments solides, elle régurgite sur la nourriture des enzymes présents dans son estomac afin que ceux-ci la pré-digèrent partiellement. Ce qui lui permet de l’aspirer ensuite par la trompe. En outre, pendant qu’elle se nourrit, la mouche régurgite souvent une partie de son repas précédent qui se mélange au sang présent…

Autant de fluides qui peuvent donc semer la pagaille sur une scène de crime !

« Ces petites marques ressemblent en effet beaucoup à ce que nous appelons des éclaboussures d’impact », explique ainsi Steven O’Dell, directeur du laboratoire de criminalité de la police de Baltimore.

Ces éclaboussures d’impact sont la forme (elliptique ou ronde) que prennent les gouttes de sang lorsqu’elles frappent le sol, forme à partir de laquelle les policiers peuvent déduire l’origine et la force de l’impact.

« Cela pourrait nous amener à une conclusion erronée, en estimant par exemple que la version d’un témoin est incorrecte par rapport à ce que nous constatons sur le terrain… alors qu’il s’agit en fait d’une erreur d’interprétation des données. »

David Rivers a d’ores et déjà mené des tests concluants à partir de dix espèces de mouches communes. Mais il reste encore des dizaines d’autres à tester avant de finaliser la mise au point d’un « révélateur à traces de mouches » efficace.

http://www.sciencesetavenir.fr/