Le Saviez-Vous ► Des traces de l’esclavage se retrouvent également au Canada


Après avoir parlé de l’esclavage aux États-Unis, il faut aussi admettre qu’il y avait des esclaves au Canada. Quoique moins nombreux et le travail était différents, l’histoire nous souligne qu’ils ont quand même vécu dans la servitude. Il y avait des amérindiens et des noirs. Ils étaient considérés comme des meubles, ils pouvaient être prêtés et vendus. Les personnes noires ne sont pas venues par bateau, mais par le commerce ou des butins de guerre par les colonies anglaises et françaises. Quand ces hommes, femmes et enfants ont été enfin affranchi, ils se sont marié avec des blancs et aujourd’hui, il n’y a de traces dans la population blanche que par l’ADN. Alors avant de dire d’être raciste, il faut d’abord penser que nous avons probablement des ancêtres noirs et qui ont fait ce que nous sommes aujourd’hui.
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Des traces de l’esclavage se retrouvent également au Canada

Paysans et chasseurs s'affrontent.

Gravure intitulée A Real Scene in Montreal, de Henry Alken, parue dans le livre Sporting Anecdotes.

PHOTO : COURTOISIE DE FRANK MACKEY

Il y a bel et bien eu des esclaves au Canada entre le 17e et le 19e siècle. Surtout des Autochtones, mais aussi des Noirs, astreints au commerce de la fourrure ou aux travaux domestiques. Des traces de cet esclavage se trouvent même dans notre ADN, affirme un historien à qui nous avons parlé.

On souligne ce mois-ci les 400 ans de l’arrivée des premiers esclaves aux États-Unis, où le phénomène est connu et documenté. Or, il l’est beaucoup moins au Canada. Pourtant, il y aurait eu environ 4000 esclaves dans notre pays entre le début du 17e siècle et l’adoption de la loi abolitionniste de 1834. Le tiers d’entre eux étaient noirs, et les deux tiers, amérindiens.

On les trouvait principalement à Montréal et à Québec, raconte l’amateur d’histoire Frank Mackey, qui a publié le livre L’esclavage et les Noirs à Montréal, 1760-1840. Mais il y en avait aussi en Ontario et dans les Maritimes.

 À l’Île-du-Prince-Édouard, jusque dans les années 1820. En Nouvelle-Écosse, la dernière vente d’esclaves a eu lieu en 1807. Au Nouveau-Brunswick, le dernier avis d’une vente d’esclaves, c’est en 1816. À Terre-Neuve, il y a un bonhomme qui a affranchi son esclave en 1814. C’était partout.

Des butins de guerre

L’histoire recense un premier esclave noir en 1629. Il s’agit d’un garçon d’une dizaine d’années, originaire de Madagascar ou de la Guinée. L’enfant appartenait aux frères Kirke. Il les accompagnait lorsque ces derniers ont assiégé la ville de Québec. Il a ensuite été vendu, et on lui a donné le nom d’Olivier Le Jeune.

Contrairement aux États-Unis, il n’y a jamais eu ici de navires négriers, explique Arnaud Bessière, professeur d’histoire à l’Université Laurentienne et spécialiste de la Nouvelle-France. Sous le Régime français (1608-1759), les esclaves noirs viennent surtout des colonies anglaises. Ce sont des butins de guerre.

Lorsqu’il y a eu des attaques des Français dans les colonies anglaises, on est revenus parfois avec des esclaves noirs. Il y en a eu également qui venaient de la Louisiane ou des Antilles, parce qu’il y avait des marchands qui transitaient par cette région et qui revenaient avec des Noirs. Et il y a quelques cas, mais très très rares, de Noirs qui venaient directement de Guinée ou d’Afrique.

L’historien précise que la majorité des esclaves noirs vont arriver plus tard, avec les loyalistes, après le Régime français.

Quant à l’esclavage autochtone, il existait déjà bien avant l’arrivée des Français ou des Anglais en terre canadienne, raconte Arnaud Bessière. Les Autochtones avaient coutume d’asservir les prisonniers de guerre. À partir des années 1670, ils donnaient ces prisonniers aux Français lors d’échanges commerciaux ou diplomatiques. La vente et l’achat de ces esclaves sont ensuite devenus monnaie courante. Dans la colonie française, ils étaient dénommés « panis » (terme générique qui désigne n’importe quel esclave amérindien).

Des « biens meubles »

L’esclave est considéré comme un bien meuble. Il appartient à son propriétaire. Il peut être donné, prêté, échangé ou vendu.

Un esclave est considéré comme un objet, littéralement, rappelle Arnaud Bessière.

La photo montre une coupure de journal en français et en anglais.

Annonce d’une vente d’esclaves parue dans « La Gazette de Québec » le 10 mai 1785.

PHOTO : GAZETTE DE QUÉBEC/MUSÉE VIRTUEL DE LA NOUVELLE-FRANCE

Ce sont surtout les riches qui se procurent des esclaves, sous le Régime français, explique Frank Mackey. Des administrateurs coloniaux, des évêques, des gens bien placés.

Sous le Régime britannique, ça se démocratise, raconte l’historien. Parmi les propriétaires d’esclaves, on trouve des artisans, de petits commerçants, des agriculteurs, des taverniers.

Alors, ce ne sont pas des gens qui sont très riches, mais ils achètent des esclaves parce qu’ils servent. C’est comme acheter de la machinerie. Si vous avez un commerce ou une entreprise quelconque, vous achetez de la machinerie qui va servir.

L’historien a notamment trouvé de l’information sur un prêtre, Louis Payette, qui a possédé en tout cinq esclaves à la fin du 18e siècle. À un certain moment, alors qu’il vivait à Saint-Antoine-sur-Richelieu, il avait deux esclaves d’une douzaine d’années, un Noir et un Amérindien, qu’il avait fait baptiser. Son évêque lui a alors reproché d’avoir des esclaves, raconte Frank Mackey. L’historien a mis la main sur la réponse de l’abbé Payette à son évêque, datée du 28 octobre 1794, dans laquelle le curé prend la défense de l’esclavage.

Extrait de la lettre de l’abbé Payette à l’évêque de Québec Jean-François Hubert – 28 octobre 1794

Enfin je vous déplais dans mes serviteurs, parce qu’ils ont le nom d’esclaves. Soyez persuadé, monseigneur, qu’ils n’en portent que le nom, sans en avoir le fardeau. Mais ils vivent sous ma direction comme de bons enfants soumis à un bon père. Mais j’ai la consolation de dire à votre Grandeur que ces serviteurs sont d’un bon naturel jusqu’à ce moment, et qu’ils se comportent en vrais chrétiens. Les vendrai-je, ces pauvres gens-là? À qui? À des tyrans de leur corps et peut-être de leur âme? Non. Dussé-je mendier mon pain, mais selon votre conseil, ils auront leur liberté lorsque la religion et la bienséance le requerront.

C’est une défense de l’esclavage qui ressemble comme deux gouttes d’eau à la défense qu’on faisait dans le sud des États-Unis dans bien des cas, pour dire que les esclaves sont mieux traités que les ouvriers. ”J’en prends soin, c’est comme mes enfants”. Frank Mackey, historien

Ce qu’il y a de plutôt piquant, ajoute Frank Mackey, c’est que quelques mois plus tard, l’abbé Payette achète une autre esclave, qu’il vend plus tard 500 livres. À quel jeu joue-t-il? Est-ce qu’il se moque de son évêque? Après avoir envoyé sa défense de l’esclavage, il en achète une autre!

Mieux traités ici que sur les plantations?

Arnaud Bessière croit que l’esclavage était moins dur au Canada qu’il ne l’a été dans le sud des États-Unis ou aux Antilles. L’historien explique que le travail exigé ici des esclaves ressemblait à celui des domestiques.

Quoiqu’il y ait toujours une « brutalité sous-jacente » dans le rapport maître-esclave, il y avait aussi « des témoignages d’affection, des témoignages de soutien du maître à l’égard des esclaves, des affranchissements ».

Il faut vraiment essayer de séparer mentalement l’espace antillais esclavagiste violent et l’espace laurentien, où on a des esclaves, mais qui vivent avec les maîtres, contrairement à ce qu’on observe sur les grandes plantations. Arnaud Bessière, historien

L'annonce offre 9 piastres de récompense pour retrouver les esclaves. On y décrit leur apparence et les vêtements qu'ils portaient quand ils ont pris la fuite.

Annonce d’une récompense pour des esclaves noirs en fuite, publiée dans « La Gazette de Québec » le 12 août 1798.

PHOTO : GAZETTE DE QUÉBEC/MUSÉE VIRTUEL DE LA NOUVELLE-FRANCE

Frank Mackey reconnaît aussi qu’ici les esclaves étaient en général traités comme des serviteurs engagés plutôt que comme des bêtes. Par contre, les serviteurs engagés étaient payés, pouvaient disposer d’eux-mêmes, se marier, démissionner, changer d’emploi ou déménager, précise-t-il.

En théorie du moins, ils étaient libres de faire tout ça. Les esclaves, non. Encore là, les esclaves pouvaient être vendus, séparés de leurs enfants. Ce qui n’était certainement pas le cas pour les domestiques libres.

Il faut toujours faire attention avec ça, parce que c’était l’esclavage quand même. Et l’esclavage, c’est l’esclavage. C’est la perte de la liberté et l’abaissement aussi d’une personne.

Le procès de Marie-Josèphe Angélique

Cette esclave noire d’origine portugaise arrive à Montréal en 1729 à l’âge de 24 ans. Elle travaille comme domestique chez la famille Francheville, rue Saint-Paul. Quelques années plus tard, le 11 avril 1734, elle est arrêtée au lendemain d’un incendie qui a détruit 45 maisons de la rue Saint-Paul et l’hôpital Hôtel-Dieu. On l’accuse d’avoir mis le feu. Au terme d’un procès qui a duré six semaines, elle est reconnue coupable, pendue et brûlée sur la place publique.

Ce qu’il en reste aujourd’hui

Parmi les vestiges de l’esclavage, il y a les annonces de vente ou de fuite d’esclaves dans les journaux de Québec et de Montréal entre 1764 et 1798, explique Frank Mackey. On a aussi trouvé des actes notariés.

Le dernier acte de vente d’un esclave au Québec, ça a été le 14 septembre 1799 […]. C’était une femme, Marguerite Boucher, de Boucherville, qui l’a vendu à un monsieur Joseph Campeau, de Détroit, pour 25 pounds. C’était un garçon de 9 ans qui faisait des travaux domestiques surtout.

Arnaud Bessière mentionne l’ordonnance de l’intendant Jacques Raudot qui a entériné la pratique de l’esclavage au Canada en 1709 : F

Tous les Panis et Nègres qui ont été achetés et qui le seront dans la suite appartiendront en pleine propriété à ceux qui les ont achetés comme étant leurs esclaves; faisons défense auxdits Panis et Nègres de quitter leurs maîtres, et à qui que ce soit de les débaucher sous peine de cinquante livres d’amende.

Le texte atteste que les esclaves appartiennent à ceux qui les ont achetés.

Ordonnance de l’intendant Jacques Raudot sur l’esclavage au Canada, publiée le 13 avril 1709.

PHOTO : BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA

D’autres vestiges de l’esclavage, c’est notre ADN! Il y a des descendants d’esclaves aujourd’hui. Frank Mackey, historien

Ses fouilles dans la généalogie lui ont permis d’en trouver quelques-uns. Le métissage des Blancs avec les Autochtones est bien connu; le chercheur s’est pour sa part intéressé aux descendants d’esclaves noirs.

Il raconte notamment l’histoire de Jean-Baptiste Quéry, qui a été affranchi à Sorel en 1765. Quelques années plus tard, il épouse une femme blanche de Saint-Michel-de-Yamaska, Madeleine Parenteau. Ils ont eu plusieurs enfants et ça a essaimé.

Dans les années 1860, trois descendants de Jean-Baptiste Quéry, des frères, ont travaillé comme photographes au fameux studio Notman, à Montréal. L’un est parti aux États-Unis. Les deux autres ont fini comme photojournalistes, l’un à La Presse, l’autre à La Patrie.

Et ils ont eu des enfants. L’historien s’est rendu jusqu’à la huitième génération après l’ancêtre esclave.

Je me suis arrêté avec les gens de cette génération-là, mais c’est sûr que ça continue. Ils sont très nombreux. Et on sait qu’ils ont eu des enfants aussi.

Et ces descendants d’esclaves noirs sont tous blancs, précise Frank Mackey.

Après l’ancêtre esclave noir, ce sont des mariages avec des Blancs. Il n’y a aucune trace qui reste. C’est pour ça que je dis que les traces de l’esclavage, c’est dans l’ADN.

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Mettre la jeunesse au service des aînés


C’est une super belle initiative qui a pour origine un père qui a découvert à la mort de son fils de 14 ans que son fils s’occupait à aider des ainés. Pour faire son deuil, il a monté un projet de jeunes bénévoles qui vont auprès des personnes âgées animés des jeux, marcher ou tout simplement discuter.
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Mettre la jeunesse au service des aînés


Mettre la jeunesse au service des aînésPhoto: Félix Lacerte-GauthierVéronique St-Yves, chef d’unité du CHSLD Marie-Rollet, en compagnie d’Amélie Gauthier, qui est coordonnatrice de l’hébergement.

Pour une première année, le projet Sunny Action sera implanté sur le territoire de Montréal, au sein du CIUSSS de l’est-de-l’Île-de-Montréal. Fondée en Mauricie en 2008, l’initiative vise à jumeler de jeunes bénévoles auprès d’aînés dans les établissements de santés.

Au CHSLD Marie-Rollet, situé à la frontière entre Saint-Léonard et Rosemont, deux jeunes bénévoles s’activent afin de mettre en place la prochaine activité. Ils proposeront à quelques résidents de jouer au bingo sur la terrasse de l’établissement.

« Pour nous, c’est vraiment beau de voir les jeunes avec nos résidents, souligne Amélie Gauthier, coordinatrice de l’hébergement au sein du CHSLD. Ils sont créatifs, ont de l’énergie, le sourire. Ça crée du positif dans la vie de nos résidents ! »

Elle remarque que l’apport qu’ils apportent ne se limite pas seulement aux aînés, mais que leur enthousiasme contagieux se répercute également aux employés.

Présent pour la période estivale, jusqu’à la fin du mois d’août les jeunes bénévoles devaient être âgés de 13 à 17 ans pour participer. Ils proposent des disponibilités, à partir desquels l’équipe du CHSLD compose des horaires.

« Ça n’a pas été du tout difficile de les recruter, poursuit Mme Gauthier. Au début, il fallait faire connaître le projet, mais nous avons reçu beaucoup de candidatures. »

Échanges intergénérationnels

Deux jeunes bénévoles jouent avec des résidents du CHSLD

Les jeunes bénévoles Aymen et Mohammed proposent des activités aux aînés.

Mohammed et Aymen, deux frères âgés respectivement de 14 et 16 ans, avaient entendu parler du projet à travers leur mère, qui travaille à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont.

« Ça m’avait vraiment intéressé, confie ce premier. Je n’avais jamais fait ça auparavant. Ils ont beaucoup apporté à la société, et je voulais pouvoir le leur rendre. »

De son côté, son frère aîné le voit comme une occasion d’établir un premier contact avec le monde de la médecine, domaine dans lequel il souhaiterait travailler plus tard.

« Ce sont des personnes qui n’ont pas toujours de visites, remarque-t-il. Avoir quelqu’un de notre âge qui leur parle ça leur fait du bien. Ça leur permet d’avoir un contact et de discuter, de partager des moments de leur vie. »

Angèle, qui est octogénaire, est d’ailleurs charmée par la présence de ces jeunes bénévoles.

« Ils sont très gentils, ils nous promènent, ils nous aiment. On ne peut rien demander de plus », s’exclame-t-elle entre deux parties de bingo.

« De voir les yeux pétillants des résidents lorsqu’ils aperçoivent les jeunes. Le bonheur et les liens qu’ils créent, pour moi, c’est extraordinaire. » Amélie Gauthier, coordinatrice de l’hébergement au sein du CHSLD

Aide en loisirs au CHSLD et également stagiaire en psychologie à l’Université de Montréal Cyana Danila constate également l’effet positif qu’on ces jeunes sur les aînés.

« Il y en a qui sont seuls, ils aiment partager leur expérience de vie et leurs conseils aux plus jeunes. C’est intéressant, et ça les amène aussi à interagir entre eux. »

Pour Mme Gauthier, cette première expérience avec le Projet Sunny Action est assurément positive, et elle compte bien la répéter dans les prochaines années.


La naissance d’un projet

Le 12 août 2007, le corps de Sunny Desbiens, âgé de 14 ans, est retrouvé noyé dans la rivière Shawinigan, après quatre jours de recherches. Son père, Alain Desbiens, tenait à honorer sa mémoire.

« Après sa mort, j’ai découvert les choses qu’il faisait pour les aînés, se rappelle-t-il. J’avais été surpris, parce qu’il n’en parlait pas. C’est lui qui m’a donné l’idée. »

Rapidement, il met sur pied le programme Sunny Action, une façon de faire son deuil. En 2011, il a un premier partenariat avec le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, pour installer le projet à Shawinigan, d’où il est originaire. Depuis, l’initiative a pris en extension et est présente cette année dans plus d’une trentaine de CHSLD. En Mauricie seulement, près de 200 jeunes y participent.

En avril dernier, le Ministère de la Santé et des Services sociaux a d’ailleurs accordé une subvention de 1,7 M$ sur quatre ans pour permettre au service de s’étendre à l’ensemble du Québec. 

« Je trouve ça extraordinaire, confie M. Desbiens. La mémoire de Sunny est préservée. Pour moi, c’est un gros baume sur ma plaie. »

Il remercie d’ailleurs les jeunes et les intervenants en loisir, qui sont devenus, pour lui, l’âme du projet.

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Comment ce photomontage viral a fait le tour de la planète


L’artiste turc a contacté le québécois pour préciser que c’était un montage et qu’il devrait donc le signaler. Ben non, il ne prend même la peine de répondre et pour lui, c’est évident que c’est un montage. Je déplore, car en plus de ne pas rectifier sa supposée blague, il précise que l’information viens de TVA et bien sûr des gens se font prendre. Comment de fausses nouvelles ont été partager sous l’enseigne de sites d’information ou de personnes connues ? Bon, ce n’est qu’une photo, mais si on veut lutter contre les fausses nouvelles et les hoax, c’est bien de ne pas partager sans dire que cela est truqué.
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Comment ce photomontage viral a fait le tour de la planète


On voit deux baleines sous un pont et un statut Facebook qui mentionne que c'est le nouveau pont Samuel-De Champlain. Le mot « Analyse » est écrit sur la photo.

Un photomontage de baleines sous un pont a été faussement présenté comme étant une photo du pont Samuel-De Champlain à Montréal.

PHOTO : CAPTURE D’ÉCRAN

Une photo d’un pont en Malaisie modifiée par un artiste turc et partagée par un internaute québécois est devenue virale à travers le monde ces derniers jours. Au passage, la photo a été plus d’une fois dénaturée de son sens, devenant même une photo du pont Samuel-De Champlain à Montréal. Analyse du parcours d’un photomontage viral.

Il y a quelques jours, un artiste turc a réalisé un montage mettant en scène un pont sous lequel passent une immense baleine et un baleineau. La photo truquée a été reprise par un internaute québécois qui affirmait que la scène avait été captée dans le fleuve Saint-Laurent, au sud de Montréal. Sa publication a ensuite été partagée plus de 27 000 fois, dépassant les frontières du Québec.

Voici le parcours de cette photo, en cinq temps.

1. Une photo d’un pont en Malaisie

Photo aérienne du pont à haubans Sungai Johor.

Photo du pont Sungai Johor, qui enjambe la rivière Johor en Malaisie.

PHOTO : UNSPLASH / CHUTTERSNAP

Il y a un an et demi, le 11 janvier 2018, un photographe de Singapour, du nom de Klaus Tan (Nouvelle fenêtre), a publié une photo aérienne du pont Sungai Johor, en Malaisie. Il s’agit d’un pont à haubans, dont la structure triangulaire des câbles ressemble à celle du nouveau pont Samuel-De Champlain, qui relie Montréal à la Rive-Sud. La photo de M. Tan a été publiée sur le site de partage de photos Unsplash (Nouvelle fenêtre) et a été utilisée par divers sites Internet.

2. Le photomontage d’un artiste visuel turc


Le 26 juillet dernier, un artiste turc du nom d’Umut Reçber a publié sur la plateforme Instagram une version retouchée de cette photo (Nouvelle fenêtre), en lui ajoutant une baleine et un baleineau qui semblent nager sous le pont. Sur son portfolio (Nouvelle fenêtre), le jeune homme précise qu’il se spécialise en manipulation photographique et en design graphique.

Dans la plupart de ses photos (Nouvelle fenêtre), il est évident qu’il s’agit de photomontages. Toutefois, la légende de cette photo ne le mentionnait pas clairement. Ce n’est que lorsque la photo est devenue virale que M. Reçber a ajouté une note expliquant que la photo a été retouchée au moyen du logiciel Photoshop.

3. La blague d’un internaute québécois

Deux jours plus tard, le 28 juillet, un internaute québécois du nom de Serge Simard a partagé le photomontage d’Umut Reçber en indiquant « SCOOP DE L’HÉLICOPTÈRE TVA CE MATIN. Une baleine et son baleineau passant sous le nouveau pont Samuel-De Champlain! »

«  Quand j’ai vu cette photo, j’ai souri, a expliqué M. Simard aux Décrypteurs. J’ai pris 30 secondes de ma vie en y ajoutant un commentaire surréaliste, puis j’ai partagé en oubliant ça. Ce n’est qu’en fin de soirée que j’ai réalisé que ça devenait viral. »

Dans les commentaires, la plupart des internautes semblent comprendre qu’il s’agit d’une photo truquée, mais certains tombent dans le panneau. Rapidement, sa photo est partagée plus de 27 000 fois.

Bien entendu, j’étais persuadé que mon cercle restreint d’amis ne prendrait jamais cela au sérieux, voyons donc! Serge Simard

4. L’émerveillement d’internautes à travers la planète


À travers les dizaines de milliers de partages de la photo, on retrouve un grand nombre de Québécois qui soulignent le caractère loufoque de la photo. Mais de fil en aiguille, le photomontage est repris par des internautes un peu partout dans le monde, qui semblent ignorer ce qu’est le pont Samuel-De Champlain. Ces derniers croient que la photo est authentique et s’émerveillent devant celle-ci.

Par exemple, une page Facebook au Connecticut a partagé la photo avec le commentaire « Wow, c’est incroyable. J’espère que la queue ne touchera pas le pont. » Un autre utilisateur de la Caroline du Sud a quant à lui commenté : « Ceci met vraiment en perspective à quel point nous sommes petits et la nature est magnifique. »

On voit des commentaires d'internautes en anglais, ainsi que le commentaire de l'internaute québécois qui affirmait que c'était le pont Samuel-De Champlain.

Des internautes américains ont partagé le photomontage en croyant que c’était une photo authentique.

PHOTO : CAPTURE D’ÉCRAN – FACEBOOK

5. L’artiste original critiqué

Puisque la photo partagée par l’internaute québécois comportait le nom d’Umut Reçber, certains se sont rendus sur son profil Instagram pour lui faire des reproches, en écrivant que sa photo était fausse et qu’elle n’avait pas été prise à Montréal.

Mon nombre d’abonnés a soudainement augmenté et j’étais surpris. Umut Reçber, artiste et auteur du photomontage

Face aux commentaires, l’artiste a répondu à maintes reprises qu’il s’agissait d’un photomontage et a même modifié la légende pour le préciser. En entrevue avec les Décrypteurs, il a indiqué avoir contacté l’internaute québécois qui a rendu la photo virale.

J’ai contacté l’utilisateur, je lui ai dit que c’était une manipulation numérique que j’avais créée et qu’il devrait l’indiquer. Je n’ai pas reçu de réponse et mon photomontage a continué à se propager avec la mauvaise information. Umut Reçber, artiste et auteur du photomontage

M. Simard a expliqué qu’il ne jugeait pas nécessaire de préciser que c’était un photomontage, car cela lui paraissait évident.

 « C’est comme mentionner que le nez est au milieu du visage! », dit-il.

Dans ce cas-ci, ce photomontage était inoffensif et peu d’internautes québécois semblent y avoir vraiment cru. Toutefois, cet exemple démontre comment une photo peut rapidement être détournée de son sens et finir par raconter une tout autre histoire au fil des partages.

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La réalité virtuelle utilisée pour soulager les enfants


Quoi de plus traumatisant pour un enfant qui doit subir des traitements à l’hôpital. L’hôpital Sainte-Justine à Montréal utilise la réalité virtuelle pour aider à diriger l’attention de l’enfant ailleurs que sur les traitements. Il semble que cela est très positif. Cela doit sûrement fonctionner pour les adultes, j’aimerais bien essayer chez le dentiste.
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La réalité virtuelle utilisée pour soulager les enfants


La réalité virtuelle utilisée pour soulager les

SYLVIE LE MAY/CHU SAINTE-JUSTINE VIA PC

Le CHU Sainte-Justine utilise deux formes de réalité virtuelle.

  • La Presse Canadienne

MONTRÉAL — La réalité virtuelle permet de soulager les enfants qui doivent subir des procédures déplaisantes ou stressantes, démontrent des projets-pilotes menés au CHU Sainte-Justine.

«On vise vraiment à détourner l’enfant de la source de douleur, à dévier son attention de la source de stress et de peur aussi, a expliqué la chercheure Sylvie Le May, du Centre de recherche du centre hospitalier pédiatrique montréalais. Souvent, ce sont des procédures qui ne sont pas nécessairement très douloureuses, mais qui créent beaucoup d’appréhension, de peur et d’anxiété chez les enfants.»

Pour le moment, la réalité virtuelle est principalement utilisée pour soulager ce que Mme Le May appelle «la douleur aiguë procédurale», comme celle qui accompagne une ponction veineuse, la pose d’un cathéter intraveineux, le changement de pansements chez les brûlés ou les injections à l’urgence — toutes des choses, dit-elle, «qui vont générer beaucoup de peur et d’anxiété, et qui vont faire augmenter la douleur».

Des chercheurs de Toronto et de Los Angeles ont quant à eux commencé à l’utiliser auprès d’une clientèle qui souffre de douleur chronique.

«Dans tous les projets qu’on a faits à date, la réalité virtuelle a facilité la procédure de soins, a ajouté Mme Le May. Ça a été dans le fond une procédure plus humanisante pour les enfants et les parents qui voyaient leur enfant qui était distrait, qui avait moins de douleur.»

Les trois projets pilotes menés jusqu’à présent se sont révélés si prometteurs au niveau de la faisabilité, de l’acceptabilité, de la satisfaction et des effets sur les enfants que des essais cliniques seront maintenant effectués pour recueillir plus de données sur l’efficacité de l’intervention de réalité virtuelle.

Cela permettra notamment de mesurer si le recours à la réalité virtuelle permet de réduire la quantité de médication requise pour contrer la douleur.

Deux formes de réalité virtuelle

Si la réalité virtuelle existe depuis 25 ans, ses applications auprès des enfants sont relativement récentes. En plus des projets menés au CHU Sainte-Justine, des initiatives ont également cours à l’Hôpital pour enfants malades de Toronto et au BC Children’s Hospital.

Le CHU Sainte-Justine utilise deux formes de réalité virtuelle: la forme immersive pour les plus vieux (entre sept et 17 ans) et la forme hybride pour les plus jeunes. La forme immersive est celle avec laquelle la population sera la plus familière, celle qui requiert l’utilisation de lunettes que l’enfant porte sur la tête; la forme hybride utilise plutôt un écran incurvé qui donne une impression d’être «dans» l’écran.

 On utilise la forme hybride auprès des plus petits pour des raisons de sécurité et parce que leur cortex visuel n’est pas encore complètement développé, a expliqué Sylvie Le May.

«Pour les enfants plus petits, avec l’écran, le jeu vidéo qu’on a travaillé permet de générer des bulles, puis les bulles touchent un champignon et il y a un chat qui sort, a-t-elle ajouté. L’interaction peut se faire par elle-même ou elle peut être générée par l’enfant.»

Dans le cas de la version immersive, l’enfant est équipé d’une petite manette qui lui permet de lancer des balles, de crever des ballons et de se balader dans un univers avec lequel il peut interagir.

«Ça dévie complètement l’attention de l’enfant de la source de douleur», a réitéré Mme Le May.

Le jeu utilisé pour les plus petits a été trouvé sur internet, puis modifié pour stimuler davantage leurs cerveaux. Le jeu destiné aux plus vieux, Dreamland, a été développé spécifiquement pour le CHU Sainte-Justine par la firme Oniric Interactive.

» Cliquez ici pour un aperçu du jeu immersif développé par Oniric Interactive et le CHU Sainte-Justine.

«On a contrôlé vraiment l’intérieur du jeu, la vitesse, les éléments du jeu, les niveaux, l’expérience immersive, dit la chercheure. Ça ne veut pas dire qu’on ne pourrait pas utiliser un jeu qui serait disponible pour le grand public, mais souvent ces jeux-là sont soit violents, soit trop rapides, soit ils entraînent rapidement des nausées, des vomissements et des étourdissements. Puisque nous sommes dans un contexte hospitalier, où les enfants sont parfois un peu perturbés par leur condition, il fallait tout de même travailler sur certains de ces facteurs-là pour minimiser les cybermalaises. Le but n’est pas de les rendre encore plus malades.»

D’autres applications possibles

«Si on prend les projets de réalité virtuelle immersive, on a vraiment vu une différence entre les groupes qui avaient la réalité virtuelle et les groupes qui ne l’avaient pas, sur la détresse, la mémoire, la procédure était plus facile à faire, et il y avait très peu d’effets secondaires, a expliqué Mme Le May. Un groupe a eu un peu de nausées et d’étourdissements, mais en général très peu d’effets secondaires. C’était très apprécié des parents, des professionnels de la santé qui font la procédure, parce que souvent ça facilite la procédure, ils n’ont pas à recommencer deux ou trois fois parce que l’enfant est trop agité ou qu’il a peur.»

La réalité virtuelle est une intervention peu coûteuse qui a fait ses preuves, poursuit-elle, et elle pourrait maintenant s’étendre à d’autres secteurs de soins, après avoir été utilisée à l’urgence, avec les brûlés et en orthopédie.

Mme Le May entrevoit notamment des applications possibles dans le traitement des phobies ou des troubles alimentaires, ou encore en réadaptation.

«Souvent en réadaptation il y a une appréhension de la douleur ou de bouger les membres, alors en ayant la réalité virtuelle l’ergothérapeute ou le physiothérapeute peut prévenir l’enfant qu’il va bouger son bras ou sa jambe, et ça détourne l’attention de l’enfant du membre qui va bouger ou qui est douloureux, et ça facilite la procédure de soins, a-t-elle précisé.

«On est de plus en plus sollicités à l’hôpital dans différents secteurs pour l’utilisation de la réalité virtuelle, on commence vraiment à prendre de l’essor.»

https://quebec.huffingtonpost.ca/

Attention au virus du Nil: une année record de cas en 2018


Depuis 2002 au Québec, on comptabilise les victimes du virus du Nil. Les années se suivent, mais ne se ressemblent pas du moins pour le virus du Nil. La deuxième année qui a eu plus de personnes affectées a été en 2012, puis une baisse considérable l’année suivante. Le record en 2018 a été de 201 personnes dont 15 décès. Que sera le nombre cet été ? Impossible de prévoir à l’avance.
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Attention au virus du Nil: une année record de cas en 2018


Attention au virus du Nil: une année record de cas en

GALITSKAYA VIA GETTY IMAGES

  • Stéphanie Marin

  • La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Au Québec, 2018 a été une année record pour les cas de virus du Nil occidental, révèlent de récentes données du ministère de la Santé.

Avec 201 personnes infectées par ce virus transmis par un type de moustique l’an dernier, il s’agit d’un sommet depuis que les données sont comptabilisées, en 2002. L’année 2018 fut aussi mortelle puisqu’on a recensé 15 décès.

Quant à savoir ce qui attend les Québécois cette année, cela reste à voir. L’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) n’est pas encore capable de prédire quels dégâts les moustiques feront au cours d’une année donnée, a expliqué une conseillère scientifique, Julie Ducrocq.

Par exemple, le second plus important pic avait été enregistré en 2012, avec 134 cas. Mais l’année suivante, la chute fut marquée puisqu’on avait décompté seulement une trentaine de personnes infectées. Le record de 2018 ne peut donc prédire la situation qui aura cours à l’été 2019.

Dans les deux cas, la région où le plus grand nombre de personnes ont été infectées par le virus transmis par les moustiques est la Montérégie, suivie de l’île de Montréal.

Au Québec comme ailleurs au Canada, l’incidence du virus du Nil occidental est fluctuante et difficile à prévoir d’une année à l’autre, indique de son côté le ministère québécois de la Santé.

Si la majorité des personnes infectées n’ont peu ou pas de symptômes, les conséquences pour d’autres peuvent être sévères: parmi les 201 cas rapportés l’an dernier, 148 ont eu une atteinte neurologique. 

La majorité (84 pour cent) des cas cliniques ont été hospitalisés, dont près du tiers (31 pour cent) aux soins intensifs.

Ces données ont été compilées par la Direction de la vigie sanitaire de la Direction de la protection de la santé publique du ministère de la Santé du Québec, en collaboration avec l’Institut national de santé publique du Québec.

https://quebec.huffingtonpost.ca/

La cuisine pour faciliter la transition du primaire au secondaire


 

Je trouve que c’est une excellente idée de réunir des élèves du secondaire avec des élèves du primaire dans un cadre culinaire. Apprendre la cuisine, et ses règles tout en apprivoisant le milieu d’école secondaire à plusieurs points positifs. Ces activités devraient être à la grandeur du Québec.
Nuage

 

La cuisine pour faciliter la transition du primaire au secondaire

 

La cuisine pour faciliter la transition du primaire au secondaire

Photo: Josie DesmaraisDes jeunes du programme Boîte à lunch.

Le programme d’éducation alimentaire Boîte à lunch s’étend dans près d’une dizaine d’établissements de la Commission scolaire de Montréal (CSDM). Pour la première fois, les ateliers seront offerts conjointement aux élèves de niveau primaire et secondaire afin de faciliter, à travers la cuisine, la transition entre ces deux mondes pour les plus jeunes.

«On voulait apporter cet aspect de mentorat pour faciliter la transition, a mentionné la commissaire scolaire de Ville-Marie, Stéphanie Bellenger-Heng. Aller du primaire au secondaire, c’est beaucoup d’inquiétude, de changement. Ici, les enfants sont dans un environnement qu’ils apprivoisent au fur et à mesure des ateliers.»

«L’école Pierre-Dupuy peut paraître tellement grande, parce qu’on partage notre espace avec l’École des métiers des Faubourgs-de-Montréal, donc ça peut être intimidant», a concédé pour sa part le directeur de l’école, Bruno Charreyron.

Depuis le retour de la semaine de relâche, chaque mardi, une dizaine d’élèves de l’école primaire Jean-Baptiste-Meilleur se rendent après les classes à l’école secondaire Pierre-Dupuy, où ils participent aux ateliers d’une durée d’environ deux heures avec des élèves du secondaire.

Chaque semaine, les élèves apprennent à cuisiner deux à trois recettes autour d’un ingrédient vedette. Ils peuvent ensuite ramener les plats à la maison, pour leur dîner du lendemain. Lors de la visite de Métro, la crevette était à l’honneur, avec une recette de jambalaya. Pour dessert, un «Bananas Foster».

«C’est important pour nous que ce ne soit pas des recettes pour ‘’enfants’’. On veut mettre de l’avant de vrais repas équilibrés», a expliqué la coordonnatrice régionale de Boîte à lunch, Becka Frasier.

Accompagnés d’animateurs, les élèves participent à chaque étape de la réalisation de la recette en coupant, mesurant, assaisonnant et brassant.

Au-delà de l’aspect technique, les ateliers permettent des connaissances supplémentaires à propos de la nourriture, comme la provenance des ingrédients et les nutriments qu’ils contiennent. Par-dessus tout, les ateliers permettent aux jeunes de s’épanouir.

«Ils développement leur autonomie, le travail d’équipe. On veut vraiment qu’ils ne voient plus la cuisine comme une corvée», a expliqué Mme Frasier.

«Le plaisir de cuisiner, mais aussi de manger, s’est un peu perdu avec nos vies qui vont vites. On veut leur réapprendre ça», a souligné M. Charreyron.

De grands besoins


Selon Stéphanie Bellenger-Heng, le portrait de la sécurité alimentaire a grandement évolué dans les dernières années, alors qu’elle est valable «un peu partout sur le territoire de la CSDM plutôt que dans certains secteurs comme c’était le cas avant.»

Depuis sa création en 2003, Boîte à lunch s’étend dans trois secteurs, soit Notre-Dame-de-Grâce, Saint-Michel et Centre-Sud, où les besoins sont grands. L’enquête TOPO 2017, réalisée auprès de 13 400 jeunes de sixième année, a révélé que 46% des élèves du quartier ne mangent pas avant d’aller à l’école.

«Il y a différents facteurs, mais la sécurité alimentaire en fait partie», a estimé la commissaire.

Dans le quartier, deux autres établissements scolaires prennent part au programme, mais Mme Bellenger-Heng et M. Charreyron souhaitent que d’autres écoles primaires viennent cuisiner et surtout cohabiter avec les élèves du secondaire Pierre-Dupuy.

Ayant récemment perdu sa mesure alimentaire, l’école Saint-Anselme, à proximité, devrait suivre éventuellement, tout comme l’école Jean-Baptiste-Meilleur.

Même si elle est consciente qu’il ne pourra jamais «pallier complètement à ces pertes», Mme Bellenger-Heng croit fermement que le programme Boîte à lunch contribue au développement des enfants, ce qui est «le mandat premier de la CSDM»

«Si en plus de leur permettre d’avoir un lunch pour le lendemain, on développe leurs compétences culinaires et leur éducation alimentaire, eh bien à mes yeux, on a gagné», a soutenu Mme Bellenger-Heng

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Une énigme médicale résolue grâce à une chercheuse montréalaise


Malheureusement, le cancer chez les enfants est une dure réalité. À Montréal, un lymphome a été diagnostiqué chez un enfant de 10 ans, puis plus tard chez sa soeur. Le même cancer dans une famille est, parait-il impossible. Ce cas a permis de découvrir que c’est une mutation d’un génome qui serait survenue, il y a environ 4 000 ans. Cette découverte a permis d’éviter la chimiothérapie et de soigner par l’immunothérapie simplement avec un médicament. Ce qui laisse a pensé que d’autres maladie comme la sclérose en plaques, le VIH et d’autres cancers pourront être soigné par de nouvelles formes d’immunothérapie.
Nuage

 

Une énigme médicale résolue grâce à une chercheuse montréalaise

 

La Dre Nada Jabado, hémato-oncologue pédiatre à l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill, s'entretient avec Thomas et Meagan Trinh.

La Dre Nada Jabado, hémato-oncologue pédiatre à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill, s’entretient avec Thomas et Meagan Trinh. Photo: Radio-Canada

Dominique Forget

Grâce à deux enfants montréalais, la Dre Nada Jabado a fait une découverte majeure. Elle a identifié une maladie génétique inconnue des médecins jusqu’à présent. Elle reçoit maintenant des appels de partout dans le monde.

En 2016, les médecins de l’Hôpital de Montréal pour enfants sont abasourdis. Deux enfants se sont présentés à l’urgence avec une forme étrange de cancer, qu’on arrive mal à soigner. D’abord, un garçon : Thomas Trinh. Puis, sa sœur Meagan.

« Même le docteur nous a dit : c’est impossible. Deux fois dans la même famille, c’est impossible », se rappelle King Trinh, le père des enfants.

Thomas a 10 ans lorsque les premiers symptômes se manifestent : une fièvre persistante, puis des bosses douloureuses sous la peau. Un test médical confirme le pire. Thomas est atteint d’un lymphome, un type de cancer qui touche les lymphocytes – ces cellules du système immunitaire chargées de nous protéger contre les infections. À cause de la maladie, les lymphocytes de Thomas se multiplient de façon effrénée.

La chimiothérapie s’avère inefficace. On fait donc appel à un traitement de dernier recours. On détruit toutes les cellules du système immunitaire de Thomas et on les remplace par celles de son frère aîné, Brandon. C’est ce qu’on appelle une greffe de moelle osseuse.

La greffe est un succès. Mais pour la famille, le répit est de courte durée. Quelques mois plus tard, Meagan développe les mêmes symptômes.

On voit les deux enfants, de profil.

Thomas et Meagan Trinh étaient atteints d’une forme rare de cancer. Une greffe de moelle osseuse a permis de les guérir. Mais tous n’ont pas la même chance. Photo : Radio-Canada

La Dre Nada Jabado, hémato-oncologue pédiatre, est appelée en renfort.

« Mes collègues, dès qu’il y a une histoire un peu bizarre, ils m’appellent », raconte cette médecin, rattachée à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill.

Gène défectueux

La Dre Jabado est une spécialiste du cancer du cerveau chez les enfants. Mais c’est aussi une experte en génétique. Elle propose à la famille Trinh de séquencer leur génome.

« Au moment où j’ai reçu les résultats, j’étais dans un congrès à Okinawa qui était ennuyant à un point inimaginable, se rappelle-t-elle. Alors j’ai ouvert. »

Sous ses yeux se trouve le génome des parents et des enfants Trinh : de longues chaînes d’ADN où se trouvent les gènes, ces recettes qui servent à fabriquer des protéines essentielles au fonctionnement du corps humain.

Chaque gène se trouve en deux copies : une héritée du père et une de la mère.

La Dre Jabado identifie rapidement un gène défectueux; une mutation, dans le jargon. Les parents Trinh – qui ne sont pas atteints de la maladie – en ont chacun une copie. Thomas et Megean ont deux copies défectueuses.

« Ce gène agit beaucoup dans le système immunitaire », explique la Dre Jabado.

Plus spécifiquement, la mutation empêche le corps humain de fabriquer une protéine appelée TIM3. Normalement, cette protéine agit comme un frein sur le système immunitaire. Quand elle ne fonctionne pas correctement, les lymphocytes T s’emballent.

Un ancêtre commun

En passant au crible les banques de données génétiques sur Internet, la Dre Jabado constate que la mutation est particulièrement répandue en Asie du Sud-Est. Plusieurs adultes sont porteurs d’une copie défectueuse et susceptible de donner naissance à des enfants malades.

« J’ai contacté une collaboratrice en Australie, un pays où se retrouvent beaucoup de patients qui viennent d’Asie du Sud-Est, partage la Dre Jabado. Je lui ai demandé si elle avait des enfants qui présentaient les mêmes symptômes que Thomas et Meagan. Elle en avait six. »

La Dre Jabado séquence le génome des enfants australiens. Ils ont la même mutation génétique que Thomas et Meagan. Grâce à d’autres collaborateurs, elle repère 32 cas similaires en France.

Elle n’est pas au bout de sa quête. Elle veut remonter jusqu’à l’origine de la mutation. Elle fait appel à Simon Gravel, expert en génétique des populations à l’Université McGill.

« On voyait la mutation au Japon, en Polynésie, chez les Maoris en Nouvelle-Zélande et en Chine, raconte le mathématicien. Si on essaie de remonter au dernier ancêtre commun de tous ces peuples, ça nous amène plusieurs milliers d’années en arrière. »

Selon les estimations, la mutation serait survenue il y a environ 4000 ans.

Une cible prometteuse pour l’immunothérapie

La bonne nouvelle pour les patients, c’est qu’ils éviteront désormais les chimiothérapies inutiles. La Dre Jabado a un traitement beaucoup plus efficace à leur proposer. Un simple médicament : la cyclosporine. Elle stoppe l’activation des lymphocytes T, permettant une rémission des patients.

La chercheuse reçoit maintenant des appels de médecins, de partout dans le monde.

Un frère et une sœur atteints d'une forme étrange de cancer, une énigme médicale

La famille Trinh a permis de faire avancer les connaissances sur cette forme rare de cancer. Photo : Radio-Canada

La portée de sa découverte va bien au-delà du traitement de lymphomes rares. Elle laisse croire qu’en bloquant le gène responsable de la protéine TIM3 chez certains malades, on pourrait donner un coup de fouet au système immunitaire. Cela pourrait ouvrir la voie à de nouvelles formes d’immunothérapie contre le cancer, la sclérose en plaques ou le VIH.

« La famille Trinh nous a donné un énorme cadeau, reconnaît la chercheuse. Pour aider d’autres patients atteints de la même maladie que Thomas et Meagan, mais surtout en montrant à la communauté scientifique que si on veut exciter le système immunitaire, c’est possiblement là qu’il faut travailler. »

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