De jeunes Québécois font la vie dure aux cyberpirates


La firme cybersécurité a sa maison mère en Europe et possède des bureau de recherche a travers le monde pour lutter contre les cyberattaque. À Montréal, il y a une dizaine ces bureaux de recherche qui lutte contre les cyberattaques.
Nuage

 

De jeunes Québécois font la vie dure aux cyberpirates

 

Réunion de l’équipe d’ESET à Montréal

Réunion de l’équipe d’ESET à Montréal Photo : Radio-Canada

Un groupe de spécialistes de l’informatique de Montréal a aidé le FBI à faire condamner un citoyen russe à 46 mois de prison l’an dernier. Son crime : une fraude évaluée à plusieurs millions de dollars perpétrée à l’aide d’un logiciel malveillant.

Par Gino Harel et Catherine Varga d’Enquête

Vous ne trouverez pas beaucoup de cheveux gris en entrant dans les bureaux de la compagnie ESET, au centre-ville de Montréal. La firme de cybersécurité, dont le siège social est en Europe, compte plus d’un millier d’employés partout dans le monde. Ils sont une dizaine au bureau de recherche de Montréal.

« La différence majeure entre un hacker et quelqu’un qui est du côté de la défense, c’est ce que l’on fait avec ces connaissances-là : pour attaquer ou pour protéger », lance Alexis Dorais-Joncas, chef d’équipe aux renseignements de sécurité pour le bureau montréalais d’ESET.

« Ceux qui protègent les gens contre les cyberattaques possèdent le même coeur de connaissances que les assaillants », poursuit-il.

Pour effectuer leurs travaux de recherche, Alexis et son équipe comptent notamment sur des clients qui acceptent de partager avec ESET des fichiers qu’ils soupçonnent d’être malveillants.

Les fichiers sont apportés dans notre laboratoire, triés, classifiés par différents systèmes automatiques. Alexis Dorais-Joncas, chef d’équipe à ESET

Alexis Dorais-Joncas devant un ordinateur

Alexis Dorais-Joncas, chef d’équipe à ESET Photo : Radio-Canada

Opération Windigo

En 2013, la petite équipe d’ESET à Montréal tombe sur un échantillon du logiciel malveillant Ebury. Les chercheurs constatent que le logiciel est utilisé dans diverses attaques contre des systèmes d’exploitation Linux. Pour lutter contre Ebury, ESET lance la cyberopération Windigo.

Les pirates se servent d’Ebury pour accéder à des serveurs et les infecter par ce qu’on appelle une porte dérobée, donc à l’insu de chacun des propriétaires de serveurs compromis.

« Quand on a commencé à travailler sur Ebury, on a contacté plusieurs personnes dans nos cercles proches. Ce qu’on a réalisé, c’est qu’on n’était pas les premiers à avoir regardé cette menace-là […] Donc, on s’est mis ensemble pour essayer d’éradiquer cette menace », explique Marc-Étienne Léveillé, chercheur en logiciels malveillants à ESET.

Marc-Étienne Léveillé mentionne que son groupe a travaillé avec d’autres organismes internationaux, dont l’agence gouvernementale allemande de cybersécurité CERT-Bund, pour analyser la menace posée par Ebury.

Ils constatent vite que le logiciel permet de se connecter à distance aux serveurs infectés. Les malfaiteurs peuvent ainsi voler le nom des utilisateurs, leurs mots de passe et autres clés d’accès, ce qui leur permet d’infecter d’autres serveurs.

ESET est parvenue à remonter jusqu’à l’une des victimes et lui a demandé d’avoir accès à son serveur pour pouvoir y surveiller le trafic. Une semaine d’observation a suffi pour mesurer l’ampleur du problème.

On a réalisé qu’il y avait au-delà de 7000 serveurs qui étaient compromis, partout à travers le monde. À partir de ce moment, on savait que c’était à assez grande échelle. Marc-Étienne Léveillé, chercheur en logiciels malveillants

En tout, les chercheurs du groupe qui ont analysé Ebury ont pu dénombrer plus de 25 000 serveurs infectés, la majorité aux États-Unis. On a aussi pu identifier 626 serveurs au Canada.

Marc-Étienne Léveillé devant un ordinateur

Marc-Étienne Léveillé, chercheur en logiciels malveillants à ESET Photo : Radio-Canada

Les pirates surveillent les chercheurs

En 2014, Marc-Étienne, Alexis et leurs collègues ont publié un premier document de recherche sur l’opération Windigo et les ravages du logiciel Ebury. Le rapport dressait le bilan des activités malveillantes des auteurs de l’attaque.

Les serveurs infectés avaient été utilisés pour envoyer environ 35 millions de pourriels par jour, qui permettaient de rediriger quotidiennement près d’un million de requêtes Internet vers des sites publicitaires indésirables.

Un mois après la publication de ce rapport, Marc-Étienne a eu une surprise alors qu’il analysait un nouvel échantillon du logiciel Ebury. À la fin d’une chaîne de caractères chiffrés, on pouvait lire « Good job, ESET! »

« C’était en référence à notre rapport, sans aucun doute, croit-il. Ce sont les auteurs d’Ebury qui nous envoyaient ce message. »

Ils s’intéressent à ce qu’on fait. Ils lisent nos rapports, puis ils voient jusqu’à quel point on comprend ce qu’ils sont en train de faire. Marc-Étienne Léveillé, chercheur en logiciels malveillants

Sur l'écran, on peut lire : « Good job, ESET! »

Message détecté en 2014 dans un échantillon du logiciel Ebury. Photo : Radio-Canada

Le FBI invité à la traque

Les spécialistes de la cybersécurité sont parfois en contact avec les autorités policières, lorsqu’il est question de crimes informatiques. C’est ce qui s’est passé dans le cas d’Ebury : le FBI a été invité à joindre ESET et ses partenaires.

En utilisant des pseudonymes, les pirates ont convaincu certaines entreprises, dont les revenus dépendent du nombre d’internautes qui visitent leurs pages web, de les payer pour augmenter leur trafic.

Une des victimes du stratagème était un site de rencontres pour adultes aux États-Unis. Ce site a ainsi payé des commissions aux pirates pour le trafic Internet généré.

Toutefois, ces entreprises ne savaient pas que la popularité soudaine de leurs sites s’expliquait par des redirections de clics, grâce à des centaines de serveurs informatiques contaminés ou à des pourriels contenant des liens cliquables infectés.

La fraude aura permis aux malfaiteurs de se faire payer des millions de dollars pour tout ce trafic généré frauduleusement.

Le FBI a finalement réussi à faire condamner l’un des auteurs du stratagème. Le citoyen russe a été arrêté en 2015, alors qu’il était de passage en Finlande. Il a été extradé aux États-Unis et a finalement plaidé coupable l’an dernier.

Il purge présentement une peine de 46 mois de détention dans une prison du Minnesota. Il avait des complices, selon le FBI. Visiblement, ceux-ci sont toujours au large… et bien actifs.

Le jeu du chat et de la souris se poursuit

Malgré l’arrestation d’un des auteurs, ESET n’a pas fini de suivre la trace des cyberassaillants derrière le logiciel malveillant Ebury. En novembre dernier, Marc-Étienne et ses collègues ont tenté de les attirer vers un serveur délibérément compromis afin de pouvoir observer leurs actions. Dans le milieu, on appelle cela un honeypot, un « pot de miel » en français.

« Les assaillants s’y sont fait prendre. Ils ont passé environ quatre heures à tenter de comprendre sur quoi ils étaient tombés, raconte Marc-Étienne. Puis ils ont compris. » Avant de se déconnecter, ils ont envoyé un autre message qui se lisait comme suit : « hello ESET honeypot ».

« Ils ont découvert que c’était un piège », dit Marc-Étienne.

Capture d'écran du message

Message détecté en 2017 dans un échantillon du logiciel Ebury. Photo : Radio-Canada

Les auteurs d’Ebury sont toujours actifs aujourd’hui.

L’automne dernier, ESET a produit un nouveau rapport pour faire le point sur les activités de ce groupe de cyberpirates. Ces derniers font leur possible pour brouiller les pistes derrière eux.

À la suite de la publication des rapports d’ESET, les auteurs d’Ebury ont modifié certaines de leurs techniques, ce qui rend leur surveillance plus difficile.

Dans cette joute qui prend des allures de cyberguerre, le partage d’information est crucial, rappelle Alexis Dorais-Joncas.

Les attaquants se parlent entre eux, il n’y a aucun doute. Ils se partagent des trucs […] pour mieux performer, mieux réussir leurs attaques. Alexis Dorais-Joncas, chef d’équipe à ESET

« Si on ne se parle pas, au niveau de la défense, et qu’on ne partage pas ce qu’on a trouvé, on va perdre la guerre. On va perdre le terrain très rapidement », résume-t-il.

https://ici.radio-canada.ca/

 

Publicités

20 centenaires habitant la même résidence


20 centenaires habitent dans une même résidence pour personnes âgées. C’est un événement que l’on risque de voir souvent avec la longévité qui augmente. Chacun a leur secret pour atteinte ce grand âge, mais il y aussi une triste réalité pour certain d’entre eux. La solitude, ils n’ont plus d’amis, pas de famille (ou famille absente) qui rend les journées longues et ennuyeuses
Nuage

 

20 centenaires habitant la même résidence

 

20 centenaires habitant la même résidence

Cette année, neuf pensionnaires d’une résidence pour aînés située dans l’ouest de Montréal franchiront le cap des 100 ans. Onze autres y sont déjà centenaires. Ils participaient dimanche à une fête d’anniversaire pour souligner leur longévité.

Année après année, le nombre de centenaires ne cesse de progresser. En 2016, près de 1800 d’entre eux avaient été comptabilisés au Québec. En 2026, les dernières projections démographiques en prévoient 5000 dans la province.

Ce chiffre exploserait en 2061, puisque Statistique Canada s’attend à ce qu’il y ait plus de 55 000 personnes âgées d’au moins 100 ans au Québec.

Plus globalement, le Canada compterait à ce jour 17,4 centenaires pour 100 000 habitants.

D’ici la fin de l’année, la résidence Waldorf, dans le quartier Côte-Saint-Luc, aura quant à elle un total de 20 centenaires dans son établissement.

Quel est leur secret?

« Bien manger et faire de l’exercice », a expliqué Irène Klein, qui vient de fêter son centième anniversaire début janvier.

Irène Klein, une centenaire

Irène Klein, âgée de 100 ans, fait du sport pour rester en forme. Photo : Radio-Canada

Pour rester en forme, Mike Levine, 101 ans, joue quant à lui aux quilles chaque semaine.

« Je ne suis pas un expert, mais je suis capable de jouer », a-t-il blagué.

Cependant, la vie n’est pas facile pour toutes ces personnes âgées, qui doivent également composer avec la solitude.

« À cet âge, je n’ai plus d’amis, pas de famille, personne, a reconnu, la voix sanglotante, Mauriciu Freedman. Je suis le seul encore en vie. C’est très difficile quand je pense à ce que j’étais auparavant. Maintenant, je souffre, mais c’est la vie. »

Ce récent centenaire attend maintenant la prochaine étape.

« Je prie chaque fois Dieu qu’il m’amène en haut. Pour moi, c’est suffisant, super suffisant », a-t-il admis.

Mauriciu Freedman, un centenaire

Mauriciu Freedman vient de fêter ses 100 ans. Photo : Radio-Canada

La société doit s’adapter

Face au vieillissement de la population, le gouvernement et l’ensemble de la société doivent s’adapter à cette nouvelle réalité, a souligné Francine Charbonneau, ministre responsable des Aînés.

« Il faut s’assurer que, dans les villes et les villages, [les aînés] puissent prendre l’autobus et se déplacer, aller dans des commerces où les allées sont adaptées aux marchettes », a-t-elle détaillé en marge de cette célébration dominicale.

Avec les informations d’Olivier Bachand

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/

Le Saviez-Vous ► Expertise médico-légale au Québec


Parmi mes passions telles que l’archéologie, l’astronomie et autres, il y a aussi la science médico-légale. Ce billet avait été écrit en 2014 lors des 100 ans d’expertise médico-légale au Québec, plus précisément à Montréal. C’est d’ailleurs l’un des laboratoires les plus complets en Amérique du Nord. C’est un endroit qu’on peut résoudre le mystère d’un décès, d’un crime … Le seul hic, est l’odeur qui règne dans la salle d’autopsie
Nuage

 

Expertise médico-légale au Québec

 

 

Ce laboratoire a été fondé par le Dr Wilfrid Derome le 26 juin 1914, et a occupé jusqu’en 1969 des locaux dans le Vieux-Montréal, rue Saint-Vincent. Il constitue aujourd’hui une unité autonome au sein du ministère de la Sécurité publique, située au siège social de la Sûreté du Québec, rue Parthenais. Il est l’un des laboratoires les plus complets en son genre en Amérique du Nord.

Le Laboratoire possède trois salles d’autopsie qui sont attenantes à la morgue, qui peut contenir jusqu’à 135 corps. Entre 650 et 700 autopsies sont pratiquées ici tous les ans. Il reçoit la majorité des cas de morts violentes ou suspectes au Québec. Les causes de mortalité sont identifiées dans 95 % des cas.

Une autopsie dure en moyenne une heure. Dans des cas extrêmes, où il y a putréfaction et démembrement, elle peut s’étendre sur plusieurs jours. C’est une procédure invasive où tous les organes du torse et du crâne sont retirés et examinés. Les organes (dont le cerveau) sont mis dans un sac et placés dans le ventre. Si le corps était exposable avant l’autopsie, il le sera après celle-ci. La salle sert aussi à passer le corps et la dentition aux rayons X.

Même après plus de cinq ans comme médecin légiste, le Dr Yann Dazé peut encore sentir l’odeur de putréfaction qui règne au sous-sol, où sont situées les salles d’autopsie et la morgue.

« Ça ne sent pas la boulangerie », lance-t-il.

L’odeur est beaucoup plus proche de celle émanant des égouts. C’est d’ailleurs où vont les eaux après le lavage, si nécessaire, du corps.

Quelques échantillons d’organes prélevés durant l’autopsie sont envoyés pour être analysés. Ils sont coulés dans la paraffine afin d’en faire des tranches extrêmement minces. En haut à droite, on voit de fines tranches d’un morceau de coeur.

Le Laboratoire compte environ 150 employés, dont une soixantaine sont affectés à la division Biologie.

Grâce à l’analyse des taches de sang, on peut aider les enquêteurs à déterminer le déroulement d’un acte criminel. Les spécialistes du laboratoire s’occupent aussi de l’analyse des échantillons de sang prélevés sur la scène de crime. Chaque année, 1000 individus sont ajoutés à la Banque nationale de données génétiques par l’équipe québécoise.

Un photographe professionnel produit des photos et des vidéos de qualité pour aider aux enquêtes et au dépôt d’éléments de preuve en cour. Il fait aussi du traitement d’images et de l’infographie.

À l’aide de microscopes, il devient possible de déterminer si une personne a tenté d’imiter l’écriture d’une autre. Des ralentissements dans le trait vont trahir les individus malintentionnés. Toute cette analyse se fait à l’oeil par des spécialistes.

Avec des appareils sophistiqués, il est possible de déceler les différentes techniques encore utilisées par des faussaires. Dans ce cas-ci, pour un chèque altéré et pour un numéro de téléphone caché.

La fin de la guerre des motards a fait passer le nombre annuel d’enquêtes de la section Incendies et explosions de 100 à 40. L’essence est utilisée dans 90 % des incendies d’origine criminelle.

Dans le secteur de la balistique, on reçoit pour analyse entre 2000 et 2500 armes à feu par année. On y compare des douilles pour les associer à des armes à feu. Ce travail se fait à l’oeil. Un robot numérise les douilles, mais seul un humain peut confirmer une correspondance entre deux douilles. Le Laboratoire a 4000 armes à feu saisies aux fins de comparaison.

Avec les informations de Louis-André Bertrand et de Jacques Bissonnet. (Photos : Louis-André Bertrand)

http://ici.radio-canada.ca

Chien-guide refusé dans un resto: «Ça arrive tout le temps»


Me semble que toute personne qui travaille au public devrait savoir que les chiens d’assistance ont droit d’accompagner leur maitre peut importe si c’est un restaurant, un taxi, ou autre. C’est un droit qui est depuis plusieurs années acquis pour ces personnes. L’excuse qu’un chien serait dangereux dans un restaurant avec un plat chaud, me semble faible. Un enfant qui se lève subitement est tout aussi dangereux pour les serveurs. Devrait-on interdire les enfants ?
Nuage

 

Chien-guide refusé dans un resto: «Ça arrive tout le temps»

 

Diane Bergeron a déposé une plainte à la Commission... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

Diane Bergeron a déposé une plainte à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse contre le restaurant Lyla, situé dans Parc Extension, après qu’une employée lui eut signifié que son chien-guide ne pouvait la suivre à sa table.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

SIMON-OLIVIER LORANGE
La Presse

Une femme non voyante de passage à Montréal a appris de manière abrupte que son chien-guide n’était pas le bienvenu dans un restaurant de Parc Extension.

Diane Bergeron et son chien guide

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Diane Bergeron raconte avoir été accueillie gentiment, vendredi dernier, par l’hôte à l’entrée du restaurant Lyla, rue Jean-Talon Ouest, mais qu’au moment de s’asseoir à sa table, son amie et elle ont été interceptées par une employée qui leur a signifié que le chien ne pourrait pas suivre sa maîtresse ni se coucher sous la table.

« Peu de gens le savent, mais ça nous arrive tout le temps », déplore-t-elle au téléphone.

La Loi sur les produits alimentaires prévoit pourtant que « toute personne qui accède à l’aire de service au public [où est exercée l’activité de restaurateur] peut être accompagnée d’un chien lui permettant de pallier un handicap ».

Au milieu du brouhaha de l’heure du dîner, les deux femmes ont argumenté avec l’employée, invoquant des précédents qui ont valu des amendes salées à d’autres restaurants, de même que la Charte des droits et libertés qui est claire au sujet des chiens-guides.

En guise de compromis, la serveuse a finalement proposé que l’animal attende dans le vestibule du commerce, précisant que cet espace était chauffé.

« J’étais debout au milieu de la place et personne ne disait rien pour me défendre. C’était embarrassant, humiliant », dit Diane Bergeron.

Rentrée à Ottawa quelques heures après l’incident, elle a déposé une plainte à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ).

LA LOI ET LA CHARTE

Aux yeux de la Commission, il n’y a pas de zone grise.

Dans sa documentation, elle cite la Charte des droits et libertés, qui s’applique « sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur […] le handicap ou l’utilisation d’un moyen pour pallier ce handicap ».

Le chien d’assistance (pour les personnes ayant un handicap moteur) et le chien-guide sont reconnus au nombre de ces « moyens » par les tribunaux, souligne la CDPDJ.

Sur son site web, la Commission rappelle notamment qu’en 2012, le Tribunal des droits de la personne a ordonné au restaurant montréalais La Caverne grecque et à un des serveurs de payer 6000 $ à une personne tétraplégique à qui on avait refusé l’entrée avec son chien d’assistance.

Dans un aide-mémoire produit à l’intention des restaurateurs à qui il délivre des permis d’exploitation, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) mentionne aussi clairement les dispositions de la loi concernant les chiens-guides. Le respect ou non du règlement n’est toutefois pas susceptible de faire perdre un permis de restauration, les critères d’inspection étant strictement basés sur la salubrité des lieux.

L’Association des restaurateurs du Québec (ARQ) est elle aussi catégorique à ce sujet, et elle fournit régulièrement de la documentation à ses quelque 5600 membres pour les sensibiliser à cette cause. L’ARQ ne nous a toutefois pas précisé si Lyla figurait parmi ses membres.

LE RESTAURANT SE DÉFEND

Rencontrée par La Presse hier au restaurant, My Tam Phan, l’employée qui s’est opposée à Mme Bergeron, a affirmé qu’elle ignorait, au moment des faits, la loi obligeant les restaurateurs à accueillir les chiens-guides avec les personnes handicapées ou non voyantes.

« Une cliente incommodée par une allergie aux chiens a déjà dû partir en vitesse par le passé, alors nous avons décidé de ne plus les accepter », raconte My Tam Phan.

My Tam Phan assure toutefois avoir recueilli l’information nécessaire depuis et s’engage à se conformer à la loi à l’avenir.

Elle indique néanmoins qu’une salle à manger bondée, avec des serveurs qui transportent des soupes chaudes entre des tables peu espacées, n’est pas un environnement de choix pour un chien.

Bien qu’elle n’ait pas l’intention de prendre contact avec Diane Bergeron ou de lui offrir des excuses, elle assure que l’Ottavienne est la bienvenue dans son restaurant avec son chien si elle désire y manger de nouveau.

« On est loin de discriminer les gens, on veut satisfaire tout le monde », conclut-elle.

Et les taxis?

 

Selon Diane Bergeron, il n’est pas rare qu’un taxi refuse de la faire monter vu la présence de son chien, invoquant des raisons vaseuses ou passant carrément son chemin. Pourtant, pour ces cas, l’interprétation de la loi est la même que pour les restaurants. Le Règlement sur le transport par taxi de la Ville de Montréal reprend l’article de la Charte, et le Bureau du taxi assure qu’un chauffeur qui y contrevient commet une « offense grave » passible d’une sanction allant jusqu’à une révocation de son permis pour trois mois. Depuis un peu plus d’un an, le Bureau demande également aux chauffeurs de placer en évidence dans leur voiture un code d’éthique où figure en toutes lettres leur obligation d’accepter les passagers avec un animal d’assistance.

Plaintes pour discrimination liées aux chiens guides ou d’assistance*

  • 2013 : 14
  • 2014 : 9
  • 2015 : 19
  • 2016 : 15
  • 2017 : 22
  • Total : 79

* Nombre de dossiers ouverts par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse dans le domaine de l’accès aux services, transports et lieux publics

http://www.lapresse.ca/

Antidouleur virtuel


Des jeux Dremland créer en Abitibi-Témiscamingue sert à un projet pilote à l’hôpital Ste-Justine, un hôpital pour enfant a Montréal. Les enfants qui doivent avoir des traitements comme réparer un doigt, des brûlure à la main ont peur que la douleur soit pire et l’anxiété monte. Difficile, pour le personnel de les soigner, alors rentre le jeu en réalité virtuel qui semble être vraiment positif. L’enfant est ravi, ne crie pas, car il est trop concentré par le jeu
Nuage

 

Antidouleur virtuel

 

Jihane Chahboune, qui s'est cassé l'auriculaire lors d'une... (Photo David Boily, La Presse)

Jihane Chahboune, qui s’est cassé l’auriculaire lors d’une partie de basketball, participe au projet-pilote du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine, qui vise à utiliser la réalité virtuelle pour diminuer la douleur et l’anxiété des jeunes patients.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

CATHERINE HANDFIELD
La Presse

Le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine lance un projet novateur: utiliser la réalité virtuelle pour diminuer la douleur et l’anxiété des enfants qui viennent subir certaines procédures. Jihane, qui s’est cassé l’auriculaire en jouant au basketball, a enfilé le casque de réalité virtuelle et a essayé le jeu, qui fait actuellement l’objet d’un projet-pilote. Récit de son expérience.

«Je n’ai rien senti!» À la suite d’une fracture d’un auriculaire, Jihane Chahboune a pu essayer le jeu de réalité virtuelle Dreamland lors d’une étape de son traitement au Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine.

Dans un autre univers La Dre Mathilde Hupin est chirurgienne orthopédique pédiatrique spécialisée en main et membre supérieur au CHU Sainte-Justine. Quand un enfant se fait une fracture, l’une des techniques utilisées consiste à installer des broches, de fines tiges métalliques qui permettent de fixer l’os dans la bonne position. Les broches, qui sortent de la peau, doivent être retirées après trois, quatre semaines, une fois la fracture guérie.

Aussi simple et rapide soit-il, le retrait des broches fait souvent bien peur aux enfants.

«On leur donne une petite tape dans le dos et on essaie de les distraire comme on est capable», explique la Dre Hupin, qui souligne que ce serait à la fois complexe, coûteux en temps et possiblement inutile de donner un analgésique aux enfants pour cette procédure («un Tylenol ou un Advil n’aide pas vraiment pour l’anxiété»).

Des enfants qui font le bacon quand arrive le temps de retirer les broches, la Dre Mathilde Hupin en a croisé dans sa pratique.

C’est exactement le type de soins qu’une équipe du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine, dont la Dre Hupin fait partie, pense pouvoir améliorer avec le projet Dream.

Le projet Dream consiste à faire jouer les enfants de 7 à 17 ans à un jeu de réalité virtuelle pendant des interventions médicales potentiellement douloureuses. Le bassin d’interventions pourrait s’élargir éventuellement, mais pour l’instant, le projet s’adresse aux enfants ayant une blessure traumatique (retrait de broches ou de points de suture, installation de plâtre) ou une brûlure (changement de pansement).

Un volet pilote a débuté en juillet pour s’assurer que le projet est faisable et acceptable. D’ici un an et demi, un essai clinique devrait être lancé pour tester l’efficacité de la réalité virtuelle contre la douleur et l’anxiété.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

«On voulait rendre le processus médical plus humanisant en offrant une option non pharmacologique, explique Sylvie Le May, infirmière et chercheuse principale. Ce sont de procédures qui ne durent pas longtemps, mais qui sont anxiogènes. Ça peut être douloureux, oui, mais c’est surtout beaucoup d’appréhension.»

Qui plus est, rappelle-t-elle, des études ont montré que plus l’anxiété est élevée, plus la douleur l’est aussi.

«Le but, résume-t-elle, c’est vraiment de dévier l’attention de la procédure.»

Capter l’attention de l’enfant

Au-delà de la télévision, de la tablette et du téléphone, la réalité virtuelle a le don de capter l’attention, souligne le Dr Jean-Simon Fortin, médecin d’urgence et propriétaire de l’entreprise Oniric Interactive. Il assure la partie technique du projet et le lien entre le CHU Sainte-Justine et l’équipe de développement du jeu. La réalité virtuelle permet aussi de couper l’enfant du son ambiant de la salle (dont les pleurs des autres enfants !) et de sortir les instruments de chirurgie à l’abri du regard des petits, dit-il.

«On coupe complètement l’enfant du monde dans lequel il est pour l’envoyer ailleurs», résume le Dr Jean-Simon Fortin.

Cet «ailleurs», c’est l’univers du jeu Dreamland, créé spécialement pour le projet par une équipe de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. Utilisé avec le casque de réalité virtuelle Oculus Rift, le jeu Dreamland consiste à lancer des balles rouges sur des ballons, des diamants et des caissons et d’accumuler des points, à son rythme, sans pression.

«Ce n’est pas comme un jeu commercial où on peut échouer et où on est obligé de recommencer; c’est un jeu sans échec», explique le Dr Fortin.

Le jeu tâche aussi d’atteindre un juste équilibre entre l’engagement de l’enfant (maintenir son attention) et son confort (limiter les risques d’étourdissements ou de nausées), dit-il.

À ce stade-ci du projet-pilote, la réception des enfants est très bonne, «mieux qu’on espérait», se réjouit Sylvie Le May.

L’étudiante au doctorat Christelle Khadra s’enthousiasme lorsqu’elle nous parle de ce garçon de 7 ans, brûlé à la main, qui hurlait tant il ne voulait pas que le médecin examine sa blessure.

«Quand il a commencé à jouer, la résidente a commencé à lui bouger la main. Aucune douleur, aucun cri; il était tout à fait absorbé par le jeu», dit-elle.

Au terme de l’expérience, le petit garçon avait déjà hâte à sa prochaine visite à l’hôpital…

Souvent, les enfants qui viennent subir ces interventions anxiogènes en sont à leurs toutes premières visites à l’hôpital. Si la réalité virtuelle peut rendre ces premières expériences moins traumatisantes, voire agréables, ce sera mission accomplie, conclut l’équipe de chercheurs.

http://www.lapresse.ca/

Froid extrême: sillonner le centre-ville à la recherche des sans-abri


Il fait très froid ces jours-ci, s’il faut sortir, il faut être bien emmitouflé. Même s’il fait froid, l’hiver est une période difficile pour les sans-abris a raison avec des températures que nous connaissons cette semaine. Des équipes d’intervenants s’affairent pour des rondes et repérer des personnes en difficultés pour les habiller et ou leur offrir un gîte pour la nuit, malgré que certain refuse toute aide
Nuage

 

Froid extrême: sillonner le centre-ville à la recherche des sans-abri

 

Les refuges pour sans-abri de Montréal étaient mobilisés,... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE)

Les refuges pour sans-abri de Montréal étaient mobilisés, mercredi, en vue de fournir un refuge à toute personne qui en aurait besoin durant la vague de froid extrême qui frappe la métropole.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

 

PHILIPPE MERCURE FANNY LÉVESQUE
La Presse

Les organismes venant en aide aux sans-abri étaient mobilisés, hier, afin d’offrir vêtements chauds, nourriture et refuge pour la nuit à toute personne qui en aurait besoin

 La Presse a suivi l’équipe de la mission Old Brewery qui sillonnait le centre-ville de Montréal, à la recherche de gens en détresse dans la nuit polaire.

« On forme une équipe. » Yolette prend place devant et Yahia, au volant, fait démarrer le minibus d’une vingtaine de places.

Sur le coup de 17h30, le duo de la mission Old Brewery sillonne les rues du centre-ville à la recherche de sans-abri qui auraient bien besoin d’un peu de chaleur. Encore plus par une nuit de froid sibérien.

« On fait la navette toute l’année, mais des soirs comme ce soir, c’est particulièrement occupé », raconte Yolette.

Elle et son collègue ouvrent l’oeil, roulent lentement. « Yolette, regarde. Va voir. » La femme s’exécute. L’intervenante entre ici, dans un restaurant de la rue Sainte-Catherine, ou là, à l’entrée du métro Atwater. Elle parle avec ceux qui errent.

« Il y a en qui sont reconnaissants, d’autres moins, mais c’est rare », explique Yahia pendant que sa collègue vérifie les alentours d’une autre station de métro.

« Je ne travaille avec la [mission Old Brewery] que l’hiver. Ce n’est pas difficile, au contraire. C’est quelque chose que j’aime. C’est venir aider les gens qui en ont besoin. »

Une femme finit par entrer à l’intérieur de la navette garée le long de la rue, raccompagnée par Yolette. Peu vêtue, elle empoigne le premier manteau d’une pile déposée sur la banquette avant. « Je peux le prendre ? Merci, thank you. » Son visage s’illumine un instant, en l’enfilant. Yolette lui tend une paire de chaussettes sèches et une bouteille d’eau. « Thank you! »

La tournée au centre-ville est plutôt calme.

« Les magasins sont encore ouverts. Ça va bouger plus tard, vers 22h », estime l’intervenante.

Il n’est pas rare non plus, les soirs de grand froid que les sans-abri aient déjà trouvé refuge. Sinon, Yolette et Yahia se chargent de raccompagner les autres, comme Mario, vers la bonne ressource.

Un autre « bien équipé » préfère attendre un peu plus tard, assis dans le petit portique d’un commerce vide de la rue Sainte-Catherine. Il prendra quand même la bouteille d’eau et la boîte de craquelins que lui tend Yolette. Elle essuiera par contre quelques insultes un peu plus loin, allant offrir la même aide à un homme demandant la charité près d’un guichet automatique.

« Il faut être humain », résume-t-elle, le sourire rempli d’empathie.

Intervenante depuis des années, la dame d’origine haïtienne oeuvre depuis deux ans à la mission Old Brewery. Sur le terrain, dans « la navette », elle dit arriver à apaiser les plus agités.

« Il faut garder une voix calme », confie celle que les habitués appellent affectueusement « Madame Navette ».

Gaston quitte le minibus de la mission Old Brewery après s’être fait donner des vêtements chauds.

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Des bottes et un manteau

Autour de 20h, le duo se déplace vers le métro Guy-Concordia, où un homme a composé trois fois le numéro de la navette pour recevoir de l’aide. Gaston attend devant les portes tournantes quand Yahia gare le minibus. Il entre rapidement. Il a besoin de bottes de pointure 10. Les 11 sont trop grandes pour lui. Les 9 feront. « Mes bas sont minces, minces », dit-il.

Gaston prendra aussi des bas et une tuque. Louis est monté avec lui. C’est Louis qui a appelé pour Gaston, un peu plus tôt. Louis, qui a subi un traumatisme crânien, est aussi passé par la rue, à une autre époque. Il en est sorti, il y a maintenant quatre ans, mais il « regarde » encore ceux qui ont besoin d’aide, comme il en a eu besoin. « J’ai pas peur des yeux », illustre-t-il.

Pendant qu’il raconte son parcours à La Presse, Gaston a eu le temps de dénicher un grand manteau rouge à sa taille.

« C’est beau, ça », s’exclame-t-il en remontant la fermeture éclair. « Demain matin 8h, tu peux te présenter à la mission Old Brewery », lui explique Yolette.

Les hommes ressortent aussitôt. Louis reviendra pour noter les informations, Gaston les ayant oubliées.

Yolette et Yahia devaient veiller jusqu’à 22h avant qu’une autre « équipe » ne prenne le relais jusqu’au petit matin.

Yolette, intervenante de la mission Old Brewery, effectue... (PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE) - image 3.0

Yolette, intervenante de la mission Old Brewery, effectue une tournée du centre-ville à bord d’un minibus, à la recherche de sans-abri qui auraient besoin de vêtements, d’eau ou d’un refuge pour la nuit.

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Des refuges débordés

À la mission Old Brewery, les hommes vêtus de gros manteaux faisaient la file pour obtenir un café. De bons Samaritains y apportaient des manteaux et des bottes. Le refuge, qui compte 266 places d’urgence, en a ajouté 10 supplémentaires au début de l’hiver. Dans la nuit de mardi à mercredi, les 276 places étaient occupées.

« On est complets, mais on ne refuse personne, précise Émilie Fortier, directrice des services du refuge du boulevard Saint-Laurent. Si toutes les ressources sont pleines, on peut garder les gens à la cafétéria. »

À la Maison du Père, on a aussi ajouté 24 lits aux 170 habituellement offerts. Une quinzaine étaient vides dans la nuit de mardi à mercredi, mais on s’attendait à ce qu’ils soient occupés rapidement.

« Quand il fait froid comme ça, ce n’est pas jojo. Ça joue sur la tension. Les gars sont plus sensibles, plus fébriles », explique Manon Dubois, directrice du développement et des communications. Elle dit aussi voir plusieurs cas de pneumonies.

L’Accueil Bonneau, qui accueille les personnes sans domicile fixe le jour, a ouvert ses portes dès 7h30, mercredi, une demi-heure plus tôt que d’habitude.

« On les fait entrer plus tôt, on leur donne du café et on leur permet de se réchauffer. On est attentifs aux gars qui rentrent. On s’assure qu’ils sont bien vêtus, sinon on leur fournit ce qui manque. Et on porte attention aux engelures – jambes, pieds, mains », dit André Leroux, chef d’équipe de la première ligne à l’Accueil Bonneau.

Deux intervenants patrouillent aussi à l’extérieur.

« On regarde dans les entrées d’immeubles pour s’assurer qu’il n’y a personne en situation de détresse. »

Une ligne d’urgence a aussi été créée pour les propriétaires de bâtiments.

« Ils peuvent nous appeler s’ils trouvent quelqu’un et nous allons sur les lieux », explique M. Leroux.

La St. Michael’s Mission connaît aussi la popularité que lui vaut déjà sa « halte-chaleur », un endroit sur l’avenue du Président-Kennedy ouvert la nuit où les sans-abri peuvent se réchauffer. Ici, il n’y a pas de lits, mais on se montre plus tolérant que dans les refuges. Même les gens avec les facultés affaiblies ou accompagnés d’un chien peuvent y passer quelques heures, voire la nuit entière. En principe, l’endroit peut accueillir 60 personnes, mais pas moins de 88 y sont passées dans la nuit de mardi à mercredi. Au pic de la nuit, 74 personnes s’y trouvaient en même temps.

« Il y a beaucoup de va-et-vient. Ce soir, on se prépare. On sait que ça risque d’être encore occupé », dit à La Presse George Greene, directeur de la St. Michael’s Mission.

« Il y en a beaucoup qui arrivent presque gelés – les mains, les pieds. Nous avons des partenaires comme Médecins du monde, les CLSC ou les hôpitaux, où on peut les envoyer si le gel a déjà gagné les doigts ou les pieds », dit M. Greene.

http://www.lapresse.ca

D’immenses galeries souterraines découvertes dans une caverne sous les pieds des Montréalais


Avec une technique qui remonte au XVIII siècle, celle des sourciers, les spéléologues on trouver des galeries souterraines dans une caverne.à Montréal. Ils ne savent pas encore la longueur et ils veulent les explorer l’an prochain à la belle saison. Ce sont des galeries naturelles de 15 000 ans qui ont été probablement formées par des glaciers
Nuage

 

D’immenses galeries souterraines découvertes dans une caverne sous les pieds des Montréalais

 

Deux spéléologues debout dans une grotte à Montréal.

Deux spéléologues marchent dans la grotte du parc Pie-XII à Saint-Léonard. Photo : Radio-Canada/Société québécoise de spéléologie

La mystérieuse caverne de Saint-Léonard n’a pas fini de livrer ses secrets : deux spéléologues y ont nouvellement découvert des galeries, vieilles de 15 000 ans.

Le mois dernier, les spéléologues Daniel Caron et Luc Le Blanc ont enlevé des débris obstruant une fissure de la caverne située dans le parc Pie-XII.

C’est là qu’ils ont découvert une impressionnante galerie, inconnue jusqu’alors. Daniel Caron est sur un nuage, plusieurs mètres sous terre.

[C’est] le rêve, pour un spéléologue, de trouver en plein centre-ville de Montréal une galerie de cette dimension-là. Daniel Caron, spéléologue

Les deux spéléologues se doutaient qu’il y avait peut-être une galerie inconnue dans cette caverne. Ils ont utilisé la technique des sourciers, qui a confirmé ce qu’ils pensaient.

« On a décidé de creuser dans une petite fissure, parce que dans les années qui avaient précédé […] on avait identifié qu’il y avait probablement une galerie au-delà de ce qu’on connaissait », dit M. Caron.

Les galeries sont le résultat de la dislocation d’un glacier, il y a de cela plusieurs millénaires. Les parois sont verticales, l’eau vient de la nappe phréatique montréalaise. Le niveau de l’eau atteint parfois cinq mètres et, à certains endroits, le plafond.

Pour l’instant, les deux spéléologues ne savent pas jusqu’où va la galerie. Il faudra attendre l’été pour que le niveau de l’eau redescende et que les deux hommes puissent continuer l’exploration.

François Gélinas, un spéléologue amateur, directeur général de la Société québécoise de spéléologie, a eu l’occasion de visiter la nouvelle galerie à plusieurs reprises.

« C’est un moment unique, extraordinaire, sidérant. J’y retourne encore et je n’en reviens pas. C’est un assez grand volume, on parle d’une galerie qui fait au-delà de 200 mètres de long, ce qui est quand même énorme pour une caverne du Québec. […] Les stalactites et les stalagmites sont encore présentes. Dans certains coins, les stalagmites ont 20 centimètres de long, ce qui est rarissime au Québec », a-t-il expliqué en entrevue à 24/60.

Il précise qu’il s’agit d’un des seuls endroits au monde où l’on observe cette genèse de caverne, que l’on appelle glacio-tectonique. C’est aussi ce qui explique son âge.

« On sait que c’est 15 000 ans à cause de sa formation. Les murs sont très droits, dans les photos on voit qu’ils peuvent s’encastrer, et les creux et les bosses s’encastrent, c’est donc vraiment un déplacement de la roche, et la seule force qui a pu la déplacer, c’est les glaciers », explique François Gélinas.

Un homme debout dans une grotte à Saint-Léonard.

Une grotte sous le parc Pie-XII de Saint-Léonard à Montréal Photo : Radio-Canada/Charles Ménard

Les nouvelles galeries ne seront pas ouvertes au public durant la prochaine année. L’accès y est difficile et elles n’ont pas encore été cartographiées de manière précise. L’arrondissement de Saint-Léonard a commandé une étude à cet effet.

Le conseiller municipal Dominic Perri veut strictement encadrer les visites pour éviter que le site exceptionnel ne soit vandalisé par les visiteurs qui voudraient emporter une stalactite en guise de souvenir.

Photo : Radio-Canada/Charles Ménard

« Par la suite, je l’imagine, il y aura des visites de contrôle, parce qu’on ne veut pas que les stalactites qui existent soient brisées, comme ça a été fait dans la première partie de la caverne », dit le conseiller de Saint-Léonard.

Avec les informations de Jean-Sébastien Cloutier et Charles Ménard

http://ici.radio-canada.ca/