L’huile de palme «décime» les espèces


L’huile de palme que l’on retrouver dans les aliments est responsable la déforestation et un danger pour la biodiversité en pensant que 193 espèces sont en danger de disparition. Cependant, si on ne prend pas d’huile de palme, une autre huile sera sûrement remplacée et le problème n’est pourtant pas réglé. Quelle serait la meilleure solution ?
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L’huile de palme «décime» les espèces

 

Les plantations de palmiers à huile sont responsables... (Beawiharta, archives REUTERS)

 

Les plantations de palmiers à huile sont responsables de moins de 0,5 % de la déforestation mondiale, mais ce chiffre peut monter à 50 % dans certaines zones. Sur cette photo, une plantation industrielle de palmiers à huile en Indonésie.

BEAWIHARTA, ARCHIVES REUTER

AMÉLIE BOTTOLLIER-DEPOIS
Agence France-Presse
Paris

Les dommages causés par les plantations en expansion de palmiers à huile sur les espèces sont « considérables », mais l’interdire ne ferait certainement que déplacer le problème, estime l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Depuis plusieurs années, l’huile de palme, utilisée principalement dans l’alimentation, est montrée du doigt par les défenseurs de l’environnement qui la considèrent comme l’une des plus grandes menaces pour la biodiversité tropicale, en raison de la déforestation qu’elle entraîne.

S’il note que d’autres pratiques agricoles comme les monocultures de soja et d’hévéas peuvent être « tout aussi néfastes », le rapport de l’UICN publié mardi constate effectivement un « impact négatif considérable sur la plupart des espèces ».

« L’huile de palme décime la riche diversité d’espèces de l’Asie du Sud-Est, car elle dévore des pans entiers de forêt tropicale », commente Erik Meijaard, auteur principal du rapport basé sur l’étude de la littérature sur le sujet publié jusque début 2018.

Selon le texte, publié en marge d’une réunion à Paris de l’organisation de certification RSPO (Table ronde pour une huile de palme durable), les plantations de palmiers à huile sont responsables de moins de 0,5 % de la déforestation mondiale, mais ce chiffre peut monter à 50 % dans certaines zones.

La situation est particulièrement problématique en Indonésie et en Malaisie, les deux premiers producteurs mondiaux qui accueillent respectivement 60 % et 32 % des 18,7 millions d’hectares de plantations industrielles de palmiers à huile.

Cette monoculture a ainsi été responsable de 50 % de la déforestation à Bornéo entre 2005 et 2015, avec un impact plus sévère dans la partie malaisienne qu’indonésienne.

Conséquence bien connue de cette déforestation massive, couplée à d’autres facteurs comme le braconnage, la population d’Orang-outangs a chuté de 25 % sur l’île pendant la dernière décennie.

Mais gibbons, tigres et certaines espèces d’oiseaux sylvicoles sont également « gravement touchés », souligne le rapport.

Au total, 193 espèces considérées comme menacées par la liste rouge de l’UICN sont concernées.

D’autres huiles plus gourmandes

Malgré ce constat, l’organisation ne plaide pas pour une interdiction de l’huile de palme réclamée par certains militants.

« La moitié de la population mondiale utilise l’huile de palme pour son alimentation. Aussi si nous l’interdisons ou la boycottons, d’autres huiles, plus gourmandes en terres, prendront très certainement sa place », a commenté la directrice générale de l’UICN Inger Andersen dans un communiqué.

Le rendement d’huile de palme est en effet beaucoup plus élevé que celui d’autres huiles végétales, comme le tournesol ou le colza. La remplacer risquerait de nécessiter plus de terres et cela conduirait également à déplacer l’impact vers d’autres écosystèmes, comme les forêts d’Amérique du Sud ou la savane.

Dans la perspective de l’augmentation prévue de la production (de 165 millions de tonnes en 2013 à 310 millions en 2020), « nous devons chercher à avoir une huile de palme exempte de déforestation », plaide Erik Meijaard.

Par exemple des plantations sur des zones écologiquement dégradées, et non à la place de forêts tropicales.

Le rapport se montre en revanche prudent sur les labels pour une huile de palme durable, dont le RSPO.

« L’huile de palme certifiée s’est avérée, jusqu’à présent, à peine plus efficace pour empêcher la déforestation que son équivalente non-certifiée, mais l’approche est encore relativement nouvelle et possède un potentiel pour améliorer la durabilité », estime l’UICN.

Le rapport aborde également l’impact sur le changement climatique.

Si les plantations de palmiers absorbent du carbone et que l’huile pouvait remplacer les combustibles fossiles, « il faudrait des décennies pour compenser le carbone libéré » par la destruction des forêts.

http://www.lapresse.ca/

Notre amour des grignotines tue les orang-outans


On nous dit souvent que l’huile de palme est un produit durable. Mais malheureusement la réalité est tout autre. En Indonésie, elle est tellement cultivée qu’en fait, c’est une monoculture et nuit à tout a l’environnement et aux animaux qui y vivent sans parler des changements climatiques qui fait aussi des ravages
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Notre amour des grignotines tue les orang-outans

INTERNATIONAL ANIMAL RESCUEDr. Karmele Llano Sanchez leads a team in Indonesia that rescues and rehabilitates orangutans, many of which have fallen victim to forest destruction driven by consumers’ desire for palm oil

Par Tess Riley

Voici la femme qui tente de les sauver

Dr Karmele Llano Sanchez exerçait la profession de vétérinaire, sur l’île indonésienne de Bornéo, lorsqu’elle fut appelée à soigner un orang-outan nommé Jojo. Cette expérience, dit Dr Sanchez, a changé sa vie à tout jamais.

Jojo était détenu comme animal de compagnie, et, quand Dr Sanchez l’a rencontré, il était enchaîné par la cheville, avec des déchets et des eaux usées tout autour de lui. Elle a brisé sa chaîne et lui a administré des médicaments. Cependant, ceci fait, elle s’est trouvée dans l’obligation de l’enchaîner à nouveau et de laisser Jojo là où il était, faute d’endroit où l’on pourrait prendre soin de lui.

Cette rencontre, survenue en 2008, l’a poussée à fonder un centre pour la réhabilitation des orangs-outans. Un an plus tard, elle est revenue chercher Jojo. Après des années de mauvais traitements et d’alimentation inadaptée, il était handicapé et devenu incapable de survivre à l’état sauvage, mais jamais plus il ne serait enchaîné.

Aujourd’hui, l’équipe du Dr Sanchez, de plus de 250 personnes, de la branche indonésienne de l’International Animal Rescue est aux avant-postes de l’effort visant à sauver et réhabiliter les orang-outans vulnérables de Bornéo avant — si possible —, de les relâcher dans la nature.

BBC/INTERNATIONAL ANIMAL RESCUEBaby orangutan Udin is rescued from the illegal wildlife pet trade.

Environ 87 pour cent des orang-outans du monde vivent sur l’île de Bornéo, bien que leur population ait diminué drastiquement durant les vingt dernières années. Certains protecteurs de l’environnement estiment que 150 000 ont disparu des forêts de l’île, au cours des 16 dernières années seulement, si bien qu’il en resterait à peine 70 000.

Certains des animaux sauvés par l’équipe du Dr Sanchez avaient été séparés de leurs mères pour être vendus illégalement comme animaux de compagnie, ou avaient passé toute leur vie emprisonnés ou enchaînés en captivité, comme Jojo. Mais un grand nombre d’entre eux s’étaient retrouvés perdus, affamés ou orphelins, en raison de la déforestation systématique de la forêt tropicale indonésienne, pour une denrée à bas prix, produite en masse, et dont peu de consommateurs ont même entendu parler: l’huile de palme.

Des collations aux produits de beauté, près de la moitié des articles emballés de nos épiceries contiennent de l’huile de palme. Pour produire cette huile, d’immenses pans de forêt tropicale, en Indonésie et dans le pays voisin, la Malaisie, sont défrichés chaque année. En plus d’être un facteur important dans les changements climatiques et de contribuer à l’exploitation de travailleurs précaires, cette déforestation détruit les habitats fragiles et bio-diversifiés dont dépendent des animaux comme les orang-outans — mais aussi les éléphants, les rhinocéros et les tigres.

BBC/ALEJO SABUGO/INTERNATIONAL ANIMAL RESCUESince the explosion in the use of palm oil in 2000, Borneo has lost 20,000 square miles of forest.

Alors que certaines marques affichent fièrement qu’elles utilisent de l’huile de palme durable — c’est-à-dire respectant certains critères environnementaux et certaines normes de travail — en réalité, une telle chose n’existe pas, dit Dr Sanchez.

«Durable ? Une monoculture ne peut tout simplement pas être durable», dit cette femme de 39 ans, en secouant la tête. «Peut-être que, si votre question portait sur une huile de palme plus écologique, alors là oui, ce serait possible. Mais, à l’heure actuelle, cela n’existe pas. »

Le travail qu’accomplissent Dr Sanchez et son équipe est ingrat, compliqué; il implique de rapprocher des entreprises, des autorités gouvernementales et des communautés dans un effort pour réintroduire des primates dans leur habitat naturel — même si ce n’est pas la priorité de tous les acteurs — et, idéalement, de faire en sorte que cet effort ne soit plus nécessaire. Dr Sanchez est catégorique sur le fait que, même si ce type de travail intersectoriel est ardu, il est vital, dans la mesure où les efforts pour la réhabilitation et la réintroduction, à eux seuls, ne sont pas une solution.

«C’est comme lorsque vous êtes malade et que vous prenez une aspirine — vous avez traité les symptômes, mais vous n’avez pas vraiment soigné le problème à la source. Vous pouvez traiter les symptômes indéfiniment, vous comprenez?», dit-elle.

«La solution, dit Dr Sanchez, réside dans la volonté du secteur privé de tenir compte de l’environnement, bien avant que commence tout déboisement, afin de garantir que l’habitat des orang-outans ne soit pas détruit. Alors que certaines entreprises ont réalisé qu’il est dans leur intérêt de rechercher des initiatives de développement plus durables, il y en a encore tellement qui ne s’en préoccupent tout simplement pas», affirme-t-elle.

Ensuite, se pose le problème des entreprises qui comptent sur International Animal Rescue pour les débarrasser des orang-outans après une déforestation.

«C’est bien qu’elles nous appellent [lorsqu’elles ont besoin d’aide]», dit Dr Sanchez.

«Mais, d’un autre côté, jamais elles n’auraient dû déboiser une forêt où vivaient des orang-outans en premier lieu. Nous voulons protéger les animaux, nous voulons sauver les animaux, mais nous ne voulons pas jouer le rôle de service de nettoyage pour ces entreprises, vous comprenez? « Je déboise tout puis je tombe sur quelques orang-outans, donc vous venez et vous les emmenez. Problème résolu! »»

BBC/INTERNATIONAL ANIMAL RESCUEGatot, a young orphan, receives medical care. Ninety-five percent of animals arriving at the International Animal Rescue’s Indonesia center are orphaned orangutan babies.

Les individus, eux-aussi, ont un rôle à jouer — « vous savez, nous, les gens normaux, dit Dr Sanchez, en tant que consommateurs d’huile de palme, nous devons tous faire pression sur le secteur privé pour qu’il fasse ce qui est juste, parce que nous en avons le pouvoir. Si nous arrêtons de consommer des produits, tout le système s’effondre.»

Nous ne pouvons pas continuer à consommer autant que nous le faisons actuellement et prétendre que nous allons protéger l’environnement, c’est juste impossible», affirme-t-elle.

 «Le chocolat, les crèmes glacées, les collations, les Doritos — vous savez, vous pouvez vivre sans.»

Dr Sanchez pense qu’il est encore temps de faire quelque chose, si nous agissons vite.

«Nous appartenons à cette génération de personnes qui voit cette extinction massive des espèces sauvages se produire», dit-elle. «C’est en quelque sorte à portée de main et nous avons la possibilité de faire quelque chose pour y remédier. Peut-être que ce sera trop tard pour la prochaine génération. C’est une grande responsabilité. Mais c’est aussi une bonne sensation. C’est ce qui nous fait aller de l’avant.»

BBC/INTERNATIONAL ANIMAL RESCUEAfter humans, orangutan babies have the longest childhood in the natural world.

Ce texte initialement publié sur le HuffPost Canada a été traduit de l’anglais.

https://quebec.huffingtonpost.ca/

La banane, un fruit en sursis


Un champignon attaque les bananiers, dans les pays producteurs seul l’Amérique Latine est épargnée pour le moment. Au fait, ce champignon a déjà fait des ravages de coin du monde et c’était presque la fin pour les producteurs jusqu’une nouvelle banane, soit sur le marché résistant à ce champignon. Les bananes Cavendish, sauf que comme toutes maladies peuvent évoluer le danger de perdre des plantations n’est pas écarté
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La banane, un fruit en sursis

 

Un homme marchant entre les rangs de bananiers transporte sur son épaule un régime de bananes destiné à la vente.

Un ouvrier dans une plantation de bananes au Costa Rica Photo : Radio-Canada/Jean-François Michaud

Un champignon microscopique fait trembler l’industrie bananière. La maladie qu’il provoque, la fusariose, incurable, ravage des plantations en Asie et en Afrique. En Amérique latine, les agriculteurs mettent en place des mesures pour s’en prémunir. Dans leurs laboratoires, les chercheurs, eux, tentent de trouver des solutions pour sauver l’industrie bananière, véritable géant aux pieds d’argile.

Un texte de Gaëlle Lussiaà-Berdou, de La semaine verte

Le champignon responsable de la fusariose – qui détruit les bananiers mais n’influe pas sur la santé humaine – a été découvert en Asie dans les années 90. Depuis, il s’est répandu jusqu’à atteindre l’Afrique et le Moyen-Orient, en 2014. En chemin, il a ravagé plusieurs plantations et a rendu certaines terres impropres à la culture bananière, puisqu’il peut subsister dans les sols pendant des décennies.

Pour le moment, l’Amérique latine, qui produit la plus grande partie des bananes de la planète, est épargnée. Mais l’inquiétude grandit. Le Costa Rica, par exemple, exporte près de 2 millions de tonnes de bananes par an, et 140 000 emplois directs et indirects seraient menacés si la maladie se déclarait.

La femme tient dans sa main droite un boyau d'arrosage muni d'un pistolet et s'apprête à asperger un régime de bananes suspendu au plafond de l'usine.

Une travailleuse agricole au Costa Rica procède au nettoyage de régimes de bananes destinés à la vente. Photo : Radio-Canada/Jean-François Michaud

Corbana, une association nationale qui aide les producteurs à améliorer leurs pratiques, a mis en place une série de mesures pour éviter l’arrivée du champignon. On sensibilise les voyageurs qui pourraient ramener le champignon au pays. Dans les plantations, on tient des registres des visiteurs et on vérifie s’ils sont passés par des zones potentiellement contaminées. La décontamination est obligatoire avant d’entrer dans les champs. Les travailleurs sont informés des symptômes à surveiller.

On observe une décoloration des tissus vasculaires du bananier. Au lieu d'être blanc, l'intérieur est tacheté de jaune et de brun.

Coupe transversale d’un bananier infecté par le champignon qui cause la fusariose. Au lieu d’être blanc, l’intérieur est tacheté de jaune et de brun. Photo : Radio-Canada/Jean-François Michaud

« Une fois qu’il est présent dans le sol, le champignon est quasiment impossible à déloger avec des produits chimiques ou des moyens naturels », explique Leonardo Perez, agronome chez Corbana, pour justifier ces mesures.

Une grande part de notre économie agricole est basée sur l’exportation de bananes. Si la maladie arrive au Costa Rica, les effets pourraient être énormes, d’un point de vue autant économique que social.

Rafael Segura, chercheur chez Corbana

Préoccupation mondiale

En 2014, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sonnait déjà l’alarme.

« Une maladie qui affecte les bananes s’attaque à une importante source de nourriture, de revenus et d’emplois dans beaucoup de pays tropicaux », rappelait alors l’agence.

Quelque 400 millions de personnes dépendent en effet de cette culture vivrière, la huitième en importance sur la planète.

On voit dans l'usine des grands bacs remplis d'eau où sont placées les bananes vertes. Les travailleuses les trient. Un femme vêtue de gants et d'un sarrau prend un régime dans sa main.

Des travailleuses au Costa Rica préparent des bananes destinées à la vente. Photo : Radio-Canada/Jean-François Michaud

La FAO vient d’ailleurs de demander 120 millions de dollars pour lutter contre la maladie, en ciblant 67 pays et en mettant en place des mesures pour éviter sa propagation.

Au Costa Rica, on comprend la gravité de la menace. Et pour cause : il y a près d’un siècle, une autre souche du même champignon avait quasiment mis les producteurs à genoux. La race 1 de la fusariose, qu’on appelait la maladie de Panama, avait peu à peu détruit les plantations mondiales de la principale variété de bananes cultivée à l’époque, la Gros Michel. Les champs avaient dû être abandonnés les uns après les autres.

L’industrie doit son salut à une autre variété de bananes découverte à l’époque, la Cavendish, résistante à la race 1 de la fusariose. La Cavendish occupe aujourd’hui la quasi-totalité du marché international des bananes. C’est elle qu’on retrouve dans nos supermarchés. Sauf que cette variété se montre à son tour vulnérable à une autre souche du champignon responsable de la fusariose, la race tropicale 4 (TR4).

Les recherches en laboratoire

L’industrie bananière repose sur une monoculture de plants produits en laboratoire, souvent à des milliers de kilomètres des plantations. Comme dans la région de Montpellier, en France, où 3 millions de bébés bananiers sont produits chaque année dans les locaux de l’entreprise Vitropic, pour être ensuite distribués aux quatre coins de la planète.

On voit en gros plan de jeunes plants de bananiers qui émergent de terre dans des godets.

Des pousses de bananiers Photo : Radio-Canada/Jean-François Michaud

Cette façon de faire permet un meilleur contrôle des maladies, les plants étant certifiés sains avant leur exportation. Mais l’uniformité de ces clones les rend aussi très vulnérables une fois mis en champ. Des maladies comme la TR4, mais d’autres aussi, dont le virus bunchy top qui affaiblit les bananiers et les empêche de produire des fruits.

Une maladie « aussi grave » que la TR4, selon l’agronome Thierry Lescot.

Avec ses collègues du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), établi à Montpellier, M. Lescot cherche des solutions pour sauver les bananes. Des généticiens tentent par exemple de créer de nouvelles variétés de bananiers résistantes. La tâche est colossale, car le bananier commercial, contrairement à certaines variétés sauvages, est quasiment stérile. Il ne produit à peu près pas de pollen ni de graines, ce qui rend les croisements très difficiles.

« J’ai commencé à travailler sur le bananier en 1982, et ce n’est que 25 ans plus tard qu’on a pu obtenir le fruit de cet investissement initial », illustre le responsable du projet, Frédéric Bakry.

Gros plan sur des manipulations en laboratoire.

Un employé de l’entreprise Vitropic prépare des clones de bananiers. Photo : Radio-Canada/Jean-François Michaud

M. Bakry fait référence à deux hybrides qui se sont récemment montrés résistants à la race 4 de la fusariose. Mais ces nouvelles variétés sont trop différentes de notre fameuse Cavendish pour espérer la remplacer. Car l’industrie bananière est exigeante. La banane qui pourra déloger sa favorite devra non seulement résister aux maladies, mais aussi avoir un goût, une texture et une productivité similaires à ceux de la Cavendish, résister au long transport en bateau, mûrir à la bonne vitesse… Bref, on est encore loin d’avoir trouvé la panacée.

« On y travaille, mais on n’a pas de solution immédiate », se désole Thierry Lescot, qui ajoute du même souffle que les consommateurs devront peut-être eux aussi revoir leurs exigences vis-à-vis de la banane, notamment en ce qui concerne son faible prix…

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