Les Gaulois embaumaient les têtes de leurs ennemis vaincus!


Je n’imaginais pas les Gaulois de cette façon. Après une bataille, ils coupaient les têtes des vaincus, les amenaient sur leur cheval pour les momifier et les exposés devant leur portes de maison. Une triste époque
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Les Gaulois embaumaient les têtes de leurs ennemis vaincus!

 

Têtes coupées

Reconstitution du dépôt d’armes et de têtes coupées du site du Cailar, dans le Gard, et ses trophées impressionnants.

CRÉDITS: DAVID GEOFFROY (COURT-JUS PRODUCTION), L. PERNET ET R. ROURE

Par Bernadette Arnaud

Les auteurs grecs et latins ont décrit la macabre pratique des têtes coupées chez les Celtes. De nouveaux travaux révèlent celle de leurs momifications !

Têtes coupées. Dans sa Géographie, l’auteur grec Strabon (63 av.J.C – 24 ap.J.C) rapportait que les Celtes*, peuples de farouches guerriers, se livraient à de redoutables pratiques… Un rite impressionnant était en effet de trancher la tête des vaincus à la fin des batailles!

L’historien raconte ainsi qu’« au retour du combat, ils attachaient les têtes de leurs ennemis à l’encolure de leurs chevaux pour, une fois rentrés chez eux, les enclouer devant leurs portes… » ; à l’entrée de bâtiments publics, ou des maisons. Des représentations gravées ou sculptées de ce rituel des têtes coupées se retrouvent dans tout l’art celte de l’Age du Fer.

Sculpture de têtes coupées celtes, retrouvées sur l’oppidum d’Entremont (Provence), en 1877. ©Leemage/AFP

Depuis quelques décennies, des découvertes archéologiques ont attesté ces comportements à Roquepertuse (Bouche-du-Rhône), Entremont (Provence), ou Ribemont-sur-Ancre (Somme) –y compris de crânes transpercés d’énormes clous. Mais l’archéologue Réjane Roure et son équipe de l’UMR 5140 -CNRS/LaBex Archimède de l’Université Paul-Valery Montpellier 3, viennent de faire une découverte majeure au Cailar, au sud de Nîmes (Gard) : l’embaumement de têtes-trophées ! Parmi plus de 2800 ossements, cet autre comportement évoqué dans l’Antiquité a pu être identifié.

Crâne cloué, d’Ullastret (Catalogne). ©Arxiu Museu d’Arqueologia de Catalunya-Ullastret

Dans un article publié dans la revue Journal of Archaeological Science*, les spécialistes dévoilent avoir analysé chimiquement –par spectromètre de masse et chromatographie en phase gazeuse– des crânes exhumés sur le site du Languedoc, occupé par des populations Celtes dès le IV/IIIe siècle avant notre ère.

 Et avoir ainsi constaté, sur une dizaine d’échantillons « la présence de biomarqueurs de résine de conifère et des molécules organiques de composés aromatiques obtenus après chauffage, des substances diterpénoïdes », indique Réjane Roure jointe par Sciences et Avenir.

Restes humains de « têtes coupées »  retrouvées sur le site archéologique du Cailar, dans le Gard. ©Fouille Programmée Le Cailar-UMR5140-ASM

Ce qui confirme, pour la première fois, les récits des historiens antiques décrivant il y a plus de 2000 ans que les Celtes:

« oignaient d’huile de cèdre [les têtes] et les exhibaient à leurs hôtes, refusant de les rendre même en échange de leur poids en or » !

Ces « butins » momifiés -après soustraction des parties molles (langues, cerveau), étaient ensuite sauvegardés dans des caisses transmises de générations en générations.

Guerriers celtes de Roquepertuse (Bouches-du-Rhône). ©L.Damelet / CNRS

« Par la conservation de la partie la plus symbolique de l’individu, ces comportements étaient sans doute une forme d’hommage au vaincu tout en représentant de façon très concrète, la valeur du guerrier vainqueur », ajoute Réjane Roure. 

D’abord révulsé par ce spectacle qu’il avait vu dans bien des endroits lors d’un voyage en Gaule, le savant grec Poseidonios, témoin oculaire, avait reconnu s’y être accoutumé par la suite « en le supportant avec sérénité » ! C’est aux Romains que l’on doit d’avoir mis un terme à cette pratique.

VIDEO: « Quand les Gaulois perdaient la tête : enquête archéologique sur les « têtes coupées » », réalisé par David Geoffroy, L. Pernet, L. Roure, Cours-jus Production

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Cette momie aux tatouages étranges serait une puissante sorcière vieille de 3000 ans


Une momie dont on a enlevé la tête, les mains ainsi que les jambes .. Elle présente des tatouages spéciaux qui laisse a pensée qu’elle était considérée une sorcière, ou une magicienne dans l’Égypte ancienne.
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Cette momie aux tatouages étranges serait une puissante sorcière vieille de 3000 ans

 

par  Laura Boudoux

 

Sur la peau de cette momie se distinguent encore une trentaine de mystérieux tatouages. Retrouvé en 2014 dans un tombeau de Louxor, en Égypte, ce corps a mis du temps à livrer ses secrets.

Mais le 18 octobre 2018, les scientifiques ont annoncé que leurs recherches avaient payé et qu’ils en savaient plus sur cette mystérieuse femme, qui a « probablement vécu entre 1 300 et 1 070 av. J.-C. et qui est morte entre 25 et 34 ans ».

 D’après Mustafa el-Waziri, secrétaire général au conseil suprême des antiquités d’Égypte, les tatouages présents sur ses épaules, son cou, son dos et ses bras montrent que « la momie appartient à une femme qui jouissait d’un statut religieux important tout au long de sa vie ».

Son corps a été délesté de ses mains, de ses jambes, de sa tête ainsi que de son pelvis. Cette étrange inhumation, associée aux tatouages complexes, peuvent être le signe qu’elle a été utilisée pour un rituel divin, ou relevant de la sorcellerie. Sur sa peau, les dessins représentent des taureaux, des moutons, des babouins, des fleurs de lotus et l’œil d’Horus, qui symbolise la victoire du bien sur le mal, la santé et la protection.

« Quel que soit l’angle sous lequel vous regardez cette femme, vous voyez deux yeux divins vous regarder », a révélé l’archéologue Anne Austin, de l’université Stanford, lors d’une conférence tenue en 2016.

Il pourrait ainsi s’agir de la dépouille d’une puissante magicienne.

C’est la première fois qu’un squelette aussi vieux présente des tatouages figuratifs.

« Ceux qui ont été retrouvés jusqu’à présent sur d’autres momies de l’Égypte ancienne présentent de simples dessins, qui se traduisent par des points ou de petites lignes, mais jamais de scènes ou de figures comme celles que nous trouvons ici », a expliqué Mustafa el-Waziri.

Les plus anciens tatouages de l’Égypte antique ont été datés à 5 000 av. J.-C.

Sources : International News

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Le Saviez-Vous ► En 1974, le pharaon Ramsès II a reçu un passeport pour voyager à Paris


La momie Ramsès II a un parcours impressionnant même après sa mort. Il devait voyager en France pour passer des examens et découvrir plus sur sa santé et son physique. Les Égyptiens n’ont pas de risques, ils ont fait un passeport en bonne et du forme pour être sûr que la momie revienne au bercail.
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En 1974, le pharaon Ramsès II a reçu un passeport pour voyager à Paris

 

par  Laura Boudoux

 

L’un des pharaons les plus puissants de l’Égypte ancienne a reçu un passeport officiel lui permettant de se rendre en France, 3 000 ans après sa mort.

En 1974, les égyptologues avaient constaté que la momie de Ramsès II se détériorait de manière précoce et ils décidèrent donc de l’envoyer à Paris pour une inspection plus poussée. La loi égyptienne voulait alors que les restes humains soient en règles et possèdent donc leurs propres papiers avant de voyager internationalement. Une manière pour le pays d’assurer à la dépouille une protection légale, afin de garantir son retour en Égypte. À l’époque, de nombreux objets et momies avaient en effet été pillés ou volés sans que les musées européens ne respectent les revendications de propriété égyptiennes.

Un passeport fut donc délivré à Ramsès II, précisant notamment sa date de naissance, 1303 avant J.-C., et sa profession : « Roi (décédé) ». La momie du pharaon arriva finalement à l’aéroport du Bourget en septembre 1976, où un défilé militaire fut organisé en hommage à cette collaboration exceptionnelle entre l’Égypte et la France, comme le racontait cette année-là le New York Times. Reçu avec les mêmes honneurs qu’un chef d’État, Ramsès II fut ensuite emporté au Musée de l’Homme de Paris, où pendant huit mois, une cinquantaine de spécialistes étudièrent ses tissus et son sarcophage.

Les analyses montrèrent alors des blessures liées à des combats, de l’arthrite, et même un abcès dentaire. Les chercheurs estimèrent également que le pharaon, décédé entre 80 et 85 ans, mesurait 1,73 m et était roux. Il apparut enfin aux scientifiques que le roi d’Égypte souffrait de spondylarthrite ankylosante, une inflammation des articulations de la colonne vertébrale, qui le contraignait à marcher le dos courbé pendant les dernières années de sa vie. Une fois traitée et restaurée, la momie de Ramsès II fut bel et bien renvoyée en Égypte, où elle est depuis exposée, au Musée Égyptien du Caire.

Source : The New York Times

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Momies : un caribou et un loup de l’âge de glace retrouvés très bien conservés


Trouver des momies bien conservées de l’époque glacière sont très rare. Le loup et un caribou ont été retrouvés au Yukon au Canada, ils auraient vécu entre 50.000 et 80.000 années. Probablement, les tissus conservés depuis l’âge glaciaire seraient les plus vieux à ce jour.
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Momies : un caribou et un loup de l’âge de glace retrouvés très bien conservés

 

 

Deux momies ont été retrouvées par des mineurs dans le Yukon (Canada). Ici, celle du jeune loup, qui est la plus complètement conservée. © Gouvernement du Yukon

Deux momies ont été retrouvées par des mineurs dans le Yukon (Canada). Ici, celle du jeune loup, qui est la plus complètement conservée. © Gouvernement du Yukon

Nathalie Mayer
Journaliste

 

Trouver des fossiles et des os datant de la dernière période glaciaire, cela n’est pas rare, mais lorsqu’il s’agit d’animaux momifiés, c’est exceptionnel. Un caribou et un loup ont ainsi été découverts au Canada en excellent état de conservation. Ils présentent des poils, de la peau et des tissus musculaires.

Le Yukon est un territoire du nord-ouest du Canada à la frontière avec l’Alaska. À la toute fin du XIXe siècle, il a connu une véritable ruée vers l’or. On y exploite encore quelques mines. Mais ce n’est pas pour avoir extrait quelques grammes du précieux métal que des mineurs de cette région font aujourd’hui sensation. En 2016, certains d’entre eux ont en effet trouvé là des restes d’animaux momifiés très bien conservés : un caribou, d’une part, et un jeune loup, d’autre part.

La momie de ce jeune loup est spectaculaire.

Des os et des fossiles datant de la dernière période glaciaire sont régulièrement découverts dans le Yukon. Les carcasses momifiées, en revanche, se révèlent beaucoup plus rares. 

« À notre connaissance, il s’agit du seul loup momifié datant de la dernière période glaciaire jamais découvert. Et il est spectaculaire avec ses petites pattes, sa queue et sa lèvre relevée qui laisse apparaître ses dents », s’enthousiasme Grant Zazula, un paléontologue local.

Selon les scientifiques, ces momies auraient entre 50.000 et 80.000 ans. Un âge qui rend à peine croyable leur état de conservation. Car les tissus musculaires, la peau et même la fourrure des deux animaux semblent avoir traversé les âges sans subir les affres du temps.

« Ce sont probablement les plus anciens tissus mous momifiés que nous ayons jamais découverts », explique Grant Zazula.

Des conditions de conservation favorables

L’état de conservation du jeune loup est tel que le mineur qui l’a découvert a d’abord cru avoir trouvé le corps d’un chien récemment mort. Le corps est entier, contrairement à celui du caribou, dont il manque l’arrière-train. Selon les vétérinaires qui ont étudié le jeune loup, celui-ci n’était pas âgé de plus de 8 semaines au moment de sa mort.

Le secret de cette surprenante conservation résiderait — outre la période glaciaire — dans la couche de cendres dans laquelle les momies ont été retrouvées. Ces cendres volcaniques datant de quelque 80.000 ans auraient aidé à isoler les restes de ces deux animaux et à les préserver de la décomposition. L’intelligence des mineurs, qui ont rapidement contacté les scientifiques, a fait le reste.

Ces pièces sont aujourd’hui exposées au centre culturel Dänojà Zho de Dawson City et elles seront ensuite intégrées à une exposition du Centre d’interprétation Beringia de Whitehorse, capitale du Yukon. Parallèlement, des analyses ADN sont notamment en cours afin d’en apprendre un peu plus sur ces deux animaux, mais aussi sur leur régime alimentaire et, plus largement, sur l’environnement dans lequel ils vivaient.

CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Les momies incroyablement bien conservées d’un caribou et d’un loup ont été retrouvées dans le territoire du Yukon, au Canada.
  • Il s’agirait des plus anciens tissus mous momifiés ayant jamais été découverts.
  • La momie de loup serait la seule connue datant de la dernière période glaciaire.

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Une momie remplie d’abeilles, de guêpes et d’un écureuil découverte en Pologne


Un homme disparu en 2003 a été retrouvé en 2016 momifié naturellement en Pologne. Ce qui est vraiment étonnant, c’est que son cadavre a servi de gîte. En effet des abeilles,des guêpes, et mêmes des écureuils roux ont fait leur nid
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Une momie remplie d’abeilles, de guêpes et d’un écureuil découverte en Pologne

 

Crédits : Szleszkowski et al/Forensic Science International

par  Malaurie Chokoualé

 

C’est par un hasard sidérant que son corps a été retrouvé en Basse-Silésie, dans le sud-ouest de la Pologne.

 

C’était en 2016. Un promeneur louvoyait sans hâte quand soudain, levant les yeux vers la cime des arbres, il a aperçu une forme à 25 mètres au-dessus du sol. Pendue à un sapin, une momie se balançait là. Le plus incroyable est que celle-ci renfermait toute une série d’animaux. Deux ans ont passé depuis cette découverte macabre et des chercheurs de l’université de Wrocław en Pologne ont enfin publié le 8 septembre dernier leurs analyses dans la revue scientifique Forensic Science International.

Cette découverte est « unique » car il s’agit du premier cas de nidification d’espèces de ce type à l’intérieur d’un cadavre humain, et que cela leur permet d’en apprendre plus sur « le comportement, l’écologie et la biologie de ces animaux ».

Outre des diptères et des coléoptères que l’on retrouve habituellement sur les cadavres humains en décomposition, les chercheurs ont également retrouvé dans leurs nids des abeilles et des guêpes, ce qui est tout à fait inédit. En outre, en lui retirant ses vêtements, ils ont découvert un nid d’écureuil roux.

Crédits : Szleszkowski et al/Forensic Science International

« Nous savons très bien où ces animaux construisent des nids, comment ils grandissent et à quels endroits ils préfèrent vivre, mais cette découverte nous montre que le corps humains, s’il répond aux exigences de ces organismes, peut également leur servir de domicile ».

Selon eux, la position du corps à plusieurs mètres au-dessus du sol faisait de lui un endroit sûr contre les prédateurs. De plus, ses vêtements l’ont protégé des intempéries et sa position verticale a aidé à ralentir sa décomposition – d’où le processus de momification naturel.

Selon l’analyse médico-légale, la momie est un homme ayant disparu en 2003. L’étude ne dit toutefois pas comment un sapin de Basse-Silésie est devenu son ultime demeure, les abeilles, les guêpes et un écureuil pour compagnons.

Sources : Forensic Science International

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Les plus vieilles momies du monde se transforment en gélatine noire


En exposant à l’air des momies, il y a un risque de dégradations si elles ne sont pas très bien conserver. C’est ce qui arrive présentement à des momies vieilles de plus de 7 000 ans au Chili qui se dégradent à cause de l’humidité.
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Les plus vieilles momies du monde se transforment en gélatine noire

 

Crédits : Vivien Standen

par  Ulyces 

Une collection de restes humains momifiés, découverts dans le nord du Chili depuis le début du XXe siècle, ont commencé à exsuder un liquide noir et gélatineux en raison de la hausse de l’humidité dans la région. Les chercheurs de l’université Harvard luttent à présent contre le temps pour les sauver de la perdition.

Plus d’une centaine de ces momies, vieilles de plus de 7 000 ans, ont commencé à devenir gélatineuse. Les archéologues pressent ainsi l’UNESCO d’inscrire le site au patrimoine mondial de l’humanité, pour obtenir les fonds nécessaires afin d’empêcher leur désagrégation putride.

« L’inscription n’est pas un but en soit, mais ce serait le moyen d’avoir de meilleurs outils de conservation grâce au concours de l’État chilien et de la communauté internationale », a confié Sergio Medina Parra, anthropologue de l’université chilienne de Tarapaca, à Reuters.

Crédits : Vivien Standen

Ces momies, les plus anciennes jamais découvertes à ce jour, ont été préparées par un groupe de chasseurs-cueilleurs connus sous le nom de peuple Chinchorro. Ils momifiaient leurs morts environ 2 000 ans avant que les Égyptiens ne commencent à transformer les pharaons en momies.

Si elles ont été si bien préservées jusque là, c’est que les momies sont restées enterrées pendant des milliers d’années dans les sables secs du désert d’Atacama, l’un des plus arides du monde. Mais maintenant qu’elles ont été exhumées, les momies sont exposées à l’humidité et à la moisissure. Il n’a pas fallu longtemps pour qu’une bactérie se développe et commence à dévorer leurs tissus : d’où l’apparition de la gélatine noire.

Source : Harvard

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La momification, un procédé plus ancien qu’on ne le pensait


L’étude d’une momie exposée au musée à Turin en Italie vient changer l’histoire de la momification. Il semble en effet que la momification soit connue 1 000 plutôt.
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La momification, un procédé plus ancien qu’on ne le pensait

 

Des visiteurs observent la momie en position foetale.

Cette momie du Musée égyptien de Turin a permis de découvrir que le procédé de momification est bien plus ancien qu’on le croyait. Photo prise le 31 mars 2015. Photo : The Associated Press/Antonio Calanni

 

Des chercheurs ont débusqué dans un musée de Turin une momie égyptienne embaumée artificiellement montrant que le procédé de momification est bien plus ancien – d’un bon millénaire – qu’on ne le pensait jusqu’ici.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Une bonne dose d’huile végétale ou de graisses animales, un brin de résine de conifère chauffée, quelques extraits de plante aromatique et un peu de sucre végétal : telle est la recette qui fut ainsi utilisée dès 3500 avant J.C., selon une étude publiée dans le Journal of Archaeological Science.

Les anciens Égyptiens croyaient à la résurrection et à la vie éternelle. Pour y accéder, les corps devaient être momifiés, avant d’être placés dans des tombeaux avec tout ce dont ils auraient besoin par la suite : objets familiers, animaux…

D’abord, les corps des défunts furent préservés par dessèchement naturel sous l’action du sable chaud et sec du désert. Puis sont arrivés les agents embaumants, dont on pensait que l’usage remontait à 2400 av. J.-C.

Mais une momie égyptienne, « Turin S. 293 », exposée au musée égyptien de Turin, en Italie et datant de 3700-3500 avant J.C., vient perturber l’histoire.

Le défunt, en position foetale, est présenté aux visiteurs posé sur le sable, entouré d’objets, notamment des fragments de textile dans un panier tissé, une paire de sandales en fibres végétales, un sac en peau d’autruche et des flèches.

D’après les chercheurs, seules une petite vingtaine de momies égyptiennes se trouvent dispersées dans les musées du monde, mais la plupart montrent des traces de traitements de conservation mis en oeuvre par les vendeurs ou les musées eux-mêmes.

Par chance, « Turin S. 293 » y a échappé, « ce qui a fourni une occasion unique d’analyse », soulignent les chercheurs.

En utilisant chimie, génétique et datation carbone, les experts, issus d’universités britanniques, australiennes et italiennes, ont ainsi pu établir qu’elle présentait « des preuves scientifiques sans équivoque d’utilisation d’agents d’embaumement employés dans le traitement funéraire du corps ».

Une recette sensiblement similaire « en termes de constituants et de proportions des ingrédients » à celle utilisée dans la préhistoire.

Des Égyptiens maîtrisaient donc la momification artificielle un bon millénaire plus tôt qu’on ne le pensait.

Et ce n’est pas tout :

 « cette recette contenait des agents antibactériens, utilisés dans des proportions similaires à celles employées par les embaumeurs à l’apogée de la momification des pharaons, environ 2500 ans plus tard », précise l’étude.

La résine de conifère, par exemple, possède des propriétés antibactériennes et conservatrices.

Le musée de Turin dispose de très peu d’éléments sur les circonstances de la découverte de la magnifique momie. Seul un inventaire stipule qu’Ernesto Schiaparelli, un archéologue italien qui consacra sa vie à l’Égypte antique, l’a achetée à un revendeur anonyme au début du 20e siècle. La momie pourrait avoir été enterrée à Gebelein, à Qena ou à Louxor.

Son analyse vient étayer une autre étude, parue en 2014, qui faisait état de la découverte de graisses, de résines et d’huiles sur des textiles funéraires datant de 4500 à 3350 avant J.C.

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