É.-U.: près de 1700 prêtres et membres du clergé criminels sous le radar


Des prêtres, laïcs, diacres bref des membres du clergé qui ont quitté l’Église pour continuer les agressions sexuelles et qui n’ont jamais été inculpés. Parmi eux, ils ont choisi de travailler avec des victimes d’agressions sexuelles, des enfants à risques, professeurs, bénévoles. Certains vont même adopter des enfants !! À noter que ce n’est pas contre le catholicisme, mais des gens qui ont utilisé la foi pour leur propre vice ainsi que ceux qui n’ont pas dénoncé et ont caché ces délinquants sexuels. Il en existe malheureusement dans toutes les religions dans tous les domaines et dans tous les pays, c’est une vraie plaie
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É.-U.: près de 1700 prêtres et membres du clergé criminels sous le radar

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Près de 1700 prêtres et autres membres du clergé considérés par l’Église catholique romaine comme « accusés de manière crédible d’abus sexuels » sur des enfants vivent sous le radar sans aucune surveillance des autorités religieuses ou des forces de l’ordre, des décennies après la première vague de scandale sur les abus commis par des membres du clergé aux États-Unis, selon une enquête de l’Associated Press.

ASSOCIATED PRESS

Ces prêtres, diacres, moines et laïcs enseignent maintenant les mathématiques au collège. Ils conseillent les survivants d’agression sexuelle. Ils travaillent en tant qu’infirmiers et font du bénévolat dans des organisations à but non lucratif visant à aider les enfants à risque. Ils habitent à côté des terrains de jeux et des crèches. Ils adoptent et s’occupent d’enfants.

Et depuis qu’ils ont quitté l’église, des dizaines de ces personnes ont commis des crimes, dont des agressions sexuelles et des crimes reliés à la possession de pornographie juvénile, selon l’enquête de l’Associated Press.

Une récente initiative des diocèses catholiques à travers les États-Unis qui ont décidé de publier les noms de ceux qu’ils considèrent comme des accusés crédibles a ouvert la voie à un problème de taille : comment surveiller et retrouver les prêtres qui, souvent, n’ont jamais été inculpés criminellement et, dans de nombreux cas, ont quitté l’église ?

Chaque diocèse a sa propre façon de définir ce qu’il considère comme un « accusé de manière crédible », et les allégations vont de conversations inappropriées et d’étreintes non désirées à la sodomie forcée et au viol.

https://www.lapresse.ca/

Le Saviez-Vous ► Jikji, premier livre imprimé au monde avec des caractères mobiles


La bible de Gutenberg, est la première bible imprimée et le premier livre en Europe, mais il n’est pas le premier livre imprimé au monde. C’est la Corée et la Chine qui ont utilisé des caractères d’imprimerie bien avant l’Europe.
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Jikji, premier livre imprimé au monde avec des caractères mobiles

Imprimé en 1377, Jikji est le premier livre au monde imprimé avec des caractères mobiles.Imprimé en 1377, Jikji est le premier livre au monde imprimé avec des caractères mobiles.

Johan Maumus

Ce traité bouddhique a été imprimé à partir de caractères mobiles en métal en 1377, soit 78 ans avant l’impression de la bible de Gutenberg.


Les moines bouddhistes à l’origine du premier livre imprimé avec des caractères mobiles

D’après les connaissances actuelles, c’est en Corée que l’on retrouve le premier livre imprimé au monde avec des caractères mobiles.

Il s’agit d’un traité bouddhique du moine Seon Baegun (1298-1374) appelé Jikji (abréviation de Baegun hwasang chorok buljo jikji simche yojeol).

En français, le titre signifie Anthologie des enseignements zen des grands prêtres bouddhistes. L’ouvrage a été imprimé en Corée en 1377, soit 78 ans avant l’impression la bible de Gutenberg.

Le Jikji est un livre de 38 pages en papier fin de mûrier de 24,6 cm x 17 cm. C’est le second volume, et aussi le seul encore existant, de l’œuvre originale qui contenait deux volumes.

L’ouvrage est aujourd’hui conservé à la Bibliothèque nationale à Paris (BNF) et a été inscrit par l’Unesco dans le programme Mémoire du Monde en 2001.

La Chine et la Corée, berceaux de l’imprimerie

Avec la Corée, la Chine possède une des plus anciennes traditions d’imprimerie. Un rouleau imprimé à l’aide de planches gravées en relief a également été retrouvé. Il daterait de la seconde moitié du 9e siècle (868).

Nommé Sutra du diamant, il est le plus ancien livre imprimé daté. C’est un rouleau de cinq mètres de long composé de sept feuilles de papier.

Sutra du diamant.

Les Coréens, les Chinois et les Japonais utilisaient cette technique xylographique pour imprimer des ouvrages rituels, historiques ou médicaux.

Parmi les ouvrages les plus célèbres, on peut citer le Canon bouddhique (Tripitaka Koreana) gravé par la cour royale entre 1237 et 1248 qui comprend plus de 80 000 planches xylographiques.

Le Tripitaka Koreana est aujourd’hui conservé au temple Haeinsa, sur les pentes du Mont Gaya, en Corée.

https://www.graphiline.com/

Le Saviez-Vous ► L’Église médiévale a inventé l’instrument de torture qui vous réveille tous les matins


Pour arriver à l’heure après un sommeil ou une sieste, mieux vaut mettre le réveil-matin. Et j’avais oublier de mettre mon réveil pour demain matin. Beurk ! Pauvre de nous, c’est cet objet qu’il soit sur le téléphone, une montre, un réveil-matin, un radio-réveil qui contrôle la fin de notre sommeil. Ce sont les moines du Moyen-Âge qui ont cru bon de trouver une solution pour que les frères désignés qui doivent veiller pour réveiller les autres. Car être un veilleur n’empêche pas pour autant de s’assoupir.
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L’Église médiévale a inventé l’instrument de torture qui vous réveille tous les matins

 

Horloge à eau et tambour hydraulique probable actionnant des clochettes (vers 1250) | Bible moralisée via Wikimedia Commons

Horloge à eau et tambour hydraulique probable actionnant des clochettes (vers 1250) | Bible moralisée via Wikimedia Commons

Florian Besson et Nonfiction

Chaque matin, c’est la même rengaine: votre réveil sonne. Mais qui doit-on remercier pour cette habitude?

Qui n’a jamais haï son réveil? Injurié silencieusement (ou pas) cette petite sonnerie qui vous intime de vous lever? Cherché à désobéir, à grappiller encore quelques minutes de sommeil, avant de céder? Tous les matins (ou presque), nous obéissons à une machine. Et si je vous disais que c’est la faute des moines médiévaux?

Le souci religieux de la ponctualité

Dès le haut Moyen Âge apparaît l’idée que les prières sont plus efficaces si elles sont simultanées. Dans les monastères, on va alors imposer un emploi du temps strict, articulé autour «d’heures» qui sont autant de moments de prières: soit, dans l’ordre, les vigiles (2h du matin), les matines (4h), les laudes (5h), prime (6h), tierce (9h), sexte (midi), none (15h), vêpres (19h). Parmi ces offices, les offices nocturnes, surtout les vigiles, sont les plus difficiles: ils imposent une servitude temporelle stricte en coupant en deux la nuit de sommeil.

Dès lors, comment réveiller les moines? Une solution serait de maintenir un veilleur qui compte le temps avec une clepsydre et va ensuite réveiller ses frères. C’est d’ailleurs le sens premier du mot «vigile»: celui qui reste éveillé, celui qui veille, qui voit. C’est la solution préconisée encore au VIe siècle par une règle monastique appelée la Règle du Maître: deux moines doivent rester réveillés, et on les appellera «les coqs vigilants». Mais, évidemment, ce n’est pas très fiable: facile de s’endormir quand on joue la sentinelle… Or pour un moine, rater une messe est gravissime.

Cette faute est bien sûr immortalisée dans une célèbre comptine qu’on retrouve dans toutes les langues européennes:

«Frère Jacques, dormez-vous, dormez-vous? Sonnez les matines…» (et voilà, maintenant vous l’avez dans la tête pour la journée. De rien.).

Les moines médiévaux avaient très peur d’être des frères Jacques malgré eux. Au XIe siècle, un moine, Raoul Glaber, rapporte ainsi qu’il a été visité un matin par le diable, qui le tente en lui conseillant de rester au lit:

«Pourquoi sautes-tu si vite du lit dès que tu as entendu le signal? Tu pourrais t’abandonner encore un peu à la douceur du repos, au moins jusqu’au troisième signal…».

C’est comme nous le matin, quand on active la fonction snooze pour voler quelques minutes! Raoul ne se laisse pas prendre au piège: il comprend que le diable veut lui faire rater la messe, ce qui pourrait compromettre son salut. Pensez-y, la prochaine fois que vous grognerez péniblement «Encore cinq minutes…».

Organiser le temps

Ce souci monastique de la ponctualité s’inscrit plus globalement dans une volonté de l’Église d’organiser le temps, à toutes les échelles. C’est ainsi qu’elle met en place un calendrier complexe, articulé autour de dizaines de fêtes et de célébrations. Plusieurs de ces fêtes sont dites «mobiles»: elles ne tombent pas à une date fixe mais dépendent du calendrier lunaire et/ou solaire. C’est le cas de la fête de Pâques, qui se décale chaque année (comme le début du Ramadan en terre d’islam). Pour calculer cette date, les meilleurs scientifiques du temps élaborent de savantes tables de calcul, les computs.

Ce souci du temps est omniprésent et c’est même l’un des domaines scientifiques proprement médiévaux. Autant le Moyen Âge occidental est, par rapport à l’Antiquité romaine ou au monde musulman, en retard au niveau de la médecine, de l’optique, de l’ingénierie, autant il est en avance dans ce domaine-là: mesurer le temps.

Les machines disent l’heure

L’Église va dès lors apprendre à fabriquer des instruments mécaniques de réveil. Dès le VIIe siècle, on fabrique des clepsydres, de plus en plus perfectionnées. Le XIIIe siècle sera le temps des horloges mécaniques, qui se multiplient dans les grandes villes, mais aussi dans les abbayes. Elles permettent non seulement de savoir l’heure qu’il est, ce qui est crucial pour imposer un temps en commun, mais surtout les horloges servent à prévoir l’heure qu’il sera. Elles ne sont pas seulement des outils d’information, mais de maîtrise du temps.

On trouve cette dimension en toutes lettres dans la règle de l’abbaye de Villers, en 1268: s’adressant au sacristain, chargé de sonner les cloches de l’abbaye, la règle note

«Tu règleras soigneusement l’horloge, et alors seulement tu pourras dormir tranquillement».

La règle cistercienne, rédigée un siècle et demi plus tôt, consacre déjà de longs paragraphes aux soins à apporter aux horloges des abbayes.

Ces horloges sont en réalité des minuteries. On s’en sert encore pour les œufs à la coque: celles du Moyen Âge fonctionnent de la même façon, sauf que ça tictaque pendant des heures avant de sonner pour réveiller un moine. C’est le rôle de Frère Jacques: il doit se réveiller pour aller «sonner les matines» afin que les cloches réveillent tous les autres moines. En latin, on dit horologia excitatoria. Les contemporains ont eu conscience qu’il s’agissait de nouvelles machines, et ont forgé des nouveaux mots: les Hollandais disent klokke, les Anglais clock. Or, ce clock renvoie à la cloche: les premières machines à dire le temps furent des cloches automatisées. De même, en anglais montre se dit watch, c’est-à-dire littéralement garde, veille. Savoir l’heure, c’est donc avant tout pouvoir se réveiller.

Bref, l’Église médiévale invente du même geste le réveil-matin et l’autodiscipline temporelle. Comme des moines bien disciplinés, nous réglons, chaque soir, notre réveil avant d’aller dormir. Nous obéissons à la sonnerie, et nous nous levons en même temps que des dizaines de milliers de personnes. La diffusion des horloges a favorisé l’émergence de la notion d’horaire, de retard, d’emploi du temps. Ces notions contribuent à la naissance d’une société disciplinaire, comme l’analyse Michel Foucault: une société dans laquelle le pouvoir découpe le temps pour mieux contrôler les corps et les vies. Décidément, Frère Jacques aurait mieux fait de se rendormir: on ferait tous et toutes de belles grasses mat’, personne n’arriverait jamais en retard, on ne serait pas angoissés par l’idée de perdre son temps.

Quand on vous dit que c’est la faute des moines…

http://www.slate.fr

Cet homme va se nour­rir exclu­si­ve­ment de bière pendant 46 jours


Pour les chrétiens qui font le carême, c’est un mois de jeûne ou du moins partiellement. Inspiré par des moines du XVIIe siècle qui se nourrissait lors de carême de pain et d’eau, un homme aux États-Unis a décidé de faire un peu la même chose avec de la bière pendant 46 jours. Ouf, la déshydratation, les calories, le foie et plus encore sans compter le risque de dépendance sont des risques qu’il n’a probablement pris en considération. Espérons pour lui, qu’il a quand même un suivi médical dans sa beuverie.
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Cet homme va se nour­rir exclu­si­ve­ment de bière pendant 46 jours

 

par  Laura Boudoux

Direc­teur des ventes dans une bras­se­rie de Cincin­nati, aux États-Unis, Del Hall a décidé d’adop­ter un régime bien parti­cu­lier pour le carême.

 Depuis le 6 mars 2019, il a ainsi aban­donné tout type de nour­ri­ture, pour ne survivre qu’en buvant de la bière, rapporte le site local Cincin­nati.com. Pendant 46 jours, jusqu’au 18 avril, Del Hall s’ins­pire ainsi des moines du XVIIe siècle, pour qui la bière était un peu « du pain liquide ».

Pour l’Amé­ri­cain, ce régime est l’oc­ca­sion de recon­nec­ter avec la tradi­tion ances­trale du jeûne, mais aussi de soigner son « addic­tion à la nour­ri­ture ».

« Quand ce sera terminé, j’es­père que lorsque j’au­rai faim, et que de la nour­ri­ture malsaine sera à portée de main, je choi­si­rai de ne rien manger du tout ou d’op­ter pour une alter­na­tive plus heal­thy », explique Del Hall.

Il précise qu’il s’au­to­rise égale­ment le café noir, l’eau pétillante et le thé non sucré pendant son jeûne.

Crédits : Del Hall/Face­book

Inter­rogé une semaine après le début de son nouveau régime, il a reconnu que les premiers jours n’avaient pas été simples.

« Les 2e et 3e jours ont été plutôt diffi­ciles. J’avais envie d’al­ler m’ache­ter un taco après quelques bières, parce que c’est ce que je fais habi­tuel­le­ment. Aujourd’­hui, je me sens extrê­me­ment bien. J’ai l’im­pres­sion que ce brouillard mental s’est levé », assu­rait-il, préci­sant que le senti­ment de faim avait fini par dispa­raître.

Puri­fi­ca­tion par la bière.

Sources : CBS Los Angeles / Cincin­nati.com

https://www.ulyces.co/

Le Saviez-Vous ► Quelle est l’origine surprenante de l’arobase ?


L’arobase est essentiel pour envoyer des courriels. Son origine ne date pas d’hier. D’abord utiliser par les moines avant l’imprimerie, puis par des commerçants pour finir sur notre clavier d’ordinateur, tablette, téléphone.
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Quelle est l’origine surprenante de l’arobase ?

 

Si l’utilisation de ce signe fut démocratisé par Ray Tomlison, cet ingénieur américain qui en 1971 inventa l’email en choisissant d’utiliser le raccourci SHIFT + P pour insérer ce signe, ce petit caractère a une origine bien plus ancienne !

Avant l’apparition de l’imprimerie, donc avant le milieu du 15e siècle, les moines copistes avaient pour tâche de reproduire à la main les ouvrages religieux. Pour cela ils devaient être rapides. Pour être encore plus efficace sils avaient plusieurs techniques. Parmi elles, celle de l’arobase. Vous allez comprendre.

Ils fusionnèrent par ligature, la lettre “a” et la lettre “d”, le “ad” latin qui signifie ‘‘à” ou ‘‘vers” en français. Ce que nous voyons comme un rond autour du a est donc en réalité un d. Et il semblerait que ce caractère remonte au 6e siecle.

Il est donc tout a fait logique qu’on le retrouve bien plus tard, au 19e siècle aux Etats Unis, utilisé par les commerçants pour indiquer le prix de leurs marchandises. On pouvait ainsi lire sur les étiquettes: “2 bottles @ $1”. Ce qui explique qu’un peu plus tard il figure sur les machines à écrire, afin que les commerçants puissent là encore l’utiliser. Et ensuite naturellement sur les claviers des ordinateurs. Et compte tenu de sa signification originelle, “à” ou “vers” ou “chez”, il est parfaitement logique, que l’arobase figure dans les adresses emails. Quand vous envoyez un email à laurent@gmail.com vous envoyez bien un email à laurent chez gmail.

Reste à se prononcer sur le mot lui-même. Pourquoi dit-on «arobase»? Ce point ne fait pas consensus. Je vous livre les deux hypothèses le plus souvent citées.

On dit d’abord qu’il s’agirait d’une déformation récente du castillan arroba(s) (en français arrobe), qui est une unité de mesure de poids et de capacité, utilisée en Espagne et au Portugal au 11e siècle.

Mais d’autres pensent plutôt qu’il s’agit de la contraction du terme typographique « a rond bas » (bas pour bas-de-casse), datant des débuts de l’imprimerie.

https://www.chosesasavoir.com/

Le Saviez-Vous ► Le pilier de Katshki ? En Géorgie, une maison dans les nuages


Une maison qui est tout en haut d’un pilier rocheux a 40 m de haut en Géorgie et elle est encore habité par un ermite qui médite et prie et ne descend qu’une à deux fois par semaine à l’aide d’une échelle abrupte. Le monastère à été construite par des moines vers le 9ème ou le 10ème siècle. Il a été abandonné par la suite pendant des siècles, et n’a pas eu de visite depuis 1944, l’année ou des alpiniste ont redécouvert cet endroit en l’escaladant
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Le pilier de Katshki ? En Géorgie, une maison dans les nuages

Les aventures du moine dans la statue continuent


C’était toute  une découverte en Chine de ce moine bouddhiste qui a jeûné pour n’avoir que la peau et les os et finir dans une statue. Cependant, la justice néerlandaise doit décider a qui sera rendu cette statut qui vaut plusieurs millions de dollars. Personnellement, je considère que les antiquités devraient revenir au pays dont il a été trouvé
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Les aventures du moine dans la statue continuent

Moine dans la statue

En juillet 2017, la justice néerlandaise tranchera dans l’affaire du « moine dans la statue », et décidera finalement de son attribution.

© PHOTO BY M. ELSEVIER STOKMANS/DRENTS MUSEUM

Bernadette Arnaud

Spécialiste archéologie, anthropologie et histoire au magazine Sciences et Avenir

En juillet 2017, la justice néerlandaise tranchera dans l’affaire du « moine dans la statue », et décidera finalement de son attribution.

Sa découverte avait stupéfait les spécialistes en septembre 2014, lorsqu’un examen scanner réalisé à Rotterdam (Pays-Bas) lors d’une opération de restauration d’une statue bouddhique du XIe-XIIe siècle avait révélé qu’il contenait… les restes d’un moine momifié (Sciences et Avenir, édition n°819). Trois ans plus tard, c’est devant la justice néerlandaise que ce trésor archéologique resurgit, les juges devant trancher pour décider de son attribution le 14 juillet 2017, une communauté chinoise en réclamant la restitution.

Une présence expliquée par la pratique rituelle de l’automomification

La dépouille humaine, retrouvée à l’intérieur de cette statue chinoise Song (960-1127), s’est révélée être celle de Zhang Gong Liuqian, un célèbre maitre bouddhiste comme en attestait un texte retrouvé à l’intérieur de la statue. Sa présence insolite s’explique par la pratique rituelle spectaculaire de l’automomification, suivie dans le plus grand secret essentiellement entre le Ve et le XVe siècle par une poignée de religieux. (Elle consistait en une momification rituelle par des jeûnes alimentaires intenses suivis pendant plusieurs années, pour ne devenir quasiment que peau et os).

Une sombre affaire de momie volée en 1995 qui refait surface 10 ans plus tard

C’est à l’occasion de la présentation de cette statue dans le cadre de l’exposition Mummy World au Musée national d’histoire naturelle de Budapest (Hongrie) en 2015 – où Sciences et Avenir s’était rendu – que les ennuis ont commencé pour son propriétaire, l’architecte designer hollandais Oscar van Overeem. Alertés, les habitants du village de Yangshun, dans la province du Fujian, au sud-est de la Chine, ont en effet cru reconnaitre dans cette statue exposée celle de leur moine adulé, volée en décembre 1995. Ils ont alors confié l’affaire à un groupe de juristes chinois conduits par Liu Yang, un spécialiste des récupérations d’antiquités, comme le rapporte le Financial Review du 2 juin 2017. De fait, le 14 juillet 2017, cet avocat tentera de démontrer devant un tribunal hollandais que la statue disparue du village de Yanchun est bien celle qui s’est retrouvée dans les ateliers néerlandais de Carel Kools, le restaurateur auteur du scanner. Des faits que Benny Rustenburg, l’antiquaire auprès duquel Oscar van Overeem a acheté la statue, dit avoir ignorés.  Selon ce collectionneur basé en Asie, celle-ci aurait été acquise par lui à Hong Kong en 1995.

Un objet dont la valeur atteint plusieurs millions de dollars

L’enjeu de cette affaire étrange autour de la possession de cet  » objet d’art «  – dont la valeur atteint désormais plusieurs millions de dollars – a aussi produit des dégâts collatéraux sur les relations Chine – Pays-Bas. Depuis plusieurs années, Pékin cherche en effet à récupérer ses objets pillés, à l’instar de ceux disparus lors du Sac du Palais d’Eté par les troupes anglo-françaises à Pékin, en 1860, ou ceux vendus à l’étranger suite à l’effondrement des Qing en 1911. Après les innombrables destructions de patrimoine commises par les Gardes Rouges pendant la Révolution culturelle (1966-1976), la protection du patrimoine chinois est devenu une priorité nationale comme l’avait rappelé en 2014 le président XI Jinping. La justice néerlandaise devrait mettre sa décision en délibéré.

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