Des mégots de cigarette recyclés en mobilier


Un mégot de cigarette prend environ 15 ans pour disparaitre, il y a 137 000 mégots jeter dans la nature par seconde dans le monde. La France à emboité comme le Canada, l’Inde et la Tunisie de recycler les mégots.
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Des mégots de cigarette recyclés en mobilier

 

Dans le monde, 137 000 mégots sont jetés dans la nature chaque seconde, une... (123RF/Arina Zaiachin)

SANDRA FERRER
Agence France-Presse
BOURG-BLANC

Dans le monde, 137 000 mégots sont jetés dans la nature chaque seconde, une pollution qui peut mettre jusqu’à 15 ans à disparaître. Une entreprise du Finistère, en France, s’attaque au problème en recyclant ces déchets bourrés de substances chimiques toxiques.

Nichée dans une petite zone artisanale d’une commune proche de Brest, l’entreprise MéGo recycle les mégots après les avoir débarrassés de la quasi-totalité (entre 90 et 100 %) des près de 4000 substances chimiques qu’ils renferment, dont 50 sont réellement toxiques comme la nicotine.

« Nous sommes la seule entreprise en France à recycler des mégots de cigarettes », se félicite Bastien Lucas, qui a créé l’entreprise il y a deux ans.

Depuis, elle a recyclé quatre tonnes de mégots, soit 9,5 millions de filtres.

Dans un premier temps, les mégots sont broyés pour séparer les résidus des cendres, tabac et papier des filtres. Ces derniers sont ensuite lavés dans plusieurs bains d’eau, en circuit fermé, puis séchés et à nouveau broyés avant un thermocompressage. Résultat : des plaques d’acétate de cellulose marron, parsemées de marbrures, avec lesquelles l’entreprise fabrique des bancs à installer dans des zones fumeurs autour de cendriers.

« Si votre matériau est abîmé, si quelqu’un a gravé, s’est acharné dessus, on n’a plus qu’à le broyer à nouveau, pour pouvoir à nouveau le thermocompresser et créer une nouvelle plaque », fait valoir Estelle Chabard, étudiante en ingénierie des matériaux et stagiaire chez MéGo.

Grâce à des partenariats, la société collecte des mégots dans toute la France, mais aussi en Belgique, auprès de quelque 150 clients, essentiellement des entreprises, mais également des villes, dont Paris, Castres, Nantes, Grenoble ou encore Plougonvelin, dans le Finistère.

Ne plus jeter son mégot par terre

Dans cette petite commune littorale, l’entreprise a fourni six cendriers disposés en bordure de plage, devant l’auto-école ou près du cinéma.

« On avait énormément de mégots par terre et notamment sur la plage », explique Christine Calvez, adjointe au développement durable. « Je ne vais pas vous dire que c’est parfait, mais c’est nettement mieux et je pense que dans la tête des gens, ça y est, on commence à réfléchir « on ne jette pas le mégot par terre » », ajoute l’élue de la commune qui verse 220 euros par trimestre à MéGo pour la collecte du contenu de ses cendriers.

« À terme, on s’y retrouve, car on dépense moins en nettoyage », souligne-t-elle.

« C’est vraiment le sens le plus profond de notre activité, d’amener les fumeurs à ne plus jeter leurs mégots de cigarette par terre et de démontrer que cette matière est recyclable », souligne Bastien Lucas lors d’une visite de l’unité de recyclage de Bourg-Blanc, où l’odeur de tabac froid est particulièrement prenante.

Plusieurs initiatives similaires commencent à émerger dans le monde et notamment au Canada, en Inde ou en Tunisie.

« En Europe, les mégots sont essentiellement recyclés en acétate de cellulose, tandis qu’en Asie, ils sont transformés en laine de roche ou de verre pour l’isolation des bâtiments », explique Pierre Félix Pieri, fondateur de la société Gumégo, installée à Bastia et partenaire de MéGo pour la collecte.

Depuis les années 1980, les mégots représentent entre 30 et 40 % de la totalité des déchets ramassés annuellement le long des côtes et dans les zones urbaines, note l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans un rapport de 2017.

Outre le fait que le tabac tue plus de sept millions de personnes chaque année dans le monde, il est ainsi également à l’origine d’une importante pollution -un seul mégot pollue 500 litres d’eau-, souligne le rapport, qui préconise un retour aux cigarettes sans filtre, pas plus dangereuses pour la santé que celles avec filtre, contrairement à ce qu’a voulu faire croire l’industrie du tabac dans les années 1950 lorsqu’elle a lancé ce nouveau produit.

De son côté, la Commission européenne a proposé fin mai de nouvelles règles pour réduire la pollution des océans, dont l’obligation pour les fabricants de cigarettes de prendre en charge une partie des frais de collecte et de recyclage des mégots.

http://www.lapresse.ca/

À Seattle, on installe des arceaux à vélos contre les sans-abri


Le mobilier urbain n’est pas nécessairement pour l’esthétique ou pour comme ici offrir des supports à vélo, mais pour empêcher des sans-abris de s’y installer. Ce qui veut dire au lieu de trouver des solutions pour les SDF, on préfère se fermer les yeux et les chasser. Et souvent, on investit dans des solutions techniques et on coupe l’aide aux sans-abris. On ne sait jamais ce que sera fait demain. Du jour au lendemain, c’est nous qui pouvons nous retrouver dans la rue
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À Seattle, on installe des arceaux à vélos contre les sans-abri

 

Les nouveaux parkings pour vélos de Seattle | Capture d'écran via Seattle.gov

Les nouveaux parkings pour vélos de Seattle | Capture d’écran via Seattle.gov

Repéré par Léa Polverini

Repéré sur The Guardian

Le mobilier urbain anti-SDF a proliféré dans les grandes villes, sans solution de secours viable pour les personnes délogées.

Discrète et insidieuse mais pourtant bien sensible, «l’architecture hostile» –plus connue en France sous le nom de «mobilier urbain anti-SDF»– est devenue tellement fréquente dans les villes qu’on en vient souvent à ne plus l’identifier comme telle, remarquant au mieux que certaines installations sont rudement inconfortables ou incongrues.

Le plus souvent présentées comme une affaire de design biscornu ou d’intérêt supposément public, elles visent en réalité à empêcher les personnes sans-abri de se mettre à couvert ou de rester sur les bancs publics et autres surfaces planes pour y dormir.

Des barres de fer contre les tentes

Lorsque Jeff Few a quitté son appartement du quartier de Belltown à Seattle, il y avait un campement de sans-abri sur un tronçon de chaussée, juste en-dessous de l’autoroute 99. Quand il est revenu, «les tentes et les hommes, les femmes et les enfants cherchant là-bas un abri étaient partis et dix-huit nouveaux râteliers à vélos étaient installés à leur place», raconte le Guardian.

Après quelques mails envoyés aux employés du Seattle Department of Transportation, on lui confirma que l’installation de ces racks avait été coordonnée avec l’intervention de la police, afin qu’ils soient prêts dès que les sans-abri auraient été délogés.

«Ce ne sont pas des râteliers à vélo, ce sont des pics anti-SDF sous des airs de râteliers à vélo. En tant que personne qui a été un grand militant pour l’expansion des parkings à vélo dans la ville, il est dérangeant de voir ces arceaux difficilement acquis être utilisés d’une telle manière», écrivait Tom Fucoloro sur le blog Seattle Bike.

Les exemples les plus courants de ce type d’installations destinées à chasser de l’espace urbain un certain type de population sont les bancs avec accoudoirs ou inclinés et les pics ou clous métalliques —du même genre que ceux utilisés pour les pigeons, mais à taille humaine.

On trouve également d’autres mesures plus inventives, telles que les lumières bleues dans les toilettes publiques, destinées à empêcher les toxicomanes de s’y faire des injections —les veines sont plus difficilement repérables éclairées ainsi—, ou la peinture hydrophobe qui recouvre les murs des stations ferroviaires de Cologne et qui fait rejaillir sur les personnes se soulageant en public leur propre urine.

«Les grandes villes riches sont assurément plus enclines à utiliser des “designs désagréables”, car il est difficile de gérer un grand nombre de personnes. Les designs désagréables éliminent le besoin de surveillance et d’intervention humaines», explique Selena Savić, co-éditrice du livre Unpleasant Design.

Des réponses qui nient la dimension humaine du problème

Seattle, comme tant d’autres villes à travers le monde, est devenue spécialiste de ce type de mobilier urbain.

Récemment, l’un de ses habitants publiait sur Twitter un petit thread relevant le nombre d’éléments hostiles aux sans-abri qu’il croisait sur le court chemin entre son arrêt de bus et son bureau: pas moins de quatre exemples en l’espace de trois rues et six supplémentaires en poussant plus avant dans les avenues alentour.

Parfois, ce mobilier est retiré, comme en 2014 à Londres, lorsqu’un supermarché Tesco avait fini par retirer des pics à la suite d’une vague de protestations venant d’activistes et de clients scandalisés. La plupart du temps, il demeure, au prétexte de prévenir les «comportements antisociaux» ou «dangereux».

«Cela revient essentiellement à traiter la réalité désastreuse du sans-abrisme de masse et de la pauvreté comme un problème technique plutôt que comme un problème d’êtres humains qui ne peuvent pas subvenir à leurs besoins», déplore Alison Eisinger, la directrice du Seattle/King County Coalition on Homelessness.

Lors du dernier recensement réalisé par l’association, on estimait le nombre de personnes sans domicile dans la zone métropolitaine de Seattle à 11.643, dont 5.485 sans-abri.

Alors que la ville mène une politique d’évacuation des campements non autorisés sans pour autant augmenter le nombre de places dans les refuges d’urgence –un nouveau plan de «refuges améliorés» avec rangements a conduit à une suppression de 300 lits–, le problème ne fait qu’être repoussé, de même que les sans-abri vers l’extérieur de la ville, dans des conditions toujours plus précaires.

«Il est facile de s’indigner contre l’architecture hostile, mais la question, c’est: “comment ces choses-là arrivent?”, affirme Eisinger. En ce qui me concerne, je trouve que c’est une occasion parfaite pour le nouveau maire de Seattle de dire non seulement que c’était une décision inacceptable, mais aussi que la chaîne de commandement qui a permis à différentes personnes de faire et d’approuver cette utilisation des ressources publiques va changer.»

http://www.slate.fr/

Une compagnie qui recycle des millions de mégots de cigarette


La cigarette ne nuit pas juste aux humains, l’environnement aussi en paie les frais. On en retrouve partout, dans le sable des parcs pour les enfants, les rues, rivières, lacs, plages …. Le côté positif, c’est qu’on peut recycler les mégots ….
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Une compagnie qui recycle des millions de mégots de cigarette

 

La ville de Paris a décidé que ses trottoirs ne seraient plus pris pour un vaste cendrier. Depuis le 1er octobre, 500 agents sont chargés de distribuer des amendes de 68 euros aux fumeurs qui jettent leurs mégots à terre. Mais que faire de tous ces mégots?

Au Canada, aucune ville ne sévit encore contre ce fléau écologique, comme le fait Paris, mais la compagnie Terracycle, basée à Toronto, est la première à recycler ce déchet le plus répandu sur la planète.

On ramasse dans les rues de Paris, chaque année, 350 tonnes de mégots. Dans le monde, ce sont 4500 milliards de mégots qui sont jetés dans les rues, les rivières et les égouts.

Le problème, c’est que chaque mégot prend 10 ans à se désintégrer.

Terracycle a notamment transformé des mégots en palettes de transports industriels et en mobilier urbain. Le projet est financé par Imperial Tobaco et Terracycles paie les mégots à ses fournisseurs.

Les mégots proviennent de 21 pays, d’individus, mais aussi d’organisations comme les Casinos du Québec.

http://ici.radio-canada.ca/