La phobie des craquements de chips


Souffrir de mésophonie, la peur de certains bruits ne doit pas être évident à vivre dans ce monde que le bruit est constant ou presque. C’est tout le corps qui réagit face aux bruits qui engendrent l’anxiété et la colère
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La phobie des craquements de chips

 

Pourquoi ne supporte-t-on pas d’entendre un voisin manger ? Une zone cérébrale allergique au bruit en serait la cause.

Sébastien Bohler

Vous faites peut-être partie des personnes qui ne supportent pas d’entendre quelqu’un mâchonner des chips à côté de vous. Ou alors vous détestez un grincement de porte, des bruits de pas dans le couloir… Ce syndrome porte le nom de misophonie et se traduit par une réaction de colère et d’anxiété associée à certains bruits.

Une étude d’imagerie cérébrale vient de révéler que chez les personnes misophones, une zone du cerveau appelée cortex insulaire antérieur s’active excessivement à l’écoute de ces sons. Impliquée dans la perception de l’intérieur du corps (viscères, muscles, tendons), cette zone entre en communication avec des zones émotionnelles à l’avant du cerveau, comme l’amygdale ou le cortex préfrontal ventromédian, créant une réaction corporelle et émotionnelle exacerbée, notamment une hausse du rythme cardiaque. A l’écoute d’un sachet de chips qui s’ouvre, c’est alors tout le corps qui entre en ébullition.

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Vous détestez certains bruits? Voilà pourquoi!


Il y a des bruits qui vous dérangent ? Tout le monde a des bruits qu’ils n’aiment moins. Mais dans certains cas, c’est très handicapant à cause des symptômes qu’ils ressentent
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Vous détestez certains bruits? Voilà pourquoi!

 

Vous détestez certains bruits? Voilà pourquoi!

Les ongles sur le tableau, les ustensiles sur une assiette…Capture d’écran Gentside

Il suffit de faire un rapide sondage auprès de votre entourage pour vous en rendre compte: nombreuses sont les personnes qui ne supportent pas certains types de sons. Au sommet du palmarès des bruits les plus détestés, on compte notamment celui d’un ongle sur un tableau noir, d’un couteau effleurant une assiette ou encore celui de quelqu’un qui mastique.

Pour certains, ces sons spécifiques peuvent provoquer des sentiments extrêmement négatifs allant de la colère jusqu’à la anxiété en passant par le dégoût. Cette répulsion auditive est scientifiquement reconnue et documentée sous le nom de misophonie, un terme qui signifie littéralement «haine du son».

UN TROUBLE RÉCEMMENT ÉTUDIÉ 

Si ce trouble est rarement diagnostiqué, il n’en reste pas moins commun. On doit sa découverte à des chercheurs et docteurs américains qui se sont penchés sur le problème à la fin des années 1990. Une équipe de psychiatres de l’Academic Medical Center d’Amsterdam aux Pays-Bas, a suivi leurs traces quelques temps plus tard, en 2013.

Leur étude, menée sur 42 patients misophones, a ramené sur le devant de la scène cette pathologie proposant de la classifier en tant que trouble psychiatrique à part. Depuis, des analyses neurologiques ultérieures ont été réalisées pour mieux comprendre la nature de la misophonie et le profil des individus qui en sont atteints.

Selon les experts, ce syndrome se caractérise par une répulsion de sons bien spécifiques, de faibles intensités et appartenant le plus souvent au registre du quotidien. Les patients en question détestent ce genre de sons dans la mesure où ils sont générés ou émis par les autres et non par eux-mêmes.

UNE AVERSION SYMPTOMATIQUE

La misophonie se manifeste généralement dès le plus jeune âge et peut prendre de nombreuses formes de réactions symptomatiques physiques ou mentales. Transpiration excessive, accélération du rythme cardiaque, tension musculaire, sentiment de frustration, comportement d’évitement… La liste des symptômes est longue et ceux-ci peuvent être très handicapants au quotidien.

Lorsque c’est le cas, un suivi psychiatrique est conseillé. Néanmoins, les réactions peuvent être exacerbées en cas de stress ou de fatigue. Le problème est que l’origine du trouble reste relativement flou. Des études ont toutefois suggéré qu’il pourrait être lié à une évaluation anormale de signaux conduits par les neurones dans certaines parties du cerveau impliquées notamment dans les émotions.

De fait, la misophonie est très difficile à soigner. Parmi les traitements proposés, celui ayant à ce jour obtenu le plus de succès est une sorte de thérapie consistant à écouter durant au moins neuf mois, des sons dérangeants tout en les associant à d’autres, moins problématiques. L’objectif est de parvenir à dissocier les sons des réactions négatives. 

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