Une élue visée par Trump menacée de mort par un policier



Quand on dit que les mots peuvent être une arme, Donald Trump a vraiment créé une tempête auprès de 4 femmes démocrates appartenant à des minorités. 3 femmes sont pourtant nées aux États-Unis et la 4e est nationalisée bien plus longtemps que la femme de Donald Trump qui est devenue américaine après son mariage avec lui. L’agent police qui a fait des menaces sur Facebook et celui qui a aimé son poste ont été heureusement licencié. Je doute par contre que cette tempête s’arrête. Je suis sûr que les États-Unis sont de plus en plus hait par bien des pays avec un tel gouvernement raciste jusqu’au bout des doigts.
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Une élue visée par Trump menacée de mort par un policier

Un policier de Louisiane a suggéré dans un... (PHOTO AP)

Un policier de Louisiane a suggéré dans un message sur Facebook de tirer sur la jeune star du parti démocrate, Alexandria Ocasio-Cortez, qualifiée de «méchante idiote». 

PHOTO AP


Agence France-Presse
Washington

Donald Trump affirme ne pas attiser les «tensions raciales» aux États-Unis avec ses attaques répétées contre des élues démocrates issues des minorités, alors que se multiplient les menaces contre les quatre femmes.

«Non, il n’y a pas de tension raciale», a assuré le président américain à la presse, en accusant à nouveau ces élues de «ne pas aimer» les États-Unis.

Alexandria Ocasio-Cortez (New York), Ilhan Omar (Minnesota), Ayanna Pressley (Massachusetts) et Rashida Tlaib (Michigan) font l’objet depuis une dizaine de jours d’attaques quotidiennes de Donald Trump, qui les a appelées à «retourner» d’où «elles viennent».

Les démocrates ont dénoncé des propos «racistes» et plusieurs dirigeants étrangers, dont la chancelière allemande Angela Merkel, les ont réprouvés.

Des partisans de Donald Trump ont conspué Ilhan Omar lors d’un rallye à Greenville, en Caroline du Nord.

Mercredi, un rallye du milliardaire – qui brigue sa réélection en 2020 – avait suscité un nouveau tollé : ses partisans ont scandé «Renvoyez-la! Renvoyez-la!» à l’encontre spécifiquement d’Ilhan Omar, la seule des quatre à être née à l’étranger, en Somalie.

D’autres incidents ont été enregistrés depuis.

Un policier de Louisiane a notamment suggéré dans un message sur Facebook de tirer sur la jeune star du parti démocrate, Alexandria Ocasio-Cortez, qualifiée de «méchante idiote». 

Il a été démis de ses fonctions, a annoncé lundi lors d’une conférence de presse le chef de la police de Gretna, Arthur Lawson, évoquant le «honte» jetée sur son équipe par l’agent concerné.

Un autre policier a été licencié pour avoir «aimé» sur Facebook le message de son collègue. 

Une association de républicains de l’Illinois a quant à elle brièvement publié sur les réseaux sociaux un photomontage des quatre femmes, dont deux en armes, titré «la brigade du djihad».

Son président Mark Shaw a critiqué une «publication non autorisée», tout en reprenant les critiques du président sur les positions très à gauche des quatre représentantes à la Chambre.

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Le syndrome de résignation qui affecte des enfants migrants


Il y a des maladies étranges que peuvent éprouver des personnes face à la fatalité. Des enfants immigrants qui avec leur famille demande l’asile sont face à l’humiliation, le racisme, voir des attaques dans un pays d’accueil finissent par déconnecter le corps et le cerveau et sont dans un état catatonique. Ils peuvent rester des mois, des années dans cet état. Le remède est l’espoir, une vie meilleur.
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Le syndrome de résignation qui affecte des enfants migrants

 

Le reportage d’Alexandra Szacka

C’est un mal étrange, présent surtout en Suède. Il frappe les enfants des demandeurs d’asile, principalement ceux venus des pays de l’ex-URSS et de l’ancienne Yougoslavie.

Un texte d’Alexandra Szacka

On l’appelle le syndrome de résignation. L’enfant est dans un état semi-comateux, une sorte de catatonie. Il a les yeux fermés, les dents serrées, il ne bouge pas, ses muscles n’ont aucun tonus et il doit être nourri à l’aide d’une sonde gastrique.

Cet état peut durer jusqu’à trois ans, dans certains cas.

On a commencé à diagnostiquer le syndrome en Suède à la fin des années 90. Entre 2003 et 2005, plus de 400 enfants de migrants en ont été frappés. Aujourd’hui encore, on diagnostique le syndrome chez plusieurs dizaines d’enfants chaque année.

À trois heures de route au nord de la capitale suédoise, Stockholm, Radio-Canada est allé voir l’une de ces familles de demandeurs d’asile, un couple d’Arméniens originaires de Moscou, avec trois enfants.

Les deux plus vieux, Kostan, 18 ans, et Miléna, 13 ans, souffrent du syndrome de résignation.

Couchés côte à côte dans une chambre vide aux murs tristes, le frère et la sœur donnent l’impression d’adolescents tout ce qu’il y a de plus normal, juste endormis. Pourtant, ils sont couchés là depuis deux ans et demi pour Kostan et presque deux ans pour sa sœur.

Elisabeth Hultcrantz, une docteure qui consacre aujourd’hui tout son temps à soigner bénévolement une cinquantaine de ces jeunes, les a examinés devant nous.

« Je n’arrive pas à obtenir de contact visuel », se plaint-elle en soulevant tour à tour les paupières de l’un et de l’autre. Et c’est comme ça depuis le début.

Toute une série d’examens simples lui permet de constater, encore une fois, qu’il n’y a pas de dommages neurologiques. Ces enfants se sont simplement retirés de la vie.

« Ils ont tous subi un traumatisme, une situation où leur vie était menacée. Et en général, ce traumatisme date d’avant leur venue en Suède », explique la Dre Hultcrantz, qui était spécialisée en oto-rhino-laryngologie avant de prendre sa retraite et de se consacrer à ces enfants.

C’est un syndrome de dissociation. Le cerveau se dissocie du corps. La docteure Elisabeth Hultcrantz

Elisabeth Hultcrantz ajoute que ces enfants appartiennent pratiquement tous à des minorités ethniques, souvent persécutées dans leur pays d’origine.

Sonia Lupien, spécialiste en neurosciences et fondatrice du Centre d’études sur le stress humain (CESH) de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, abonde dans le même sens. « [C’est] une très, très grande peur, un très grand stress qui va faire en sorte que toute la mobilisation du corps, qui devrait être là pour vous aider à survivre, va tout simplement tomber et on va faire le mort. »

Généralement, les symptômes commencent par un état dépressif et petit à petit, il y a une perte de conscience suivie d’un état catatonique.

Malades imaginaires ou réels?

Pendant des années, des gens ont avancé qu’il s’agissait de simulation pour faciliter l’obtention d’une résidence permanente en sol suédois. D’autres ont évoqué une maladie contagieuse. Toutes ces théories ont finalement été écartées.

« Ils ne réagissent pas à la douleur, la douleur ce n’est pas quelque chose à quoi on peut simuler de ne pas réagir, c’est impossible », indique Sonia Lupien.

Les parents des deux jeunes, qui préfèrent témoigner anonymement, tellement ils ont peur d’être expulsés, confirment qu’ils ont été témoins de toutes les étapes de la maladie.

Ils sont désespérés. Arrivés en Suède à la suite d’humiliations et d’attaques racistes dont ils ont été victimes en Russie, ils pensaient trouver un havre de paix pour eux-mêmes et pour leurs enfants.

Aujourd’hui, leur vie est rythmée par les soins à donner à leurs deux enfants atteints du syndrome. La toilette, la gymnastique, la prise d’aliments cinq fois par jour, toujours à travers le tube gastrique, les promenades en fauteuil roulant.

Mes enfants étaient tous joyeux, ils avaient de bons résultats à l’école. Ils n’étaient pas du tout fermés. La mère de Kostan et de Miléna

La mère raconte qu’au début, quand son fils s’est effondré, inconscient, ils ont appelé l’ambulance en pensant que cela allait se résorber rapidement. Mais à l’hôpital, on ne leur a pas donné beaucoup d’espoir : Kostan allait demeurer dans cet état pour longtemps.

L’angoisse liée à leur situation précaire en Suède est l’un des éléments-clés pour comprendre la source du mal qui afflige les deux enfants du couple. À l’origine toutefois, les enfants ont d’abord été traumatisés par des attaques racistes violentes contre leur père.

Kostan et Miléna ont vu ces attaques de leurs propres yeux.

Un stress constant

Aujourd’hui, au sein de la famille, la tension est à son comble. Les autorités suédoises leur ont refusé l’asile l’automne dernier.

Ils ont porté leur cause en appel, mais gardent peu d’espoir. Les autorités suédoises ont été catégoriques : l’état de leurs enfants n’empêchera pas leur expulsion.

La Dre Hultcrantz est pourtant formelle. Voyager en avion constitue un très grand danger pour ces enfants. Ils peuvent en mourir.

Malgré cela, les autorités suédoises se montrent inflexibles. Il y a quelques jours, une famille arménienne de cinq personnes, dont la fille aînée souffre du syndrome depuis près d’un an, a été expulsée vers la Pologne.

Mais il existe un espoir de guérison pour ces enfants.

Dans pratiquement tous les cas, aussitôt que les parents ont obtenu un permis de séjour, les enfants ont commencé à aller mieux. Le retour à la vie normale peut prendre jusqu’à un an, mais le sentiment de sécurité est pratiquement le seul remède.

Il n’y a qu’un médicament possible pour ces enfants et c’est la restauration de l’espoir. Sonia Lupien, spécialiste en neurosciences

Même son de cloche du côté de la Dre Hultcrantz, qui a elle-même vu plusieurs de ces enfants revenir à une vie normale après que leurs familles ont obtenu le droit d’asile.

« J’étais comme dans une bulle. Je ne comprenais pas ce qu’on disait, mais j’entendais des voix joyeuses », lui aurait confié une de ses jeunes patientes. « Tout à coup, la bulle a éclaté et j’ai commencé à entendre ce qu’on disait », a-t-elle relaté.

Il a ensuite fallu plusieurs mois pour que cette jeune fille revienne complètement à la vie normale.

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En croisade contre les graffitis haineux


Il en faudrait beaucoup comme cet homme. Il enlève les graffitis haineuse grâce à son entreprise de nettoyage sous pression. Le hic, c’est qu’il ne conçoit pas retirer quelques salaires pour ce travail, il le fait bénévolement. L’argent qu’il peut recueillir va pour ce projet de lutter contre la haine que ce soit la croix gammée, le raciste, antisémitisme, islamophobie etc ..
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En croisade contre les graffitis haineux

 

Corey Fleischer efface un graffiti haineux sur une... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE)

Corey Fleischer efface un graffiti haineux sur une pancarte. Le propriétaire d’une entreprise de nettoyage à pression s’est lancé en mission contre la présence de tels messages dans l’espace public.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

 

LELA SAVIC
La Presse

Le vrai métier de Corey Fleischer, c’est son entreprise de nettoyage à pression, sa spécialité étant les graffitis. Or, lorsqu’il s’agit de nettoyer les symboles haineux, le diplômé en études féministes est catégorique : c’est sa mission de vie.

Depuis sept ans, islamophobie, anti-embourgeoisement, antisémitisme, racisme, il les retire tous bénévolement. Tous ses éventuels profits sont réinvestis dans son projet qu’il a intitulé «L’armée contre la haine». 

«Ce n’est pas tous les gens qui ont l’argent pour enlever ces graffitis. Les gens qui m’appellent ne sont pas tous directement affectés par les graffitis. Je ne m’imagine pas recevoir un appel pour retirer un graffiti haineux et demander de l’argent pour ce service.»

Les inscriptions antisémites sont celles qu’il efface le plus souvent. Le reste se compose de graffitis homophobes et contre les Noirs et les autres minorités, notamment les musulmans. La croix gammée est le symbole qu’il retire le plus souvent. Récemment, il affirme avoir remarqué un grand nombre de croix gammées accompagnées de la mention «Only the Whites Matter» («Seuls les Blancs ont de l’importance»).

«Parfois, j’ai l’impression de vivre dans les années 60», déplore-t-il.

Si durant les cinq premières années il a nettoyé 50 graffitis haineux, il en aurait retiré 1000 l’an dernier. Ce printemps, il a effacé 30 croix gammées à Laval en une seule journée. Difficile de savoir si le nombre de graffitis haineux a augmenté durant les dernières années.

«Je ne dirais pas qu’il y en a plus. Certains datent d’il y a 30 ans, 5 ans; un quart de ceux que j’ai retirés cette année étaient nouveaux», dit Corey Fleischer.

Tout a commencé avec une croix gammée.

«Je me rendais au travail et j’ai vu une croix gammée. J’ai continué mon chemin, je suis allé terminer mon contrat de peinture, mais je ne me sentais pas bien. Et après, je me suis dit : « Qu’est-ce que je suis en train de faire? » J’ai donc renvoyé mes gars à la maison et je suis retourné retirer la croix gammée. […] Mon entreprise n’a pas un énorme impact, je ne change pas grand-chose dans la vie des gens. Donc, pendant longtemps, je n’ai pas été heureux dans la vie. J’ai enlevé la croix gammée et après cela j’en ai trouvé une autre, et une sorte de dépendance s’est installée. Le sentiment que j’ai eu, à ce moment-là, était quelque chose que j’avais cherché toute ma vie. J’ai tout abandonné, c’est devenu mon activité principale : je ne sors plus le vendredi soir, je ne fais plus de hockey, tout mon temps et mon argent sont investis dans ce projet.»

Huit croix gammées en une semaine

Lors de notre passage, Corey était dans le quartier Sainte-Dorothée pour retirer des graffitis contre l’embourgeoisement. Dans les rues de ce quartier aisé, le slogan «Burn the Rich» («Brûlez les riches») ornait quelques murs. Les habitants du quartier semblaient horrifiés à l’idée de devoir expliquer à leurs enfants pourquoi ces messages étaient là, explique Corey.

La Presse a repéré une croix gammée sur une affiche publicitaire à la sortie de l’autoroute menant à Sainte-Dorothée, rue Samson. Corey a décidé d’aller la retirer.

«Je suis allé faire un nettoyage de graffitis sur l’embourgeoisement et vous êtes tombés sur une croix gammée, on n’y échappe pas.»

Cette semaine seulement, il a retiré huit croix gammées.

Lorsque Corey reçoit des appels de citoyens, ils ont souvent déjà appelé la municipalité.

«Certains graffitis haineux restent sur des bâtiments publics pendant un mois sans que la Ville y touche. À Côte-Saint-Luc, il y a eu une dizaine de croix gammées sur des bâtiments pendant une semaine et demie sans que personne y touche avant que j’arrive.»

Mais il remarque que beaucoup de graffitis sont également faits sur des voitures, des appartements, des affiches. La semaine dernière, il a dû nettoyer l’inscription antisémite «Fuck all the Jews» sur une voiture. Pour lui, il était important d’offrir ce service à la propriétaire de la voiture, car il ne pouvait concevoir que cette femme doive conduire son véhicule ainsi.

«Il y aura toujours des gens qui commettront des actes haineux, mais nous devons nous demander ce que fait notre société pour contrer cette tendance.»

Couvrir des croix gammées avec une survivante de l’Holocauste

Des croix gammées étaient gravées dans le ciment sur le boulevard Décarie. Après deux semaines et demie, aucune action n’avait été entreprise par la Ville de Montréal, soutient Corey Fleischer. Il a donc décidé de les recouvrir de ciment en compagnie d’Angela Oros, une survivante de l’Holocauste.

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Une mère qui exige un «docteur blanc»: pas un cas isolé


Encore en 2017, nous sommes aux prises avec le racisme à l’état pur. C’est inconcevable qu’une personne puisse agir de la sorte envers un personnel soignant à cause de sa couleur de peau. Si elle est trop stupide,, elle se tait et va ailleurs … Pas obligé d’en faire une scène
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Une mère qui exige un «docteur blanc»: pas un cas isolé

 

RCQC  |  Par Radio-Canada.ca

Le cas d’une mère qui ne voulait pas que son fils soit vu par un « médecin brun aux dents brunes » dans une clinique à Mississauga, en banlieue de Toronto, n’est pas unique, mais reflète un problème assez répandu, selon la présidente désignée de l’Association médicale de l’Ontario.

La Dre Nadia Alam raconte avoir vu des exemples similaires de racisme « durant mes études, ma résidence et mes années de pratique ».

«Beaucoup de médecins de minorités visibles ou qui ont un accent, ce qui suggère qu’ils sont immigrants, font face à des événements comme ça.» Dre Nadia Alam, présidente élue de l’Association médicale de l’Ontario

Certains patients demandent carrément de voir un autre docteur, citant la couleur de votre peau, raconte la Dre Alam.

« J’ai été blessée »

La Dre Mireille Norris du département de gériatrie de l’Hôpital Sunnybrook de Toronto, qui est d’origine haïtienne, dit avoir été « harcelée » et « blessée [psychologiquement] » par des patients.

«[C’est comme si certains patients sentaient] qu’ils peuvent le faire, parce que c’est un médecin de couleur, une minorité, une femme.» – Dre Mireille Norris

La Dre Norris ajoute qu’elle se « protège » maintenant, en s’assurant de toujours avoir une infirmière ou un autre employé de l’hôpital à ses côtés lorsqu’elle discute de questions délicates avec des patients.

Pour sa part, la première ministre Kathleen Wynne est « outrée » par les propos de la mère.

« Ce genre de comportement, de racisme et de haine, n’a pas sa place dans notre société », a-t-elle affirmé.

Que peuvent faire les médecins?

Selon la Dre Alam de l’Association médicale de l’Ontario, il s’agit d’une « zone grise ».

Elle explique qu’un médecin peut quitter la pièce s’il sent que sa sécurité est menacée, mais il s’expose à une plainte et la perte possible de son permis de pratique s’il refuse de soigner un patient.

« On doit admettre qu’il y a un problème, dit-elle. Les écoles de médecine et les programmes de résidence peuvent jouer un rôle [quant à l’enseignement de la façon de gérer des cas du genre]. »

Pour sa part, la Police régionale de Peel précise que son service des relations multiculturelles examine les événements. Mais aucune plainte ou accusation n’a été déposée.

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Le Saviez-Vous ► Utile, violent, désiré, repoussé… Depuis le Moyen Âge, l’étranger n’est jamais tranquille


Les migrants, les réfugiés font souvent la une, certains les accueillent les bras ouverts alors que d’autres veulent les chasser à cause de leur différence, de ce qu’il peut représenter : la peur. Ce n’est pas une nouveauté. En fait, cela date depuis des siècles voir des millénaires, ils sont la solution, la cause, et la peur. Pourtant, si nous faisions une recherche ADN, il a de fortes chances qu’un de nos ancêtres faisaient partie des migrants qui ont été expulsés, haït et tué pour avoir été différent
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Utile, violent, désiré, repoussé… Depuis le Moyen Âge, l’étranger n’est jamais tranquille

 

Juifs brûlés vifs, accusés de profanation d'hosties à Deggendorf  (Bavière) en 1338, gravure sur bois issue de la Chronique de Nuremberg (1493) | Ctruongngoc via Flickr CC License by

Juifs brûlés vifs, accusés de profanation d’hosties à Deggendorf (Bavière) en 1338, gravure sur bois issue de la Chronique de Nuremberg (1493) | Ctruongngoc via Flickr CC License by

Catherine Kikuchi

Examiner le statut des étrangers au Moyen-Âge permet de remettre en perspective nos inquiétudes d’aujourd’hui.

Les étrangers n’ont pas fini d’enflammer nos débats. Sont-ils bons, sont-ils mauvais? Sont-ils bénéfiques, sont-ils à craindre? Faut-il les expulser à la fin, tel des parasites, ou les accepter comme porteurs de renouveau? À travers une –pas si– subtile rhétorique, certains hommes et femmes politiques cherchent à nous faire croire que ce thème est récent, que le problème se pose à présent comme jamais il ne s’est posé auparavant. Ce serait un problème issu de la modernité et de la «mondialisation», repoussoir ultime s’il en est.

S’il est clair que la crise des migrants pose le problème sur le devant de la scène avec une ampleur inédite, le débat sur la place des étrangers est en réalité très ancien. Les gouvernements ont toujours oscillé entre l’expulsion pure et simple et une politique visant clairement à attirer à eux autant d’étrangers que possible, parfois à travers ce que l’on appellerait aujourd’hui une «immigration choisie». L’époque contemporaine ne fait que reproduire de vieux schémas; le Moyen Âge n’a pas non plus la palme de l’originalité en la matière. Il faut seulement se rappeler que l’étranger au Moyen Âge, c’est aussi celui qui est différent, celui qui est d’une autre religion, celui qui parle une autre langue. Les étrangers sont omniprésents, et pourtant ils inquiètent, car ils sont autres…

Expulsions du XIVe siècle

Le XIVe siècle est révélateur de ces contrastes. Le début du siècle penchait déjà vers un rejet des étrangers et des minorités. Philippe le Bel, en France, avait initié une politique d’expulsion des Juifs: en 1292 puis à nouveau en 1306, les biens juifs sont confisqués, eux-mêmes sont boutés hors du Royaume de France; ils sont rappelés en 1315, mais pour être mieux expulsés ensuite en 1322. Les «Lombards», c’est à dire les marchands italiens présents en France, furent également touchés. Ils étaient riches, ils étaient étrangers: ils étaient donc suspects, et cette suspicion a pu se concrétiser à travers les mesures coercitives d’un pouvoir royal en quête d’affirmation.

En 1347 frappe un événement inattendu, qui bouleverse la société médiévale en son cœur: la Grande Peste. Les étrangers, les mauvais chrétiens ou les hérétiques, ces étrangers de l’intérieur, sont accusés d’attirer sur la communauté la colère divine. Les Juifs, en particulier, ont été victimes de ce déchaînement de peur et de violence; les émeutes, les massacres et les bûchers les ont touchés en priorité. Mais aucun étranger n’était bienvenu: on ne les connaissait pas, ils pouvaient donc être responsables de la malédiction qui s’abattait sur la communauté. La circulation des hommes véhiculait la pestilence qui se propageait dans toute l’Europe et le monde méditerranéen; l’étranger était donc par défaut celui qui apportait le malheur.

Renouveau par les étrangers

Cependant, c’est bien par les étrangers que le renouveau arriva. À cause de la peste, certaines régions perdent jusqu’aux deux-tiers de leur population. Les plus fortes années de l’épidémie créent un vide démographique qui mettra longtemps à se résorber. Au sortir de la crise, les villes, moteurs de l’économie de la fin du Moyen Âge, connaissent un manque criant de main-d’œuvre. En Italie, en particulier, où les centres tels que Florence ou Gênes ont été durement touchés, les gouvernements mettent tout en place pour combler le vide qui s’est installé. Il s’agit d’attirer des artisans qualifiés, permettant de dynamiser les secteurs productifs par l’apprentissage et l’apport de nouvelles compétences, mais pas seulement. Les dirigeants ne font pas de l’«immigration choisie»: la situation est telle qu’ils ne sont pas toujours regardants sur les compétences des nouveaux arrivants. Il s’agit d’attirer des bras, voilà tout. À Florence, les pouvoirs publics décident d’exempter de taxes tous les étrangers désireux de s’installer dans la ville pendant plusieurs années. Beaucoup d’Allemands viendront travailler ainsi dans les métiers de la laine en Toscane.

Une fois installés en ville, une fois leurs capacités productrices utilisées pour relancer l’économie, les étrangers seront à nouveau stigmatisés: au XVe siècle, on retrouve dans la littérature italienne la figure de l’Allemand séduisant de jeunes vierges italiennes, voire les enlevant ou les violant à la barbe de leurs parents qui crient vengeance. À Venise, où les Allemands sont présents dans la cordonnerie, le textile, la boulangerie, et où d’autres Italiens comme les Lucquois ont investi l’industrie de la soie, c’est leur violence que l’on dénonce. À un moment où la reprise économique est achevée, où le dynamisme est moindre, la présence étrangère en ville redevient un poids et un repoussoir.

Étranger utile, étranger violent, étranger désiré, étranger repoussé… À travers les oscillations des politiques des États et les stigmatisations, voire les flambées de violence, dont les étrangers sont victimes, il est possible de mieux comprendre les crises et les inquiétudes de ces sociétés médiévales. Mais il est également possible de remettre en perspective nos inquiétudes d’aujourd’hui, en se rappelant non seulement que nous sommes les héritiers de ces étrangers ballottés entre pays et régions, mais également que le regard que nous portons sur les étrangers n’est que le reflet de notre peur face à l’avenir.

http://www.slate.fr/

Le Saviez-Vous ► Journée Internationale des gauchers : 7 savoirs utiles (ou pas) sur les gauchers


Et bien, aujourd’hui, ce fut la Journée Internationale des gauchers, ces personnes qui comme mon petit frère ont du évoluer dans un monde de droitier, qui en bout de ligne sont peut-être plus agile que les droitiers
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Journée Internationale des gauchers : 7 savoirs utiles (ou pas) sur les gauchers

On estime à environ 15 % le nombre de gauchers en France . .

Photo : SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

VIS MA VIE – À l’occasion de la journée internationale des gauchers, metronews part à la chasse aux clichés. Voici 7 savoirs utiles (ou pas) sur les gauchers

Comme toutes les minorités, ils intriguent.. Le porte-gobelet n’est jamais du bon côté, lorsqu’ils conduisent. Ils perdent aux jeux vidéo, parce que la manette n’est pas adaptée. Se servir d’un ouvre-boîte ou du paire de ciseaux est un défi au quotidien. Pas facile d’être gaucher dans un monde où tout a été pensé pour les droitiers. Jusqu’à aujourd’hui, aucune étude scientifique n’a été capable d’expliquer cette mystérieuse différence. A l’occasion de la journée internationale des gauchers, ce jeudi 13 août, voici 7 savoirs inutiles qui entourent ce mystérieux particularisme.

► L’existence des gauchers remonte aux premiers hommes

Des archéologues ont retrouvé des outils préhistoriques et des peintures rupestres d’il y a 200.000 ans qui l’attestent. Une étude effectuée sur des bijoux indique qu’il y avait 10 % de gauchers parmi les artisans de la Rome antique.

► On peut aussi être gaucher de l’œil ou de l’oreille

Si lorsque vous regardez dans les trous de serrures ou dans le viseur d’un appareil photo en utilisant votre œil gauche, vous êtes peut être sans le savoir gaucher de l’œil. Nous avons une main et un pied avec lesquels nous sommes plus habiles, mais aussi un œil plus perçant et une oreille qui entend mieux. La raison ? Nous avons à la naissance un hémisphère du cerveau dominant : le droit pour les gauchers, le gauche pour les droitiers.

► Ils sont moins maladroits que les autres

Leur maladresse s’explique par le fait que certains objets de la vie courante sont inadaptés pour eux. Couper une feuille de papier avec une paire de ciseaux ou encore utiliser un ouvre-boîte pour ouvrir une conserve, etc. En outre, cette obligation de s’adapter au monde des droitiers développe leur habileté.

► On peut aussi trouver des gauchers dans le monde animal

Chez les primates, notamment. Mais, comme chez les êtres humains, ils sont une minorité.

► Ils sont meilleurs dans les sports d’opposition

En football, au tennis, ou bien encore en boxe et en escrime, des études ont montré que les gauchers ont un avantage par rapport à leur adversaire. L’hémisphère droit, qui commande la main gauche, est aussi celui qui gère l’habileté manuelle, la discrimination visuelle et l’évaluation des distances. Ce qui leur donne quelques millièmes de seconde d’avance dans leur temps de réaction. En outre, leur adversaire étant habitué à s’entraîner ou à jouer contre des droitiers, les gauchers peuvent facilement les surprendre.

► Les ambidextres n’existent pas

Les « ambidextres » sont donc des gauchers qui se sont habitués très tôt à se servir de leur main droite.

► Ils ont souvent plus de talents artistiques que les droitiers

Les organes situés dans la partie gauche de notre corps ne sont pas exactement les mêmes que dans la partie droite. L’hémisphère droit du cerveau (celui qui commande le côté gauche) commande les fonctions artistiques. C’est la zone des émotions, des analogies et des perceptions, tandis que l’hémisphère gauche gère davantage les fonctions liées à la logique et l’analyse.

http://www.metronews.fr/