Ça ressemble à une chenille toxique, mais c’est un oisillon (de l’Aulia cendré)


Il est étonnant de voir les techniques de protections diverses chez les espèces animales. Comme cet oisillon qui grâce à son camouflage imite une chenille très toxique
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Ça ressemble à une chenille toxique, mais c’est un oisillon (de l’Aulia cendré)

 

La couleur orange du duvet et son aspect proche du poil permet à l'oisillon de l'Aulia cendré d'imiter une chenille toxique. © Santiago David-Rivera La couleur orange du duvet et son aspect proche du poil permet à l’oisillon de l’Aulia cendré d’imiter une chenille toxique. © Santiago David-Rivera

Se faire passer pour toxique alors qu’on ne l’est pas : une forme très rare de mimétisme chez les oiseaux, pourtant observée par des biologistes sud-américains.

 

SURVIE. C’est dans la forêt tropicale humide d’Amazonie qu’une équipe de chercheurs sud-américains menée par Gustavo A. Londoño a réussi à observer la stratégie de survie mise en place par l’oisillon de l’Aulia cendré (Laniocera hypopyrrha). Les conclusions de leur étude ont été publiées dans le journal The American Naturalist.

Les scientifiques ont donc pu documenter ce qu’ils pensent être une forme de mimétisme « batésien » pratiqué par l’oisillon de l’Aulia cendré. Ce mimétisme, très rare chez les oiseaux, consiste à imiter un organisme dangereux, toxique ou particulièrement indigeste pour décourager les prédateurs. Dans le cas du petit de Laniocera hypopyrrha le mimétisme est particulièrement poussé. Car il implique un changement de l’aspect et du comportement.

Un spécimen de chenille imitée par l’oisillon de l’Aulia cendré. © Youtube / MrHawkshadow.

Une remarquable stratégie de défense

Pour décourager les prédateurs, l’oisillon arbore donc une couleur orange vif, très différente du plumage gris de ses parents. Ce camouflage lui permet de se faire passer pour une chenille de la famille des megalopygidae. Une technique efficace car la taille de l’oisillon approche celle de la chenille (environ 14 cm). Le petit de ce passereau tropical ne se contente pas d’imiter l’aspect de la chenille. Mais il effectue aussi des mouvements de la tête rappelant la façon de se déplacer de cette dernière.

Au début de la vidéo, on peut voir l’oisillon imiter les mouvements d’une chenille. © Youtube / Dano Grayson.

SEUL. De plus, afin de ne pas dévoiler sa couverture, l’oisillon évite de faire du bruit en l’absence de ses parents. Il attend un signal de leur part avant de se signaler. La remarquable stratégie de défense de l’oisillon tient en partie au fait que la période de nidification de l’Aulia cendré est longue (20 jours). En outre, la faible fréquence de nourrissage (1 fois par heure) conduit l’oisillon à rester longtemps seul et sans protection. Selon les experts, l’étonnante capacité d’imitation de l’oisillon est le résultat d’une évolution visant à réduire le pillage des nids par des prédateurs, plutôt courant dans les forêts humides.

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Les phasmes imitaient déjà les plantes au Crétacé


Un insecte que je trouve vraiment beau est le spasme, il faut avoir l’oeil aiguisé pour faire la différence entre une feuille et l’insecte qui peuvent qui sont des as en mimétisme. Le mimétisme est une stratégie adaptative d’imitation. Cela permet par exemple à une espèce d’échapper à d’éventuels prédateurs
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Les phasmes imitaient déjà les plantes au Crétacé

 

Pour survivre, les phasmes se fondent dans l’environnement en imitant des brindilles, des feuilles ou des lichens. Ce groupe d'insectes sait le faire depuis longtemps. © C.Ar Photography, Flickr, cc by nc 2.0

Pour survivre, les phasmes se fondent dans l’environnement en imitant des brindilles, des feuilles ou des lichens. Ce groupe d’insectes sait le faire depuis longtemps. © C.Ar Photography, Flickr, cc by nc 2.0

Depuis quand les phasmes pratiquent-ils le mimétisme ? Alors qu’on croyait jusqu’ici que cette propriété était née avec l’apparition des plantes à fleurs, des chercheurs viennent de découvrir un fossile de phasme datant du Crétacé inférieur.

Les phasmes sont des insectes connus pour leurs extraordinaires capacités mimétiques. Leur morphologie et leur comportement leur permettent en effet de duper les prédateurs en imitant des branches, des feuilles ou des écorces, essentiellement de plantes à fleurs. Cependant, dans le registre fossile, les espèces attribuables avec certitude au groupe des phasmes sont très rares. Jusqu’à présent, celles identifiées comme telles et datant d’avant la diversification des plantes à fleurs ne présentaient aucune adaptation mimétique.

Une équipe internationale constituée de scientifiques du CNRS vient de prouver le contraire. Elle vient de démontrer que les phasmes avaient développé la capacité d’imiter les plantes de leur environnement dès le Crétacé inférieur. Cette découverte, fondée sur l’étude d’une nouvelle espèce d’insecte fossile trouvée en Chine, est publiée dans la revue Plos One.

Le mimétisme fossilisé : à gauche, Cretophasmomima melanogramma et à droite une feuille de Membranifolia admirabilis.
Le mimétisme fossilisé : à gauche, Cretophasmomima melanogramma et à droite une feuille de Membranifolia admirabilis. © MNHN/ O. Béthoux et F. Jacques

Des phasmes avant les plantes à fleurs

Trois spécimens appartenant à une nouvelle espèce fossile dénommée Cretophasmomima melanogramma ont été découverts dans le célèbre gisement de Jehol, des terrains chinois datant du Crétacé inférieur. Grâce à l’identification sur ces spécimens d’épaulettes qui recouvrent la base des ailes postérieures au repos, les chercheurs ont démontré avec certitude que cette espèce appartient au groupe des phasmes.

En outre, ils ont également établi que C. melanogramma présentait un patron de coloration particulier des ailes, composé d’étroites bandes longitudinales sombres. Ce caractère, propre à l’espèce, suggère que la feuille de Membranifolia admirabilis, provenant du même gisement et présentant des bandes sombres similaires, devait être utilisée par C. melanogramma comme modèle pour se dissimuler.

Cette découverte démontre que l’imitation de parties de plantes a débuté très tôt chez les phasmes, bien avant la diversification des plantes à fleurs. La diversification d’oiseaux et de mammifères arboricoles insectivores à cette période a pu déclencher l’acquisition de ce type de défense primaire.

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