Un nouvel antibiotique venu de l’océan


Il y a de plus en plus d’infections qui autrefois était facilement guérissable, mais qu’avec le temps sont devenues résistantes aux antibiotiques. Il semble que la mer pourra donner un répit avec la découverte de bactéries marines qui pourraient venir a bout de certaines infections résistantes
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Un nouvel antibiotique venu de l’océan

 

L’anthracimycine, un nouveau composé chimique aux propriétés antibiotiques remarquables, a été découvert dans des microorganismes vivant au large des côtes de la Californie et s’avérerait efficace contre des bactéries devenues résistantes aux antibiotiques connus.

Les chercheurs avancent que l’anthracimycine pourrait être employée contre l’anthrax, une bactérie qui peut être utilisée comme arme biologique, et le SARM, une bactérie multirésistante très commune au sein de la population.

Contexte

Les antibiotiques sont des molécules naturelles ou semi-synthétiques fabriquées par les champignons et les bactéries pour éliminer les microbes concurrents. Ils sont largement utilisés dans le domaine médical pour lutter contre les infections, depuis leur découverte à la fin des années 1920.

La médecine assiste depuis quelques années à l’émergence de bactéries multirésistantes aux antibiotiques. C’est en raison de mutations génétiques spontanées que les bactéries deviennent résistantes à l’un ou l’autre des différents mécanismes d’attaque des antibiotiques. Ce phénomène, véritable impasse thérapeutique, rend le succès du traitement des infections de plus en plus aléatoire.

Cette réalité inquiète les professionnels de la santé, particulièrement en milieu hospitalier, où des bactéries multirésistantes sont à l’origine des infections nosocomiales.

Lauren Paul et William Fenical, deux des principaux chercheurs qui ont participé aux travauxLauren Paul et William Fenical, deux des principaux chercheurs qui ont participé aux travaux Photo :  Scripps Institution of Oceanography

Le composé découvert par l’équipe américaine a été extrait de bactéries de type Streptomyces (Actinobactéries) présentes dans les sédiments de l’océan Pacifique. Les échantillons ont été prélevés près de la côte de Santa Barbara, en Californie.

William Fenical, premier auteur de l’étude et chercheur à l’Institut d’océanographie Scripps à San Diego, explique que c’est la structure de l’anthracimycine qui en fait un composé si différent des autres classes d’antibiotiques.

« La découverte de nouveaux composés chimiques est en fait très rare. Mais ces travaux s’ajoutent à plusieurs autres qui montrent que les bactéries marines sont uniques des points de vue génétique et chimique. »— William Fenical, professeur à l’Institut d’océanographie Scripps à San Diego

Des tests en laboratoire ont montré que l’anthracimycine pouvait venir à bout de l’anthrax et du SARM. La découverte laisse à penser que les océans, dont les profondeurs demeurent pour la plupart inexplorées, regorgent de ressources de la sorte qui pourraient être utiles à la médecine.

Les résultats sont publiés dans la revue allemande Angewandte Chemie.

Qu’est-ce que le SARM?

Le Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM) est une infection bactérienne qui résiste aux antibiotiques de type méthicilline. Ce staphylocoque, parfois tout simplement appelé « staphylocoque doré » ou S. aureus, est une bactérie commune que l’on trouve généralement sur la peau de personnes en bonne santé. Si le staphylocoque doré pénètre dans le corps, il peut par contre causer des infections cutanées légères, telles que des furoncles ou des boutons, ou des infections graves, comme une pneumonie ou une bactériémie.

On utilise couramment la méthicilline pour traiter les infections dues au staphylocoque doré. Bien qu’elle soit très efficace dans le traitement de la plupart de ces infections, certaines souches de S. aureus ont développé une résistance à la méthicilline et ne meurent plus au contact de cet antibiotique, d’où l’expression Staphylococus aureus résistant à la méthicilline ou SARM.

Les centres hospitaliers demeurent toujours la principale source d’infection au SARM

(Source: Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail)

http://www.radio-canada.ca

Les germes: ennemis ou amis?


Il est vrai qu’il y a beaucoup d’informations et de produits pour lutter contre les microbes, les épidémies mais comme plusieurs disent il ne faut pas être obsédés par les microbes. Car trop aseptisé, on fini par affaiblir le système immunitaire. Mais personnellement, j’ai horreur de voir des gens sortir des toilettes public sans se laver les mains ou tousser et éternuer sans protéger leur bouche et leur nez
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Les germes: ennemis ou amis?

 

ILLUSTRATION RACHEL HOTTE, LA PRESSE

Sophie Allard
La Presse

Ils sont parfois mortels. Mais très souvent inoffensifs. Les germes sont présents par milliards dans la maison, de l’évier à l’oreiller. On tente d’exterminer ces organismes invisibles à l’oeil nu avec une panoplie d’armes en pulvérisateur, toutes plus efficaces les unes que les autres, prétendent les fabricants. Mais peut-on et doit-on les éliminer?

«On est tombés dans l’excès. On veut plus que la propreté, on veut la stérilité. Au Japon, on prétend vendre des pianos avec clavier imprégné d’antibiotiques antiseptiques. On nous propose des jouets avec antibactériens. On nous dit qu’il faut passer notre maison au lance-flammes, sinon on va crouler sous les bactéries», lance Karl Weiss, microbiologiste à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont. La grippe H1N1 a exacerbé cette peur irraisonnée des maladies infectieuses. «On a réalisé que, même en santé, on est tous vulnérables», dit-il.

«On a peur des germes depuis que le microscope existe, note Jacques Goulet, professeur au Département des sciences des aliments et de nutrition à l’Université Laval. On a de la difficulté à se faire à l’idée que des organismes aussi petits et nombreux soient partout dans notre environnement.»

Qu’est-ce qu’un germe? C’est un microorganisme: une bactérie, un virus, une mycose ou un parasite.

Selon l’Agence de santé publique du Canada, «les bactéries représentent 60% des matières vivantes sur la terre et elles sont présentes presque partout dans notre environnement».

Seulement près de 50 des milliards de bactéries recensées sont infectieuses, pathogènes. Comme les staphylocoques, listeria, salmonelles et E. coli.

«Les virus sont à l’origine d’un nombre beaucoup plus grand de maladies que les bactéries nuisibles parce qu’ils se propagent plus rapidement.»

Les virus les plus contagieux, comme le rhume, sont embêtants mais pas bien dangereux.

«Une hygiène de base est essentielle, mais on ne doit surtout pas chercher à aseptiser la maison», dit Karl Weiss.

Où se cachent les germes? Dans l’évier de la cuisine, sur l’éponge humide et dans la salle de bains. Mais aussi sur le clavier d’ordinateur, la télécommande, le téléphone et les poignées de porte.

«S’en débarrasser est peine perdue, il en restera toujours un peu, dit Jacques Goulet. Quand il y a 100 millions de germes sur une surface, même si on en tue 99,9% avec un désinfectant, il en reste encore beaucoup. Une bactérie se dédouble toutes les 30 minutes et ces organismes forment un film biologique protecteur. Il devient ensuite difficile de les déloger avec des produits chimiques. Mieux vaut miser sur la prévention.»

Comment?

«On lave les surfaces avec du savon et de l’eau chaude, dit Karl Weiss. Dans les cas extrêmes, par exemple lorsque survient une gastroentérite, on désinfecte avec un peu d’eau de Javel. Si vous cuisinez les mains propres et que vous lavez vos comptoirs immédiatement après, vous avez fait l’essentiel.»

Pour éviter la contamination, on lave ses mains dès son arrivée à la maison et avant de manger.

Jacques Goulet recommande de verser quelques gouttes de jus de citron sur le linge de table et de le changer fréquemment.

«Lorsqu’un linge humide commence à sentir, c’est qu’il y a 1 million de bactéries par centimètre carré ou gramme. L’éponge, c’est le paradis des bactéries!» On peut mettre le linge au lave-vaisselle ou au microondes une minute pour détruire les microbes.

Dans la salle de bains, on baisse le couvercle de la cuvette avant de tirer la chasse d’eau. Les bactéries qui s’échappent peuvent atterrir à six mètres! On change régulièrement sa brosse à dents, on la pose tête vers le haut. On désinfecte le support une fois par mois.

«La salle de bains est un bouillon de culture pour les germes, que l’on nettoie régulièrement ou non», dit Jacques Goulet.

Pourtant, mieux vaut nettoyer avec modération.

 «En présence de germes, notre système immunitaire est stimulé et devient plus efficace», dit Karl Weiss.

Les enfants exposés à des bactéries réduiraient leurs risques de souffrir plus tard d’allergies, d’asthme et même de la maladie de Crohn. Comme quoi un peu de saleté ne fait pas de mal…

49: Germes par pouce carré sur un siège de toilettes

10 000: Germes par pouce carré dans une éponge de cuisine

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