Trois jours dans la peau d’un chasseur-cueilleur vont-ils améliorer mon microbiote?


Une expérience de vie qui a dut être très intéressante à vivre. 3 jours avec les derniers chasseurs-cueilleurs de la planète en Tanzanie. Vérifié si ce mode vie permet à une meilleure santé intestinale. Il semble que oui par une augmentation de la diversité microbienne. On ne peut pas vivre partout ce genre d’expérience, mais nous pouvons diversifier notre alimentation pour rechercher de meilleurs aliments qui seraient rassasiant et aiderait à prévenir l’obésité et autres maladies
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Trois jours dans la peau d’un chasseur-cueilleur vont-ils améliorer mon microbiote?

 

Les Hadza, qui vivent en Tanzanie, ont l'une des flores intestinales les plus riches à travers la planète I Jeff Leach

Les Hadza, qui vivent en Tanzanie, ont l’une des flores intestinales les plus riches à travers la planète I Jeff Leach

Tim Spector

Plus votre flore intestinale est riche et diverse, moins vous avez de chance de tomber malade.

De plus en plus d’indices suggèrent que, plus votre flore intestinale est riche et diverse, moins vous avez de chance de tomber malade. Le régime alimentaire est la clé pour maintenir cette diversité. Cela fut démontré de manière frappante lorsque mon fils Tom, étudiant britannique, imita pour les besoins de la science le réalisateur du documentaire Super Size Me en suivant un régime purement McDonald’s. Au bout de seulement quatre jours, le nombre de ses microbes bénéfiques avait significativement baissé.

Des résultats similaires ont été obtenus dans des études plus larges, à la fois chez l’homme et chez l’animal.

Votre microbiote intestinal est constitué d’une vaste communauté de milliards de milliards de bactéries ayant une influence majeure sur votre métabolisme ainsi que sur votre système immunitaire et votre humeur. Ces bactéries et champignons colonisent chaque recoin de votre tube digestif. Leur diversité, reflétant le nombre et la richesse en espèces différentes, est le meilleur indicateur de votre santé intestinale globale. La majeure partie des 1 à 2 kilos de cet «organe microbien» est situé dans votre colon (la partie la plus importante de votre gros intestin).

Nous observons les plus gros changements microbiens chez les personnes suivant un régime alimentaire peu sain, avec un microbiote instable et d’une faible diversité. Ce que nous ne savions pas, c’était si un microbiote sain et stable peut être amélioré en seulement quelques jours. L’opportunité de tester cette hypothèse d’une manière peu habituelle s’est présentée quand mon collègue Jeff Leach m’invita à une expédition de terrain en Tanzanie, où il vivait et travaillait chez les Hadza, un des derniers groupes de chasseurs-cueilleurs du continent africain.

Chasseurs de la tribu Hadza. Jeff Leach, Author provided

Direction la Tanzanie

Mon microbiote est plutôt sain actuellement et, parmi les premières centaines d’échantillons que nous avions testés dans le cadre d’un précédent projet, celui de l’entreprise de test du microbiote MapMyGut, j’avais la plus grande diversité au niveau intestinal. Une grande diversité est associée à un faible risque d’obésité et d’autres nombreuses maladies. Les Hadza ont une des diversités les plus riches de la planète.

La méthodologie de recherche fut conçue par Jeff qui me suggéra de me nourrir exclusivement comme un chasseur-cueilleur pendant trois jours, lors de mon séjour dans son camp. Je devais évaluer mes microbes intestinaux avant, pendant et après mon séjour en Tanzanie. Je n’avais pas le droit de me laver ou d’utiliser des lingettes désinfectantes. De plus, on attendait de moi que je chasse et cueille le plus possible avec les Hadza. Cela impliquait de se trouver au contact du caca des bébés Hazda et des babouins traînant aux alentours.

Pour nous aider à faire des enregistrements lors du séjour, j’étais accompagné de Dan Saladino, l’intrépide présentateur et producteur de l’émission de cuisine de la radio britannique BBC 4, qui préparait une émission spéciale sur les «microbes Hadza».

Après un vol long et épuisant jusqu’à l’aéroport Mont Kilimandjaro en Tanzanie, nous restâmes une nuit à Arusha, une ville au nord du pays. Avant de partir, le matin suivant, je produisis mon échantillon de caca de référence.

Suite à un voyage de huit heures dans un Land Rover sur des chemins cahoteux, nous arrivâmes. Depuis le sommet d’un grand rocher, Jeff nous fit signe de nous rapprocher pour observer, sur le lac Eyasi, le plus beau lever de soleil au monde. Là, au milieu des roches du célèbre site de fossiles des gorges d’Olduvai, avec en ligne de mire les plaines du Serengeti, Jeff nous expliqua que nous ne serions jamais plus proches du berceau du genre Homo.

Un régime vieux de millions d’années

Les Hadza recherchent les mêmes animaux et les mêmes plantes que les humains ont chassés et ramassés pendant des millions d’années. Il est à noter que le tango dansé entre l’humain et les microbes depuis une éternité a probablement dessiné notre système immunitaire actuel et nous a construit tel que nous sommes aujourd’hui. Être sur la terre des Hadza avait donc un sens primordial pour moi.

À la différence des Hadza qui dorment auprès du feu ou dans des huttes en herbe, on m’avait donné une tente et dit de bien la fermer à cause des scorpions et des serpents. Je devais être attentif à l’endroit où je marchais si j’avais une envie nocturne pressante. Après une nuit riche en émotions mais peu reposante, une grosse pile de cosses de baobabs cueillies pour mon petit déjeuner m’attendait.

Le fruit du baobab est la pierre angulaire du régime Hadza, rempli de vitamines, de graisse dans ses graines, et bien sûr, d’une dose significative de fibres. Nous étions entourés de baobabs, s’étendant à perte de vue. Leur fruit a une coque similaire à la noix de coco mais la leur se brise facilement pour révéler une chair blanchâtre autour d’un gros noyau riche en graisse. La haute teneur en vitamine C donnait un goût de citron plutôt inattendu.

Les Hadza ont mixé les parties charnues avec de l’eau puis ont mélangé vigoureusement pendant deux à trois minutes avec un bâton jusqu’à obtenir une mélasse épaisse et laiteuse. Celle-ci fut ensuite filtrée tant bien que mal pour couler dans une tasse pour mon petit déjeuner. Ce fut, à ma grande surprise, plaisant et rafraîchissant. Comme je n’étais pas sûr de ce que j’allais manger d’autre en ce premier jour, j’en pris deux tasses et me sentis tout à coup totalement repu.

«Un peu comme si j’avais mastiqué du céleri dur et terreux»

Mon encas suivant fut composé de baies sauvages provenant des nombreux arbres entourant le camp –les plus communes étant les baies de Kongorobi. Celles-ci, rafraîchissantes et légèrement sucrées, contiennent vingt fois plus de fibres et de polyphénols que les baies cultivées. Elles me garantissaient un puissant carburant pour mon microbiote intestinal. On me proposa ensuite un déjeuner à base de tubercules à haute concentration en fibres, déterrées et jetées dans le feu par les femmes de la tribu. Ce fut plus difficile à manger –un peu comme si j’avais mastiqué du céleri dur et terreux. Je n’ai pas demandé une seconde portion mais n’ai pas non plus eu faim, sans doute grâce à mon petit déjeuner riche en fibres. Personne ne sembla s’intéresser à un éventuel dîner.

Des femmes Hadza font légèrement griller des tubercules riches en amidon et en fibres. Jeff Leach, Author provided

Quelques heures plus tard on nous demanda de nous joindre à une partie de chasse pour débusquer des porcs-épics –une gourmandise rare. Même Jeff, durant ses quatre ans passés à travailler sur le terrain, n’en avait jamais goûté.

Deux porcs-épics de 20kg chacun furent traqués de nuit jusqu’au fond des galeries qu’ils avaient creusées pour s’approcher d’une termitière. Après plusieurs heures passées nous-mêmes à creuser –en évitant soigneusement leurs épines, aussi coupantes que des lames de rasoir– les deux animaux furent ramenés à la surface. Un feu fut allumé. Les épines, la peau et les organes importants furent disséqués d’une manière experte, puis le cœur, le foie et les poumons cuisinés et mangés aussitôt.

Un chasseur Hadza retourne au camp avec un porc-épic dépecé jeté sur son épaule. Jeff Leach, Author provided

Peu de temps à chercher à manger

Le reste des grasses carcasses fut ramené au camp pour un repas commun. Cela avait un goût de cochon de lait. Nous avons eu un menu similaire les deux jours suivants, avec un plat principal composé de damans –un étrange animal à fourrure et à sabots, ressemblant à un cochon d’Inde, pesant environ 4kg– un cousin de l’éléphant, aussi étonnant que cela paraisse.

Notre dessert, récolté en haut d’un baobab, fut le meilleur miel que j’aurais pu imaginer – avec, en bonus, un rayon de miel plein de protéines et de graisses provenant des larves d’abeilles. La combinaison du gras et du sucre rendit notre dessert le plus dense en énergie que l’on puisse trouver dans la nature. Il a sans doute pu rivaliser avec la découverte du feu quant à son importance au titre de l’évolution.

Sur les terres Hadza, rien n’est gâché ou tué sans raison. Cela dit, les membres de la tribu mangent une incroyable variété de plantes et d’animaux (environ 600, la plupart étant des oiseaux) par rapport à nous, en Occident. Ce qui m’étonna le plus, était le peu de temps qu’ils passaient à chercher de la nourriture. Quelques heures par jour leur suffisaient –aussi simple que d’aller au supermarché. Quelle que soit la direction où vous alliez, il y avait de la nourriture au-dessus, sur, et en dessous du sol.

Une énorme augmentation de la diversité microbienne

Vingt-quatre heures plus tard, Dan et moi étions de retour à Londres, lui avec ses précieuses cassettes audio et moi avec mes échantillons de caca chéris. Après en avoir produit quelques un de plus, je les envoyai au laboratoire pour analyse.

Les résultats montrèrent des différences claires entre l’échantillon de départ et celui produit après trois jours de mon régime de glaneur. La bonne nouvelle était que ma diversité microbienne intestinale avait augmenté d’un incroyable 20%, avec des microbes africains totalement nouveaux, par exemple ceux de l’espèce phylum Synergistetes.

La mauvaise nouvelle fut qu’au bout de quelques jours, mon microbiote revient vers qu’il était avant mon voyage. Mais nous avions appris quelque chose d’important. Votre régime et votre santé intestinale peuvent être bon, mais ils ne le seront jamais autant que ceux de nos ancêtres. Chacun devrait faire l’effort d’améliorer sa santé intestinale grâce à un régime et un style de vie plus sauvage. Être plus aventurier dans notre cuisine quotidienne, se reconnecter à la nature et la vie microbienne qui lui est associée, pourrait être la seule chose dont nous ayons besoin !

http://www.slate.fr/

6 règles d’or pour que votre cerveau continue de fabriquer de nouveaux neurones


Peu importe l’âge que nous avons, des neurones meurs alors que d’autres sont en fabrication. Il y a quand même des conditions pour améliorer cette fabrique de neurones. Elles sont simples, comme une bonne alimentation, activité physique, voir des gens, apprendre des choses utiles etc ..
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6 règles d’or pour que votre cerveau continue de fabriquer de nouveaux neurones

 

Cerveau : 6 règles d'or pour continuer à fabriquer des neurones

Représentation d’un neurone sur fond noir.

© SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Par Stéphane Desmichelle

Saviez-vous que, à n’importe quel âge, votre cerveau a le pouvoir de fabriquer en permanence de nouveaux neurones ? A condition de respecter quelques principes.

La production de nouveaux neurones ne s’arrête jamais. Des chercheurs ont observé que dans une région du cerveau impliquée dans la formation des souvenirs et la gestion des émotions – l’hippocampe -, les anciens neurones étaient remplacés par d’autres, fraîchement produits à partir de cellules souches. Et chacun de nous aurait ce potentiel, quel que soit notre âge. Rassurant. Sauf que, d’après le Pr Pierre-Marie Lledo, lors de la deuxième édition du colloque S3 Odéon, les expériences chez les souris ont montré que cette capacité pouvait diminuer, voire même disparaître (en cas de stress) selon l’environnement. Au contraire, dans un environnement adapté, la neurogenèse chez les rongeurs a été multipliée par trois en quelques semaines. Le directeur du département de neurosciences à l’institut Pasteur nous livre six principes à respecter pour conserver un cerveau jeune jusqu’à la fin de ses jours.

1. Fuir la routine

Le cerveau se nourrit du changement. En effet, la stimulation provoquée par le changement entraîne les cellules souches à produire de nouveaux neurones. Il faut, selon Pierre-Marie Lledo, fuir la routine, « respecter la libido sciendi, c’est-à-dire la soif de comprendre et d’apprendre ».

2. Lutter contre l’infobésité

Le cerveau est malléable et l’information invite directement les circuits à se régénérer. En revanche, la question à se poser est : quelle information ? L’écosystème numérique dans lequel nous vivons entraîne une avalanche d’informations certes… Trop selon le médecin.

« L’information qui nous fait juste savoir est absolument délétère, et n’incite pas le cerveau à produire de nouveaux neurones. Bien au contraire, ce dernier, bombardé d’informations, est alors condamné à l’anxiété ».

Concrètement, il est indispensable de trier cette information : choisir l’utile, celle qui nous fait comprendre, et se débarrasser de la futile, celle qui nous fait juste savoir.

3. Bannir anxiolytiques et somnifères

L’objectif des anxiolytiques et des somnifères est d’empêcher le cerveau, celui qui cherche à comprendre, de fonctionner. Leur consommation permet de mettre le cerveau en « marche automatique ». Leur utilisation chronique est donc une entrave à la production de nouveaux neurones.

4. Bouger !

« Il nous faut lutter contre la sédentarité car la science nous dit que, en cas d’activité physique, les muscles produisent des susbtances chimiques (nommés facteurs trophiques) qui, par voie sanguine, viendront agir sur le cerveau et particulièrement sur la niche de cellules souches », explique le Pr Lledo.

Il existe donc une corrélation directe entre activité musculaire et production de nouveaux neurones.

5. Cultiver l’altérité

Certaines parties de notre cerveau, que nous ne pouvons pas contrôler, ne sont engagées que lorsque ne nous sommes exposé à autrui.

« C’est ce qu’on appelle globalement le cerveau social, ajoute le médecin. Plus vous allez cultiver votre altérité, et plus vous allez soigner votre cerveau car il sera enclin à produire plus de nouveaux neurones ».

6. Soigner le microbiote

Très récemment, les neurosciences, associées avec la microbiologie, ont montré qu’il y a une flore intestinale qui communique en permanence avec notre cerveau. Notre régime alimentaire a donc un rôle important : la consommation de fibres, un régime varié, incitent à la prolifération de certaines espèces bactériennes concourant justement à la prolifération de neurones. A l’inverse, une nourriture peu variée, riche en sucres, en graisses, favorise la prolifération d’espèces bactériennes qui ne permettront plus aux cellules de produire de nouveaux neurones, quel que soit l’âge.

https://www.sciencesetavenir.fr/

Le microbiote intestinal dicte-t-il notre humeur et nos comportements?


On dit souvent que l’intestin est notre deuxième cerveau ! Il semble que les recherches des microbiotes laisse à penser qu’ils auraient un rôle important sur notre santé mentales et certaines maladies comme l’autisme, la schizophrénie … Si leurs hypothèses sont positives cela changerait beaucoup dans les traitements
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Le microbiote intestinal dicte-t-il notre humeur et nos comportements?

 

Humeur du matin | Petit Louis via Flickr CC License by

Humeur du matin | Petit Louis via Flickr CC License by

Guillaume Fond

La recherche sur le rôle du microbiote et son influence sur nos comportements en est à ses balbutiements.

Les scientifiques commencent seulement à prendre véritablement la mesure du rôle de notre microbiote, ces innombrables micro-organismes qui vivent sur et dans notre corps. Le tube digestif abrite à lui seul plus de 10.000 milliards de bactéries –majoritairement anaérobies, c’est-à-dire qui n’ont pas besoin d’oxygène pour vivre. Sans compter les virus, les levures et les champignons. L’influence du microbiote de l’intestin sur la régulation de nos fonctions vitales aurait ainsi été considérablement sous-estimé jusqu’à la publication des travaux décisifs de ces cinq dernières années.

La découverte la plus frappante est sans doute celle de liens entre les perturbations de cette flore intestinale et des troubles psychiatriques comme l’anxiété, la dépression, les troubles bipolaires, la schizophrénie, ou encore un trouble neurodéveloppemental comme l’autisme. Il est trop tôt, à ce stade, pour affirmer qu’il s’agit d’une cause, et non pas d’une conséquence de ces troubles. Néanmoins, l’hypothèse selon laquelle la communauté microbienne abritée par notre intestin détermine en partie notre humeur et nos comportements mérite d’être étudiée. Si elle venait à être confirmée, cela ouvrirait des perspectives de prévention ou de traitement inédites en santé mentale.

Les trois premières années de la vie, période clé

Le microbiote intestinal se forme au cours des trois premières années de la vie. Il reste ensuite relativement stable au cours de la vie mais peut être transitoirement modifié, par exemple par un nouveau régime alimentaire, une infection intestinale ou un traitement antibiotique. Le rôle de cet écosystème est fondamental dans la motricité intestinale, c’est-à-dire la progression des aliments dans le système digestif. Il l’est aussi dans le développement du système immunitaire, protégeant l’individu contre l’agression de certaines pathogènes. Il l’est, enfin, dans le système métabolique, participant à la digestion, influençant l’absorption et la distribution des nutriments voire, en cas de maladie, des médicaments.

On estime actuellement que 90% des maladies pourraient avoir un lien avec des perturbations du microbiote, les unes causant les autres ou inversement. On parle de « dysbiose », pour des situations dans lesquelles une altération de la biodiversité du microbiote peut occasionner des effets négatifs pour l’individu. La « paucibiose » fait référence à la perturbation quantitative du microbiote, c’est-à-dire une baisse du nombre total de bactéries, indépendamment du nombre d’espèces différentes.

Les effets de telles perturbations sur les comportements ont été mis en évidence, pour l’instant, par des études sur des modèles animaux. Ainsi des chercheurs ont fait naître des rats par césarienne, dans des conditions stériles, pour qu’ils aient le moins de contacts possible avec des micro-organismes présents chez leur mère ou dans l’environnement. Ces rongeurs développent rapidement des troubles comportementaux évoquant des maladies psychiatriques: le repli sur soi, une perte de poids, des troubles du sommeil, de l’anxiété, la perte de l’hygiène voire des automutilations.

Or ces troubles s’avèrent réversibles si on administre à ces mêmes rats des probiotiques (des bactéries bonnes pour leur santé) au cours des six premières semaines de leur vie. Au-delà, les troubles deviennent irréversibles, suggérant que le microbiote joue un rôle crucial dans la période de développement du système nerveux central.

Comment le microbiote influence le cerveau

Qu’en est-il chez l’homme? Notre microbiote peut influencer notre cerveau par plusieurs voies. Il peut modifier la perméabilité intestinale (c’est-à-dire le passage des molécules à travers la paroi de l’intestin vers la circulation sanguine et de là vers le cerveau), moduler l’inflammation au niveau de l’intestin et dans le sang, l’absorption de nutriments bénéfiques ou essentiels pour le cerveau, et influencer le système nerveux autonome responsable des réactions d’éveil et de fuite. Ces phénomènes semblent être à l’œuvre dans plusieurs types de troubles.

À ce jour, les chercheurs ont surtout étudié le lien entre la perturbation du microbiote intestinal et l’autisme, un trouble neurodéveloppemental caractérisé par la diminution des interactions sociales et de la communication, avec des comportements stéréotypés et répétitifs. L’autisme s’accompagne très fréquemment de troubles digestifs. Les enfants autistes, comparés aux non-autistes, auraient dix fois plus de bactéries de type Clostridium, une augmentation des Bacteroidetes et Desulfovibrio, et une diminution des Firmicutes et Bifidobacterium.

Une augmentation de la perméabilité intestinale (l’intestin jouant moins bien son rôle de filtre retenant les pathogènes) a également été décrite dans l’autisme, ainsi qu’une élévation de marqueurs d’inflammation dans le sang. De nombreuses autres anomalies au niveau de la paroi de l’intestin et de la composition des selles chez ces enfants ont également été rapportées.

Le syndrome de l’intestin irritable associé à l’anxiété

À l’inverse, des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, comme le syndrome de l’intestin irritable, sont associées à des taux très élevés d’anxiété et de dépression. De tels taux ne sont pas retrouvés dans d’autres maladies chroniques non-inflammatoires pourtant tout aussi difficiles à vivre au quotidien.

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Schéma de l’intestin. William Crochot/Wikimedia, CC BY-SA

Chez les patients souffrant de troubles dépressifs majeurs, une faible sécrétion d’acide gastrique a été rapportée. Cette diminution de l’acidité gastrique a été associée à la croissance (réversible) du microbiote au niveau de l’intestin grêle, ce qui peut entraîner des troubles digestifs, une augmentation de la perméabilité intestinale, de la malabsorption des nutriments, des épisodes de diarrhée ou de constipation.

Une autre observation plaide en faveur du rôle du microbiote intestinal dans la régulation ou le déclenchement des troubles anxio-dépressifs. Des bactéries sécrètent des substances qui sont aussi des neurotransmetteurs, c’est-à-dire des composés chimiques produits par les neurones pour agir comme messager en direction des autres neurones. Ainsi, certaines souches de Lactobacillus et de Bifidobacterium produisent de l’acide gamma-amino-butyrique (GABA). Les genres Escherichia, Bacillus, et Saccharomyces produisent de la noradrénaline ; Candida, Streptococcus, Escherichia, et Enterococcus produisent de la sérotonine ; alors que Bacillus et Serratia peuvent produire de la dopamine. Tous ces neurotransmetteurs jouent un rôle majeur dans les mécanismes de la dépression.

La schizophrénie et les troubles bipolaires, des maladies psychiatriques chroniques sévères, ont également fait l’objet de travaux. Une étude récentes’est intéressée aux marqueurs de translocation bactérienne anormale, des molécules qui, en temps normal, doivent être trouvées seulement à l’intérieur de l’intestin. Quand ces molécules sont trouvées dans le sang, cela peut être le signe d’une augmentation de la perméabilité de l’intestin. Ce phénomène a précisément été observé chez des personnes touchées par ces deux maladies.

La recherche sur le rôle du microbiote et son influence sur nos comportements en est à ses balbutiements. Ce champ de recherche apparaît aujourd’hui comme un possible chaînon manquant pour expliquer comment se déclenchent ou perdurent certaines maladies mentales. Des probiotiques, des prébiotiques (des substrats favorisant la croissance de souches de bactéries bénéfiques) et des approches nutritionnelles spécifiques sont utilisés actuellement dans certaines pathologies intestinales. Pourraient-ils trouver, un jour, une utilité dans le domaine de la santé mentale? De nouvelles études seront nécessaires avant de pouvoir confirmer, ou infirmer, l’efficacité de telles interventions.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

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6 règles d’or pour que votre cerveau continue à fabriquer de nouveaux neurones


Notre cerveau ne demande pas mieux que de rester alerte malgré les années. Pour ce faire, nous avons besoin d’en prendre soin pour fabriquer de nouveaux neurones. Un bon équilibre de vie est donc un objectif peut importe l’âge
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6 règles d’or pour que votre cerveau continue à fabriquer de nouveaux neurones

 

Représentation d'un neurone sur fond noir. © SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Représentation d’un neurone sur fond noir. © SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Par Stéphane Desmichelle

Saviez-vous que, à n’importe quel âge, votre cerveau a le pouvoir de fabriquer en permanence de nouveaux neurones ? A condition de respecter quelques principes.

La production de nouveaux neurones ne s’arrête jamais. Des chercheurs ont observé que dans une région du cerveau impliquée dans la formation des souvenirs et la gestion des émotions – l’hippocampe -, les anciens neurones étaient remplacés par d’autres, fraîchement produits à partir de cellules souches. Et chacun de nous aurait ce potentiel, quel que soit notre âge. Rassurant. Sauf que, d’après le Pr Pierre-Marie Lledo, qui s’est exprimé lors de la deuxième édition du colloque S3 Odéon, les expériences chez les souris ont montré que cette capacité pouvait diminuer, voire même disparaître (en cas de stress) selon l’environnement. Au contraire, dans un environnement adapté, la neurogenèse chez les rongeurs a été multipliée par trois en quelques semaines. Le directeur du département de neurosciences à l’institut Pasteur nous livre six principes à respecter pour conserver un cerveau jeune jusqu’à la fin de ses jours.

1. Fuir la routine

Le cerveau se nourrit du changement. En effet, la stimulation provoquée par le changement entraîne les cellules souches à produire de nouveaux neurones.

 Il faut, selon Pierre-Marie Lledo, fuir la routine, « respecter la libido sciendi, c’est-à-dire la soif de comprendre et d’apprendre ».

2.Lutter contre l’infobésité

Le cerveau est malléable et l’information invite directement les circuits à se régénérer. En revanche, la question à se poser est : quelle information ? L’écosystème numérique dans lequel nous vivons entraîne une avalanche d’informations certes… Trop selon le médecin.

« L’information qui nous fait juste savoir est absolument délétère, et n’incite pas le cerveau à produire de nouveaux neurones. Bien au contraire, ce dernier, bombardé d’informations, est alors condamné à l’anxiété ».

Concrètement, il est indispensable de trier cette information : choisir l’utile, celle qui nous fait comprendre, et se débarrasser de la futile, celle qui nous fait juste savoir.

3. Bannir anxiolytiques et somnifères

L’objectif des anxiolytiques et des somnifères est d’empêcher le cerveau, celui qui cherche à comprendre, de fonctionner. Leur consommation permet de mettre le cerveau en « marche automatique ». Leur utilisation chronique est donc une entrave à la production de nouveaux neurones.

4. Bouger !

« Il nous faut lutter contre la sédentarité car la science nous dit que, en cas d’activité physique, les muscles produisent des susbtances chimiques (nommés facteurs trophiques) qui, par voie sanguine, viendront agir sur le cerveau et particulièrement sur la niche de cellules souches », explique le Pr Lledo.

Il existe donc une corrélation directe entre activité musculaire et production de nouveaux neurones.

5. Cultiver l’altérité

Certaines parties de notre cerveau, que nous ne pouvons pas contrôler, ne sont engagées que lorsque ne nous sommes exposé à autrui.

C’est ce qu’on appelle globalement le cerveau social, ajoute le médecin. Plus vous allez cultiver votre altérité, et plus vous allez soigner votre cerveau car il sera enclin à produire plus de nouveaux neurones ».

6. Soigner le microbiote

Très récemment, les neurosciences, associées avec la microbiologie, ont montré qu’il y a une flore intestinale qui communique en permanence avec notre cerveau. Notre régime alimentaire a donc un rôle important : la consommation de fibres, un régime varié, incitent à la prolifération de certaines espèces bactériennes concourant justement à la prolifération de neurones. A l’inverse, une nourriture peu variée, riche en sucres, en graisses, favorise la prolifération d’espèces bactériennes qui ne permettront plus aux cellules de produire de nouveaux neurones, quel que soit l’âge.

Et le Pr Lledo de conclure sur une maxime de Goethe :

« Traiter les gens comme s’ils étaient ce qu’ils devraient être et vous les aiderez à devenir ce qu’ils peuvent être ».

A méditer…

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Le syndrome de la fatigue chronique serait dû… aux bactéries intestinales


Une nouvelle piste semble prometteuse pour ceux qui souffrent de fatigue chronique. En ce syndrome ne serait pas psychologique, mais bien biologique, donc si les chercheurs sont sur la bonne voie, des traitements mieux adaptés pour les personnes atteintes
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Le syndrome de la fatigue chronique serait dû… aux bactéries intestinales

L’intestin: une piste pour mieux diagnostiquer la maladie

Photo : Martin Lee/REX Shutters/SIPA

FATIGUE INTENSE – La maladie n’aurait pas une cause psychologique mais biologique selon une nouvelle étude. Une découverte qui pourrait faciliter le diagnostic et améliorer la prise en charge.

Le syndrome de la fatigue chronique est une maladie complexe et mystérieuse. Sa cause ainsi que son traitement restent flous pour les médecins. En tout, près de 140.000 Français pourrait être concernés. Parmi les symptômes : un état de fatigue supérieur à 6 mois, des troubles de la mémoire, des douleurs musculaires et articulaires, des maux de tête…et des troubles gastro-intestinaux. C’est cette piste qu’ont choisi de suivre des chercheurs américains.

Après avoir étudié les bactéries intestinales de patients, ils suggèrent que la maladie pourrait être liée à un déséquilibre du microbiote. Les conclusions de leurs travaux ont été publiées dans la revue Microbiome.

► Méthodologie : séquencer l’ADN

Les chercheurs de l’université Cornell, aux Etats-Unis, ont étudié les données de 48 patients souffrant du syndrome de fatigue chronique. Pour cela, ils ont prélevé des échantillons de sang et de selles. A partir de là, les scientifiques ont pu séquencer leur ADN et l’ont comparé avec ceux de 39 autres volontaires non touchés par la maladie.

► Ce que l’étude a démontré : des bactéries pro-inflammatoires

Premier constat : les bactéries intestinales des patients souffrant de fatigue chronique sont beaucoup moins diversifiées que celles des sujets sains. De plus, les chercheurs ont observé que les bactéries des malades sont majoritairement pro-inflammatoires et non anti-inflammatoires. Un phénomène aussi observé chez les patients atteints de la maladie de Crohn, par exemple.

De leur côté, les analyses de sang montrent des taux de marqueurs de l’inflammation importants. L’hypothèse privilégiée pour l’expliquer : la perméabilité de l’intestin laisse passer les bactéries dans le sang. Cela déclencherait une réponse immunitaire susceptible d’aggraver les symptômes.

► Ce qu’il faut en conclure : se servir du déséquilibre pour mieux diagnostiquer ?

Cette étude va à l’encontre d’une idée répandue selon laquelle la maladie serait psychologique. Le syndrome aurait en fait une origine biologique. Cependant, les scientifiques n’ont pas encore déterminé si le déséquilibre observé est une cause ou une conséquence de la fatigue chronique. L’équipe de chercheurs va maintenant s’intéresser à la recherche de virus, de bactéries et de champignons susceptibles de provoquer ou de contribuer au développement de la maladie.

« Prochainement, nous pourrions considérer cette technique comme complémentaire à d’autres méthodes de diagnostics non invasives, suggère le Pr Ludovic Giloteaux, co-auteur de l’étude. Mais aussi utiliser ces données pour envisager d’adapter les régimes alimentaires, à base de prébiotiques ou de probiotiques pour traiter cette maladie. » 

Les premiers favorisent la croissance et l’activité des bactéries intestinales et les seconds sont des micro-organismes bénéfiques à la flore intestinale.

A noter ⇒ Les yaourts, les fromages, la levure de bière ou le pain au levain sont riches en probiotiques. Les prébiotiques quant à eux se retrouvent dans les fruits et les légumes ainsi que dans le lait maternel. Diversifier son alimentation reste donc la clé d’une bonne santé.

http://www.metronews.fr/

Que contient le lait maternel ?


Le lait maternel est l’aliment par excellence pour une nouveau-né, par sa composition et à l’avantage d’évoluer pour les besoins du bébé. Cependant, la femme ne doit être stigmatisée parce qu’elle n’allaite pas. C’est un choix personnel.
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Que contient le lait maternel ?

 

Lait maternel. © PETILLOT/SIPA

Lait maternel. © PETILLOT/SIPA

Par Lise Loumé

Riche en anticorps à la naissance de l’enfant, le lait maternel voit sa composition évoluer un mois après afin de s’adapter à ses besoin

200 : c’est le nombre de molécules de sucre que contient le lait maternel humain, le plus complexe de tous les mammifères (à titre de comparaison, le lait de vache n’en contient qu’entre 30 et 50). Et de manière étonnante, ces molécules ne sont pas toutes destinées à nourrir le bébé. Des chercheurs de l’Université de Zurich (Suisse) font le point sur ce que la science sait de leur rôle, longtemps resté mystérieux, dans une étude publiée dans la revueTrends in Biochemical Sciences. On l’ignore souvent mais la composition du lait maternel évolue un mois après la naissance de l’enfant afin de répondre aux différents besoins liés à son développement…

Un rôle majeur dans le microbiote intestinal

Vitamines, immunoglobulines, oligosaccharides : les molécules de sucre prennent différentes formes et servent à renforcer l’immunité, stimuler la croissance et, même, façonner le microbiote intestinal de l’enfant.

« La première fonction du lait maternel est de favoriser la colonisation de l’intestin par des bactéries capables de digérer les molécules de sucre », explique dans un communiqué Thierry Hennet, co-auteur de l’étude.

Les nourrissons naissent sans bactérie dans leurs intestins, mais en quelques jours, ils en possèdent des millions, et une semaine seulement après leur naissance, des milliards !

« Les nouveau-nés n’ont pas la machinerie nécessaire pour digérer ces sucres, qui sont en fait destinés aux bactéries. C’est comme un terrain d’ensemencement dont le lait maternel serait l’engrais. »

L’engrais du microbiote intestinal donc.

Outre ce rôle, le lait maternel a pour fonction bien connue de poser les premières pierres du système immunitaire du nouveau-né. Dès sa naissance, le lait est riche en anticorps et en molécules ralentissant la croissance de bactéries nocives et coordonnant l’activité des globules blancs. Après un mois, le niveau d’anticorps maternels baisse donc de plus de 90 %, probablement car l’enfant commence à développer son propre système immunitaire. La diversité des sucres est elle aussi en forte diminution, suggérant un recrutement moins important des populations bactériennes. Au contraire, les molécules de graisse et les nutriments augmentent afin de soutenir la croissance de l’enfant.

Allaiter ou pas ? « La décision revient aux familles »

Même si l’allaitement maternel présente de nombreuses vertus, rappelons que l’enfant peut rester en bonne santé sans y avoir été exposé une seule fois. Les auteurs se refusent donc à formuler toute recommandation aux parents.

« Le lait maternel est le produit de millions d’années d’évolution et possède certainement les nutriments optimaux pour le nouveau-né, mais la question est de savoir sur quelle durée le nouveau-né a vraiment besoin de cet apport ? La décision appartient aux familles, pas aux scientifiques », juge Lubor Borsig, co-auteur de l’étude.

Toutefois, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un allaitement maternel « exclusif » jusqu’à l’âge de six mois et un allaitement partiel jusqu’à deux ans. Selon les chercheurs, les progrès récents des technologies de séquençage génétique devraient permettre d’améliorer davantage notre compréhension du rôle des différentes molécules présentes dans le lait maternel, notamment les hormones.

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