Le Saviez-Vous ► Amnésie antérograde


C’est une situation vraiment étrange, une jeune adolescente souffre d’une amnésie antérograde, sa mémoire s’efface aux 2 heures pour revenir toujours à la même date, le jour de son accident. Tout ce qui vient avant ce moment, elle a ses souvenirs, mais ce qui vient après, elle doit prendre des notes pour se remettre à jour.
Nuage


Amnésie antérograde

Riley Horner, 16 ans, souffre d'un syndrome rare Riley Horner, 16 ans, souffre d’un syndrome rare[Capture écran YouTube]


D’après psychomedia :  Une amnésie antérograde est une perte de la mémoire des faits récents survenus après le début de la cause de cette perte

Fait vécu : Elle se réveille tous les jours en croyant qu’on est le 11 juin 2019

Une histoire qui pourrait inspirer une suite du film «Memento» à Christopher Nolan. Riley Horner, âgée de 16 ans, souffre de pertes de mémoire à court terme depuis un choc à la tête. Résultat, toutes les deux heures, ses souvenirs s’effacent.

Pour la jeune américaine, tous les matins sont donc un 11 juin depuis son accident. Elle s’était alors pris un coup par un étudiant qui faisait du «crowd surfing» (une pratique qui consiste à être porté par une foule lors d’une fête ou d’un concert). Depuis, elle a dû mettre en place tout un processus afin de ne pas être complètement perdue. 

Elle prend donc tout ce qu’elle peut en note, et a réglé son téléphone afin qu’il sonne toutes les deux heures. Chaque fois que l’alarme s’enclenche, Riley reprend ses notes afin d’apprendre tout ce qu’elle vient d’oublier. 

Un réel handicap pour cette sportive.

Lors d’une interview donnée à la chaîne locale WQAD 8, sa mère a expliqué que son oncle «est mort la semaine dernière et elle n’en a probablement aucune idée. Nous lui disons tous les jours mais elle ne s’en rappelle pas». 

Ces cas, appelés amnésies antérogrades, sont assez rares et sont mal connus. D’ailleurs, après plus d’une dizaine de rendez-vous et d’examens médicaux dans plusieurs hôpitaux, les médecins ne savent pas expliquer pourquoi l’étudiante est plongée dans cet état. Ils ne savent pas non plus si elle en sortira un jour. Une version réelle et bien moins amusante du film culte «Un jour sans fin».

https://www.cnews.fr

La mémoire chevaline sous la loupe


Je crois que la plupart d’entre-nous ne seront pas surpris de lire que les chevaux sont beaucoup plus intelligent qu’ils en ont l’air. Ils reconnaissent ceux qui ne sont bien ou pas avec eux, reconnaît les voix .. Leurs oreilles sont un indice pour nous de son humeur. Et ils savent si la personne devant eux est nerveuse. Mieux connaître les chevaux permet d’avoir une meilleure relation avec des belles bêtes.
Nuage


La mémoire chevaline sous la loupe

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Les chevaux sont capables de reconnaître la voix d’une personne qui les a bien ou mal traités.

Les chevaux ont plus de mémoire que l’on croit. Ils sont notamment capables de reconnaître la voix d’une personne qui les a bien ou mal traités. Ces résultats de biologistes bretons permettront d’améliorer les soins dans les écuries.

MATHIEU PERREAULT
LA PRESSE

Les émotions… des oreilles

« On savait que le cheval pouvait reconnaître les commandements vocaux et déceler la nervosité dans la voix », explique Hugo Cousillas, de l’Université de Rennes, qui est l’auteur principal de l’étude publiée l’été dernier dans la revue Scientific Reports. « Mais on ne savait pas s’il pouvait reconnaître un individu. »

Pour en avoir le cœur net, les chercheurs bretons ont exposé 21 chevaux à des expériences positives et négatives avec une personne, qui leur donnait soit de la nourriture, soit de la nourriture trempée dans du vinaigre. L’expérimentateur portait un haut-parleur qui émettait quelques phrases en français, lues d’un ton neutre par deux personnes, une pour les expériences positives, l’autre pour les expériences négatives. Par la suite, les chercheurs ont observé la réaction du cheval à l’écoute des enregistrements alors qu’il n’y avait personne dans son box. Quand le cheval entendait la voix associée à l’expérience positive, il manifestait du plaisir avec ses oreilles (quand elles sont couchées, le cheval est fâché). Les émotions du cheval étaient aussi enregistrées par un électroencéphalogramme.

Odorat et vision

Il est bien établi que les chevaux peuvent reconnaître les individus avec leur odorat, affirme M. Cousillas.

« Pour ce qui est de la vision, c’est moins clair, car elle est moins performante que la nôtre. La vision chevaline est très efficace quand il est en mouvement, mais ils ne perçoivent pas les couleurs comme nous. »

Les éthologues pensent d’ailleurs que le cheval est capable de reconnaître si une personne est nerveuse par des gestes imperceptibles.

« Quelques études mentionnent aussi le rôle de l’odorat dans l’identification des émotions humaines. Une prochaine étape sera de voir si le cheval peut identifier la nervosité d’un humain avec son ouïe. »

Éthologie et bien-être animal

« Quand les chevaux interagissent avec des humains, on se rend compte que, a posteriori, l’animal va avoir des ressentiments, des expériences positives ou négatives face à certaines personnes, soutient M. Cousillas. Nous nous occupons d’éthologie, nous voulons améliorer le bien-être animal. Ce type d’informations, s’ils sont capables d’identifier des individus, va nous permettre d’améliorer les soins. Si on se rend compte que c’est important d’avoir la même personne, on va en tenir compte. »

Domestiqué depuis 6500 ans

Le cheval aurait été domestiqué il y a 6500 ans dans les steppes russes ou ukrainiennes, selon une étude publiée en 2018 dans la revue Science. Auparavant, c’était le cheval de Botai, au Kazakhstan, qui était considéré comme le premier cheval domestiqué, il y a 5500 ans. Mais les chevaux modernes ne descendent pas du cheval de Botai. Seul le cheval de Przewalski, en Mongolie, descend du cheval de Botai, affirmait l’étude, dont les auteurs étaient des généticiens du Musée d’histoire naturelle du Danemark. Jusqu’alors considérés comme les derniers chevaux sauvages de la planète, les chevaux de Przewalski sont donc des animaux redevenus sauvages (feral en anglais), comme les mustangs des Amérindiens de l’Ouest américain au XIXe siècle. Les mustangs étaient des chevaux espagnols redevenus sauvages.

Quelques chiffres

60 millions : nombre de chevaux dans le monde 67 : nombre de races chevalines internationales 784 : nombre de races chevalines dans le monde

Sources : FAO, Université suédoise des sciences agricoles

https://www.lapresse.ca/

Pourquoi notre cerveau ne se souvient-il pas de tout, pour toujours?


La mémoire a évolué de façon à emmagasiner des informations et d’en effacer d’autres. Si nous pouvions tout nous rappeler, cela serait un gros problème pour faire le triage. De plus, il y a beaucoup de souvenirs qui reviennent au besoin, quoique souvent déformés par le temps.
Nuage

Pourquoi notre cerveau ne se souvient-il pas de tout, pour toujours?

Et cette promenade, tu t'en souviens? | Soragrit Wongsa via Unsplash

Et cette promenade, tu t’en souviens? | Soragrit Wongsa via Unsplash

Quora — Traduit par Iris Engintalay

Il est conçu pour être efficace.


La réponse de Fabian van den Berg, neuropsychologue:

Si nous ne nous souvenons pas de tout de façon permanente, c’est pour éviter d’avoir une armée de petits Hulk dans la tête. En effet, si nous nous souvenions de tout, nous risquerions de devenir fous et de ne rien pouvoir faire.

Voilà ce que je vois presque tous les jours quand je travaille: mon bureau. Tout comme ma salle de bain ou ma cuisine, c’est quelque chose que je vois régulièrement dans le cadre de mon quotidien. Si nous nous souvenions de tout, nos têtes seraient remplies d’informations inutiles. Nous aurions des tonnes de souvenirs identiques de nous au réveil, en train de nous laver les dents, de préparer le petit déjeuner… et tout un tas de petits Hulk qui nous fixeraient pendant que nous travaillons! [Il serait temps que je fasse tourner mes super-héros…]

Notre cerveau a évolué de façon à être particulièrement efficace avec les souvenirs. Mais pas précis. Nous enregistrons les moments importants de certains événements, des choses dont nous pourrions avoir besoin ou qui sortent du lot. Tout ce qui n’est pas important disparaît, ce n’est pas stocké. Pendant la nuit, des vagues d’activité balaient notre cortex, éliminant tout ce qui n’a pas lieu d’être conservé en mémoire. Lorsque j’ai besoin de me souvenir, ces éléments sont restaurés et les trous sont comblés. Je n’ai pas besoin de créer un souvenir de mini Hulk à chaque fois; je peux partir du principe qu’il sera toujours là et l’ajouter à n’importe quel souvenir de mon bureau.

Les blancs sont remplis avec des informations adéquates et suffisamment bonnes. Couleurs, odeurs, plats et parfois des personnes ou des événements entiers sont ensuite ajoutés à nos souvenirs, car il semble logique que ces éléments soient présents, alors même qu’ils ne l’étaient pas au départ. Dans une certaine mesure, nos souvenirs sont ainsi faussés. Plus un souvenir est vieux, plus il est de mauvaise qualité.

Certains systèmes en place nous aident à nous souvenir, tandis que d’autres nous aident à oublier. Des informations importantes aujourd’hui risquent de perdre de leur importance avec le temps. À l’exception de la signification d’ADN, à savoir acide désoxyribonucléique, qui est restée gravée dans ma tête depuis le lycée (eh oui, le système n’est pas parfait). Votre réunion de vendredi est suffisamment importante pour être enregistrée, mais une fois qu’elle sera passée, elle perdra rapidement de sa valeur: son attribut «important» lui sera retiré et l’information s’effacera.

Le cerveau est conçu pour être efficace; tout emmagasiner serait contre-productif. Trop d’éléments de notre quotidien sont sans intérêt pour avoir une quelconque valeur. Si nous nous souvenions de tout, nous nous retrouverions coincé·es dans le passé, à ressasser nos souvenirs et à essayer de faire le tri. Se souvenir des choses importantes et inventer le reste est une bien meilleure façon de faire.

http://www.slate.fr/

Les tortues géantes ont… une mémoire d’éléphant !


La preuve que les tortues géantes ont de la mémoire est peut-être un peu simpliste, mais cela mérite quand même des résultats étonnants

Nuage


Les tortues géantes ont… une mémoire d’éléphant !

Les tortues géantes jouissent d’une espérance de vie étonnante. Une incroyable mémoire aussi, nous apprennent aujourd’hui des chercheurs. © rimom, Adobe Stock

Les tortues géantes jouissent d’une espérance de vie étonnante. Une incroyable mémoire aussi, nous apprennent aujourd’hui des chercheurs. © rimom, Adobe Stock


Nathalie Mayer
Journaliste

Les tortues géantes ont de la mémoire. C’est la conclusion de travaux menés par une équipe internationale de chercheurs. Ce qui leur a mis la puce à l’oreille ? Le fait que ces reptiles – que l’on trouve aux Seychelles et sur les îles Galapagos – parcourent parfois de longues distances en empruntant un chemin précis.

Pour en avoir le cœur net, ils ont entraîné des tortues captives à mordre des balles fixées au bout d’un bâton. L’occasion de confirmer, également, que ces reptiles sont capables d’apprentissage. Un apprentissage qui se fait plus facilement pour elles lorsqu’il est fait en groupe.

Lorsque les tortues géantes mordaient la balle de la bonne couleur, elles étaient récompensées. Au retour des chercheurs, 95 jours plus tard, les tortues semblaient toujours savoir quelle balle choisir. Idem… neuf ans plus tard !

https://www.futura-sciences.com/

Percée majeure : un vaccin qui freine la progression de l’Alzheimer


Les tests ont été fait sur des patients qui était au tout début de la maladie d’Alzheimer avec un vaccin qui permettrait de ralentir la progression. Les résultats sont encourageants, mais il faudrait quelque temps pour en faire profiter les victimes de cette maladie.
Nuage


Percée majeure : un vaccin qui freine la progression de l’Alzheimer

Représentation du cerveau montant la progression de la maladie d'Alzheimer.

Des médecins de Québec se réjouissent de la découverte d’un vaccin qui ralentit la progression de la maladie d’Alzheimer

PHOTO : RADIO-CANADA

Carl Marchand

Une entreprise pharmaceutique américaine estime avoir trouvé un vaccin qui freine la progression de la maladie d’Alzheimer. L’avancée engendre une bonne dose d’espoir selon des médecins de Québec qui ont participé à l’étude avec leurs patients.

L’entreprise Biogen a présenté les résultats de ses travaux jeudi dans le cadre d’un congrès à San Diego. Le vaccin, l’Aducanumab, agit sur l’amyloïde dans le cerveau.

C’est un peu comme la rouille qui s’accumule dans le cerveau des patients et qui, à la longue, cause l’Alzheimer, explique le neurologue Louis Verret, qui a participé à cette recherche avec une dizaine de patients à Québec.

Une première étude avait été suspendue en mars devant des résultats mitigés. Une autre phase de test a été reprise avec de plus fortes doses du vaccin.

Les patients qui y participaient étaient au au tout début de la maladie, quand l’amyloïde est encore peu présente dans le cerveau.

C’est une avancée majeure. C’est la première fois qu’on a une étude qui démontre autant de résultats positifs. Dr Louis Verret, codirecteur de la Clinique interdisciplinaire de Mémoire de Québec

La mémoire s’améliore chez les patients dans les tests objectifs, l’impression des évaluateurs est positive pour les patients qui ont été traités. Au niveau fonctionnel, ces patients-là s’améliorent dans la vie de tous les jours, précise le Dr Verret.

C’est une journée extraordinaire, ajoute pour sa part le Dr Robert Jr Laforce.

Ça fait 30 ans qu’il ne se passe pas grand-chose dans la maladie d’Alzheimer, ça fait des milliards de dollars qui sont investis sur des études pour mieux traiter cette maladie.

C’est clair que ça ravive la lueur d’espoir. Dr Robert Jr Laforce

La pharmaceutique Biogen entend maintenant faire approuver son vaccin par la Food and Drug Administration aux États-Unis. Le Dr Verret croit que les mêmes démarches seront rapidement amorcées auprès de Santé Canada.

Il faudra cependant encore plusieurs années selon lui pour que le médicament soit accessible aux patients.

Avec les informations de Bruno Savard

https://ici.radio-canada.ca/

Une alimentation trop riche en sucre transforme le cerveau


Le sucre !!! Cette substance diabolique ! En fait, nous avons besoin de sucre pour notre mémoire, notre cerveau en demande, le hic ce ne sont pas tous les sucres qui sont bons pour nous. Malheureusement, l’industrie alimentaire l’ont bien compris, et ils se sont mis a faire toutes sortes de produits pour qu’on achète plus et encore plus et ils ont axé sur les mauvais sucres en créant ainsi une sorte de dépendance
Nuage


Une alimentation trop riche en sucre transforme le cerveau

Les adultes canadien·nes consomment en moyenne plus du triple de la limite quotidienne de 25 grammes de sucre ajouté recommandée par l'Organisation mondiale de la santé. | Sharon McCutcheon via Unsplash

Les adultes canadien·nes consomment en moyenne plus du triple de la limite quotidienne de 25 grammes de sucre ajouté recommandée par l’Organisation mondiale de la santé. | Sharon McCutcheon via Unsplash

Amy Reichelt

La consommation d’aliments sucrés a des incidences sur la mémoire et le comportement.

Nous adorons les gâteries sucrées. Mais trop de sucre dans notre alimentation peut causer un gain de poids et l’obésité, le diabète de type 2 ainsi que la carie dentaire. Nous savons qu’il vaut mieux éviter les bonbons, la crème glacée, les biscuits, les gâteaux et les boissons gazeuses, mais il est parfois très difficile d’y résister. C’est comme si notre cerveau était programmé pour avoir envie de ces aliments.

Mes recherches en neurosciences portent sur la façon dont l’alimentation moderne obésogène –qui entraîne l’obésité– modifie le cerveau. Je veux comprendre comment ce que nous mangeons change notre comportement et si les transformations cérébrales peuvent être atténuées par d’autres aspects du mode de vie.

Le corps fonctionne au sucre –au glucose pour être précis. Ce terme vient du grec glukos, qui signifie doux. Le glucose alimente les cellules qui nous composent, y compris celles du cerveau (les neurones).

Le sucre et les poussées de dopamine

Nos lointains ancêtres étaient des charognards. Comme les aliments sucrés constituent une excellente source d’énergie, l’évolution a fait en sorte que nous les trouvions particulièrement bons. Les aliments au goût désagréable, amer ou aigre peuvent être toxiques, avariés ou pas assez mûrs, et donc entraîner des maladies.

C’est ainsi que pour maximiser nos chances de survie en tant qu’espèce, nous avons un système cérébral inné qui nous porte à aimer les aliments sucrés qui nous donnent de l’énergie.

Lorsqu’on mange des aliments sucrés, le système de récompense du cerveau –appelé système dopaminergique mésolimbique– est activé. La dopamine est une substance chimique libérée par les neurones qui signale qu’un événement est positif. Quand le système de récompense se déclenche, il renforce des comportements qu’on est ensuite plus susceptible de répéter.

Les poussées de dopamine provoquées par la consommation de sucre favorisent un apprentissage rapide, ce qui nous porte à préférer ces aliments.

Aujourd’hui, notre environnement regorge d’aliments sucrés et riches en énergie. Il n’est plus nécessaire de partir à leur recherche, car on en trouve partout. Malheureusement, notre cerveau est toujours semblable à celui de nos ancêtres sur le plan fonctionnel, et il aime vraiment le sucre. Mais que se passe-t-il dans le cerveau lorsqu’on en mange trop?

Le sucre peut-il reprogrammer le cerveau?

Le cerveau remodèle continuellement ses connexions par un processus appelé neuroplasticité. Cette reconfiguration peut se produire dans le système de récompense. L’activation répétée de la voie de la récompense par des drogues ou une grande quantité d’aliments sucrés amène le cerveau à s’adapter à une stimulation fréquente, ce qui conduit à une forme de tolérance.

Pour ce qui est des aliments sucrés, cela signifie qu’on doit en manger plus pour obtenir le même sentiment de satisfaction –une caractéristique typique de la dépendance.

La dépendance alimentaire est un sujet controversé parmi les scientifiques et les clinicien·nes. S’il est vrai que l’on peut devenir physiquement dépendant de certaines drogues, on se demande si ça peut être le cas pour la nourriture alors qu’on en a besoin pour la survie élémentaire.

Le cerveau veut du sucre, encore et encore

Indépendamment du besoin de se nourrir pour alimenter le corps, beaucoup de gens éprouvent des fringales, en particulier lorsqu’ils sont stressés, affamés ou simplement confrontés à un bel étalage de gâteaux dans un café.

Pour résister à ces envies, on doit réfréner sa tendance naturelle à vouloir se faire plaisir avec des mets savoureux. Un réseau de neurones inhibiteurs permet de réguler nos comportements. Ces neurones sont concentrés dans le cortex préfrontal –une zone du cerveau impliquée dans la prise de décision, la maîtrise des impulsions et la capacité de retarder la récompense.

Les neurones inhibiteurs constituent le système de freinage du cerveau. Ils libèrent le GABA, un acide aminé. La recherche sur des rats a montré que la consommation d’aliments riches en sucre peut altérer les neurones inhibiteurs. Les rats nourris au sucre arrivent plus difficilement à contrôler leur comportement et à prendre des décisions.

Ainsi, notre alimentation peut influencer notre capacité à résister aux tentations, ce qui explique pourquoi il est si difficile de changer de régime.

Dans le cadre d’une étude récente, on a demandé à des gens d’évaluer leur désir de manger des amuse-gueules hypercaloriques lorsqu’ils ont faim par rapport au désir ressenti quand ils viennent de manger. Les personnes qui consomment régulièrement des aliments riches en matières grasses et en sucre ont répondu avoir davantage envie d’amuse-gueules, et ce, même lorsqu’elles n’avaient pas faim.

Cela porte à croire que la consommation régulière d’aliments à haute teneur en sucre pourrait amplifier les fringales –créant ainsi un cercle vicieux qui nous pousse à en manger toujours plus.

Le sucre et la formation de la mémoire

L’hippocampe –une zone importante pour la mémoire– est une autre région du cerveau touchée par les régimes riches en sucre.

La recherche a démontré que les rats qui mangent des aliments riches en sucre sont moins susceptibles de se rappeler s’ils ont déjà vu des objets à des endroits précis.

Les transformations induites dans l’hippocampe par le sucre sont une réduction de la formation de neurones, essentiels pour coder les souvenirs, ainsi qu’une augmentation des substances chimiques liées à l’inflammation.

Comment protéger votre cerveau du sucre?

L’Organisation mondiale de la santé recommande de limiter la consommation de sucres ajoutés à 5% de notre apport calorique quotidien, ce qui représente environ 25 grammes (six cuillères à café).

Sachant que l’adulte canadien·ne mange en moyenne 85 grammes (20 cuillères à café) de sucre par jour, on voit qu’il s’agit d’un gros changement pour beaucoup de gens.

Il est important de noter que les capacités de neuroplasticité du cerveau lui permettent de se réinitialiser dans une certaine mesure après avoir réduit sa consommation de sucre, et l’exercice physique peut améliorer ce processus. Les aliments riches en acides gras oméga-3 (présents dans l’huile de poisson, les noix et les graines) sont également neuroprotecteurs et peuvent stimuler les substances chimiques du cerveau nécessaires à la formation de nouveaux neurones.

Bien qu’il ne soit pas facile de briser des habitudes comme celle de s’offrir un dessert après chaque repas ou un café avec deux sucres, votre cerveau vous remerciera d’avoir fait des gestes positifs.

Le premier pas est souvent le plus difficile, mais les changements dans l’alimentation deviennent en général de plus en plus faciles avec le temps.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

http://www.slate.fr