Aux États-Unis, l’hypnose est encore utilisée pour condamner les criminels


L’hypnose n’est peut-être pas la meilleure façon pour régler les enquêtes criminelles, mais elle semble être beaucoup utilisées aux États-Unis, notamment dans les états ou la peine de mort est toujours en place. L’hypnose, ne serait si fiable qu’on le prétend, par la vulnérabilité d’implanter de faux souvenirs ou omettre plus de détails. Enfin bref, cette méthode serait susceptible d’envoyer des innocent en prison ou pire à la mort.
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Aux États-Unis, l’hypnose est encore utilisée pour condamner les criminels

Sur les dix-sept États américains admettant les témoignages induits par hypnose, dix autorisent encore la peine de mort. | Matthew Ansley via Unsplash

Sur les dix-sept États américains admettant les témoignages induits par hypnose, dix autorisent encore la peine de mort. | Matthew Ansley via Unsplash

Repéré par Mathilda Hautbois

Repéré sur The Guardian

Malgré de sérieux doutes sur sa validité scientifique, la méthode sert toujours à envoyer des gens dans le couloir de la mort.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, les forces de l’ordre américaines et les services de renseignement ont recours à l’hypnose dans le cadre d’enquêtes criminelles.

En juillet 1976, un article faisait la une du New York Times, annonçant qu’un conducteur d’autobus enterré vivant s’était souvenu sous hypnose du numéro de plaque d’immatriculation de ses ravisseurs en Californie. Cette affaire a popularisé la méthode et a mené les services de police à l’utiliser à travers tout le pays.

À la fin des années 1970 et au début des années 1980, la police effectuait en moyenne plus de cent séances d’hypnose par an à Los Angeles. Le chef du programme d’hypnose des forces de l’ordre de la ville a affirmé que les trois quarts d’entre elles ont fourni des informations utiles à la résolution des affaires.

Selon les partisan·es de l’hypnose, elle permet aux victimes et aux témoins de se rappeler d’événements traumatisants avec plus de clarté, en les détachant des émotions qui troublent le souvenir.

Aux États-Unis, treize États autorisent encore les témoignages induits par hypnose si celle-ci est réalisée conformément à certaines directives et quatre autres États les admettent sans condition. Sur ces dix-sept États, dix ont également des lois sur la peine capitale, ce qui signifie qu’ils peuvent potentiellement infliger la mort à des personnes innocentes.

Fiabilité contestée

Au cours des dernières décennies, la validité scientifique de l’hypnose a en effet été remise en question par des expert·es étudiant le fonctionnement de la mémoire, en particulier dans les interrogatoires policiers et les salles d’audience.

«L’ampleur de l’erreur scientifique en matière de criminalistique est époustouflante», a assuré l’avocat Ben Wolff au Guardian.

À mesure que l’hypnose s’est répandue dans le domaine judiciaire, ses faiblesses sont devenues plus évidentes et c’est ainsi qu’est apparu «un changement d’attitude» à son égard chez les juristes et les psychologues, note le Dr. Steven Lynn, expert en hypnose.

Une étude menée en 1983 à l’université Concordia de Montréal a révélé que les sujets hypnotisés ont tendance à être particulièrement vulnérables à l’implantation de faux souvenirs.

En 2006, un autre travail de recherche a exploré les souvenirs d’individus après la mort de la princesse Diana et a constaté que les personnes sous hypnose omettaient plus de détails et se souvenaient moins bien que celles qui ne l’étaient pas.

Au cours des deux dernières décennies, des États américains ont bloqué ou restreint l’utilisation de l’hypnose, mais l’interdiction de cette méthode soulève la nécessité d’un réexamen plus large de la manière dont la police et les procureurs peuvent influencer la mémoire des témoins et des suspect·es.

http://www.slate.fr

Maladie d’Alzheimer : comment améliorer le diagnostic ?


Aujourd’hui, le 21 septembre, c’est la journée internationale de la maladie d’Alzheimer. Actuellement, cette maladie ne se guérit pas, mais si on le sait assez tôt, il est possible de ralentir sa progression et du même coup amélioré la qualité de vie. Il est donc important d’être détecté plus tôt possible.
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Maladie d’Alzheimer : comment améliorer le diagnostic ?


stockce/shutterstock.com

Le 21 septembre marque la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer. Une pathologie incurable qui, avec le vieillissement de la population, risque de concerner de plus en plus de patients. Il est donc important de la diagnostiquer le plus précocement possible.

La maladie d’Alzheimer est une pathologie neurodégénérative complexe qui entraîne un dysfonctionnement des connexions entre les neurones. Elle affecte progressivement les fonctions cognitives (mémoire, langage, raisonnement, apprentissage, résolution de problèmes, prise de décision, perception, attention…).

A l’heure actuelle, la pathologie – qui aboutit à une perte d’autonomie – touche 900 000 personnes en France. Mais avec le vieillissement de la population, le nombre de nouveaux cas risque d’exploser dans les années à venir.

Prendre la maladie à temps

La maladie d’Alzheimer ne se guérit pas, mais une prise en charge adaptée peut ralentir sa progression et améliorer la vie du patient et de son entourage. Encore faut-il agir à temps…

Des oublis répétés interférant avec la vie quotidienne doivent alerter et vous pousser à consulter.

« Il est en effet essentiel de réaliser un diagnostic le plus tôt possible », insiste l’Inserm. « Celui-ci repose tout d’abord sur l’histoire des troubles, puis sur des tests des fonctions cognitives. »

L’imagerie cérébrale contribue également au diagnostic, y compris à un stade précoce. L’analyse anatomique du cortex cérébral par IRM, permet en effet d’appuyer le diagnostic de la maladie dans 80% des cas.

L’espoir d’un nouveau test

Et si l’analyse d’une autre zone cérébrale pouvait donner de meilleurs résultats ? C’est en tout cas ce que suggèrent des chercheurs de l’Inserm (Université – CHU de Lille).

Selon eux, l’analyse « des sillons corticaux par IRM fait mieux. » En fait, « ces sillons sont des circonvolutions du cerveau qui ont tendance, au cours du vieillissement, à s’élargir. »

En clair, plus ils sont larges et plus la maladie est avancée.

« Cette technique permettrait de reconnaître la maladie d’Alzheimer dans 91 % des cas (contre 80% avec les techniques actuelles). Elle possède donc un grand intérêt sur le plan clinique », notent les chercheurs.

  • Source : Inserm, 20 septembre 2019

  • Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

https://destinationsante.com/

Un test permettrait de dépister l’Alzheimer 20 ans plus tôt


Une prise de sang qui pourrait prédire 20 ans en avance la maladie d’Alzheimer, serait probablement plus facile à soigner en guise de prévention ou pour l’éviter totalement.
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Un test permettrait de dépister l’Alzheimer 20 ans plus tôt

Ce nouveau test pourrait même être encore plus... (PHOTO AP)


Ce nouveau test pourrait même être encore plus précis que la tomographie par émission de positrons (PET scan, illustré sur la photo).

JEAN-BENOIT LEGAULT
La Presse Canadienne
Montréal

Un test sanguin mis au point par des chercheurs américains permettrait d’identifier avec une grande précision les patients dont les cerveaux présentent les premiers signes de la maladie d’Alzheimer, et ce jusqu’à 20 ans avant l’apparition des premières pertes de mémoire.

Ce nouveau test pourrait même être encore plus précis que la tomographie par émission de positrons (PET scan) qui est normalement utilisée pour confirmer la présence dans le cerveau de dépôts amyloïdes.

Ces dépôts commencent à engommer le cerveau jusqu’à deux décennies avant que ne se manifestent les pertes de mémoire et la confusion typiques de la maladie d’Alzheimer.

Le test développé par les chercheurs de l’Université Washington, à Saint-Louis, mesure les taux d’amyloïdes dans le sang. Lorsque ces taux sont combinés à l’âge du patient et à la présence d’une variante génétique appelée APOE4, le test détecte la présence dans le cerveau de dépôts amyloïdes avec une précision de 94%.

Le risque de souffrir de la maladie double à tous les cinq ans à partir de l’âge de 65 ans. La variante génétique APOE4 augmente ce risque de trois à cinq fois.

Le test est si précis qu’il réussissait parfois à détecter la présence des dépôts quelques années avant que la tomographie par émission de positrons ne soit en mesure de le faire.

«Ça change énormément de choses, a commenté Hélène Girouard, de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal. La maladie d’Alzheimer est une démence, et quand on dit démence, ça signifie que la personne ne peut plus vaquer à ses responsabilités habituelles, qu’elle n’est plus autonome, et ça veut dire que le cerveau est biologiquement très endommagé, et même avant qu’il y ait des signes cliniques.»

L’impact clinique du test pourrait donc être monumental, puisqu’il pourrait permettre d’identifier très tôt les patients chez qui les dépôts amyloïdes ont commencé à se former afin de tester chez eux des traitements pour ralentir, voire stopper, la progression de la maladie.

«Le cerveau devient un peu comme un fromage Gruyère, il y a plein de trous, et le volume cérébral n’est vraiment plus le même à partir du moment où on est diagnostiqué avec la maladie d’Alzheimer, a ajouté Mme Girouard. Donc il faut vraiment prévenir toute la neurodégénérescence, et ça, ça doit se faire des années avant.»

Actuellement, les patients ne sont traités qu’après l’apparition des symptômes, quand leurs cerveaux sont déjà fortement abîmés. Le problème, c’est que les dommages surviennent bien avant l’apparition des signes cliniques.

«Une fois que la personne est diagnostiquée, tout ce qu’on peut faire, tout ce qu’on peut espérer, avec la technologie qu’on a actuellement, c’est de ralentir la progression. C’est tout ce qu’on peut espérer. Mais si on traite vingt ans plus tôt, alors là on peut vraiment espérer une prévention», a dit Mme Girouard.

En termes clairs, une personne traitée vingt ans avant l’apparition des premiers symptômes et qui aurait autrement été condamnée à souffrir de la maladie d’Alzheimer pourrait carrément y échapper.

« C’est beaucoup plus facile, pharmacologiquement, de prévenir vingt ans plus tôt que d’essayer de guérir quelqu’un qui est déjà atteint, a expliqué Hélène Girouard. En ce moment, la découverte de biomarqueurs pour la maladie d’Alzheimer fait partie de recherches intensives, justement dans l’objectif qu’on puisse vraiment prévenir, parce qu’une fois que c’est diagnostiqué, c’est beaucoup plus difficile. On est très loin d’avoir la technologie suffisante pour guérir la maladie d’Alzheimer une fois diagnostiquée. »

Les conclusions de cette étude sont publiées par le journal médical Neurology.

https://www.lapresse.ca/

Une alimentation trop pimentée pourrait augmenter le risque de déclin intellectuel


La capsaïcine qui se retrouve dans les piments fort a des effets positifs sur le poids et la pression sanguine, cependant, il semblerait que manger 50 gramme par jour de ce genre de piment double les risques du déclin cognitif surtout si l’indice de la masse corporelle est bas. Les chercheurs doivent continuer a mieux comprendre les effets de la capsaïcine sur la mémoire pour ceux qui ont plus d’instruction.
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Une alimentation trop pimentée pourrait augmenter le risque de déclin intellectuel

Une alimentation trop pimentée pourrait augmenter le risque de déclin intellectuel

Mauvaise nouvelle pour les amateurs d’épices et de piment, une étude internationale a montré qu’une alimentation très pimentée pourrait augmenter le risque de démence.

Cette nouvelle étude menée par des chercheurs du Qatar, d’Australie et des États-Unis, a suivi de 1991 à 2006 4582 adultes chinois âgés de plus de 55 ans.

Les apports en piment, qui comprenaient à la fois le piment frais et séché, mais pas le poivre ni le piment doux, étaient évalués six fois au cours de l’étude en utilisant un suivi alimentaire de trois jours successifs.

Les fonctions cognitives des sujets ont été évaluées quatre fois au cours des 15 années de suivi.

Les résultats, repris par la revue Nutrients, ont montré que les personnes qui consommaient invariablement plus de 50 grammes de piment par jour semblaient presque doubler leur risque de déclin cognitif en comparaison avec les personnes qui n’en consommaient pas. Le déclin de la mémoire semblait aussi plus important chez les participants qui affichaient un indice de masse corporelle (IMC) bas, par rapport à ceux qui avaient un fort IMC.

Les participants qui consommaient beaucoup de piment avaient aussi tendance à avoir un IMC moindre et un salaire plus faible et étaient plus actifs physiquement que les non-consommateurs de mets épicés. Les chercheurs pensent que les personnes qui enregistrent un IMC normal pourraient être plus sensibles à la consommation de piment que les personnes en surpoids, ce qui pourrait aussi expliquer l’impact du piment sur la mémoire et le poids.

Ils ont par ailleurs précisé que le niveau d’instruction pouvait aussi jouer un rôle quant au déclin cognitif, et que c’était un facteur qui nécessitait de plus amples recherches.

La capsaïcine, le composant actif présent dans le piment, a précédemment été associée à des bienfaits pour la santé en dopant le métabolisme et la consommation de graisses et en inhibant les troubles vasculaires.

Les auteurs ont noté que c’était, selon eux, la première étude longitudinale sur les effets du piment sur le fonctionnement cognitif.

«Nos études précédentes ont montré que la consommation de piment pouvait avoir des effets bénéfiques sur le poids et la pression sanguine. Cependant, dans cette dernière étude, nous avons trouvé des effets négatifs sur les facultés intellectuelles chez les adultes âgés», a précisé l’auteur Dr. Zumin Shi, de l’université du Qatar.

«Le piment est une des épices les plus fréquemment utilisées à travers le monde et qui est particulièrement populaire en Asie en comparaison avec les pays européens», a ajouté le chercheur Ming Li. «Dans certaines régions de Chine, comme le Sichuan et le Hunan, près d’un adulte sur trois consomme des aliments pimentés quotidiennement.»

Les chercheurs notent que les mécanismes qui établissent un lien entre l’apport en piment et la baisse des fonctions cognitives ne sont pas encore entièrement connus, et ils ajoutent que de plus amples recherches sont nécessaires dans ce sens, mais aussi pour voir si la réduction de la consommation de piment pouvait prévenir le déclin intellectuel.

https://journalmetro.com

Le Saviez-Vous ► La signification des meuglements des vaches, et autres histoires animales surprenantes


Les animaux sont beaucoup plus évolués que l’on peut croire. Leurs stratégies pour se nourrir, se protéger, communiquer, et même pour jouer peut surprendre plus d’un humain. C’est un monde fascinant quand on commence à les étudier, ils ne sont vraiment pas bêtes. De quoi a réviser les droits des animaux et leur donner tout le respect qu’ils méritent
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La signification des meuglements des vaches, et autres histoires animales surprenantes


Les vaches meuglent à l'oreille de leurs petits | Theo Leconte via Unsplash

Les vaches meuglent à l’oreille de leurs petits | Theo Leconte via Unsplash


Aline Richard—

Slate publie les bonnes feuilles de «Dans la peau des bêtes», d’Aline Richard Zivohlava.


Vous pensez bien connaître les animaux? Pourtant les scientifiques qui les étudient leur découvrent régulièrement de nouvelles habiletés, intelligences et savoir-être étonnants.

C’est ce que raconte la journaliste spécialiste des sciences Aline Richard Zivohlava dans son ouvrage Dans la peau des bêtes, paru en mai aux éditions Plon. Elle se glisse dans la peau de différents animaux pour un récit à la première personne.

Nous en publions ci-dessous des extraits. Le titre et les intertitres sont de la rédaction de Slate.

Les corbeaux clairvoyants

L’histoire des Corneilles noires de la ville de Sendai, au Japon, a fait le tour du monde. À des branches de noyer plantés le long des routes pendaient de savoureuses noix, mais elles étaient, dans leurs coques vertes, inaccessibles à nos becs. C’est alors que mes congénères ont appris le code de la route. Au feu rouge, l’oiseau dépose sa noix devant la voiture, qui l’écrase au feu vert, et dont les fragments sont récupérés au feu rouge suivant. Malin, non? Et même carrément intelligent.

Les recherches scientifiques de ces dernières années ont révélé des capacités insoupçonnées chez les corvidés, en particulier dans le domaine de la cognition. Certains de nos savoir-faire avaient pourtant été remarqués dans le passé, mais vous n’aviez pas su les analyser… Vous rappelez-vous d’Ésope, le fabuliste qui a commis «Le Corbeau et le Renard», que nous critiquions tout à l’heure? Nous lui avons volontiers pardonné son écart puisqu’il a rendu hommage à l’ingéniosité de la corneille dans la comptine suivante:

«La Corneille ayant soif, trouva par hasard une cruche où il y avait un peu d’eau; mais comme la cruche était trop profonde, elle n’y pouvait atteindre pour se désaltérer. Elle essaya d’abord de rompre la cruche avec son bec; mais n’en pouvant venir à bout, elle s’avisa d’y jeter plusieurs petits cailloux, qui firent monter l’eau jusqu’au bord de la cruche. Alors elle but tout à son aise.»

Deux douzaines de siècles plus tard, en 2014, cette fable a été reproduite dans un laboratoire de l’université d’Auckland, en Nouvelle-Zélande. Des chercheurs ont voulu savoir si différents corvidés –Corbeaux calédoniens, Corbeaux freux et Geais des chênes– se montraient aussi clairvoyants que l’oiseau du fabuliste. Expérience réussie: soit deux tubes de verre, un large et un étroit, reliés entre eux par un mécanisme de vases communicants et à moitié remplis d’eau. Dans le premier, un morceau de liège flotte, agrémenté d’un morceau de viande. Tube trop étroit pour y plonger le bec. Les oiseaux ont dû trouver un moyen d’atteindre la nourriture: ils ont jeté des petits cailloux dans le tube large ne contenant pas le morceau de viande, pour faire monter l’eau dans le second tube étroit, et récupérer la récompense. C’est ce que l’on appelle effectuer une relation de cause à effet. Incroyable, quand on sait que, soumis au même test, les petits humains ne le réussissent que vers l’âge de 7 ans.

Les corbeaux sont capables de se priver dans l’immédiat pour une meilleure récompense dans le futur, une opération cognitive complexe.

La conclusion semble couler de source: des corbeaux aussi intelligents que vous, à l’âge de raison des petits humains! Mais au risque de décevoir mes congénères, je n’irai pas jusque-là. Rien ne prouve en effet que les mécanismes mentaux mis en jeu soient les mêmes pour nos deux espèces. Et la faculté spontanée de raisonner dans l’abstrait par le biais d’un processus d’association n’est pas forcément équivalente à ce que vous, humains, entendez généralement par «intelligence».

Il fallait en savoir plus. Les scientifiques qui nous étudient ont d’abord observé nos capacités cognitives liées à la vie en société. Tout comme vous, les corvidés activent leurs neurones pour améliorer leur cadre de vie, interagir avec leurs semblables, obtenir le meilleur pour eux-mêmes et leurs proches… La gestion de la nourriture est un enjeu majeur pour tout être vivant, et, pour nous autres corbeaux, l’occasion d’exercer notre mémoire et même de se projeter dans l’avenir. Des chercheurs britanniques ont par exemple montré que des geais, qui ont l’habitude de cacher leur nourriture, étaient capables de «classer» leurs aliments en fonction du temps écoulé avant la consommation: ils déterraient d’abord les caches de vers de terre, très appréciés mais périssables, avant celles des cacahuètes, moins goûteuses mais plus durables.

Les corbeaux sont aussi capables de se priver dans l’immédiat pour une meilleure récompense dans le futur, une opération cognitive complexe que vous pensiez réservée aux humains et aux grands singes. Une expérience menée en 2017 à l’université de Lund, en Suède, sur des corbeaux dressés consistait à leur faire choisir une friandise à dévorer tout de suite, ou bien un outil permettant d’ouvrir une boîte contenant une friandise plus grosse, au prix de quinze minutes d’efforts. La plupart des corbeaux ont choisi l’outil. Cela suggère la capacité de contrôle de soi et celle d’anticipation.

S’alimenter, c’est aussi coopérer mais parfois se fâcher quand un comportement est jugé incorrect. Dans une expérimentation menée dans un laboratoire à Vienne, des grands corbeaux ont su s’allier en tirant de concert deux bouts de ficelle pour récupérer deux parts de fromage: si l’un des oiseaux n’avait pas joué le jeu, aucun des deux n’aurait pu en profiter. Mais, dans une autre série d’expériences, il est arrivé qu’un des oiseaux ruse pour s’approprier tout le fromage. L’autre a alors refusé de coopérer plus avant avec le tricheur.

Les poulpes farceurs

Ces dernières années, nombre de nos capacités cognitives ont été découvertes par les scientifiques qui nous observent. Par exemple, notre dextérité au maniement des outils, faculté que l’on pensait réservée aux animaux «supérieurs». En 2009, quatre pieuvres de l’espèce Amphioctopus marginatus, habitantes des eaux chaudes de l’ouest du Pacifique, ont été filmées en train de manipuler des coquilles de noix de coco pour s’en faire une armure de protection contre les prédateurs, puis se balader, ainsi équipées, sur le plancher marin. La vidéo a intéressé les chercheurs…

Et enchanté le grand public: sans être encore aussi populaires que ceux consacrés aux chatons mignons, les films de poulpes malins font les beaux jours de votre Internet. Sur YouTube, 3 millions de vidéos sont disponibles! C’est ainsi que les humains ont pu découvrir les talents d’Inky, notre maître-poulpe de l’évasion. Cantonné dans son aquarium de Nouvelle-Zélande, Inky a profité de l’inattention d’un gardien qui n’avait pas bien fermé son réceptacle pour déverrouiller le dispositif, glisser au sol, et emprunter un tuyau d’un diamètre de 15 centimètres (!) se déversant dans l’océan Pacifique.

Stratégie, adaptation, innovation… Autant de qualités qui marquent, pour le moins, une belle intelligence des situations.Nous sommes aussi capables d’apprendre par observation et de manipuler des règles logiques: facultés d’autant plus étonnantes que nous n’avons pas eu de parents pour nous les enseigner. Des chercheurs ont installé des pieuvres devant un labyrinthe, elles ont su s’orienter en observant des congénères, puis en fonction d’indices visuels mis à leur disposition. Dans une autre expérience, on nous a placées devant cinq portes fermées, chacune marquée d’un symbole. Il fallait trouver celle donnant accès à un crabe, friandise que nous apprécions parmi toutes. Nous avons réussi à repérer la bonne porte, et appris à reconnaître son symbole même quand les scientifiques le changeaient de place. Et nous sommes capables de retenir plusieurs jours ces informations apprises, signe d’une bonne mémoire.

De même, nous jouons: un comportement évolué, peu commun chez les invertébrés. Sarah Zylinski, biologiste à l’université de Leeds, au Royaume-Uni, a observé un poulpe de l’espèce Octopus bimaculoides se livrer au jeu du chat et de la souris avec un crabe. En pleine mer, plusieurs plongeurs qui nous observaient ont eu la surprise de voir un tentacule taquin tenter de leur retirer leur masque à oxygène… En captivité, nous jonglons dans l’aquarium avec les petits cubes en plastique que vous nous envoyez. Et ne croyez pas que nous ne savons pas qui vous êtes.

En 2010, à l’aquarium de Seattle, aux États-Unis, deux membres de l’équipe soignante se sont livrés au jeu bien connu du «bad cop-good cop» : l’un nous nourrissait avec douceur, l’autre nous touchait avec un bâton piquant. Après deux semaines, racontent les scientifiques qui ont organisé cette expérience, les huit pieuvres de l’aquarium se comportaient différemment avec l’un et l’autre, habillé pourtant du même uniforme.

En captivité, nous savons parfaitement vous faire passer des messages. La chercheuse de Leeds rapporte que des seiches, impatientes d’être nourries, aspergeaient d’eau leur gardien s’il tardait. Et, dans un parc zoologique en Allemagne, un poulpe est monté sur le bord de son aquarium pour inonder un spot dont la lumière devait le gêner.

La science n’a pas fini de dévoiler tout ce qu’il y a d’extraordinaire en nous. En avril 2017, un article scientifique, fort technique puisqu’il a été publié dans la revue Cell (dédiée à la biologie moléculaire et cellulaire), a suggéré que nous évoluions différemment de presque tous les êtres vivants de la planète: certains d’entre nous sont en effet capables de modifier à plusieurs reprises leur séquence d’ARN (acide ribonucléique, l’autre «molécule du vivant» avec l’ADN) et de l’éditer, pour mieux s’adapter à notre environnement. S’ensuivent, par exemple, des modifications de notre cerveau pour pouvoir prospérer dans des eaux aux températures différentes. Bien pratique en cette période de changements climatiques! Ludovic vous l’avait bien dit: nous sommes de véritables extraterrestres du fond des mers.

Les vaches communiquantes

La vache a ses sens en éveil. À l’inverse de ce que certains stupides imaginent, un regard bovin est un regard expert: une vision à 330 degrés, sans bouger la tête, qu’en dites-vous? Il est vrai que nous sommes plutôt myopes, et distinguons bien mieux les tendres pousses dans le pré qu’un véhicule arrivant au loin. Mais notre ouïe très fine y pallie. Les vaches distinguent les ultrasons (jusqu’à 35.000 hertz), tout comme les basses fréquences et les très faibles volumes sonores. Et puis, il y a notre odorat. C’est notre sens premier, il nous distingue et organise notre vie sociale. Les odeurs disent notre âge, nos besoins sexuels, notre place dans la hiérarchie du troupeau, notre niveau de stress. On se renifle et on se lèche entre vaches, et on approche nos mufles des humains à l’approche: il s’agit de flairer l’éleveur, le vétérinaire que l’on connaît, et de s’inquiéter de la présence d’un intrus à l’odeur inconnue.

Nous communiquons aussi grâce à un bel échantillon de meuglements, beuglements, mugissements (je vous laisse choisir votre mot préféré).

En 2015, en Suisse, des chercheurs de l’École polytechnique de Zurich se sont livrés à une analyse acoustique de troupeaux pour tenter de comprendre ce que les vaches se disent. Lors des naissances de nos veaux et cela durant trois à quatre semaines, nous parlons à nos petits le mufle à moitié fermé pour produire un son grave. Et à l’inverse, quand on nous les retire, nous produisons un meuglement dans les fréquences hautes. De même, les veaux nous appellent plutôt dans les aigus.

De l’avis des scientifiques et des professionnels, fermiers et éleveurs qui nous côtoient, notre cri d’espèce, émis jusqu’à une cinquantaine de fois dans la journée, exprime une grande variété de situations et d’états: faim, soif, chaud, froid, souffrance, désir, appels…

Quant à vous, on dirait que nos «meuh» vous fascinent. Vous tentez parfois de nous imiter, bizarre! des humains qui singent les vaches! Mais vous n’êtes même pas fichus de vous entendre sur le son à produire… «Meuh» en France ; «moo» chez les Anglo-Saxons; «muh» pour les Allemands et les Danois; et «mō» du côté du Japon. Un plaisantin est même allé jusqu’à fabriquer ce qu’il a appelé une «boîte à meuh» pour faire rire ses semblables, on se demande vraiment pourquoi. Laquelle boîte a au moins eu une utilité: le docteur Lucien Moatti l’a calibrée pour le dépistage néonatal de la surdité des bébés humains. Si l’enfant tourne la tête au son de la vache, c’est qu’il entend bien…

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Le Saviez-Vous ► 15 idées reçues totalement fausses sur les animaux


On nous a appris beaucoup de choses sur les animaux, dont beaucoup sont en réalité des légendes urbaines. Comme par exemple qu’un crapaud donne des verrues si on y touche. Que le rouge agace le taureau etc …
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15 idées reçues totalement fausses sur les animaux

oiseau

par Floriane

Tout comme c’est le cas pour les humains, nous avons des idées reçues particulièrement tenaces sur certains animaux. Nombreux sont ceux qui croient certaines choses totalement fausses. En voici 15 pour que vous ne fassiez plus partie de ces gens-là !

1. Le rouge énerve les taureaux

Une bonne fois pour toutes : ce n’est pas le rouge qui énerve les taureaux étant donné qu’ils ne distinguent même pas la couleur rouge. Ce qui les excite, c’est le mouvement de la muleta.

taureau torero corrida

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Crédits : Pxhere

2. Les autruches mettent leurs têtes dans un trou quand elles ont peur

En réalité, une autruche prend la fuite lorsqu’elle est effrayée, une technique bien plus efficace lorsque l’on sait qu’une autruche peut courir près de 70km/h.

autrucheCrédits : Bluesnap/Pixabay

3. Les caméléons changent de couleur pour se camoufler

Ce n’est pas vraiment le cas. En changeant de couleur, le caméléon a pour but principal de communiquer avec d’autres caméléons.

Caméléon vertCrédits : Frédéric BISSON/Flickr

4. Les chiens voient en noir et blanc

Le spectre de vision du chien est beaucoup plus restreint que le nôtre mais ce n’est pas pour autant qu’il voit en noir et blanc, il peut voir des couleurs aussi.

chien berger allemand portraitCrédits : Pxhere

5. On attrape des verrues en touchant un crapaud

Certes, le crapaud n’est pas l’animal le plus glamour du monde mais il ne donne pas de verrues. Il possède des glandes sous la peau qui peuvent sécréter des substances irritantes pour l’Homme, notamment chez certaines espèces exotiques, mais cela est plutôt rare.

crapaudCrédits : Armin Kübelbeck/Wikipédia

6. Un grain de riz cru peut tuer un oiseau

Certains croient qu’un grain de riz cru pourrait tuer un oiseau s’il gonfle dans son ventre. Cela est faux.

oiseauCrédits : iStock

7. Les poux sautent de tête en tête

Un poux ne peut ni sauter, ni voler. Les poux se propagent donc de deux façons différentes : par le biais d’objets déjà colonisés et par les contacts.

PouxCrédits : James Gathany/Pixnio

8. Les chauves-souris sont aveugles

Cette idée reçue est totalement fausse. Toutes les espèces de chauves-souris peuvent voir mais elles ne sont pas toutes dotées de l’écholocalisation.

chauve-sourisCrédits : bayanga85/Flickr

9. Il existe des cimetières pour les éléphants

Cette croyance du XIX° siècle qui dit que les éléphants se rendraient dans un endroit avant de mourir est erronée. Les cimetières pour éléphants n’existent pas. Les éléphants se rapprochent simplement de points d’eau avant de mourir mais ne se rendent pas dans un endroit spécialement pour l’occasion.

éléphant éléphanteauCrédits : Comfreak/Pixabay

10. Les chats voient dans le noir complet

En cas d’absence totale de lumière, un chat ne peut pas voir, bien qu’il puisse voir dans des situations avec peu, voire très peu de lumière.

Chat yeux verts regard moustaches

Crédits : iStock

11. Les poissons rouges n’ont pas de mémoire

Les poissons rouges n’ont pas une mémoire à long terme mais ils en ont une quand même, d’une durée d’environ trois mois.

Poisson rougeCrédits : iStock

12. Les éléphants font beaucoup de bruit lorsqu’ils marchent

Les gens ont tendance à croire cela par rapport à leur taille et leur poids. Mais, en réalité, les éléphants ne font presque pas de bruit quand ils marchent.

Éléphant éléphanteauCrédits : Free-Photos/Pixabay

13. Les baleines bleues peuvent manger des choses énormes

La baleine bleue est un animal immense qui se nourrit essentiellement de crustacés et de petits poissons. La chose la plus grande qu’elle puisse avaler est un pamplemousse.

baleine bleueCrédits : iStock

14. Les taupes sont aveugles

Décidément, les hommes aiment croire n’importe quoi sur ce que peuvent voir ou non les animaux. Les taupes ne sont pas aveugles, elles ont juste une très mauvaise vue.

TaupeCrédits : iStock

15. Les animaux hibernent parce qu’ils ont froid

Non, les animaux n’hibernent pas parce qu’ils ont froid mais parce qu’il n’y a plus de nourriture pour qu’ils puissent se nourrir pendant l’hiver.

Ours brun dortCrédits : iStock

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Le puzzle, un casse-tête… bon pour le cerveau !


Les casses-tête sont une belle activité pour exercer la mémoire, la perception et le raisonnement. En faire un peu tout les jours aurait semble-t’il des bienfaits appréciables
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Le puzzle, un casse-tête… bon pour le cerveau !


Robert-Kneschke/Shutterstock.com

Le puzzle, c’est bénéfique à tout âge ! Alors qu’il est de plus en plus évident que l’usage des écrans devrait être limité, celui des puzzles devrait au contraire être encouragé.

Une étude allemande dresse quelques bonnes raisons de s’y mettre.

La prévention des troubles cognitifs est l’un des grands défis actuels de la médecine. Trouver des outils pour maintenir son cerveau en forme est la mission de nombreux scientifiques. Des chercheurs de l’Université d’Ulm (Allemagne) se sont penchés sur les bienfaits des casse-tête en général et des puzzles en particulier. En observant 100 participants âgés de plus de 50 ans, ils ont pu établir tout l’intérêt de reformer une image à l’aide de petites pièces.

Garder son cerveau en forme

Les participants ont été divisés en différents groupes. Ceux qui ont réalisés des puzzles durant 5 semaines, à raison d’une heure par jour, 6 jours sur 7, avaient des capacités de perception et de raisonnement plus rapides.

Une meilleure mémoire

D’après Patrick Fissler, principal auteur de ce travail, « les puzzles améliorent significativement la mémoire à court et à long termes puisque sont sollicitées la mémoire de travail et la mémoire épisodique ».

Moins de stress

L’hyper-connectivité de notre société semble aller de pair avec l’émergence d’un stress.

« Une situation qui peut avoir des effets négatifs sur le vieillissement cérébral. En focalisant leur attention sur la réalisation d’un casse-tête, beaucoup de personnes font le vide et se détendent. Couplé à une vie saine, cela permet de diminuer le stress. »

Une activité familiale

Dernier point et non des moindres, accessible et simple, la pratique du puzzle peut se faire seul, mais aussi en famille. Un moment de convivialité propice aux échanges.

Source : Jigsaw Puzzling Taps Multiple Cognitive Abilities and Is a Potential Protective Factor for Cognitive Aging, Ulm University – Communiqué Ravensburger « 5 bonnes raisons pour lesquelles assembler des puzzles c’est bon pour le cerveau selon des chercheurs allemands »

Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Dominique Salomon

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