Dix minutes de méditation par jour améliorent l’efficacité du cerveau


On parle beaucoup de méditation et de pleine conscience. Il semblerait qu’il y a vraiment un impact sur notre mémoire, et notre concentration.
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Dix minutes de méditation par jour améliorent l’efficacité du cerveau

 

Pas besoin d'être en haut d'une montagne: la technique fonctionne également chez vous. | Milan Popovic via Unsplash License by

Pas besoin d’être en haut d’une montagne: la technique fonctionne également chez vous. | Milan Popovic via Unsplash License by

Peter Malinowski

On prête moult vertus à la méditation de pleine conscience, parfois sans base scientifique. Pour ce qui est d’améliorer la concentration ou la mémoire de travail, la science a parlé, et elle valide.

Pratiquer la méditation de pleine conscience pendant dix minutes par jour rend le cerveau plus efficace: après cette activité, se concentrer et utiliser la mémoire de travail, soit la capacité à garder une information «active» dans le cerveau, lui demande moins de ressources.

Les grandes déclarations sur les effets de la méditation sont légion, mais trop souvent, les preuves scientifiques qui les étayent sont limitées, voire inexistantes. Dans notre dernière étude, publiée dans la revue Scientific Reports, nous nous sommes penchés sur plusieurs lacunes des recherches précédemment menées sur ce sujet, pour déterminer avec davantage de certitude ce qui change lorsque les gens méditent.

En collaborant avec des collègues de l’Université d’Osnabrück en Allemagne, nous avons effectué une étude contrôlée randomisée, afin d’étudier les effets de la méditation de pleine conscience sur les fonctions cognitives importantes pour la vie quotidienne.

Suivi d’objets multiples

Pour notre étude, nous avons créé deux groupes dans lesquels nous avons réparti aléatoirement trente-quatre participantes et participants. Durant huit semaines, l’un des deux groupes a pratiqué la méditation de pleine conscience, tandis que l’autre groupe –le groupe contrôle– s’est livré à des exercices de relaxation musculaire.

L’utilisation de contrôles dits «actifs», où tous les membres du groupe doivent exécuter une même tâche plutôt que de ne rien faire, permet d’éliminer de nombreuses causes (autres que la méditation) pouvant être à l’origine de changements dans les performances cognitives. Par exemple, le seul fait d’être sélectionnées pour faire partie de l’expérience ou de se mettre à de nouvelles activités pourrait améliorer les performances des personnes concernées, sans qu’il ne s’agisse d’un effet de la méditation de pleine conscience.

Nous nous sommes également penchés sur d’autres limitations des recherches antérieures. Dans certaines études, les tâches cognitives étaient si simples que l’ensemble des participantes et participants, expérimentaux comme contrôles, atteignaient un niveau optimal, ce qui éclipsait les effets potentiels de la méditation. Parfois, les personnes en question n’avaient besoin que de distinguer et de répondre à quatre stimuli différents, qui apparaissaient à plusieurs reprises sur un écran, l’un après l’autre. Toutes avaient rapidement optimisé leur performance. Pour éviter cet écueil, nous avons employé la très difficile tâche de suivi d’objets multiples.

Cet exercice consiste à suivre deux à cinq disques «cibles» se déplaçant sur un écran d’ordinateur, parmi seize disques identiques également en mouvement. Les participantes et participants doivent se concentrer sur les disques cibles sans se laisser distraire par les disques non ciblés.

Les membres des deux groupes ont été soumis à cette tâche quelques jours avant et après avoir pratiqué soit la méditation de pleine conscience (à raison de quatre fois environ par semaine), soit des exercices de relaxation, durant huit semaines.

Réseaux cérébraux affinés

Dans le groupe de méditation, l’exactitude du suivi des cibles a augmenté d’environ 9%, un changement statistiquement significatif montrant que leur concentration et leur mémoire de travail s’étaient améliorées. Les performances des membres du groupe contrôle ne se sont pas améliorées du tout.

Pour déterminer ce qui a changé dans le cerveau des personnes qui méditaient, nous avons enregistré l’activité cérébrale des participantes et participants grâce à un électro-encéphalogramme (EEG), pendant qu’elles et ils se livraient à l’exercice.

Nous avons combiné cette approche avec une méthode dont nous avons été les pionniers voici quinze ans: la commutation rapide (on/off) des disques mobiles, à la fréquence de onze hertz. Leur scintillement continu engendre un signal cérébral appelé «steady-state visually evoked potential» (SSVEP, potentiel évoqué visuel stationnaire en français). En clair, le cerveau génère une activité électrique dont la fréquence est la même que celle des disques scintillants. Ce signal est ensuite capté par l’EEG.

Nous avons découvert qu’après huit semaines d’entraînement, le signal SSVEP était réduit d’environ 88% chez les personnes ayant pratiqué la méditation –et seulement dans ce groupe.

Grâce à de précédents travaux, nous savons ce que signifie cette réduction. Les réseaux cérébraux impliqués dans le suivi des disques se sont affinés, de sorte que le cerveau a besoin de moins de ressources pour accomplir cette tâche.

Technique simple, efficacité prouvée

La plupart des recherches sur la méditation consciente mettent en place des programmes complexes, comme ceux visant à la réduction du stress grâce à la pleine conscience. Mais étant donné que ces programmes incluent la pratique yoga, des étirements et différents types de méditation, il est impossible de dire si les améliorations signalées sont vraiment le résultat d’une pratique de méditation particulière.

Pour plus de clarté, nous avons demandé au groupe de méditation de ne faire qu’un seul exercice de méditation simple, pendant dix minutes par jour. Cet exercice s’appelle méditation sur le souffle en pleine conscience. Il s’agit de se concentrer sur la sensation provoquée par votre respiration –par exemple, l’air qui coule dans et hors de vos narines.

Si des pensées, des sentiments ou d’autres impressions provoquées par vos sens surgissent, il vous faut simplement en prendre acte, puis vous reconcentrer sur votre souffle, sans vous intéresser à la distraction qui vient de se produire ou y penser davantage.

Il est curieux que le simple fait de se focaliser sur son propre souffle, de manière équilibrée, puisse avoir un tel effet sur la concentration et la mémoire de travail. Selon nous, cela se produit parce que la méditation constitue une forme d’entraînement du réseau cérébral. Les mêmes réseaux, activés de façon répétitive au sein du cerveau, deviennent plus efficaces.

Il semblerait que cette forme de méditation cible les réseaux cérébraux centraux, des régions du cerveau interconnectées qui travaillent ensemble et jouent un rôle clef dans de nombreuses tâches cognitives.

L’intérêt de ces résultats pour la vie quotidienne est évident. Rester concentré, distinguer les informations importantes de celles qui ne font que nous distraire et les garder en mémoire sont des compétences importantes dans un contexte de surcharge d’information.

Il a notamment été montré que les opérateurs et opératrices de radars y parviennent mieux que les autres, tout comme –à un niveau plus terre-à-terre– les personnes qui pratiquent les jeux vidéo rapides.

Alors, commençons:

«Nous ressentons sur le bout de notre nez le courant de l’air informe qui nous entoure, et nous laissons les pensées, les sons et les sentiments passer à travers nous sans aucune évaluation…»

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

http://www.slate.fr/

Réformer le monde


On aimerait changer le monde pour que les choses changent. C’est bien, sauf qu’il faut d’abord trouver en nous un équilibre et une harmonie avant de vouloir changer les gens, le monde
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Réformer le monde

 

Avant de songer à réformer le monde, à faire des révolutions, à méditer de nouvelles constitutions, à établir un ordre nouveau, descendez d’abord dans votre coeur, faites y régner l’ordre, l’harmonie, la paix. Ensuite seulement cherchez autour de vous des âmes que vous ressemblent et passez à l’action

Platon

Dans le cerveau de l’homme qui ne craint pas le froid


J’ai déjà vu un reportage sur Wim Hof, l’homme de glace. Il est capable de résister a des froids intenses alors qu’il n’est qu’en culotte courte. Comment peut-il réussir cet exploit. Les scientifiques ont essayer de comprendre grâce à l’IRM du cerveau. C’est son système nerveux sympathique qui a eu le plus de réaction
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Dans le cerveau de l’homme qui ne craint pas le froid

 

Dans le cerveau de l'homme de glace

Wim Hof est surnommé “Iceman”, “l’homme de glace”, pour son exceptionnelle capacité de résistance au froid.

MERCURY PRESS/CATERS/SIPA

Par Hugo Jalinière

Wim Hof est surnommé “l’homme de glace” pour son exceptionnelle capacité à résister au froid. Des chercheurs ont étudié son cerveau en détail pour tenter d’en percer le mystère.

Pieds nus, vêtu d’un simple short, il a couru un semi-marathon sur le cercle polaire… Plus tard, il a établi un record en passant 72 minutes dans une baignoire remplie de glaçons. Voilà deux des 21 exploits — aussi impressionnants qu’inutiles — revendiqués par Wim Hof. Mieux connu sous le nom d“Iceman” (ou “l’homme de glace” en français), ce Néerlandais de 58 ans a en effet démontré une singulière résistance aux froids extrêmes. Une capacité qu’il attribue à une méthode alliant méditation et maîtrise de la respiration.

“Tout le monde est capable d’apprendre ce que je suis capable de faire”, explique sans surprise celui qui a organisé au début des années 2000 la promotion de sa “méthode Hof”.

Mais que sa maîtrise du froid soit due à la méditation ou non, les capacités de Wim Hof ont de quoi intriguer les scientifiques. D’autant qu’il ne se contente pas de résister au froid, il l’apprécie.

Wim Hof prétend contrôler sa thermorégulation corporelle grâce à l’activité de son cerveau

Des spécialistes en neuro-imagerie de la Wayne State University, à Detroit (États-Unis) se sont donc intéressés à la façon dont le cerveau de Wim Hof réagissait lors d’expositions à un froid glacial. Avec des résultats qualifiés de “surprenants”. Les Drs Otto Muzik et Vaibhav Diwadkar ont utilisé à la fois l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, qui permet de tracer l’activité neuronale, et du PET scan, pour l’activité métabolique des autres organes (peau, poumons, cœur…). Le fakir du froid prétend en effet posséder le contrôle de sa thermorégulation corporelle grâce à l’activité de son cerveau. Trois jours durant, il a été soumis à des tests faisant varier la température sur l’ensemble de son corps. Il était pour cela vêtu d’une combinaison spéciale, dans laquelle les chercheurs faisaient circuler de l’eau froide.

L’objectif étant de “provoquer des périodes d’hypothermie douce”, écrivent les auteurs de l’étude parue dans la revue NeuroImage.

Un protocole pour le moins original, à défaut d’être aussi “glaçant” que les “exploits” de Wim Hof.

Wim Hof lors des tests menés par les chercheurs de la Wayne State University (États-Unis).

Les données récoltées ont été comparées à celles de participants sains.

Les auteurs de l’étude relève ainsi le caractère “inhabituel” d’une “régulation volontaire de la température corporelle de la peau, et donc de la température corporelle, même quand le corps est soumis au froid”.

Ce qui “pourrait expliquer sa résistance aux gelures”, précise Otto Muzik.

Mais les chercheurs observent surtout une augmentation significative de son système nerveux sympathique. Un système censé être autonome, contrôlant un grand nombre d’activités “automatiques” de l’organisme : rythme cardiaque, vasoconstriction (modification du diamètre des vaisseaux sanguins), pression artérielle, sécrétion d’adrénaline, libération de glucose par le foie… L’autre phénomène observé est d’ailleurs la consommation plus importante de glucose par les muscles intercostaux. Ce qui résulte, selon les auteurs, en une génération de chaleur se diffusant aux tissus pulmonaires qui réchauffent alors le sang venus s’oxygéner.

Et si le froid, c’était dans la tête ?

“Nous nous attendions à ce que “l’homme de glace” montre une activité neuronale importante dans le cortex insulaire, où sont localisés les centres cérébraux de thermorégulation. Mais c’est dans la substance grise périaqueducale située dans le tronc cérébral supérieur que nous avons observé le plus de modifications substantielles. Une région associée aux mécanismes cérébraux pour le contrôle de la douleur, et qui étend ce contrôle en relâchant des opioïdes et des cannabinoïdes », ajoute le chercheur.

L’hypothèse envisagée par les auteurs est que Wim Hof aurait développé la capacité de susciter, par un stress induit, une réponse analgésique dans la substance grise périeaqueducale. Autrement dit, produire spontanément des opioïdes et des cannabinoïdes dans le cerveau.

“Nos résultats fournissent des preuves convaincantes de la prééminence du système nerveux central sur le corps dans la médiation des réponses de l’homme de glace à l’exposition au froid”, écrivent les chercheurs.

Aucune preuve cependant que la “méthode Hof” soit à l’origine d’un tel métabolisme. L’étude mentionne d’ailleurs de nombreuses fois cette “méthode Hof”, alors qu’elle ne se base finalement que sur un individu.

De là à penser que l’homme de glace et les chercheurs se font un coup de pub mutuel… Reste que les observations avérées chez Wim Hof ont de quoi intriguer : et si le froid, c’était dans la tête ?

https://www.sciencesetavenir.fr/

L’action


La méditation est un atout pour un mieux-être, par contre, c’est par l’action qui fait ce que nous sommes vraiment
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L’action

 

“Comment peut-on apprendre à se connaître soi-même ? Par la méditation, jamais, mais bien par l’action.”

Gandhi

2017, l’année pour faire taire ses pensées négatives


Les pensées négatives ne restent pas longtemps chez moi, alors que d’autres, ces pensées semblent être permanentes. L’idée ici est donc de changer cet état qui peut amener à la dépression. J’aime assez ce qui est proposé ici, la méthode du questionnement socratique
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2017, l’année pour faire taire ses pensées négatives

B0009529 Areas of the human brain and their functions, illustration | Wellcome Images via Flickr CC License by

B0009529 Areas of the human brain and their functions, illustration | Wellcome Images via Flickr CC License by

Repéré par Camille Desmaison-Fernandez

Le New York Times a lancé le défi à ses lecteurs d’arriver à surmonter leurs pensées négatives en 2017, grâce à un florilège de conseils.

Les êtres humains ont davantage tendance à ruminer leurs mauvaises expériences que les meilleures. Une réaction plutôt saine si l’on veut se protéger des dangers futurs.

Selon Rick Hanson, psychologue et chercheur au centre Greater Good Science de l’université de californie, «nous avons été construits pour nous éloigner des expériences négatives». Il ajoute cependant que «nous apprenons des résultats positifs».

Il s’agirait donc de ne pas se laisser trop parasiter par nos pensées négatives, qui peuvent évidemment avoir une mauvaise influence sur notre bien-être, rappelle le New York Times. Stress, inquiétude… autant de symptômes qui nuisent à notre santé.

Et il s’avère que certaines personnes sont plus sujettes à ces pensées négatives que d’autres, le résultat d’une dot génétique mais pas seulement. Selon Judith Beck, psychologue et présidente de l’institut Beck pour la thérapie cognitivo-comportementale, les individus tourmentés pendant leur enfance sont plus susceptibles d’être parasités par des pensées négatives. Mais avec de la pratique, on peut éloigner ses vieux démons.

Pour se débarrasser de ses pensées négatives, le New York Times conseille paradoxalement de ne pas s’empêcher d’y penser.

Selon le Dr. Beck «l’inquiétude et l’obsession s’aggravent quand vous essayez de contrôler vos pensées».

Au contraire, il s’agirait plutôt d’identifier que l’on est dans une phase obsessionnelle. Être conscient que ses pensées sont parasitaires, et les méditer, pour diminuer leur poids.

Questionnement socratique

Il s’agit ensuite de les défier. Le New York Times conseille de se mettre dans la peau d’un ami, qui apprendrait une nouvelle identique à celle qui a provoqué des pensées négatives chez vous. Comme le refus d’une promotion, ou une rupture. Il faut tenter d’imaginer ce que l’on dirait à cet ami pour le rassurer. Et évidemment, tenter de l’appliquer à soi-même.

Cette méthode s’appelle le questionnement socratique. Une étude menée par l’université de l’Ohio a conclu que cette simple démarche permettait de réduire significativement les symptômes dépressifs chez les adultes. Dans l’étude, l’interrogation socratique aidait les patients à examiner leurs pensées négatives et à leur donner une perspective plus réaliste de la manière dont ils pourraient s’en sortir.

Le New York Times précise que si ces pensées négatives persistent et provoquent un sentiment de détresse, mieux vaut consulter un spécialiste des sciences cognitives. Des thérapeutes permettent aussi de revenir à la source de ces schémas de pensées négatives. En sachant d’où ils viennent, il serait plus facile de les comprendre.

http://www.slate.fr/

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La sagesse sort de la bouche des enfants


Personnellement, j’ai aimé mes cours de philosophie au CEGEP. Je trouve que c’est un bon outil pédagogique pour de jeunes enfants
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La sagesse sort de la bouche des enfants

 

Le Huffington Post Québec  |  Par Victoria Vidal

« Qu’est-ce que la philosophie? », demande l’animateur. « C’est réfléchir à comment la vie pourrait être mieux », lance Ninon du haut de ses 9 ans. « C’est réfléchir sur le sens de la vie », suggère sa camarade Inoa. « C’est partager les avis, mais c’est aussi la vie en général. Vivre tous les jours, c’est faire de la philo », renchérit Alice.

« Et le bonheur? » poursuit l’animateur. « C’est juste d’être, d’exister au monde », répond Julien.

Ce philosophe en herbe rentre de l’école, après son premier atelier de philo, et s’écrie:

«Maman, quand je pense que j’ai attendu 7 ans et demi pour faire de la philosophie ! ».

L’ouvrage du philosophe Frédéric Lenoir, Philosopher et méditer avec les enfants, regorge de petites perles de sagesse à faire pâlir leurs aînés chevronnés. Pendant un an, cet érudit éclectique est allé à la rencontre des petits de 4 à 11 ans pour les initier à la philosophie. Il raconte dans son livre «l’aventure enthousiasmante » qu’il a vécue auprès de centaines d’enfants.

« Les réponses des enfants sont stupéfiantes de profondeur », s’exclame-t-il « ils ont une sorte d’intuition philosophique extraordinaire. »

Des milieux favorisés de Paris et de Genève jusqu’aux quartiers difficiles de Molenbeek et d’Abidjan, M. Lenoir témoigne que

« sur les points fondamentaux, tous ces enfants étaient d’accord sur l’essentiel». Ce qui conforte le principe « d’une universalité de la pensée », indépendamment des origines socioculturelles. «On voit des différences mineures », nuance-t-il toutefois, « par exemple le niveau de vocabulaire.»

Philosopher….un jeu d’enfants !

Dans ces ateliers de philo, on ne demande pas aux enfants de lire Kant ou Spinoza.

« On les encourage à poser les bonnes questions et à chercher intelligemment des réponses avec des arguments rationnels », explique Frédéric Lenoir.

Les petits sont initiés à l’acte de philosopher, un exercice pédagogique qui favorise le développement d’une pensée critique et créative. Et comme ce sont des ateliers de groupe, les enfants apprennent à s’écouter, à dialoguer et à respecter les règles du débat d’idées.

L’originalité de la méthode prônée par Frédéric Lenoir réside dans l’introduction de la méditation dans ces ateliers de philo.

« Décroisez les jambes, mains à plat sur les genoux, fermez les yeux, portez votre attention sur votre respiration… », commence-t-il ainsi chaque séance.

Cette pratique de l’attention « calme les enfants agités, développe leur capacité de concentration et leur apprend à gérer leurs émotions », plaide cet adepte de la méditation.

Une alliance heureuse qui permet à l’enfant de cultiver à la fois sa relation à soi et sa relation au monde.

Les petits Québécois sont férus de philo aussi !

Expérimenté dès 2005 dans la Commission scolaire Marie-Victorin, le programme Prévention de la violence et Philosophie pour enfants a été conçu pour développer « une musculature de la pensée et une culture de la non-violence chez les enfants », affirme Céline Roy, coordonnatrice du programme de prévention à La Traversée, un organisme d’aide de la Rive-Sud.

« Les enfants aiment beaucoup ces cours, ils sont contents et épanouis », poursuit Mme Roy. « Ce qui me fait le plus plaisir », s’enthousiasme-t-elle, « c’est de voir la réhabilitation des enfants autrefois exclus et rejetés, auprès de leurs camarades ». En leur offrant un cadre d’expression où ils ne se sentent ni jugés, ni notés, on permet à ces enfants de se construire « une identité solide. »

Les résultats probants de l’expérimentation pilotée par la CS Marie-Victorin, ont conduit d’autres commissions scolaires à intégrer des ateliers de philo dans leur programme, notamment CS Marguerite-Bourgeoys, CS de Montréal, CS des Affluents et CS des Grandes Seigneuries.

Cette méthode pédagogique inspirée par le philosophe américain Matthew Lipman, fut introduite au Québec en 1982 par Anita Caron, alors professeure à l’UQAM puis développée par Michel Sasseville, professeur de philosophie à l’Université Laval.

Les enseignants s’appuient sur des romans philosophiques et des guides pédagogiques dans le but « d’amener les enfants à penser par et pour eux-mêmes», tel que l’exprime Michel Sasseville.

Nul besoin donc d’atteindre l’âge de 45 ans pour philosopher, comme le préconisait Aristote. La philosophie s’avère être une aptitude à la vie plutôt qu’une discipline académique. Élever un enfant prend alors tout son sens dans cette approche didactique puisqu’elle vise à élever sa conscience et son esprit.

Philosopher et méditer avec les enfants (éditions Albin Michel), avec un CD de méditations guidées.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Marcher, c’est bon aussi pour le mental !


Je ne suis pas sportive, mais la marche, c’est un exercice facile surtout quand on peut aller dans un environnement agréable. C’est une bonne thérapie pour se remettre les idées en place, pour réfléchir, pour se détendre
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Marcher, c’est bon aussi pour le mental !

 

On connaît les bienfaits de la marche pour entretenir sa forme physique, moins ceux sur la santé psychique. Les dix bénéfices qu’il y a à marcher pour se sentir mieux dans sa tête.

Se sentir mieux après une bonne marche est un sentiment largement partagé par ceux qui en ont fait l’expérience. Lors de cette activité, l’interaction corps/esprit est en effet unique. Marcher 30 à 40 minutes plusieurs fois par semaine permet de décompresser, de s’apaiser quand on est tendu, mais aussi d’y voir plus clair ou encore de trouver des solutions. Bref, c’est à la fois un extraordinaire booster cognitif et un formidable tranquillisant naturel. Cette expérience empirique des bienfaits psychiques de la marche est confirmée régulièrement par les chercheurs.

« Les travaux de l’Inserm, dit le Dr Guillaume Schneider-Maunoury, ont scientifiquement établi les bienfaits de la marche pour prévenir les troubles psychiques sur le très large spectre qui va du stress de la vie moderne jusqu’à la dépression. La marche libère les endorphines qui participent à notre sensation de mieux-être, nous permet de mieux nous situer dans notre vie et de renforcer notre estime de soi. »

Marcher pour dénouer les tensions

La respiration ample et régulière que la marche implique favorise une meilleure oxygénation du corps et du cerveau, ce qui participe à dénouer les tensions accumulées.

« C’est un effet mécanique, souligne Pierre-Yves Brissiaud, psychothérapeute. La verticalité qu’impose la marche entraîne un relâchement des trapèzes, du haut du dos, des mâchoires, jusqu’aux dents qui se desserrent… La marche oblige à abandonner ces tensions hautes, dos, nuque, épaules, qui s’installent quand nous sommes stressés. Ce relâchement physique induit immédiatement un relâchement psychique. »

Marcher pour découvrir

La marche favorise notre capacité d’attention et fait émerger notre créativité.

« Quand on marche en pleine campagne par exemple, rappelle Valérie Germain, psychologue clinicienne, on s’éloigne de la sur sollicitation du quotidien. Notre attention en est à la fois plus large et moins dispersée. Le seul mouvement de la marche renforce notre concentration. Nos réflexions aussi changent de nature. Elles sont plus existentielles. »

En effet, la symbolique de ce mouvement est très forte.

« En marchant, précise Pierre-Yves Brissiaud, on se retrouve relié au ciel et à la terre, les pieds reprennent racine et la tête s’évade vers le haut. Il y a une dimension de quête spirituelle dans la marche. »

Et l’occasion de découvrir en nous des ressources insoupçonnées, nos résistances habituelles baissent la garde, les associations d’idées se font plus facilement aidées par ce qui se passe sous nos yeux.

Marcher pour jubiler

C’est la cerise sur le gâteau. Il y a un très vif plaisir à profiter de l’énergie, du bonheur, que nous renvoient la douceur de l’air, la clarté d’un ciel, la force d’un vent, un grand ravissement à contempler la beauté qui nous entoure. La nature est un puissant et joyeux thérapeute.

Marcher pour méditer

Méditer, ce n’est pas seulement faire le vide, c’est aussi réfléchir autrement.

« La marche est une médiation en mouvement, insiste Pierre-Yves Brissiaud. Par la rupture avec notre quotidien, par la régularité de ce mouvement répétitif, un pied devant l’autre, et par la respiration qu’elle instaure, elle nous fait entrer en méditation plus facilement. »

On peut alors décider de se focaliser sur son ressenti corporel. Par exemple, on peut entamer une marche en faisant attention à relâcher ses épaules et en observant ce qui se passe en nous. Ou bien en décidant d’être plus attentif à ce que l’on entend de l’oreille droite, puis de l’oreille gauche, et enfin des deux. Ensuite, il n’y a plus qu’à laisser libre cours à ce qui vient à l’esprit.

Marcher pour positiver

Marcher permet de positiver parce que c’est une activité toute simple et libératrice. Aucune compétence n’est nécessaire, aucun prérequis n’est exigé, pas besoin d’être beau, jeune, riche ou fort ! On sait tous marcher. Mieux, on est tout de suite bon. On peut démarrer et en tirer plaisir immédiatement. On enclenche ainsi une spirale positive dont l’un des atouts est de nous aider à sortir de nos ruminations et pensées négatives.

« La marche met en mouvement notre corps, précise Valérie Germain, et cette nouvelle réalité physiologique a une incidence sur notre réalité psychique : elle nous oblige à sortir de notre fonctionnement en boucle. »

On adopte de fait un nouvel angle de vue, on échappe à une vision sans issue, on abandonne ces pensées qui tournoyaient sans fin en nous. Un effet visualisé dans le cerveau par l’imagerie médicale.

Marcher pour prendre de la distance

Quand on se sent coincé, sans solution, marcher nourrit la réflexion, « en nous plaçant dans un état de concentration qui favorise un retour vers l’essentiel, observe Valérie Germain. Ce mouvement se fait presque naturellement, à notre “corps défendant”. On se remet face à soi-même dans une vision plus globale au lieu de se focaliser sur des détails, on reformule ce qui nous obsède. »

En intégrant une réalité nouvelle, un autre chemin, on prend du recul tout simplement. On ne subit plus, on se place en tant qu’acteur.

Marcher pour rencontrer de nouvelles personnes

La marche est aussi un puissant facteur de convivialité. C’est un exercice qui fait sortir de l’isolement, y compris lorsqu’on marche seul. La rencontre et la reconnaissance par ceux que nous croisons se trouvent toujours à un pas devant soi.

« Quand on n’a pas le moral, constate Valérie Germain, on perd l’envie d’aller vers les autres. On doute de sa valeur, on manque de confiance en soi. Or, marcher dans un endroit qui nous plaît aide à restaurer cette confiance.

On se sent de la même famille que ceux qui nous entourent. Les marcheurs se saluent, un regard peut suffire, et partagent des valeurs qui les unissent. »

Marcher pour réveiller ses sens

En marchant, nos cinq sens sont mis en éveil.

« Presque automatiquement, ils se synchronisent, constate Pierre-Yves Brissiaud. On sent l’odeur de la forêt, on écoute le chant des oiseaux, on ressent le vent ou la chaleur du soleil, on observe le paysage, on goûte la pluie… »

Cette stimulation sensorielle ouvre la palette des émotions, nous permettant de mieux ressentir ce qui vient à nous.

Marcher pour se recentrer

Marcher permet de remettre en ordre ce que l’on a entendu, vécu, réalisé. C’est l’occasion de trier et de réorganiser les multiples informations et sensations perçues dans la journée.

« C’est un exercice d’intériorisation quand on décide de s’y livrer en pleine conscience, dit Pierre-Yves Brissiaud. On peut se demander, “Pourquoi je me mets en marche ? Est-ce pour faire le vide ? Tout oublier ? Ou bien me rappeler ?” Marcher, c’est alors revenir à soi, recréer une intimité avec soi. »

Marcher pour se retrouver

Mais la marche, seul, dans le silence de ses pensées, c’est certainement d’abord et avant tout l’occasion d’une rencontre avec soi-même, d’un dialogue intérieur. L’harmonie entre corps et tête dans laquelle le mouvement nous installe, nous restaure dans notre complétude.

« Nous sommes dans une société de l’apparence, souligne Pierre-Yves Brissiaud. C’est notre extériorité que nous travaillons le plus : “Je suis untel, je fais ceci dans la vie, je possède telle chose…” Or, l’être extérieur est sous influence permanente de son environnement tandis que l’être intérieur est plus authentique, plus juste, mais aussi plus silencieux. Marcher nous permet de le faire émerger, de lui laisser sa place et d’engager un dialogue entre cet être extérieur et notre être intérieur. »

 

Auteur:

Fanny Dalbera

Consultant(s):

Pierre-Yves Brissiaud, psychothérapeute, organisateur de voyages thérapeutiques de marche dans le désert

Valérie Germain psychologue clinicienne formée à la psycho-randonnée

http://www.santemagazine.fr/