Le Saviez-Vous ► L’Église médiévale a inventé l’instrument de torture qui vous réveille tous les matins


Pour arriver à l’heure après un sommeil ou une sieste, mieux vaut mettre le réveil-matin. Et j’avais oublier de mettre mon réveil pour demain matin. Beurk ! Pauvre de nous, c’est cet objet qu’il soit sur le téléphone, une montre, un réveil-matin, un radio-réveil qui contrôle la fin de notre sommeil. Ce sont les moines du Moyen-Âge qui ont cru bon de trouver une solution pour que les frères désignés qui doivent veiller pour réveiller les autres. Car être un veilleur n’empêche pas pour autant de s’assoupir.
Nuage

 

L’Église médiévale a inventé l’instrument de torture qui vous réveille tous les matins

 

Horloge à eau et tambour hydraulique probable actionnant des clochettes (vers 1250) | Bible moralisée via Wikimedia Commons

Horloge à eau et tambour hydraulique probable actionnant des clochettes (vers 1250) | Bible moralisée via Wikimedia Commons

Florian Besson et Nonfiction

Chaque matin, c’est la même rengaine: votre réveil sonne. Mais qui doit-on remercier pour cette habitude?

Qui n’a jamais haï son réveil? Injurié silencieusement (ou pas) cette petite sonnerie qui vous intime de vous lever? Cherché à désobéir, à grappiller encore quelques minutes de sommeil, avant de céder? Tous les matins (ou presque), nous obéissons à une machine. Et si je vous disais que c’est la faute des moines médiévaux?

Le souci religieux de la ponctualité

Dès le haut Moyen Âge apparaît l’idée que les prières sont plus efficaces si elles sont simultanées. Dans les monastères, on va alors imposer un emploi du temps strict, articulé autour «d’heures» qui sont autant de moments de prières: soit, dans l’ordre, les vigiles (2h du matin), les matines (4h), les laudes (5h), prime (6h), tierce (9h), sexte (midi), none (15h), vêpres (19h). Parmi ces offices, les offices nocturnes, surtout les vigiles, sont les plus difficiles: ils imposent une servitude temporelle stricte en coupant en deux la nuit de sommeil.

Dès lors, comment réveiller les moines? Une solution serait de maintenir un veilleur qui compte le temps avec une clepsydre et va ensuite réveiller ses frères. C’est d’ailleurs le sens premier du mot «vigile»: celui qui reste éveillé, celui qui veille, qui voit. C’est la solution préconisée encore au VIe siècle par une règle monastique appelée la Règle du Maître: deux moines doivent rester réveillés, et on les appellera «les coqs vigilants». Mais, évidemment, ce n’est pas très fiable: facile de s’endormir quand on joue la sentinelle… Or pour un moine, rater une messe est gravissime.

Cette faute est bien sûr immortalisée dans une célèbre comptine qu’on retrouve dans toutes les langues européennes:

«Frère Jacques, dormez-vous, dormez-vous? Sonnez les matines…» (et voilà, maintenant vous l’avez dans la tête pour la journée. De rien.).

Les moines médiévaux avaient très peur d’être des frères Jacques malgré eux. Au XIe siècle, un moine, Raoul Glaber, rapporte ainsi qu’il a été visité un matin par le diable, qui le tente en lui conseillant de rester au lit:

«Pourquoi sautes-tu si vite du lit dès que tu as entendu le signal? Tu pourrais t’abandonner encore un peu à la douceur du repos, au moins jusqu’au troisième signal…».

C’est comme nous le matin, quand on active la fonction snooze pour voler quelques minutes! Raoul ne se laisse pas prendre au piège: il comprend que le diable veut lui faire rater la messe, ce qui pourrait compromettre son salut. Pensez-y, la prochaine fois que vous grognerez péniblement «Encore cinq minutes…».

Organiser le temps

Ce souci monastique de la ponctualité s’inscrit plus globalement dans une volonté de l’Église d’organiser le temps, à toutes les échelles. C’est ainsi qu’elle met en place un calendrier complexe, articulé autour de dizaines de fêtes et de célébrations. Plusieurs de ces fêtes sont dites «mobiles»: elles ne tombent pas à une date fixe mais dépendent du calendrier lunaire et/ou solaire. C’est le cas de la fête de Pâques, qui se décale chaque année (comme le début du Ramadan en terre d’islam). Pour calculer cette date, les meilleurs scientifiques du temps élaborent de savantes tables de calcul, les computs.

Ce souci du temps est omniprésent et c’est même l’un des domaines scientifiques proprement médiévaux. Autant le Moyen Âge occidental est, par rapport à l’Antiquité romaine ou au monde musulman, en retard au niveau de la médecine, de l’optique, de l’ingénierie, autant il est en avance dans ce domaine-là: mesurer le temps.

Les machines disent l’heure

L’Église va dès lors apprendre à fabriquer des instruments mécaniques de réveil. Dès le VIIe siècle, on fabrique des clepsydres, de plus en plus perfectionnées. Le XIIIe siècle sera le temps des horloges mécaniques, qui se multiplient dans les grandes villes, mais aussi dans les abbayes. Elles permettent non seulement de savoir l’heure qu’il est, ce qui est crucial pour imposer un temps en commun, mais surtout les horloges servent à prévoir l’heure qu’il sera. Elles ne sont pas seulement des outils d’information, mais de maîtrise du temps.

On trouve cette dimension en toutes lettres dans la règle de l’abbaye de Villers, en 1268: s’adressant au sacristain, chargé de sonner les cloches de l’abbaye, la règle note

«Tu règleras soigneusement l’horloge, et alors seulement tu pourras dormir tranquillement».

La règle cistercienne, rédigée un siècle et demi plus tôt, consacre déjà de longs paragraphes aux soins à apporter aux horloges des abbayes.

Ces horloges sont en réalité des minuteries. On s’en sert encore pour les œufs à la coque: celles du Moyen Âge fonctionnent de la même façon, sauf que ça tictaque pendant des heures avant de sonner pour réveiller un moine. C’est le rôle de Frère Jacques: il doit se réveiller pour aller «sonner les matines» afin que les cloches réveillent tous les autres moines. En latin, on dit horologia excitatoria. Les contemporains ont eu conscience qu’il s’agissait de nouvelles machines, et ont forgé des nouveaux mots: les Hollandais disent klokke, les Anglais clock. Or, ce clock renvoie à la cloche: les premières machines à dire le temps furent des cloches automatisées. De même, en anglais montre se dit watch, c’est-à-dire littéralement garde, veille. Savoir l’heure, c’est donc avant tout pouvoir se réveiller.

Bref, l’Église médiévale invente du même geste le réveil-matin et l’autodiscipline temporelle. Comme des moines bien disciplinés, nous réglons, chaque soir, notre réveil avant d’aller dormir. Nous obéissons à la sonnerie, et nous nous levons en même temps que des dizaines de milliers de personnes. La diffusion des horloges a favorisé l’émergence de la notion d’horaire, de retard, d’emploi du temps. Ces notions contribuent à la naissance d’une société disciplinaire, comme l’analyse Michel Foucault: une société dans laquelle le pouvoir découpe le temps pour mieux contrôler les corps et les vies. Décidément, Frère Jacques aurait mieux fait de se rendormir: on ferait tous et toutes de belles grasses mat’, personne n’arriverait jamais en retard, on ne serait pas angoissés par l’idée de perdre son temps.

Quand on vous dit que c’est la faute des moines…

http://www.slate.fr

Il y a plus de 1000 ans, cette femme a accouché dans sa tombe


Quelle horreur ! Heureusement que la médecine obstétrique à évoluer depuis le Moyen-âge. Cette femme souffrait probablement d’éclampsie. Elle a donc subit un traitement, la trépanation et elle survécue au moins 1 semaine avant de mourir. Dans sa tombe, elle aurait accouché dû au gaz de la décomposition de son corps.
Nuage

 

Il y a plus de 1000 ans, cette femme a accouché dans sa tombe

 

image de l'article principal

par Brice Louvet, rédacteur scientifique

Une ancienne tombe médiévale retrouvée près de Bologne, en Italie, contenait une femme enceinte blessée à la tête avec un fœtus entre ses jambes. Grâce au positionnement des os, les chercheurs ont conclu qu’il s’agissait d’une « naissance de cercueil », quand un bébé est expulsé de force du corps de sa mère après sa mort.

La tombe, datant du VIIe-VIIIe siècle après J.-C., était retrouvée en 2010 à Imola, au nord de l’Italie. C’est parce que le squelette adulte avait été retrouvé face visible et intact que les archéologues ont déterminé qu’il s’agissait d’une sépulture. Le fœtus entre ses jambes et la blessure à la tête, cependant, ont demandé une enquête approfondie, récemment publiée dans la revue World Neurosurgery par des chercheurs des universités de Ferrare et de Bologne.

En se basant sur la longueur de l’os du fémur, les chercheurs ont tout d’abord déterminé que le fœtus était à environ 38 semaines de gestation. La tête et le haut du corps du bébé se trouvaient sous la cavité pelvienne, alors que les os de la jambe étaient toujours à l’intérieur. Cela signifie qu’il commençait à se préparer à la naissance. Bien que rare dans la littérature médico-légale contemporaine – et encore plus dans le dossier bioarchéologique – il pourrait s’agir ici d’un cas d’expulsion fœtale post-mortem, ou naissance de cercueil. La bioarchéologue Siân Halcrow, de l’Université d’Otago (Nouvelle-Zélande), explique que dans le cas de la mort d’une femme enceinte, le gaz produit lors de la décomposition normale du corps s’accumule parfois au point que le fœtus est expulsé de force.

Share

Crédits : Pasini et al. / World Neurosurgery

Cet exemple de naissance est intéressant d’un point de vue archéologique, mais l’état de santé de la mère le rend tout à fait unique : elle avait une petite marque sur son front et un trou circulaire de 5 mm juste à côté. Ce pourrait être, selon les chercheurs, les signes d’une trépanation, une ancienne forme de chirurgie du crâne. Non seulement la femme enceinte a été trépanée, mais elle a aussi vécu au moins une semaine après la chirurgie primitive. Dans l’article, les chercheurs italiens proposent une corrélation entre la chirurgie de la mère et sa grossesse : l’éclampsie.

« Parce que la trépanation était autrefois utilisée dans le traitement de l’hypertension pour réduire la pression artérielle dans le crâne, écrivent-ils, nous avons émis l’hypothèse que cette lésion pourrait être associée au traitement d’un trouble de grossesse hypertensive ».

L’éclampsie est l’apparition de crises chez une femme enceinte souffrant d’hypertension artérielle liée à la grossesse. Et particulièrement il y a quelques siècles, cette affection était probablement une cause fréquente de décès maternel. Une femme enceinte qui souffre de fièvres, de convulsions et de maux de tête au début du Moyen Âge pourrait très bien avoir été trépanée.

« Compte tenu des caractéristiques de la plaie et de la grossesse tardive, notre hypothèse est que la femme enceinte a subi une éclampsie, et qu’elle a ensuite été traitée avec une trépanation frontale pour soulager la pression intracrânienne », notent les chercheurs.

Si les conclusions des chercheurs sont correctes, l’état de la mère ne s’est malheureusement pas amélioré, et elle a été enterrée toujours enceinte dans une tombe bordée de pierres. Son corps se décomposant, son fœtus décédé a ensuite été partiellement expulsé.

Source

https://sciencepost.fr/

40 000 squelettes déterrés à Londres


Comme tout grand projet, chaque découverte du passé est soumis à des archéologues. À Londres, pour construire une gare ferroviaire, un vieux cimetière dont les morts ont été enterrées entre 1788 et 1853 devient une vraie aubaine pour les scientifiques. Des milliers de dépouilles sont jusqu’à maintenant exhumées dans le but d’être étudié pour en apprendre plus du monde de vie, des maladies à cette époque.
Nuage

 

40 000 squelettes déterrés à Londres

 

 

Depuis plusieurs semaines, le site de St. James’s Gardens, à côté de la gare d’Euston, dans le nord de Londres, est devenu un vaste champ de boue. Des dizaines d’archéologues fouillent ce qui fut un cimetière entre 1788 et 1853 pour faire place à une nouvelle ligne ferroviaire à grande vitesse. Que pourraient leur apprendre ces vieux os ?

D’APRÈS L’AGENCE FRANCE-PRESSE

Enterrés dans l’argile

Agenouillée dans un ancien parc adjacent à l’une des gares les plus fréquentées de Londres, une armée d’archéologues fait émerger de l’argile grasse et compacte des milliers de tombes qui seront déplacées pour faire place à une nouvelle ligne ferroviaire à grande vitesse. Plus de 1200 des quelque 40 000 dépouilles ont déjà été mises au jour à St. James’s Gardens, à côté de la gare d’Euston, un espace vert désormais fermé au public qui fut un cimetière entre 1788 et 1853. Il fait partie de la soixantaine de sites archéologiques définis dans le cadre du projet géant High Speed 2 (HS2), nouvelle ligne ferroviaire à grande vitesse qui traverse l’Angleterre.

Des pelles et des milliards

Depuis plusieurs semaines, le site de St. James’s Gardens, dans le nord de la capitale britannique, est devenu un vaste champ de boue, creusé en terrasses pouvant aller jusqu’à huit mètres de profondeur. Des dizaines d’archéologues vêtus de vêtements de chantier orange et de casques blancs brisent la terre à l’aide de pelles et de hoyaux, tandis que d’autres brossent les restes humains sous un toit temporaire de 11 000 m2 qui les protège de la pluie et des curieux. Le projet HS2 est très controversé au Royaume-Uni, du fait de son coût, des expropriations qu’il entraîne et de son tracé traversant la campagne anglaise. La première phase, un tronçon reliant Londres à Birmingham (centre de l’Angleterre), est estimée à 24 milliards de livres (environ 41 milliards de dollars canadiens) et doit s’achever en 2026. Le HS2 doit ensuite continuer sa route vers le nord.

Colonne tordue, dentition intacte

L’argile a permis de conserver les tombes en très bon état. Le revêtement en pierre de l’une d’elles a été ouvert, révélant un cercueil de bois intact. La colonne vertébrale du squelette est tordue, mais le crâne a encore toutes ses dents, une découverte qui permettra d’en savoir plus sur le mode de vie et la mortalité lors d’une phase importante de l’industrialisation du Royaume-Uni.

« C’est probablement la plus grande accumulation de squelettes des XVIIIe et XIXe siècles jamais mise au jour dans ces conditions archéologiques dans ce pays », a assuré à l’AFP l’ostéologue Mike Henderson. « Avec tant de données, on peut vraiment commencer à étudier des questions importantes […] comme la prévalence des maladies et les taux de mortalité. »

Une aubaine

Jusqu’ici, l’équipe a trouvé des indications de tuberculose, de blessures traumatiques, comme des os cassés, de soins dentaires (de fausses dents) et d’actes de chirurgie sur des crânes sciés. Malgré son coût controversé, le projet ferroviaire est une aubaine pour les archéologues, leur permettant de déterrer des ruines préhistoriques, médiévales, romaines et industrielles à travers l’Angleterre

« Nous ne ferions pas ces découvertes sans ce chantier », a souligné Helen Wass, chef du patrimoine du projet HS2.

Les os des riches

À Euston, les archéologues ont commencé par la partie du cimetière réservée aux riches, aux tombes de pierre, avec des gravures ou des plaques de plomb sur les cercueils indiquant l’identité des occupants. S’y trouvent notamment James Christie, qui a fondé la maison d’enchères portant son nom, et le capitaine Matthew Flinders, l’explorateur qui aurait baptisé l’Australie. Au cours de l’année, l’équipe qui peut compter jusqu’à 200 membres, y compris ceux travaillant dans des laboratoires montés sur place, se déplacera vers les parties plus pauvres. Après examen et nettoyage, les squelettes seront à nouveau inhumés en terre consacrée, dans un lieu encore à déterminer. L’opération se fait sous l’œil des caméras de la BBC, qui compte en tirer un documentaire qui sera diffusé l’an prochain. 

http://mi.lapresse.ca/

Un jeu de société médiéval a été découvert dans un château en Russie


 

En Russie, les archéologues ont trouvé dans un passage secret d’un château qui aujourd’hui est un musée, un jeu de table de l’époque médiéval. Il serait l’ancêtre du jeu de dame.
Nuage

 

Un jeu de société médiéval a été découvert dans un château en Russie

 

Crédits : Musée de Vyborg

par  Malaurie Chokoualé

 

Massif, le château de Vyborg s’élève d’entre les arbres, entouré d’eau. Aujourd’hui changé en musée, la forteresse médiévale fascine durablement les communes alentours, et particulièrement les habitants de Vyborg, petite ville russe près de la frontière avec la Finlande.

Fin août, le musée de Vyborg annonçait que des archéologues allaient passer au peigne fin un passage secret longtemps tombé dans l’oubli. Le 10 septembre, Motherboard a rapporté l’une de leurs incroyables découvertes : un plateau de jeu datant de l’ère médiévale.

Le jeu de société a été retrouvé enterré au fond d’un passage secret qui relie l’îlot du château et la ville toute proche. Les archéologues ont d’ailleurs recréé le passage en 3D. Quant au jeu, il s’agit d’une brique d’argile aux tons ocres sur laquelle est gravée un labyrinthe carré. Les chercheurs ont identifié le jeu comme un plateau de jeu du moulin, qui existait déjà à l’époque de l’Égypte antique et de l’Empire romain. Parfois imprimé au dos des jeux de dames dont il est l’ancêtre, certains le pratiquent encore aujourd’hui.

La découverte de cette brique est considérée par les chercheurs comme la plus intrigante de l’expédition à ce jour. Ils ont également trouvé dans un des puits du château une bourse pleine de pièces en cuivre datant du début du XIXe siècle. Mais s’il n’a pas encore été daté avec précision, il ne fait qu’aucun doute que le jeu les précède de plusieurs siècles.

Sources : Motherboard/Musée de Vyborg

https://www.ulyces.co/

Le Saviez-Vous ► Pouvait-on faire un burn-out au Moyen Âge?


L’article est plus intéressant au 2 ème sous-titre. Le travail a évoluer au temps du Moyen-Age, alors que la plus des gens étaient dans le milieu agricole, les heures de travail ne se comptaient pas. Tout était fait de la force de l’humain et animale, sans technologie comme aujourd’hui, puis dans les villes d’autres professions ont émergé. Curieusement, ce sont les artisans qui demandaient plus de travail pour faire plus d’argent. Puis vint un jour l’horloge qui dicte les heures de travail. Les patrons n’étaient pas trop favorables aux pauses, des soulèvements ont commencé pour un 8 heures de travail et les pauses.
Nuage

 

Pouvait-on faire un burn-out au Moyen Âge?

 

Le mois d’Octobre. Les Très riches heures du duc de Berry, 1412-1416, musée Condé de Chantilly. Détail.

Le mois d’Octobre. Les Très riches heures du duc de Berry, 1412-1416, musée Condé de Chantilly. Détail.

Simon Hasdenteufel

 

Le syndrome d’épuisement professionnel, difficile à définir tant il recouvre des réalités différentes, pose la question de la place du travail dans nos sociétés. Une interrogation qui ne date pas d’hier.

On bosse comme des damnés!

Le mot travail n’apparaît dans le langage courant qu’à la fin du XVe siècle et son étymologie pourrait être très parlante à tout amateur de longues grasses matinées. Il viendrait en effet du mot latin tripallium qui désigne un instrument de torture à trois pieux pour punir les esclaves rebelles –difficile d’avoir une vision plus négative du travail! Cette funeste étymologie reste néanmoins sujette à débat. Elle a en effet été contestée par le chercheur André Eskénazi, tandis que Marie-France Delport, spécialiste de linguiste hispanique, en partant de l’équivalent espagnol trabajo, avait auparavant proposé de chercher les origines du mot dans le préfixe « tra » qui renvoie à l’idée d’un obstacle à tra-verser. Plusieurs articles se sont par ailleurs fait le relais médiatique de ces corrections étymologiques dans une visée politique et sociale, afin de défendre l’idée que l’on pouvait concevoir le travail autrement que comme une souffrance et plutôt comme un dépassement de soi et un bienfait.

Cette complexité conceptuelle autour du travail se retrouve aussi dans les mots du Moyen Âge. En effet, jusqu’à la fin de l’époque médiévale, le terme de «travail» n’a pas encore émergé. On utilise d’autres vocables qui se rapportent chacun à des visions très différentes du travail. Le travail peut être le labor, qui donnera le mot «labeur», c’est-à-dire une peine. Mais il peut aussi être une ars, autrement dit le métier de «l’artisan», ou encore un opus, d’où est issu le mot très noble d’«œuvre». Ces différentes conceptions peuvent ainsi tout à fait nous ramener à notre actualité où certains subissent leur travail tandis que d’autres peuvent le vivre comme une source de fierté et d’accomplissement.

Par rapport à ces deux conceptions opposées, le labor médiéval est lui-même une notion plus complexe qu’il n’y paraît. D’un côté, le travail représente le prix à payer pour le péché originel: dans la Genèse, Dieu condamne Adam au travail manuel des champs et Ève au travail de l’enfantement. De l’autre, le Moyen Âge a également fait du labor une activité valorisante. Ainsi, entre le XIe et XIIIe siècle, période de croissance économique, le travail a une véritable dimension spirituelle: le paysan travaille la terre pour l’amour de Dieu et on attend des moines qu’ils ne fassent pas que prier et méditer mais œuvrent aussi à recopier des manuscrits ou à bêcher les champs. Ces deux visions cohabitent sans que jamais l’une ne l’emporte sur l’autre, ce qui a fait du Moyen Âge une période de réflexion et de débat intense sur le travail. La figure du Christ elle-même est au centre de cette dualité: d’un côté, aucun texte du Nouveau Testament ne présente Jésus en train de travailler et ce dernier fait l’éloge des oiseaux du ciel qui «ne sèment ni ne moissonnent» (Matthieu 6 :26); de l’autre, Jésus est associé à son père humain, Joseph, travailleur par excellence car tantôt charpentier, tantôt forgeron.

Des paysans «overbookés»

Laissons un peu de côté les mots et intéressons-nous à ce «réel» du travail qu’affectionnent tant nos politiques dans leurs discours. Dans la mesure où 90 % de la population du Moyen Âge vit à la campagne, le travail est avant tout agricole. Son rythme quotidien suit celui du soleil, tandis que le calendrier obéit au défilé des saisons. Dans cette organisation, point de vacances, en revanche plusieurs jours fériés liés aux fêtes chrétiennes –jours pendant lesquels il est littéralement interdit de travailler. Les travaux sont extrêmement divers, mais tous ont pour point commun d’être particulièrement physiques: le paysan qui laboure son champ retourne environ huit tonnes d’engrais et de terre par heure, tandis que celui qui sème les graines change trente fois son sac et parcourt 15 kilomètres par jour –soit le double de la distance préconisée aujourd’hui pour être en bonne santé !

Au-delà d’une liste qui serait digne des travaux d’Hercule, les difficultés de la condition paysanne ont pu attirer le regard de certains observateurs lettrés. Ludwig, frère franciscain d’origine allemande, écrivait ainsi à la fin du XIIIe siècle que les agriculteurs «se laissent ronger et opprimer par les [seigneurs] sous le poids très lourd des corvées». Il est intéressant de noter que la condition sociale des humbles accablés par leur travail a pu susciter de véritables interrogations chez les intellectuels, notamment dans l’intervalle 1260-1400 où se développent les universités. À la fin du XIVe siècle, le poète anglais John Gower compose un immense poème de presque 30 000 vers sur la condition humaine où il prend notamment à partie les nobles en leur reprochant leur goût du luxe au mépris du paysan qui «labourt pour sa vesture et son pain» (v. 23412).

Néanmoins, ce mouvement intellectuel n’a guère de conséquences concrètes: les élites médiévales considèrent en effet que l’ordre social associant ceux qui prient (oratores), ceux qui combattent (bellatores) et ceux qui travaillent (laboratores) est voulu par Dieu et ne doit en aucun cas être bouleversé. Aussi, lorsque les paysans d’un seigneur veulent changer leurs conditions de travail, c’est par le recours à la violence et à la révolte –avec la possibilité d’un échec et d’une répression seigneuriale.

Le mois d’Octobre. Les Très riches heures du duc de Berry, 1412-1416, musée Condé de Chantilly

«Travailler plus pour gagner plus»

Les véritables questionnements et débats autour du travail émergent en fait dans le monde des villes médiévales. En milieu urbain, à partir du XIIIe siècle, la monnaie commence à circuler de manière plus abondante dans toutes les couches de la société, tandis que les métiers de l’artisanat se développent, se diversifient et s’organisent au sein de corporations qui se dotent de véritables réglementations professionnelles. Les modalités du travail changent donc progressivement en ville.

À la différence du travail des champs, l’artisanat n’obéit pas forcément aux rythmes de la journée et des saisons –c’est un travail qui peut en effet se faire de nuit, en plein hiver. Des rythmes urbains s’affirment alors à côté des rythmes traditionnels et les patrons, marchands et corporations de la ville demandent l’installation de cloches pour sonner les différents moments de la journée de travail. La messe doit en conséquence partager le monopole du son dans l’espace public. À Florence, une horloge mécanique est ainsi installée en 1354: ce sont les débuts —certes encore timides— d’une nouvelle manière de mesurer le temps, à l’aune des obligations professionnelles. Toutefois, on peut signaler un fait curieux: dans ces nouveaux rythmes urbains, ce sont les artisans eux-mêmes qui auraient d’abord réclamé des allongements de la journée de travail afin de pouvoir augmenter leur rétribution —on retrouve ici la question de nos heures «sup» ou encore du tristement célèbre «travailler plus pour gagner plus». La comparaison ne s’arrête d’ailleurs pas là, puisqu’il arrivait que les artisans cherchent à travailler et être payés davantage afin de pouvoir faire face à des montées des prix.

Cette mise en place de nouveaux rythmes urbains et professionnels entraîna de véritables tensions, au sein du monde du travail médiéval, notamment dans le secteur du textile, en pointe à l’époque. Les donneurs d’ouvrage et autorités urbaines pouvaient en effet chercher à réglementer au plus près la journée de travail en fixant des horaires de travail et en limitant les temps de pause, afin de contrôler la main-d’œuvre et mieux mesurer leur productivité, faisant par là même perdre aux artisans la maîtrise de leur emploi du temps.

À Amiens, le 24 avril 1335, le roi de France Philippe VI accéda à la requête de la municipalité qui lui avait demandé de faire une «ordonnance» fixant quand les «ouvriers» devaient aller au travail, prendre leur pause déjeuner et repartir. À nouveau, le rythme est donné par une cloche qui devient dans certains cas un sujet d’affrontement. À Commines, en 1361, il est établi que si les ouvriers venaient à s’emparer de la cloche pour sonner leur révolte, ils devraient s’acquitter de l’amende la plus lourde. Dès lors, les travailleurs se saisissent de différents moyens pour exiger des conditions décentes: ils s’arrêtent de travailler et se rassemblent devant l’Hôtel de Ville de Paris, place de Grève; ou, comme les vignerons de Sens et d’Auxerre, ils portent en procès leur lutte pour la journée de 8 heures de travail.

Le pays de Cocagne par Pieter Brueghel l’Ancien, 1567. Wikimedia

Au XIIIe siècle, en pleine période de promotion du travail qui devient l’une des grandes valeurs du monde occidental, plusieurs propos tentent de discréditer une telle vision. C’est dans les années 1250 que naît ainsi cette image utopique du «pays de cocagne» que l’on doit à un fabliau, court récit satirique destiné à faire rire, et qui évoque un monde idéal où tous les oisifs sont comblés de nourritures, de vêtements, de biens, sans aucun travail. On est bien loin de tous les impératifs de réussite sociale et personnelle qui se sont cristallisés autour du travail, au XIIIe siècle comme aujourd’hui! En tout cas, ce texte drôle et onirique contient matière à réflexion. Sans doute le travail est-il nécessaire, sans doute peut-il et doit-il parfois être difficile, en vue de se dépasser; mais il ne doit certainement pas devenir une source de souffrance et, bien évidemment, il doit s’accompagner pour chacun d’entre nous de loisir et d’évasion.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

The Conversationhttp://www.slate.fr/

Une bibliothèque danoise découvre des grimoires empoisonnés sur ses étagères


C’est le genre de livre à prendre de grande précaution avant de les manipuler. La couverture contient du poison. Ce peut-être pas vraiment pour tuer ou rendre malade, c’est peut-être pour les protéger pour être manipulé avec grand soin ..
Nuage

 

Une bibliothèque danoise découvre des grimoires empoisonnés sur ses étagères

 

Crédits : Jakob Povl Holck

par  Ulyces 

Le scénario pourrait être celui d’un roman de Dan Brown. Mieux que ça en fait, on a déjà vu pareille affaire dans Le Nom de la Rose, le livre d’Umberto Eco adapté au cinéma par Jean-Jacques Annaud.

Deux chercheurs danois, l’un bibliothécaire et l’autre chimiste, ont découvert sur les étagères de la bibliothèque de l’université du Danemark du Sud trois livres médiévaux mortels. Leurs couvertures contenaient de fortes doses d’arsenic, ont-ils révélé dans The Conversation le 27 juin.

Datés du XVIe et du XVIIe siècles, les grimoires empoisonnés ont révélé leur noir secret grâce à une analyse aux rayons X qui a permis de reconnaître les radiations émises par l’arsenic, l’une des substances toxiques les plus dangereuses du monde. Au départ, les chercheurs souhaitaient juste analyser de quoi était faite la texture verte couvrant l’extrémité des pages et la couverture de ces antiques ouvrages. C’était du poison. Mais pourquoi donc empoisonner un livre ?

Les chercheurs estiment que la substance n’a pas été appliquée dans le but de tuer. En vogue au XIXe siècle, où l’on connaissait mal les effets de son action sur le corps humain – empoisonnement, cancer, et mort dans certains cas –, il se pourrait que les responsables aient chercher à protéger les livres des insectes en appliquant cette couche nocive. Assez nocive pour qu’elle interdise quiconque d’y toucher à mains nues. Les vieux livres sont désormais conservés dans une salle isolée et ventilée de la bibliothèque de l’université. Aucune victime n’est à déplorer, mais l’université du Danemark du Sud compte beaucoup d’ouvrages dans sa collection.

Source : The Conversation

http://www.ulyces.co

Les 7 merveilles du Japon


Le Japon est riche en histoire. L’architecture est impressionnante dans un paysage magnifique
Nuage

 

Les 7 merveilles du Japon

 

Le mont Fuji, ou Fujisan, la montagne au centre du Japon

 

Volcan ensommeillé depuis le XVIIIe siècle, Fujisan, plus communément appelé « mont Fuji », se trouve sur l’île de Honshü au sud-ouest de la ville de Tokyo. Sur cette image où il apparaît encore enneigé, nous le découvrons lors d’une belle journée ensoleillée. Très souvent gravi par des touristes, Fujisan dévoile des panoramas vertigineux tout au long de l’ascension sur ses chemins escarpés. Les plus hautes haltes ne sont accessibles qu’à pied. De son sommet, à 3.776 m, les plus courageux peuvent observer de superbes lueurs au lever du soleil.

Au second plan, nous apercevons la pagode Chureito, construite en 1963 en tant que mémorial de la paix. C’est sans doute la pagode la plus photographiée au Japon grâce à la vue qu’elle offre sur le mont Fuji. Elle fait partie du sanctuaire Arakura Fuji Sengen Jinja.

Classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2013, le mont Fuji est considéré comme une des merveilles du Japon.

© oadtz CCO

Le château d’Himeji, un trésor médiéval

 

Entouré de cerisiers, le château d’Himeji évoque immédiatement le Japon, son architecture si caractéristique et son histoire millénaire. Situé à Himeji, dans la préfecture de Hyōgo, cet imposant édifice en bois a été construit à l’époque Nanboku-chō de la période Muromachi, entre 1346 et 1618. C’est l’un des plus anciens bâtiments du Japon médiéval, l’un des douze châteaux japonais dont les donjons en bois existent toujours.

Aussi appelé Hakuro-jō ou Shirasagi-jō (château du Héron blanc ou château de l’Aigrette blanche) en raison de sa couleur blanche, il a abrité le tournage de nombreuses fictions, comme Kagemusha et Ran, deux célèbres films du réalisateur Akira Kurosawa, en 1980 et 1985. Le bâtiment apparaît également dans un opus de la saga James Bond, On ne vit que deux fois (1967).

La visite du château d’Himeji demande environ trois à quatre heures, en particulier si l’on souhaite se promener dans les jardins du Kōko-en. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1993, le château d’Himeji est considéré comme une des merveilles du Japon.

© Richie Chan, Fotolia

Le temple d’Hōryū-ji, le cœur de la culture japonaise

 

Le temple bouddhique d’Hōryū-ji (temple de la loi Florissante), à Ikaruga, ville de la préfecture de Nara a été fondé par le prince Shōtoku en 607. Cette merveille japonaise, s’étendant sur 187.000 m2, comprend une cinquantaine de bâtiments, dont certains font partie des plus anciens édifices en bois du monde. Les plus impressionnants sont le Nandai-mon (la Grande porte du sud), le Shoryoin (le pavillon de l’esprit sacré), le Kondo (le bâtiment principal), le Yumenodo (le pavillon des rêves) et le Daikōdō qui est une pagode bâtie sur cinq étages (le pavillon lecture).

L’admirable temple d’Hōryū-ji abrite une multitude d’œuvres historiques de l’architecture japonaise, de prestigieuses sculptures, ainsi que des peintures faisant partie à part entière du patrimoine culturel asiatique. Parmi ses 2.300 structures architecturales, ou objets réputés « de la plus haute importance sur le plan culturel ou artistique », 190 sont officiellement  inscrits en tant que Trésors Nationaux ou Biens Culturels.

Le temple bouddhique japonais a intégré le classement du patrimoine mondial de l’Unesco en 1993.

© 663highland CC BY-SA 3.0

La ville de Kyōto et ses monuments sacrés

 

Le célèbre temple Kinkaku-ji, ou temple Rokuon-ji, se situe au nord-ouest de Kyōto, abrité par des collines. Le contraste entre la froideur de l’hiver et la couleur dorée du temple rappelle que ce bâtiment est surnommé le « Pavillon d’Or ». Ses parois sont en effet recouvertes de feuilles d’or. Le temple sacré est surveillé par la statue d’un phénix vissée à son sommet.

Située sur l’île principale Honshū dans la région de Kansaï (Kansai-chihō), la ville de Kyōto préserve seize autres monuments historiques inscrits au registre du patrimoine mondial de l’Unesco. Kyōto, autrefois Heian-kyō, fut la capitale impériale du Japon jusqu’en 1868. Elle est le berceau historique de l’architecture religieuse ainsi qu’avant-gardiste pour l’art des jardins japonais. La ville en compte d’ailleurs près de 2.000. L’influence des jardins japonais s’est étendue partout dans le monde au fil des années.

Considérée comme la capitale culturelle du Japon, la ville a engagé depuis 2015 de nombreux travaux en vue des Jeux olympiques de Tokyo de 2020. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1994, Kyōto est considérée comme une des merveilles du Japon.

© Kanenori CCO

La Porte d’Itsukushima au Japon livre tous ses secrets

 

Le sanctuaire Itsukushima (Itsukushima-jinja) est le lieu saint incontournable du shintoïsme au Japon. Il est situé sur l’île de Miyajima (l’île du Sanctuaire). Composé de plusieurs bâtiments architecturalement surprenants, l’édifice fait preuve d’une touche artistique développée et travaillée. C’est le contraste de son rouge vif sur cette eau turquoise qui saisit. Entouré d’une forêt dense, le sanctuaire se fond harmonieusement parmi le panorama.

Son nom lui vient de l’ancien nom de l’île, autrefois appelée île Itsukushima. Son architecture est très marquée par l’époque Heian et, malgré les multiples destructions dont il a été victime, notamment en 1555 pour marquer une défaite militaire, il fut toujours reconstruit à l’identique. La Porte d’Itsukushima est aussi le dôme du Parc du mémorial de la paix à Hiroshima.

Sa beauté architecturale, son histoire et son empreinte culturelle placent le sanctuaire d’Itsukushima comme l’une des merveilles du Japon. En 1996, la Porte d’Itsukushima se classe parmi les monuments sacrés, dans la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

© Jordy Meow CC BY-SA 3.0

Nikkō et la forêt sacrée

 

À 150 km au nord de Tokyo, Nikkō est une ville à flanc de montagne très réputée et très visitée. Les sanctuaires et les temples de Nikkō sont entourés par une immense forêt. Ce cadre naturel ordonné recèle des parcelles d’art constituant la richesse culturelle de l’empire japonais.

Composé de 300 édifices, les sanctuaires et temples de Nikkō reflètent un niveau artistique très élevé, comme il est de coutume au Japon. Particulièrement colorés et parfois recouverts de feuilles d’or, ils relèvent de plus de cinquante styles architecturaux différents. Ce sont officiellement des « Trésors nationaux » et des « Biens culturels importants ».

Nikkō révèle le sanctuaire shinto Tōshō-gū, construit par les artisans les plus célèbres de l’époque, ainsi que les temples Rinnō-ji et Futarasan (Futarasan-jinja), bâtis au VIIIe siècle par le moine Shōdō Shōnin, à l’origine du bouddhisme dans cette région.

Classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1999, la ville de Nikkō est considérée comme une des merveilles du Japon.

© rudiuk, Fotolia

L’extraordinaire forêt de Yakushima

 

Cette forêt tempérée chaude, et sempervirente (toujours verte, donc), sur l’île montagneuse presque circulaire de Yakushima. À 60 km au large de la pointe sud de l’île de Kyushu, dans l’extrémité sud-ouest de l’archipel japonais, elle se trouve à l’interface des régions paléarctiques et orientales. Des montagnes de près de 2.000 m de hauteur dominent l’île, et la forêt se trouve en son centre, avec des ramifications vers le sud, l’est et l’ouest jusqu’à la côte.

L’écosystème insulaire de Yakushima est unique dans la zone tempérée de l’hémisphère nord. La distribution verticale des plantes va de la végétation côtière, avec des éléments subtropicaux à une forêt pluviale tempérée de montagne puis à des marais d’altitude et enfin à des prairies tempérées froides de bambous sur les pics centraux.

À l’échelle mondiale, la forêt de Yakushima est spécifique, en raison de son écosystème particulier, avec des rhéophytes et des épiphytes abondants, adaptés aux fortes précipitations, supérieures à 8.000 mm par an. Elle accueille quelque 1.900 espèces et sous-espèces de flore, 16 espèces de mammifères et 150 espèces d’oiseaux. On y trouve le cèdre du Japon (Cryptomeria japonica) et une forêt vierge composée d’arbres appelés Yakusugi, qui ont plus de mille ans d’âge.

© Unesco

https://www.futura-sciences.