Le FBI résout l’énigme d’une momie vieille de plus de 4000 ans


On sait que le FBI comme tout autres organisme policiers cherche a trouver l’identité d’individu non identifié. L’ADN est un précieux atout. Ils ont réussi à trouver l’ADN d’une tête momifié qui confirmé que c’était un gouverneur qui a régné il y a 4 000 ans en Égypte.
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Le FBI résout l’énigme d’une momie vieille de plus de 4000 ans

 

Crédits : Museum of Fine Arts, Boston

par  Clara Lalanne

D’après Live Science, une équipe médico-légale du FBI a réussi à percer le mystère entourant une momie égyptienne qui fascinait les scientifiques depuis plus d’un siècle.

Comme l’explique un article publié dans la revue Genes le 1er mars dernier, l’analyse ADN novatrice menée par les chercheurs a en effet permis d’identifier le propriétaire d’une étrange tête décapitée.

En 1915, un archéologue américain du nom de George Andrew Reisner avait été envoyé en Égypte pour une mission de l’université Harvard et du Musée des Beaux-Arts de Boston. Lors de ses recherches près de Minya, dans la vallée du Nil, il avait ainsi découvert une nécropole enfouie à plus de dix mètres sous la surface, appelée Deir-El-Bersha. Plus de 4 000 ans après sa construction, la chambre avait été pillée de ses richesses mais contenait toujours de précieux objets, dont plusieurs cercueils en bois richement décorés. Sur l’un d’entre eux se trouvait une simple tête, décapitée et momifiée, alors que le reste du corps, sans bras ni jambes, avait été abandonné dans un coin de la salle.

Cette tête momifiée a été ramenée aux États-Unis, puis exposée peu après au Musée des Beaux-Arts de Boston. Selon les inscriptions inscrites sur le cercueil, elle aurait appartenu à Djehutynakht, « Chef suprême du nome du Lièvre », administrateur du territoire égyptien du Lièvre autour du XXe siècle av. J.-C. Toutefois, les gravures expliquent également que l’homme avait été enterré avec sa femme – nommée elle aussi Djehutynakht. Cette ambiguïté a poussé les scientifiques à débattre pendant de longues années sur son identité, d’autant que le visage avait été altéré par le processus de momification.

Museum of Fine Arts, Boston

Cent ans plus tard, en 2018, le mystère de Deir-El-Bersha n’a pas cessé d’attiser la curiosité des archéologues ; et des progrès dans l’extraction de l’ADN ont permis de conduire une nouvelle analyse de cette momie. Comme le raconte le New York Times, c’est une équipe très spéciale qui s’est en chargée : l’unité médico-légale du FBI. Dirigés par le Dr Odile Loreille, légiste du Bureau, ils ont ainsi procédé à l’extraction du matériel génétique de la momie, une tâche très complexe. Et grâce à de la poussière récupérée dans sa dent et un mélange chimique servant à amplifier l’ADN, l’opération s’est soldée par un succès.

« Honnêtement, je ne m’attendais pas à ce que cela fonctionne ! Nous pensions qu’il n’était pas possible d’obtenir de l’ADN à partir de restes égyptiens », a déclaré Loreille.

En connectant les données ADN à un logiciel d’analyse d’informatique, la chercheuse a donc réussi à prouver que l’ADN provenait d’un homme, et que la tête serait à priori celle de l’ancien gouverneur. C’est une grande première réalisée par le FBI, et cette méthode d’analyse permettra sans doute d’étudier de nombreuses autres momies à l’avenir. Mais d’ici là, il reste toujours un autre mystère à éclaircir : pourquoi Djehutynakht a t-il été décapité ?

Source : Genes, Live Science, New York Times

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Le Saviez-Vous ► Expertise médico-légale au Québec


Parmi mes passions telles que l’archéologie, l’astronomie et autres, il y a aussi la science médico-légale. Ce billet avait été écrit en 2014 lors des 100 ans d’expertise médico-légale au Québec, plus précisément à Montréal. C’est d’ailleurs l’un des laboratoires les plus complets en Amérique du Nord. C’est un endroit qu’on peut résoudre le mystère d’un décès, d’un crime … Le seul hic, est l’odeur qui règne dans la salle d’autopsie
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Expertise médico-légale au Québec

 

 

Ce laboratoire a été fondé par le Dr Wilfrid Derome le 26 juin 1914, et a occupé jusqu’en 1969 des locaux dans le Vieux-Montréal, rue Saint-Vincent. Il constitue aujourd’hui une unité autonome au sein du ministère de la Sécurité publique, située au siège social de la Sûreté du Québec, rue Parthenais. Il est l’un des laboratoires les plus complets en son genre en Amérique du Nord.

Le Laboratoire possède trois salles d’autopsie qui sont attenantes à la morgue, qui peut contenir jusqu’à 135 corps. Entre 650 et 700 autopsies sont pratiquées ici tous les ans. Il reçoit la majorité des cas de morts violentes ou suspectes au Québec. Les causes de mortalité sont identifiées dans 95 % des cas.

Une autopsie dure en moyenne une heure. Dans des cas extrêmes, où il y a putréfaction et démembrement, elle peut s’étendre sur plusieurs jours. C’est une procédure invasive où tous les organes du torse et du crâne sont retirés et examinés. Les organes (dont le cerveau) sont mis dans un sac et placés dans le ventre. Si le corps était exposable avant l’autopsie, il le sera après celle-ci. La salle sert aussi à passer le corps et la dentition aux rayons X.

Même après plus de cinq ans comme médecin légiste, le Dr Yann Dazé peut encore sentir l’odeur de putréfaction qui règne au sous-sol, où sont situées les salles d’autopsie et la morgue.

« Ça ne sent pas la boulangerie », lance-t-il.

L’odeur est beaucoup plus proche de celle émanant des égouts. C’est d’ailleurs où vont les eaux après le lavage, si nécessaire, du corps.

Quelques échantillons d’organes prélevés durant l’autopsie sont envoyés pour être analysés. Ils sont coulés dans la paraffine afin d’en faire des tranches extrêmement minces. En haut à droite, on voit de fines tranches d’un morceau de coeur.

Le Laboratoire compte environ 150 employés, dont une soixantaine sont affectés à la division Biologie.

Grâce à l’analyse des taches de sang, on peut aider les enquêteurs à déterminer le déroulement d’un acte criminel. Les spécialistes du laboratoire s’occupent aussi de l’analyse des échantillons de sang prélevés sur la scène de crime. Chaque année, 1000 individus sont ajoutés à la Banque nationale de données génétiques par l’équipe québécoise.

Un photographe professionnel produit des photos et des vidéos de qualité pour aider aux enquêtes et au dépôt d’éléments de preuve en cour. Il fait aussi du traitement d’images et de l’infographie.

À l’aide de microscopes, il devient possible de déterminer si une personne a tenté d’imiter l’écriture d’une autre. Des ralentissements dans le trait vont trahir les individus malintentionnés. Toute cette analyse se fait à l’oeil par des spécialistes.

Avec des appareils sophistiqués, il est possible de déceler les différentes techniques encore utilisées par des faussaires. Dans ce cas-ci, pour un chèque altéré et pour un numéro de téléphone caché.

La fin de la guerre des motards a fait passer le nombre annuel d’enquêtes de la section Incendies et explosions de 100 à 40. L’essence est utilisée dans 90 % des incendies d’origine criminelle.

Dans le secteur de la balistique, on reçoit pour analyse entre 2000 et 2500 armes à feu par année. On y compare des douilles pour les associer à des armes à feu. Ce travail se fait à l’oeil. Un robot numérise les douilles, mais seul un humain peut confirmer une correspondance entre deux douilles. Le Laboratoire a 4000 armes à feu saisies aux fins de comparaison.

Avec les informations de Louis-André Bertrand et de Jacques Bissonnet. (Photos : Louis-André Bertrand)

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Le Saviez-Vous ► Comment élucider un meurtre commis il y a 1 400 ans ?


La professeure Sue Black est une anthropologue judiciaire très reconnue. Elle exerce au Royaume-Uni. J’ai vu quelques reportages à la télévision sur des énigmes du passé qu’elle et son équipe ont résolue à la manière de la série. J’avoue que l’anthropologie et la science médico-légale me passionne. Comprendre ce qui s’est passé, dans un passé proche ou lointain. Des indices sur un corps humain, l’entourage, l’environnement et l’histoire qui entourent un squelette est palpitant
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Comment élucider un meurtre commis il y a 1 400 ans ?

 

Le professeur Sue Black est une légende vivante de l’anthropologie judiciaire. En examinant de vieux os, elle reconstitue des crimes commis il y a des siècles

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par  Nolwenn Jaumouillé

« Oh ! Mon Picte ! Qu’il est beau… il est merveilleux ! » s’exclame Sue Black, hilare.

Le fameux Picte devant lequel l’anthropologue judiciaire écossaise s’extasie, qu’elle et son équipe ont baptisé « Rosemarkie Man », est en réalité un squelette récemment découvert dans les Highlands. Il a été retrouvé dans une des grottes marines dont sont truffées les côtes de cette partie de l’Écosse, lors d’une fouille archéologique menée par le professeur Steven Birch. Utilisées pendant des milliers d’années par des êtres humains, l’équipe était venue explorer l’une des cavités, connue pour être la salle des forgerons d’une ancienne tribu picte. Sans surprise, les archéologues y ont trouvé toutes sortes de morceaux de métal. Mais le dernier jour des recherches s’est soldé par une trouvaille inattendue : les chercheurs ont déterré des ossements, qu’ils ont d’abord associé à un chevreuil avant de s’apercevoir qu’ils avaient sans aucun doute mis au jour un squelette humain.

Procédure habituelle, la police une fois contactée s’est adressée au Center for Anatomy and Human Identification de l’université de Dundee (CAHID), que dirige la captivante Sue Black.

« J’ai pu leur dire tout de suite que ces os étaient anciens, très anciens. »

Les autorités se sont alors retirées de l’affaire, mais les archéologues, eux, brûlaient d’en savoir plus.

« L’homme avait été brutalement mis à mort, avant d’être entreposé ici avec considération, selon la tradition picte – les bras croisés », décrit Steven Birch.

En travaillant comme s’il s’agissait d’une affaire médico-légale, l’équipe de Sue Black a ainsi pu déterminer que le visage et le crâne de cet homme ayant vécu entre 430 et 630 ap. J.-C. avaient été fracturés avec une extrême violence. Son collègue Chris Rynn, responsable des identifications et reconstitutions faciales, a pris tous les fragments du squelette et les a replacés ensemble en 3D sur l’ordinateur afin de lui reconstruire ce magnifique visage qui a conquis le grand public.

L’université du Dundee, en Écosse, est particulièrement réputée pour son centre de recherche dédié à l’anthropologie judiciaire. Un champ d’études qui consiste à tirer le plus d’informations possibles en analysant un corps ou un squelette non identifié ou mort dans des circonstances floues. Peu développée jusque dans les années 1990, elle a connu depuis un essor considérable et son apport à la justice comme à l’Histoire lui vaut d’être désormais reconnue à part entière. Pour autant, si élucider des crimes historiques peut sembler fascinant, difficile d’imaginer un enfant rêver de devenir anthropologue judiciaire.

CAHID

Et en effet, drôlement vivante pour quelqu’un qui passe ses journées à s’occuper des morts, le Pr Black part d’un grand éclat de rire lorsqu’on lui pose la question. « Pas vraiment », confie-t-elle. Mais tout a commencé lorsqu’elle avait 12 ans, et qu’elle travaillait chaque samedi dans une boucherie. Une expérience qui l’a très tôt habituée « à travailler avec des muscles, des os, du sang… ce genre de choses ». À l’université, Sue Black a choisi d’étudier la biologie, jusqu’à ce qu’en troisième année, elle ait l’opportunité de se spécialiser en anatomie.

« Or, l’anatomie est tout simplement la boucherie appliquée aux humains : des muscles, des os, du sang, tout pareil. Je me suis tout de suite sentie très à l’aise ! » souligne avec humour cette femme avenante de 56 ans à la chevelure rousse et frisée.

En travaillant à son projet de fin d’études, elle s’est aperçue qu’elle n’avait aucune envie de travailler sur des rats et des souris, mais bien de se confronter à de véritables êtres humains, et d’apprendre à les identifier à partir de leur squelette.

« Je n’ai plus lâché le sujet depuis. »

Ce que Sue Black ne précise pas par modestie, c’est qu’elle a aujourd’hui acquis le statut de légende mondialement connue de ce champ de recherche encore peu développé il y a trois décennies, et mieux connu du grand public depuis les années 2000 grâce à la série Bones. Dans les années 1990 et 2000, la jeune femme a été envoyée avec une équipe pour le compte des Nations Unies au Kosovo puis en Sierra Leone, avec pour mission d’identifier les corps d’un certain nombre de victimes et de bourreaux. Des expériences « extrêmement douloureuses » qu’elle n’échangerait néanmoins pour rien au monde. En 2004, lors du terrible tsunami qui a ravagé Sumatra, elle a de nouveau été envoyée sur les lieux, et elle a plus récemment travaillé sur des cas de torture en Syrie.

Pr Sue Black
Crédits : Dundee University

Mais le quotidien de Sue Black prend racine à l’université de Dundee. Elle y dirige le CAHID, un des plus grands centres au monde consacré à ce domaine si spécifique, et y enseigne parallèlement la matière aux nouvelles générations d’anthropologues judiciaires. Quant à décortiquer des squelettes au nom de la justice – sa passion – :

« On ne sait jamais vraiment quand est-ce que le travail tombera, car on ne peut pas prédire quand il y aura des meurtres. »

 Deux fois par jour environ, la police contacte le centre pour lui demander si des os, que quelqu’un a retrouvé dans son jardin, ont une chance d’appartenir à un être humain. Chaque année, environ 600 cas de ce type leur parviennent du Royaume-Uni et de l’étranger.

Et « 99,8 % du temps, ce sont des restes d’animaux, probablement de leur barbecue ».

Plus rarement, ils s’agit d’un cadavre récent, en cours de décomposition, ou plus ancien, qui prend alors la forme d’un squelette.

« La majeure partie du temps, notre travail consiste à identifier des personnes décédées et d’en dire le plus possible sur leur mort à partir de leurs restes. La police n’a parfois pas encore retrouvé le corps, et nous intervenons aussi dans les phases de recherche : un crash d’avion ou des crimes de guerre, par exemple. »

À partir de là, les scientifiques de l’université de Dundee endossent le rôle d’experts qui leur donne une crédibilité certaine devant les tribunaux. C’est ainsi que Sue Black, spécialisée dans l’identification à partir des mains, a pu notamment aider au démantèlement de réseaux de pédophilie.

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En Grèce, on enquête sur un crime vieux de 25 siècles


La médico-légale avec l’archéologie doit être vraiment génial. Dans l’histoire des pays, on parle beaucoup des valeurs, des vainqueurs enfin tout ce qui montre une belle image, mais en réalité, il y a les mauvais côtés qui doivent être dévoilés pour mieux comprendre l’histoire d’un pays. C’est que des scientifiques font avec les corps retrouver enterré dans des positions inusitées pour trouver leur histoire
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En Grèce, on enquête sur un crime vieux de 25 siècles

 

Squelette

Les squelettes humains ont été transféré dans un laboratoire de l’Ecole américaine d’archéologie d’Athènes, le 7 juillet 2017-

ARIS MESSINIS / AFP

Une centaine de squelettes enchainés ont été mis au jour dans une nécropole d’Athènes. Les archéologues tentent de résoudre le secret de leur exécution.

Manifestement, des victimes d’une « exécution politique »

C’est dans ce site destiné aux sans-grade de la grande histoire – contrairement au Céramique au pied de l’Acropole – que les archéologues ont mis au jour depuis 2012 d’étranges squelettes. Les mains liées, dans le dos ou sur le ventre, les pieds parfois entravés, certains reposaient même face contre terre comme en forme d’ultime outrage. Les trouvailles ont culminé au printemps 2016 avec l’ouverture d’une tombe contenant les restes de 80 hommes enchaînés, une découverte « sans équivalent » en Grèce, selon l’archéologue chargée des fouilles, Stella Chrysoulaki.

Jeunes et bien nourris, selon les premiers indices fournis par leur dentition, ils étaient alignés sur trois rangées, certains sur le dos, d’autres sur le ventre, cinquante-deux d’entre eux allongés les bras levés. Achevés d’un coup sur le crâne, ils ont manifestement été victimes d’une « exécution politique », qui a pu être datée, d’après deux pots retrouvés dans la tombe, de 675 à 650 ans av. J.-C., explique Mme Chrysoulaki.

Cette période « est celle de la formation de la cité-Etat et de la transition vers la démocratie, sur fond de forts troubles politiques, de tensions entre tyrans, aristocrates et classes laborieuses », relève la bioarchéologue Eleanna Prevedorou, qui mène l’enquête « médico-légale » sur ces morts antiques à l’Ecole américaine d’archéologie d’Athènes.

Des partisans de Cylon ?

Selon une hypothèse envisagée par les archéologues, sur la base des récits des auteurs antiques Hérodote et Thucydide, les défunts pourraient être les partisans de l’aristocrate et ex-champion olympique Cylon, massacrés par le puissant clan rival des Alcméonides après une tentative ratée d’imposer une tyrannie.

Pour tenter de résoudre l’affaire, « nous allons employer en gros toutes les méthodes rendues célèbres par les séries télévisées de police scientifique », s’amuse Panayotis Karkanas, directeur de l’ultra-moderne laboratoire Malcom Wiener abrité par l’Ecole américaine.

la bioarchéologue Eleanna Prevedorou devant des squelettes humains dans un laboratoire de l’Ecole américaine d’archéologie d’Athènes. Crédit : ARIS MESSINIS / AFP.

Une batterie d’analyses, génétiques, radiographiques, isotopiques …. doit être déployée pour recueillir tous les indices: âges, possibles liens de parenté, origines géographiques, état de santé, niveau socio-économique. Le projet, qui s’annonce de longue haleine – de cinq à sept ans – inclut tous les autres morts de la nécropole, soit plus d’un millier au total, dont les crânes, fémurs ou thorax s’entassent jusqu’au plafond dans les réserves du laboratoire.

Squelettes contre ‘fake news’ 

Dans un coin, un squelette aux bras tordus dans le dos, témoigne de la violence antique, bien loin des représentations idéalisées du classicisme grec:

il pourrait s’agir d’un « captif de guerre, un criminel ou un esclave révolté », explique Mme Prevedorou. 

Dix des « 80 enchaînés » doivent le rejoindre au laboratoire d’ici l’automne, leurs compagnons d’infortune restant sur place en vue d’une exposition future de leur dernière demeure, dans l’enceinte du centre culturel Niarchos du Phalère.

Même les morts apparemment sans histoire, et notamment les centaines d’enfants en bas âge retrouvés dans les jarres funéraires, pourront parler, de leurs modes de vie, leurs maladies, jetant plus de lumière sur l’Athènes archaïque, relève M. Karkanas. En travaillant au plus près de l’homme et de son environnement naturel, la bioarchéologie est selon lui irremplaçable pour retracer le quotidien des personnages lambdas antiques.

Les sources écrites et monumentales, de toute manière plus rares pour l’époque archaïque, témoignent surtout de l’histoire des « élites et des vainqueurs ». Se référer uniquement à celles-ci pour déchiffrer le passé, ce serait comme « se fier aujourd’hui aux seuls journaux pour savoir ce qui se passe dans le monde », ajoute-t-il.

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L’autopsie virtuelle, exit le scalpel


La virtopsie commence à faire son entrée au Québec. Une autopsie virtuelle qui pourra aider les coroners a discerner la cause de la mort d’une personne en moins de temps qu’avec une autopsie conventionnelle. Sauf dans certains cas, comme les causes cardiaques
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L’autopsie virtuelle, exit le scalpel

 

Passage d'un corps dans le scanneur

Simulation du passage d’un corps dans un scanneur à l’Hôtel-Dieu de Lévis   PHOTO : RADIO-CANADA

Dans certains cas de morts suspectes, le coroner demande une autopsie. Un exercice parfois traumatisant pour les familles. Une nouvelle technique, l’autopsie virtuelle ou virtopsie, pourrait simplifier le travail des pathologistes, tout en préservant l’intégrité du défunt.

Un texte de Danny Lemieux Courriel de l’émission Découverte

Au printemps 2016 aux Îles-de-la-Madeleine, sept personnes perdent la vie dans un écrasement d’avion. Le journaliste Jean Lapierre est du nombre. Le coroner demande une enquête.

Pour éviter un coûteux transport des corps en vue d’une autopsie, cinq des sept corps sont gardés à l’Hôpital de l’Archipel pour passer un examen d’imagerie au moyen d’un scanneur. Les images sont ensuite envoyées au département d’imagerie médicale de l’Hôtel-Dieu de Lévis pour y être analysées. Ce sont les premières virtopsies, des autopsies virtuelles, au Québec.

La virtopsie est une collaboration étroite entre les radiologistes et les pathologistes […] qui utilisent des techniques d’imagerie telles que la tomodensitométrie et la résonnance magnétique afin d’imager le corps du défunt. Luc Lacoursière, radiologiste, Hôtel-Dieu de Lévis

Dans la salle d’imagerie, le scanneur balaie le corps à quelques reprises. Rapidement, 5000 coupes virtuelles sont produites. En une minute.

De façon générale, plus la dose de radiation est élevée, meilleure sera la qualité des images obtenues. Sur un cadavre, l’appareil administre plus de deux fois la dose de radiation habituelle. Sans scalpel, la virtopsie préserve l’intégrité du corps du défunt.

« On peut imaginer à quel point il est difficile et, jusqu’à un certain point, traumatisant pour la famille de voir un de ses proches subir une autopsie conventionnelle », précise le radiologiste Luc Lacoursière de l’Hôtel-Dieu de Lévis, surtout « lorsqu’il est question d’enfants décédés. »

L’écran d’ordinateur se transforme alors en table d’opération virtuelle. D’un simple clic, la peau devient translucide. Tissus mous, organes, muscles et vaisseaux sanguins se révèlent. Le squelette apparaît. On peut observer l’anatomie du défunt sous tous ses angles.

Mais il n’existe aucun logiciel spécifique à la virtopsie. Alors, comment identifier la cause possible d’un décès? La virtopsie permet d’interpréter les images et établir le diagnostic en moins d’une heure. C’est trois fois plus rapide que l’autopsie traditionnelle.

Malgré l’intérêt qu’elle suscite, cette méthode n’est pas une panacée médico-légale, notamment quand de petits caillots viennent obstruer l’artère pulmonaire, une cause fréquente de décès.

À l’écran, impossible de différencier les caillots qui ont causé la mort de ceux qui surviennent naturellement après le décès. Cette limitation s’applique aussi au décès d’origine cardiaque.

Les rayons X ne nous permettent pas de faire la différence entre le muscle cardiaque sain et le muscle cardiaque qui viendrait de subir un infarctus. Luc Lacoursière, radiologiste, Hôtel-Dieu de Lévis

Si on ne parvient pas à identifier les causes probables du décès, le coroner exige alors une autopsie traditionnelle. On estime tout de même que la virtopsie pourrait réduire de 30 % à 40 % le nombre d’autopsies classiques. La première phase du projet pilote commence à peine. On y documentera 25 cas d’imagerie virtuelle post mortem avant d’en présenter les résultats.

De 7 % à 8 % des décès qui surviennent chaque année au Québec sont signalés à un coroner. Son mandat est de déterminer les causes probables de la mort et d’éclaircir ses circonstances. Pour y arriver, on a recours à l’autopsie dans 35 % des cas.

À ce jour, la virtopsie a permis d’étudier neuf corps au Québec.

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Recréer des visages avec un échantillon d’ADN


L’ADN est une vraie source d’information, qu’avec la science, le crime parfait sera de plus en plus difficile, car il sera plus facile de mettre un visage sur un simple échantillon.
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Recréer des visages avec un échantillon d’ADN

Recréer un visage en trois dimensions à partir d’un échantillon d’ADN, voilà une méthode qui pourrait aider les autorités à retrouver des criminels plus facilement. Un programme informatique, mis au point par une équipe de chercheurs, permettrait en effet de recréer un visage à partir d’un simple cheveu laissé sur une scène de crime; une véritable avancée pour la science médico-légale. 

Si le génome pouvait révéler la couleur des yeux ou des cheveux d’un individu, il peut maintenant dévoiler la structure complète du visage d’un individu. À l’aide de données recueillies par les chercheurs, ceux-ci sont parvenus à élaborer un modèle statistique permettant de prédire la forme du visage basé sur le génome. Compilant une liste de mutations génétiques connues, les chercheurs ont pu mettre en évidence certaines variations génétiques. Par exemple, ils ont pu voir comment le gène responsable de la grosseur des lèvres est différent chez quelqu’un avec des lèvres pulpeuses, versus chez une personne avec des lèvres minces.

Si le programme doit être perfectionné, il devrait connaître un succès retentissant dans le milieu de la justice et pourrait trouver d’autres applications, notamment dans l’étude de nos ancêtres et d’espèces disparues.

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Vous ne devinerez jamais tout ce qu’on peut trouver dans un cheveu…


S’il y a un élément de notre corps qui pourrait tout dire de ce que nous avons consommé, si nous sommes stressés, si nous prenons bien un traitement ou encore même des renseignements sur un foetus est bien une mèche de cheveux et encore mieux qu’un test sanguin, vue les cheveux ont une mémoire de plusieurs mois
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Vous ne devinerez jamais tout ce qu’on peut trouver dans un cheveu…

 

 

Imputrescible, le cheveu est constitué majoritairement (85 %) de protéines (mais aussi d’eau, de lipides et d’éléments minéraux). Ici, gros plan au microscope. ©STEVE GSCHMEISSNER / SGS / Science Photo Library Imputrescible, le cheveu est constitué majoritairement (85 %) de protéines (mais aussi d’eau, de lipides et d’éléments minéraux). Ici, gros plan au microscope. ©STEVE GSCHMEISSNER / SGS / Science Photo Library

Par Sylvie Riou-Milliot

Consommation d’alcool ou de cannabis, stress, dopage, empoisonnement… Tout est contenu dans vos cheveux qui ont littéralement une mémoire d’éléphant.

 

CHEVEUX. Avez-vous consommé de l’alcool ou du cannabis ces trois derniers mois ? Êtes-vous stressé ? Dopé ? Est-on en train de vous empoisonner ? Voilà quelques-unes des questions dont la réponse est curieusement contenue… dans vos cheveux ! La liste des substances étrangères (xénobiotiques) que peut stocker la chevelure est en effet interminable : alcool, cannabis, ecstasy, cocaïne, médicaments, cortisol (l’hormone du stress), amphétamines, stéroïdes anabolisants, arsenic, pesticides, perturbateurs endocriniens Et si les analyses sont désormais utilisées pour le dépistage de stupéfiants et d’alcool, et reconnues par les tribunaux, d’autres applications sont possibles.

Une mémoire éléphantesque

Car le cheveu a de la mémoire ! Il se comporte toujours comme un calendrier rétrospectif de notre consommation, une petite mèche de la taille du diamètre d’un crayon à papier pouvant suffire à tout révéler. Et cette mémoire est éléphantesque… d’où son avantage sur les autres tests biologiques, sanguins et urinaires. Car si ces derniers détectent la présence des différentes substances recherchées, cette mémoire « s’efface » dans un délai de quelques heures à quelques jours après l’absorption. Ainsi une analyse sanguine doit-elle être faite dans les heures qui suivent une prise d’alcool, par exemple, sous peine de ne plus rien révéler. Or le cheveu garde la trace de ces mêmes produits pendant… plusieurs mois !

« Comme les cheveux poussent d’un centimètre par mois, leur analyse centimètre par centimètre permet de remonter dans le temps l’histoire de nos consommations ou expositions : 3 mois pour 3 centimètres, 6 mois pour 6 cm, etc. », détaille Pascal Kintz, docteur en pharmacie et expert judiciaire à l’institut médico-légal de Strasbourg, spécialiste international renommé.

C’est d’ailleurs cet expert qui a analysé les cheveux de Napoléon et permis d’authentifier son empoisonnement par de l’arsenic minéral (mort aux rats), ou a retrouvé des traces de consommation de cocaïne dans les momies péruviennes datées de 3000 ans avant J.-C.

« Longtemps réservés à la médecine légale, les tests capillaires connaissent depuis quelques années un regain d’intérêt », poursuit le Pr Isabelle Morel, responsable du service de toxicologie au CHU de Rennes.

L’Académie de pharmacie vient d’ailleurs de proposer leur usage systématique dans le cas des restitutions du permis de conduire quand celui-ci a été retiré suite à une conduite sous l’emprise de l’alcool et pour garantir un sevrage durable. Une pratique qui pourrait en théorie être élargie au suivi de consommation de cannabis.

Comment faire parler le cheveu.

Imputrescible, le cheveu est constitué majoritairement (85 %) de protéines (mais aussi d’eau, de lipides et d’éléments minéraux). C’est tout simplement par le réseau sanguin des capillaires qui l’irriguent que se fait l’incorporation des substances étrangères en circulation dans le sang.

En pratique, il suffit de couper une mèche d’environ 60 à 100 cheveux en arrière de la tête, une zone ou la vitesse de pousse est constante. La mèche est ensuite orientée, par nouage d’une cordelette, de manière à différencier la racine de la pointe. L’étape d’analyse par le laboratoire de toxicologie fait intervenir des technologies sensibles et spécifiques, comme les spectromètres de masse, couplées à des techniques de chromatographie gazeuse ou liquide. Des équipements sophistiqués disponibles dans moins de 10 laboratoires en France.

Toutes les substances sont décelables dans les cheveux » – Dr Kintz

Mais nos cheveux recèlent bien d’autres secrets. Exemple avec la lutte antidopage chez les sportifs :

« Toutes les substances sont décelables dans les cheveux à l’exception de l’érythropoiétine, l’insuline et l’hormone de croissance en raison de leur poids moléculaire trop important, rendant impossible leur circulation dans les microcapillaires », détaille le Dr Kintz. Autre recherche possible, celle d’une consommation régulière de stupéfiants

. « Couramment réalisés aux États-Unis à l’embauche depuis plus de quinze ans dans des secteurs considérés à risque (armée, transports, énergie), ils demeurent interdits en France », note l’expert.

Pour le suivi thérapeutique aussi…

Mais l’analyse du cheveu peut aussi renseigner sur ce que les spécialistes nomment la « compliance » ou l’observance thérapeutique, c’est-à-dire la prise régulière et à bonne dose par le patient du traitement qui lui a été prescrit.

« Cela peut être très utile dans le cadre du suivi d’une maladie chronique ou d’un sevrage médicamenteux aux benzodiazépines », signale le Pr Morel. Ou bien encore aider au diagnostic ! « Comme les cheveux apparaissent in utero au 3e trimestre de la grossesse, leur analyse peut constituer une aide intéressante face, par exemple, à une malformation cardiaque complexe et rare que l’on a du mal à caractériser chez un enfant dont la mère a pendant la grossesse consommé différents stupéfiants », détaille le Dr Kintz.

Mais avec une petite mèche de cheveu, il est aussi possible d’apprécier le niveau de stress. En y dosant le cortisol – l’hormone du stress – comme l’ont montré des analyses menées aux Pays-Bas et publiées en 2013.

Enfin, dernière application possible, l’évaluation de l’exposition aux polluants, pesticides et autres perturbateurs endocriniens. En revanche, aucune chance pour que ces tests ne sortent du laboratoire et soient un jour d’usage domestique, dits home test.

« Les étapes de décontamination des cheveux, d’extraction et d’analyse nécessitent un savoir-faire et du matériel très spécialisé et sophistiqué, mais surtout l’interprétation des résultats requiert les capacités d’expertise d’un spécialiste », conclut le Pr Morel.

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